Fête des bébés

Siné Mensuel – mars 2019 – Patrick Pelloux –
Les politique sont toujours eu une passion pour les hormones sexuelles des Françaises et des Français afin qu’ils fassent des bébés… tout en freinant la liberté des mœurs ! Mais il est comme ça, le politique, il obéit à ‘économie, pas à l’épanouissement des êtres. Car, ne vous y trompez pas, la procréation est avant tout une donnée économique ! Toutes les politiques de la deuxième moitié du XXème siècle étaient axées sur la natalité à la suite des millions de morts de la Seconde guerre mondiale… Remarquez, ils avaient fait pareil après celle de 14-18 : le peule a fourni les mômes qui allaient servir de chair à canons pour la suivante. Ne changeant pas de méthode après 1945, les économistes comme les politiques ont incité la population à concevoir des bébés : le fameux baby-boom. 
La médecine a suivi en ouvrant des maternités, en développant l’accompagnement des mamans, des papas, en luttant contre la mortalité périnatale. En France, accoucher était donc simple et les maternités offraient un maillage égalitaire. Et puis… la crise de 1970 a changé la donne ! désormais les maternités devaient fermer !
Comment ont-ils fait ? Ils ont utilisé la peur. La peur, c’est le Godwin* de la médecine. Plus de discussion possible : la peur arrête toute discussion et engendre la sécurité. Les politiques et les économistes l’utilisent pour économiser sur le ventre des femmes enceintes !
Le mot d’ordre était de regrouper les maternités pour plus de qualité et de sécurité. Puis, les années passant, la population a commencé à trouver qu’on en fermait trop ! Des comités ont commencé à se mettre en place comme à Saint-Affrique ou à Creil récemment. 
maternité de Creil
La France, septième puissance économique mondiale, garde pour l’instant un taux de fécondité parmi les plus élevés du Vieux Continent. Pourtant, le nombre de maternités a été divisé par trois en quarante ans ! il en reste à peine 500  dans toute la France, DOM-TOM compris. Et ça ne va pas en s’améliorant puisque le seuil du nombre d’accouchements à réaliser pour maintenir une maternité ouverte ne cesse d’être relevé. L’accès aux soins balayé d’un revers de plume par les technocrates.
La fermeture de la maternité de Creil, qui accomplit plus de cinq accouchements par jour est scandaleuse et révélatrice du mépris social pour les femmes de ce bassin de la population ravagé par le chômage, coincé dans le radicalisme religieux et éloigné de tout. Ici comme ailleurs, cette fermeture est vécue comme un abandon, une démotivation des personnels qui voulaient poursuivre leur tâche au sein d’une structure hospitalière qui ait de l’excellent travail.
Alors, toujours en instrumentalisant la peur, les pouvoirs publics ont allégué que les pompiers et les urgentistes des Samu étaient encore là, sur le terrain ! Sauf qu’un accouchement est toujours un acte à risques potentiels, très compliqué et très stressant pour les urgentistes ! Mais cela ne choque pas les économistes. Lorsqu’il y a des problèmes, tout le monde se plaint. Les familles se retournent contre les médecins, qui sont en première ligne !
Du coup, la France baisse dans tous les classements internationaux de la qualité de la vie périnatale et de prise en charge des femmes après l’accouchement. un vrai drame de santé publique.  D’autant que les maternités qui restent ne suffisent plus et que les femmes doivent prévoir leur rendez-vous pour accoucher avant même, souvent, d’avoir rencontré le papa ! Nous vivons une époque de mépris de l’être humain.
Ainsi dès sa naissance, le môme a déjà une somme de problèmes à gérer; et ça ne fait que commencer…  A suivre !
* La loi de Godwin est une règle empirique énoncée en 1990 par Mike Godwin, d’abord relative au réseau Usenet, puis étendue à l’Internet : « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler s’approche de 1. »

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
Cet article a été publié dans Non classé. Ajoutez ce permalien à vos favoris.