La musique comme thérapie

Alternative Santé – Août 2019 – Nathalie Rigoulet –
Thérapie : en avant la musique à l’hôpital avec Music Care

La musique agit sur les canaux cognitifs, sensoriels, affectifs et comportementaux.La musique agit sur les canaux cognitifs, sensoriels, affectifs et comportementaux.

Lorsque des solutions thérapeutiques innovantes empruntent des voies aussi agréables que l’application numérique Music Care, on ne peut qu’applaudir ! Près de 300 hôpitaux et un nombre croissant d’Ehpad utilisent cette application. Elle permet d’améliorer la qualité de vie et le mieux-être des patients.
S’installer confortablement avec un casque sur les oreilles et se laisser porter, les yeux fermés… La musique illumine notre cerveau, le transcende et nous fait du bien. Stéphane Guétin, musicien, musicothérapeute et docteur en psychologie clinique connaît, depuis longtemps, les bienfaits de la musique, mais son coup de génie fut d’imaginer l’application Music Care.
Alors qu’il réalisait un stage, en 1999, en milieu hospitalier dans un service de rééducation fonctionnelle, il s’étonne de l’absence patente d’études sur l’impact de la musique sur la douleur. En collaboration avec le doyen honoraire de la faculté de médecine de Montpellier, le professeur en neurologie Jacques Touchon – lui-même très sensible à une prise en charge globale des patients –, il développe des solutions en musicothérapie qui répondent aux recommandations scientifiques internationales. Il fonde, en 2008, la société de recherche et développement Music Care. Les nombreuses recherches cliniques menées sur les bienfaits de cette application sur la santé sont unanimes ! Ainsi, les musiques proposées, une cinquantaine de morceaux, sont efficaces sur la réduction de la douleur aiguë et chronique, sur la consommation de médicaments (notamment antidouleur, anxiolytiques et antidépresseurs), sur la diminution des troubles du sommeil, de l’anxiété et de la dépression et sur le comportement des personnes atteintes de maladies neurodégénératives. Des études encourageantes ciblent également son impact positif sur le stress et le burn-out des soignants en milieu ­hospitalier. Les résultats des recherches en cours en ­psychiatrie et auprès de personnes atteintes de troubles autistiques sont vivement attendus.
Une technique fondée sur l’hypnoanalgésie
Nos ancêtres se servaient déjà de la musique de manière instinctive dans un but thérapeutique. Les guérisseurs de la Préhistoire, de l’Égypte antique, les musicothérapeutes grecs faisaient déjà largement appel aux instruments, sons et rythmes pour atténuer les maux du corps et de l’âme. Mais il y a musique et musique… Celle dont nous parlons ici comporte des spécificités et a été conçue dans un but précis. Les séances de vingt minutes sont composées afin de modifier l’état de conscience du sujet. Des suggestions positives musicales remplacent les habituelles suggestions verbales d’une séance de sophrologie. Chaque séance est composée en respectant une séquence en U, technique de relaxation musicale fondée sur les principes de l’hypnoanalgésie. La première barre du U représente l’état de conscience du patient accompagné par un rythme assez rapide, la cuvette du U correspond à la modification de l’état de conscience, à la plongée délicieuse dans un état de détente, de relaxation, déclenchée par les variations du rythme musical, de la mélodie, des fréquences, du volume, de l’harmonie et de la formation orchestrale. La remontée vers la deuxième branche du U stimule doucement le patient, le redynamise, la musique l’accompagne vers davantage de conscience. Les morceaux composés pour les troubles du sommeil écartent la dernière phase afin de prolonger la détente. On parle alors de technique de montage en L. Chaque mélodie est un savant équilibre entre création artistique originale et respect du protocole scientifique propre à Music Care. Des musiciens de talent (Tony Allen, David Bismuth, Vin Gordon, Ahmed Achour…), séduits par cette expérience de santé, rejoignent le Dr Guétin pour enregistrer dans les meilleurs studios afin d’avoir une restitution sonore irréprochable.
Des effets bénéfiques sur le cerveau
Les techniques d’imagerie cérébrale qui ont évolué de manière spectaculaire, permettent de visualiser les mécanismes impliqués à l’écoute d’un morceau de musique. La musique agit sur les canaux cognitifs, sensoriels, affectifs et comportementaux et stimule tout naturellement la production d’endorphines et de dopamine, les fameuses hormones du bonheur ! L’équipe de Music Care planche actuellement sur un programme universitaire d’avant-garde « musique et neuroscience clinique ».
Comment se déroule une séance ?
Un premier entretien explique au patient les objectifs de la séance et détermine ses préférences musicales (jazz, rock, musique du monde, reggae, etc.). Au terme des vingt minutes d’écoute le patient est encouragé à exprimer ses ressentis, à partager ce moment privilégié avec le soignant. Ces séances ont l’avantage de s’adapter aux personnes de langue étrangère ne maîtrisant pas ou peu le français, aux personnes ayant des difficultés de communication et elles répondent au plus juste aux besoins personnalisés des patients. Il est possible de continuer les séances à domicile, avec un code donnant accès à l’application. Les établissements de santé sont les premiers utilisateurs de Music Care. Les soignants suivent une formation également ouverte aux professionnels libéraux (professionnels de santé, des psychothérapies, des thérapies alternatives et psychosociales).
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La musique comme thérapie ( rédigé le 30 octobre 2015 par Martine Pédron)
Nous écoutons toutes sortes de musique pour nous détendre, rêver, méditer, mais aussi pour nous ouvrir au sacré et à d’autres dimensions ; elle peut aussi tout simplement être là pour combler un vide qui nous angoisse. Pourquoi la musique est bonne pour notre santé ? Que se passe-t-il dans notre cerveau et dans notre corps ? Comment peut-elle nous soigner ?
Chaque musique à des fréquences différentes et à chaque moment de notre vie, une en particulier entre en résonance avec notre être profond. Notre cerveau se synchronise, nos émotions ressurgissent, sollicitées différemment sur des plans et dimensions totalement distinctes mais tout aussi intenses, en fonction que l’on écoute du Bach, du Mozart, du Chopin, de la musique dodécaphonique, minimaliste et répétitive, de la pop, de la ranchera mexicaine, du son cubain ou de la morna capverdienne.
Connue depuis des millénaires
La musicothérapie en tant que profession et moyen efficace pour améliorer les capacités mentales et physiques d’une personne ne sera reconnue que vers les années 1960, d’abord au Canada et aux États-Unis, puis plus tardivement en France. Pourtant, le pouvoir curatif de la musique était déjà connu dans la Grèce antique. Elle était une discipline enseignée dans les écoles au même titre que les mathématiques ou la médecine. Il existait des musicothérapeutes qui se dédiaient au soin de l’humeur de leurs patients en utilisant différents instruments de musique telle la lyre, au son très doux et harmonieux. De même chez les Hébreux, on raconte que David (alors jeune berger) fut envoyé au roi Saül pour lui jouer de la cithare ou de la harpe lorsque son esprit était agité.
En milieux hospitaliers
Aujourd’hui, dans le milieu médical, les bienfaits de la musique commencent à être reconnus : des psychothérapeutes et des dentistes utilisent dans les salles d’attente ou les salles de soins une musique douce, en général classique, afin de détendre leurs patients. Dans certains hôpitaux, des médecins mettent de la musique pour soulager les maux de leurs patients afin qu’ils oublient un peu leur maladie en s’évadant dans un ailleurs plus optimiste et souriant. Il existe ainsi une association Musique et Santé qui œuvre depuis une quinzaine d’années pour la diffusion de musique vivante dans les milieux hospitaliers et dans les structures pour personnes handicapées.
Rites et cérémonies sacrées
Chez les Amérindiens, la musique a toujours été présente pour accompagner un rituel, une cérémonie religieuse ; elle repose sur des chants accompagnés d’instruments très divers : tambours, flûtes, hochets, raspa (lire l’encadré)… En Amazonie, lors d’un rituel de guérison avec des plantes de la forêt tropicale, les chamans Shipibos accompagnent la cure avec des ikaros, chants murmurés ou sifflés durant des heures, rythmés par une chakapa, sorte de hochet faits de feuilles. Ces chants sacrés sont là pour intensifier le processus de guérison.
Lors du rite curatif du peyotl, cactus psychotrope d’Amérique du Nord, les suku-ru-ames, ou guérisseurs Tarahumara, utilisent pour leur part une vieille râpe en bois qu’ils bercent au-dessus de la tête du malade. À la fête de Pâques, ces mêmes Indiens jouent du tambour jusqu’à l’épuisement pour appeler la pluie. Et dans les Pow-wows (rassemblements tribaux en Amérique du Nord), c’est par le battement des tambours que les Indiens font revivre pendant trois jours le monde des origines, retrouvant ainsi leurs racines.
Un rythme, deux continents
La musique n’a pas de frontière, elle voyage avec les hommes d’un continent à l’autre et devient mémoire vivante. C’est le cas des musiques afrocaribéennes, latines et africaines. Que ce soit la salsa, le songo, le son, la rumba, le mambo, toutes proviennent de la musique vaudou du Togo et du Bénin. Plus exactement, elles partagent la même clave (clé, en français), cellule rythmique qui, d’une côte à l’autre de l’océan, cristallise la résistance mémorielle de ces hommes venus d’Afrique et devenus esclaves, à l’image de cette main-d’œuvre d’Haïti.
À la tombée de la nuit, les Yorubas frappaient alors sur des instruments de musique improvisés comme le cajon (des cageots) et la raspa (une mâchoire d’animal) et dansaient sur ces rythmes effrénés en invoquant leurs divinités. Même chose pour la salsa, une musique métisse qui provient aussi de la musique d’esclaves africains venus travailler dans les plantations de canne à sucre de Cuba, et qui, de métissage en métissage, à remporter la notoriété que l’on connaît.
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