Sept images qui montrent les frontières du monde fermées par des murs

Ouest-France – 20/08/2019 –
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, il y avait sept frontières dans le monde fermées par des murs. Elles sont au nombre de 77 aujourd’hui. Voici sept images de ce monde qui se recroqueville derrière du fer et du béton.
Il y a trente ans, le 19 août 1989, plus de 600 Allemands de l’Est, en vacances en Hongrie, profitent de l’ouverture d’un poste-frontière avec l’Autriche à l’occasion d’un pique-nique paneuropéen pour fuir à l’Ouest, premier exode massif de ce genre depuis 1961.
C’est une première brèche dans le Rideau de fer, cette barrière de miradors et barbelés qui courait sur près de 3 000 km en Europe, entre les pays de l’Ouest et ceux sous influence soviétique. Elle allait aboutir, le 9 novembre de la même année, à la chute du mur de Berlin.
Trente ans après, les murs de béton et clôtures électrifiées n’ont pas disparu du paysage. Selon la géographe québécoise Elisabeth Vallet, de l’université de Québec-Montréal, dont l’étude de 2016 fait référence, il y en a 77 construits ou en projet. Leur longueur cumulée fait environ 41 000 km. C’est 1 000 km de plus que la circonférence terrestre à l’équateur.
1. USA-Mexique
La photo ci-dessus date de 2007, bien avant que Donald Trump ne devienne président des États-Unis et ne fasse de son mur avec le Mexique une priorité – très contestée. On est alors un an après l’adoption du « Secure Defense Act », un texte qui prévoit – déjà – la construction d’un mur entre les deux pays. En 2007, 450 km de barrières ont déjà été construits sur les 1 120 km prévus, qui représentent le tiers de la frontière.
2. Turquie-Bulgarie
(Photo : Bulgarian governement/AFP)
Il n’y a rien de plus semblable que la Turquie et la Bulgarie. Pourtant, au milieu de cette image coule une frontière de barbelés. C’est en 2013 que le gouvernement bulgare a décidé de dresser ce mur anti-migrants sur 30 km, première étape d’un projet qui porte sur 130 km (la moitié environ de la frontière). Le but : orienter les migrants vers les quelques points de passages autorisés (on en voit un ici sur l’image). Outre les patrouilles militaires qui surveillent la frontière, le mur est sous la surveillance permanente de caméra infrarouge.
3. Maroc-Espagne
(Photo : Jorge Guerrero/AFP)
On est ici à Ceuta, une ville espagnole de 18,5 km2 (un cinquième de la ville de Paris) qui se trouve sur la côte nord de l’Afrique, enclavée au Maroc. Elle est isolée par un mur de 8 km (fait de béton et de barbelés) construit à partir de 2001. Il a été en partie financé par l’Europe. Régulièrement franchie par des migrants, la clôture a été par la suite rehaussée jusqu’à 6 mètres de haut. Elle est contestée par le Maroc, qui considère Ceuta comme un territoire occupé.
4. Maroc-Mauritanie
Surnommé le « mur de la honte » ou le « mur de sable », cette immense muraille court sur plus de 2 700 km dans le Sahara. Sa construction, décidée par le Maroc, a commencé en 1980 pour s’achever sept ans plus tard. Gardé par 100 000 soldats marocains, protégé par des caméras et des mines, le mur veut affirmer la souveraineté marocaine sur l’ancienne colonie du « Sahara espagnol » ou « Sahara occidental », souveraineté qui n’a pas été reconnue par la communauté internationale, et qui est contestée par le peuple Sahraoui.
5. Palestine-Israël
Photo : Reuters)
Voici une portion de la barrière de séparation israélienne (BSI), un des murs les plus récents et les plus contestés. Son chantier, pas achevé, a commencé en 2002. Sur un tracé complexe de 708 km, environ 500 km ont été réalisés presque en totalité à l’intérieur de la Cisjordanie. Il s’agit à 95 % d’une haute clôture renforcée de barbelés et équipée de capteurs. Tout le long, une route militaire permet à l’armée israélienne d’intervenir rapidement. Dans les secteurs urbains (Qalqilya, Bethléem, Jérusalem…), la barrière prend la forme d’un mur de béton qui peut aller jusqu’à 9 mètres de haut.
6. Hong Kong-Chine
(Photo : AFP)
Une frontière où bruissent les bruits de bottes (chinoises), sur fond de tensions politiques sans précédent à Hong Kong. Même si Hong Kong a été restitué à la Chine en 1997, le territoire reste séparé de la Chine communiste en vertu du principe « un pays, deux systèmes » : il conserve un gouvernement autonome, sa monnaie, sa frontière et des libertés inconnues sur le continent. Depuis 1951, la Chine et le territoire de Hong Kong sont séparés par une zone fermée, à laquelle on n’accède que sur autorisation. Elle s’est peu à peu réduite, mais des clôtures ont pris le relais.
7. Pakistan-Inde
(Photo : Narinder Nanu/AFP)
Les deux pays ont 2 912 km de frontières communes (ici, dans le Pendjab). Les relations entre les deux pays étant très tendues, les passages sont strictement limités.

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