Prison de Condé-sur-Sarthe : ne détournons pas le regard

L’Opinion 07/03/2019 Jean-Dominique Merchet
Un couteau en céramique fendant les chairs de deux fonctionnaires n’est pas un fait-divers. À la prison de Condé-sur-Sarthe, nous sommes face à une question politique : quels moyens humains, matériels ou juridiques faut-il donner aux agents publics confrontés à la violence et à la misère extrêmes ? Les réponses ne relèvent ni d’effets de tribune, ni de propos de bistrot. Il faut, calmement, écouter les professionnels et trouver avec eux les solutions. Elles seront forcément complexes et imparfaites.
Si l’agression contre les deux gardiens place une nouvelle fois les surveillants pénitentiaires en première ligne, ils ne sont pas les seuls. Pompiers, policiers et gendarmes, urgentistes, travailleurs sociaux de l’aide à l’enfance : tous sont quotidiennement au front de la détresse sociale, de la folie et du crime. Ils sont l’Etat en action au plus proche de l’(in)humain et ils ont besoin de tout notre soutien.
La question du retour en France des djihadistes de Syrie est, à cet égard, un cas d’école. Que faire, non seulement des adultes, mais surtout des quelques dizaines d’enfants de nationalité française, parfois très jeunes, qui ont assisté, voire participé, à d’épouvantables scènes ? L’idée que l’on se fait de l’Etat de droit nous oblige à nous en occuper, sauf à les laisser croupir dans des camps en proie à des fanatiques. Mais sans naïveté non plus. Certains, mais pas tous, sont assurément de véritables «bombes à retardement» qui exploseront – peut-être – un jour chez nous.
Ne détournons pas le regard : ni de la situation dramatique de ces gosses, ni des conséquences tragiques que pourrait avoir notre souci humanitaire. Ni, pour l’heure, de nos fonctionnaires qui, chaque jour, s’occupent de ce que nous préférons généralement ne pas voir.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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