Le jardin

L’âge de faire – juillet/août 2019 – Mireille Bouteyre –
L’été est là, avec la sempiternelle question de la gestion du jardin pendant la chaleur et les vacances. De quoi pourrions-nous parler ? Du souci de l’eau, de son économie pendant les périodes de sécheresse ? Des semis d’été qui feront les derniers légumes verts d’automne, ou les premiers du printemps ? Je pourrais aussi évoquer tout ce qui me fait « monter le bouillon » : dans ce pays où l’on se targue de faire de la « transition écologique » (mais ça veut dire quoi en fait ?) tout en oubliant de pays les aides à bio aux agriculteurs depuis trois ans…
Non, non, la liste est trop longes, oublions cela pour une fois et profitons plutôt des clairs matins d’été où les merles entament leurs symphonies, accompagnés des derniers chants tonitruants des crapauds et de la jolie sourdine des engoulevents ; quel bonheur de croire quelques instants que le monde, ça pourrait être çà, paisible, sans heurts, avec pour seuls bruits ces sons naturels qui sont loin d’être une cacophonie, mais au contraire un savant et subtil arrangement digne d’un grand maître de la musique.

Mais vous ai-je déjà parlé du Grand orchestre des animaux, fabuleux libre de Bernie Krause*, ex-musicien,, qui après un diplôme de bio-acoustique, a enregistré plus de 4 500 heures de « paysages sonores », selon son expression, partout dans le monde, et dont il dit qu’en cinquante ans, 50 % ont déjà disparu…
Eh bien, il a mis en évidence, grâce à des rendus en images de fréquences, le fait que chaque espèce animale occupe une plage sonore et une fréquence différente pour exprimer sont chant : on y va à fond, sachant qu’il s’agit de communication et de reproduction,et, donc, on évite les croisements en laissant la place aux autres… Je vous jure qu’on écoute la nature différemment quand on a lu ça ! Et quelle leçon de savoir vivre, quand on voit comment se passent la plupart de nos débats humains…
Champs sciences / paru le 24/10/2018 / 290 p. / 10 €
* «Assis par terre avec mon magnétophone, m’efforçant de me faire le plus discret possible, j’étais stupéfait par chaque son nouveau. L’ambiance sonore prenait du relief dans ses moindres détails : le bruit de ma respiration, le léger mouvement de mon pied, un oiseau qui se posait tout près en dérangeant les feuilles mortes puis s’envolait, alarmé. Jusqu’à ce moment précis, je n’avais jamais perçu le merveilleux babillage qui remplissait la nature…»
C’est par hasard que Bernie Krause, musicien dans la Californie des années 1960-1970 – les Doors, la musique de Rosemary’s Baby et d’Apocalypse Now –, découvre la richesse des sons de la nature. Depuis, il consacre sa vie à enregistrer les animaux du monde entier. Revenant sur son parcours et ses travaux, il offre une merveilleuse plongée dans l’univers sonore du monde sauvage. Et nous invite à célébrer, malgré le vacarme des activités humaines, la somptueuse symphonie de la nature.

Et pour finir, un petit jeu, afin de connaître un peu mieux nos dites plantes potagères, tout en méditant sur la notion de migrants et de migrations, et s’interroger sur ce qui garnirait nos assiettes si on avait stoppé aux frontières toutes ces effrontées. D’où viennent-elles ? 
– La tomate ? Amérique du Sud, arrivée vers 1500.
– L’aubergine ? Inde, même date d’entrée en Europe.
– Le melon ? Afrique australe, toujours le XVIème siècle, l’époque des grands voyageurs.
– Le concombre ? Asie, connu en Chine depuis 5 000 !
– La courge ? Amérique, Asie, ses origines restent floues…
– Le radis ? Égypte, déjà au menu des constructeurs de pyramides ! – Le piment/poivron ? Amérique du Sud, lui aussi cultivé depuis 5 000 ans.
– L’épinard ? Asie mineure, ramené par les croisés, peut-être accidentellement grâce aux pelotes de graines accrochées à leurs vêtements !
Bon, OK, il nous reste la carotte, la laitue et la chicorée, les choux et les poireaux, le céleri et la betterave. Mais avouons qu’on a gagné en goût et couleurs !

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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