Agroalimentaire : l’insatiable croissance du végétal

Challenges – 14/08/2019 – Valérie Xandry –
Des burgers sans viande dans les fast food aux produits d’origine végétale qui fleurissent dans les supermarchés, les géants de l’agroalimentaire, de la distribution et de la restauration rapide surfent sur une tendance végétale qui prend de l’ampleur.
Burgers végétaux
Impossible Foods / AFP/ Nestlé / montage Challenges
Ils ont tout des burgers… sauf la viande. Le steak haché y est remplacé par une galette, savant mélange à base de végétaux assurant un mimétisme visuel notable. De Burger King à McDonald’s, la vague végétale n’a pas échappé aux géants du fast food. Après quelques tests à petite échelle, le premier lance une grande expérimentation tout le mois d’août aux Etats-Unis : son « Impossible Whopper », créé en partenariat avec la start-up Impossible Food qui propose un substitut végétal à la viande de bœuf en en imitant le goût, sera disponible durant cette période sur tout le territoire américain. Le second –qui propose déjà un sandwich végétarien en France depuis deux ans et demi– a franchi un cap fin avril en lançant son « Big Vegan » en Allemagne: une alternative sans viande ni fromage à son célèbre Big Mac. Deux exemples récents qui surfent sur cette tendance d’une alimentation de plus en plus végétale.
« Le fait de manger de plus en plus végétal est une lame de fonds très importante et mondiale », confirme Bernard Boutboul, président du cabinet d’études Gira Conseil. En France, si la population végane –qui refuse la consommation de tout produit provenant d’animaux ou de leur exploitation– ne représente que 0,5% et la population végétarienne que 2%, le nombre de flexitariens atteint quant à lui 23 millions de personnes, soit plus du tiers de la population, selon des chiffres cités par une étude Xerfi de début 2019. Ces consommateurs cherchent à consommer moins de viande mais de meilleure qualité et consomment de temps à autre des plats ou repas entièrement végétaux. Un réservoir de clients que les acteurs de la restauration rapide mais aussi ceux de l’agroalimentaire ou de la distribution prennent de plus en plus en compte.
Croissance à deux chiffres
Dans les rayons fleurissent les produits arborant bien visiblement les termes « végétal », « végétarien », voire « végan » –alors même que ce dernier désigne un mode de vie. Une offre au marketing soigneusement étudié qui rencontre un certain succès. Selon Xerfi, cette alimentation végétarienne et végétale a généré quelque 380 millions d’euros de chiffre d’affaires en grandes et moyennes surfaces en France en 2018 (hors épicerie salée). C’est 24% de plus qu’un an auparavant. Si l’on est encore (très) loin du marché du bio –rappelons que les achats alimentaires bio des ménages ont atteint en 2018 9,7 milliards d’euros en France tous circuits confondus (dont près de la moitié en GMS) selon l’Agence bio–, Xerfi anticipe une croissance de ce segment de 17% en moyenne par an jusqu’en 2021. A cette date, les ventes pourraient donc dépasser les 600 millions d’euros.
Le végétal, un secteur qui pourrait venir grignoter celui de la viande? C’est l’avis des analystes de Barclays qui anticipent que la « viande alternative », à base de protéines végétales par exemple, pourrait atteindre 140 milliards de dollars dans les dix prochaines années et pourrait ainsi conquérir 10% du marché global de la viande. Il faut dire qu’aux États-Unis, les substituts végétaux font le succès de jeunes entreprises qui ont investi ce créneau.
Ils sont partout…

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