PS et LR : régime sec

Le Monde 15 juin 2017

 

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Les Indégivrables – L’après … : Réflexion

Le Monde 14 juin 2017

 

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Eloge funèbre – 15 juin 2017, l’acte de décès de l’ISF

L’Opinion 15 /06/ 2017  Raphaël Legendre
Les assujettis à l’ISF ont jusqu’à jeudi minuit pour déposer leur déclaration séparée. En principe pour la dernière fois. Emmanuel Macron a promis de remplacer l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière (IFI) en 2018.
C’est une page de l’histoire fiscale de la France qui se tourne. Créé en 1982 sous le patronyme « d’impôt sur les grandes fortunes » (IGF) pour financer le revenu minimum d’insertion (RMI), l’ISF vit ses dernières heures. Un enterrement sans fleurs ni couronnes pour cet impôt tueur d’entreprises familiales.
Idéologique, à faible rendement, l’ISF est l’impôt antiéconomique par excellence. C’est lui qui a envoyé bon nombre d’entrepreneurs hors des frontières de France pour ne pas se faire dévaliser fiscalement au moment de la transmission de leur entreprise. C’est lui qui oblige depuis près de quarante ans les entreprises familiales à verser de gros dividendes aux actionnaires familiaux pour que ces derniers, qui ne bénéficient pas de l’exonération pour outil de travail contrairement aux dirigeants, puissent s’acquitter du prélèvement. Autant d’argent en moins pour les investissements et le développement.
C’est enfin lui qui a poussé bon nombre de belles entreprises familiales dans les bras d’investisseurs étrangers – une des raisons pour lesquelles la France ne compte aujourd’hui que 4 600 ETI, quand elles sont 10 000 en Allemagne et 12 000 en Grande-Bretagne. Si Emmanuel Macron respecte son agenda, l’ISF sera remplacé l’année prochaine par l’impôt sur la fortune immobilière, ou IFI. La grille resterait la même (recouvrement à partir de 1,3 million d’euros de patrimoine), les taux aussi (de 0,70 % à 1,50 %). Mais seul les biens immobiliers seraient taxés. L’ISF et mort. Vive l’IFI !
Renaud Dutreil (En Marche!): «Pourquoi la réforme de l’ISF de Macron est juste» 15 Mars 2017

 

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Chaunu – Bayrou, l’allié déjà embarrassant de Macron

Ouest-France  15/06/2017

 

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#dessin Kak – Le FN cherche sa ligne de survie

L’Opinion 15/07/2017Béatrice Houchard

Après le débat raté de Marine Le Pen, l’échec à la présidentielle et la contre-performance attendue aux législatives, c’est toute sa doctrine que le Front national va devoir redéfinir
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2017, année du reflux populiste ?

Commentaire – Ouest-France  15/06/2017
Il y a encore quelques mois, la vague paraissait très haute. Le repli national et volontiers xénophobe exprimé par le Brexit et l’élection de Trump donnait l’impression d’inaugurer un cycle, imparable et contagieux. La poussée des partis dits « populistes », un peu partout en Europe depuis cinq ans, semblait confirmer cette thèse.
Et puis, depuis janvier, une inversion de tendance s’est manifestée. Elle reste fragile, très fragile. Mais les limites d’une certaine démagogie rageuse, de gauche comme de droite, apparaissent au grand jour.

Près de cinq mois après son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump ne gouverne toujours pas. | AFP
Plafond de verre
Sur le plan électoral, on l’a observé lors des élections aux Pays-Bas et en France. Même si le parti de Geert Wilders reste la deuxième formation de son pays, même si le Front National a engrangé onze millions de voix à la présidentielle en France, un plafond de verre leur barre la route du pouvoir.
En Allemagne et en Finlande, les scissions au sein des partis d’extrême droite créent un effet de ressac. En Italie, dimanche, le Mouvement 5 Étoiles a connu un revers cuisant lors des élections municipales partielles. Il présentait des candidats dans 225 circonscriptions, et moins de dix d’entre eux seront au second tour. Cela n’empêche pas le parti de Beppe Grillo de rester très haut dans les sondages au niveau national, grâce à une rhétorique « dégagiste » percutante. Mais l’élection de Macron, très suivie, montre qu’on peut pratiquer le dégagisme sans nécessairement se radicaliser.
L’aventure américaine
Entre-temps, on a aussi pu observer l’évolution de la situation dans les pays qui, en 2016, avaient succombé à la vague. Un an après le Brexit, le Royaume-Uni est dans un brouillard total. L’inflation, le mois dernier, a grimpé à 2,9 % et le pays est à la traîne en termes de croissance. En se prenant dans le tapis d’élections anticipées qu’elle avait elle-même convoquées, Theresa May sera contrainte d’adopter une ligne moins dure sur la sortie de l’Union européenne.
Quant aux États-Unis, c’est le festival de ce que l’aventurisme populiste peut produire. Près de cinq mois après son arrivée à la Maison-Blanche, Donald Trump ne gouverne toujours pas.
Il gesticule beaucoup, il tweete, mais les juges, la presse, les grandes villes s’occupent de contrer ses décrets. Sur l’immigration, le scandale de ses liens avec la Russie, la transition énergétique.
Celui qui voulait interdire de séjour les musulmans n’a fait qu’un seul voyage consistant. En Arabie Saoudite. Avec, à la clef, plus de 350 milliards de contrats (dix fois le budget défense de la France). Les affaires de la famille Trump (omniprésente dans le Bureau ovale) et du lobby militaire se portent bien. Celle des Américains, c’est autre chose.
Renverser la table n’est pas un programme
Il est sans doute trop tôt pour parler de reflux du populisme. La colère est encore vive, les crises migratoires aiguës, les souffrances économiques diffuses. Mais les Britanniques et les Américains nous montrent que renverser la table n’est pas un programme.
Dans une période de telles mutations – économique, culturelle, sociologique – la politique était, en réalité, en retard. À elle maintenant de se mettre au travail. Pour offrir aux électeurs, non pas le reflet opportuniste de leur humeur, mais une vision. Renouvelant l’approche sur des dialectiques anciennes : entre les droits et les devoirs, la rente et le travail, la solidarité et la liberté individuelle. Sans besoin de confier le monopole du peuple à des bonimenteurs.
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Edito – Macron, champion des tréteaux diplomatiques

L’Opinion 14/06/2017 Jean-Dominique Merchet

L’éditorial –  Impressionnant ! Au cours de son premier mois passé à l’Élysée, Emmanuel Macron a fait preuve de brio sur la scène internationale. Il est entré de plain-pied dans son rôle de chef de l’État, maîtrisant les codes de l’« incarnation » avec l’aisance corporelle d’un Barack Obama. Pour le monde entier, la France a désormais un nouveau visage. Que celui-ci soit avenant constitue un véritable atout pour le pays.
Sur la forme – et celle-ci compte – le président de la République ne néglige rien. Un jour, il écrase la main de Trump puis se précipite sur les réseaux sociaux pour proclamer « Make Our Planet Great Again ». Il reçoit royalement Vladimir Poutine et s’en va pour une visite « personnelle » chez le souverain du Maroc. Sur le perron de l’Élysée, il embrasse une Theresa May en mauvaise passe, et à peine élu s’envolait vers Angela Merkel pour l’assurer de sa bonne volonté européenne.
Alors, Macron, champion du monde ? Pas d’emballement. Le nouvel élu n’a encore affronté aucune crise grave et n’a prononcé aucun discours fondateur. L’heure n’est pas aux ruptures et sa politique s’inscrit dans la continuité de la Ve République « gaullo-mitterrandienne ».
Du général De Gaulle soucieux du « rang » de la France, il a retenu une leçon : plus on est faible, plus il faut parler fort et assurer le spectacle. Emmanuel Macron sait que la France est affaiblie à cause ses piètres résultats économiques et qu’il n’y remédiera pas en quelques semaines. Ni l’Allemagne, ni la Chine n’ont ainsi besoin de se mettre en scène pour qu’on les écoute. La France, si. Et son Président, bon acteur, est monté sur les tréteaux. Pour un premier acte, sous les applaudissements.

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Poitiers (Vienne) – Ni robes, ni costumes : le cauchemar des mariés devant le tribunal de commerce

La Nouvelle République 10/06/2017
Ni robes ni costumes – des mariés escroqués :  : perdre son argent et sa robe à quelques semaines de son mariage, c’est un cauchemar ! »

Poitiers (Vienne). La liquidation judiciaire du magasin Au cœur des mariées place au moins 25 clients, peut-être 50, dans une situation cauchemardesque.
Rarement liquidation judiciaire aura fait couler autant d’encre. Et de larmes. Au dépôt de bilan du magasin Au Cœur des mariées, boulevard de Verdun, à Poitiers (Vienne), a donc répondu l’annonce de la liquidation judiciaire, cette semaine, par le tribunal de commerce.
La gérante, Aurore Brugier, qui demandait dans nos colonnes de la Vienne, de l’indulgence à ses clients, refuse désormais de répondre à nos questions. Elle veut oublier.
«  Nous ne pensions pas avoir autant de personnes concernées  »
Ce présent problématique ou ce passé ennuyeux ? Il reste le passif de son enseigne : on évoque 70.000 € et des impayés de loyers depuis six mois.
« En l’état, il m’est impossible de me prononcer sur le montant du passif dans la mesure où les délais de déclaration n’ont pas commencé à courir, répond Stéphane-Alexis Martin, le mandataire judiciaire (Actis) désigné par le tribunal de commerce. « J’invite les clients victimes à m’adresser, par courriel, la somme qu’ils ont payée ainsi que l’état de leur commande (1). J’établirai un rapport au tribunal de commerce ainsi qu’au procureur de la République afin de leur faire part des anomalies que je pourrais relever dans ce dossier, comme je le ferais dans tout autre. Le cas échéant, des poursuites pourront être engagées. »
Le volet pénal est représenté par les clientes désabusées de plus en plus nombreuses à l’évoquer au sein du groupe Facebook (2) qui recense les victimes.
« Nous avons actuellement connaissance de 29 victimes, explique Virginie Desbourdes, de Richelieu, administratrice du groupe, amie d’une victime. Mais nous avons encore 24 demandes en attente. Ça commence à représenter beaucoup de monde.
« Nous ne pensions pas avoir autant de personnes concernées. J’y passe des journées entières mais ça me tient à cœur pour sauver le mariage de mon amie. »
Dans la majorité des cas, il s’agit de futures et futurs mariés. Ils avaient passé commande de leurs robes et costumes depuis plusieurs mois et versé la moitié du prix en acompte.
« Mais, le pire, c’est que les fournisseurs n’ont jamais reçu les commandes. Certains couples avaient déjà tout réglé, complète Virginie Desbourdes. Nous avons contacté l’administrateur judiciaire. Il nous a fait comprendre que l’argent versé serait difficilement récupérable. Mais, à l’heure actuelle, personne ne veut en rester là. »
Les victimes du magasin Au Cœur des mariées envisagent désormais de se regrouper en association. Un appel aux dons pourrait également être lancé pour les victimes dont la situation est la plus problématique. « Certains «  pètent les plombs  ». On peut le comprendre : perdre son argent et sa robe à quelques semaines de son mariage, c’est un cauchemar ! »
(1) Au cœur des mariées Victimes et un groupe Facebook fermé, réservé au recensement des victimes.
(2) Contact : tél. 05.49.88.38.73 ;
poitiers@actismj.fr
Xavier Benoit  Indre-et-Loire

Condamnée en 2015 , omniprésente depuis

Aurore Brugier (*), gérante du magasin Au cœur des mariées, a toujours évolué dans l’univers des mariages. Mais pas toujours pour de bonnes raisons.
Le 24 mars 2015, elle a été condamnée à 10 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Poitiers. Les juges avaient estimé qu’elle s’était rendue complice, avec son compagnon de l’époque, d’un cambriolage commis, dans la nuit du 10 au 11 août 2013, au domicile d’une personne qui préparait… le mariage de sa fille, à La Chapelle-Montreuil. A l’époque, elle était la maquilleuse attitrée du mariage. Elle en aurait profité pour repérer les lieux. Des bijoux, dont la bague de fiançailles, ainsi que des cadeaux destinés aux mariés, avaient disparu.
Un chéquier volé avait également été utilisé dans treize commerces de la Vienne, de la Charente et l’Indre-et-Loire pour un montant de 2.700 €, entre août et décembre 2013. En appel, le jugement avait été non seulement confirmé mais alourdi, le 5 novembre 2015 : 12 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans.
Après cette erreur de jeunesse, elle s’était engagée dans le commerce : Au cœur des mariées est devenue sa marque de fabrique. Le magasin du boulevard de Verdun, à Poitiers, a été déclaré au greffe du tribunal de commerce le 1er octobre 2013. Elle en a ouvert un second, une semaine plus tard, dans la galerie Auchan, à Chasseneuil-du-Poitou (fermé le 28 juin 2016). Des clients de Chasseneuil avaient alors mis en cause la qualité des produits livrés au regard de ceux présentés en boutique.
Au cœur des mariées, est également présent sur Internet via un site propre (www.brugiera.wixsite.com/
mysuitinmyworkplace) et une proposition commerciale sur le site Groupon, pour des « costumes sur mesure à partir de 399 €. »
Enfin, quelques jours avant de déposer le bilan de son entreprise, elle avait lancé dans nos colonnes (journal du 26 mai), un appel aux dons. Après avoir déposé un brevet sur les nœuds papillon en forme de moustache (appelé « bowtie barber ») elle souhaitait recueillir 4.500 € en 26 jours.
(*) Contactée par téléphone, elle a refusé de répondre à nos questions.
 Xavier Benoit
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Le regard de Plantu – Moralisation

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Les Républicains : règlements de comptes dans les décombres

Le Canard Enchaîné – 14/06/2017 –
Tempête force 10 au sein du bureau politique des Rep réuni lundi matin après la déroute électorale de la veille. Plusieurs dirigeants Jean Léonetti, Christian Jacob, Alain Joyandet, Nadine Morano et Bernard Accoyer – accusent Jean-Pierre Raffarin et ses amis dits « constructifs » d’avoir, avec leurs messages, troublé les électeurs de la droite. L’ancien Premier ministre réplique : « Le Premier ministre, le ministre de l’Économie, le ministre des Finances sont issus de nos rangs. On ne peut pas le négliger et faire comme si rien n’était.« 
Tollé. La sénatrice du Haut-Rhin, Catherine Troendlé s’écrie :  » Je ne comprends pas ton attitude, Jean-Pierre ! Tu ne te rends pas compte des dégâts ! »
Raffarin reprend : « J’annonce la couleur. Je voterai la confiance au gouvernement, et je ne serai pas le seul. Si c’est la ligne dure de dure qui l’emporte au sein du parti, je le quitterai. »
Re-tollé. Raffarin, debout, rouge écarlate, fait mine de s’en aller. Tout le monde le retient. François Baroin le premier, qui redoute que l’esclandre arrive aux oreilles des journalistes qui attendent à la sortie de la réunion.
« J’ai beaucoup de respect pour Jean-Pierre Raffarin, dit Baroin, mais, jusqu’au 18 juin il ne faut penser qu’à une chose : nous protéger et protéger nos candidats. » Fin de la tragi-comédie. Après le 18 juin, ce sera une autre affaire…
La branche macroniste des Rep continue de manœuvrer, pour constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée. Et plus tard, si « ça marche »,  un parti politique. Des rendez-vous ont été pris cette semaine entre le Premier ministre et des parlementaires qui refusent de coexister au sein d’un parti dirigé par Laurent Wauquiez et Eric Ciotti, et dominé par les militants catholiques de Sens commun.
Le Premier ministre lui-même doit rencontrer, la semaine prochaine, Alain Juppé sur ses terres afin d’accélérer la recomposition du paysage politique. Face aux « Républicains » tout court,, le nom de « Républicains indépendants » a été évoqué, malgré le souvenir du parti crée par Giscard en 1962.
Une remarque en passant : compte tenu de l’ampleur de la vague jaune, Emmanuel Macron peut très bien se passer du renfort de Raffarin et de ses amis.
On leur dit ?
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Élections en promo

Charlie Hebdo – 14/06/2017 – l’édito de Riss- Extraits
Cela devait être des élections législatives, ce fut une chasse d’eau. En un vote, la quasi-totalité du Parlement a disparu. D’un coup. Le peuple français veut tout recommencer depuis le début, et l’Assemblée qui en sortira ressemblera un peu à l’arche de Noé. Dieu a noyé les corrompus et les pêcheurs sous le déluge, mais, sur son arche, Macron a emporté un spécimen de chaque créature vivante et, avec elles, il repeuplera la Terre d’un homme nouveau, pur, honnête et sympa. Les députés qui risquent d’être aspirés par le siphon de la baignoire paniquent et s’agitent en tous sens sens pour échapper à leur sort.
Ainsi, pour espérer avoir sa place sur l’arche de Macron, Élisabeth Guigou, ancienne ministre des Affaires européennes n’hésite pas à porter le voile dans une mosquée, à l’occasion de la rupture du jeûne. Cet accoutrement, nullement obligatoire pour assister à cette cérémonie, témoigne du naufrage d’une partie de la gauche. Il y a encore des hommes et des femmes politiques qui croient qu’avec des trucs aussi pathétiques ils obtiendront quelques électeurs de plus. Dites « ouaf-ouaf » et aurez les voix des caniches, dites « miaou-miaou » et vous aurez les voix des chats de gouttière. On dit souvent que la vie politique est monopolisée par des « mâles blancs de plus de cinquante ans ». En vérité, quels que soient leur âge, leur sexe et leur couleur de peau, les élus sont surtout des démagogues invétérés. Qu’ils soient blancs ou noirs, femmes ou hommes, c’est toujours les mêmes trucs qu’ils utilisent pour soutirer sa voix à l’électeur. Car séduire l’électeur est une chose abominablement compliquée. En Grande-Bretagne, ceux qui avaient voté pour le « Brexit » viennent de voter contre Thérésa May. Allez comprendre ce qu’ils ont dans la tête.
Le succès des députés de Macron surfe sur la nostalgie du « c’était mieux avant ». Tel Caton l’Ancien qui fustigeait le relâchement des mœurs politiques, Macron et ses candidats donnent l’illusion d’un retour à la pureté originelle de la démocratie. Les députés de Macron arriveront au Parlement néophytes, certes, mais purs. Les nouveaux élus auront le bénéfice de la virginité : ils n’auront pas encore embauché leurs enfants comme attachés parlementaires, pas encore été enivrés par le verre de whisky de la buvette de l’Assemblée nationale à 90 centimes, ni tripoté leurs homologues féminin dans les couloirs de l’hémicycle. Les députés de Macron seront neufs et en bon état pendant les douze prochains mois. Mais la pureté de l’enfant qui vient de naître ne dure pas longtemps. Combien de temps leur faudra-t-il pour devenir aussi détestés que ceux à qui ils viennent de ravir leur siège ? Comme toutes les belles voitures neuves, douze mois après, il ne vaudront que beaucoup moins à l’Argus.
La faible participation à ce scrutin rend les commentateurs pessimistes. Déjà les plus exaltés réclamaient au soir du premier tour un changement de la Constitution. La frénésie pour la nouveauté fait tourner les têtes. Nouveau président, nouveau couple présidentiel, nouveau Code du travail, nouveaux partis politique, nouveau Parlement, nouvelle Constitution. Les électeurs et aussi les journalistes se jettent sur Macron comme les ados le jour de la sortie du dernier Harry Potter. La politique se consomme désormais comme une promo de supermarché. J’achète, j’achète pas. J’ai envie de voter, j’ai pas envie de voter. Pendant l’élection présidentielle, la trouille de voir le Front national obtenir un score élevé au second à rappelé aux citoyens la gravité du geste électoral. Dimanche dernier, ils avaient déjà oublié cette frayeur et reprenaient leurs habitudes d’électeurs-consommateurs. Espérons qu’au soir du second tour, lorsqu’on découvrira la composition définitive, la nouvelle Assemblée nationale ne ressemblera pas aux rayons des yaourts taille fine t des rouleaux de PQ.
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Les Indégivrables – mendicité …

Le Monde du 13 juin 2017

 

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neuf-quinze – Bayrou-lement

neuf-quinze@arretsurimages.eu 15/06/2017
Bayrou : Hibernatus était buggué
09h15J’ai bien aimé François Bayrou. C’était il y a une éternité : dix ans. Le petit Béarnais qui venait vitrifier TF1 sur le plateau de Claire Chazal (1). Qui, face aux turpitudes sarkozystes, incarnait sans faillir une résistance morale à mots choisis. Un exil résolu, dans son Guernesey des Pyrénées Atlantiques, sous Sarkozy puis sous Hollande, le préservait de toute corruption. Miracle de la préservation : revoici Hibernatus dans les ors du pouvoir, dans le costume, justement, de Monsieur Morale. Mais il y a comme un bug : le Sage est devenu fou. Sans doute est-il revenu encore trop jeune. Il aurait dû murir encore un peu.
On a beau avoir pour son parcours de solitaire toutes les indulgences, entre le citoyen, le maire de Pau, le ministre, on s’y perd. (2) Il fallait l’entendre, ce matin, pris comme une mouche dans l’implacable toile d’araignée d’Elizabeth Martichoux, sur RTL. Donc, s’il a incendié au téléphone l’investigateur en chef de Radio France Jacques Monin (3), c’était pour causer entre hommes. Alors quoi, on n’a plus le droit de causer entre hommes ? C’était pour avoir une conversation « off ». On n’a plus le droit ? « Les journalistes appellent les politiques dix fois par jour » argumente-t-il. Quant à savoir s’il n’est pas, aujourd’hui, lui-même, en tant que patron du parquet qui enquête sur ses propres turpitudes, en conflit d’intérêt, il bascule dans le gag : « j’ai donné des instructions écrites pour ne pas être informé de cette affaire. »
Où est passé le Sage de Pau ? Croit-il seulement aux mots qui sortent de sa bouche ? Et s’il était très colère contre Radio France, il faut le comprendre. Pensez donc : les troupes de Monin avaient appelé ses attachées parlementaires présumées fictives « sur leur portable personnel », et « en dehors des heures de travail ». Que les investigateurs se le disent : dans la France exemplaire de Bayrou, on a le droit d’investiguer, mais uniquement dans les heures ouvrables. Et en passant par le standard, de préférence. Etrange position, de la part d’un ministre de ce gouvernement qui veut élargir le travail le dimanche. Mais passons.
Le pire, c’est que certains des arguments de Bayrou sont audibles, ou tout au moins dignes d’examen. Peut-être en effet le signalement au parquet de Paris de Matthieu Lamarre, ex-collaborateur du MoDem salarié par le Parlement européen, et aujourd’hui chef du service de presse de la mairie de Paris, qui a fait rebondir médiatiquement l’affaire, est-il, comme le clame Bayrou (4), une opération politique. Peut-être Anne Hidalgo a-t-elle donné son aval, ou au moins été informée, de la démarche bayroucide de son collaborateur. Peut-être, sur le fond, Bayrou est-il injustement accusé. Sans doute tous les partis ont-ils, comme le MoDem, abusé des contrats de complaisance du Parlement Européen. Mais c’est lui qui fait tout, avec une remarquable absence de sens politique, et même de sens commun,  pour fusiller ses propres arguments les uns après les autres. C’est lui qui se désigne avec talent pour le rôle de premier sacrifié du nouveau quinquennat.

(1) http://www.dailymotion.com/video/xfhzu_bayrou-denonce-les-media_news
(2) http://www.arretsurimages.net/chroniques/2017-06-01/Le-citoyen-Francois-et-le-ministre-Bayrou-id9914
(3) http://www.arretsurimages.net/articles/2017-06-10/Pressions-du-gouvernement-sur-Radio-France-et-Libe-id9945
(4) http://www.lejdd.fr/politique/assistants-parlementaires-du-modem-francois-bayrou-accuse-lentourage-danne-hidalgo-3359777
Daniel Schneidermann
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En Vrac – France

Suspicion de fraude dans la circonscription de Mélenchon et Mennucci. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour une suspicion de fraude électorale dans un bureau de vote de la circonscription du député PS sortant Patrick Mennucci, sans que cela remette en cause son élimination et la qualification de Jean-Luc Mélenchon. Il s’agit de faire la lumière sur ce qui « semblerait ressembler à une échauffourée » dans un bureau de vote et une « suspicion de substitution de bulletins », a précisé le procureur de la République, Xavier Tarabeux.
Suppression de postes chez SFR. La suppression de 4 000 à 5 000 postes, soit un tiers des effectifs, dans le pôle télécoms de SFR annoncée l’été dernier va s’accélérer à partir du début du mois de juillet, avec la mise en œuvre effective du plan de départs volontaires.
 Michel Barnier : « Je ne vois pas l’utilité ni l’intérêt d’un report des discussions sur le Brexit » Négociateur pour l’UE, Michel Barnier veut commencer la négociation avec Londres « aussi vite que possible », après le revers de Theresa May aux législatives.Lire la suite
En Corse, des morts de 3 000 ans entre ciel et terre. Dans une grotte à 25 mètres au-dessus du sol, une campagne de fouilles atypique vient de s’achever. Le mystère plane sur ces cercueils et ossements de l’âge du bronze. Lire la suite
Le Monde 13 juin 2017
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C’était avant … : Vallaud-Belkacem, Sapin, Le Guen … Ces ministres qui fustigeaient Macron

L’Opinion 08 /05/2017 Alexandre Jeziorski
Lorsqu’Emmanuel Macron a lancé En Marche puis s’est présenté à la présidence de la République, bon nombre de ses collègues l’ont critiqué sans ménagement…
Vidéo
Certains ministres n’ont pas été tendres avec Emmanuel Macron. C’est le cas de Jean-Marie Le Guen. « Il ne sera pas candidat face à François Hollande. Je ne crois pas une seconde et je prends le pari devant vous. Il ne sera pas candidat. Il sera aux côtés de François Hollande en 2017 » lançait-il en avril 2016. Et il ajoutait : « Il n’y a pas d’aventure individuelle, ça n’existe pas dans l’action politique ».
Najat Vallaud-Belkacem a également envoyé des piques au futur président. « Moi je suis très dubitative pour ne pas dire plus sur le sens de cette démarche (…) Audace… (rires)… audace… Modernité, etc… Puisqu’il est beaucoup question d’audace et de modernité, je vais vous paraître sans doute un peu désuète mais moi je crois que le meilleur service à rendre à la politique et y compris pour la redorer auprès des Français, c’est d’en revenir à des valeurs simples comme la loyauté, la fidélité et l’humilité aussi » estimait-elle en novembre 2016.
Quant à Michel Sapin, il fustigeait l’ancien ministre qui venait de présenter sa candidature : « C’est vraiment faire du soi-disant neuf avec du vieux, avec des paroles qu’on a déjà entendues, avec des propositions qu’on a déjà entendues. Je peux dire que je les ai déjà entendues en 2007 mais avec parfois plus de talent et d’intuition de la part de la candidate socialiste à l’époque ». « Évidemment, il ne peut pas gagner mais par contre, il peut faire perdre. Il peut faire perdre la gauche » pronostiquait-il même.
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