Le Gabon, 1er pays africain payé pour ses efforts contre la déforestation

Goodplanet Info – 24/09/2019 – AFP –
Le Gabon va être le premier pays africain à être payé par des fonds internationaux pour poursuivre ses efforts contre la déforestation sur son territoire recouvert à près de 90% par la forêt, a annoncé dimanche dernier l’ONU.
Des gorilles dans le parc national Ivondo, dans la forêt gabonaise, le 26 avril 2019
© AFP Amaury HAUCHARD
La Norvège va accorder au Gabon 150 millions de dollars (136 millions d’euros) dans le cadre d’un contrat de 10 ans signé avec Libreville pour « la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre due à la déforestation et à la dégradation, et pour l’absorption de dioxyde de carbone par ses forêts naturelles », selon un communiqué de l’Initiative pour la forêt de l’Afrique centrale (Cafi), organisme lancé par l’ONU qui rassemble des pays d’Afrique centrale et des bailleurs de fonds occidentaux.
Pour la Cafi, qui qualifie cet accord « d’historique », c’est la première fois « que les efforts d’un pays d’Afrique pour lutter contre la déforestation sont ainsi valorisés ».
L’annonce de ce contrat intervient au moment où se tient lundi à New York le sommet Action climat.
Le Gabon est situé en plein cœur de la forêt tropicale d’Afrique centrale, appelée « le deuxième poumon de la terre » après l’Amazonie, qui « couvre un territoire aussi vaste que l’Europe occidentale », selon la Cafi.
( Le Nouveau Gabon / octobre 2016) – L’Agence gabonaise d’études et d’observations spatiales (Ageos) annonce qu’elle vient de finaliser la mise à jour de la cartographie de l’état du couvert forestier du Gabon en 2015. « La forêt gabonaise représente 23,59 millions d’hectares soit 88,97 % du territoire contre 23,66 millions d’hectares en 2010 soit 89,21% du territoire. Entre 2010 et 2015, les pertes du couvert forestier sont estimées à 96 230 ha, soit 0,40 %, et les gains sont estimés à 36 824 ha, soit 0,15 %, ce qui représente une perte nette de 59 406 ha, soit 0,25 % », indique l’Ageos. Qui précise que ce travail hautement technique a été accompli par une équipe de jeunes ingénieurs gabonais diplômés de l’Université Omar Bongo et de l’Université des sciences et techniques de Masuku.
Depuis plusieurs années, les autorités gabonaises ont développé une politique de conservation relativement poussée pour l’Afrique centrale. Il possède 13 parcs nationaux, qui couvrent 11% de son territoire, et 20 aires marines protégées.
Le Gabon héberge près de 60% des éléphants de forêt qui subsistent en Afrique. Selon la Cafi, il s’agit « d’un indicateur clé de la bonne gestion des ressources naturelles » d’un pays.
Début mars, le pays avait été secoué par la découverte d’un vaste trafic de kevazingo, un bois précieux très prisé en Asie et interdit d’exploitation au Gabon, impliquant plusieurs sociétés chinoises et des responsables politiques.
Après ce scandale, le président Ali Bongo Ondimba avait procédé à un remaniement ministériel, nommant à la tête du ministère des Forêts, le professeur britannique Lee White, naturalisé gabonais et réputé pour être un écologiste intransigeant.

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