Privatisation de la Française des Jeux : Aval de l’Assemblée et introduction en bourse privilégiée

Ouest-France – 15/03/2019 – avec AFP –
L’Assemblée nationale a de nouveau approuvé jeudi soir la privatisation de la Française des Jeux prévue par le projet de loi Pacte.L’Assemblée nationale a de nouveau approuvé jeudi soir la privatisation de la Française des Jeux prévue par le projet de loi Pacte. | Philippe Renault / Ouest-France
En dépit des protestations renouvelées des groupes d’opposition, les députés ont voté, en nouvelle lecture du texte, par 41 voix contre 15 l’article qui permet le transfert au privé de la majorité du capital de la FDJ. Le capital est actuellement détenu à 72 % par l’État, celui-ci devant conserver « au minimum » 20 % des parts.
Le principe de cette privatisation avait déjà été voté en commission une semaine plus tôt.
Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a indiqué que la « formule privilégiée » était une « introduction en bourse » de la FDJ, ce qui permettra aux Français « de prendre des parts ».
Face aux inquiétudes d’élus de droite comme de gauche sur les risques accrus d’addiction aux jeux avec la privatisation, il a assuré qu’une régulation solide sera « plus efficace » que la présence de l’État au capital.
Il a mis en avant la création d’une autorité indépendante qui aura « une compétence sur la régulation de l’ensemble des jeux » et qui pourra notamment « retirer un jeu de la commercialisation » si les risques d’addiction sont trop importants. La refonte de la régulation doit se faire par ordonnance. Les députés ont précisé via un amendement de Régis Juanico (apparenté PS) que l’autorité de régulation sera « indépendante ».
« Quelle drôle d’idée que de privatiser quelque chose qui rapporte de l’argent et qui est un secteur stratégique à sa façon », a aussi fait valoir Alexis Corbière (LFI).
« Aberration budgétaire » selon l’opposition
M. Le Maire a aussi rappelé que le produit des cessions d’actifs de la FDJ et d’Aéroports de Paris, à nouveau acté peu avant – ainsi que celles d’Engie également programmée -, doit contribuer à alimenter un fonds de 10 milliards d’euros destiné à financer des projets innovants.
Comme en première lecture en octobre, les oppositions ont à nouveau dénoncé la logique économique de l’opération, une « aberration budgétaire » pour Daniel Fasquelle (LR), dénonçant « une approche court-termiste » motivée par « un besoin de cash ».

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