Salut, les pauvres !

Le Canard enchaîné – 23/10/2019 – J.-L. P. –
On peut chipoter, bien sûr… Si l’on prend en compte la baisse des allocations logement, le chiffre est terrible : 400 nouvelles personnes auraient basculé dans la pauvreté l’an dernier. Mais les statistiques oublient prendre en compte la réduction du loyer de solidarité destiné à compenser cette baisse. Alors… 
Alors, en mettant de côté l' »effet allocation logement », le calcul de l’Insee est nettement plus joyeux : seules 200 000 personnes sont passées sous la barre. On n’en est qu’à 9,1 millions de pauvres en France ! Pas si mal… Ils vivent avec des revenus inférieurs à 60 % du revenu médian, soit 1 050 euros par mois et pas « unité de consommation », ou UC (1 UC pour le premier adulte du ménage, o,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus, 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans). Confortable.
Ne reste plus à attendre que ça ruisselle, que la baisse du chômage, que les mesures fiscales et sociales comme la réduction de la taxe d’habitation ou la hausse de l’allocation adulte handicapé produisent leurs effets non seulement sur les classe moyennes, mais aussi sur les plus fragiles…
Mais ça ne marche pas. Car voilà que, concomitamment, l’indice Gini, qui mesure les inégalités, connaît sa plus forte progression depuis 2010. Les écarts de revenus sont de plus en plus grands. Bon on ne va tout de même pas accuser les très riches de s’enrichir ! et décourager les premiers de cordée…
Seule solution : nommer Esther Duflo, la toute récente Prix Nobel de l’Économie, récompensée pour ses travaux sur la pauvreté, ministre des derniers de cordée. Et hop !
Esther Duflo, 46 ans, qui avait déjà été distinguée par de nombreux prix et récompenses, est la plus jeune détentrice de ce prix. Aussi originale que surprenante, elle travaille notamment sur la réduction de la pauvreté dans le monde.
 Lire : Qui est Esther Duflo, l’économiste française lauréate du Prix Nobel d’économie ? (RTL 15/10/2019) –

A propos werdna01

Hors des paradigmes anciens et obsolètes, libérer la parole à propos de la domination et de l’avidité dans les domaines de la politique, de la religion, de l’économie, de l’éducation et de la guérison, étant donné que tout cela est devenu commercial. Notre idée est que ces domaines manquent de générosité et de collaboration.
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