Noam Chomsky : L’Optimisme contre le désespoir

Au fil de cette vingtaine d’entretiens conduits entre 2013 et 2017, Noam Chomsky examine des thèmes — de la menace environnementale que fait peser le libre-échange sur l’espèce humaine à l’essor du terrorisme en passant par l’exacerbation de la guerre des classes — qui pourraient sembler autant de motifs de découragement pour ceux qui cherchent à combattre l’ordre dominant. Or de ce diagnostic lucide Chomsky lance une puissante invitation à la résistance. À l’impérieuse nécessité de s’adapter au désordre néolibéral martelée par les tenants d’un extrémisme de marché et symbolisée par le fameux acronyme TINA (There is no alternative, « Il n’y a pas d’autre choix »), Chomsky oppose une nécessité tout autre :
« Nous avons deux options. Le pessimisme, qui consiste à baisser les bras et, ce faisant, à contribuer à ce que le pire arrive. Ou l’optimisme, qui consiste à saisir les occasions qui se présentent et, ce faisant, à contribuer à la possibilité d’un monde meilleur. La question ne se pose même pas. »
Les entretiens compilés ici ont été menés entre 2013 et 2017, alors que les États-Unis glissaient lentement vers ce qui a abouti au régime populiste d’extrême droite de Trump. Noam Chomsky, que l’on identifie volontiers à la « conscience morale » des Américains, s’y exprime sur divers sujets, tous emblématiques de l’inquiétante époque dans laquelle nous sommes entrés : la fin du règne d’Obama, la Russie de Poutine, la Turquie séquestrée par Erdogan, le Brexit et l’Europe, le terrorisme, la crise des migrants, la montée des intégrismes religieux.
A 88 ans, Chomsky analyse un monde en proie à mille fléaux, mais ce qu’il voit surtout, ce sont ceux et celles qui luttent avec acharnement contre les injustices qui fracturent la société. Même si la situation est critique, il réaffirme la profonde conviction qui l’a aiguillé tout au long de sa vie : non seulement l’espoir est encore possible, mais il est plus que jamais indispensable…

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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