Europe –  Adoption le 21 juillet par les 27 du principe d’un endettement commun

Après 90 heures de négociations, les Européens adoptent un plan de relance historique. Après quatre jours et quatre nuits de tractations, Emmanuel Macron et Angela Merkel estiment avoir sauvé l’essentiel, au prix de concessions importantes.
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Plan de relance européen : une réponse à la hauteur
Les dirigeants européens ont conclu mardi 21 juillet un accord historique sur un plan de soutien à leurs économies frappées par la crise du coronavirus, basé pour la première fois sur une dette commune, après quatre jours d’un sommet marathon sous haute tension à Bruxelles. Commentaire de Jean-Dominique Giuliani, président de la Fondation Robert Schuman.
Ce fut laborieux mais les 27 États membres de l’Union européenne ont fini par s’accorder. Pour faire face aux conséquences de la crise sanitaire, un plan de relance exceptionnel de 750 milliards € viendra renforcer les 1 074 milliards € du budget de 7 ans qu’ils ont adopté. Ces crédits s’ajoutent aux facilités considérables annoncées par la Banque centrale européenne, plus de 1 200 milliards € et aux plans nationaux lancés par les gouvernements. Au total, l’Europe mobilisera près de 4 000 milliards € pour soutenir son économie, en privilégiant l’investissement dans les activités et les emplois d’avenir. C’est plus qu’aucun autre ensemble politique dans le monde. Cette réponse est nécessaire car jamais, dans l’histoire, on a vu l’activité humaine arrêtée ainsi brutalement et volontairement, entraînant des conséquences durables sur l’économie et les sociétés.
Pour financer ce plan de relance, les États autorisent exceptionnellement la Commission européenne à emprunter avec leur caution. C’est une véritable nouveauté que d’aucuns analysent comme historique. Il est vrai qu’emprunter en commun est un pas fédéral de plus vers une plus grande unité parce que c’est une preuve de confiance mutuelle rare et précieuse. De surcroît, « qui a emprunté empruntera » postule un vieil adage populaire et l’on peut penser que l’Europe s’ouvre une marge de manœuvre supplémentaire pour le futur. On sait, en effet, que les instruments européens les plus fédéraux sont les plus efficaces : la Banque centrale, l’euro, etc. L’Union s’ouvre donc des possibilités d’action nouvelles et cette avancée est importante dans le contexte international.
La force de la relation franco-allemande
Les Européens, qui ont longtemps pensé n’avoir que des amis, se découvrent des ennemis, y compris parmi ses alliés. La Chine, la Turquie, la Russie, mais aussi les États-Unis de D. Trump mettent tout en œuvre pour affaiblir une Europe qui demeure une zone de prospérité et de liberté unique au monde. Car la réussite de l’intégration apparaît bien à ces rivaux alors qu’elle laisse trop souvent indifférent en interne : l’Euro est la deuxième monnaie du monde, l’Union européenne est la première zone commerciale de la planète, son niveau de vie et son État de droit attirent et ses règles, si décriées parfois chez nous, font pâlir d’envie ailleurs. Elle doit donc défendre son modèle et ses intérêts plus résolument.
L’autre bonne surprise de ce sommet c’est la force de la relation franco-allemande. À l’origine de ce plan, le couple des deux plus grands pays de l’Union a fait cause commune tout au long de la négociation et partage désormais la volonté d’asseoir la souveraineté européenne. Angela Merkel et Emmanuel Macron, unis comme jamais, ont su garder leurs nerfs face aux réticences de petits États qui n’adhèrent pas à cette vision d’une Europe plus puissante dans le monde. Ce fut difficile mais un compromis à 27 ne peut pas être aisé. La magie des institutions communes, c’est qu’on y parvient toujours.
Il faudra vraisemblablement revoir les modes de décision du Conseil européen car l’unanimité n’est pas la meilleure manière de décider. De ce point de vue aussi, nous avons changé d’époque. Les temps présents exigent rapidité et efficacité. Cet accord est de ce point de vue historique parce qu’il est le commencement d’une autre Europe, qui change et évolue.
Si les Européens ne courent pas toujours aussi vite que souhaité, ils sont au rendez-vous. L’Europe, ça marche. Elle le prouve une fois de plus.
(*) Président de la Fondation Robert Schuman
Par Jean-Dominique Giuliani OF 22/07/2020

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Deux phénomènes peuvent amener à une manipulation dans la prise en compte des informations par notre conscience : --> Le mirage qui voile et cache la vérité derrière les brumes de la sensiblerie et de la réaction émotionnelle. --> L’illusion qui est une interprétation limitée de la vérité cachée par le brouillard des pensées imposées. Celles-ci apparaissent alors comme plus réelles que la vérité qu’elles voilent, et conditionnent la manière dont est abordé la réalité … A notre époque médiatisée à outrance, notre vigilance est particulièrement requise !
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