Lalanne style – Gilets jaunes, chronique d’une auto-destruction

L’Opinion 02/05/2019 Nicolas Beytout
Que sont les Gilets jaunes devenus ? Que reste-t-il du mouvement populaire de l’automne, de la spontanéité des rassemblements et de la sincérité des questions qu’ils posaient ? Rien. A force de refuser toute organisation et d’accepter dans ses rangs quiconque revêtait une chasuble jaune, ce mouvement s’est dévoyé. Il posait les bonnes questions ; il n’apporte plus aujourd’hui que de mauvaises réponses.

Symbole de cette vrille, la liste Gilets jaunes bricolée autour du chanteur Francis Lalanne et financée par un étrange personnage, écolo-migrateur, politiquement opportuniste, et fortuné (comme quoi, aux yeux des Gilets jaunes, les riches n’ont pas que des défauts). « Cette liste Gilets jaunes », explique le troubadour engagé, « n’a pas vocation à représenter » le mouvement du même nom, lequel « ne souhaite pas être représenté » puisque « élire, c’est renoncer à voter ». Oui, bien sûr…
Avec de tels concepts, difficile de rassembler. La traduction de ces carambolages idéologiques était d’ailleurs visible, concrètement, lors du défilé du 1er mai à Paris où les manifestants semblaient comme tiraillés entre leurs différentes obédiences : ceux des ronds-points, ceux des manifs, ceux des syndicats, ceux des batailles de rue, ceux de la casse. Chacun son idée, chacun son combat, chacun sa colère. Impossible, naturellement, d’organiser tout cet amoncellement. Ni aujourd’hui, ni demain.
« Le paradoxe peut être un outil en politique, pour transformer le système », affirme doctement Francis Lalanne. On n’est pas sûr de comprendre ce que cela veut dire, à moins que ce ne soit une façon d’expliquer comment un mouvement qui recueillait la sympathie d’une grande majorité des Français va se retrouver sévèrement sanctionné par le vote du peuple. Ce mouvement des Gilets jaunes est dans une impasse, il a commencé à s’auto-détruire.

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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