Campagne « plastiques » : une bouteille à la mer ?

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Ploufragan,  France. / AFP / LOIC VENANCE
En amont des débats entourant l’adoption du projet de loi sur l’économie circulaire, l’ONG Agir pour l’environnement lance une vaste campagne intitulée « Plastiques : une bouteille à la mer ? », visant à obtenir l’interdiction des plastiques à usage unique et la mise en œuvre d’une véritable politique de prévention de la mise sur le marché des emballages plastique. Cela passe notamment par la mise en place d’une expérimentation d’un retour de la bouteille en verre consignée. Chaque année, près de 5 milliards de bouteilles plastiques finissent incinérées, mises en décharge ou au bord d’une route, dans un sous-bois ou dans un cours d’eau !
Alors qu’en dehors des bouteilles et flacons, seuls 3 % des plastiques triés sont réellement recyclés, force est de constater que l’objectif du projet de loi sur l’économie circulaire d’un recyclage à 100 % des plastiques est au mieux une illusion, au pire une volonté maladroite de verdir le secteur de la plasturgie et de l’industrie agroalimentaire.
Ce que le Gouvernement nomme maladroitement une économie circulaire est au mieux un dernier tour de piste avant la mise au rebus définitive. La deuxième vie d’une bouteille plastique sous forme de fibres textiles se traduit par une contamination massive des eaux de lavage. En effet, laver quatre kilogrammes de vêtements en polyester peut conduire à la dissémination de plus de 700 000 microfibres synthétiques dans l’environnement. En fin de vie, les polaires et autres vêtements synthétiques deviennent des déchets ultimes dont la seule issue est actuellement l’incinération.
Face à cette contamination de l’environnement, il n’y a rien d’étonnant à constater que les selles humaines concentrent jusqu’à neuf types de plastiques et que les océans deviennent progressivement une soupe de plastique remplaçant progressivement le plancton.
Dans le cadre de la campagne « Plastiques : une bouteille à la mer ? », Agir pour l’environnement demande également la mise en place d’un registre permettant de connaître précisément la composition des plastiques avant de généraliser le recyclage. Rien que pour les plastiques à usage alimentaire, l’Europe autorise 582 molécules différentes, plastifiants, colorants, retardateurs de flamme… Agir pour l’environnement s’interroge sur le devenir de ces additifs et le risque de réintroduire, via le processus de recyclage, des substances désormais interdites (comme le bisphénol A).


Agir pour l’environnement 2, rue du Nord – 75018 Paris Tél. : 01.40.31.02.37 Site : http://www.agirpourlenvironnement.org
Comment réduire le plastique au quotidien ?
– Refuser : Il suffit de dire « non, merci » aux sacs, pailles, couverts glissés dans le sac, stylos bille, touillettes à café, gobelets, bouteilles d’eau, gadgets publicitaires… en plastique.
– Réduire : Il s’agit de réduire sa consommation de plastique dans certains domaines, en visant certains produits : choisir d’arrêter le shampoing classique au profit du shampoing solide, acheter des cotons-tiges en carton ou cure-oreille en bois, des couverts en bambou, des yaourts en pots en verre ou se mettre à fabriquer son nettoyant ménager, boycotter les habits en matières synthétiques au profit d’autres matières naturelles comme le coton, le lin…
– Réutiliser/Réparer : Acheter d’occasion dès que possible, ne pas racheter des boîtes alimentaires mais utiliser celles que l’on a, réparer au lieu de racheter les appareils électroniques ou encore réutiliser des objets en plastique.
– Recycler : En France, le système n’est pas encore au point et présente de nombreuses faiblesses. Çà n’est pas l’idéal mais c’est mieux que de jeter sans trier. Pensez à recycler tout ce qui est possible, sans négliger les flacons de produits de beauté par exemple, qui finissent dans la poubelle de salle de bains et rarement dans le bac jaune.
– Anticiper : Il faut avoir sous la main une alternative face au plastique quand il apparaît : disposer d’un sac en toile dans son sac à main pour les courses impromptues et des sachets en tissus pour acheter en vrac, un mug au bureau, une paille en inox avec vous quand vous sortez…
– Changer : Boycottez les hyper- et supermarchés au profit du marché et des commerçants, changez vos produits de référence jusqu’à ce que vos nouvelles habitudes deviennent automatiques.
C’est possible ! Le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas, et le meilleur plastique celui que l’on n’achète pas. Pas la peine de tout changer : nous n’avons pas besoin de quelques personnes parfaitement zéro plastique mais d’une armée de consommateurs qui changent quelques habitudes. Par quoi allez-vous commencer ? ■

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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