Comment Google et les Gafa ont tissé leurs réseaux d’influence à Bruxelles

Challenges – 12/02/2019 – Delphine Dechaux –
Dans les pas de Microsoft, Google, Facebook, Amazon et Apple se sont implantés dans l’écosystème bruxellois. Leur influence passe par de multiples réseaux : équipes de lobbyistes accréditées, fédérations, think tanks, cabinets d’avocat, consultants… En plus du lobbying classique, ils s’adonnent aussi à des pratiques peu orthodoxes comme l’astroturfing ou le harcèlement des députés européens.
La commissaire européenne à la concurrenceLa commissaire européenne à la concurrence, Margrethe Vestager, a infligé des amendes record à Apple et à Google. / Photo François Lenoir
Avec des lois imposant une meilleure protection des données privées, une meilleure rémunération des auteurs, un projet de taxation, et une surveillance accrue des abus de position dominante, l’Europe s’est engagée dans des chantiers qui menacent directement les intérêts économiques des Gafa. La semaine dernière, nous avions montré comment YouTube, filiale de Google, avait mobilisé sa communauté contre le vote de la directive européenne Copyright. Deuxième épisode de cette série consacrée aux réseaux d’influence des Gafa : dans les coulisses d’un lobbying empruntant une foule de canaux.
Vous avez aimé le lobby des marchands d’armes, de la chimie et du tabac ? Vous allez adorer celui des Gafa. Google, Amazon, Facebook et Apple, les colosses numériques qu’on désigne sous ce terme (ou celui de Gafam en y ajoutant le M de Microsoft) ont compris qu’il était indispensable d’être bien implanté à Bruxelles, dans l’étroit périmètre où s’élaborent les lois européennes, autour des deux stations de métro Schuman et Arts et Lois
Or, leur tranquillité n’est plus tout à fait entière depuis l’arrivée de Jean-Claude Juncker à la tête de la Commission européenne. La Commissaire à la concurrence Margrethe Verstager a infligé une amende de 13 milliards à Apple (au titre d’aides d’Etat) et de 2,5 milliards à Google (pour abus de position dominante). « Google doit maintenant arrêter de se comporter ainsi », a prévenu la dame de fer. Ces groupes y voient autant de contraintes qui risquent d’entraver leur croissance en Europe. Car avec ses 500 millions de consommateurs, le continent est un marché clé. Depuis deux ans, ils ont donc redoublé leurs efforts de lobbying.
Google a multiplié par six ses dépenses de lobbying en Europe 
Pour avoir une première idée du lobbying des Gafa, il faut se pencher sur le « registre de la transparence », créé dès 1996 à Bruxelles. On peut y lire d’emblée la spectaculaire montée en puissance de Google. La firme de Mountain View emploie 15 lobbyistes, dont 9 à temps plein. Elle a multiplié par six ses dépenses de lobbying, passées de 1 à 6 millions d’euros entre 2011 et 2017. Et entre 2014 et 2018, ses lobbyistes ont assisté à 211 réunions avec la Commission européenne. « Soucieux de faire bonne figure, Google a un peu le syndrome du bon élève. Il va systématiquement aux réunions parlementaires », observe un ancien du groupe. « Tout l’inverse d’Apple qui fait la politique de la chaise vide ».
Facebook, le premier réseau social du monde, est encore novice. Mais sous la pression des scandales la firme a musclé son équipe bruxelloise, recrutant 5 salariés supplémentaires en 2017. Elle vient d’embaucher un super lobbyiste en la personne de Nick Clegg, ancien vice-premier ministre du Royaume-Uni. Plus timidement, Amazon intensifie aussi sa présence (4 lobbyistes à plein temps en 2017). Quant à Apple, il est le plus discret du lot, avec 6 salariés accrédités et un budget d’1,2 million d’euros.
Ces chiffres officiels ne constituent toutefois que la partie émergée de l’iceberg. « Beaucoup de lobbying échappe au registre de transparence qui ne couvre que 300 personnes sur 30.000 fonctionnaires européens qui participent à la rédaction des projets de loi », souligne Margarida Vida. « C’est un jeu multifacettes : les Gafa passent par des lobbyistes, des avocats, des consultants, des agences de publicité…  et certains cabinets d’avocats qui se sont même pas inscrits comme lobbyistes », fulmine Eric Leandri, le fondateur du moteur de recherche européen Qwant. Un problème soulevé régulièrement à Bruxelles : invoquant le secret des affaires, des avocats se présentent à la commission avec leurs clients et demandent une exception à la publication dans le registre.
Les manœuvres pour duper la Commission 
A côté de ces canaux officiels, des pratiques peu éthiques se sont répandues. « Les groupes américains n’hésitent pas à pratiquer l’astroturfing », raconte un lobbyiste bruxellois. La méthode consiste à simuler une initiative qui serait issue du peuple, en réalité montée de toute pièce. En novembre 2017, la Commission a par exemple reçu une étrange pétition. Signées par 23 « PME innovantes » européennes, le texte s’érige contre un projet de loi défendant les brevets européens utilisés dans les téléphones. En décortiquant la liste des 23 signataires, on y trouve 5 entités n’ayant même pas le statut d’entreprise, deux PME ayant déposé le bilan, un musée d’art, et une multinationale (Axa)… Le reste est constitué de petits fournisseurs de services travaillant pour Microsoft, véritable instigateur de la fausse pétition.
Les États membres, cibles privilégiées du lobbying
Une autre façon, plus traditionnelle, d’influencer les lois européennes sans être repéré consiste à contourner la Commission en frappant directement à la porte des États membres.  Une pratique qui vient d’ailleurs d’être épinglée dans un rapport de l’ONG Corporate Europe Observatory. Les Gafa l’ont parfaitement compris. L’Irlande est un cas d’école : Apple a choisi d’installer son campus de 6 000 salariés dans la deuxième ville du pays. Deux excellentes raisons de s’opposer mordicus à tout projet de taxe Gafa. 
Chez les Etats plus récalcitrants, les géants américains se sont lancés dans de véritables offensives de charme : « Google a inondé les Universités, les centres de recherche, les bibliothèques publiques, les incubateurs», soupire Stéphanie Pochon, consultante auprès des secteurs créatifs depuis une décennie à Bruxelles. La création d’une chaire Google d’innovation numérique au prestigieux collège de Bruges a à peine fait tiquer.
Les associations professionnelles, faux nez des GAFAM
« Le trait commun du lobbying des Gafa, c’est qu’il n’est jamais très frontal», observe un fonctionnaire de la Commission. Pour faire passer leurs messages, les Gafa préfèrent souvent passer par un réseau très dense d’associations professionnelles qu’ils utilisent comme intermédiaires. Un chiffre donne le tournis : Google finance pas moins de 21 organisations bruxelloises.
L’un des plus importantes est la CCIA (Computer and Communications Industry Association), qui représente les intérêts numériques américains. Autre cheval de Troie des Gafa, l’association Edima (dotée d’un budget de lobbying 300.000 euros en 2016) fédère le secteur numérique américain. L’été dernier, avant le vote de la directive droits d’auteurs, âprement combattue par Google, elle a fait circuler des camions sur lesquelles étaient montées des affiches géantes, portant ce slogan : « Chers députés, voulez-vous vraiment qu’on se souvienne de vous comme de ceux qui ont censuré internet ? »
Campagne de spaming pilotée depuis les États-Unis
A l’été 2018, au moment critique où le Parlement européen s’apprêtait à voter la directive Copyright, âprement combattue par Google, le lobbying a pris une forme inédite : une campagne massive de spams ciblant les députés européens pour leur demander « d’arrêter la censure ». « En 48 heures, 40 000 mails sont arrivés dans ma boîte », témoigne la députée Virginie Rozière. « En enquêtant, des journalistes allemands ont découvert que 71 000 tweets étaient émis depuis l’Union européenne, 88.000 depuis Washington DC », raconte-t-elle. Et la page d’accueil de la fondation Open-Media ouvre sur un formulaire permettant de harceler par téléphone un député européen … Google figure parmi les plus gros donateurs de l’ONG.
Les think tanks, outils de soft power
Car le tableau ne serait pas complet sans évoquer le financement des think tank, fondations et autres cercles de réflexion. Une pratique où Google excelle, comme l’a bien analysé le chercheur Jonathan Taplin.
Le 5 juillet, la fondation Wikipedia a fermé sa page d’accueil, laissant place à ce mot d’ordre : « Vote against copyright ». « Qui est derrière cela ? Google. C’est d’autant plus absurde que le texte européen précise noir sur blanc que Wikipedia est exclu de la directive », peste le député européen Jean-Marie Cavada. Hypothèse plus que tentante: Google est l’un des premiers sponsors de Wikipedia. Source : Wikipedia.
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Le Venezuela a assez vu Maduro

Charlie Hebdo – 06/02/2019 – Jean-Yves Camus –
Hugo Chavez avait incarné une gauche progressiste, légitimement élue, désireuse d’arriver à davantage d’égalité sociale dans un pays traditionnellement dominé par une bourgeoisie libérale (c’est déjà ça…) imbue de ses privilèges et ayant les yeux, comme le portefeuille, tournés vers les États-Unis. Il s’est révélé être un militaire comme les autres, un démagogue comme les autres, un accapareur de pouvoir personnel comme les autres avec un côté « théologie de la libération » qui rendait cet ancien enfant de cœur que sa ^ère destinait à la prêtrise par trop porté sur l’assimilation de sa personne avec une figure christique. 
Nicolas Maduro n’a même pas cela. C’est un enfant de la classe moyenne, devenu marxiste-léniniste et éduqué politiquement à Cuba. Ministre des Affaires étrangères de Chavez, il s’est fait le chantre d’une sorte d’axe prétendument anti-impérialiste, qui lui vaut aujourd’hui de garder la sympathie de la Russie, de l’Iran et de la Syrie, comme naguère il avait eu celle de Kadhafi.
On peut comprendre que la politique américaine en Amérique du Sud et le long passé américain de soutien aux dictatures les plus sanglantes apparentées à l’extrême droite aient cimenté en Amérique latine un antiaméricanisme de principe. Mais il ne peut justifier que se proclame « de gauche » celui qui n’est qu’un tyran comme un autre, grossier, homophobe, jouant de ses paramilitaires comme l’on fait les généraux argentins ou chiliens de l’autre bord. Que les États-Unis s’intéressent au gaz et au pétole qui font la richesse vénézuélienne, c’est évident. Aujourd’hui, cependant, il n’y a pas que Trump qui veut voir changer de régime à Caracas. Il y a l’Union européenne, l’Église catholique locale où les réactionnaires n’ont pas un poids majeur. Et il y a la masse de la classe moyenne et de la bourgeoisie vénézuélienne, qui n’a pas supporté le trucage massif du scrutin présidentiel de mai 2018 prolongeant Maduro et la catastrophique gestion économique des dirigeants en place.
 Juan Guaido / AFP / Federico PARRA
Juan Guaido, le président du Parlement qui revendique la légitimité présidentielle et veut l’organisation d’élections libres, est u n ingénieur issu de la classe moyenne. Son parti,  Volonté populaire, est affilié à l’Internationale socialiste. L’opposition à Maduro n’est donc pas menée par la droite dure ou l’extrême droite. Souhaitons que les faucons de Washington ne lui donnent pas le baiser qui tue, via une intervention armée pour renverser Maduro. C’est la seule façon que celui-ci aurait de retourner une opinion publique qui veut son départ.
Lire : Corruption et détournements de fonds  : Le pillage du Venezuela passait par la Suisse (swissinfo.ch – 11/12/2018)
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On nous prend pour des crêpes

Le Canard enchaîné – 06/02/2019 – Conflit de Canard –
Comme chaque année à la Chandeleur, on s’est gavé de crêpes. L’occasion de faire un tour dans les arrières-cuisines d’un marché florissant, celui de la crêpe et de la galette.
On l’a tous remarqué, il y a de plus en plus de crêperies.  près de 5 000 désormais en France. Il faut dire que le métier de crêpier rapporte du blé. Une galette est facturée plus de cinq fois son coût en matières premières. Comme le confie au « Canard » un restaurateur : « Avec un kilo de farine de sarrasin vous faites 25 galettes nature qui vous coûtent 10 centimes chacune. Une fois ajoutés, l’œuf, le jambon et un peu de gruyère pour faire une « complète », je grimpe à un peu plus de 1 euro le plat, que je vends plus de 7 euros. »
On comprend mieux pourquoi, dans les restaurants tradi, la crêpe sucrée a petit à petit envahi la carte des desserts. « Une crêpe Suzette, par exemple, c’est 80 % de marge », s’amuse le même crêpier. Même les boulangers se sont mis à vendre des crêpes. Et pour cause : « Avec une Nutella vendue 3 euros, vous dégagez un bénéfice de 2,50 euros. » Voire plus si, au lieu de la faire soi-même, on l’achète surgelée à un fournisseur industriel.
Certains boulangers ou hôteliers restaurateurs, pour leur buffet de petit déjeuner ou leur brunch, sont adeptes de ces crêpes industrielles surgelées, nature ou déjà fourrées, qu’ils commandent en version « fine », « moelleuse » ou « pancake ». Le consommateur, lui, se fait rouler dans la farine, puisqu’il n’existe aucune obligation de l’informer que la crêpe dégustée a été fabriquée en usine avec une farine ultra-raffinée.
Autre grumeau : 70 % des galettes salées, celles au sarrasin, sont faites avec du blé noir importé essentiellement de Chine. Explication : en France, la culture de cette polygonacée, jugée pas assez rentable, a été quasi abandonnée. En cinquante ans, la surface plantée s’est rétrécie de 100 000  à quelques milliers d’hectares. Impossible, donc, sans importer, de nourrir l’appétit grandissant des Français pour les galettes. D’autant que le blé noir sert maintenant à faire des crêpes « sans gluten », dont la demande flambe en réponse aux intolérances alimentaires. Sans compter que l’industrie agroalimentaire garnit depuis peu les rayons frais des grandes surfaces de galettes de blé noir fourrée. des joyeusetés à forte rentabilité, imbibées d’additifs et de sirop de glucose.
Par ici la galette !
Crêperie « La Bigoudène » de Bourg-en-bresse (Ain)
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Antisémitisme et égocratie / une inquiétante résurgence

Ouest-France13/02/2019 Jean-François BOUTHORS, écrivain et éditeur
EditorialPour Jean-François Bouthors, écrivain et éditeur, la prolifération de l’antisémitisme qui a rejailli dernière n’est pas un effet secondaire de la contestation des Gilets jaunes ou des réseaux sociaux mais bien la haine de l’autre tel qu’il soit et dont « le Juif devient presque immédiatement le symbole obsédant ». Il appelle à raviver la légitimité de l’État et du politique.

Le portrait de Simone Veil sur une boîte au lettre du XIIIe arrondissement de Paris vandalisé lundi 11 février a été repeint par l’artiste C215 mardi 12 février. | BENOIT TESSIER / REUTERS
Le cœur se soulève en découvrant la croix gammée barrant le visage de Simone Veil et le mot Juden tagué en jaune sur la vitrine d’un commerce. Nous voilà ramenés aux pires heures de notre histoire européenne.
Le cœur se soulève devant la prolifération de l’antisémitisme dans nos rues et sur les réseaux sociaux. Mais l’indignation ne suffit pas. Il faut sortir de cette pensée paresseuse qui se contente de dénoncer l’odieux, de s’en démarquer, mais le laisse s’installer davantage jour après jour.
Ne parlons pas d’une « libération » de l’antisémitisme. De quelle liberté est-il question, quand se déchaîne une pulsion d’aliénation qui éteint la conscience de la dignité égale de tout être humain ?
Nous ne sommes pas en présence d’une collection d’actes isolés. L’antisémitisme n’est jamais un acte isolé. Il implique toujours une vision collective, celle d’un monde qui se rêve épuré et parfait par la désignation d’un bouc émissaire sur lequel on décharge sa violence, son ressentiment, sa haine. Une entreprise vouée à l’échec et collectivement suicidaire. Le paradis n’advient jamais par l’anéantissement de l’autre et c’est nous-mêmes, en notre humanité, que nous autodétruisons.
L’antisémitisme est habité par la volonté d’en finir avec l’autre. La référence explicite au nazisme le crie : il ne s’agit pas uniquement d’humilier l’autre, mais d’appeler à sa disparition, à son élimination. En faisant ainsi du Juif l’objet d’une exception au « Tu ne tueras pas », l’antisémitisme annihile en pratique un impératif éthique qui introduit dans le corps social une dimension de dépassement : dépassement du grégaire, de la masse, de la foule pour faire naître un peuple dont chaque membre se doit d’être personnellement responsable de la vie de l’autre, quel qu’il soit.
Raviver la légitimité de l’État
S’en prendre aux Juifs, les tuer – ne serait-ce que symboliquement -, c’est défaire l’ordre même de la Loi. Alors que, comme l’écrivait Rousseau à propos du contrat social, c’est cette loi qui fait «d’un animal stupide et borné un être intelligent et humain».
Il n’est pas fortuit que ce déchaînement s’amplifie au moment où quelques milliers d’individus contestent non seulement les hommes politiques, mais le politique lui-même, c’est-à-dire le principe du gouvernement par la Loi et celui de la représentation. Qu’ils pratiquent ou s’accommodent de la violence répétée, au nom d’une vision de l’État ou du pouvoir comme fondamentalement oppressant, n’est pas la simple expression d’une perte de confiance dans les institutions. C’est plutôt le passage à l’acte d’un fantasme égocratique – le pouvoir d’un moi tout-puissant – qui traverse une société où l’individu consommateur a pris le pas sur le citoyen. Un tel mouvement ne peut avoir de leaders que temporaires et charismatiques, emportant l’adhésion par l’affect dans lequel se projette l’ego contre tout ce qui entamerait son pouvoir et son identité.
L’antisémitisme n’est donc pas un dégât collatéral de la contestation, ni même l’effet pervers des réseaux sociaux : il est consubstantiel à une vision du collectif qui ne supporte pas la singularité d’un autre, quel qu’il soit, et dont le Juif devient presque immédiatement le symbole obsédant.
Dans ces conditions, le « tous contre un » de l’antisémitisme ne fait qu’annoncer la guerre de tous contre tous. Et nous savons depuis Hobbes qu’elle ne prend fin que par l’exercice de la force légitime de l’État. Si le Grand débat servait à raviver cette légitimité aujourd’hui affaiblie, il serait une étape pour sortir de cet infâme bourbier.

Antisémitisme : une inquiétante résurgence

Le Monde 12/02/2019
Editorial. Le nouvel accès d’antisémitisme doit nous pousser à une mobilisation déterminée, qui passe avant tout par la lutte contre la tentation de la banalisation de ce mal.

Portraits de Simone Veil, par l’artiste C215, sur la façade de la mairie du 13e arrondissement de Paris, recouverts de croix gammées, le 11 février. JACQUES DEMARTHON / AFP
Editorial du « Monde ». Le niveau d’antisémitisme a toujours été un baromètre fiable de l’état de santé d’une société. La progression impressionnante du nombre d’actes antisémites révélée, lundi 11 février, par Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, vient malheureusement le confirmer : en 2018, les actes répertoriés (insultes, menaces, dégradations de biens, agressions, homicides) ont progressé de 74 %, après deux années de recul.
Cette haine qui n’a rien d’ordinaire est un véritable poison. Ici, les murs sont recouverts de croix gammées, là, le mot « juden » (« juifs » en allemand) a été tagué sur une devanture, partout sur les réseaux sociaux se répandent des slogans sortis des poubelles de l’histoire. Dans certains quartiers, les juifs doivent subir un antisémitisme « du quotidien », harcèlements incessants, insultes, menaces, qui rendent odieuse la vie de tous les jours. Mois après mois, la haine se libère, les inhibitions se lèvent, et les actes finissent par suivre.
L’enlèvement et l’assassinat d’Ilan Halimi en février 2006, la tuerie à l’école juive Ozar-Hatorah de Toulouse en mars 2012, l’agression d’un jeune couple à Créteil en décembre 2014, l’attentat contre l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, en janvier 2015, l’assassinat de Sarah Halimi dans le 11e arrondissement de la capitale en avril 2017, la séquestration d’une famille juive à Livry-Gargan en septembre 2017… Les alertes se multiplient, mais c’est comme si les condamnations des pouvoirs publics et des associations finissaient par se banaliser, elles aussi, jusqu’à devenir inaudibles auprès d’une part grandissante de la population.
Pas de visage
La crise sociale que connaît la France depuis l’émergence du mouvement des « gilets jaunes » n’a fait qu’encourager certains comportements. Il est évident que l’extrême droite a tenté de profiter de cette dynamique sociale pour diffuser ses slogans dans les manifestations ou sur les ronds-points. La détestation que le chef de l’Etat suscite chez une partie de la population s’est parfois doublée de l’antisémitisme le plus abject à travers des syllogismes aussi stupides que dangereux.
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Toutefois, réduire la progression actuelle de l’antisémitisme au mouvement des « gilets jaunes » ne correspond pas à la réalité des statistiques. Sur les neuf premiers mois de l’année, les actes contre les juifs étaient déjà en augmentation de 69 %. Penser qu’une fois la tension sociale retombée, la vieille haine hideuse reculera d’elle-même tient du vœu pieux.
Le plus pervers dans cette résurgence de l’antisémitisme, c’est que, souvent, celui-ci n’a pas de visage. Le nombre de faits portés à la connaissance de l’autorité judiciaire reste limité. Aucune étude digne de ce nom n’a dressé le profil des auteurs, leurs motivations profondes, leur parcours idéologique. Comme le souligne Jean-Yves Camus, le directeur de l’Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean-Jaurès, « l’extrême droite en profite pour imputer la responsabilité de tous les actes antijuifs aux musulmans ». Pour lutter contre son ennemi, il est indispensable de le connaître. Il est urgent de s’atteler à cette tâche.
Sur l’antisémitisme, mieux vaut ne pas avoir les idées trop simples. Celui qui prend racine dans nos banlieues ne peut être réduit à l’irruption du conflit israélo-palestinien dans le débat franco-français. Complotisme, antiaméricanisme, frustrations sociales : tout est bon pour alimenter la haine du juif, qui vient se greffer sur des « traditions » beaucoup plus anciennes.
Ce nouvel accès d’antisémitisme doit nous pousser à une mobilisation déterminée. A court terme, celle-ci passe par un plus grand contrôle des réseaux sociaux, qui sont le vecteur privilégié et le plus accessible pour diffuser le fléau. Des mesures pour renforcer les obligations et les responsabilités des plates-formes numériques ont été annoncées en mars 2018 par le gouvernement. Il est indispensable de ne pas relâcher cet effort.
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Parallèlement, il faut intensifier la prévention et la pédagogie au sein de l’éducation nationale auprès de générations qui n’entretiennent plus le même rapport mémoriel et historique à la Shoah. Il faut surtout que chacun d’entre nous lutte contre l’indifférence, la tentation de la banalisation et prenne conscience que nous sommes en présence d’un mal qui ronge la République de l’intérieur.
Le Monde
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France/Italie – Signes d’apaisement entre Paris et Rome

Le président français, Emmanuel Macron, et son homologue italien, Sergio Mattarella, ont « réaffirmé l’importance de la relation franco-italienne », a rapporté l’Elysée mardi.
Les deux chefs d’Etat, qui ont échangé au téléphone, « ont rappelé que la France et l’Italie, qui ont construit ensemble l’Europe, ont une responsabilité particulière pour œuvrer de concert à la défense et à la relance de l’Union européenne ». Cet échange intervient alors que la France a rappelé jeudi son ambassadeur à Rome pour protester contre une série de déclarations jugées « outrancières » de responsables italiens à l’encontre du président et du gouvernement français, une rare escalade entre deux pays de l’UE. Le chef de la Ligue (extrême droite) et ministre de l’intérieur italien, Matteo Salvini, s’était dit lundi disposé à rechercher « de nouveau de bons rapports » avec la France.
Le Monde 13/02/2019
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Culture / Scènes – Humour : Anne Roumanoff change de look mais pas de recettes

Son nouveau spectacle, « Tout va bien », part pour une tournée de plus de soixante dates jusqu’en juin, dont deux à l’Olympia en avril.
Le Monde  08/02/2019 Par Sandrine Blanchard

Le nouveau look de l’humoriste Anne Roumanoff, avec une chemise « arty » et un jean élégant. INGRID MARESKI
Démodée, Anne Roumanoff ? Non, apparemment indémodable. A 53 ans, cette humoriste cumule plus de trente ans de carrière et un succès public qui ne se dément pas. A l’heure où les comiques n’ont jamais été aussi nombreux, celle qui est aussi animatrice sur Europe 1 garde une étonnante popularité. Après trois soirées complètes au Casino de Paris, fin janvier, son nouveau spectacle, Tout va bien, part pour une tournée de plus de soixante dates jusqu’en juin, dont deux à l’Olympia en avril.
Amincie, recoiffée, Anne Roumanoff a troqué son éternelle tenue rouge et noir pour une chemise arty et un jean élégant : « J’ai trouvé une méthode naturelle pour rajeunir : j’ai divorcé », annonce-t-elle devant une salle comble, où les fans aux tempes grisonnantes ne sont pas rares. Rayonnante, la quinqua a changé de look mais a gardé les mêmes recettes : des piques pas trop vachardes et jamais vulgaires, des personnages familiers (la bouchère à la langue bien pendue, mariée depuis trente-cinq ans à Jean-Claude), une rétrospective de l’actualité façon « radio bistrot » qui fit son succès à la télévision chez Michel Drucker, des thématiques dans l’air du temps et des fables bien écrites.
Sens de la formule
Avec « Les poulettes et les cochons », métaphore de la « révolution » #metoo, Anne Roumanoff s’adresse aux « coqs séducteurs, producteurs puissants ou petits chefaillons », pour les inviter « à ne plus jamais confondre un non avec un oui », l’un des meilleurs moments de son spectacle. L’ancienne diplômée de Sciences Po, qui a construit sa carrière pas à pas, a le sens de la formule et des jeux de mots. Elle use – et parfois abuse – des exercices de style, mais a le mérite de livrer un show très professionnel, aux textes travaillés et au rythme soutenu.
On ne s’ennuie pas avec Anne Roumanoff, mais on n’est pas non plus surpris. Elle connaît son public et lui donne ce qu’il a envie d’entendre : un stage sur les « cinq commandements de l’humour politiquement correct », parce que soi-disant, en 2019, « il faut savoir fermer sa gueule » ; les mésaventures de la bouchère devenue hyperconnectée, qui peste contre les cookies, le cloud et le prix des cartouches d’encre et le rêve d’une future société « où les rides seront à la mode ».
Délaissant plus que d’habitude les personnages, l’humoriste se dévoile davantage dans des séquences de stand-up consacrées à sa vie de divorcée avec ados à la maison. Son récit du « marché de la deuxième main » sur les sites de rencontres et des « conseils foireux des copines » est plutôt bien vu. Mais elle ne peut s’empêcher de conclure ses sketchs avec des chutes en forme de morale tarte à la crème : « La vraie aventure, c’est d’aimer et être aimé » ; « Sans richesse du cœur, on est pauvre d’esprit » ; « C’est dur d’aller bien dans un monde qui va mal. Pour vous faire rire, je dis du mal, mais c’est un mal pour un bien ».
Jamais méchante, toujours rassurante, revendiquant d’être l’humoriste des gens ordinaires, Anne Roumanoff cultive un humour feel good qui semble ne jamais lasser son public.
« Tout va bien », de et avec Anne Roumanoff, en tournée jusqu’au 29 juin et à l’Olympia les 23 et 24 avril.
Sandrine Blanchard
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# dessin – Mormons

 Quand les dessins de Kak épousent l’actualité, pour le meilleur et pour le rire.
Elysée : la fuite des cerveaux

L’Opinion 13/02/2019 Nathalie Segaunes
Le départ d’Ismaël Emelien, «boîte à idées» du Président, marque un tournant dans le quinquennat. Mais ses raisons restent mystérieuses. La macronie veut croire en tout cas qu’une page se tourne.
Les faits
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Le travailleur du clic prend des claques

20 Minutes – 11/02/2019 – Propos recueillis par Laure Beaudonnet –
A côté des « data scientists » et des ingénieurs a émergé une nouvelle forme de main-d’œuvre, sujette à des activités répétitives et très mal rémunérées. Geralt / Pixabay
Taylorisation – L’auteur d’« En attendant les robots » , Antonio Casilli, définit les nouveaux emplois précaires créés par l’intelligence artificielle
Dans son enquête sur le travail du clic, En attendant les robots (éd. du Seuil), le sociologue Antonio Casilli, enseignant-chercheur à Télécom Paris Tech, détricote les fantasmes liés à l’intelligence artificielle. Il met au jour les coulisses des algorithmes intelligents et des grandes plateformes numériques. Alimentées par des micro-travailleurs qui effectuent « un travail tâcheronnisé et datafié », elles poussent à l’extrême les logiques tayloristes de fragmentation de l’activité humaine. Antonio Casilli revient sur les nouveaux emplois précaires créés par l’intelligence artificielle. Interview lexicale.
« Digital labor » . « E n anglais, on utilise le terme “labor” pour parler d’un travail qui s’inscrit dans les rapports sociaux : “travailler pour”, “travailler avec”. Et on parle de “digital” pour rester fidèle à l’étymologie latine d’un travail fait avec le doigt. Cela indique un travail du clic, simple, à la main. J’ai différencié trois types de “digital labor” : le “travail à la demande”, comme Uber ou Deliveroo, qui repose sur des applications mobiles et qui produit énormément de données ; le “micro-travail”, qui désigne le travail d’une foule de personnes auxquelles sont confiées des tâches très courtes et fragmentées ; et le “travail social en réseau”, qui illustre ce que chacun d’entre nous réalise sur les plateformes dites “sociales”,comme Facebook ou Instagram. Ce dernier consiste moins à produire des contenus que des métadonnées. Et les plateformes se servent de ces données pour automatiser certains processus. »
« Micro-tâcheron ». « L es micro-tâcherons représentent une nouvelle classe de travailleurs. Les plateformes mettent en place des stratégies pour les subordonner. Les micro-tâcherons ne peuvent développer de compétences ou s’organiser entre eux. Au contraire, leur travail est fragmenté, réduit au minimum. De cette manière, ils finissent par être relativement isolés, aliénés, mal payés et peu protégés. »
« Fermier du clic ». « L es fermiers du clic sont des ouvriers de l’Inter-net, souvent installés dans des pays émergents. Ils travaillent depuis des structures qu’on appelle des « fermes à clic ». Parfois, elles ont pignon sur rue. Elles peuvent aussi ressembler à un garage, à la maison d’un particulier, à des usines désaffectées. Chaque fois, des centaines de personnes passent d’un smartphone à l’autre pour cliquer sur des applications, des contenus, des vidéos ; pour liker des posts sur Facebook, se déclarer fan de tel article ; pour retweeter, suivre un compte. To ut cela moyennant des revenus extrêmement faibles. »
« Robot humain ». « E n 2013, Anthony Levandowski, ex-monsieur véhicules autonomes de Google parti chez Uber, a employé l’expression de“robot humain” pour définir les personnes qui s’occupent de labelliser et de trier à la main les images et les données que les véhicules auto-nomes ont enregistrées. La voiture autonome est une sorte d’ordinateur sur roues qui enregistre énormément d’informations. Et ces informations ont besoin d’être traitées. Qui fait ce travail ? Les humains qui se cachent dans les robots. »
 « Turker ». « Un “turker” travaille pour Amazon Mechanical Turk. La plate-forme a repris ce terme pour dire : on ne va pas mettre une seule personne à l’intérieur d’un robot mais des foules de micro-travailleurs. A l’intérieur de chaque entité artificielle, on va mettre des centaines de milliers de personnes qui vont, à la main, parfois simuler le fonctionnement d’un logiciel, parfois entraîner un algorithme, parfois valider et contrôler ce qu’un robot fait. Ils passent derrière pour voir si le robot a bien œuvré. Ce sont des micro-travailleurs, payés à la pièce quelques centimes d’euros pour réaliser ces tâches nécessaires pour entretenir et faire fonctionner les intelligences artificielles actuelles. »
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Japon – Les Aïnous bientôt reconnus comme population autochtone

Longtemps discriminé, ce peuple d’Hokkaido est désormais reconnu peuple indigène. le résultat d’un long combat
Courrier International 08/02/2019

Un projet de loi, que le gouvernement est en passe d’approuver, reconnaît juridiquement pour la première fois ce peuple premier de l’île de Hokkaido comme population autochtone. Selon la presse japonaise, une stratégie touristique explique en partie cette initiative.
Les Aïnous, peuple premier de l’île de Hokkaido et des îles alentour, vont être reconnus juridiquement pour la première fois comme la population autochtone de l’archipel nippon. Suivant les conclusions d’une réunion tenue le 5 février au sein du Parti libéral-démocrate (PLD, au pouvoir), le gouvernement japonais envisage de valider un nouveau projet de loi avant le présenter au Parlement.

Les Aïnous (terme qui signifie “être humain” en langue aïnoue) “souffrent toujours de discrimination et de pauvreté”, souligne l’Asahi Shimbun. Lors de la restauration de Meiji, à la fin du XIXe siècle, les Japonais ont commencé à migrer vers le nord de l’archipel : Hokkaido, Sakhaline

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Japon. Les Aïnous, un peuple longtemps ignoré
Courrier International 17/01/2017 –

Vue générale de l’île de Kunashir, l’une des quatre îles disputées entre la Russie et le Japon, le 20 décembre 2016.  PHOTO / YURI MALTSEV / REUTERS.
Le peuple autochtone des îles disputées entre Moscou et Tokyo devrait prendre part aux négociations relancées fin 2016. Longtemps laissé pour compte, il a pourtant toute légitimité à faire entendre sa voix, estime l’Asahi Shimbun.

Kayano Shigeru, qui est mort il y a dix ans, était le seul Aïnou à avoir accédé aux fonctions de parlementaire. J’ai écouté les enregistrements des débats qui avaient eu lieu au Sénat, dans lesquels Kayano exprimait son point de vue sur les négociations entre la Russie et le Japon concernant les territoires du Nord [appelés Kouriles du Sud par la Russie ; quatre îles sont disputées, et le contentieux empêche les deux pays de signer un traité de paix depuis 1945].
 » Ce que vous appelez ‘territoires du Nord’ était autrefois le pays des Aïnous. Alors même que ces terres appartenaient aux Aïnous, vous vous complaisez à dire ‘c’est à moi, c’est à moi’. Vous continuez à vous entre-déchirer sans inclure les Aïnous dans ce problème. Voilà l’impression que vous donnez dans les négociations avec Moscou.”

En montrant l’île d’Etorofu [Itouroup en russe] sur une carte, Kayano expliquait consciencieusement : “Sur cette île, il reste 315 noms de lieux aïnous. Les quatre îles dont vous parlez [Habomai, Shikotan, Kunashiri et Etorofu] portent toutes des noms aïnous. Cela montre bien que les ancêtres des Aïnous habitaient là.” 
Absurdité
La Russie et le Japon ont tracé des frontières traversant la terre des Aïnous, et ont acculé les […]
Hideo Matsushita
Qui sont les Aïnous ?

Principalement originaires de Hokkaido et des îles environnantes, les Aïnous possèdent langue, religion et coutumes qui leur sont propres. À partir de la restauration de Meiji (1868-1912), ils ont été contraints à l’assimilation japonaise et ont été déplacés contre leur volonté. D’après une enquête menée par l’université de Hokkaido en 2013, 16 786 Aïnous ont été recensés à Hokkaido, soit une diminution de près de 7 000 individus depuis 2007. D’après le Mainichi Shimbun, “2 700 Aïnous vivraient dans les environs de Tokyo, mais nombreux sont ceux qui préfèrent dissimuler leur identité par peur de discrimination”.

Sources Asahi Shimbun Tokyowww.asahi.com
Fondé en 1879, chantre du pacifisme nippon depuis la Seconde Guerre mondiale, le “Journal du Soleil-Levant” est une véritable institution. Trois mille journalistes, répartis dans 300 bureaux nationaux et 30 à l’étranger, veillent à la récolte
[…] Lire la suite

Dossier sur les Aïnous (Ainu) – Maison de la Culture du Japon à Paris
https://www.mcjp.fr/fr/la-minorite-autochtone-ainoue…japon/…les-ainous/les-ainous : Le peuple aïnou, qui fait partie des minorités du Japon, est reconnu comme un peuple autochtone du Nord du Japon. La bibliothèque possède un riche fonds …

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Dr Lionel Coudron : « Jeûner apporte des bienfaits en cas de nombreuses pathologies »

Alternative santé – 25/01/2019 – propos recueillis par Isabelle Fontaine –

Lionel Coudron est Médecin, diplômé en nutrition, nutrithérapie, acupuncture, biologie, médecine du sport, psychothérapie EMDR, mais aussi enseignant de yoga depuis plus de 35 ans et directeur de l’Institut de yogathérapie.Lionel Coudron est Médecin, diplômé en nutrition, nutrithérapie, acupuncture, biologie, médecine du sport, psychothérapie EMDR, mais aussi enseignant de yoga depuis plus de 35 ans et directeur de l’Institut de yogathérapie.

Cesser de manger pendant quelques jours pour améliorer, voire soigner, un problème de santé : considéré comme une ineptie il y a encore peu, le jeûne thérapeutique gagne en popularité, études à l’appui. Le point avec le Dr Lionel Coudron, qui accompagne des patients dans cette démarche.
Alternative Santé. De nombreuses personnes viennent à vous pour être accompagnées dans un jeûne thérapeutique. Quels sont vos retours d’expérience ?
Dr Lionel Coudron. En tant que médecin ayant une vision globale de la pathologie et des solutions thérapeutiques, j’ai commencé à intégrer activement le jeûne dans mes prescriptions il y a une quinzaine d’années. Mais j’en observe les effets depuis plus longtemps encore, une trentaine d’années peut-être, à travers des patients précurseurs ayant régulièrement mené des jeûnes. J’ai, dans ma pratique, plusieurs cas de malades ayant bénéficié des effets positifs de cette démarche sur différentes pathologies telles que la dépression, le surpoids, l’eczéma, les douleurs articulaires et l’hypertension. De manière générale, le jeûne thérapeutique est profitable aux troubles liés à des excès en lien avec notre civilisation, comme les affections du système cardio-vasculaire ou les dérèglements métaboliques. Sur l’hypertension artérielle dite « essentielle », en particulier, j’observe que le jeûne pratiqué régulièrement, c’est-à-dire deux à trois fois pendant dix jours sur six mois, permet de faire baisser la tension d’un à deux points, sans médicaments. Les autres indications concernent les maladies inflammatoires et pour certaines auto-immunes, qu’elles soient rhumatismales – comme la polyarthrite et la spondylarthrite ankylosante – ou intestinales – comme la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique –, ainsi que des maladies neurodégénératives comme Parkinson.
Comment explique-t-on les effets du jeûne sur la santé ?
Depuis quelques années, la recherche fondamentale s’accélère. Le jeûne, une nouvelle thérapie, un documentaire de Thierry Lestrade diffusé sur Arte en 2012, a fait bouger les consciences. Il révèle les travaux menés en Russie pendant la guerre froide (1945-1991) sur le jeûne long hydrique strict, qui consiste à boire uniquement de l’eau sur une période de quinze jours à trois semaines, auprès de malades atteints de troubles dépressifs et psychiatriques graves. Une rémission pure et simple des symptômes a été observée chez ces personnes, par ailleurs en échec thérapeutique. Ces résultats ont été obtenus sur des centaines, voire des milliers de patients, mais ils n’ont pu être diffusés en raison du contexte politique de l’époque. Aujourd’hui, on sait que le jeûne thérapeutique a un effet anti-inflammatoire. Il fait baisser l’ensemble des marqueurs impliqués comme la synthèse de la protéine C réactive, la sécrétion de cytokines et interleukines par les lymphocytes T et B, mais aussi la production de prostaglandines, de leucotriènes, d’histamine et d’enzymes lysosomales. Or, de nombreuses théories récentes tendent à montrer que l’inflammation est un acteur majeur de pathologies comme la dépression, les troubles cardio-vasculaires, l’hypertension artérielle, l’obésité et les allergies. Le jeûne a aussi un impact favorable sur le microbiote. Pendant la période de privation alimentaire, on constate une régression des villosités intestinales, puis un effet rebond avec une régénération de la muqueuse et une amélioration de la flore intestinale saprophyte. Enfin, une étude récente menée au King’s College de Londres montre que le jeûne permet un renouvellement des tissus des noyaux neuronaux centraux, et améliore les connexions synaptiques dans le cerveau.
On parle également beaucoup, ces dernières années, des effets du jeûne sur le cancer. Qu’en est-il vraiment ?
Les mentalités ont beaucoup évolué sur ce point. Le jeûne est désormais encouragé par certains oncologues. Cette pratique n’est pas plus dangereuse en cas de cancer que pour d’autres pathologies. Dans tous les cas, elle doit être menée sous surveillance médicale, et reste proscrite en cas de cachexie (état de faiblesse avancé de l’organisme), de masse musculaire faible ou d’ostéoporose. En revanche, ses bénéfices sont, de mon expérience, tout à fait intéressants, ce que suggère aussi la recherche récente. C’est à Valter Longo que l’on doit les découvertes les plus remarquables. Ce gérontologue italo-­américain qui a repris, dans les années 1990, les travaux du Dr Roy Walford sur l’augmentation de l’espérance de vie, a montré que des souris exposées à des ­produits de chimiothérapie et ayant préalablement jeûné survivaient toutes, alors que celles ayant été alimentées normalement avant le traitement mouraient. Il semblerait ainsi que le jeûne thérapeutique favorise la capacité des cellules saines à se protéger, alors qu’il fragilise les cellules cancéreuses. Utilisé comme « outil » complémentaire, il permettrait de limiter les effets secondaires de la chimiothérapie, mais aussi d’en potentialiser les effets. Il pourrait même être bénéfique en prévention, pour réduire, voire détruire, la masse tumorale, lorsque celle-ci en est encore à un stade microscopique. En effet, on a observé que lors d’un jeûne, la production du facteur de croissance IGF1 diminue – or il est avéré que c’est un engrais pour toutes les cellules, y compris cancéreuses.
Que dire à ceux que l’idée de jeûner inquiète ?
Comment est née l'idée de se priver de nourriture ?Contrairement à certaines idées reçues, notre organisme est conçu pour jeûner. C’est un mécanisme naturel, hérité de nos lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs qui s’alimentaient par intermittence et qui, malgré cela, devaient continuer à produire des efforts. On retrouve d’ailleurs le jeûne spontané chez tous les grands animaux. C’est aussi une approche thérapeutique dans beaucoup de traditions spirituelles comme le yoga, le bouddhisme ou le christianisme. Lors du jeûne, un processus interne se met en route pour nous donner de l’énergie. Au bout du troisième jour, le corps cesse de puiser dans les protéines pour produire de l’énergie directement à partir des réserves de graisse. Celles-ci sont transformées en partie en glucose, qui sert à la fabrication de l’ATP – adénosine tri-phosphate, le « carburant » de l’organisme – ; puis en corps cétoniques, substances énergétiques « de secours » de l’organisme. Des hormones comme la leptine (modérant la sensation de faim) et des neurotransmetteurs comme la dopamine, l’adrénaline et la neuroadrénaline sont alors produits. Ces dernières ont des effets stimulants des fonctions cérébrales cognitives et émotionnelles. Elles permettent de se sentir bien, motivé, concentré, dynamique : un véritable « état de grâce » que l’on peut vivre parfois lors d’un jeûne. Cela dit, il existe aussi des inconvénients : de la fatigue, des crampes, des maux de tête et une aggravation des douleurs, en général dans les premiers jours. Une supplémentation en sels minéraux basiques alcalins permet généralement d’y remédier. Dans ma pratique, j’observe que 10 % à 15 % des personnes ne supportent pas le jeûne. Cela est souvent lié à un manque de motivation. Il n’est pas si simple d’impliquer les patients dans une telle pratique.
Comment se lancer dans un jeûne thérapeutique lorsqu’on n’en a jamais fait l’expérience ?
Il faut être motivé, justement, et animé par la dimension spirituelle du jeûne, outre son aspect purement thérapeutique. C’est en effet un moment pour se retrouver, se reconnecter à l’essentiel, ralentir le rythme dans une société hyperagitée, et profiter du silence et du calme. Lorsque l’on n’a aucune expérience, je conseille de commencer par un jeûne court de deux jours, le temps d’un week-end par exemple. Plutôt que de se lancer dans un jeûne hydrique strict, je recommande un jeûne à très basses calories. C’est-à-dire consommer moins de 450 kcal par jour, ce qui correspond à un bol de soupe de légumes. Ainsi, on garde un rituel de repas et on apporte les sels minéraux nécessaires à l’organisme pour éviter les coups de pompe. On peut aussi pratiquer régulièrement des jeûnes séquentiels de courte durée, de quatorze à seize heures (en sautant un repas, comme celui du matin) jusqu’à vingt-quatre heures (en mangeant le soir puis en remangeant le lendemain soir). Nombre de personnes le font spontanément et, contrairement aux idées reçues sur le sacro-saint petit déjeuner, cela s’avère bénéfique pour l’organisme. De plus, jeûne ne rime pas avec immobilisme. Il est important de pratiquer une activité physique régulière adaptée pendant cette période. Enfin, lorsqu’on sort d’un jeûne, il faut veiller à la manière de se réalimenter en se tournant vers une nourriture saine et en évitant de grignoter entre les repas. Dans tous les cas, il est indispensable, dans un jeûne à visée thérapeutique, de se faire suivre par un médecin qui saura évaluer les contre-indications, faire le suivi, adapter la pratique et prescrire si besoin des médicaments ou compléments alimentaires.
Aller plus loin :
Le Guide pratique du jeûne, du Dr Lionel Coudron, éd. Terre VivantePlongez-vous dans la lecture du Guide pratique du jeûne, éd. Terre Vivante (2017), 19€
Le Dr Coudron a également rédigé de très nombreux ouvrages de yogathérapie aux éditions Odile Jacob. Citons pêle-mèle Soigner la douleur et la fibromyalgie ou encore Soigner l’hypertension artérielle.
Il consulte à Paris et accompagne de nombreux patients dans leur démarche de jeûne à des fins thérapeutiques ou de bien-être.
En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé
Sur le même sujet :
Lionel Coudron : notre corps supporte mieux la privation que l’excès  Lionel Coudron : notre corps supporte mieux la privation que l’excès
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Grippe : les bons réflexes phyto

La rédaction de Plantes & Santé – Newletter du 12/02/2018 –
Chers amis des plantes,
Cette année, la grippe est arrivée un peu plus tard dans l’hiver que par le passé, mais elle est particulièrement virulente. Et l’épidémie, qui a atteint son pic en France ces jours-ci, touche également bien plus de monde que les années précédentes.
La semaine dernière, pas moins de 352 000 contaminations ont été recensées par le Réseau sentinelle, notamment dans les régions Auvergne, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Tous les âges et toutes les catégories de personnes sont concernés, incluant celles qui sont vaccinées – le taux d’efficacité du vaccin s’avérant plutôt faible cette année (autour de 20 % !).
Sans vouloir être anxiogènes, nous vous invitons donc à prendre au sérieux la maladie et à réagir dès les premiers symptômes. Ce qui est d’ailleurs possible avec certaines plantes (détaillées dans l’article ci-dessous). L’échinacée peut ainsi contrer le virus en le phagocytant : une bonne façon de faire en sorte que la grippe ne passe pas par vous !
Fièvre, courbatures et frissons sont les symptômes caractéristiques de la maladie une fois déclarée. La médecine allopathique n’a alors pas grand-chose d’autre à proposer que du paracétamol pour faire baisser la température. Côté plantes, en revanche, certaines sont capables de minimiser les symptômes, par exemple en favorisant la transpiration, ce qui régule la fièvre tout en éliminant les toxines. En suivant nos conseils, vous ressentirez aussi moins de douleurs musculaires.
Enfin, n’oubliez pas : il n’y a aucune fatalité à attraper la grippe, même si autour de vous le virus rode. Des gestes simples existent pour éviter la propagation, comme se couvrir la bouche quand on tousse, se laver les mains plus souvent, utiliser des mouchoirs à usage unique, aérer les lieux de vie ou de travail…
Nous vous souhaitons une belle semaine, loin des virus en tous genres !
Symptômes de la grippe : les bons réflexes phyto
Très contagieuse, l’épidémie de grippe se propage au moment où nos défenses immunitaires sont affaiblies par le froid, le stress ou un manque de vitamine D, qui joue un rôle clé dans l’immunité. La phytothérapie constitue une arme de choix pour contrer le virus, soutenir votre système immunitaire et, si la maladie est déclarée, atténuer les symptômes désagréables, liés en particulier aux poussées de fièvre.
Pour se protéger et prévenir les attaques grippales, on utilise en priorité l’huile essentielle de ravintsara (Cinnamomum camphora cineoliferum) et deucalyptus radié (Eucalyptus radiata) en diffusion. Dans un diffuseur à ultrasons (ou nébulisateur), déposez cinq gouttes de chaque huile. Leur action antivirale et anti-infectieuse permet d’assainir l’atmosphère en limitant la multiplication du virus.Si votre entourage commence à présenter des symptômes grippaux, l’échinacée (Echinacea purpurea), sous forme de teinture mère, sera une précieuse alliée. Son action immunostimulante va augmenter le taux de globules blancs et les aider à phagocyter (ingérer et détruire) l’intrus plus facilement s’il pénètre les barrières immunitaires.
Un extrait de qualité doit picoter sur la langue et faire saliver. Prendre trois cuillères à café par jour pendant dix jours en gardant bien le produit pendant quelques minutes au contact de la muqueuse buccale, porte d’entrée du virus. On pourra compléter cette stratégie préventive avec la prise d’un extrait de propolis, qui fortifie l’organisme et le protège des attaques virales…

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Huawei, le géant du smartphone navigue entre la Chine et l’Occident

Ouest-France 13/02/2019 Philippe Le Corre
EditorialLe groupe chinois Huawei, troisième vendeur de smartphones dans le monde derrière Samsung et Apple, a des ambitions encore plus grandes et se verrait bien tout en haut du classement. Côté Occident, on s’inquiète de la montée en puissance de ce groupe dont la gestion personnelle des données des utilisateurs pose question.

 

Le géant du smartphone chinois est le troisième vendeur mondial derrière Samsung et Apple. | SAM YEH AFP
La guerre commerciale Chine-États-Unis n’aura peut-être pas lieu, mais la guerre d’influence technologique ne fait que commencer. Au cœur de ce débat, Huawei, un fabricant chinois de télécommunications devenu l’un des principaux équipementiers de la planète.
Cette société ne cesse de défrayer la chronique depuis l’arrestation en décembre, à Vancouver (Canada), de Meng Wanzhou, directrice financière du groupe et fille du fondateur. Motif ? La société n’a pas respecté l’embargo sur les ventes à l’Iran depuis 2007.
Surtout, la marque chinoise se voit depuis des années bannie du marché américain. Elle est aussi accusée de pratiques commerciales déloyales, et même de vols de données, notamment en 2012 lorsqu’un robot de T-Mobile, un opérateur mobile américain, avait été photographié et copié.
La gestion des données sensibles par Huawei pose question
Avec l’arrivée prochaine de la nouvelle génération de téléphonie mobile (5G), les boucliers se lèvent aux États-Unis et dans un nombre croissant de pays allant de l’Australie à la Pologne, en passant par l’Allemagne, la République Tchèque et la Nouvelle-Zélande.
En France, Orange a déclaré qu’il n’utiliserait pas les produits Huawei pour la 5G. Idem pour BT au Royaume-Uni. Les services de sécurité américains estiment extrêmement risquée la gestion de données sensibles par une société liée au régime chinois.
Que se passerait-il si les réseaux étaient confiés à Huawei ? Le risque est important pour les données publiques et privées. En 2017, le régime de Pékin a fait passer une loi sur le renseignement, annonçant clairement la couleur : « Toute organisation ou citoyen doit, dans le respect de la loi, soutenir, donner assistance et coopérer avec le renseignement national, et maintenir le secret sur toute activité de renseignement dont il a connaissance. »
Pour les experts, le risque de voir des « backdoors » (portes détournées) se mettre en place est encore plus important avec l’arrivée de la 5G, en 2020. Les autorités françaises ne disent pas autre chose.
Des ambitions planétaires
L’histoire de Huawei est liée à celle de son fondateur Ren Zhengfei, un ancien officier de l’Armée populaire de libération qui a bâti son groupe de télécoms dans le monde avec le soutien des banques d’État chinoises. Il domine maintenant le marché européen. Plus récemment, la marque grand public s’est développée avec les téléphones portables, les tablettes et autres objets connectés.
Du point de vue chinois, la décision de sanctionner Huawei est liée à sa visibilité mondiale : cette société étant considérée comme l’une des plus performantes sur le plan technologique, elle est l’un des symboles de l’ambition chinoise visant à dépasser l’Occident d’ici à 2030 dans des secteurs aussi importants que l’intelligence artificielle, la robotique, la biotechnologie, les véhicules électriques… D’où la réaction radicale de Washington qui tient à défendre ses intérêts technologiques et économiques.
Pour l’Europe, l’enjeu est de taille : à l’ère des grandes transformations numériques, il s’agit de construire son autonomie technologique tout en ne fermant la porte ni aux uns ni aux autres. Mais le régime chinois, obnubilé par le contrôle de l’information et des données, prend clairement le risque d’un effet repoussoir, notamment à travers Huawei dont l’activité pose de réelles questions pour nos économies. On n’a pas fini d’entendre parler de ce groupe, de ses origines opaques et de ses ambitions planétaires.
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Science – Pourquoi la NASA s’intéresse à cette île sortie des eaux ?

Vidéo En 2014, l’île la plus jeune du monde faisait irruption au milieu de l’océan Pacifique. Depuis elle ne cesse d’intéresser les spécialistes de la planète Mars. Explications.
Le Monde 08 février 2019
En décembre 2014, le monde assistait à la naissance d’une nouvelle île dans l’océan Pacifique. Depuis, on la connaît sous le nom non officiel de Hunga Tonga Hunga Ha’apai, d’après les noms de ses deux îles voisines : Hunga Tonga et Hunga Ha’apai. La nouvelle arrivante, elle, n’a pas droit à son propre nom, car on pense à l’époque de son apparition qu’elle ne survivra pas plus de quelques mois, comme de nombreuses îles volcaniques avant elle.
Quatre ans plus tard pourtant, l’île est toujours là, ce qui en fait la troisième à afficher une telle longévité en l’espace de cent cinquante ans. Surtout, depuis que l’humanité dispose de satellites, c’est inédit.

Pour la première fois, les scientifiques peuvent donc observer la formation d’une terre nouvelle, depuis l’espace. Or cela intéresse tout particulièrement les scientifiques de la NASA pour une raison : Mars. Explications en vidéo.
Sources : NASA – https://svs.gsfc.nasa.gov/12800

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Le regard de Plantu – France : une honte

Le Monde du 13 février 2019

Les actes antisémites
Des croix gammées sur des portraits de Simone Veil, des inscriptions antisémites à plusieurs endroits de la capitale, un restaurant Bagelstein tagué du mot Juden (« juifs » en allemand), un site en mémoire d’Ilan Halimi profané…
A Paris, comme en Essonne, les actes antisémites ont été nombreux ce week-end. Un épisode qui reflète une tendance générale : ils ont bondi de 74 % en France en 2018. « L’antisémitisme se répand comme un poison », a déclaré le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, précisant que ces actes sont passés de 311 en 2017 à 541 l’an passé. Dernier en date : un arbre planté à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) pour perpétuer le souvenir d’Ilan Halimi, un jeune homme torturé à mort en 2006 parce qu’il était juif, a été découvert scié à sa base lundi. La mairie et le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), Frédéric Potier, ont annoncé qu’ils saisissaient la justice. « En attaquant un culte, en attaquant la mémoire d’Ilan Halimi, c’est la République qu’on attaque », a affirmé le ministre de l’intérieur.
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Pétition – Comment on tue les girafes … Plan d’urgence

Avaaz  11/02/2019

Tess a tué cette girafe pour le plaisir, se réjouissant de cette « chasse de rêve » — mais nous pouvons aujourd’hui faire de cette tragédie… une chance inestimable pour ces animaux hors du commun. Dans quelques semaines, les dirigeants du monde vont se rencontrer à un sommet déterminant sur la faune sauvage. Offrons aux girafes la protection internationale essentielle à leur survie. Signez maintenant en un clic puis partagez avec absolument tout le monde!
SIGNEZ ICI
  Signez et rejoignez l’appel pour protéger les girafes d’Afrique : 
https://secure.avaaz.org/campaign/fr/giraffe_protection_plan_loc/?bMmKoab&signup=1&cl=15567708387&v=114762&_checksum=2a34f0874287caa706c7097782b2e5aa8b8d2fc43511b3eac93bb51e863126f6
Nous commençons à peine à comprendre combien les girafes sont intelligentes et sensibles. Elles communiquent même en fredonnant! La photo de Tess a déclenché une vague d’indignation mondiale, car au fond de nous, nous savons que les animaux méritent d’être traités avec dignité et respect.
Les nouvelles protections ne mettront pas fin à la chasse aux trophées, mais introduiront des règles sévères pour réguler le commerce de parties de girafes. Ces animaux doivent également être protégés du braconnage et de la destruction de leurs habitats — alors signez maintenant pour les protéger et exiger un plan d’urgence afin de les sauver de l’éradication lors de cette réunion internationale cruciale qui aura lieu en mai!
Jusqu’ici, les girafes ont peu attiré l’attention mais leur nombre est en chute libre — il est l’heure de tirer la sonnette d’alarme et de faire circuler cette pétition partout afin que les gouvernements agissent en notre nom.
Cliquez ici pour offrir aux girafes la protection qu’elles méritent
La vie sur Terre est précieuse et pourtant, partout où se porte notre regard, les plus belles espèces déclinent. C’est une tragédie. Surtout que nous sommes tout juste en train de découvrir le rôle clé qu’elles jouent pour toute la vie autour d’elles. Nous nous sommes déjà rassemblés pour les éléphants et les orangs-outans — aujourd’hui, faisons de même pour les girafes.
Avec espoir et détermination,
Christoph, Sarah, Martyna, Rewan, Joseph, Rosa, Jenny et toute l’équipe d’Avaaz
Dans quelques semaines, des pays du monde entier vont se réunir lors d’un important sommet sur la faune sauvage. Et pour la toute première fois, cinq pays africains ont proposé d’inscrire la girafe sur la liste d’espèces protégées. Ce premier pas vers une action internationale pourrait tout changer. Et c’est urgent: en trente ans, la population de girafes a diminué de 40%
À tous les gouvernements de la CITES :
« Nous vous demandons d’ajouter les girafes à la liste des espèces protégées de la CITES, de lancer et financer un grand plan d’action panafricain afin de restaurer les populations de girafes et de protéger leurs habitats, et d’aider les communautés locales qui vivent aux côtés de nos plus grandes amies du règne animal. »
Parlez-en à vos amis!
https://secure.avaaz.org/campaign/fr/giraffe_protection_plan_loc/?cMmKoab

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