Acouphènes : Quand les oreilles cassent

Alternative Santé – septembre 2019 – Dossier réalisé par François Lehn et Jean-Baptiste Talmont –

Les personnes souffrant d'acouphènes vivent une triple peineLes personnes souffrant d’acouphènes vivent une triple peine

Sifflement, bourdonnement, mais aussi hypersensibilité au bruit, pertes auditives… nos oreilles surexposées aux sons et aux bruits peuvent finir par « casser ». Les chiffres le montrent et avèrent que ce sont les plus jeunes qui sont les plus exposés. Si prévenir vaut toujours mieux que guérir, des solutions alternatives existent lorsque les acouphènes s’installent.
Quand les oreilles cassent
les acouphènes (bourdonnements, sifflements, ou tout autre bruit perçu en l’absence de source sonore) et l’hyperacousie (hypersensibilité au bruit) représentent une véritable souffrance. Dans certains cas, la douleur est telle, que la personne atteinte vit un véritable enfer qui peut la conduire jusqu’à la dépression.
Pourquoi le dire maintenant ? Parce que les personnes souffrant d’acouphènes vivent une triple peine. Les deux premières sont de souffrir et de n’avoir que très rarement le soutien de leur entourage ; de souffrir d’un mal qui ne suscite ni reconnaissance, ni compassion. Nous sommes tous comme saint Thomas, nous avons besoin de voir et de toucher pour croire. Et plus les stigmates d’une douleur sont visibles, voire spectaculaires, plus nous y sommes sensibles. Comme l’acouphène est totalement invisible, et ce, quelle que soit son intensité, il est impossible pour l’entourage de mesurer la souffrance.
Nous parlions de triple peine ? La troisième a longtemps été l’errance thérapeutique. L’errance thérapeutique dans le meilleur des cas (si on ose dire), le mépris dans le pire. Rappelons qu’il y a encore vingt ans, certains ORL, estimant que les acouphènes étaient des hallucinations sonores, renvoyaient leurs patients avec plus ou moins de délicatesse chez… leurs confrères psychiatres.
Des chiffres affolants
Une étude JNA/Ipsos/Crédit agricole de 2014, apportait enfin des statistiques fiables sur la question. Avant cette date, on estimait à 2 millions le nombre de personnes atteintes d’acouphènes permanents (ou acouphènes installés). Depuis, on sait que le chiffre est bien plus élevé puisqu’il s’agit de 3,7 millions de personnes souffrant d’acouphènes permanents et de 12 millions de personnes révélant être atteintes d’acouphènes de temps en temps. Près de 16 millions de Français sont concernés.
Pire, la dernière étude de l’association de la Journée nationale de l’audition (JNA), de mars 2018, révèle que 56 % des 15-17 ans et 49 % des 18-24 ans ont déjà ressenti des acouphènes. Selon une étude de l’Agence nationale sécurité sanitaire alimentaire nationale (Anses), 10 % des jeunes de moins de 25 ans présentent déjà un audiogramme pathologique. Et ce sont les 25-34 ans qui affirment éprouver le plus de difficultés à vivre avec ces bruits parasites. Des statistiques d’autant plus inquiétantes que le nombre de personnes qui s’exposent à des risques ne cessent de croître, eu égard à l’engouement collectif pour les casques audio, pour une pratique de l’écoute nomade, dans des « auditoriums » (rue, transports en commun bruyants, etc.) du plus mauvais choix.
Et le téléphone dans tout ça ?
Certaines études ont été menées sur les employés de Call Center aux États-Unis. Les Call Center sont ces plateformes d’émission ou de réception d’appel. Les plus gros d’entre eux peuvent compter plus de 100 employés. Les personnes qui totalisaient dix années d’ancienneté ont été examinées. Les études ont révélé qu’elles possédaient le système auditif d’un ouvrier comptant trente ans de labeur. La faute aux huit heures passées, un casque sur les oreilles, à monter le son au maximum des capacités de l’appareil pour pouvoir entendre confortablement et être entendu, avec des temps de pause trop courts.
Une prise en charge défaillante
Selon l’étude de la Journée nationale de l’audition de 2014,
 les traitements pour guérir des acouphènes ne sont pas légion 
et leurs mécanismes sont encore très obscurs. Ce qui explique sûrement 
ce chiffre : 53 % des personnes ayant consulté un ORL pour des problèmes d’acouphènes et d’hyperacousie 
n’ont reçu ni conseil, 
ni prescription. 
Un problème de prise 
en charge qui accentue 
le désarroi des personnes atteintes.
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