Ne plus laisser les sans-abris crever dans la rue !

Un doigt dans l’actualité – mars/avril 2017 – Epmma Berthot –
Ce n’est que lorsqu’il fait très froid que l’on se souvient que quelques-uns de nos congénères vivent dehors.On les plaint, on se dit que nos voitures, bien au chaud dans leur garages, sont mieux traitées que ces être humains que l’on ne regarde souvent même pas quand on passe à côté d’eux dans la rue de peur qu’ils nous demandent une pièce… ou un sourire. On culpabilise. Quand le mercure descend plus bas, certains meurent et on culpabilise encore plus.
Pourtant, nous ne sommes pas les premiers coupables ! Ceux qui sont responsables des morts par grand froid, ce sont nos dirigeants. Nationaux et locaux. Est-il philosophiquement acceptable que dans un système où l’impôt doit aussi servir à la solidarité, des êtres humains moisissent et crèvent sur les trottoirs ? Notre société trouve de l’argent pour rénover ses bâtiments, acheter des œuvres d’art, subventionner un tas de choses – utiles ou inutiles -, mais pas pour « aider » ceux qui ont un besoin urgent ?
Il y a quelques mois, le Washington post dressait le portrait de Sam Tsemberis, un psychologue qui a eu une idée géniale pour venir en aide aux sans-abris. Appliquée dans l’Utah, à Phoenix (Arizona) et à la Nouvelle-Orléans, cette idée a pratiquement réduit à néant le nombre de SDF et convaincu de nombreux politiques, même des Républicains très à droite. L’idée en question ? « Donnez un foyer à un sans-abri et vous résoudrez les problèmes de marginalisation« , affirme Tsemberis.
Auparavant, les centres d’aide aux sans-abri travaillaient avec un système de récompense sur le modèle « supprime ta dépendance à la drogue et à l’alcool et on t’offrira un toit ». Tsemberis inverse cette logique. Selon lui, une personne a de meilleures chances d’évoluer positivement si elle est installée dans un logement stable, sans infantilisation, sans carotte ni bâton. Le gouvernement fédéral a testé ce modèle sur 734 SDF dans 11 villes. Il s’est avéré que le taux de toxicomanie a considérablement réduit et que les coût liés à la santé ont été divisés par deux.
Le plus insupportable, – puisqu’il faut toujours tout ramener au fric dans ce monde-, c’est que la construction de logements basiques, mais décents, ne coûterait pas si cher que ça à la société… Alors, chers maires, députés et futur(e)s président(e)s : bougez-vous !
Lire : En 2016, au moins 411 sans-abri sont morts dans la rue !
Je ne sais plus comment exprimer ma colère ! Des citoyens français d’aujourd’hui vivent dans des conditions que l’on retrouve dans les romans d’Émile Zol. Je ne sais plus comment le dire, comment le crier : savoir que des familles vivent dans de telles conditions en 2017 est inacceptable, insupportable.
La révolte me pousse encore une fois à me tourner vers ceux qui peuvent faire quelque chose et qui ne font pas assez.J’étais aux côtés de l’abbé Pierre en 1992, lorsqu’il a demandé la création du Haut Comité pour le logement des Défavorisés. Vingt-cinq ans plus tard, qu’en est-il ? Pourquoi encre tant de difficultés à loger les plus faibles d’entre nous ? Ce qui se déroule sous ,os yeux est une véritable catastrophe. Une catastrophe humaine qui fait des millions de victimes. Demandons justice !   Raymond Étienne, président de la fondation abbé Pierre / avril 2017
Publié dans Logement, Solidarité

Présidentielle. L’écho d’une élection française [Commentaire]

Ouest-France 26/04/2017 par Laurent MARCHAND
editorialLes électeurs français ne le mesurent pas toujours, mais à l’étranger l’effervescence saute aux yeux. À Berlin, Rome ou Londres, à Bruxelles, New York ou Moscou, rarement élection française aura été autant suivie. Par les chancelleries, les partis politiques, les opérateurs financiers, les électeurs anonymes. Chacun à sa mesure et à travers son prisme particulier, mais toujours avec intérêt et le sentiment croissant d’une interdépendance.
Ce qui se joue en France va peser, et pèse déjà, sur la marche de nos voisins européens. Pour une raison très simple : dans l’ordre européen de l’après-guerre, la France est systémique. Les dirigeants italiens, conscients de la fragilité de leur système bancaire, vont suivre le second tour comme le lait sur le feu. Les populistes d’extrême droite comme d’extrême gauche observent leur parti-frère, à Vienne comme à Madrid. Les opérateurs financiers britanniques scrutent les signes de tempête, avec une inquiétude de moins en moins dissimulée, car un Frexit après le Brexit laisserait tout le monde sans repères.
Mais nulle part la participation au vote français n’est plus vive qu’à Berlin. Aussi bien dans le monde économique que politique. L’hypothèse d’une sortie de la France de l’Union européenne fait peur. Il y a à cela des raisons économiques bien comprises. Des raisons politiques également, le Brexit ayant privé la Chancelière de son partenaire britannique. Mais l’anxiété des Allemands est encore plus profonde. Presque existentielle.
La gravité d’un choix européen
Si l’Allemagne a pu se relever de ses cendres, et devenir la première puissance économique du continent, c’est grâce à la France et à la construction européenne. On le dit trop peu de notre côté du Rhin. Perdre cet horizon, perdre cette conscience de partager un destin commun, est inconcevable en Allemagne, car cela signifie réveiller l’Histoire. Et ses démons.
D’où l’empressement de la classe politique allemande, à gauche comme à droite à l’exception des extrêmes, à sortir de sa réserve habituelle pour soutenir le front républicain contre Marine Le Pen. Même le grand tabloïd populaire allemand Bild, plutôt habitué à railler l’irréformable France, s’est lâché dimanche soir. En titrant : L’Europe respire, à la nouvelle de la qualification d’Emmanuel Macron.
Depuis deux jours, toute la presse européenne a décrit le séisme français. Son paysage politique fragmenté, le rejet des partis de gouvernement. La puissance du vote radical. La crise de la social-démocratie. La fracture géographique du vote. La difficulté de réformer. La sacralité du modèle social français.
Angoisse ou audace
Autant d’éléments analysés à l’aune du choix qui attend la France le 7 mai. Vu de l’étranger, il est très clair. Rompre brutalement avec l’Europe, et donc rompre l’Europe, ou renouer avec un rôle de leader « en » Europe. Confirmer l’angoisse d’une démolition ou surprendre avec audace.
Après dix ans de crise, les raisons de transformer la France en laboratoire politique sont nombreuses. Reconstruire des partis, redéfinir le contrat social, répondre à l’exaspération fondée des couches populaires, réaffirmer des exigences sociales dans une économie de marché. Paris a toujours été écoutée sur ces thèmes. Le risque d’une sortie la rend encore plus audible. À condition de ne pas entretenir l’illusion de pouvoir le faire en anciens francs. À l’étranger, la gravité de ce choix saute aux yeux. Dans l’Hexagone, pas toujours.
Publié dans Débats Idées Points de vue, Europe, Politique | Tagué ,

L’avenir de l’Europe – Obama appelle Macron mais pas pour lui apporter son soutien

Ouest-France 20/04/2017
L’ancien président des Etats-Unis d’Amérique souhaitait échanger avec Emmanuel Macron sur la campagne présidentielle française. 

| Archive The White House by Pete Souza
Le candidat à l’élection présidentielle Emmanuel Macron et Barack Obama se sont entretenus jeudi après-midi au téléphone de l’avenir de l’Europe, a annoncé dans un communiqué le mouvement de l’ancien ministre de l’Économie, En Marche !
« L’ancien président des États-Unis d’Amérique souhaitait échanger avec lui sur la campagne présidentielle française », lit-on dans ce communiqué. « Leur échange a notamment porté sur l’avenir de l’Europe et sur les valeurs progressistes auxquelles ils sont tous deux très attachés. »
…Selon le communiqué d’En Marche !, qui évoque un « appel amical », Barack Obama a également rappelé son « attachement profond à la France et l’importance qu’il accorde à la relation entre les deux pays ».
Le porte-parole de l’ancien président américain, Kevin Lewis, a pour sa part précisé dans une déclaration que l’objet de cet appel n’était pas, pour Barack Obama, d’apporter son soutien au candidat Emmanuel Macron.
Selon les proches d’Emmanuel Macron, l’ancien ministre de l’Économie de François Hollande s’est en partie inspiré de la campagne de Barack Obama lors des primaires démocrates de 2007-2008 pour créer En Marche !
Publié dans Europe, International, Politique | Tagué ,

Présidentielle : Europe, Macron, emploi… la « trumpisation » de Marine Le Pen sur TF1

La candidate du Front national a multiplié les fausses affirmations et les allusions douteuses sur le plateau de l’émission « Elysée 2017 », mardi.
LE MONDE | 26.04.2017 Les Décodeurs
Marine Le Pen était l’invitée de TF1, mardi 25 avril. Désormais seulement « soutenue » par le Front national, puisqu’elle en a quitté la présidence lundi – ce qu’elle n’a pas manqué de rappeler –, la candidate a répondu aux diverses questions d’Anne-Claire Coudray et de Gilles Bouleau.
Et a, bien souvent, multiplié intox, amalgames et caricatures, quitte à inventer parfois de véritables « faits alternatifs », qui rappelaient la campagne de Donald Trump aux Etats-Unis. En voici quelques-uns.

A lire

Sur l’Europe : Une prétendue « explosion des prix » liée à l’euro
Interrogée par Gilles Bouleau sur la faible hausse des prix depuis l’entrée en vigueur de l’euro, Marine Le Pen a contesté cette version des faits :
POURQUOI C’EST FAUX
Un argument simpliste sur la contribution française au budget européen
« L’Europe, c’est 9 milliards que nous perdons chaque année. » Marine Le Pen
POURQUOI C’EST TROMPEUR
Le retour d’une intox sur les barrières douanières agricoles suisses
 « La Suisse, par exemple, ses barrières douanières en matière d’agriculture sont de 55 %. » Marine Le Pen
POURQUOI C’EST FAUX
Sur Emmanuel Macron
« Nous sommes confrontés à des candidats qui nous expliquent qu’il n’y a pas de culture française, aux mains des communautaristes comme l’UOIF. M. Macron, clairement, est entre leurs mains. » Marine Le Pen
La candidate a ensuite ajouté : «  Il nous a expliqué qu’il avait un islamiste radical dans son équipe, qui était un type bien. Moi, je pense qu’il n’y a pas de type bien parmi les radicalistes [sic] islamistes.  »
POURQUOI C’EST FAUX
Marine Le Pen pousse très loin ici l’imitation de Donald Trump : rien ne permet d’affirmer qu’Emmanuel Macron a des liens avec l’UOIF, encore moins qu’il est « entre leurs mains ». Elle tente ici de créer une intox, en amalgamant deux choses :
Une polémique artificielle autour d’un soutien d’Emmanuel Macron
Un mensonge autour de l’Union des organisations islamiques de France
Sur l’immigration
POURQUOI C’EST FAUX
Sur le chômage
« Nous avons 7 millions de chômeurs. » Marine Le Pen
POURQUOI C’EST FAUX
Sur le terrorisme
Marine Le Pen a rappelé sa proposition d’expulser tous les fichés « S » étrangers.
POURQUOI C’EST INAPPLICABLE
Les appels du pied aux électeurs de Mélenchon Vidéo
Mise à jour le mercredi 26 avril à 12 heures : ajout d’un passage sur les barrières douanières suisses.
Adrien Sénécat Journaliste aux Décodeurs
Samuel Laurent Responsable des Décodeurs – Vérifications, contexte, données
Publié dans Non classé | Tagué , , , ,

Présidentielle 2017 : Marine Le Pen charge Emmanuel Macron et se définit comme « européenne »

Demandez  le Nouveau programme … Demandez le nouveau programme …
Le Monde 26/04/207 Extraits
En vue du second tour, la candidate du FN, invitée de TF1 mardi soir, a également redoublé les appels du pied en direction des électeurs de Jean-Luc Mélenchon.
Changement de programme ?
« Je ne suis pas une adversaire de l’Europe »
Interrogée au début de l’émission sur sa position vis-à-vis de l’Europe, un élément clé de son programme, la Mme Le Pen a de façon inhabituelle assuré qu’elle se sentait « européenne ». D’habitude si prompte à critiquer l’Union européenne (UE), elle a cette fois affirmé qu’elle n’était pas une « adversaire de l’Europe ».
« Je ne suis pas une adversaire de l’Europe, je me sens européenne. Je voudrais qu’il y ait des accords entre les nations librement consentis, c’est cette Europe-là que je veux voir émerger et je souhaite que la France soit à l’origine de ce beau projet, de cette belle initiative. »
Publié dans Débats Idées Points de vue, Europe, Politique | Tagué ,

Le regard de Plantu – Résultats campagne Elections présidentielle 2017

Le Monde 27/04/2017

Publié dans Humour, Politique | Tagué

Cyberattaque – Des hackers russes soupçonnés d’avoir ciblé la campagne d’Emmanuel Macron

L’Opinion 25/04/2017

Les coupables seraient les mêmes que ceux qui ont piraté les emails d’Hillary Clinton © Reuters
La société de sécurité informatique Trend Micro révèle que la campagne d’Emmanuel Macron a été visée par des hackers russes de Fancy Bar. Les pirates auraient créé des noms de domaine ressemblant aux orignaux afin de tromper les internautes.
Emmanuel Macron est-il dans l’œil de Moscou ? Les autorités craignaient des attaques informatiques pendant la campagne présidentielle. 20 Minutes, qui s’appuie sur le rapport de la société informatique japonaise Trend Micro, révèle des piratages réalisés par les hackers russes de Fancy Bar.
Dans le détail, des hackers auraient créé quatre noms de domaine entre la mi-mars et la mi-avril : onedrive-en-marche.fr, portal-office.fr, mail-en-marche.fr et accounts-office.fr. Des noms ressemblants à ceux de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron et pouvant donc piéger des collaborateurs. Une procédure destinée à se faire passer pour une personne officielle et la convaincre, grâce à un e-mail frauduleux,
Il vous reste 68 % de l’article à lire.
Par Raphaël Proust
Ingérence
Cyberattaques : le camp Macron accuse la Russie
Inquiétude
Présidentielle 2017 : Hollande demande une mobilisation contre les cyberattaques
160 ministres et élus appellent à voter Emmanuel Macron
l’Opinion est un média nouvelle génération, présent sur tous les supports : web, smartphones, tablettes, vidéo et quotidien papier. l’Opinion couvre l’actualité politique, économique et internationale. Sa ligne éditoriale est engagée : libérale, pro-européenne, pro-business.
l’Opinion est un média dont l’essentiel des contenus est réservé dans un premier temps à ses abonnés.
Publié dans International, Internet, Médias, Politique | Tagué , ,

Editorial du « Monde » – Les risques d’une explosion – Le refus du Front national

La présence du FN au second tour de l’élection présidentielle et la défaite des candidats Les Républicains et du Parti socialiste font peser une menace inédite.
Le Monde | 24.04.2017 | Par Jérôme Fenoglio (Directeur du « Monde »)
Editorial du « Monde ». Le bouleversement du paysage politique provoqué par le premier tour de la présidentielle, dimanche 23 avril, allie deux caractéristiques d’apparence contradictoire : à la fois prévisible et radical, attendu et néanmoins surprenant. Il était prévisible parce que les instituts de sondage, irréprochables tout au long de cette campagne, avaient annoncé la physionomie du second tour depuis plusieurs semaines.
Dans le cas d’Emmanuel Macron, cette perspective est récente, elle a grandi à chacun des nombreux coups de théâtre de cette période, dont le candidat a su profiter avec talent. Pour ce qui est de Marine Le Pen, les choses se dessinent depuis plus longtemps. La vie politique française se structure depuis plus de deux ans autour de cette certitude que la présidente du FN occuperait l’une des deux places convoitées, et que tous les autres devraient se battre pour la seconde.
Lire aussi :   Macron-Le Pen : un duel attendu pour une élection inédite
C’est arrivé, comme prévu, malgré une mauvaise campagne de la candidate FN, et un score en retrait par rapport aux différentes élections depuis 2012. Mais il ne faudrait surtout pas que la banalisation de ce résultat relativise la gravité de la blessure infligée à la nation. Pour la première fois, le FN vient de dépasser les 20 % de voix à une élection présidentielle. Sa candidate y a établi le record de suffrages de son parti, avec 7,6 millions d’électeurs, soit 2,8 millions de plus que son père au premier tour de la présidentielle de 2002. Pour la deuxième fois en quinze ans, un parti nationaliste et xénophobe, manipulé par un clan familial cynique et affairiste, se qualifie ainsi pour l’échéance majeure de notre système politique.

Un refus sans faille du FN

Cette récurrence devrait à la fois alerter sur l’état de notre démocratie, et déclencher, comme en 2002, un refus sans faille. Pour Le Monde, cette réaction ne souffrira pas la moindre ambiguïté. Nous avons redit, avant le scrutin, que le Front national est incompatible avec chacune de nos valeurs, avec notre histoire et notre identité. Logiquement, nous souhaitons donc la défaite de Marine Le Pen et appelons pour cela à voter en faveur d’Emmanuel Macron.
Mais le pire, le plus dangereux, le plus irresponsable pour l’avenir de notre pays, serait de considérer que ce prévisible-là est acquis, que la victoire du candidat d’En marche ! ne souffre pas l’ombre d’un doute. Une comparaison devrait suffire à convaincre de la fragilité de ce pronostic. Emmanuel Macron se lance dans cette deuxième partie de campagne avec 62 % des intentions de vote (selon Ipsos Sopra-Steria) là où Jacques Chirac avait conclu la sienne à 82,2 % des suffrages. Vingt points se sont évaporés en quinze ans. Comme se sont volatilisés les appels à manifester de 2002 ou la notion même de « front républicain » opposé au FN.
Lire aussi :   Résultats de l’élection présidentielle : la France traversée par une double fracture
C’est le défi que rencontrent les dynamiteurs de système : ils doivent se mouvoir dans un environnement où plus rien n’est stable. Le souffle de l’irruption fulgurante d’Emmanuel Macron a causé d’innombrables dégâts dans les formations majeures de la politique française. Les deux partis de gouvernement et d’alternance sont pour la première fois absents en même temps du second tour, ce qui n’était jamais arrivé à la droite. Le PS a chuté à un score qui le renvoie aux heures les plus difficiles de la SFIO, il y a plus d’un demi-siècle. La droite, pour n’avoir osé tirer la conclusion qu’un candidat discrédité éthiquement ne pourrait se qualifier politiquement, subit une humiliation d’autant plus cuisante qu’elle est infligée par un ancien ministre de François Hollande, président honni dans ce camp, allié à l’autre repoussoir, François Bayrou.
Surmonter la colère
De l’ampleur de ces déconvenues ont fatalement jailli beaucoup de rancœur et d’amertume. Benoît Hamon a su les surmonter pour lancer un appel digne en faveur de l’ancien ministre de l’économie. Mais à droite, les choses semblent beaucoup moins faciles à digérer. Nombre de dirigeants, et d’éditorialistes, font mine de croire que le résultat est certain, pour se dispenser de donner une consigne claire. Beaucoup d’électeurs conservateurs auront sans doute du mal à surmonter leur colère, tant ils ont été chauffés à blanc par un François Fillon, appuyé par les militants de Sens commun, qui n’a pas hésité à tirer toutes les ficelles des extrémismes – incluant complotisme et mise en cause des médias et de la justice – dans sa fuite en avant.
Emmanuel Macron devra également tenir compte de l’ampleur de la protestation sociale mise en avant par le très bon score du leader des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon. Rompant avec toutes les traditions de la gauche, celui-ci a refusé, dimanche soir, d’appeler à voter pour l’adversaire du FN. Nul doute qu’un nombre non négligeable de ses électeurs seront tentés par la même attitude. Pour les convaincre de changer d’avis, le candidat centriste ne devra surtout pas commettre la même erreur que Hillary Clinton, qui n’avait tiré aucune conséquence de la longue résistance que lui ont opposée les électeurs de Bernie Sanders. Pour rappel, la candidate démocrate était donnée comme triomphatrice certaine face à Donald Trump, à deux semaines du vote américain.
Le risque d’une abstention massive, un dimanche d’élection qui tombera au milieu du pont du 8 mai, est également loin d’être négligeable. Emmanuel Macron a donc moins de quinze jours pour démontrer à tous ces électeurs réticents qu’il a pris la mesure du choc subi par le système politique français.
Publié dans Débats Idées Points de vue, Politique | Tagué , ,

Présidentielle : une veste offerte à François Fillon

Publié dans Humour | Tagué ,

Louis Aliot : qui est « monsieur Le Pen » ?

Le Vif.be – 25/04/2017 – Muriel Lefevre –
Le compagnon de Marine Le Pen a l’accent chantant, mais est très discret. Il est pourtant l’une des figures historiques du FN, l’un de ses vice-présidents et eurodéputé. Portrait.
Louis Aliot : qui est "monsieur Le Pen" ?
© Reuters
Louis Aliot a rejoint le Front national au tout début des années 90. Il s’encarte à 21 ans. Celui qui est né à Toulouse en 1969, a passé son enfance dans une famille marquée par la guerre d’Algérie et acquise à l’extrême droite. Il est un ardent défenseur d’une ligne poujadiste, soit, pour le résumer très sommairement, d’un « conservatisme petit-bourgeois » de droite et fidèle à une certaine idée du colonialisme.
En 1998, alors que le parti n’est pas loin de sombrer suite au départ de Bruno Mégret et de ceux qui le soutiennent, il choisit le camp Jean-Marie Le Pen. Une fidélité qui sera récompensée par une nomination au poste de directeur de cabinet du châtelain de Montretout en personne. Ce dernier dira de lui qu’il est « courageux, intelligent, dévoué… quelquefois assez vif ». Il sera ensuite nommé secrétaire général du parti entre 2005 et 2010.
Loulou la purge
Aliot est l’un des artisans et initiateurs de la tentative de dédiabolisation du FN entamée suite aux présidentielles de 2002. L’immense mobilisation a traumatisé nombre de membres du FN qui cherchent alors à tout faire pour normaliser l’image du parti. Aliot sera l’un des piliers de ce qu’on va appeler le renouveau mariniste. Et il va faire le ménage. Au point que ses opposants vont l’appeler « Loulou la purge« . Aliot est alors convaincu que « l’ambiguïté antisémite n’a pas sa place au FN »
En 2010, il claque la porte du parti pour soutenir la candidature de Marine Le Pen à la présidence du FN. Un coup de poker réussi puisqu’il est nommé vice-président lorsque Marine reprend les rênes du parti. Il sera aussi son directeur opérationnel pour sa campagne de 2012.
Quelque part durant ce parcours, il devient le conjoint de Marine Le Pen. Leur relation ne sera officialisée qu’en 2010, mais même par la suite elle reste discrète. Il a deux enfants d’une précédente union et Marine Le Pen a divorcé à deux reprises. Ils ne sont ni mariés, ni pacsés. Tout au plus publieront-ils un cliché sur Twitter pour démentir les rumeurs de ruptures annoncées par le journal people Closer.
Cet ancien avocat et amateur de Rugby de 47 ans est avant tout un notable de province aux ambitions perpignanaises bien encrée. En apparence, il ne s’intéresse plus guère à la politique nationale et délaisse la scène publique. Il représente pourtant un courant majoritaire au sein de son parti et est connu pour avoir le verbe haut et le contact facile. Sa mise en retrait alors qu’il a tout pour séduire la basse frontiste désole en interne. « Louis a déçu beaucoup de gens, dit un député FN dans Libération.
Mais lui balaye ces affirmations de la main et explique son retrait de la scène nationale par ses projets locaux. Il espère conquérir en 2020 la mairie de Perpignan après deux échecs. Le fait qu’il soit le compagnon de la présidente du parti a sans aucun doute joué un rôle dans cette recherche de discrétion.
Marine Le Pen ne compte en effet pas sur son compagnon pour gouverner. La fille de Jean-Marie Le Pen est très soucieuse de se détacher de l’image de PME familiale qui colle au FN. « Les Français ont exprimé leur désaccord avec les liens familiaux qui peuvent exister en politique. J’ai entendu ce qu’ils ont dit, et par conséquent pas plus que mon compagnon Louis Aliot ne sera ministre dans mon gouvernement, Marion ne pourrait l’être non plus » a-t-elle dit il y a quelques semaines.
« Il ne peut pas être au premier plan maintenant que sa compagne dirige le parti, explique encore le directeur de cabinet de Marine Le Pen, Nicolas Lesage, un ami de Louis Aliot toujours dans Libération. Un point de vue aussi défendu par l’intéressé qui révèle, toujours dans Libération, qu’« en raison de ma relation avec Marine, nos adversaires se servent de moi pour l’attaquer, et en interne des idiots imaginent pouvoir lui dire un certain nombre de choses à travers moi. Donc il est beaucoup plus confortable et efficace pour moi de ne m’occuper que du local. »
D’ailleurs, si Marine Le Pen est élue présidente, il s’effacera complètement : « Pour le respect des institutions, je pense qu’il ne peut y avoir qu’un centre de pouvoir, et que ce centre ne doit surtout pas subir d’influence privée. Ce serait une gêne pour elle, on tenterait de me piéger pour la mettre en difficulté. La seule solution, c’est que je m’efface complètement », a-t-il dit en juin 2015 à Science Po TV.
Un SMS à 31.000 euros ?
Discret ces derniers mois, il n’en est pas pour autant épargné par le scandale. L’un de ses assistants au Parlement européen est soupçonné d’avoir été payé par des fonds publics, mais aurait en réalité travaillé à plein temps pour le FN. L’assistant aurait été payé 31000 euros pour huit mois de travail et n’aurait durant ce laps de temps envoyé qu’un seul SMS à son employeur.

Publié dans Politique | Tagué , ,

L’Arabie Saoudite élue à la Commission des droits des femmes de l’ONU !

Le Vif.be – 25/04/17 –
L’Arabie Saoudite a été élue à la Commission des droits des femmes de l’ONU. « C’est comme désigner un pyromane chef des pompiers de la ville », commente Hillel Neuer, directeur exécutif de l’organisation UN Watch.
L'Arabie Saoudite élue à la Commission des droits des femmes de l'ONU
Le roi d’Arabie saoudite Salmane ben Abdulaziz al-Saoud (à droite), en compagnie du prince Mohammed ben Nayef (centre), et du vice-prince héritier Mohammed ben Salmane. © AFP/Bandar Al-Jaloud
L’Arabie Saoudite va occuper un siège à la Commission de la condition de la femme des Nations Unies (CSW). La nomination de Riyad, régime salafiste qui fait partie des pays les plus misogynes au monde, où les femmes n’ont pas le droit de conduite une voiture ou de voyager à l’étranger sans gardien mâle, promu au sein d’un organe de 54 pays censé s’investir dans « la promotion de l’égalité hommes-femmes et l’autonomisation des femmes » a de quoi surprendre…
Les Nations Unies envoient un signal selon lequel « les petro-dollars permettent de tout acheter, même un profit politique », estime M. Neuer.
L’Arabie Saoudite a obtenu le feu vert, par vote secret (hypocrite et anonyme…), de 47 des 54 États membres du Conseil économique et social des Nations unies dont font partie la France et la Belgique ! Et approuvé sur presque tous les continents, y compris  certains pays d’Europe… on se demande bien lesquels.
En 2017, les 54 membres du Conseil sont originaires des États suivants :
Afrique (14 sièges) : Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud (2018) Drapeau de l'Algérie Algérie (2018) Drapeau du Bénin Bénin (2019) Drapeau du Burkina Faso Burkina Faso (2017) Drapeau du Cameroun Cameroun (2019) Drapeau du Ghana Ghana (2017) Drapeau de la Mauritanie Mauritanie (2017) Drapeau du Nigeria Nigeria (2018) Drapeau de l'Ouganda Ouganda (2017) Drapeau du Rwanda Rwanda (2018) Drapeau de la Somalie Somalie (2018) Drapeau du Swaziland Swaziland (2019) Drapeau du Tchad Tchad (2019) Drapeau du Zimbabwe Zimbabwe (2017)
Asie (11 sièges) : Drapeau de l'Afghanistan Afghanistan (2018)  Chine (2019) Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud (2019) Drapeau des Émirats arabes unis Émirats arabes unis (2019) Drapeau de l'Inde Inde (2017) Drapeau de l'Irak Irak (2018) Drapeau du Japon Japon (2017)  Drapeau du Liban Liban (2018) Drapeau du Pakistan Pakistan (2017) Drapeau du Tadjikistan Tadjikistan (2019) Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam (2018)
Europe orientale (6 sièges) Drapeau de l'Azerbaïdjan Azerbaïdjan (2019)  Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine (2019) Drapeau de l'Estonie Estonie (2017) Drapeau de la MoldavieMoldavie (2018) Drapeau de la République tchèque République tchèque (2018) Drapeau de la Russie Russie (2019)
Amérique Latine et Caraïbes (10 sièges) :  Argentine (2017)  Drapeau du Brésil Brésil (2017)  Drapeau du Chili Chili (2018) Drapeau de la Colombie Colombie (2019) Drapeau du Guyana Guyana (2018) Drapeau du Honduras Honduras (2017) Drapeau du Pérou Pérou (2018) Drapeau de Saint-Vincent-et-les-Grenadines Saint-Vincent-et-les Grenadines (2019) Drapeau de Trinité-et-Tobago Trinité-et-Tobago (2017) Drapeau du Venezuela Venezuela (2019)
Europe occidentale et autres états (13 sièges) : Drapeau de l'Allemagne Allemagne (2017)  Drapeau d'Andorre Andorre (2019) Drapeau de l'Australie Australie (2018) Drapeau de la Belgique Belgique (2018) Drapeau des États-Unis États-Unis (2018) Drapeau de la France France (2017) Drapeau de la Grèce Grèce (2017) Drapeau de l'Irlande Irlande (2017) Drapeau de l'Italie Italie (2018) Drapeau de la Norvège Norvège (2019) Drapeau du Portugal Portugal (2017) Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni (2019) Drapeau de la Suède Suède (2019)
Publié dans Droit de l'humain, International | Tagué , ,

Des architectes rêvent de construire un gratte-ciel écologique flottant

BFMTV – 24/04/2017 – Diane Lacaze –
Deux architectes ont imaginé un immeuble qui sera érigé sur l’eau. La particularité de cette tour ne s’arrête pas là. Elle serait aussi en mesure de purifier l’air environnant.
Réchauffement climatique oblige, les architectes réfléchissent à des constructions qui peuvent résister à la montée des eaux. Deux architectes, l’Italien Luca Beltrame et l’Autrichien Saba Nabavi Tafreshi, ont imaginé le Heal-Berg, un immeuble flottant. Ce gratte-ciel en forme d’iceberg, repéré par le site Sciencepost, figure dans le palmarès du Skycraper Competition 2017, un concours qui récompense les projets écologiques les plus novateurs.
Publié dans Logement, Ecologie | Tagué

Présidentielle. Le défi du rassemblement (Commentaire )

Ouest France 25/04/2017 Michel Urvoy EXTRAITS

Si la politique n’était qu’arithmétique, Emmanuel Macron aurait raison de célébrer sa victoire avec quinze jours d’avance. Avec gravité, parlant du terrorisme, du Front national, des risques d’un repli sur soi, François Hollande lui a rappelé hier, comme à un adolescent de la politique, que l’heure n’était pas venue.
Rassembler. À présent que le Meccano est en mille morceaux, il va falloir le remonter, différemment pour qu’il fonctionne mieux.
La défaite ravive jusqu’à l’insoutenable les fractures que les victoires avaient masquées.
Une fragile adhésion
Les Français n’aiment pas trop ceux qui réussissent. Les victimes de la mondialisation – ou qui se pensent ainsi – se méfient d’une ouverture au monde sans laquelle ce serait pourtant pire. Même si la sortie de l’euro n’est pas un sujet porteur, celui de l’Europe ne l’est pas davantage.
Sans même parler des législatives, qui seront l’étape suivante du rassemblement, le score, dans treize jours, dépendra du talent de l’une à nous décrire l’horreur européenne, de l’autre à nous convaincre de sa capacité à rendre l’Europe désirable.
Le second tour va se jouer sur cet antagonisme dont dépendent deux projets très différents. Et sur les pudeurs de gazelle dont font preuve certains à ne pas exprimer de clair soutien républicain.
Lire
Infographie :  La bataille des reports de voix
 
Présidentielle. 160 élus socialistes appellent à voter Emmanuel Macron
Présidentielle. Le PS appelle unanimement à voter Macron
Présidentielle. Les Républicains appellent à voter « contre Marine Le Pen »
Publié dans Politique, Débats Idées Points de vue | Tagué

Match retour

L’Opinion 26/04/207
Présidentielle : revoilà la fracture européenne !
Il faut que la France soit ouverte ou fermée. Inspiré d’Alfred de Musset (Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée), l’adage pourrait être le résumé du second tour de l’élection présidentielle :…

Entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, le clivage est clair comme jamais. Un électeur sur deux a, d’une manière ou d’une autre, rejeté l’Union européenne
Publié dans Europe, Humour, Politique | Tagué , ,

A J-13, Le Pen et Macron mobilisent leurs forces

Le Monde 26/04/2017
Confrontée à un duel difficile face à Emmanuel Macron, Marine Le Pen, arrivée deuxième du premier tour de l’élection présidentielle avec 21,3 % des suffrages, est repartie dès lundi en campagne, annonçant même sur France 2 sa « mise en congé » de la présidence du Front national (FN) afin de « rassembler » les Français autour de son projet présidentiel, sans plus de précisions  pour tenter de déjouer les pronostics la donnant perdante le 7 mai.
Quinze minutes chrono sur un marché le matin, à Rouvroy (Pas-de-Calais), à deux pas de son fief d’Hénin-Beaumont, le temps de quelques images devant des télévisions triées sur le volet, tandis que le reste de la presse était dérouté vers Béthune. . Chaque fois, Mme Le Pen a pilonné son rival de second tour.
Arrivé en tête avec 24,01 % des suffrages, Emmanuel Macron a consacré l’essentiel de son lundi aux « négociations politiques » en vue d’une majorité aux législatives. Il a aussi participé à une commémoration du génocide arménien de 1915, première apparition publique depuis sa qualification. M. Macron a engrangé les soutiens, hier. François Hollande a levé toute ambiguïté sur ses intentions, annonçant qu’il voterait pour son ancien ministre de l’économie au second tour face au « risque » que Marine Le Pen fait peser, selon lui, sur l’avenir de la France. Le Parti socialiste a décidé de faire battre Marine Le Pen, sans pour autant proposer d’alliance à Emmanuel Macron pour les législatives, au lendemain de la défaite historique de Benoît Hamon.
Ont également appelé à voter pour Emmanuel Macron, la Grande Mosquée de Paris (GMP) et le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Le syndicat Alliance police nationale, majoritaire chez les gardiens de la paix, a appelé lundi à « voter contre » Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle.
Les Républicains, enfin, ont appelé hier à voter le 7 mai « pour faire battre Marine Le Pen », s’abstenant d’un soutien explicite à Emmanuel Macron dans un débat interne à vif sur la ligne à adopter après l’élimination de François Fillon. En 2002, Jacques Chirac avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen après l’accession surprise de celui-ci au second tour la présidentielle. Quinze ans plus tard, Emmanuel Macron participera, lui, avec la fille du fondateur du FN, au traditionnel débat télévisé de l’entre-deux-tours, prévu pour le mercredi 3 mai.
Publié dans Débats Idées Points de vue, Politique | Tagué