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Elections européennes: 28 questions pour comprendre le scrutin
L’Opinion 24/05/2019 Jean-Dominique Merchet
Renouvellement du Parlement européen : l’Opinion décrypte les 7 enjeux nationaux, les 7 scrutins à suivre, les 7 personnalités qui pèseront et les 7 inconnues des institutions européennes
Les faits Les électeurs britanniques et néerlandais ont donné jeudi le coup d’envoi des élections européennes étalées sur quatre jours. Quelque 427 millions d’électeurs européens inscrits dans les 28 Etats membres sont appelés aux urnes d’ici dimanche pour élire pour cinq ans les 751 députés du futur Parlement européen. Aucun résultat officiel n’est attendu avant dimanche soir, quand le vote sera clos en Italie, dernier pays à voter. Selon les pays, des projections seront diffusées à la fermeture des bureaux de vote.
« L’avenir de l’Europe semble dépasser de beaucoup la capacité de réflexion du petit cercle des politiques français. » Au terme d’une campagne électorale souvent raplapla et parfois confuse, notamment lors des débats télévisés, le jugement semble à propos. Il date pourtant de quarante ans, sous la plume du journaliste Jean-François Revel, dans l’Express du 2 juin 1979. Les têtes de liste d’alors n’étaient pourtant pas des seconds couteaux : Simone Veil, François Mitterrand, Jacques Chirac, Georges Marchais. Excusez du peu… sans oublier Jean-Jacques Servan-Schreiber, Jean-Edern Hallier ou Arlette Laguiller. Quarante ans plus tard et pour la neuvième élection des députés européens au suffrage universel direct, beaucoup estimeront cette campagne « hermétique et risible » comme l’écrivait alors Revel.
« Elections européennes : en dire du mal tous les cinq ans ; propices à l’abstention ». Au dictionnaire des idées reçues façon Flaubert, le scrutin de dimanche n’échappe pas à la règle. C’est une profonde injustice, mais elle s’explique car « nous refusons de comprendre que l’Europe est l’une des plus importantes innovations politiques de l’histoire récente », affirme le philosophe espagnol Daniel Innerarity, dans l’hebdomadaire Le 1. Elle est, ajoute-t-il, « un vrai laboratoire qui nous permet de tester une nouvelle définition des notions d’identité, du pouvoir ou de citoyenneté dans le contexte de la mondialisation ».
On comprend mieux pourquoi tant de responsables politiques et d’électeurs nourris aux passions politiques nationales ont du mal à s’y intéresser, à s’y investir, dès lors que l’essentiel – la paix, la liberté et une relative prospérité – semble assuré. Même les plus europhiles d’entre eux n’échappent pas à la règle, ne parvenant pas à penser à l’échelle de ce grand continent qui est le nôtre. Pourtant dès 1882, Ernest Renan disait que « les nations ne sont pas quelque chose d’éternel. Elles ont commencé, elles finiront. La confédération européenne, probablement, les remplacera ». Bon gré mal gré, nous allons dans cette direction, dans le cadre de l’Etat de droit et d’élections démocratiques. Depuis jeudi et jusqu’à dimanche, plus de 400 millions d’électeurs sont appelés à s’en souvenir.
A LIRE : 28 Etats, 28 questions, notre dossier spécial

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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