Les Indégivrables – Braderie corruption …

Le Monde 22mars 2017

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Deux-Sèvres – Petit miracle : Deux animaux sauvés d’un incendie

La Nouvelle République 22/03/2017

Le garage du pavillon rue du Paradis : deux animaux y ont été sauvés par miracle.
C’est un petit miracle – pour les animaux – qui s’est produit hier rue du Paradis, à Moutiers-sous-Argenton, commune d’Argentonnay où un incendie s’était déclaré dans un garage proche d’un pavillon.
Vers 14 h 15, une quinzaine de pompiers d’Argentonnay, de Thouars et de Bressuire ont convergé dans le bourg de « Moutières » selon l’appellation locale après qu’un incendie a été signalé dans un garage. Un incendie d’origine accidentelle selon le rapport de la gendarmerie d’Argentonnay.
Sous la direction de l’adjudant-chef Didier Avril, les pompiers se sont mis en action devant un feu qui avait déjà bien endommagé le garage mais aussi son contenu : trois motos, deux scooters, une tondeuse auto-portée, et divers outillages…
 A leur arrivée, quatre chiens ont déguerpi mais, au cœur du brasier un chat restait emprisonné dans sa cage. Rapidement, le sergent-chef Mikaël Chatry s’est emparé de la cage de transport pour mettre le matou en sécurité alors qu’il était promis à une mort certaine.
Quelques minutes plus tard, trois des chiens échappés sont revenus au bercail alors que les pompiers terminaient d’arroser les restes du garage. Mais il manquait un toutou.
Un enfant de la maison a alors donné l’alerte : le setter irlandais était en train de se noyer car il était tombé au fond du puits situé au sous-sol de la maison !  En rappel, c’est le sergent-chef Gwenaël Cousin qui a retiré l’animal de sa fâcheuse posture : le setter s’épuisait à rester à la surface de l’eau. Il revient de loin.
Il n’y a pas eu de miracle, en revanche, pour le garage qui n’a pas supporté l’enfer de l’incendie, finissant, quasiment en cendres. Les dégâts sont financièrement importants.
Argenton-les-Vallées, Bressuire, Thouars –
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neuf-quinze – Cash investigation

neuf-quinze@arretsurimages.eu 22/03/2017
Il reste à Lucet à courser le pape…
09h15 Délaissant pour quelques heures la présidentielle et les pêcheurs profanes, Cash investigation et Mediapart se sont penchés sur la pédophilie au sein de l’Eglise de France. Résultat en chiffres :32 agresseurs (prêtres, religieux ou laïcs) actuellement en vie et ayant fait 339 victimes – dont 288 étaient au moment des faits des mineurs de moins de 15ans – dans l’Hexagone ou à l’étranger ont été couverts, en France, par 25 évêques«dont cinq sont toujours en poste», assurent les auteurs, qui développent aussi leur enquête dans un livre « Eglise, la mécanique du silence » (Lattès).
(1) Cash a coursé tous les prêtres, tous les évêques possibles et imaginables. Ils ont coursé des prêtres pédophiles exfiltrés par l’Eglise loin du lieu de leurs forfaits. Ils ont coursé des évêques qui ont couvert ces prêtres pédophiles.Ils ont coursé des cardinaux qui ne les ont pas dénoncés à la Justice. Ils coursent les esquives, les aveuglements plus ou moins volontaires, les lâchetés.
Il reste à Elise Lucet à courser le pape.On imagine leurs blagues, à la production, pendant la réalisation de l’enquête. Leur incrédulité. Leurs paris. Pas le pape, quand même ? Mais si ! Ce qu’on reproche à Jorge Bergoglio ? D’avoir tenté de faire pression sur la Justice argentine, en commanditant une grosse contre-enquête, interne à l’Eglise, pour tenter de discréditer la parole d’un enfant qui se plaignait d’agression sexuelle par un écclésiastique argentin très médiatique, Julio César Grassi. Lucet et son équipe ont demandé « des dizaines de fois » des rendez-vous au pape. En vain. Une tentative directe aura-t-elle davantage de succès ?Va-t-elle arriver à accrocher le pape ? (2)tease la chaîne, haletante.
Arrive enfin le soir de l’émission : presque deux heures de courses poursuites et de dénégations. Ecoeurement des spectateurs. La séquence papale, comme il se doit, a été montée en apothéose, à la toute fin de l’enquête. Et voici donc Lucet, dans la foule de la place Saint-Pierre. Il passe une première fois en papamobile. Elle tente de lui remettre une enveloppe. Mais le revoici, à pied, presque accessible. Lucet, en espagnol :« Votre Sainteté, avez-vous tenté d’influencer la Justice argentine ? » Il s’arrête dans sa marche. Il tend l’oreille. Il n’a peut-être pas bien entendu. Ou n’en a pas cru ses oreilles de pape. Nous non plus, d’ailleurs. Le pape ! Elle répète, détachant ses mots : « Votre. Sainteté. Dans le cas. Grassi. Avez-vous tenté. D’influencer. La Justice argentine ? » Grimace. Dénégation de la tête. On entend vaguement : « para nada ». Pas du tout. Lucet : « Non ? Pourquoi avoir commandé une contre-enquête, alors ?  » Il la regarde, ahuri, réalisant qu’il est en train d’accorder une interview à l’arrache. Le cardinal Bergoglio a traversé, tant bien que mal (3), la dictature argentine. Le pape François a survécu jusqu’ici aux intrigues vaticanes. Mais là, il vient de rencontrer son siècle.

(1) http://www.francetvinfo.fr/societe/video-cash-investigation-pedophilie-elise-lucet-a-la-rencontre-du-pape_2101741.html
(2) http://www.francetvinfo.fr/societe/video-cash-investigation-pedophilie-elise-lucet-a-la-rencontre-du-pape_2101741.html
(3) http://www.arretsurimages.net/breves/2013-03-16/Bergoglio-polemique-Pagina-12-contre-toute-la-presse-argentine-id15303
Daniel Schneidermann

 

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Justice – L’enquête Fillon élargie à des faits de « faux et usage de faux » et d’« escroquerie aggravée »

Les enquêteurs ont saisi à l’Assemblée nationale des documents laissant penser que les époux Fillon ont pu produire des faux pour justifier les salaires de Penelope Fillon.

LE MONDE | 22.03.2017 |
Les magistrats ne partagent pas la « pudeur de gazelle » qui s’est emparée, selon le mot de Jean-Luc Mélenchon lors du débat télévisé de lundi 20 mars, des candidats à l’élection présidentielle au sujet des « affaires ».
Selon les informations du Monde, le parquet national financier (PNF) a délivré, jeudi 16 mars, un réquisitoire supplétif pour « escroquerie aggravée, faux et usage de faux » aux juges d’instruction chargés de l’enquête sur les époux Fillon – Serge Tournaire, Aude Buresi et Stéphanie Tacheau –, ouverte pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, complicité et recel de ces délits, trafic d’influence et manquement aux obligations déclaratives ».
Cette décision fait suite à une deuxième perquisition menée courant mars à l’Assemblée nationale – une première avait été effectuée par les enquêteurs le 31 janvier dans le cadre de l’enquête préliminaire – et à l’occasion de laquelle de nouveaux documents ont été saisis. Ces feuilles, signées par Penelope Fillon, comportaient différents calculs d’heures travaillées.
Les enquêteurs se demandent si ces calculs ne constituent pas des faux, établis pour justifier a posteriori les salaires versés à l’épouse du député de Paris et conforter la réalité de son travail d’assistante parlementaire. On ignore à qui était destinée cette déclaration d’emploi et à quelle période de sa vie professionnelle ils correspondent.
Convocation par les juges le 28 mars
Dans son édition du 22 mars, Le Canard enchaîné ajoute par ailleurs qu’alors que Penelope Fillon cumulait deux emplois à plein temps, entre le 1er juillet 2012 et le 30 novembre 2013, à l’Assemblée nationale et à la Revue des deux mondes, les époux « ont carrément signé une fausse déclaration, certifiant aux fonctionnaires de l’Assemblée que madame ne bossait pas plus d’une trentaine d’heures par mois à la Revue des deux mondes où elle était payée pour 151,67 heures ». Le règlement de l’Assemblée nationale limite à cent quatre-vingts heures le cumul d’emplois pour ses salariés.
Penelope Fillon est convoquée en vue de sa mise en examen le 28 mars par les juges d’instruction, si toutefois, comme pour son époux, son avocat ne demande pas à décaler cette date afin d’éviter le rassemblement des journalistes.
« Ce supplétif ne concerne pas exclusivement Mme Fillon », indique une source proche du dossier. Contacté, l’avocat de Mme Fillon, Pierre Cornut-Gentille, s’« indigne des fuites dans la presse » et réaffirme que sa cliente entend réserver ses premières déclarations aux magistrats instructeurs. Le conseil de M. Fillon, Antonin Lévy, n’a pas donné suite à nos demandes.
Le 16 mars, l’enquête avait aussi été élargie à des faits de trafic d’influence en lien notamment avec les activités de François Fillon pour sa société de conseil 2F. Cette entreprise a notamment travaillé pour la holding de l’homme d’affaires Marc Ladreit de Lacharrière, Fimalac. Ce dernier a aussi prêté 50 000 euros, sans intérêts, à l’homme politique en 2013, somme qui a été depuis remboursée, mais n’a pas été déclarée.
Simon Piel Journaliste au Monde
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L’affaire Société Générale – Kerviel : un casse à 2,2 milliards – France 3 23h30

Programme.tv – 22/03/2017 –
Magazine de reportages »Pièces à conviction » – France 3 / 23h30
Retour sur l’affaire Kerviel, trader de la Société Générale, condamné en 2010 à 5 ans de prison dont 3 ferme et à 4,9 milliards d’euros de dommages et intérêts pour abus de confiance. Aujourd’hui, de nouveaux éléments soulignent la responsabilité de la banque ; une éventualité rapidement balayée au début de l’affaire en 2008. Un enregistrement clandestin ainsi que la disparition étrange d’un document sensible sont au cœur de ces dernières révélations. En septembre 2016, la cour d’appel de Versailles a pointé du doigt les nombreuses fautes commises par l’établissement, réduisant le montant imposé à Jérôme Kerviel. Une décision qui soulève de multiples questions sur le rôle des juges, soupçonnés d’avoir agi sous influence, les défaillances dans le contrôle au sein de la Société Générale, et même sur la responsabilité de l’État.

Jérôme Kerviel est-il le seul responsable des 4,9 milliards d’euros que la banque prétend avoir perdus ? Le montant de ces pertes serait en réalité inférieur de deux milliards à ce qu’à déclaré la banque. Plusieurs témoins,, ensuite – dont un cadre de la banque – soutiennent que les supérieurs de Kerviel étaient forcément au courant des opérations effectuées par le trader brestois.
Autre interrogation : en septembre 2016, le jugement de la Cour d’appel ayant reconnu les fautes de la Société Générale, cette dernière ne devait-elle pas rembourser les 2,2 milliards d’allègements fiscaux dont elle a bénéficié ? Aucun des ministres de l’&époque n’a souhaité répondre…
Prochaine diffusion TV : Mercredi 22 Mars à 23h30
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Mediapart en direct et libre : Ce soir, le programme Le Pen passe au scanner

Le 22/03/2017
Voici le programme de votre émission Mediapart Live du mercredi 22 mars :
 20h-20h30. Retour sur nos enquêtes : un « spotlight » à la française. C’est le fruit d’un an d’enquête : 25 évêques, dont cinq sont toujours en poste, ont méthodiquement couvert pendant des années 32 auteurs d’abus sexuels, qui ont laissé derrière eux 339 victimes présumées. Un Spotlight français. Les auteurs de l’enquête sont nos invités : Daphné Gastaldi, Mathieu Martinière, Mathieu Périsse, Antton Rouget. Retrouvez également les chroniques d’Osons Causer et des Détricoteuses.
 20h30-22h30. Le programme Le Pen au scanner : la rédaction de Mediapart s’est mobilisée pour expliquer les « 144 engagements » de Marine Le Pen, en donner le contexte, les compléter avec des extraits de discours et de déclarations des responsables du FN. C’est le meilleur moyen de comprendre ce que prépare l’extrême droite.
Le programme complet
L’équipe de Mediapart
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Bruno Le Roux : de l’Intérieur à l’extérieur…

Challenges – 21/03/2017 – AFP
Alors qu’une enquête a été ouverte par le parquet national financier sur l’embauche de ses filles à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur a démissionné de ses fonctions.
Le Roux sommé de s'expliquer sur l'emploi de ses filles
L’ex-chef de file des députés socialistes, qui a confirmé avoir embauché ses deux filles comme collaboratrices parlementaires lorsqu’elles étaient lycéennes puis étudiantes, doit être reçu dans la journée par le Premier ministre Bernard Cazeneuve à ce sujet.
Mis en cause pour avoir embauché ses enfants à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a démissionné de ses fonctions mardi après-midi. L’ancien président des députés socialistes est dans la tourmente depuis que l’émission de TMC Quotidien a révélé qu’il avait employé ses deux filles lycéennes puis étudiantes au parlement, cumulant 24 CDD. L’étau s’est resserré un peu plus autour de lui après l’annonce mardi après-midi par le parquet national financier de l’ouverture d’une enquête préliminaire sur l’affaire Le Roux. Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff), a précisé le PNF dans un communiqué.
« J’affirme mon honnêteté », a souligné Bruno Le Roux lors d’une déclaration à la préfecture de Bobigny. « Ces contrats (_) correspondaient tous bien sûr à des travaux effectivement réalisés », a-t-il dit. Mais « je ne veux à aucun prix que ce débat fait d’amalgames puisse porter atteinte au travail du gouvernement », a-t-il poursuivi. « Ma responsabilité est aussi de préserver totalement l’action gouvernementale, c’est pourquoi j’ai adressé au président de la République ma démission », a-t-il ajouté.
« Je ne pense pas » qu’il puisse rester au gouvernement dans ce contexte, a confié une source gouvernementale. Le ministre a annulé un déplacement dans le Val-d’Oise. Il devait se rendre dans la journée dans l’Essonne et en Seine-Saint-Denis, mais on ne savait si ces déplacements étaient maintenus. Selon Quotidien, le locataire de la place Beauvau a employé ses filles, alors qu’elles étaient lycéennes puis étudiantes, en cumulant respectivement 14 et 10 CDD entre 2009 et 2016, pour un montant total de quelque 55.000 euros. Elles n’avaient, lors des premiers contrats, que 15-16 ans.
Certains CDD ont pu avoir lieu en même temps que des stages en entreprise ou sur le temps universitaire, à l’été 2013 pour l’une des filles, 20 jours en mai 2015 pour l’autre, affirme l’émission de Yann Barthès. Dans le reportage, le ministre reconnaît leur embauche ponctuelle alors qu’il était député de Seine-Saint-Denis: « Bien entendu, j’ai mes filles qui ont travaillé avec moi sur des étés, notamment, ou des périodes de vacances scolaires ». Il se défend toutefois d’un « amalgame » avec l’affaire Fillon, puisqu’il s’agit selon lui « d’un boulot d’été auprès d’un parlementaire ».
C’est avec de telles pratiques que des électeurs crient au « tous pourris ». Il semble que, en plus de leurs avantages exorbitants, il soit finalement assez facile pour n’importe quels parlementaires de se servir (copieusement) dans les caisses de l’État… (Werdna)
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Décryptage – Débat présidentiel 2017 : les petites et grosses intox des cinq candidats

Le Pen gonfle les chiffres du chômage, Fillon déforme ceux sur les demandeurs d’asile, Macron s’emmêle les pinceaux sur les peines de prison… Neuf déclarations des candidats décryptées.
LE MONDE | 21.03.2017 | Par Adrien Sénécat, Alexandre Pouchard, Maxime Vaudano et Anne-Aël Durand
C’est à un débat pugnace que se sont livrés les cinq principaux candidats à l’élection présidentielle, lundi 20 mars, sur TF1. François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon se sont opposés sur de larges thèmes comme la sécurité, l’immigration, les retraites ou encore l’Europe. Au prix de quelques contrevérités ou d’exagérations, parfois, dans leurs argumentaires.
Nous avons décrypté les neuf plus flagrantes relevées.
La proposition inapplicable de Marine Le Pen sur les fichés « S »
Proposition : « Expulser les étrangers islamistes fichés S ». Marine Le Pen
POURQUOI C’EST INAPPLICABLE
En pratique, la loi permet tout à fait d’expulser un étranger qui représente « une menace grave ou très grave pour l’ordre public ». La décision peut être prise par le préfet ou, dans certains cas, le ministre de l’intérieur. Sauf « urgence absolue », la procédure demande de convoquer la personne concernée devant une commission avant de prendre une décision. Convocation qui doit être notifiée au moins quinze jours à l’avance.
Ce qui pose problème, c’est que la candidate laisse entendre qu’il serait possible d’expulser de manière systématique des étrangers soupçonnés d’appartenir de près ou de loin à la mouvance djihadiste. Or, la décision d’expulsion ne peut se faire qu’en fonction d’une appréciation individuelle de la menace. Il n’est pas nécessaire que la personne visée ait été condamnée, mais le danger doit être jugé « actuel » et « proportionnel » à la décision d’éloignement.
Mais surtout, le cas des fichés « s » regroupe des situations bien trop vagues et diverses pour légitimer des expulsions systématiques. La fiche « s » est un outil de surveillance, pas d’appréciation du niveau de dangerosité d’un individu.
Lire aussi :   Terrorisme : qu’est-ce que la « fiche S » ?
L’intox de François Fillon sur les demandeurs d’asile
« Une partie [des demandeurs d’asile] fuient la guerre en Syrie mais l’immense majorité de ces hommes et femmes fuient la pauvreté et viennent de toutes les régions du monde. »  François Fillon
POURQUOI C’EST FAUX
En 2015, selon les chiffres d’Eurostat (organisme de statistiques européen), plus de la moitié des demandeurs d’asile venaient de pays en guerre tels la Syrie (29,9 %), l’Afghanistan (14,2 %) et l’Irak (9,7 %).
Voir détails du tableau explicatifs
L’erreur d’Emmanuel Macron sur les peines de prison courtes
« Les peines de moins de deux ans [sont] systématiquement non appliquées.» Emmanuel Macron
POURQUOI C’EST FAUX
Il est en effet possible, pour les peines de prison ferme de moins de deux ans, d’aménager la peine si la situation de la personne condamnée le permet aux yeux de la justice. Il n’y a alors pas de mandat de dépôt.
Il est, en revanche, erroné de dire que les peines de prison de moins de deux ans ne sont jamais appliquées, ou « systématiquement non appliquées », comme le dit M. Macron. La preuve ? Au 1er janvier 2015, 12 % des peines en cours d’exécution (sur 60 742 détenus) concernaient des peines de moins d’un an et 29 % des peines de 1 à 3 ans, selon les chiffres du ministère de la justice.
Marine Le Pen force le trait sur l’insécurité
« Il y a en France une situation « d’explosion de l’insécurité ». Marine Le Pen
POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ
Marine Le Pen a évoqué des « violences » et des « cambriolages sur tout le territoire », sans citer de chiffres précis. La candidate du FN semble ici passer un peu vite du sentiment d’insécurité qui reste élevé (notamment du fait des attentats successifs depuis janvier 2015) à une « explosion » des statistiques pour le moins contestable.
Il faut toujours prendre les chiffres de la délinquance avec du recul, car ils mesurent l’activité policière (par exemple à travers les plaintes déposées) et pas les atteintes commises directement. Reste que, selon les grands indicateurs disponibles, difficile de parler « d’explosion ».
Par exemple, le nombre de vols et de tentatives de vol de voitures est en baisse continue depuis 2006, selon l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). A l’inverse, le nombre de victimes de retraits frauduleux sur les comptes bancaires a augmenté. Les cambriolages, les injures ou les violences physiques sont, quant à eux, restés plutôt stables depuis 2014, à un niveau « élevé par rapport au niveau moyen des années 2006 à 2010 », selon l’ONDRP.
Temps de travail : l’argument discutable de François Fillon
« La France est le pays où le volume d’heures travaillées est le plus bas par rapport aux grandes économies. » François Fillon
POURQUOI C’EST CONTESTABLE
Certaines données, notamment celles d’Eurostat sur le temps de travail des salariés à temps complet, laissent effectivement entendre que les Français travaillent moins longtemps que leurs voisins européens.
Ces chiffres sont toutefois à manier avec précaution : d’abord, il faut également souligner que toutes catégories confondues (c’est-à-dire en intégrant les temps partiels et les indépendants), les Français arrivent cette fois en 10position (sur 28) du classement européen.
Par ailleurs, lorsque l’on s’intéresse au temps de travail et donc à la « rentabilité » des salariés en France, il n’est pas inintéressant de citer les chiffres de productivité. Et cette fois, selon Eurostat, la France se classait en 5e position européenne en 2014, devant l’Allemagne et le Royaume-Uni par exemple, toujours selon Eurostat.
Lire aussi :   Les Français travaillent-ils vraiment moins que les autres Européens ?

Approximation de Jean-Luc Mélenchon sur le nucléaire
« Dans le prochain mandat, 18 réacteurs nucléaires atteignent 40 ans, il faut 100 milliards pour les “recaréner”​. » Jean-Luc Mélenchon
DU VRAI ET DU FAUX
Le candidat a raison lorsqu’il parle de dix-huit réacteurs qui dépasseront les 40 ans avant 2022. Ils se trouvent dans les centrales de Fessenheim (Haut-Rhin), Bugey (Ain), Dampierre (Loiret), Gravelines (Nord), Tricastin (Drôme) et Blayais (Gironde).
En revanche, les « 100 milliards d’euros » que coûteraient le grand « carénage » correspondent plutôt à la somme qu’il faudrait débourser pour rénover les 58 réacteurs français selon la Cour des comptes. Pour les dix-huit réacteurs évoqués, on arrive plutôt à 30 milliards… bien qu’il ne s’agisse que d’une estimation, qui peut encore évoluer.
Dette publique : l’erreur de François Fillon
« Nous sommes le pays le plus endetté de tous les grands pays développés » François Fillon
POURQUOI C’EST FAUX
Alors que la dette publique française est d’un ordre de grandeur équivalent au produit intérieur brut (PIB) – soit 97,5 % de celui-ci au troisième trimestre 2016 selon l’Insee –, cela n’en fait pas le pays le plus endetté du monde. Par exemple, les Etats-Unis (108 % du PIB) et le Japon (250 %) le sont beaucoup plus.
Attention, néanmoins, ce chiffre à lui seul ne permet pas d’appréhender la situation des finances publiques d’un pays, puisque d’autres paramètres jouent : croissance, taux d’emprunts, niveau du chômage… C’est pourquoi le taux d’endettement du Japon, qui peut paraître spectaculaire, n’est pas un problème majeur pour le pays actuellement.
Chômage : l’exagération de Marine Le Pen
« Nous avons 7 millions de chômeurs. » Marine Le Pen
POURQUOI C’EST TROMPEUR
Si l’on y ajoute les personnes à temps partiel et souhaitant travailler davantage (les catégories B et C), ce chiffre s’établit à 5,5 millions, selon les chiffres de Pôle emploi. Si l’on ajoute les catégories D et E, qui regroupent les personnes non tenues de chercher un emploi (personnes en stage, formation, maladie, contrats aidés…), on atteint 6,2 millions de demandeurs d’emploi en janvier 2017 (6,6 millions pour la France entière).
A la fin de janvier, en France métropolitaine, le nombre de chômeurs tenus de rechercher un emploi et sans activité (catégorie A) était de 3,5 millions. C’est ce nombre que l’on convoque communément pour parler des « chiffres du chômage ».
Cette définition, très large, ne correspond pas à celle du « chômeur », au sens du Bureau international du travail (BIT), qui doit répondre à trois critères simultanément :
être sans emploi, c’est-à-dire ne pas avoir travaillé au moins une heure durant une semaine de référence ;
être disponible pour prendre un emploi dans les quinze jours ;
avoir cherché activement un emploi dans le mois précédent ou en avoir trouvé un qui commence dans moins de trois mois.
C’est sur cette base que l’Insee estimait le nombre de « chômeurs » à 2,8 millions de personnes en France métropolitaine au troisième trimestre 2016.
Lire aussi :   Chômage : pourquoi des chiffres différents entre l’Insee et Pôle emploi ?
L’exagération d’Emmanuel Macron sur le niveau des écoliers
« Nous avons plus de 20 % des élèves qui arrivent en CM2 » qui ne savent pas lire, écrire ou compter. Emmanuel Macron
POURQUOI C’EST EXAGÉRÉ
Les statistiques du ministère de l’éducation nationale sur le niveau des élèves de CM2 montraient en 2013 que 79,8 % maîtrisaient les compétences attendues en lecture et 70,9 % celles en mathématiques. Des chiffres qui peuvent sembler correspondre à l’ordre de grandeur évoqué par le candidat, mais sa présentation est, en réalité, trompeuse.
Il est, en effet, faux d’affirmer que ceux qui ne maîtrisent pas les compétences du socle ne savent pas lire ou compter. Sur la compétence lire, il est notamment attendu de savoir « dégager le thème d’un texte, repérer dans un texte des informations explicites, inférer des informations nouvelles [implicites], repérer les effets de choix formels ».
Adrien Sénécat Journaliste aux Décodeurs
Anne-Aël Durand Journaliste au Monde
Maxime Vaudano Journaliste au Monde.fr
Alexandre Pouchard Journaliste aux Décodeurs
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Hommage à Paris aux centaines de SDF morts en 2016

Challenges – 21/03/2017 –
Un collectif rend hommage aux plus de 500 SDF morts en France l’année dernière.
cimetière éphémère en hommage aux SDF à Paris
Au moins 501 personnes sans abri se sont éteintes en 2016, selon un décompte du collectif Les Morts de la rue, qui leur rend hommage à Paris devant le Palais Royal. / SIPA
Mihaela, 14 mois, morte en mars à Lille, Marie-Rose, 96 ans décédée à Marseille en juillet… Au moins 501 personnes sans abri se sont éteintes en 2016, selon un décompte du collectif Les Morts de la rue, qui leur rend hommage mardi. Les noms de ces « morts de la rue », qui ont poussé leur dernier souffle sur un banc, dans un parking, une cage d’escalier ou le quai d’un métro, sont égrainés au micro par des bénévoles. Parfois en donnant leur nom, prénom, âge, parfois en ne livrant seulement que quelques informations lapidaires « un homme, cinquante ans environ », le sans-abri ayant emporté ses secrets dans la mort. Le collectif a installé un « cimetière éphémère » place du Palais royal à Paris, où ont été disposées des plaques au nom des défunts.
Mardi après-midi, les passants peuvent s’y recueillir ou déposer des fleurs. « Il s’agit d’interpeller, de rappeler que derrière les chiffres, il y a des visages, des noms, des histoires », explique Cécile Rocca, membre du collectif. « En honorant les morts, nous agissons pour les vivants ». Ces sans-abri sont morts à 49,6 ans en moyenne, soit 30 ans plus tôt que la moyenne des Français. Parmi eux, le collectif a dénombré 46 femmes et onze mineurs, dont six avaient moins de 5 ans. Ils ont vécu en moyenne 12 ans à la rue avant de mourir et sont décédés le plus souvent de causes violentes (accident, suicide, agression, noyade…) ou de maladie. Les décès sont survenus toute l’année mais ont été plus nombreux en janvier, juillet et octobre.
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La croissance carbonisée

La Décroissance – mars 2017 – Alain Gras –
« Le monde s’engage enfin dans l’ère du bas carbone« , disaient Nicolas Hulot et tout un tas de commentateurs insouciants fin 2015, après « l’accord historique » signé à Paris lors de la COP21. mais les beaux discours sur « la transition qui est en marche« , sur l’abondance des énergies renouvelables et le déclin combustibles fossiles ne tiennent pas la route : dans notre bas monde, les réalités matérielles sont têtues. La consommation d’énergie continue de s’envoler, et la civilisation industrielle repose toujours autant sur le pétrole, le charbon et le gaz.
Le « développement durable » n’en finit pas de revenir à la mode et de nous enfermer dans le discours publicitaire « consommez braves gens, la science et la technique vous garantissent que c’est sans danger pour la planète ». Un des indicateurs utilisés par ceux qui croient en la croissance verte s’appelle « efficience énergétique », il exprime la rapport de la consommation d’énergie au produit intérieur brut (PIB)? Entre 2011 et 2015, le PIB mondial aurait crû de 3,4 % par an, alors que la demande d’énergie fossile aurait augmentée de 1,5 % (1)? Or, concrètement, si l’on compare les chiffres de consommation de l’énergie reine, le pétrole, on constate que 87 867 barils par jour ont été consommés en 2010 contre 96 100 en 2016. La consommation de gaz a elle aussi augmenté, et celle du charbon s’est légèrement accrue, pour stagner à un niveau très élevé (2). Et, surprise, la croissance du PIB par habitant est, en fait, inférieure à 1,5 % ! Comment peut-on dès lors affirmer, comme le fait l’Agence internationale pour l’énergie (AIE) que l’on a diminué le poids des énergies fossiles ?
Je vais donc annoncer une mauvaise nouvelle. Nous étions nombreux, parmi les partisans de la décroissance, à espérer que la poursuite effrénée du développement technologique vienne buter contre les limites naturelles : que la solution « pic du pétrole » provoque un renversement de tendance. Sans doute abusé par une lecture simpliste de l’histoire, nous avons négligé la résilience, pour employer un mot à la mode, du capitalisme et de son extraordinaire capacité prédatrice. Lorsque le pétrole à commencé à manquer dans les années 2000, les États-uniens ont fait comme le colonel Drake en 1859, ils ont inventé une méthode pour aller chercher d’autres hydrocarbures déposés sur les roches de schiste, avec des moyens bien plus violents que les « derricks » du colonel : au lieu de creuser un trou, ils ont fait exploser la roche. Cette fois encore, on n’arrête pas le progrès, et renouvelant avec le bon temps de Rockefeller, les États-Unis sont redevenus exportateurs, pas seulement de pétrole et gaz liquéfié, mais aussi de… charbon. Avec Trump, cette tendance ne peut que s’accentuer.  Et ainsi de suite, par ricochet c’est toute la planète qui est concernée, des petits pays comme la Jordanie ou Israël ont paraît-il de grandes réserves de schiste, tout comme l’immense Chine en Mongolie. Par ailleurs, l’Afrique du Sud transforme son charbon en pétrole (avec 30 % d’énergie perdue et au total plus de CO2 émis) sans se soucier de la COP21 ou la COP22; et la production de l’Irak en guerre dépasse celle de l’Iran. Apparemment, la bataille de Mossoul ne nuit pas aux intérêts pétroliers.
La main  invisible du pic de pétrole
On ne peut donc pas s’en remettre à un pic ou à un goulot d’étranglement pour nous sortir d’affaire, d’autant plus que la baisse des prix du pétrole de ces dernières années entraîne avec elle celle du charbon et du gaz. Plus étonnant encore, l’Arabie saoudite doit emprunter actuellement pour boucler son budget (30 % de déficit) en raison du faible prix du baril, alors qu’elle est partie prenante de ce dumping. Ceci paraît aberrant, mais il semble qu’elle parie sur l’avenir : les autres producteurs pompent beaucoup, et lorsqu’ils n’auront presque plus de pétrole, l’Arabie saoudite en aura toujours car ses réserves sont immenses. Elle en profitera pour faire payer très cher sa contribution à l’économie mondiale. A l’échelle planétaire, on ne voit donc pas se dessiner un recul de l’énergie fossile face au renouvelable.Nous continuons à faire brûler le feu venu des entrailles de la terre, notre civilisation reste thermo-industrielle. Le thermique reste au cœur de notre civilisation, même si le visage de l’industrie change; ce qui permet à des économistes et sociologues bien-pensants de nous parler, certains depuis cinquante ans, de société post-industrielle, alors que le moteur de la croissance reste le même.
Même si elle est largement insuffisante à remplacer l’énergie fournie par les combustibles fossiles, l’énergie renouvelable ne doit pas être rejetée à cause de ses idéologues. Je ne sais ce que l’on peut attendre véritablement de l’avenir pour les énergies renouvelables en tant que fait technique, mais dégagées de leur gangue idéologique néo-libérale elles ouvrent une trajectoire possible. La rupture ne viendra peut-être pas de la colère de la Terre, même si elle nous la montre chaque année un peu plus. Car elle se rappelle que cette puissance qui lui est volée est issue de la mort d’organismes tout aussi vivants que nous il y a quelques centaines de millions d’années. Peut-on imaginer symbolisme plus terrifiant ?
Ce n’est pas par des « pics » décisifs que la civilisation industrielle s’auto-régulera, le néo-libéralisme continuera à déterrer les cadavres, mais ce sont les humains qui décideront du moment où le pic sera atteint, et sommet n’est pas loin. Nous sommes en train de grimper très vite, renouveler l’énergie impose de la repenser comme un moyen de respecter notre monde et non comme un instrument de puissance sur ce monde.

(1) R. Greggio et B. Maffei, « les provisions énergétiques et leurs aléas », in Futuribles, N°416, 2017.
(2) Le charbon stagne à un niveau élevé : en 2010, 3 627 Mtep (millions de tonnes équivalent pétrole), en 2015, 3 830 Mtep. La production de gaz augmente plus vite que celle du pétrole, plus de 2 % par an : 2010, 3 205 milliards de m3 par an, en 2015 3 3538 m3.
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Écologistes un jour, tripatouilleurs toujours

« J’ai décidé d’apporter mon soutien à la démarche, au projet et donc à la candidature d’Emmanuel Macron« , a annoncé Barbara Pompili mardi 21 mars sur franceinfo. La secrétaire d’État chargée des Relations internationales sur le climat et de la Biodiversité est la première membre du gouvernement à apporter ouvertement son soutien à l’ex-ministre de l’Économie. (RTL)
La Décroissance – N°118 avril 2015 – Vincent Cheynet
Rugy, député de Loire-Atlantique, quitte EELV en compagnie de Pompili, Lambert, Placé et quelques autres à l’été 2015. L’idée est simple : puisque Hollande coule, il ne dédaignera pas de telles rustines. Politicard électoraliste affiché, il déclare être là pour « séduire les électeurs« . Goullet de Rugy (son nom complet) a au moins un mérite : l’honnêteté quant à son ambition.  Il veut être ministre, le dit, et fera tout pour y arriver, « même contre l’avis du parti » (Le Figaro 18 mars 2015), parti auquel il doit pourtant tout Il crache donc sa bile contre les derniers vrais écologistes. Mais Rugy va plus loin encore. Il vomit publiquement les zadistes de Notre-Dame-des-Landes, milite pour la déchéance de nationalité, semble prêt à offrir son corps et son âme. Un tel larbin est-il nécessaire ? Hollande et Valls l’oublient au moment du remaniement.
Placé, infiniment plus retors, reçoit un secrétariat d’État. Il a exactement quatorze mois pour rendre plus simple le fonctionnement de l’État. Il doit en rire lui-même.
Pompili, bombardée secrétaire à la biodiversité, sans administration ni budget a quatorze mois pour faire reculer la crise d’extinction des espèces. C’est comme si c’était fait. 

Quarante ans après René Dumont, il y a donc un côté surréaliste à observer Rugy et son acolyte, l’ex-coprésidente du groupe EELV Barbara Pompili. Tous deux ressemblent à s’y méprendre à un couple de présentateurs de BFM business ou d’une chaîne d’info en continu. Ils n’ont d’ailleurs rien à craindre de ces journalistes dont ils sont les clones et qui dégoulinent de bonheur devant eux. Voici comment, l’espace de quatre décennies, le meilleur, l’écologie politique, a pu accoucher du pire : Europe Écologie Les Verts. Comment le projet de société le plus subversif arrivé sur la scène politique ces quarante dernières années a pu se transformer en plus parfaite entreprise de gardiennage de l’européisme béat libétal-libertaire. Une nouvelle illustration que le système rattrape, digère tout, et surtout absorbe en priorité ses éléments les plus dissidents pour les transformer en ses figures de proue.

Barbara Pompili et François De Rugy

Paris 20/12/12 Barbara POMPILI et François DE RUGY, co-présidents du groupe écologiste, à  l’Assemblée Nationale.
Vraiment, François de Rugy et Barbara Pompili, sont quasiment parfaits. Il est impossible de leur répondre tant ils ne sont que dans la posture. Au moins, une Dominique Voynet ou un Noël Mamère avaient encore un côté humain à travers leurs défauts affichés : la première avec son côté soupe-au-lait et le second avec sa faconde de vieux pirate politicard.
Et si ces personnages au profil d’androïdes étaient déjà des robots ? Un doute m’assaille. Les ordinateurs qui dictent leurs ordres à la Bourse ont-ils, comme dans le film Terminator, déjà créé des cyborgs évoluant parmi nous pour établir la tyrannie des machines ? Ne nourrissons pas la théorie du complot, mais quand même…
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Répondre au repli américain et remettre à l’ordre du jour la défense du commerce mondial

Editorial. Au moment où Trump se désolidarise de l’ordre mondial d’après-guerre, l’Allemagne doit s’attaquer à ses déséquilibres macroéconomiques.
Le Monde | 20.03.2017 à 11h30
Editorial du « Monde ». La question est posée timidement par Angela Merkel : « Voulez-vous une poignée de main ? » Donald Trump ne pipe mot, regarde devant lui, il n’y aura pas de poignée de main avec la chancelière allemande dans le bureau Ovale.

La rencontre, vendredi 17 mars, entre la représentante de l’Europe et le président américain a été glaciale. Désaccord sur la relance des négociations commerciales transatlantiques, critique de l’accueil des réfugiés par l’Allemagne. Pis, à l’issue de la rencontre, Donald Trump a envoyé un message sur Twitter pour humilier davantage la chancelière, l’accusant de devoir d’« énormes sommes » à l’OTAN et aux Etats-Unis pour la protection militaire de l’Allemagne. Ce clash germano-américain était déjà explicite dans un entretien accordé par M. Trump à la BildZeitung en janvier.
Lire aussi :   Première rencontre sans chaleur entre Trump et Merkel
Il est la quintessence du conflit qui oppose désormais l’Amérique au reste du monde. Cet affrontement a été officiellement confirmé le lendemain dans les conclusions du G20, qui rassemblait les ministres des finances des principales puissances de la planète, à Baden-Baden, en Allemagne. Le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a refusé que toute référence soit faite à la lutte contre le réchauffement climatique. Surtout, il s’est opposé à ce que soit mentionné, comme c’est systématiquement le cas depuis 2005, l’engagement solennel des pays du G20 à « lutter contre toutes les formes de protectionnisme ». Les ministres se sont simplement engagés à « travailler pour augmenter la contribution du commerce à nos économies ».
Rupture majeure
Certes, les Etats-Unis n’ont pas obtenu que soit fait mention du « commerce équitable », qui aurait ouvert la voie à toute mesure unilatérale. Il n’empêche, ce G20 représente une rupture majeure. Le commerce n’est plus un pilier de l’ordre mondial et de la prospérité, mais un simple outil d’aide aux économies intérieures, susceptible de satisfaire le slogan « America First ».
Comme annoncé dans sa campagne, M. Trump se désolidarise de l’ordre mondial de l’après-guerre. Depuis la crise financière de 2008, le G20 est parvenu à un succès peu visible mais majeur : éviter les cavaliers seuls qui aggraveraient la crise. A la différence de ce qui s’était passé dans la foulée du krach de 1929, les puissances de la planète ne se sont pas lancées dans une course au protectionnisme assortie d’une guerre des monnaies et de dévaluations compétitives. Cette discipline salutaire est aujourd’hui remise en cause.
Lire aussi :   Au G20, pas de consensus sur le libre-échange
Pour mieux contrer Trump, il convient de reconnaître un point : l’excédent extérieur allemand – mais aussi japonais et chinois – est excessif : 270 milliards d’euros, soit 8,5 % de son produit intérieur brut. Les Allemands sont sourds à ce reproche depuis des années. Leur surplus a été accentué par la politique de la Banque centrale européenne (BCE) qui, visant à relancer l’économie européenne, a fait baisser l’euro. Le soutien à la croissance demeure la priorité, y compris pour les Américains. La question reviendra à l’ordre du jour lors du G20 qui réunira les chefs d’Etat et de gouvernement, début juillet à Hambourg.
Les Allemands doivent s’attaquer avec sérieux à leurs déséquilibres macroéconomiques – en augmentant leurs salaires et réinvestissant leurs excédents chez leurs partenaires, ce qui est, reconnaissons-le, délicat à entreprendre. Mais c’est décisif pour contrer, avec les Européens, le tropisme isolationniste de l’Amérique et remettre à l’ordre du jour la défense du commerce mondial.
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Les petits potins du Canard : Fillon / J-M Le Pen

 
 Le Canard enchaîné 15 mars 2017
François Fillon tient à le rappeler ( Les échos 12/03) : «  Je suis le seul à incarner une vraie rupture ». Morale cela va sans dire
Déclaration du même Fillon ( Les échos 12/03) : « Mes faits et gestes sont scrutés tous les jours dans l’intention évidente de me nuire pour m’écarter de la course à la présidentielle » Ses faits et gestes semblent très bien lui nuire tout seuls.
Ce tweet (13/03) de Fillon encore : « La première chose que de Gaulle a faite en 1958, c’est réduire les dépenses publiques. » De Gaulle c’est bien celui que l’on n’imaginait pas mis en examen ?
Du même Fillon, enfin, à propos de l’affaire des costumes ( Europe 1 le 13/03) : « Il y a un grand nombre de responsables politiques auxquels vous pourriez vous intéresser. Demandez-leurle prix de leurs costumes, où ils s’habillent ! » Des noms ! Des noms !

Au parrainage de sa fille Marine, Jean-Marie Le Pen apporte cette justification (Le Parisien 11/03 ) : « (Nos) relations sont glaciales, (mais) elle est la candidate nationale. Je la trouve proche des positions que je défends depuis quarante ans. » Le baiser qui tue !
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neuf-quinze – Débat TF 1

neuf-quinze@arretsurimages.eu 21/03/2017
La bande des Cinq, et les gazelles de TF1
09h15 Des pudeurs de gazelles, dit tout d’un coup Mélenchon. Et cela résume ces trois longues heures d’évitement, où chacun des Cinq aura couru dans son couloir. Surtout ne pas se frotter aux autres davantage que nécessaire pour faire croire à un match.
Vous avez dit Penelope ? Vous avez dit Arnys (1) ? Vous avez dit Bourgi ? Vous avez dit Françafrique ? Vous avez dit la main dans le pot de confiture ? Vous avez dit termites dans le manoir de famille (2)? Vous avez dit néo-nazis dans l’entourage (3)? Aucun de ces gros mots n’a été prononcé. Tout juste Hamon a-t-il réussi à placer une attaque en biais contre les donateurs anonymes de Macron (4), avant d’être vite renvoyé dans ses cordes. Pour le reste, rien. Pas le moindre tintement de casserole, ce silence renforçant la terrible impression qu « ‘ils » se tiennent tous par le manche de la casserole. Constituante, perturbateurs endocriniens : même nos refrains favoris commencent à faire rengaine.
Avec le recul, l’élimination du débat, par TF1, des six autres « petits » candidats en prenait une couleur étrange. Des fois qu’un de ces malappris se serait permis une entorse aux usages, et ait réussi à attraper un mollet, pour ne plus le lâcher. Bien entendu, comme dit TF1, débattre à onze n’est pas facile. Mais pas davantage à cinq. D’ailleurs, pourquoi la chaîne Bouygues se soucierait-elle d’argumenter ? Le groupe s’est offert un mercenaire de choc, en la personne de Yann Barthès, qui avait consacré toute son avant-soirée, sur la chaîne satellite TMC, à manger des yeux (5) les deux gazelles de la maison-mère, la gazelle Bouleau et la gazelle Coudray, et à ridiculiser consciencieusement Dupont-Aignan (6), coupable d’avoir protesté, l’avant-veille, contre son exclusion par TF1. Parvenir à nous faire compatir avec Dupont-Aignan il faut le faire.
Toute son avant-soirée ? Pas toute. Disons la moitié de son émission, l’autre moitié étant consacrée à débusquer le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, dont la journaliste Valentine Oberti a exhumé les 24 CDD d’assistants parlementaires signés à ses deux filles, entre 2009 et 2016. L’ainée a signé son premier contrat à 15 ans, la seconde à 16 ans. Après la fille Fillon, donc, les gamines Le Roux. Quels surdoués, ces rejetons de parlementaires. Si je résume : Barthès sort un scoop, et dans la foulée cire les pompes des collègues qui vont ensuite consacrer toute leur soirée à étouffer les révélations du même ordre. S’il y a une cohérence, elle m’échappe. Mais qui perd encore son temps à chercher des cohérences ?
Et le débat donc ? Résume-nous le débat, matinaute ! Dis-nous, comme BFM, qui fut le plus convaincant ? Faut-il vraiment? Alors je laisse la parole à un fin observateur.

Bref, s’il faut vraiment, voilà. Chacun des Cinq aura fait entendre sa note personnelle, bien connue désormais, comme si chacun se contentait finalement, chacun pour ses raisons, du destin que lui assignent aujourd’hui les sondages : les éliminés perdre dans l’honneur, les finalistes finaliser consciencieusement, et l’ensemble se terminer conformément aux prophéties de Saint Ipsos et Sainte Ifop. Sauf que les prophètes ont la main qui tremble, ces temps-ci, et que la seule chose qui est certaine, c’est que rien n’est certain. Consolation : cette fois Le Pen est dans la bande comme les autres. La bande des quatre, que Le Pen père passa sa vie à déchiqueter, est devenue la bande des Cinq.

Prophétie de saint Ipsos, 8 et 9 mars 2002
(1) http://www.arretsurimages.net/articles/2017-03-13/Avant-le-JDD-quand-les-medias-adoraient-la-garde-robe-de-Fillon-id9656
(2) http://www.arretsurimages.net/chroniques/2017-03-15/Des-termites-dans-la-campagne-id9663
(3) http://www.arretsurimages.net/chroniques/2017-03-17/Le-Pen-ses-hommes-de-l-ombre-et-les-deux-mains-de-France-2-id9672
(4) http://www.arretsurimages.net/emissions/2017-03-17/Macron-ca-booste-les-ventes-id9673
(5) http://www.arretsurimages.net/chroniques/2017-03-20/Devillers-et-Coudray-inter-legitimation-corporatiste-id9680
(6) http://www.arretsurimages.net/articles/2017-03-20/Petits-candidats-contre-Grand-debat-Dupont-Aignan-quitte-le-20h-de-TF1-id9681
Daniel Schneidermann
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La corruption des politiques coûte 120 milliards d’euros à l’Europe.

Médiapart – Le blog de vilmauve –  08/03/2017 –
Nos si respectable hommes politiques coutent 120 milliards d’euros par an à l’Europe en magouille en tout genre.
Au classement des pays les plus corrompus, la France figure en bonne position, au 26e rang mondial (lire: le rapport anti-corruption de l’Union européenne). Un score inquiétant qui devrait alerter nos hommes et femmes politiques. Mais rien n’y fait, le silence complice des médias, la grande lessiveuse de respectabilité veille !
L’Indice de Perception de la Corruption (IPC) est un outil permettant de mesurer le degré de corruption dans le secteur public et la classe politique. Allant de 0 (pays considéré comme très corrompu) à 100 (pays perçu comme très sain), il permet d’établir un classement mondial de la perception de la corruption.
Corruption-europe Corruption-europe
Le rapport anti-corruption de l’Union européenne révèle quatre failles principales dans le dispositif anti-corruption français:
– L’absence de volonté politique dans la lutte contre la corruption internationale ;
– Une présence insidieuse de formes locales de corruption, spécialement dans les marchés publics ;
– L’encadrement défaillant en matière de financements des campagnes électorales ;
– L’absence d’indépendance des procureurs vis-à-vis du pouvoir politique.
On peut également constater que de nombreuses enquêtes sont enterrées avec le temps, faute de personnel etc.
Carte de France interactive sur la corruption en France, (Transparency International France)concentration très importante de la corruption en région Parisienne et Paca.
Carte de la corruption en France. Carte de la corruption en France.
Et c’est dans le domaine des marchés publics, à l’échelon national ou local – soit, au total, une activité qui pesait, en 2011, 369 milliards d’euros et 18,5 % du produit intérieur brut – que le phénomène serait le plus prégnant.
Bruxelles juge par ailleurs que le cumul des mandats est « l’un des facteurs les plus propices à la corruption » dans un pays où plus de sept parlementaires sur dix occupent au moins une autre fonction.

Albert Dupontel: les pourris d’or © memepamal1
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