Quand les hommes construisent des murs… d’arbres !

Siné Mensuel N°88 / juillet/Août – Maxime Carsel –
Nous connaissons la propension des hommes à élever des murs entre eux. Nous les connaissons moins comme bâtisseurs de murs naturels, ou plus précisément comme planteurs d’arbres et d’espèces de plantes variées pour contrer les catastrophes écologiques. Les great green wall (« grands murs verts ») empêchent la dégradation des sols. Le premier exemple remonte à 1930.
États-Unis : Le projet Shelterbelt a été mis en œuvre pour contrer le Dust Bowl dans les années 1930. Ce vent de poussière destructeur dont l’origine provient de la sécheresse couplée au surlabourage. La terre des plaines du Sud situées à cheval sur le Texas, l’Oklahoma et le Colorado fut ravagée pendant la décennie surnommée Dirty Thirties. Privés de nourriture et plongés dans la misère, des millions d’Américains avaient été contraints de fuir vers l’ouest. John Steinbeck tira son roman Les raisins de la colère de cet épisode tragique? Sommé de réagir, Roosevelt créa l’une des premières agences environnementales du pays, qui a lancé la plantation de 220 millions d’arbres sur une ligne allant du Canada au Texas, soit une superficie de 29 900 km2 pour une largeur de 160 km. Quatre-vingts ans plus tard, cette réalisation constitue l’acte le plus abouti du gouvernement américain pour répondre à une crise écologique.
Chine : Durand le Grand Bond en avant initié par Mao Tsé-Toung, les Chinois ont rasé des pans entiers de forêts et anéanti la biodiversité provoquant la Grande famine et une augmentation de la température de 2 °C en cinquante ans. Le désert de Gobi tout proche a pu dès lors avancer à sa guise, détruisant les prairies à coup de tempêtes de sable et provoquant des inondations à répétition. 400 millions de Chinois sont aujourd’hui encore concernés. En 1978, l’État prit ses responsabilités et décida de planter une barrière de 4 480 km au sud de la Mongolie. Un édifice colossal censé se terminer en 2074. Le défi est si grand qu’en 2018, 60 000 soldats ont été appelés pour s’occuper de 84 000 km2 (la superficie de l’Irlande).
Aujourd’hui, malgré quelques ratés, 66 milliards d’arbres ont été plantés. D’après les ,images de la NASA, 5 % de la superficie du Pyas est devenue plus verte depuis deux décennies. Pour autant, l’empire du Milieu demeure le plus gros pollueur du monde et, ses émissions de CO2, continueront d’augmenter jusqu’en 2030, au moins.
Afrique : Depuis le début du XXème siècle, l’Afrique a subi de plein fouet la progression du Sahara. Le désert a progressé de 250 km vers le sus en un siècle, provoquant un sursaut des pays africains. L’objectif est dément : planter un mur de 8 000 km partant du Sénégal et s’achevant à Djibouti. Ses 15 km de large suffiront à stopper les assauts du désert. problème de taille : il devra traverser 1 pays dont la plupart sont en guerre permanente. 
L’idée d’une muraille était apparue en 2002 lors du sommet spécial tenu à N’Djamena (Tchad), contre la désertification. Il faut restaurer 10 millions de terres dégradées chaque année. Le projet devrait démarrer d’ici deux ans et s’achever en 2030. Mais, comme le dit un proverbe africain, « la persévérance est un talisman pour la vie ».

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