Mange mal et tais-toi

Le Canard enchaîné – 16/10/2019 – Conflit de canard –
L’info est passée quasiment inaperçue. D’après le dernier baromètre de la pauvreté en France, commandé par le Secours populaire à l’institut de sondages Ipsos, 59 % des familles déclarant moins de 1 200 euros de revenus mensuels ne parviennent pas à faire « 3 repas équilibrés par jour ». Voilà l’occasion de rappeler que, pour manger sainement, il faut avoir de l’oseille.
Pourquoi ? Parce que dans les rayons des grandes surfaces, les vitamines, minéraux, fibres et autres nutriments pour la santé sont concentrés pour l’essentiel dans les aliments les plus chers, alors qu’à l’inverse, les produits bon marché, ultra-transformés, sont appauvris de toutes ces bonnes choses, mais bourrés de mauvais gras, de sucre et de sel. A tel point que la quantité de nutriments ingérée est quasi proportionnelle au niveau des revenus. C’est ce que relevait, dès 2013, une étude intitulée « Alimentation et inégalités sociales de santé en France », réalisée par des chercheurs en nutrition de la faculté de médecine de Marseille : « La consommation de la plupart des vitamines, des minéraux et des fibres est systématiquement plus faible quand la position socio-économique décroît. »
Fâcheux, vu que le nombre de pauvres ne cesse d’augmenter : 5,5 millions de français, contre 2,5 il y a dix ans, pointent désormais aux banques alimentaires, lesquelles sont majoritairement approvisionnées par la grande distribution, qui leur refourgue ses invendus de malbouffe industrielle. Tous les sept ans, le ministère de la Santé ausculte l’état nutritionnel de ces familles qui s’alimentent grâce aux colis-repas. Le dernier bilan, en 2013, montrait que 45,5 % manquaient cruellement de vitamine D que l’on trouve essentiellement dans le poisson, contre 4,8 % de la population générale. Un déficit qui fragilise les os, les dents, mine le système immunitaire et favorise la dépression. 7,6 % de ces individus étaient dénutris en fer, présent dans la viande, les abats ou les fruits de mer, contre 3 % pour le reste de français, et 10 % affichaient un déficit en vitamine C, faute de consommer suffisamment de fruits et de légumes.
Bénévoles d’une banque alimentaire
Embêtant quand on sait que, dans le pire des cas, une forte carence en acide ascorbique peut provoquer un scorbut. Cet été, les médecins de Nice ont alerté leurs confrères au sujet de la recrudescence chez les plus jeunes de cette maladie que l’on croyait disparue… Autant dire qu’avec son plan Pauvreté, lancé l’an dernier, Macron a du pain sur la planche.

 

Un jeune enfant sur trois est mal nourri ou en surpoids / Le Vif.be – 18/10/2019 – source Belga –
Sur notre planète, d’un côté on meurt de faim et de l’autre on mange trop ! Dénutris ou en surpoids: un enfant de moins de cinq ans sur trois ne reçoit pas l’alimentation dont il a besoin pour bien grandir, s’alarme l’Unicef dans un rapport de grande ampleur publié mardi dernier.
© Getty
« De nombreux pays pensaient avoir relégué la malnutrition au rang des problèmes du passé, mais ils découvrent qu’ils ont un nouveau problème très important » avec l’alimentation de leurs enfants, souligne Victor Aguayo, chef du programme nutrition de lUnicef.
Sur les 676 millions d’enfants de moins de cinq ans vivant dans le monde en 2018, environ 227 millions (environ un tiers) étaient sous-nutris ou en surpoids, et 340 millions (soit la moitié) souffraient de carences alimentaires, calcule l’agence de l’ONU pour la protection des enfants.
Sur fond de mondialisation des habitudes alimentaires, de pauvreté persistante et de changement climatique, un nombre croissant de pays cumulent ces différents visages de la malnutrition, compromettant leur développement futur, analyse l’Unicef, qui évoque un « triple fardeau ».
« La façon dont nous comprenons et répondons à la malnutrition doit changer: il ne s’agit pas seulement de donner aux enfants assez à manger, il s’agit avant tout de leur donner la bonne alimentation », souligne Henrietta Fore, directrice de l’Unicef, dans un communiqué de presse accompagnant le premier bilan de cette importance sur le sujet publié par l’organisme depuis 20 ans.
La sous-nutrition reste malgré tout au premier plan, affectant environ quatre fois plus de jeunes enfants que le surpoids. Si le nombre d’enfants ne recevant pas suffisamment de nourriture au regard de leurs besoins nutritionnels a beaucoup baissé (-40% entre 1990 et 2005), cela reste un problème majeur pour de nombreux pays, principalement en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud.
149 millions d’enfants dans le monde sont ainsi trop petits pour leur âge (retard de croissance en raison d’une malnutrition chronique) et 50 millions, trop maigres par rapport à leur taille (émaciation, liée à une malnutrition aigüe et/ou à un problème d’absorption des nutriments).
L’Unicef pointe également les 340 millions d’enfants souffrant de « faim cachée », car ils reçoivent un nombre de calories suffisantes mais manquent de minéraux et de vitamines indispensables à leur développement (fer, iode, vitamine A et C en particulier, du fait du manque de fruits et légumes et de produits d’origine animale).
Or, ces carences peuvent avoir de sévères conséquences physiques (système immunitaire déficient, problèmes de vue ou d’audition) et intellectuelles.Ce phénomène commence dès le plus jeune âge, avec trop peu d’allaitement maternel et une
diversification alimentaire menée avec des aliments inappropriés, note l’Unicef. Il est est amplifié par « l’accessibilité croissante de nourriture riche en calories mais pauvre en nutriments », de type fast food, nouilles instantanées, etc., pointe l’organisme international.
Enfin, le surpoids et l’obésité connaissent un développement rapide, avec 40 millions de jeunes enfants touchés, y compris dans les pays pauvres. Alors que ce problème était quasiment inconnu dans les pays à faible revenu en 1990 (seuls 3% des pays de cette catégorie comptaient plus de 10% de jeunes enfants en surpoids), les trois quarts d’entre eux doivent désormais y faire face.
821 millions de personnes souffrent à présent de la faim et plus de 150 millions d’enfants accusent des retards de croissance

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