Clé à molette – Fonction publique : les outils c’est bien, s’en servir c’est mieux

L’Opinion27/03/2019 Olivier Auguste
La discrétion est parfois un atout. Le secrétaire d’Etat à la Fonction publique, Olivier Dussopt, n’est pas un champion de la petite phrase mais le projet de loi qu’il a présenté mercredi en Conseil des ministres contient beaucoup d’ingrédients allergènes pour les syndicats ; y ajouter un zeste de provocation serait contre-productif.
Or les mesures du texte s’annoncent fort utiles. L’administration peine à recruter certaines compétences, dans le numérique par exemple ? Faciliter le recours aux contractuels et instaurer des « contrats de mission » permettra d’offrir des salaires plus élevés à des personnes qui, de toute façon, n’imaginent pas faire toute leur carrière au même endroit. La cogestion syndicale des carrières tétanise le système ? Ne plus confier mutations et promotions aux commissions paritaires forcera les employeurs publics à assumer enfin leur rôle de DRH. Les restructurations sont rares et lentes ? La possibilité de départs négociés, la priorité de reclassement dans d’autres administrations de la même aire géographique allégeront l’inertie.
Il ne manque plus guère que la capacité, pour les chefs d’établissement scolaire, de recruter les enseignants pour former des équipes soudées. Ou celle, pour les managers publics, de récompenser leurs agents les plus impliqués et performants (l’idée d’une part variable individuelle est effleurée mais renvoyée à d’hypothétiques décisions réglementaires après concertation…).
Dans tous les cas, disposer des bons outils ne suffira pas. Encore faudra-t-il que les ministres, les directeurs départementaux, les élus locaux ou les patrons d’hôpital les utilisent. Cela suppose de faire fi des résistances et des habitudes, de cesser les petits compromis au nom de la paix sociale, dont la victime est toujours la même : l’usager-contribuable.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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