Réchauffement climatique : faut-il rouvrir la chasse au spermatozoïde ?

Charlie Hebdo – 14/08/209 – Gérard Biard –
Le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental (Giec) sur l’évolution du climat est tombé. Il concerne « le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes« , et ses conclusions sont, comme d’habitude, pas variment optimistes. 
Si l’on veut à la fois contenir le réchauffement, éviter que les terres ne ressemblent à de vieilles croûtes séchées, et nourrir à peu près correctement une population qui devrait atteindre les 211 milliards de clampins à la fin du siècle, il va nous falloir, comme on dit, changer de modèle. A savoir privilégier le local et modifier nos habitudes alimentaires nées du développement de l’agriculture industrielle. Bref, manger beaucoup moins de viande, boulimique en eau et surproductrice de gaz à effet de serre, et davantage de lentilles du Puy et de noix du Périgord. 
Sages conseils. Mais il manque dans tout cela une donnée non négligeable du problème, qui demeure encore et toujours dans l’angle mort de l’écrasante majorité des rapports, analyses et scénarios envisagés pour tenter de limiter les dégâts : la surpopulation. Car la projection, pour le; moins apocalyptique, d’une Terre (sur)peuplée par 11 milliards d’humains se divisant entre affamés et prédateurs-destructeurs ne semble pas devoir être remise en question. L’accroissement exponentiel de la population mondiale est un fait qui ne se discute pas. Elle était de 1,8 milliard en 1900 elle s’élevait à 6 milliards en 2000, elle dépassera les 11 milliards en 2100, point final. Pourquoi. Parce que. Il est écrit une fois pour toutes que l’humain pondra à tour de bras pour les siècles des siècles jusqu’à recouvrir la moindre surface de la planète sur plusieurs couches. 
Chine – La plage à Qindgao

La démographie ne semble pas être un levier sur lequel on peut peser pour endiguer la catastrophe annoncée. Et pas seulement dans les, pays « émergents » – dont beaucoup vont d’ailleurs devoir sous peu être rebaptisés « immergés ». Les pays industrialisés, avec leurs politiques familiales et leurs incitations à faire des enfants par tous les moyens, sont tout aussi, sinon plus, aveugles. 

En 2017, à l’occasion de la COP23 à Bonn, 15 000 scientifiques de 184 pays avaient publié une tribune sur le sujet dans la revue BioScience, intitulée « Avertissement à l’humanité« , préconisant d’intégrer la réduction du taux de fécondité dans l’éventail des mesures à adopter pour préserver environnement et écosystèmes. Et depuis ? Rien. Silence radio des autorités. Le spermatozoïde est l’espèce la plus protégée de la planète.
9 indicateurs de destruction de la planète depuis 19609 indicateurs de destruction de la planète depuis 1960 Crédits : Camille Renard – Radio France

A propos kozett

Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
Cet article, publié dans réchauffement climatique, est tagué . Ajoutez ce permalien à vos favoris.