Rouleau compresseur

La Nouvelle République 16/10/2017
« édito » – Qu’on soit d’accord ou pas avec la politique menée par Emmanuel Macron, on ne peut que reconnaître le talent du président de la République dans l’exercice de la conversation, de l’échange, du débat.
Les journalistes ont eu beau ferrailler avec le chef de l’État, ce dernier est à chaque fois retombé sur ses pattes, fort de détails et d’exemples. Sans doute bien préparés. Tel un rouleau compresseur, Emmanuel Macron déroule sa pensée. Il n’hésite pas. Il martèle. Il percute. Difficile de dire si les Français peuvent être convaincus par ce genre d’entretien et que ceux qui doutent de lui soient désormais rassurés. Car l’esprit brillant qui caractérise le chef de l’État lui permet aussi d’éluder certains sujets, de noyer l’interlocuteur sous de nombreux chiffres et faits implacables, voire de lui expliquer que, « non », c’est lui qui n’a pas compris. Ou que ses mots ont été sortis de leur contexte et qu’on en a tiré trop vite des conclusions.
Des Français ont cependant le droit d’avoir une crainte réelle et légitime quant au monde qu’Emmanuel Macron leur propose : ceux qui s’en sentent idéologiquement éloignés, ceux qui ont peur de ne pas y trouver leur place et ceux qui en sont déjà sortis lessivés.
Le chef de l’État a beau venir d’Amiens et des Hautes-Pyrénées, il va devoir encore batailler pour gommer la distance qui s’est installée en cinq mois. Même s’il juge, lui, qu’il a déjà réussi beaucoup de choses.

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Politique – Face à Macron, la droite est sur le chemin de l’opposition systématique

L’Opinion 16/10/2017 Ludovic Vigogne
Même si les sympathisants LR sont plus partagés, Laurent Wauquiez veut incarner une opposition sans concession
Laurent Wauquiez,candidat à la Présidence des Républicains, entouré de Philippe Juvin, Eric Ciotti et Virgine Calmels candidat a la Présidence des Républicains © Sipa Press
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Dix choses à jeter pour rester en bonne santé

Ouest-France – 15/10/2017 –
Bien ancrés dans votre quotidien, certains produits nuisent en réalité à votre santé. N’hésitez plus à les sortir de votre vie en ouvrant grand votre poubelle.
Les boîtes alimentaires en plastique
Jetez un œil dans votre tiroir où se trouvent toutes vos boîtes alimentaires en plastique. Regardez si le chiffre 7 ou les lettres « PC » sont inscrites dessus. Ces boîtes contiennent peut-être du bisphénol A. Aujourd’hui, les industriels ont retiré ce perturbateur endocrinien de la plupart des contenants en plastique, mais il y a de fortes chances que vos vieilles boîtes contiennent toujours du bisphénol A.
Les désodorisants
Certaines entreprises ont annoncé qu’elles allaient retirer progressivement les « phtalates » des désodorisants, un élément chimique servant à faire tenir l’odeur du parfum plus longtemps. Cependant, les désodorisants contiennent encore beaucoup d’agents chimiques pouvant avoir des effets nocifs sur la reproduction ou la croissance.
Les chaussures de sport usées
La plupart des chaussures de running devraient être remplacées tous les 500 à 600 km. Pour un sportif qui court près de 50 km par semaine, il faudrait changer ces chaussures tous les trois mois. En s’usant, elles perdent leur amorti, transmettent plus de tension aux muscles, os et tendons, pouvant ainsi provoquer des blessures.
Pour un sportif qui court près de 50 km par semaine, il faudrait changer ces chaussures tous les trois mois. (Photo : Pix1861 / Pixabay)
Le vieux mascara
Le maquillage liquide, dont le mascara, peut être un foyer pour les germes. Dans l’idéal, il faudrait jeter vos tubes de mascara trois mois après l’ouverture. À chaque fois que vous l’utilisez, vous étalez des germes sur vos cils. Donc pas question de prêter un mascara si vous voulez éviter un échange de bactéries.
Les étuis à lentilles sales
Utiliser un étui à lentilles sale est un facteur de risque pour attraper une infection des yeux. Ces étuis devraient être remplacés tous les trois mois, tout en n’oubliant pas le séchage, le nettoyage et l’utilisation d’un produit désinfectant pour cet étui.
Un vieux rouge à lèvres
Tout ce qui touche à votre bouche est au contact de bactéries. Plus elles restent longtemps dans un tube à lèvres, plus elles prolifèrent, cela accroît alors la probabilité d’une infection si vous avez une coupure au niveau de la lèvre. Les experts recommandent de jeter votre stick à lèvres six mois maximum après son ouverture.Les experts recommandent de jeter votre stick à lèvres six mois maximum après son ouverture.
(Photo : Kaboompics / Pixabay)
L’éponge à vaisselle
Des études montrent que les éponges sont les choses qui contiennent le plus de germes dans une maison. Certains spécialistes recommandent même de ne plus du tout les utiliser, de les remplacer par une lavette et d’en changer régulièrement.
Les planches à découper en plastique
Trancher des aliments sur une planche à découper en plastique abîme la surface et des bactéries peuvent s’insérer dans les rainures. Il est préférable d’opter pour des planches en bois puisqu’elles contiennent des résines naturellement antimicrobiennes.
De la crème solaire usagée
En ce qui concerne la crème solaire, la date limite d’utilisation n’est pas à prendre à la légère. Avec le temps, les agents synthétiques bloquant les rayons UV deviennent inefficaces. Pas la peine donc de vous badigeonner à fond, cela ne vous protégera pas plus.En ce qui concerne la crème solaire, la date limite d’utilisation n’est pas à prendre à la légère.
(Photo : Dimitri Svetsikas / Pixabay)
Votre chaise
Des études montrent que les gens restent assis en moyenne plus de sept heures par jour, parfois beaucoup plus pour certaines personnes. Une position assise prolongée a des conséquences sur votre métabolisme, peut générer de l’obésité, de l’hypertension et même des cancers. Changer pour un bureau en position debout serait un excellent moyen de combattre ces problèmes.
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Espagne – Catalogne, du rêve à la réalité

Ouest-France 14/10/2017

Editorial – Les événements de Catalogne manifestent la fragilité de nos démocraties. Depuis plusieurs jours, on assiste entre les partenaires à des allers-retours, des revirements, des esquives. L’attente est générale. Pourtant, un seul point est essentiel et mérite réflexion : qu’est-ce que la Démocratie ? Qu’est-ce qu’une Constitution que chacun proclame, sinon l’expression d’une solidarité ? C’est au niveau de cette solidarité que les choses se passent.
Les Catalans estiment qu’ils donnent trop à l’Espagne et ne reçoivent pas assez en retour. Alors ils veulent s’en aller, mais où ? Ils pensent qu’en se séparant de l’Espagne, tout irait mieux. Mais ils vont se retrouver isolés et probablement voir tomber leur PIB et leurs revenus. Déjà, les grandes banques s’en vont, emmenant avec elles nombre de leurs employés. De grands groupes industriels sont prêts à partir.
L’indépendance de la région serait-elle viable ? Il lui faudrait, selon les experts, une vingtaine d’années pour retrouver son niveau économique d’aujourd’hui. La Catalogne devrait assurer, de plus, sa part de la dette espagnole. «L’Espagne nous vole!», disent des Catalans. Mais, à y regarder de plus près, les échanges sont compensés. Le vieux slogan a échoué en France comme dans beaucoup de pays d’Europe.
La solidarité n’est pas à sens unique
La Catalogne indépendante sortirait automatiquement de l’Europe et probablement que l’Europe comme les autres pays ne feraient rien pour qu’elle y revienne. Les échanges seraient entravés par la constitution de frontières et les petites entreprises subiraient de grosses pertes pendant des années. Voilà pourquoi après l’enthousiasme, on en revient aux réalités. Du coup, les indépendantistes sont refroidis et hésitent.
En effet, la solidarité n’est pas à sens unique, cela suppose un enrichissement pour chacun des partenaires. La Constitution n’est pas un carcan rigide. D’une part, elle donne vie à des relations qui se complètent ; d’autre part, elle donne consistance à un pays. Briser tout cela du jour au lendemain, au nom d’un rêve, nuit à la solidarité et ne tient pas longtemps en face de la réalité. On se retrouve alors face au vide. Telle est aujourd’hui la réalité pure et dure.
Aussi, du côté du pouvoir, on a tort de brandir la rigueur de la loi sans expliquer ce qu’elle représente. Et, du côté des indépendantistes, de s’enfermer dans l’idée d’une souveraineté qui ferait reculer la solidarité et qui, au final, si elle était proclamée, fragiliserait la région et le pays tout entier
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L’argent fait-il le bonheur des pauvres ?

Ouest-France – 12/10/2017 – Michel Renault – enseignant chercheur –
L'argent fait-il le bonheur des pauvres ?Largent fait-il le bonheur des pauvres ? | Marc Ollivier – Ouest France
La mise en parallèle de la baisse des aides personnalisées au logement (APL), de la fin des contrats aidés, des rationnements budgétaires touchant les services publics et de la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF) exonérant les yachts et les chevaux de courses a eu un effet désastreux. Michel Sapin, ancien ministre de l’Économie, évoquait à ce propos la croyance – qui animerait le gouvernement – en un « effet de ruissellement » allant dans le sens de l’efficacité économique, sinon dans celui de la justice.
Cet effet de ruissellement est connu depuis la fable des Abeilles de 1714, et son message est simple : enrichir les plus riches finirait par faire le bonheur des pauvres, par « ruissellement » de la richesse. Pour faire court, les achats et les investissements des plus riches donneraient du travail, et donc du revenu, aux plus pauvres, du moins à terme. Une telle « théorie » ne possède aucun réel fondement théorique et apparaît largement contestée.
Dans une étude de 2015, le Fonds monétaire international (FMI) concluait que « la richesse ne ruisselle pas ». Et que la question essentielle était moins celle d’une trop forte taxation des plus riches que celle d’une croissance indécente des inégalités. Les chiffres montraient qu’accroître de 1 % la part de revenus des 20 % les plus riches tendait à faire décroître le PIB de 0,08 % ; alors qu’accroître de 1 % la part de revenus des 20 % les moins riches tendait à augmenter le PIB de 0,38 %.
Réduire les inégalités, un enjeu majeur
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), institution qui ne peut guère être soupçonnée d’être de gauche, concluait, dans une autre étude, que « moins d’inégalités bénéficie à tous ». Elle montrait que les inégalités avaient tendance désormais à s’accroître non seulement dans les périodes difficiles, comme la crise de 2008-2009, mais également au cours des « bonnes périodes ».
Pour l’OCDE, les inégalités sont désormais « incrustées » dans nos structures économiques. Renverser cette tendance est un enjeu majeur. Pour cela, l’organisation a suggéré de prêter une attention particulière à certains éléments structurels : la participation des femmes à l’activité économique, le développement de l’éducation et des qualifications, des réformes fiscales favorisant la redistribution…
Un autre point de l’étude mérite d’être souligné : sur la période récente, l’effet positif attendu d’une hausse de l’emploi sur les inégalités (via les revenus ainsi distribués) ne joue plus. La responsabilité en incombe au développement des « emplois non standards » (temps partiel, contrats « zéro heure »… par exemple) et à l’auto-entreprenariat.
Pour l’OCDE, la question de la « quantité » de travail ne peut donc plus être dissociée de la question de la « qualité » de ce travail. Sans alourdir la démonstration, on peut comprendre que les priorités politiques affichées et assumées clairement par le gouvernement, au nom de l’efficacité, peuvent être largement contestées au nom même de cette efficacité.
La question des inégalités apparaît laissée à l’espoir hypothétique qu’une politique de l’offre finirait, en favorisant les plus aisés, par faire le bonheur des pauvres. Des économistes comme Joseph Stiglitz, James Galbraith et Jean-Paul Fiitoussi avaient pourtant signé conjointement un appel évoquant le fait « que les niveaux d’inégalité actuels génèrent l’instabilité économique et affectent négativement nos sociétés ». Ils ont appelé les gouvernements européens à « réduire les inégalités avant que celles-ci ne détruisent le modèle social de nos sociétés ».
La théorie du ruissellement…
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Corée du Sud – Corée du Nord : À quoi ressemble la frontière des deux Corées

Ouest-France 10/102017 Par Clément Bolano

Depuis 70 ans, la zone démilitarisée marque la frontière entre la Corée du Sud et la Corée du Nord. Et pourtant, elle compte ironiquement des milliers de soldats et concentre bien des tensions.

Le mois prochain, Donald Trump entamera une tournée diplomatique en Asie, qui l’amènera à faire escale en Corée du Sud.
Les propos d’un officiel militaire sud-coréen, relayés par l’agence de presse nationale Yonhap, font l’écho d’une possible visite dans la zone démilitarisée (DMZ) à la frontière entre les deux Corées, près de la ville de « Panmunjeom et du poste d’observation Ouellette », où s’était déjà rendu le président Obama en 2012
Un défi pour assurer la sécurité du président américain qui menaçait quelques semaines plus tôt de « détruire totalement la Corée du Nord », si les États-Unis devaient se défendre. Si l’escalade de la provocation entre Washington et Pyongyang a repris de plus belle depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche, la DMZ n’a, elle, presque pas changé en l’espace de soixante-dix ans.
Une zone pas si démilitarisée
Le long du 38e parallèle, cette ligne de démarcation entre les zones soviétique (au nord) et américaine (au sud) a été tracée dès 1945, à la suite de la défaite du Japon impérial qui occupait la péninsule depuis 1910, soit cinq ans avant l’éclatement de la guerre de Corée.
La ligne de démarcation a été tracée dès 1945, à la suite de la défaite du Japon impérial qui occupait la péninsule depuis 1910. (Photo : Jung Yeon-Je / AFP)
Une fois l’armistice signé à Panmunjom en 1953, les combats cessent sur la péninsule coréenne. La zone démilitarisée est créée, faisant ainsi office de frontière entre la République de Corée, au sud, et la République populaire démocratique de Corée, au nord.
Bunkers, tours de contrôle, batteries de canon et clôtures électrifiées s’étendent sur 248 km de long sur 4 km de large. C’est une gigantesque ligne défensive « rendant quasiment impossible toute invasion des deux côtés », explique Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et spécialiste des Corées.
L’armistice est certes signé, empêchant tout combat, mais les deux pays sont officiellement toujours en état de guerre. « La DMZ gèle le statu quo. Tant qu’il n’y a pas de traité de paix, il n’y a pas d’intérêt à la supprimer », poursuit-il. Pourtant, depuis 1974, les Sud-Coréens ont découvert quatre tunnels d’infiltration creusés par le régime communiste, qui pourraient servir à envoyer des soldats vers le sud en cas de réembrasement immédiat.

La zone n’est pas vraiment démilitarisée. Elle est surveillée par des soldats en permanence. (Photo : Jung Yeon-Je / POOL / AFP)
Eh oui, cette zone « démilitarisée » ne l’est en réalité pas du tout. Elle est surveillée en permanence par quelque 700 000 soldats nord-coréens et 410 000 soldats sud-coréens, épaulés par les soldats américains. Tout le long de cette frontière hermétique, on estime le nombre de mines à 1 million.
La zone commune de sécurité
Au milieu de la partie occidentale de la frontière, une centaine de kilomètres au nord de Séoul, la Joint Security Area (JSA), « zone commune de sécurité », est le seul endroit où l’armée nord-coréenne et les forces américano-sud-coréennes se font face directement.
« Quand il y a des négociations, c’est la zone de contact entre les deux Corées », explique Antoine Bondaz. C’est aussi là que siège la Military armistice commission (Commission militaire d’armistice) chargée de faire appliquer l’accord de cessez-le-feu depuis sa signature.
Le site, sous contrôle de l’ONU, est surveillé jour et nuit par plusieurs centaines de soldats des deux côtés. Plusieurs baraquements ont été construits, marquant la frontière physique entre les deux nations. Ces bâtiments bleu ciel sont devenus des lieux de négociations entre les Nord-Coréens d’une part, et les Sud-Coréens ou les Nations unies, d’autre part. « À l’intérieur, il y a simplement une table et des chaises. Rien d’autre. À côté, chaque pays à son bâtiment. Au sud, la Maison de la Liberté, au nord, la Maison de la Paix », raconte le spécialiste de la péninsule coréenne.
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Environnement – Larguer son frigo, le nouveau geste écolo

Le Temps 06/10/2017 Julie Rambal

Le frigo, nouveau bouc émissaire de la croissance folle? Certains l’accusent aujourd’hui d’avoir précipité un mode de consommation qui bousille la planète. Et le larguent comme un vieil ex toxique. Etait-ce vraiment mieux avant?
Son mari raffole des bières fraîches. Pourtant, Marie Cochard, journaliste et mère de deux enfants de 4 et 7 ans, a réussi à le convaincre d’éradiquer le réfrigérateur de leur existence. Elle publie aujourd’hui un livre tiré de cette expérience: Notre aventure sans frigo ou presque (Ed. Eyrolles), dans lequel elle dispense recettes et conseils pour ceux qui, comme elle, sont convaincus que l’arrivée du frigo dans les foyers a accéléré le règne des hypermarchés, de la malbouffe et du faramineux gaspillage alimentaire (rien qu’en Suisse, 2,3 millions de tonnes de nourriture sont jetées à la poubelle chaque année).
«Le frigo nous rend passifs. Les produits qui hibernent en son sein s’avalent plus qu’ils ne se mâchent. Nos goûts s’appauvrissent, se polissent, se standardisent, au point que nous en oublions l’essentiel: le plaisir de faire et de manger», dénonce-t-elle en préambule dans l’ouvrage, consciente de s’attaquer au «ventre de la maison», un «totem» sur lequel on va jusqu’à aimanter les plus jolies photos des enfants.
Couper le cordon
L’objet est même devenu symbole de réussite sociale avec la mode des cuisines ouvertes, qui permet d’exhiber son pantagruélique frigo double porte et distributeur de glace pilée ou, mieux, son Smeg dessiné par Dolce & Gabbana à 43 000 francs… Marie Cochard écrit qu’elle sait s’attaquer à un objet transitionnel important de la modernité, mais prétend qu’il est temps de «couper le cordon» pour le bien-être de l’environnement.
«Aujourd’hui, le frigo est un placard dans lequel on entrepose des produits industriels que l’on jette au fur et à mesure parce qu’on a oublié qu’ils étaient là, nous confie cette adepte de la sobriété heureuse. Cela fait sept ans que je privilégie les circuits courts, le marché, la cueillette et les produits frais, or la plupart de ces produits n’ont pas besoin de conservation au froid. Sans frigidaire, j’ai vraiment gagné en saveurs et en qualité de vie.»
En 2009, la designeuse coréenne Jihyun Ryou dénonçait déjà l’impact du frigo sur le gaspillage alimentaire, au travers de son projet «Save Food from the Fridge» (voir son «talk» ci-dessous), et la création de meubles d’entreposage minimalistes inspirés des modes de conservation d’antan. Parmi ses créations, des étagères pourvues d’un fond en sable permettant de garder ses carottes longtemps, ou dotées d’un double étage percé pour pouvoir y placer pommes et pommes de terre à proximité, le gaz émis par les premières empêchant les secondes de germer.
Les trucs des «no-frigo»
Sur les forums et les réseaux sociaux, les anti-frigo forment une petite communauté de plus en plus importante, échangeant conseils et encouragements pour s’alimenter sans passer par la case frais, même par 35 °C dehors… Marie Cochard affirme qu’elle est résolue à se passer définitivement de ce qu’elle nomme avec mépris «l’armoire à glace», même si ce choix lui impose une alimentation tatillonne, par mesure d’hygiène: «La viande ou la mozzarella di bufala doivent être mangées le jour de l’achat, et l’on ne va pas garder un pot de rillettes ouvert, ou des restes à réchauffer. On mange surtout des fruits et des légumes, et on a remplacé les produits laitiers par des laits végétaux. Comme on ne peut garder aucun reste, je cuisine des petites quantités», explique-t-elle.
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Enquête – Monsanto, les dérives d’un géant

Le Monde 14 octobre 2017

Le géant américain de l’agrochimie a cherché à influencer la marche de la science et à intervenir dans les décisions des agences réglementaires pour protéger son produit phare, le glyphosate.

L’examen, par nos journalistes, de milliers de documents confidentiels démontre l’existence d’une vaste opération de désinformation scientifique pour empêcher que le glyphosate, le pesticide le plus utilisé du monde, soit classé comme « cancérogène ».

C’est ce qu’a révélé notre enquête, réalisée à partir de documents internes  de la firme :

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#dessin / La France et sa passion pour les nouvelles lois

L’Opinion 13 Octobre 2017

 

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Dernier tabou

L’Opinion 12/10/ 2017
Le billet de Michel Schifres
Chaque jour, en 780 signes, un regard décalé, piquant et ironique sur l’actualité 
La dernière grande polémique du temps vient des Etats-Unis. Elle met aux prises le Président et son chef de la diplomatie américaine. Celui-ci aurait traité le premier de « débile ». Vrai ou pas, le qualificatif a fait bondir Donald. Qui a riposté en proposant de comparer leur QI, ajoutant sans complexe : « Et je peux vous dire qui va gagner ». Cette rivalité sur le thème « qui a le plus gros ? » est rafraîchissante : elle rappelle les concours de mensuration que tant de gamins ont pratiqués à l’école. Mais après tout, pourquoi pas ? Aujourd’hui on sait tout des chefs d’Etat, y compris de leur argent et de leur vie privée. Seul le QI est tabou, pas question de le découvrir. Cette pudeur est compréhensible. Et si l’on apprenait qu’on peut arriver au sommet en étant bête ?
Michel Schifres mschifres@lopinion.fr
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Serguei – Il était une fois … Trump

Le Monde 15 octobre

 

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Pôle emploi : la grande lessive à chômeurs

Siné Mensuel – octobre 2017 – Léa Gasquet – extraits –
Pour rester zen quand on est chômeur, travailleur précaire ou intermittent et qu’on a affaire à Pôle Emploi, il faudrait être le Dalaï-lama !
Chômeurs à temps partiel, privé de travail à temps complet, intérimaires, intermittents, licenciés économiques, demandeurs d’emploi ou DE, selon l’abréviation consacrée pour éviter toute perte de temps superflue à nommer les 6 millions de personnes en France qui entretiennent des relations plus ou moins durable avec Pôle Emploi. L’équivalent des habitants des Hauts-de-France.
Il suffit d’évoquer le nom du mastodonte pour susciter une avalanche de témoignages. Le moindre papier « qui manque », la moindre « situation complexe », même si répandue comme le temps partiel, peut provoquer des situations dramatiques. L’administration et ses agents, c’est le moins qu’on en puisse dire, ont bien du mal à répondre. Manque d’effectifs, manque d’attention, volonté politique ?
« Avant, quand je voyais des reportages à la télé sur les chômeurs je me disais qu’ils ne faisaient pas trop d’efforts tous ces gens », admet Zahia, 61 ans, repasseuse. « Quand je suis allée pour la première fois à Pôle Emploi, j’ai compris. On nous traite comme des moins que rien ». Il y a ceux dont le dossier s’est volatilisé, ceux qui ont reçu une lettre de convocation trois jours trop tard, ceux qui ont perdu leur sang-froid dans les méandres de la boîte vocale du 3949. les offres bidons, les conseillers largués, les formulaires standardisés dans lesquels on se glisse au chausse-pied pour éviter le catapultage hors système.
Incasables
Les salariés précaires qui enchaînent des contrats courts, ceux qui travaillent simultanément pour plusieurs employeurs, font pariculièrement les frais du casse-tête administratif. Refus d’indemnisation, erreurs de calcul et allocations indues sont les principaux motifs de réclamation auprès du médiateur de Pôle emploi qui en a reçu plus de 31 000 l’an passé. Un chiffre en augmentation de 6 %. Dans son dernier rapport, il souligne le cas des assistances maternelles pour qui les « trop-perçus » sont un problème récurrent ». Ces dernières ont souvent plusieurs employeurs en même temps, elles peuvent perdre un contrat tout en conservant la garde d’un autre enfant d’une même fratrie. Toutes ces particularités affolent les logiciels de Pôle emploi et déclenchent des trop-perçus.
« Les assistantes maternelles sont les plus touchées, mais ça augmente dans tous les secteurs« , soutient Pierre Adou (CGT) qui siège à la commission paritaire depuis 3 ans. Cette commission qui réunit des représentants de Pôle emploi, des syndicats et du patronat traite plus d’une centaine de dossiers par semaine. Pierre Adou pointe la dégradation de la formation des techniciens Pôle emploi depuis la fusion des Assedic et de l’ANPE et l’informatisation progressive de la gestion des dossiers sous-traitée par des boîtes privées : « Avant, des humains pouvaient rectifier des erreurs, faire du cas par cas. L’automatisation ne le permet plus. » En imposant à Pôle emploi des économies de personnel, l’État fait un mauvais calcul, car les allocataires sont souvent dans l’incapacité de rembourser les trop-perçus. A moins que l’équation ne repose sur le découragement des usagers suggère Isabelle Lavorelle : « C’est tellement compliqué que que beaucoup d’assistantes maternelles renoncent à faire valoir leurs droits. »
Fraudeurs dans un rapport paru en septembre, le Défenseur des droits abonde dans le sens d’un matraquage des allocataires : « Les larges pouvoirs accordés aux organismes chargés d’une mission de protection sociale […] ont entraîné des dérives dans les procédures de contrôle et de sanction de la fraude.  Leurs effets peuvent être dramatique et sont susceptibles de porter atteinte au principe d’égalité devant les services publics ou encore au principe du contradictoire. »Une comparaison est mise en avant : la fraude fiscale a représenté 21 milliards l’an passé. La fraude aux prestations sociales, 680 millions, 111 millions pour Pôle emploi ! Pourtant, les services de l’État semblent déployer davantage d’énergie à traquer les plus pauvres. Le nombre d’agents dédiés au contrôle a augmenté, au détriment des conseillers.
Christophe, un intermittent du spectacle, malmené et écœuré par le système, anéanti par deux années de bataille administrative est tombé en dépression puis s’est résigné. « Je suis devenu auto-entrepreneur. Je gagne 500 balles par mois mais je n’ai plus de comptes à rendre« . Et un chômeur de moins, un !
Le Médiateur
Avec ses 19 référents régionaux, le médiateur évalue les contentieux des usagers qui ont déjà épuisé les recours possibles auprès de la direction de leur agence et des commissions paritaires, et formule des recommandations. Ses préconisations doivent inspirer de nouveaux règlements plus adaptés à la réalité du monde du travail. son rôle, présenté comme une avancée majeure au moment de sa création en 2009,reste limité. Le premier médiateur, Benoît Genuini, avait d’ailleurs démissionné en 2010, estimant d’avoir « ni les moyens ni le soutien nécessaire pour continuer à faire son travail » après la publication d’un rapport pointant de sérieux dysfonctionnements.
Toutes les adresses pour contacter les médiateurs sont sur le site de Pôle emploi, rubrique « Réclamations« 
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Russie – La stratégie du Kremlin pour faire taire Navalny

Vladimir Poutine entretient un faux suspens sur sa candidature à sa propre succession et met sous pression, en l’ignorant, l’opposant Alexeï Navalny.
Le Monde 10/10/2017 Par Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante)
Présidentielle en Russie : le face-à-face dont ne veut pas le Kremlin
Le face-à-face pour la prochaine élection présidentielle russe, prévue en mars  2018, n’aura sans doute pas lieu, mais Alexeï Navalny, 41 ans, tente avec obstination de l’imposer dans le paysage. L’opposant en a de nouveau fait la démonstration en appelant ses partisans à  manifester dans 80 villes, samedi 7  octobre, date symbolique du 65e anniversaire de Vladimir Poutine.

Alexei Navalny lors d’un meeting de mobilisation pour sa candidature aux élections présidentielles, à Orenburg (Oural) le 3 septembre. EVGENY FELDMAN/ AP
Le face-à-face pour la prochaine élection présidentielle russe, prévue en mars 2018, n’aura sans doute pas lieu, mais Alexeï Navalny, 41 ans, tente avec obstination de l’imposer dans le paysage. L’opposant en a de nouveau fait la démonstration en appelant ses partisans à manifester dans 80 villes, samedi 7 octobre, date symbolique du 65e anniversaire de Vladimir Poutine.

Ce jour-là, le chef du Kremlin ne s’est pas montré en train de jouer au hockey comme cela lui arrive parfois. Il a présidé une réunion du Conseil national de sécurité. L’ordre contre le désordre, les affaires de l’Etat contre la rue.
Le 4 octobre, le président et l’opposant s’étaient chacun exprimés à leur façon sur l’échéance électorale de 2018. Depuis sa cellule, où il purge une peine de vingt jours de détention pour appel à des rassemblements illicites, Alexeï Navalny avait donné ses consignes, dictées à son équipe par téléphone et diffusées sur les réseaux sociaux.
« Sortez le 7 octobre (…). Dites autour de vous que Poutine doit prendre sa retraite, exigez la concurrence » pour l’élection présidentielle. Interpellé le même jour sur sa candidature à sa propre succession, le chef de l’Etat, au pouvoir depuis 2000, a préféré entretenir un suspens auquel personne ne croit en Russie. « Je n’ai pas décidé du tout si j’allais me présenter », a-t-il répondu en marge d’un forum consacré à l’énergie.
La loi électorale le lui permet. Les candidats ont jusqu’au début du mois de décembre pour se déclarer. Entre-temps, la stratégie du Kremlin passe par l’épuisement et le déni de légitimité de son adversaire, le seul à s’opposer ouvertement. Depuis qu’il s’est déclaré candidat en décembre 2016, Alexeï Navalny, pourfendeur de la corruption de l’élite au pouvoir, aura passé soixante jours au total en détention pour appel à des rassemblements illicites, sans que, jamais, Vladimir Poutine prononce son nom.
Ses demandes auprès des municipalités…
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#dessin / Alimentation-Agriculture : Macron veut changer la donne

L’Opinion 12 Octobre 2017

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#Palestiniens – Le Hamas et le Fatah annoncent un accord au Caire

Le Monde 13/10/2017
Le Hamas et le Fatah ont effectué un nouveau pas sur la voie de la réconciliation.
Les factions palestiniennes rivales, réunies au Caire (Egypte), ont annoncé un accord d’étape, jeudi, dix jours après le retour dans la bande de Gaza du gouvernement dirigé par Rami Hamdallah. Le Hamas, qui contrôle le territoire sous blocus depuis 2007, a accepté de se retirer de la gestion des affaires publiques au nom de l’unité nationale.
L’Autorité palestinienne doit prendre entièrement en main le territoire d’ici le 1er décembre. Une nouvelle réunion est prévue le 21 novembre entre les parties. Personne ne voulait prendre le risque d’un nouvel échec, sous la pression insistante de l’Egypte et le consentement tacite d’Israël et des Etats-Unis. Mahmoud Abbas pourrait effectuer dans les prochaines semaines sa première visite dans la bande de Gaza depuis dix ans.

 Les habitants de la bande de Gaza célèbrent l’accord entre le Hamas et le Fatah, jeudi 12 octobre. MAHMUD HAMS / AFP
Plusieurs comités techniques seront mis en place pour gérer les dossiers sensibles. Le premier est celui des employés du secteur public. En outre, une avancée a été obtenue au Caire au sujet des points d’entrée dans la bande de Gaza. Les membres de la garde présidentielle devraient y faire leur retour d’ici à la fin du mois d’octobre.
A Rafah, point de passage vers l’Egypte, la mission d’assistance frontalière de l’Union européenne (Eubam) pourrait servir de surveillant impartial. Quant à la sécurité à l’intérieur du territoire, il est question d’une fusion entre les différents corps, sous l’autorité du gouvernement. Le Hamas paraît cette fois fortement engagé sur la voie de la réconciliation. Sa priorité est de réintégrer l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Il espère la tenue d’élections générales dans l’année qui vient. Le chef du bureau politique, Ismaël Haniyeh, a assuré : « Le schisme est derrière nous, et nous avons décidé de payer n’importe quel prix pour que la réconciliation marche. »
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