Europe : la mémoire courte italienne

Accueil des migrants
Ouest-France 19/09/2018 Dominique Moïsi, Conseiller spécial de l’Institut Montaigne.

©FLORIAN WIESER/EPA/MAXPPP –

Le ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini, le 14 septembre 2018 à Vienne en Autriche.
En juin 2017 – un mois à peine après l’élection présidentielle française -, des amis italiens demandaient, avec un mélange de soulagement et d’envie, où ils pouvaient trouver un « Macron » dans leur pays.
L’histoire va si vite… En cette mi-septembre 2018, selon les derniers sondages, la coalition en place en Italie a une popularité de 61 %, le double de celle d’Emmanuel Macron en France. Certes, Salvini et ses alliés ne sont au pouvoir que depuis quelques mois, une période trop courte pour que l’érosion inévitable de leur popularité n’ait déjà produit ses effets. Pourtant, la popularité des « populistes » est bien réelle. Les démocrates libéraux doivent en prendre pleinement conscience, à sept mois des élections européennes.
Cette réalité, je l’ai touchée du doigt il y a quelques jours, à l’occasion d’une conférence dans le sud de l’Italie, dans la région des Pouilles. Depuis quatorze ans, la petite ville de Conversano, à une trentaine de kilomètres de Bari, organise un festival culturel qui se concluait, cette année, par l’intervention de l’archevêque Bruno Forte, philosophe et théologien de renom, membre du conseil pontifical à la culture.
Ses propos emplis d’humanité dénonçaient « la scandaleuse désunion de l’Union européenne » face à la question des migrants. Il en appelait au devoir moral des chrétiens face au sort des plus faibles et des plus démunis. Il évoquait aussi l’histoire et la démographie. En accueillant par millions les réfugiés italiens, les États-Unis n’avaient-ils pas, il y a un peu plus d’un siècle, contribué à la croissance de leur jeune puissance ?
Aujourd’hui, l’Italie est un pays vieillissant qui, plus encore que d’autres pays européens, a besoin de l’apport d’énergies nouvelles. Les migrants sont là pour la fournir. Les mots de l’archevêque reprenant les appels réitérés du pape François étaient prononcés avec force et conviction. Ils sonnaient juste. Mais ils semblaient tomber dans le vide.
Des élections difficiles
Au fil des minutes, la place de Conversano où se déroulait cette conférence s’est vidée lentement. Les Italiens présents votaient avec leurs pieds. Ils se retiraient et à la fin, ce sont des applaudissements polis mais très réservés qui ont salué les propos « pro-migrants et proeuropéens » de l’archevêque. Il n’a pas convaincu ses auditeurs.
Nous n’étions pas en Hongrie, terre de Viktor Orban, mais en Italie, le pays d’Alcide de Gasperi, l’un des pères fondateurs du projet européen. Un des pays qui a le plus cru en l’Europe, qui a le plus bénéficié aussi des fonds de développement européen. Presque à chaque coin de rue, une plaque discrète aux couleurs bleu et or de l’Union rappelle que tel projet urbain, telle structure culturelle n’auraient pu être réalisés sans l’aide de l’Union.
Les peuples, dira-t-on, ont la mémoire courte, la reconnaissance toujours plus discrète. Mais ce serait oublier l’essentiel. La façon de donner est aussi importante que l’aide elle-même. Dans sa froideur impersonnelle, en dépit de sa générosité éclairée, l’Europe a aliéné ceux et celles qu’elle aidait. En Italie, dans sa vulgarité habile, son sens du marketing à la Donald Trump, Salvini, le tout-puissant ministre de l’Intérieur, n’évoque pas seulement Berlusconi, mais Mussolini lui-même.
La question des migrants a été un révélateur et un accélérateur de la montée d’une colère et d’une peur que les élites bruxelloises n’ont perçu que bien trop lentement et tardivement. Les élections européennes de mai 2019 seront difficiles.
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#dessin – Perfusion

 Quand les dessins de Kak épousent l’actualité, pour le meilleur et pour le rire.
Réforme de la santé: réorganiser la médecine libérale pour désengorger les hôpitaux

L’Opinion 18/09/2018 Mireille Weinberg
Suppression du numerus clausus, développement d’hôpitaux de proximité, création d’« assistants médicaux », embauche de 400 généralistes salariés pour les déserts médicaux… Le plan santé de Macron vise large
Les faits
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Tous ensemble – Santé : Macron met fin à la guerre de religion

L’Opinion 18/09/2018 Olivier Auguste
L’édito  – Quel changement ! Pendant cinq ans, médecins libéraux et cliniques ont été tenus à l’écart par François Hollande et sa ministre de la Santé, Marisol Touraine. Honnis, au fond, pour une raison idéologico-puérile : «mélanger l’argent et la santé, c’est sale». Il n’y en avait que pour l’hôpital public, par essence aussi désintéressé et mu par le bien-être du patient que son voisin du privé était animé par la seule cupidité. Comme si l’on pouvait se passer de la moitié des soignants du pays… Mardi, Emmanuel Macron a témoigné aux uns et aux autres de sa «reconnaissance républicaine», mettant en avant leur dévouement à tous plutôt que de chercher à les opposer, et surtout affichant sa volonté de les faire travailler ensemble. Il parachève le travail d’Agnès Buzyn qui, bien qu’elle-même pur produit de l’hôpital, a renoué le dialogue avec les libéraux.
Quel changement ! Les médecins libéraux, de leur côté, à rebours de leur tradition d’indépendance voire d’individualisme, admettent enfin que vivre de l’argent public – via le remboursement de leurs patients par la Sécu – leur confère des responsabilités collectives. Qu’ils doivent s’organiser pour faciliter l’accès aux soins dans les zones «désertiques» ou en-dehors des horaires de bureau, pour suivre ensemble les malades chroniques.
Les conditions sont ainsi réunies pour entamer la mue d’un système de santé qui craque de partout. Il faudra néanmoins rester vigilant à ne pas dévier des objectifs. Financer des «assistants» pour redonner du temps aux médecins, aider les professionnels de santé à se coordonner, oui, parfait ; que cela se traduise par de la paperasse ou des schémas imposés par l’administration, non, par pitié. Favoriser l’exercice mixte ville-hôpital, très bien ; transformer les généralistes en fonctionnaires, très peu. Il ne s’agirait pas de transfuser le pire de l’hôpital – la bureaucratie – à la médecine libérale.
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Le regard de Plantu – Gérard Collomb

Le Monde 19 septembre 2018

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Astronomie – Pourquoi Pluton n’est plus une planète

LE MONDE | 10.07.2015
En août 2006, Pluton a perdu son statut de neuvième planète du Système solaire. A la suite d’un vote de l’Union astronomique internationale, elle s’est vue rétrogradée en planète naine. La raison principale de ce changement d’appellation provient d’une redéfinition de ce qu’est une planète.
Aujourd’hui, cette décision fait toujours polémique au sein de la communauté scientifique. Dans une étude américaine publiée dans la revue Icarus en août 2018, des chercheurs suggèrent de revoir la définition des planètes. Il faut rappeler au passage que Pluton est un symbole important aux Etats-Unis : c’est la seule planète découverte par un Américain.

 

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#dessin – Dysfonctionnements

 Quand les dessins de Kak épousent l’actualité, pour le meilleur et pour le rire.
L’affaire Benalla et le pouvoir selon Macron

L’Opinion 19/09/2018 Nathalie Segaunes
Alexandre Benalla est auditionné ce mercredi par la commission d’enquête du Sénat. Le scandale a révélé la conception que le Président se fait de sa fonction.
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En Vrac – Pyongyang, Somalie, BBC, Espagne

La diplomatie sud-coréenne à l’œuvre à Pyongyang. Trois mois après la spectaculaire rencontre entre les président américain et nord-coréen à Singapour, les négociations sur le nucléaire nord-coréen sont dans l’impasse. Cela n’empêche pas le dirigeant sud-coréen Moon Jae-in de croire encore aux chances de parvenir à un accord. Il rencontrera mardi son homologue nord-coréen Kim Jong-un à Pyongyang, où il se rend pour la troisième fois en quelques mois. M. Moon reste en effet convaincu que des liens de confiance doivent être tissés pour obtenir le démantèlement de l’arsenal nucléaire de son voisin, contrairement à l’administration Trump qui voit dans ce processus le préalable à toute avancée diplomatique. Aussi les deux Corées multiplient les petits pas : réunion de familles, échanges sportifs et culturels, forums commerciaux en prévision de la possible levée des sanctions économiques… Un bureau de liaison diplomatique a même été créé, une première depuis la fin de la guerre, en 1953. Une stratégie qui ne convient guère aux Etats-Unis mais dont Pyongyang pour l’heure entend profiter, rapporte le Washington Post.
Le calvaire de l’excision pour les jeunes Somaliennes. Deux sœurs sont mortes ces derniers jours des suites de l’excision et de l’infibulation pratiquées dans leur village. Ce drame, raconté par la radio américaine NPR met l’accent sur la Somalie où l’excision est légale et où 98 % des femmes entre 15 et 49 ans sont mutilées, ce qui en fait le pays le plus touché au monde, selon les Nations unies.
La BBC lance une émission faite de « sons méditatifs ». Cet automne, une des chaînes de la BBC va proposer à ses auditeurs une tranche de trente minutes, incluant des bruits de cloches, de bétails, de cris d’animaux au crépuscule… Parallèlement au rythme trépidant de l’actualité, les initiateurs de ce projet parient sur l’envie de « radio lente » et de pause méditative d’une partie de la population, raconte The Guardian. Vidéo
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Réchauffement climatique : l’Espagne va-t-elle perdre des touristes ? L’Espagne reste une des premières destinations touristiques dans le monde. Mais le nombre d’étrangers qui choisissent – majoritairement – le modèle « soleil et plage » dans la péninsule marque le pas. Selon le dernier chiffre de l’INE, l’Institut national des statistiques, sur la période de janvier à août, la baisse atteint 4,9 % par rapport à la même période en 2017. Les fortes chaleurs subies par l’Espagne en raison du bouleversement climatique seraient-elles en cause ? C’est ce que suppose le quotidien La Vanguardia. Lire la suite dans Réveil Courrier

Le Monde 18/09/208
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#dessin – Définition

 Quand les dessins de Kak épousent l’actualité, pour le meilleur et pour le rire.
De quoi le progressisme de Macron est-il le nom?

L’Opinion 17/09/2018 Nathalie Segaunes Ludovic Vigogne
A l’approche des européennes, Emmanuel Macron veut doter son camp d’un nouveau corpus idéologique, le progressisme, qu’il oppose au nationalisme. Dans une interview à l’Opinion, Marcel Gauchet juge ce concept « attrape-tout »
Les faits
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Santé – L’exécutif dévoile les grandes lignes de son plan

Le Monde 18/09/2018
Une batterie de 54 mesures, 400 millions d’euros supplémentaires en 2019, une loi santé annoncée pour le début de l’année prochaine…
Les grandes lignes de la « stratégie de transformation du système de santé », attendue depuis des mois par tous les acteurs du système de soins, ont été dévoilées lundi 17 septembre, à la veille de leur présentation officielle par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, et la ministre de la santé, Agnès Buzyn. Parmi elles figure la suppression, à la rentrée 2020, du numerus clausus, qui limite le nombre d’étudiants admis en deuxième année d’études de médecine, sages-femmes, dentaires ou de pharmacie.
La philosophie générale de ce plan est de renforcer l’offre de soins. Ces mesures – a priori plutôt consensuelles – seront-elles pour autant suffisantes pour répondre à toutes les impatiences et à toutes les colères d’un monde de la santé régulièrement jugé « à bout de souffle » ?

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Management – Vite, un DRH pour l’Education nationale !

L’Opinion 18/09/2018 Olivier Auguste
L’édito – Demandez à un maître d’école sur qui il peut compter, au sein de son administration, lorsqu’il est confronté à une situation difficile (élève en plein décrochage, petite bande perturbant les cours, parents menaçants…). La réponse est toujours la même : personne, à part lui-même. Le directeur d’école n’est pas son supérieur. C’est de l’inspection académique qu’il dépend mais celle-ci est lointaine et, au sens propre, aux abonnés absents, raconte-t-il invariablement.
L’Education nationale, premier employeur de France, est bon dernier de la classe en gestion des ressources humaines. La solitude professionnelle de ses 890 000 enseignants n’est qu’un des multiples symptômes du mal. Un proviseur plein d’enthousiasme veut redresser la barre de son lycée dans une zone défavorisée : il ne choisit pas ses profs (bien souvent des débutants qui n’ont qu’une hâte, se sauver dès qu’ils auront cumulé assez de points), n’a aucun moyen de récompenser ceux qui s’investissent, et ne peut donc compter que sur la bonne volonté de ses collègues et sa propre capacité d’entraînement. Les avancements doivent plus aux affiliations syndicales qu’au mérite. Le métier est si paupérisé que les concours ne font pas le plein, malgré le taux de chômage élevé et la sécurité de l’emploi offerte ; dans certaines disciplines, il faut donc faire avec des recrutements de candidats de faible niveau. Les parents se désespèrent des classes bondées et des absences non remplacées pendant que les « décharges » et « crédits-temps » syndicaux représentent l’équivalent de plus de 4 000 postes à temps plein, et la formation continue, qui se déroule en dehors des vacances scolaires, presque 12 000 autres.
Le ministère supprimera 0,16 % de ses effectifs l’an prochain ? C’est l’arbre qui cache la forêt.
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Les Indégivrables et le plan santé

Le Monde 18 septembre 2018

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Typhon Mangkhut : les images d’amateurs de la plus forte tempête de 2018

Le Monde 18/09/2018
Le nord des Philippines, Hongkong, Macao et le sud de la Chine ont été touchés ce week-end par le typhon Mangkhut. Avec ses vents à plus de 230 km/h, il est considéré comme la plus grande tempête depuis le début de l’année. Il a provoqué des inondations, des coulées de boue et a même fait tanguer des immeubles à Hongkong.
Ces intempéries ont causé beaucoup de dégâts et ont fait de nombreuses victimes. Aux Philippines, au moins 65 personnes ont perdu la vie à cause du typhon. En tout, la Chine a annoncé qu’au moins 3 millions de personnes avaient été évacuées.

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Avaaz – Pétition pour les baleines : Il les tue enceintes

Avaaz 17/09/2018

Il vient de dépecer cette baleine pour extraire son foetus avant de le jeter aux ordures. Ce multi-millionaire islandais a massacré des centaines de baleines en danger d’extinction — souvent enceintes.
Mais nous pouvons enfin l’arrêter!  
Le gouvernement est en train de réexaminer son permis de tuer et si nous faisons entendre un grand tollé tout autour du monde, nous pouvons les forcer à interdire cette chasse macabre! Signez cette pétition en un clic avant que le gouvernement ne prenne sa décision:
SIGNEZ ICI
Écoeurant. Ils l’ont tuée avec un harpon explosif avant de la dépecer pour extraire son foetus et le jeter aux ordures. Elle est l’une des 125 baleines en danger d’extinction que le millionnaire Kristjan Loftsson a tué cette année.
Comme toutes les baleines, les rorquals communs sont des animaux incroyables — capables de communiquer par des chants, de ressentir de l’amour ou de profondes souffrances. Loftsson est le dernier homme sur Terre à encore massacrer pour de l’argent ces gentils géants — les femelles souvent gestantes.

Mais nous pouvons enfin l’arrêter.
Le gouvernement islandais envisage de mettre fin à la chasse à la baleine, mais pourrait se heurter à une opposition féroce de ce millionnaire et du lobby des baleiniers.
C’est à nous de leur montrer que le monde entier soutient une interdiction! Signez la pétition ci-dessous en un clic avant que le gouvernement ne prenne sa décision:

Dites à l’Islande: le boucher des baleines, ça suffit!

À la Première ministre K. Jakobsdottir, au ministre de la Pêche K. Thor Juliusson et à tous les membres du gouvernement islandais:
Nous sommes des citoyens du monde entier horrifiés que la chasse à la baleine continue en Islande. Nous vous enjoignons de saisir cette opportunité pour y mettre fin de façon permanente et devenir un champion d’une plus grande protection des baleines dans le monde entier.
Les scientifiques ont découvert des cellules dans le cerveau des baleines qui permettent des émotions complexes telles que l’amour ou le deuil! On pensait qu’elles n’existaient que chez les humains et les grands singes, mais les baleines en ont jusqu’à trois fois plus que nous!
Les chasseurs de baleines prétendent que les populations islandaises de rorquals communs se portent bien, mais cela ne change rien au fait que cette espèce est menacée et protégée au niveau mondial après que la chasse l’ait presque éradiquée au siècle dernier. Et cette chasse est d’une cruauté insoutenable — les harpons explosifs entraînent une mort lente et douloureuse. 
Tous les ans, des millions de touristes choisissent l’Islande pour la beauté de ses paysages et ses baleines sauvages. Mais le choc est grand lorsque des visiteurs aperçoivent un des navires de Loftsson traînant une carcasse de baleine dans des eaux rougies de sang. « Dites-leur de regarder ailleurs. Ils peuvent juste tourner la tête et regarder de l’autre côté, » a-t-il déclaré. Montrons-lui que nous ne détournerons pas les yeux de son massacre!
Notre mouvement s’est déjà dressé face à la flotte de Loftsson par le passé. Lorsqu’une de ses cargaisons de viande de baleine avait tenté d’accoster aux Pays-Bas, nous avons poussé les autorités néerlandaises à leur fermer la porte et les membres d’Avaaz avaient aussi contribué à la fermeture de ports en Allemagne! Aujourd’hui, nous tenons notre meilleure chance de mettre fin à ce massacre une bonne fois pour toutes.
Avec espoir et détermination
Spyro, Rewan, Danny, Lisa, Camille, Rosa, Alice et toute l’équipe d’Avaaz
POUR PLUS D’INFORMATIONS:
Chasse à la baleine: l’Islande n’en rate pas une (Libération)
http://www.liberation.fr/planete/2018/06/08/chasse-a-la-baleine-l-islande-n-en-rate-pas-une_1657424
Le Rorqual commun, une espèce en danger (WWF)
https://www.wwf.fr/especes-prioritaires/rorqual-commun
Comme nous, les baleines pleurent la mort de leurs proches (National Geographic)
https://www.nationalgeographic.fr/animaux/comme-nous-les-baleines-pleurent-la-mort-de-leurs-proches
Des neurones communs aux cétacés et aux humains (Sciences et Avenir)
https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/des-neurones-communs-aux-cetaces-et-aux-humains_3680
Une femme à la tête de l’Islande (France Inter)
https://www.franceinter.fr/emissions/chroniques-littorales/chroniques-littorales-11-decembre-2017
Un foetus de baleine « à la poubelle » après que sa mère ait été harponnée par les baleiniers au cours d’une chasse en Islande (The Mirror, en anglais)
https://www.mirror.co.uk/news/world-news/unborn-whale-foetus-dragged-to-13115394
Rencontre avec le magnat islandais de la pêche à la baleine. Il n’est pas prêt de s’excuser. (The New York Times, en anglais)
https://www.nytimes.com/2018/08/10/climate/iceland-whaling.html
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David Graeber : « Le capitalisme multiplie les métiers à la con »

We Demain – 12/09/2018 – Jean-Jacques Valette –
Anthropologue et militant anarchiste, figure de proue du mouvement Occupy Wall Street et professeur à la London School of Economics, David Graeber est l’un des penseurs les plus influents du monde anglo-saxon et de l’altermondialisme. Après avoir écrit un best-seller sur l’histoire de la dette en 2011, il revient avec « Bullshit Jobs ». Un essai paru le 5 septembre aux éditions Les Liens qui Libèrent.
David Graeber est l'auteur de "Bullshit Jobs". We Demain l'a rencontré dans un café parisien à l'occasion de la sortie de son livre. (Crédit : Jean-Jacques Valette / We Demain)David Graeber est l’auteur de « Bullshit Jobs ». We Demain l’a rencontré dans un café parisien à l’occasion de la sortie de son livre. (Crédit : Jean-Jacques Valette / We Demain)
We Demain : En 2013, vous publiez un article au succès retentissant dans les colonnes de Strike sur les « Bullshit jobs » ou « métiers à la con ». Des emplois inutiles voire carrément nuisibles à la société que vous soupçonniez de voir se multiplier. Cinq ans plus tard, vous avez mené plusieurs centaines d’entretiens et développé votre intuition initiale dans un essai de près de 400 pages. Qu’avez vous découvert ?
David Graeber : Tout d’abord, beaucoup de personnes se sont reconnues dans mon article. J’ai été contacté par des dizaines de télémarketeurs, consultants, employés de bureaux, managers… qui m’ont fait part du manque de sens de leur vie. Si leur emploi disparaissait, personne ne s’en rendrait compte. Voire parfois le monde s’en porterait mieux ! C’est une véritable source de souffrance pour eux vous savez, cette perte de sens. Mais il faut bien manger et c’est pour ça que le système s’entretient.
Le plus surprenant, c’est que dans un système capitaliste et efficient, il ne devrait pas y avoir d’employés surnuméraires. Et pourtant il multiplie les métiers à la con. C’est quelque chose que l’on attribue d’ordinaire à l’URSS où l’emploi était garanti et où il fallait soi-disant trois personnes pour vous servir un steak. Ce que je démontre dans mon livre, c’est que la part de métiers inutiles s’élève désormais au moins à 40% de la population active dans le monde occidental !
A quoi doit-on ce phénomène ?
Keynes avait prédit il y a près d’un siècle que grâce au progrès technique, nous pourrions actuellement travailler seulement 15 heures par semaine. Il avait probablement raison, sauf que les métiers qui ont disparu avec l’automatisation ont été remplacés par un nombre croissant d’emplois administratifs et de gestion. Et cela s’accélère depuis les années 1980 avec ce qu’on appelle le FIRE : Finance, insurance and real estate. En français : finance, assurance et immobilier. Trois secteurs qui ont énormément recruté mais pour quel bénéfice sociétal ?
La crise des subprimes a démontré que cette industrie est complètement déconnectée de l’économie réelle. Et au contraire l’a entrainée dans sa chute lors de la grande crise de 2008. Et ce sont les salariés réellement utiles qui en ont été les premières victimes. En temps de crise, tout le monde s’insurge contre les « privilèges » des cheminots ou les budgets des hôpitaux. Mais personne ne vient demander des comptes aux banquiers ou ne se révolte contre l’augmentation des tâches administratives.
Des emplois ont pourtant été créés dans de nouveaux secteurs, comme l’informatique ou les services à la personne…
C’est un argument que l’on entend souvent, et on cite généralement la mode des sushis ou des iPhones comme créateurs d’emplois pour assouvir de nouveaux besoins. Mais selon mes calculs, la part d’emplois véritablement utiles comme les coiffeurs, les infirmières, les jardiniers, les professeurs, les cuisiniers… est restée stable au long du XXème siècle et s’élève autour de 20%.
Le plus paradoxal est que ce sont ces métiers qui sont les plus mal payés. Il y a une forme de jalousie de la part des titulaires de « bullshit jobs » envers ceux qui ont un « véritable » métier. Quoi ? Ils ont la chance d’exercer leur passion et en plus ils réclament d’être bien payés ? Un scandale selon eux !
Quand aux services à la personne, ces métiers sont plutôt une conséquence du manque de temps des employés, qui délèguent ainsi le toilettage de leur chien, la livraison de leur repas ou la garde de leurs enfants. Et tout ceci s’accélère avec le capitalisme de plateforme des Uber et autres Deliveroo.
Il y a-t-il un lien entre l’essor des « jobs à la con » et la montée du populisme ?
Tout à fait. On le voit avec Donald Trump. Beaucoup de gens de gauche ont fait l’erreur de considérer son élection comme un accident de l’histoire, et le peignent comme un bouffon. Pour moi, c’est un fasciste dans le sens classique du terme. C’est à dire un populiste qui surfe sur le mécontentement des foules et promet une série de mesures autoritaires et protectionnistes pour rassurer la population. Et il a rencontré un véritable électorat dans la classe moyenne désabusée. Principalement chez les jeunes hommes blancs qui ne bénéficient plus des mêmes perspectives d’avenir que leurs parents. Et qui, rappelons-le, souffrent d’une véritable épidémie de suicides. Ce sont ces mêmes hommes que l’on retrouve sur 4Chan, dans l’Alt-Right, les Incels et tous ces affreux groupuscules réactionnaires.
Il y a aussi un ressentiment croissant envers l’élite culturelle, que l’on retrouve d’ailleurs dans tous les fascismes. Un chauffeur routier me confiait détester l’auteur des critiques de théâtre du New York Times.  Pourquoi ? Car il sait que ses enfants ne pourront jamais exercer ce métier. L’intelligentsia concentre tous les métiers épanouissants et valorisés socialement. C’est une toute autre ligne de lecture que la simple richesse monétaire. Et on la retrouve dans les attaques répétées de Trump contre Hollywood… Alors qu’en vrai, tout le monde aimerait travailler dans le cinéma plutôt que de remplir des feuilles d’Excel.
Et quel est l’impact environnemental de ces jobs à la con ?
Il est énorme. Considérez que près de la moitié de la population active ne sert à rien. Et pourtant il faut de l’énergie pour faire tourner leurs ordinateurs et leurs présentations Powerpoint. Et puis de véritables travailleurs pour construire et nettoyer toutes ces tours de bureau qui ne servent à rien. Je ne pense pas que ce phénomène connaitra un véritable ralentissement à moins que l’on ne remette complètement à plat notre conception du travail et de sa valeur sociale.
Le revenu universel pourrait-il être une solution ?
C’est une des pistes que j’explore. En garantissant des conditions de vie basiques mais décentes à toute la population, on offrirait enfin à tous ces employés la possibilité de réfléchir au sens de leur vie. Et peut être l’occasion de quitter leur emploi. On pourrait alors se recentrer sur des activités socialement utiles. Les critiques du revenu de base imaginent que l’on sera du jour au lendemain submergés de mauvais poètes, d’artistes de rue insupportables et de pseudo-scientifiques travaillant sur l’énergie libre. J’en doute personnellement mais peut-être que nous découvrirons dans le tas de nouveaux Mozart ou Einstein !


Date de parution : 05/09/2018 /416 pages / 15,3×23,5 cm / 25.00 €
Considéré comme l’un des penseurs les plus importants de ce début de siècle, David Graeber revient après cinq ans d’enquête pour analyser la notion de Bullshit job  ou « Job à la con », née sous sa plume et qui a fait le tour du monde.
L’auteur du succès de librairie Dette : 5000 ans d’histoire, postule ici que la société moderne repose sur l’aliénation de la vaste majorité des travailleurs de bureau qui sont amenés à dédier leur vie à des tâches inutiles et sans réel intérêt, tout en ayant pleinement conscience de la superficialité de leur contribution à la société.
En effet, alors que le progrès technologique a toujours été vu comme l’horizon d’une libération du travail, ce phénomène désignant des emplois vides de sens, inutiles ou superficiels concerne un nombre de plus en plus important de travailleurs…
Un ouvrage salvateur et lumineux !
Présentation :  Alors que le progrès technologique a toujours été vu comme l’horizon d’une libération du travail, notre société moderne repose en grande partie sur l’aliénation de la majorité des employés de bureau. Beaucoup sont amenés à dédier leur vie à des tâches inutiles, sans réel intérêt et vides de sens, tout en ayant pleinement conscience de la superficialité de leur contribution à la société.
C’est de ce paradoxe qu’est né et s’est répandu, sous la plume de David Graeber, le concept de «bullshit jobs» – ou «jobs à la con», comme on les appelle en français.
Dans son style unique, virulent et limpide, l’auteur procède ici à un examen poussé de ce phénomène. Il soutient que, lorsque 1 % de la population contrôle la majeure partie des richesses d’une société, ce sont eux qui définissent les tâches «utiles» et «importantes». Mais que penser d’une société qui, d’une part, méprise et sous-paie ses infirmières, chauffeurs de bus, jardiniers ou musiciens ‒ autant de professions authentiquement créatrices de valeur ‒ et, d’autre part, entretient toute une classe d’avocats d’affaires, d’actuaires, de managers intermédiaires et autres gratte-papier surpayés pour accomplir des tâches inutiles, voire nuisibles ? Graeber s’appuie sur les réflexions de grands penseurs, philosophes et scientifiques pour déterminer l’origine de cette anomalie, tant économique que sociale, et en détailler les conséquences individuelles et politiques : la dépression, l’anxiété et les relations de travail sadomasochistes se répandent ; l’effondrement de l’estime de soi s’apparente à «une cicatrice qui balafre notre âme collective».
Sa démonstration est émaillée de témoignages éclairants envoyés par des salariés de tous pays, récits tour à tour déchirants, consternants ou hilarants. Il y a le consultant en informatique qui ne possède aucune des qualifications requises pour le poste, mais qui reçoit promotion sur promotion, bien qu’il fasse des pieds et des mains pour se faire virer ; le salarié supervisé par vingt-cinq managers intermédiaires dont pas un seul ne répond à ses requêtes ; le sous-sous-sous-contractant de l’armée allemande qui parcourt chaque semaine 500 kilomètres en voiture pour aller signer un papier qui autorisera un soldat à déplacer son ordinateur dans la pièce d’à côté…
Graeber en appelle finalement à une révolte du salarié moderne ainsi qu’à une vaste réorganisation des valeurs, qui placerait le travail créatif et aidant au cœur de notre culture et ferait de la technologie un outil de libération plutôt que d’asservissement, assouvissant enfin notre soif de sens et d’épanouissement…
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Agriculture : le nombre conversions au bio bat tous les records

Positivr – 13/09/2018 – Alex Leclercq –
Contraints par la pression des consommateurs ou motivés par de nouvelles convictions écologiques, les agriculteurs sont de plus en plus nombreux à se mettre au bio. Le nombre de conversions atteint même des chiffres records, signe, espérons-le, que la tendance est désormais irréversible. Explications.
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L’an passé, de janvier à juillet, 3 700 agriculteurs étaient passés à l’agriculture biologique. En 2018, sur la même période, ce chiffre est passé à 4 300 ! (Source : L’Agence Bio citée par Le Monde) Désormais, la France compte donc plus de 40 000 exploitations bio.
Jusqu’où est-ce que ça ira et à quel rythme ? Difficile à dire, mais un danger guette : celui des retards du versement des aides financières. Beaucoup d’agriculteurs s’étaient en effet lancés dans cette conversion, encouragés par la perspective de ces aides. Hors, les conversions ont été si nombreuses que, visiblement, l’administration peine à suivre et à honorer les promesses (exemple, ici, en Moselle).
La France ambitionne de faire passer la part des surfaces agricoles consacrées au bio de 6,5% à 15% d’ici 2022.

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