La cigarette, ce poison

Le Vif.be – 31/05/2019 – source AFP –
Le tabac n’est bon pour rien, si ce n’est le portefeuille des producteurs. En cette journée mondiale sans tabac, il n’est pas inutile de le rappeler et de faire le point en quelques chiffres glaçants. Par exemple: le tabac pourrait faire près d’un milliard de morts au 21e siècle.
Combien de fumeurs dans le monde ?
Sur une population globale de 7,5 milliards d’humains, les fumeurs sont estimés à environ 1 milliard par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Chaque année, ils consument environ 5.700 milliards de cigarettes et jettent près d’un million de tonnes de mégots, d’après The Tobacco Atlas, initiative anti-tabac liée à l’American Cancer Society.
Les filtres en acétate de cellulose, matière non-biodégradable, sont devenus les déchets les plus répandus sur les plages du globe, selon la revue International Journal of Environmental Research and Public Health.
Le mégot, une véritable plaie
On estime que, dans le monde, 72 milliards de mégots (845 000 tonnes), sont disséminés chaque année dans la nature. Problème, ils ne sont pas biodégradables et ont un impact non négligeable sur la nature puisque leur matière première se dilue à travers le temps. Surtout qu’il met entre un et trois ans à se décomposer.Comme ces filtres ont absorbé une partie des 4000 substances chimiques que l’on retrouve dans une cigarette, ils sont une source non négligeable d’empoisonnement de la nature. On estime qu’un mégot peut polluer 500 litres d’eau, la rendant impropre à la consommation.
La surface consacrée à la culture du tabac dans le monde, 4,3 millions d’hectares, est peu près égale à la Suisse. La Chine est de loin le premier producteur, concentrant à elle seule 40% de la production mondiale de feuilles de tabac.
Toujours selon l’enquête de la Fondation pour le Cancer la majorité des fumeurs (73 %) regrettent de fumer et 74 % des fumeurs ne veulent pas que leurs enfants commencent à fumer. 66 % des fumeurs souhaitent arrêter de fumer : 43 % dans le courant de l’année et 23 % à plus long terme. Ce seraient les jeunes de 18 à 24 ans qui seraient le plus enclins à postposer le sevrage. L’envie serait plus présente dans la tranche d’âge plus élevé. Chez les 25-34 ans77 % et 50 % envisagent même un sevrage dans l’année.
Vous souhaitez arrêter ? Il existe une application gratuite:
Des chiffres de l’enquête de santé 2013 de l’ISP (Institut de Santé publique) fixent eux à 23% la proportion des 15 ans et plus qui sont fumeurs en Belgique. « Mais il y a de grandes disparités en fonction des milieux socio-économiques et des niveaux d’éducation, et dans certaines régions on compte jusqu’à 30-35% de fumeurs », indique la responsable du département des experts à la Fondation contre le Cancer.
© Getty Images/iStockphoto
Et au travail ?
Des chiffres qui rejoignent ceux d’IDEWE, actif dans le domaine de la prévention au travail. Ils ont effectué une enquête auprès 200.000 personnes et il en est ressorti qu’en Belgique 27,1% des travailleurs fument. Si le nombre de travailleurs qui fument diminue de façon constante, cette baisse est lente puisqu’en 8 ans il n’a baissé que de 2.6 %. Le secteur d’activité du travailleur joue également un rôle prépondérant dans son comportement tabagique. On compte ainsi dans le secteur de la construction (41,5%) et dans celui des transports (40%) presque 3 fois plus de fumeurs que dans l’enseignement (15,1%).
Où fume-t-on le plus ?
Sans surprise, c’est en Chine qu’on trouve le plus grand nombre de fumeurs: le pays aux 1,3 milliard d’habitants compte 315 millions de fumeurs, selon un rapport de l’OMS de 2017. Plus du tiers des cigarettes fumées dans le monde le sont en Chine. L’Indonésie est le pays qui compte la plus forte proportion de fumeurs: 76% des hommes de plus de 15 ans y fument. Environ 80% des fumeurs dans le monde vivent dans des pays à faibles revenus ou à revenus intermédiaires et 226 millions d’entre eux sont considérés comme pauvres.
Combien de morts ?
Le tabac qui génère un chiffre d’affaires annuel de près de 700 milliards de dollars a entraîné plus de morts au 20e siècle que les deux Guerres mondiales réunies. Le tabac est la première cause évitable de mortalité: une personne meurt toutes les six secondes sur la planète à cause de la cigarette, selon l’OMS. Le tabagisme actif ou passif tue au total plus de 7 millions d’humains chaque année. En Belgique, on estime que 14.000 décès par an sont liés à la consommation de tabac. Cancers, en particulier du poumon, infarctus, AVC, BPCO sont les principales maladies associées au tabac.
Des études ont par ailleurs démontré qu’en moyenne, un fumeur perd 8 ans de vie. En parallèle, il y a aussi une perte d’années de vie en bonne santé. On parle, pour les fumeurs, d’une moyenne de 6 années de vie avec des incapacités ou maladies chroniques liées au tabagisme ».
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Au 20e siècle, le tabac a fait 100 millions de victimes, soit plus que les 60 à 80 millions de morts de la Seconde Guerre mondiale réunis aux 18 millions de morts de la Première Guerre mondiale. Si la tendance actuelle se poursuivait, le tabac pourrait faire près d’un milliard de morts au 21e siècle.
© CHRIS RATCLIFFE/GETTY IMAGES
Quelles dépenses de santé ?
Le tabac qui génère un chiffre d’affaires annuel de près de 700 milliards de dollars a entraîné plus de morts au 20e siècle que les deux Guerres mondiales réunies. Le tabagisme coûte aussi cher: il absorbe environ 6% des dépenses mondiales consacrées à la santé ainsi que 2% du produit intérieur brut (PIB) global, selon la première étude réalisée sur le sujet, publiée en janvier 2017 dans la revue scientifique Tobacco Control. Cette analyse coordonnée par l’OMS montre qu’en 2012 le coût total du tabac pour la société à l’échelle mondiale s’est élevé à 1.436 milliards de dollars, dont 40% à la charge des pays en développement.
Un marché mondial sur le déclin ?
En 2015, la planète comptait 933 millions de fumeurs quotidiens (768 millions d’hommes et 165 millions de femmes), selon une étude publiée dans la revue médicale The Lancet qui note une baisse du pourcentage de fumeurs dans la population mondiale depuis 1990. Politiques anti-tabac et émergence de la cigarette électronique ont fait reculer le nombre des fumeurs dans de nombreux pays, notamment au Royaume-Uni, Australie, Brésil, et en France où les fumeurs quotidiens ont fondu d’un million entre 2016 et 2017. La Chine reste de loin le premier marché mondial, mais les ventes y déclinent aussi, de près de 10% depuis un pic atteint en 2012, selon Euromonitor International. En revanche la consommation de tabac continue de progresser dans de nombreux pays à revenus moyens et faibles, particulièrement en Afrique subsaharienne, souligne The Tobacco Atlas.

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