Campus – Les universités américaines dominent une nouvelle fois le classement de Shanghaï

Seize établissements états-uniens sont dans le top 20 de ce palmarès mondial. L’université Pierre-et-Marie-Curie (40e) reste la meilleure française.

LE MONDE | 15.08.2017 | Par Eric Nunès et Camille Stromboni
En 2017 encore, ce sont les établissements nord-américains qui dominent largement le classement de Shanghaï, palmarès mondial des universités publié mardi 15 août.
Avec seize établissements parmi le top 20 et quarante-huit dans le top 100, les Etats-Unis confirment leur hégémonie. Harvard (Massachusetts) se maintient à la première place, devançant Stanford (Californie). La première européenne, l’anglaise Cambridge, progresse d’une place par rapport à 2016, délogeant ainsi l’université californienne de Berkeley de la troisième place du podium. Le MIT est la quatrième, Berkerley rétrograde à la 5e place.
Seulement quelques universités d’Europe continentale se maintiennent aux places d’honneur : celle de Zurich (Suisse) demeure à la 19e place, Copenhague conservant la 30e. La première française, l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI), est classée 40e, talonnée par L’université de Paris-Sud, 41e (en progression de cinq places). Une troisième tricolore figure parmi les cent premières : l’Ecole normale supérieure, à la 69e place.
Si l’on prend en compte le nombre d’universités par pays figurant dans le top 100 de ce palmarès, la place de la France reste stable, devancée par les Etats-Unis (48 classés), le Royaume-Uni (9), l’Australie (6), la Suisse (5), le Canada (4), les Pays-Bas (4) et l’Allemagne (4). La France arrive ex aequo avec le Japon (3).

« C’est toujours l’angoisse pour nous »
Dans un contexte de compétition internationale entre les établissements, ce palmarès mondial est une référence depuis sa création, en 2003. Il est attendu et scruté. « C’est toujours l’angoisse pour nous », reconnaît le président Yvon Berland, ravi de voir son université, Aix-Marseille, conserver son rang (dans la catégorie 101-150e). Pourtant, des débats réguliers agitent le milieu universitaire à propos des critères utilisés pour donner une note aux meilleurs établissements de la planète.
Pour la vingtaine d’établissements que la France y voit distingués chaque année, les gains de places se comptent souvent sur les doigts d’une main. « C’est un classement très regardé, très médiatisé. On y est forcément attentif. Même si ce n’est qu’un indicateur parmi d’autres, pour juger du potentiel de l’université dans le domaine de la recherche », poursuit M. Berland.
Pour lui, cette stabilité montre que son établissement progresse au même rythme que les autres dans la compétition internationale. S’il reconnaît que les critères peuvent être discutés – « ils donnent une large place à l’histoire d’un établissement, avec la comptabilisation des Prix Nobel, ou encore ne prennent quasiment pas en compte les sciences humaines et sociales » –, il estime qu’ils sont « objectifs ».

Lire aussi :   Les universités françaises au prisme du classement de Shanghaï, levier à recrutements et à finances
Pour établir leur classement, les auteurs retiennent six critères principaux :
le nombre de Prix Nobel et de médaille Fields parmi les diplômés,
le nombre de Prix Nobel et de médaille Fields parmi les (anciens) professeurs,
le nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline,
le nombre de publications dans les revues scientifiques science et nature,
le nombre de publications rattachées à l’établissement et répertoriées dans les index de citations,
la pondération de ces cinq indicateurs divisée par le nombre d’enseignants-chercheurs de l’université.
C’est une petite équipe de l’université Jiao Tong, de Shanghaï, qui a délégué à l’Academic Ranking of World Universities (ARWU) le soin de collecter les données requises.
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C’est l’été reportage – Au bonheur du yak dans le val d’Hérens

Rosula Blanc a commencé l’élevage de ces ruminants domestiques un peu par hasard, mais pas question de livrer ses animaux à la boucherie. Quatrième épisode de notre série
Le Temps 16/08/2017

Dans le val d’Hérens, l’un des plus sauvages du Valais, les randonneurs peuvent tomber nez à nez avec une créature himalayenne. Une demi-tonne habillée d’une robe de poils et coiffée de cornes sinueuses. «Mes yaks sont curieux. Parfois, ils s’aventurent au-delà de la crête de la montagne, où il n’y a pas de clôture», sourit Rosula Blanc.
Si on ne les approche pas trop, il n’y a rien à craindre, assure-t-elle. Un jour, l’éleveuse a été rudoyée par une de ses bêtes. Elle a boité pendant des mois. Mais c’était une méprise: le yak en voulait à son chien de berger, le souffre-douleur du troupeau.
Sur ces pentes suspendues à 2700 mètres, les treize yaks de Rosula Blanc se suffisent à eux-mêmes. Ils s’abreuvent dans les torrents. Pour les approcher, il faut cavaler à flanc de montagne, en prenant garde à ne pas rouler en bas. Nul autre ruminant ne leur conteste ces contreforts. Les vaches d’Hérens, bien que musculeuses et trapues, apparaissent comme des petits points noirs sur l’alpage en contrebas.

«Cette race a été poussée pour les combats de reines. Les vaches sont devenues trop lourdes pour aller sur des pentes aussi raides. Tout le haut de la montagne est inutilisé», explique Rosula Blanc, en désignant d’un geste le vaste territoire des yaks.

Elle rend visite à son troupeau une ou deux fois par semaine. L’été, il faut faire les foins pour l’hiver, travail harassant. Au petit matin, puis au crépuscule, elle compte ses yaks à la jumelle depuis son mayen perché de l’autre côté de la vallée, à La Giette. Quand elle s’est installée dans ce hameau perdu, cette femme résolue savait qu’elle voulait faire de l’élevage. Un rêve nourri depuis l’enfance et les vacances qu’elle passait dans ce coin de pays.

Un yak à vendre sur Internet
Ce n’est pas de l’Himalaya que lui vient la passion des yaks. Elle a acheté son premier animal il y a neuf ans un peu par hasard, en découvrant une annonce sur Internet. Entre-temps, les yaks ont été reconnus par la Confédération comme des bovins extensifs. Ce qui permet aux éleveurs de toucher des subventions.

Rosula Blanc assure qu’ils contribuent à la préservation de l’environnement. Sans eux, l’herbe de ces pâturages, où naissent les avalanches, serait plus longue et la neige glisserait plus facilement. Les yaks peuvent aussi mettre en fuite le loup, qui rôde de vallée en vallée et décime parfois les rangs des moutons. Mais les yaks s’entendent mieux avec les chèvres qu’avec les moutons.
Le yak, poursuit Rosula Blanc, donne une viande de luxe, avec très peu de matière grasse et de cholestérol. Les bêtes ne peuvent pas être abattues avant trois ans de vie au grand air. Mais ne comptez pas sur l’éleveuse pour envoyer ses yaks à la boucherie. Kubilai, son premier, est toujours avec elle.

Regard noir, l’imposant chef du troupeau se laisse volontiers caresser par sa maîtresse. «Il s’est assagi. La première fois que j’ai pu être aussi proche, c’était une très belle chose», se souvient-elle.
Le troupeau s’est enfin arrêté sur un promontoire au-dessus d’une courte falaise. Un petit brun, à peine plus haut qu’une chèvre, poursuit le chien qui a eu le malheur de jouer au chef de bande. Le jeune taureau sera bientôt revendu à un autre éleveur, peut-être en France. Le but est aussi de développer la race. Les yaks européens ont tous les mêmes ancêtres, importés il y a longtemps pour des jardins zoologiques.
Une collaboration avec la Confédération, l’Association suisse des éleveurs de yaks, où Rosula Blanc est la responsable de l’élevage, tient une sorte d’arbre généalogique des yaks helvétiques. Bientôt, le troupeau se remet en marche et s’éloigne pour être rapidement hors d’atteinte de nos chevilles.
«Au début, c’était le rodéo»

Notre guide reprend ses explications: «Il n’y a personne pour t’apprendre l’élevage de yaks. Au début, c’était le rodéo. Ce sont des bêtes sauvages, qui se défendent et peuvent être rancunières», poursuit Rosula Blanc. A l’entre-saison, les yaks du val d’Hérens accompagnent des randonneurs parmi les sommets valaisans. Les animaux portent le matériel, ce qui permet une totale autonomie pendant des jours.
En 2013, Rosula Blanc a même mené sa caravane jusqu’à Menton, sur la Côte d’Azur. Elle a fait de ce voyage un livre, intitulé Avec trois yaks vers la mer (Ed. Favre). «Les yaks ont le sens de l’orientation. Sur le parcours, je laissais parfois l’un d’entre eux trouver le meilleur chemin.
Sur les sentiers plus larges, il s’ennuyait», raconte-t-elle. Dans l’aride Himalaya, les yaks ont l’habitude de couvrir de grandes distances à la recherche des pâturages.
Ce marcheur hors pair, son «meilleur» yak, est depuis décédé de calculs rénaux, un problème propre aux yaks et qui fait l’objet d’une recherche à l’Université de Zurich. Ces animaux sont tellement méconnus en Suisse que Rosula Blanc était allée en 2014 à un congrès sur les yaks en Chine.
«Il y avait beaucoup de scientifiques qui travaillaient sur leurs globules rouges et leur adaptation à l’altitude. Mais, finalement, ils connaissaient moins leur comportement que moi», déclare-t-elle, fière de son savoir.
En chiffres
14: en millions, le nombre de yaks dans le monde.
647: le nombre de yaks en Suisse, recensés par le livre d’élevage.
48: le nombre d’exploitations dans lesquelles ils se répartissent, essentiellement pour la production de viande.
Olivier Maire

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Economie – Pour les anciens chefs d’Etat, des privilèges en voie de réduction / La République des ex-présidents

L’Opinion 17 Août Ivanne Trippenbach
Indemnités, transport, garde des propriétés : la République prend soin de ses anciens présidents, tout en réduisant peu à peu les avantages matériels

Nicolas Sarkozy « coûte » 3,3 millions d’euros par an à l’Etat, contre 3,1 millions pour Valéry Giscard d’Estaing © Sipa Press
Depuis fin 2016, un décret encadre les avantages matériels dévolus aux anciens chefs d’Etat. L’indemnité de retraite, fixée en 1955, reste modeste comparée à l’étranger.
Très discrètement, en mars dernier, la garde aux frais de l’Etat des châteaux de Valéry Giscard d’Estaing à Authon (Loir-et-Cher) et de Jacques Chirac à Bity (Corrèze) a été levée.
Cette surveillance nuit et jour coûtait chaque année 1,3 million d’euros pour le premier et 500 000 euros pour le second. Désormais, Nicolas Sarkozy est l’ancien président qui « coûte » le plus au contribuable avec 3,3 millions d’euros, contre 3,1 millions pour Giscard d’Estaing et 2 millions pour Chirac.
En plein état d’urgence, il a été jugé plus utile de déployer les gendarmes sur le terrain. Mais cette suppression illustre la lente érosion des « privilèges » accordés aux …
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La République des ex-présidents
L’Opinion 18 Août 2017 à 06h00 Ludovic Vigogne
Quatre anciens chefs de l’Etat sont encore en vie, et plus ou moins actifs publiquement. Dans la politique française, c’est une nouvelle donnée. Elle n’est pas sans conséquence
Depuis son élection, Emmanuel Macron a déjà eu trois fois l’occasion de s’afficher avec Nicolas Sarkozy et François Hollande. La coexistence entre un président français et ceux qui l’ont précédé est une réalité récente. Les locataires en place à l’Elysée sont les premiers à devoir s’y adapter. Enquête.
Les Bush, père et fils, ont publié mercredi un communiqué appelant leurs compatriotes à « rejeter le sectarisme racial, l’antisémitisme et la haine sous toutes ses formes », critiquant en creux les ambiguïtés de Donald Trump sur Charlottesville. Dès dimanche, Barack Obama s’était élevé contre les suprémacistes blancs sur Twitter, citant Mandela. S’il n’a pas mentionné son successeur, les commentateurs n’ont pas manqué de mettre sa réaction en regard de celle du 45e président américain.
Aux Etats-Unis, c’est une réalité de longue date : du fait du rythme (des mandats de quatre ans), des institutions (pas plus de deux mandats consécutifs) et des usages (un président, une fois à la retraite, ne se représente plus) du système américain, la cohabitation entre le locataire de la Maison Blanche et ses prédécesseurs est usuelle. Les anciens font partie du paysage. Ils sont régulièrement consultés par l’occupant du Bureau ovale. Les photos entre eux sont monnaie courante. Aujourd’hui, cinq anciens présidents américains sont en vie : Jimmy Carter, George Bush, Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama.
En France, cette coexistence est plus récente. Lorsque Valéry Giscard d’Estaing était président de la République, il n’y avait aucun ancien chef de l’Etat encore en vie. Aujourd’hui, Emmanuel
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Le festival Dans les Jardins de William Christie 2017 ouvre ses portes !

Le pionnier du renouveau du baroque a allié ses deux passions le temps d’un festival dans son domaine au sud de la Vendée

William Christie a deux passions. La musique baroque, qu’il a été un des premiers à faire redécouvrir à la tête de son ensemble Les Arts florissants. Et le jardin.

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Pas n’importe lequel : le sien. Celui qu’il a fait sortir de terre, autour du bâtiment, un logis de la fin du XVIe  siècle qu’il a acquis en  1985 dans le sud de la Vendée, à Thiré. Depuis 2012, à la fin du mois d’août, cet ensemble exceptionnel est ouvert au public – en plus des périodes habituelles de début juillet et du mois de septembre – dans le cadre d’un festival qui porte bien son nom :  » Dans les jardins de William Christie « .

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Ce jardin pluriel, son concepteur, qui est né à Buffalo, dans l’Etat de New York, et dont le père était architecte, le décrit lui-même, calé dans son imposant fauteuil d’époque, devant la cheminée seigneuriale. Plus qu’une histoire des jardins qu’il aurait voulu illustrer,  » c’est un jardin éclectique, avant tout d’inspiration européenne « . Et surtout selon son goût. Qu’il a eu le temps de former à Harvard, puis lors de visites érudites à l’occasion de ses innombrables tournées.

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© Le Monde
Car William Christie n’est pas  » totalement analphabète « , dit-il non sans humour. Il n’y a pas de références aux jardins de lettrés chinois, par exemple : le modèle de l’extraordinaire théâtre de verdure est à chercher du côté des  » chinoiseries  » en vogue en Hollande dès le XVIIe  siècle.

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Dans la cour d’honneur, les deux pins parasols dits  » d’Atys  » évoquent l’opéra de Lully. Quant aux jardins, nés de la complicité avec Joseph Ripaud, un pépiniériste vendéen aussi exigeant qu’attachant, ils sont un agencement savant d’allées ombragées, de sous-bois et de bosquets, de parterres et de terrasses où règnent l’if et le buis taillés.

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Les topiaires, quand elles ne sont pas strictement géométriques, à la manière des jardins italiens de la Renaissance, se voient surmontées d’oiseaux sculptés dans le végétal. Leur dialogue muet avec les volées de pigeons paons d’un blanc éclatant qui s’échappent régulièrement d’un délicieux pigeonnier aurait eu sa place dans Le Roi et l’Oiseau

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La pinède évoque les ruines romaines qui séduisirent tant les voyageurs fortunés au XVIIIe  siècle. Il y a même, dans un sous-bois, un jardin éphémère. Et c’est dans l’herbe, sur les marches ou sous les frondaisons que se sont produits, pour des dizaines de concerts ou d’ateliers, les musiciens et chanteurs des Arts florissants ou les artistes invités de la prestigieuse Juilliard School de New York, devant des centaines de spectateurs ravis d’être là.
Un des clous du festival, une -conversation à l’ombre des platanes entre Henry-Claude Cousseau, discret et élégant conservateur du patrimoine, et l’écrivain Erik Orsenna, sur le thème des jardins dans la littérature, a rassemblé de nombreux auditeurs attentifs. Dont un monsieur irascible qui s’en est pris à un spectateur  » malpoli «  (William Christie lui-même, fort interloqué) qui avait osé s’asseoir au premier rang…

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Les sourires perdureront avec les mots choisis de ces conteurs subtils qui convoqueront Gœthe, Saint-Simon, Montaigne ou Vivant Denon. Erik Orsenna, auteur du Portrait d’un homme heureux : André Le Nôtre, racontera Versailles, les exigences royales, les projets inaboutis de détournement de la Loire ou de l’Eure pour  » contenter les fontaines « 

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 » Louis XIV  » en son domaine

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Versailles, qu’il est difficile de ne pas évoquer quand, depuis les terrasses et le grand parterre, on fait face à ce qui constitue le joyau du domaine : le miroir d’eau (70 mètres de long, tout de même), avec, à l’arrière-plan, sa colonnade de charmes, la colline, les pins au loin et la grotte de rocaille.

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William Christie est sur scène, au clavecin, heureux de communiquer son bonheur.
© Le Monde

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http://www.Les arts florissants.com/
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Le ministre Travert en porte-parole du lobby de l’agroalimentaire

Charlie Hebdo – 15/08/2017 – Fabrice Nicolino –
Ne cherchons pas l’erreur, car il n’y en a pas. Un, la demande produits alimentaires bio explose en France – + 20 % en 2016 -, où des millions de consommateurs refusent toujours plus la merde industrielle pesticidée. Et c’est la même chose en Europe, où les produits bio pèsent maintenant près de 30 milliards d’euros par an. Sur le papier, un boulevard pavé de roses s’ouvre pour des politiques intelligentes de soutien à l’agriculture biologique. Mais dans les faits, la société n’a droit qu’à un doigt d’honneur du trio Travert-Philippe-Macron.
Voyons d’un peu plus près. L’un des drames de bio en France c’est qu’il est très difficile de devenir paysan, entre autres pour des raisons foncières. Et compliqué de convertir une exploitation existante alors qu’il faut importer massivement du blé ou des légumes bio. Or voilà que monsieur Travert, ministre macronien de l’Agriculture a décidé, comme le dénonce la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) dans un communiqué (1), « … de ne prévoir aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique dans les trois prochaines années. Aucune nouvelle conversion biologique ne sera possible« . Ne surtout pas voir dans cette vilenie la main du lobby agro-industriel, FNSEA en tête, car ce serait injurieux pour notre ministre, qui n’en est jamais que le porte-parole.
De son côté, la Confédération paysanne complète le tableau à propos de la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), et évoque une trahison gouvernementale (2), ajoutant : « Comme si cela ne suffisait pas, [le gouvernement] compte laisser un trou budgétaire béant dans le financement des mesures agro-environnementales et climatiques« .
(1) Jeudi noir pour l’agriculture biologique en France (Gilles Héluin 29 juillet 2017)
Selon un communiqué de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB), une décision du ministre de l’Agriculture, Stéphane TRAVERT, le gouvernement ne prévoit aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique dans les 3 prochaines années. Aucune nouvelle conversion biologique ne sera possible. Les producteurs et producrices bio de la FNAB dénoncent ce renoncement politique historique.
Voila le résultat du lobbying de la FNSEA, entre autres, auquel les oreilles du gouvernement ultralibéral sont sensibles ! Source : communiqué de la FNAB 
(2) Communiqué de la Confédération paysanne (27/07/2017)  : PAC 2018 : La trahison gouvernementale !
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Le voyage hors du corps : mythes et réalités

Alternative santé  – 06/04/2017 – Jacques Mandorla –
  • De nombreuses sources relatent des expériences de décorporationDe nombreuses sources relatent des expériences de décorporation
À en croire ceux qui en sont revenus, la mort n’a rien d’effrayant. Comme en lévitation, plein d’une joie sereine, on a l’impression de quitter son corps et d’avancer dans un tunnel obscur, au fond duquel brille une étrange lumière. Quels enseignements tirer de ces fameuses expériences de mort imminente ? S’agit-il de simples hallucinations dues à l’oxygénation insuffisante du cerveau, ou bien d’un authentique voyage de la conscience vers des mondes inconnus ?
Des milliers de témoignages évoquent le mystérieux phénomène du « voyage hors du corps ». Celui-ci, qui peut se manifester de différentes manières, est connu sous de nombreuses appellations : décorporation, dédoublement, OBE (Out of the Body Experience) en lien parfois avec des « N.D.E. » (Near Death Experience), lévitation, don d’ubiquité, téléportation…
Le voyage hors du corps est défini comme la sensation, pour un individu, de quitter mentalement son corps physique pour se retrouver virtuellement à un autre endroit, au moyen d’un autre corps, invisible celui-là, appelé par certains « corps astral » ou « corps éthérique ». Les témoignages relatifs à ce phénomène proviennent de deux sources distinctes.
La première source est constituée de personnes ayant été plongées dans un coma profond (suite à un accident de la route, une maladie grave, un stress très violent…) au cours duquel elles sont considérées, pendant une certaine période, comme mortes cliniquement, mais reviennent ensuite à la vie. On parle alors de « N.D.E. » (Near Death Experience) ou encore d’état de mort imminente (E.M.I.), d’expérience de mort approchée (E.M.A.), d’expérience aux frontières de la mort, d’expérience de mort-retour… Rappelons qu’aujourd’hui une personne est médicalement déclarée en mort clinique lorsque ses tracés d’encéphalogramme et d’électrocardiogramme sont entièrement plats, et non plus lorsque son coeur s’est arrêté de battre.
La seconde source est constituée de personnes tentant des expériences ayant pour objectif de se « décorporer » volontairement (voir le test proposé en fin d’article).
Trois autres phénomènes, beaucoup plus rares et encore plus contestés, sont parfois associés au même concept : la lévitation, l’ubiquité et la téléportation.
La lévitation est l’élévation du corps physique dans l’espace, sans appui ni aide matérielle. Le cas le plus illustre est celui du moine italien Joseph de Copertino (1603-1663). Il aurait considérablement embarrassé le Vatican en perturbant souvent les messes dominicales célébrées dans son monastère, s’élevant brusquement dans les airs devant les yeux ébahis des autres moines ! Le meilleur témoignage que l’on possède est celui de l’ambassadeur d’Espagne à la cour papale qui, en 1645, se rendit au monastère de Grottaglie, où Copertino vivait : « Il se mit à voler une douzaine de pas au-dessus de la tête des assistants, jusqu’au pied de la statue de la Vierge Marie. Peu après lui avoir rendu hommage, il redescendit au sol puis retourna tout droit à sa cellule, nous laissant là interloqués. »
L’ubiquité (du latin ubique, en tout lieu), appelée aussi « bilocation », survient quand une personne est vue physiquement à deux endroits en même temps. L’écrivain Marcel Aymé évoque ce phénomène dans sa nouvelle fantastique Le Passe-muraille, publiée en 1941 : « Il y avait à Montmartre, dans la rue de l’Abreuvoir, une jeune femme prénommée Sabine qui possédait le don d’ubiquité. Elle pouvait à son gré se multiplier et se trouver, de corps et d’esprit, en tant de lieux qu’il lui plaisait souhaiter. »
Enfin, la téléportation est le fait, pour un personnage, de se déplacer instantanément d’un point à un autre à la vitesse de la lumière, comme le relatent de nombreux auteurs de science-fiction dans leurs romans. Ce phénomène n’est encore, à ce jour, qu’à l’état de recherche théorique. Pourtant, certains spécialistes ne désespèrent pas de pouvoir le réaliser dans le futur : pour s’en convaincre, ils affirment que l’invention de l’hologramme en représente la première étape.
Un phénomène connu de toutes les civilisations
Pour les sceptiques, les phénomènes de voyage hors du corps ne sont que des hallucinations, des rêves ou parfois même de la supercherie pure et simple. Les convaincus, à l’opposé, soutiennent que la meilleure preuve de la réalité du voyage hors du corps repose sur la crédibilité et le nombre des récits fournis par tous ceux qui ont vécu une telle expérience. C’est le cas du psychologue américain Charles Tart, un des fondateurs de la psychologie transpersonnelle : « Étant donné sa distribution apparemment universelle dans toutes les cultures et à travers toute l’histoire, le dédoublement constitue ce que le psychiatre Carl Jung appelle une expérience archétypique, donc potentiellement accessible à de nombreux êtres humains, pour la simple raison qu’elle participe de la nature humaine. »
Les voyages hors du corps sont en effet relatés, depuis des millénaires, dans de nombreuses civilisations. Les premiers écrits de l’Inde mentionnent que, parmi les huit « siddhis » (pouvoirs surnaturels) de l’être humain, le sixième est celui « qui permet de voler dans le ciel ».
Pour les Égyptiens, chaque personne possédait, à côté du corps physique, un autre corps, appelé « ba », ayant la forme d’un oiseau à visage humain, symbole de ce qui peut échapper aux lois de la pesanteur.
L’Ancien Testament relate que le prophète Élisée parvint à déjouer l’attaque des Syriens en se transportant virtuellement dans la chambre du roi syrien pour y lire ses plans d’attaque ! La bataille, le lendemain, ne fut plus alors qu’une simple formalité pour Élisée.
Dans la religion chrétienne, des chercheurs ont relevé de nombreux cas de voyage hors du corps, comme ceux de Jésus-Christ, lors de sa résurrection, ou bien de saint Paul, qui mentionne, dans l’Épître aux Corinthiens, « la corde d’argent » qui relierait le corps spirituel au corps physique et serait un véritable cordon ombilical des voyageurs de l’astral. Ce cordon est décrit, par ceux qui disent l’avoir vu, comme une sorte de câble d’apparence élastique, censé donner à la personne qui voyage l’énergie qui la maintient en vie. Toute rupture du cordon signifierait une mort immédiate.
Chez les Indiens d’Amérique du Nord, on dit que certains chamanes possèdent le pouvoir de quitter leur corps, par leur simple volonté, afin d’accompagner l’âme des morts jusqu’à la terre des ancêtres.
Récits d’écrivains
De nombreux écrivains ont raconté leurs propres expériences en matière de voyage hors du corps : Aldous Huxley, Arthur Koestler, Emily Brontë, Guy de Maupassant, Jack London… Ou encore Ernest Hemingway qui, au moment précis où des éclats d’obus lui criblèrent les jambes, en juillet 1918, vécut une expérience de voyage hors du corps : « Mon âme, ou quelque chose qui sortait de mon corps comme quand vous tirez un mouchoir de soie de votre poche, se déploya autour de moi, puis revint et réintégra mon corps : mais je n’étais pas mort. »
Une autre célébrité du XXe siècle vécut aussi une expérience de voyage hors du corps : Charles Lindbergh. Celle-ci survint au cours de son inoubliable traversée en solitaire de l’Atlantique de mai 1927, à bord du Spirit of Saint Louis. Alors qu’il en était à sa vingt-deuxième heure de vol, Lindbergh fut enveloppé d’un épais brouillard et commença à ressentir les effets de la fatigue : « J’étais hors du temps et de la matière. Je sentis que je me séparais de mon corps tout comme j’imagine l’esprit se dégageant de notre forme corporelle. Je flottais dans le cockpit, à travers le fuselage, puis j’obliquais vers le haut, à l’extérieur de l’appareil, avant de prendre une forme qui, j’en avais conscience, ne ressemblait en rien à la forme humaine que j’avais laissée dans un avion volant à grande vitesse. Mais je restais lié à mon corps par un long câble si ténu qu’un simple souffle aurait pu le rompre ».
Le pionnier des recherches scientifiques sur le sujet
L’Américain Raymond Moody, docteur en philosophie, est le premier chercheur à avoir popularisé le sujet. Dans son best-seller Life after life (« La vie après la vie »), paru en 1975, Moody analyse 150 témoignages de personnes revenues à la vie. Il appela ce phénomène « N.D.E. » (Near Death Experience), ou expérience de mort imminente, et découvrit l’existence de onze phases caractéristiques communes à tous ces cas :
1 – L’insolite : les rescapés de la mort ont beaucoup de mal à décrire, en termes clairs et simples, le monde dans lequel ils entrent.
2 – L’audition du verdict : la plupart des dédoublés assurent avoir entendu les personnes autour d’elles (médecins ou simples passants) les déclarer morts. Cependant ils sont incapables de bouger ou de parler pour manifester qu’ils sont toujours vivants.
3 – Le sentiment de sérénité : dans la situation de mort imminente, les gens ne ressentent plus de douleur mais, au contraire, une sensation agréable.
4 – Le bruit : les dédoublés n’entendent plus les bruits environnants, mais des sons inhabituels comme de la musique très belle ou, à l’inverse, des bourdonnements insupportables.
5 – Le tunnel obscur : la majorité des sujets se sentent comme aspirés dans un tunnel obscur, un puits ou un espace tubulaire.
6 – L’abandon du corps : à l’issue de la traversée du tunnel, les sujets ressentent un phénomène de décorporation, c’est-à-dire de dédoublement entre leur corps physique et leur corps astral.
7 – La rencontre avec les autres : les personnes qui approchent de la mort semblent alors rencontrer des parents, des amis ou des entités spirituelles qui veulent faciliter leur passage vers la mort.
8 – L’être de lumière : ce phénomène est certainement la caractéristique la plus importante des N.D.E. La lumière est d’abord pâle, puis elle gagne en intensité pour devenir éclatante, sans éblouir le sujet. Cet être de lumière semble donner amour et chaleur et son identification est liée à la croyance religieuse de l’individu (le Christ pour un chrétien, un ange pour un Juif croyant…).
9 – Le défilé de la vie : la plupart des dédoublés voient défiler en accéléré (comme les flash-back d’un film) les séquences importantes de leur vie.
10 –  La frontière : certaines personnes disent avoir aperçu comme une limite, une porte ou une barrière symbolisant la ligne de séparation entre la vie et la mort.
11 – Le retour : tous ceux qui témoignent de leur voyage aux portes de la mort en sont bien sûr revenus, sinon ils ne pourraient pas en parler. Pourtant, certaines personnes disent avoir lutté afin de ne pas revenir dans leur corps physique.
Quinze ans après la parution du best-seller de Raymond Moody, le phénomène de N.D.E. a connu une médiatisation planétaire grâce à la sortie du film L’Expérience interdite, réalisé en 1990 par Joël Schumacher, avec Kiefer Sutherland et Julia Roberts dans les rôles principaux.

« Simple » phénomène neurologique ou expansion de conscience ?
Les phénomènes de sortie du corps ont depuis ces recherches pionnières fait l’objet de centaines de publications, y compris d’études scientifiques contradictoires sur le sujet. Tandis que certains pensent que tout se passe dans le cerveau, d’autres pensent que le phénomène est à appréhender d’un point de vue spirituel.
Une partie de la recherche en neurologie explique par exemple ces phénomènes par des modifications du fonctionnement du cerveau au moment de la mort, en particulier par un manque d’oxygène lié à l’arrêt de la circulation cérébrale. Pour les tenants de cette hypothèse, les EMI et sorties du corps associées seraient en quelque sorte des faux souvenirs induits par l’asphyxie cérébrale. Mais, comme l’a brillamment montré le Dr Jean-Pierre Jourdan dans son ouvrage Deadline, dernière limite, où il étudie avec une grande minutie 74 témoignages d’EMI pour en trouver les points communs, cette explication est largement insuffisante pour expliquer certains phénomènes exceptionnels.
Des souvenirs généralement très précis et parfois troublants de vérité (alors qu’issus d’un cerveau théoriquement « inconscient »), l’accès à des connaissances que même en état de veille ils n’auraient pu avoir (détail de la procédure opératoire, discussion entre soignants dans la pièce voisine…), la cohérence et régularité de certains récits (rencontre avec certains « êtres » ou « personnages » les guidant avec bienveillance et humour dans une sorte de bilan de leur vie), et le fait que les personnes « revenues » expriment souvent des changements profonds dans leurs valeurs (sens éthique accru, envie d’aider son prochain, sentiment d’un accès à une « connaissance universelle ») notamment, ne peuvent absolument pas être expliqués par cette approche réductrice
En outre, comment expliquer que les « Emistes » (sujets ayant fait une expérience de mort imminente) n’aient quasiment jamais de séquelles neurologiques, alors qu’on sait qu’une circulation cérébrale arrêtée au-delà de 3 minutes induit une destruction progressive et irréversible du cerveau ? Et, bien entendu, cette hypothèse d’asphyxie cérébrale ne dit absolument rien de toutes les autres expériences de sortie du corps de personnes en parfaite santé : les personnes sans dommage cérébral, ayant expérimenté par exemple des Fear Death Experiences (expériences juste avant l’évitement d’un accident, comme Charles Lindbergh) ou certains états méditatifs.
Ces premières hypothèses semblent d’ailleurs aujourd’hui dépassées,grâce à des études scientifiques qui, tout en restant centrées sur les mécanismes neuronaux, explorent des interprétations plus larges. Le même Jean-Pierre Jourdan propose par exemple de tester l’hypothèse d’un mécanisme de « protection cérébrale » se déclenchant lors d’une menace de mort. Il a d’ailleurs participé à l’élaboration d’une grande enquête du Coma Science Group, dépendant du Centre de recherches du cyclotron et du Département de neurologie de l’université de Liège (Belgique). Leur rapport de 2008 intitulé Expériences de mort imminente : phénomènes paranormaux ou neurologiques ?, propose une nouvelle hypothèse : « Les N.D.E. sont des phénomènes physiologiques et neurologiques qui ont, de tout temps, suscité la curiosité et généré des mythes et légendes. La vision d’un tunnel et d’une lumière brillante, l’entrée dans un autre monde sont des caractéristiques des N.D.E. qui ont pris une signification spirituelle pour de nombreuses personnes. Différents auteurs ont proposé des modèles transcendantaux ou psychologiques. Cependant, des études neuroscientifiques menées dans différents contextes, dans lesquels peuvent apparaître des O.B.E., montrent un rôle important de la jonction temporo-pariétale, région associée à l’intégration des informations multisensorielles et à la conscience de soi. L’étude des O.B.E. pourrait permettre de connaître les fonctions et les structures qui sous-tendent les aspects de la conscience en condition normale tels que la conscience corporelle, la perspective visuo-spatiale égocentrique, la conscience de soi et l’agentivité c’est-à-dire la conscience d’être l’agent, l’acteur de nos actions, pensées et sentiments. »
Des preuves incontestables à l’horizon 2020 ?
Une autre branche du savoir s’intéresse aux phénomènes de sortie du corps. Il s’agit de la psychologie dite « anomalistique », qui tente de construire des protocoles scientifiques solides pour analyser ces « phénomènes exceptionnels » que les sciences psychologiques et leurs paradigmes actuels échouent encore à expliquer (des phénomènes de précognition jusqu’à la télépathie). Concernant les EMI, une fascinante recherche européenne initiée en 2008 est actuellement en cours, l’étude AWARE initiée par le Dr Sam Parnia, de l’université de Southampton. Elle a consisté, durant quatre ans, à examiner 2 060 patients hospitalisés pour arrêt cardiaque dans 15 hôpitaux en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Autriche. Les chercheurs ont placé dans les salles de réanimation des « cibles » (des images) en hauteur sur des étagères qu’on ne pouvait observer (et donc décrire) qu’en se situant « au-dessus » de ces étagères.
Parmi les 156 patients de l’étude ayant survécu aux arrêts cardiaques, et dont la parole a été recueillie ensuite, 9 % ont eu des expériences compatibles avec des EMI d’après les chercheurs, et 2 % une conscience précise de leur environnement compatible avec une expérience de sortie de leur corps. Un des cas les plus troublants a été cet homme de 57 ans racontant être sorti de son corps pendant son opération. Il dit avoir vu toute la scène de réanimation depuis un coin du plafond et a pu décrire des faits dont il n’aurait pas dû avoir conscience (paroles prononcées et gestes médicaux de l’équipe soignante, description physique de certain d’entre eux, etc.), faits ensuite corroborés par les présents à l’opération. Une nouvelle étude de bien plus grande ampleur est en cours (AWARE 2) et présentera ses résultats finaux en 2020, suscitant d’ores et déjà beaucoup de curiosité et de spéculations.
Si elles n’arriveront pas forcément à réconcilier les convaincus et les sceptiques, ancrés qu’ils sont souvent dans leurs croyances, ce genre d’expériences a le grand mérite de faire avancer nos connaissances, et ce n’est pas rien. Une chose est sûre néanmoins, la récurrence de ces phénomènes nous oblige à penser à nouveaux frais nos idées établies et parfois paresseuses sur le fonctionnement du cerveau, la localisation et la nature de la conscience et, bien sûr dans le cas des EMI, le sens de la vie et de la mort.
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Cent jours – Bruno Bonnell : «La République en marche doit faire à nouveau de la politique»

L’Opinion  15/08/2017 Jean-Jérôme Bertolus
Le député macronien et chef d’entreprise promet une rentrée plus dynamique de la part de la majorité. Il souligne les succès de la session parlementaire sans taire ses critiques : répartition des postes à l’Assemblée, baisse des APL, nationalisation de STX France, manque de socle idéologique du mouvement LREM…

Bruno Bonnell : « Mon adrénaline n’est pas de parvenir à me faire réélire mais de transformer la société à travers la réforme du marché du travail, celle de la formation professionnelle, des retraites et bien d’autres. » © Sipa Press
Fondateur d’Infogrames et de Robopolis, président du conseil d’administration de l’école de commerce EM Lyon, Bruno Bonnell a été l’un des emblèmes de l’ouverture de La République en marche à la société civile, lors de la campagne législative. Elu député du Rhône en juin en battant Najat Vallaud-Belkacem, il s’est montré depuis silencieux. Il invite aujourd’hui le groupe à s’affirmer davantage à la rentrée.
Vous étiez un chef d’entreprise, connu pour avoir investi les champs du numérique et de la robotique. Etes-vous maintenant un homme politique ?
Dès que je suis arrivé dans l’Hémicycle, les parlementaires les plus expérimentés m’ont conseillé de rester en campagne et de penser aux prochaines élections législatives de 2022… Pour eux, la compétition est permanente. Je ne les ai pas écoutés, je vis seulement un moment politique et ne ferai qu’un seul mandat. Je voterai sans hésiter la réforme constitutionnelle qui prévoit la réduction du nombre de députés. Le courage serait d’ailleurs d’avoir le redécoupage des circonscriptions avant le vote. Si Villeurbanne, ma circonscription, est fusionnée avec une autre circonscription, cela ne changera rien à mon vote. Mon adrénaline n’est pas de parvenir à me faire réélire mais de transformer la société à travers la réforme du marché du travail, celle de la formation professionnelle, des retraites et bien d’autres. J’aurai un formidable sentiment de devoir accompli si l’on peut faire aboutir ces réformes.
Des députés « marcheurs » ont évoqué une forme de caporalisation. N’est-ce pas contraire à l’esprit de la campagne ?
Des députés, fatigués, m’ont expliqué qu’ils allaient démissionner. Les vacances vont faire du bien car nous n’avons pas signé un CDD de parlementaire et on ne démissionne pas de nos fonctions. Nous avons un mandat et, si on y renonce, il faut assumer de devenir en quelque sorte un « défroqué ». Je suis favorable à un véritable serment du député, qui assure que l’on s’engage et que l’on ne trahira pas son honneur.
Quel bilan tirez-vous des deux mois de session parlementaire de ce début de quinquennat ?
J’ai été épaté par la capacité, alors que près de 90 % des députés La République en marche (LREM) sont des novices, à voter deux lois dans un délai si court. C’est une preuve de la formidable intelligence collective du groupe qui nous a permis d’assimiler les codes de l’Assemblée nationale en un temps record. A titre personnel, j’ai compris qu’il y avait deux mondes, celui du monde économique et de l’entreprise – le mien, plutôt dans le style bateau à moteur qui croise directement vers son cap – et le monde politique traditionnel qui, lui, tient plutôt du bateau à voile et tire des bords en fonction des vents et des courants d’opinion.
«La base de notre cohésion est la fidélité à Emmanuel Macron et son corollaire, le programme. C’est une forme faible de cohésion. Il faut maintenant définir l’idéologie de La République en marche, qui en sera le ciment fort»
Au terme de la session extraordinaire, la majorité a donc pris ses marques ?
Nous sommes arrivés à l’Assemblée avec l’énergie et l’idéal des révolutionnaires. Il y a eu donc eu assez vite des frustrations. A la rentrée, il faudra retrouver nos valeurs fondées sur le décalage. Pourquoi ferions-nous les choses comme les autres ? La torpeur, c’est le danger mortel de La République en marche. Nous allons donc beaucoup plus nous engager sur des propositions de loi ou des amendements, être créateur d’idées. Il nous faut être inattendus pour ne plus laisser l’opposition nous caricaturer. Lors de l’examen de la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, on va nous opposer l’aspect « liberticide » de certaines mesures. Pourtant, il faudra bien sûr aller plus loin en matière de croisement des fichiers pour accroître l’efficacité du renseignement. Il faut en finir avec le « néo-hippisme » angélique… Nous devrons répondre avec la passion que nous avions pendant la campagne, toujours en décalage et en audace, les ingrédients de notre victoire. Nous devons faire à nouveau de la politique. Nous avions annoncé que la segmentation droite-gauche n’était plus la bonne grille de lecture politique et défendu un partage plus moderne entre conservateurs et progressistes. Je me définis comme de gauche progressiste. Jean-Luc Mélenchon, c’est un conservateur de gauche et encore, je suis gentil. Nous n’avons toutefois pas encore défini toutes les clefs de cette nouvelle segmentation politique. C’est un chantier de fond indispensable.
La répartition des postes à responsabilité à l’Assemblée et au sein du groupe LREM a provoqué, elle aussi, des frustrations…
La volonté de changement était si forte qu’après les élections, on ne peut nier que le « dégagisme » s’est poursuivi dans le groupe. Un parlementaire qui avait effectué déjà un mandat partait avec un handicap. Mais cela va se rééquilibrer.
Le groupe LREM n’a pas été ménagé par l’opposition…
L’opposition a mangé son pain blanc. A la rentrée, on ne va plus se faire balader. Au départ, je me disais naïvement que nous avions la majorité, donc il était inutile de bouger car à la fin nous gagnerions toujours. Je me plaçais dans la situation du négociateur économique qui attend pour abattre ses cartes maîtresses. Mais cela ne suffit pas. Dans l’arène politique, il faut aussi gagner la rue. Pour convaincre, nous devons bâtir notre cohésion dont la base est la fidélité à Emmanuel Macron et son corollaire, le programme. C’est une forme faible de cohésion. Il faut maintenant définir l’idéologie de La République en marche, qui en sera le ciment fort.
«Nous nous sommes inscrits dans une logique inquisitrice de transparence. Sur les conflits d’intérêts, on n’a sans doute pas assez réfléchi à l’arrivée massive de la société civile dans l’Hémicycle»
N’avez-vous pas manqué de temps, en particulier pour la loi sur la transparence ?
On a gâché du temps sur des éléments superflus à cause de l’obstruction systématique de l’opposition. Mais j’aurais préféré donner d’abord du sens au métier de député avant de nous inscrire dans une logique inquisitrice de transparence, que ce soit sur les frais – même si les tripatouillages étaient rares – ou sur les emplois familiaux où certains députés sincères vont se retrouver dans une situation complexe. Sur les conflits d’intérêts, on n’a sans doute pas assez réfléchi à l’arrivée massive de la société civile dans l’Hémicycle : compte tenu de ma vie professionnelle dense, par exemple, j’ai potentiellement énormément de conflits d’intérêts. Mais si on m’empêche d’intervenir là où je suis compétent, comme en matière de robotique, je me demande à quoi je vais servir…
«La baisse de 5 euros des APL était une erreur car le jeu n’en valait pas la chandelle. On va un peu ramer à la rentrée»
On évoque un séminaire ou des journées parlementaires du groupe LREM à la mi-septembre, vous y êtes favorables ?
J’ai été de ceux qui ont porté cette initiative. Mais je m’interroge sur sa forme : faut-il organiser des journées parlementaires « classiques » où se succéderont des membres de l’exécutif qui vont nous nous expliquer que l’on a été formidable et que ce sera encore mieux demain, ou un séminaire de type « entreprise » avec 314 personnes mais sans lien de subordination ? En outre, une partie de la France a prévu de défiler contre le futur projet de réforme du marché du travail à la rentrée. On risque d’entendre : « Pendant que certains manifestent, eux boivent du champagne ». Il y a bien sûr des rites parlementaires mais en nous inscrivant dans le décalage, nous pouvons faire mieux.
Etes-vous satisfait de votre dialogue avec l’exécutif et avec le mouvement ?
Il y a eu beaucoup de dialogue très constructif avec l’exécutif. Nous avons rencontré régulièrement le Premier ministre et de nombreux ministres. Il était important de faire connaissance. En revanche, le mouvement LREM est à l’état de chrysalide, d’où les interrogations légitimes des marcheurs qui se transforment en « minifrondes », même si leur nombre est marginal. Disons-le tout net : pour le moment, La République en marche manque de clarté. La clarification va prendre au moins quelques mois mais la chrysalide va devenir un superbe papillon. Si je prends mon cas, j’étais référent départemental mais je ne peux pas cumuler mon statut de député et mes responsabilités départementales, donc le Rhône n’a plus de référent.
« Pourquoi avoir nationalisé Saint-Nazaire ? Parce qu’il y a des syndicats puissants ou parce que STX dispose de technologies que l’on ne peut laisser partir à l’étranger ?»
Les économies budgétaires ne risquent-elles pas d’enterrer la croissance ?
Jusqu’à présent, on a surtout évoqué la réduction des coûts. La baisse de 5 euros des APL était une erreur car le jeu n’en valait pas la chandelle. On va un peu ramer à la rentrée. Il faut marcher sur deux jambes, économie et investissement. J’attends beaucoup du fonds d’investissement de 10 milliards pour l’innovation. Il est indispensable de s’en faire davantage l’écho. Il faut aussi avoir conscience que nous ne pouvons réussir le redressement national et européen sans un partenariat fort avec l’Allemagne. L’Europe est dans l’ADN du projet d’Emmanuel Macron. J’ai observé avec regret la colère des Italiens concernant Saint-Nazaire. La nationalisation de STX était sûrement indispensable mais elle aurait dû être mieux expliquée. Pourquoi avoir nationalisé les chantiers ? Parce qu’il y a des syndicats puissants ou parce que STX dispose de technologies que l’on ne peut laisser partir à l’étranger ? Il y a quelques mois, Google a racheté facilement une entreprise française disposant d’une technologie d’intelligence artificielle basée sur la reconnaissance vocale. Pour notre avenir, cette technologie était-elle moins importante que le savoir-faire d’un chantier naval ?
Quel a été le moment le plus fort pendant vos deux premiers mois de députés ?
La réunion du Congrès – et je déplore les querelles politiciennes sur son coût au regard des enjeux de cohésion nationale. J’ai relu et j’invite souvent à relire le discours d’Emmanuel Macron. Cela m’a convaincu qu’il était nécessaire de sacraliser le mandat de parlementaire. Cela éliminera d’abord le sentiment d’imposture qui traverse la tête de certains de mes camarades, accusés de n’avoir été élus uniquement parce qu’ils avaient leur tête à côté de celle d’Emmanuel Macron sur une affiche. Quel mépris ! Ils cherchent toutefois une légitimité tant leurs codes sont bouleversés. « Qu’est-ce que je fais là ? » est une phrase que j’entends régulièrement, alors qu’ils ont toute leur place de représentant de la Nation. Les symboles sont capitaux : tenue vestimentaire, attitude, respect mutuel, loin de certaines guignolades… J’ai pu faire campagne en sandales mais je n’ai pas quitté ma cravate et ma veste dans l’Hémicycle. Contrairement à ce que prétendent Mélenchon et Corbière, l’habit est important.
Mais au-delà des symboles, l’engagement des élus doit être mieux expliqué. Des médecins de haut vol, des chefs d’entreprise, des cadres, des fonctionnaires se sont présentés devant les électeurs pour transformer notre pays, en laissant de côté leurs activités. Cela vaut un peu de considération et de confiance, non ?
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Europe – Sombres nuages sur le Brexit

 Si les négociations officielles ont commencé depuis bientôt cinq mois et doivent être bouclées d’ici à octobre 2018, la situation reste chaotique et augmente le risque de voir le Royaume-Uni sortir de l’UE sans aucun accord.

Le Monde |15.08.2017
Editorial du « Monde ». Et si les « experts », tant dénigrés par les partisans du Brexit, avaient finalement raison ? Progressivement, leurs sombres prédictions sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne se concrétisent.
L’économie britannique est en plein ralentissement, avec une croissance de l’ordre de 0,3 % par trimestre, deux fois plus faible qu’au moment du référendum en juin 2016. Les ménages réduisent leur consommation. Les grandes entreprises ralentissent leurs investissements, ne sachant pas de quoi l’avenir sera fait. Et la plupart des grandes banques de la City annoncent l’emplacement de leur siège post-Brexit : Francfort domine, mais Paris, Amsterdam, Dublin et Madrid recueillent aussi les faveurs de quelques établissements.
Il ne faut pas grossir le trait. On est loin d’une récession, et le nombre de banquiers qui vont quitter la City ne devrait pas dépasser une quinzaine de milliers, dans un premier temps. Le Royaume-Uni peut faire face à ce genre d’à-coup. Du moins pour l’instant. Car ce n’est qu’une première étape. Les experts honnis avaient prédit une dégradation en deux temps : d’abord des remous pendant l’actuelle période de transition, puis, après la sortie effective de l’Union européenne, des problèmes économiques dont l’ampleur dépendra du type d’accord que Londres trouvera avec Bruxelles.
Or, de ce côté-là, ça patine sérieusement. Les négociations officielles ont commencé depuis bientôt cinq mois. Michel Barnier, le négociateur européen, a prévenu : tout doit être bouclé d’ici à octobre 2018, pour laisser ensuite le temps aux Vingt-Sept de ratifier l’accord. Il reste donc à peine plus d’un an pour parvenir à un accord.
Pourtant, le gouvernement britannique n’a toujours pas défini clairement sa position de négociation. Il a bien fait part de deux objectifs : sortir du marché unique européen et de l’union douanière. Mais la façon précise d’y arriver reste d’un flou complet. Londres n’a publié qu’un seul document détaillé, concernant le sort des expatriés européens après le Brexit, immédiatement jugé insuffisant par Bruxelles.
« La porte de derrière
Cette semaine, alors que la première ministre, Theresa May, rentre de vacances, deux autres documents devraient enfin être rendus publics : l’un sur la situation très compliquée de l’Irlande du Nord, l’autre sur la question de l’union douanière. Rien n’est en revanche attendu sur le sujet crucial de la facture du divorce à payer à l’UE, dont Bruxelles a pourtant fait un préalable dans ces négociations.
Le flou des Britanniques est partiellement tactique, pour éviter de se dévoiler trop vite. Mais c’est aussi le reflet de profondes divisions politiques internes. Mme May est très affaiblie par son revers aux législatives de juin et l’été a été émaillé de controverses publiques entre ministres, les uns plaidant pour une longue période de transition, jusqu’en 2021 ou 2022, les autres craignant qu’un tel délai soit un piège pour rester dans l’UE « par la porte de derrière ».
Lire aussi :   Brexit : le Royaume-Uni ne restera pas dans l’UE via une « porte dérobée »
Cette situation chaotique, alors que le compte à rebours des négociations est enclenché, augmente le risque de voir le Royaume-Uni sortir de l’UE, fin mars 2019, sans aucun accord. S’il n’est pas le plus probable, ce scénario ne peut plus être exclu. Il serait catastrophique économiquement, sans même évoquer ses répercussions politiques et géopolitiques. Pour le plus grand malheur des Britanniques, les experts pourraient de nouveau voir leurs prévisions négatives confirmées
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En Vrac – International : Canada, Rwanda, l’EI, Charlottesville, littératures étrangères et fipronil

Dilemme canadien sur les demandeurs d’asile haïtiens. Ottawa risque de passer pour plus « vilain » encore que Donald Trump. Des milliers de familles originaires de Haïti sont entrées dans le pays depuis quelques semaines. Résidant aux Etats-Unis grâce à un statut de réfugié temporaire à la suite du tremblement de terre de 2010, elles craignent d’être renvoyées dans leur pays. Mais beaucoup ne répondent pas aux critères nécessaires, même au Canada. Et si les parents sont expulsés en Haïti, les enfants nés aux Etats-Unis devront retourner sur le territoire américain. Une séparation des familles intenable. La Presse
Rwanda : la douleur des « enfants du viol ». Au cours du génocide de 1994, 250 000 à 500 000 femmes ont été violées, selon les estimations. Celles qui sont tombées enceintes ont connu la honte. Leur enfant, dont le géniteur a massacré leur famille, leur rappelle sans cesse le drame qu’elles ont vécu. Stigmatisés comme les fils et filles des tueurs, au lieu d’être vus comme des victimes, ceux-ci souffrent de ne pouvoir écrire le nom de leur père et entretiennent souvent des relations complexes avec leur mère. Reportage sur les ondes de la Deutsche Welle.
Dilemme canadien sur les demandeurs d’asile haïtiens. Ottawa risque de passer pour plus « vilain » encore que Donald Trump. Des milliers de familles originaires de Haïti sont entrées dans le pays depuis quelques semaines. Résidant aux Etats-Unis grâce à un statut de réfugié temporaire à la suite du tremblement de terre de 2010, elles craignent d’être renvoyées dans leur pays. Mais beaucoup ne répondent pas aux critères nécessaires, même au Canada. Et si les parents sont expulsés en Haïti, les enfants nés aux Etats-Unis devront retourner sur le territoire américain. Une séparation des familles intenable. La Presse
Les enfants soldats de l’EI. La relève de la haine est déjà prête. L’organisation Etat islamique (EI), qui perd du terrain en Syrie, a recruté et entraîné une armée d’enfants djihadistes. Le lavage de cerveau débute dès l’âge de cinq ans, à grand renfort de doctrine radicale (enseignée à l’école) et de démonstrations punitives de la part des unités mobiles de propagande. Passionnante, mais terrifiante enquête de la BBC, qui a rencontré en Europe deux jeunes recrues ayant fui Rakka et pétries de désillusions.
Après Charlottesville, la Silicon Valley durcit le ton contre l’extrême droite. Facebook, Reddit, Apple et d’autres ont bloqué des comptes, des groupes, des sites et des paiements liés aux mouvements suprémacistes blancs et néonazis. Lire la suite
Riches littératures étrangères. Rentrée littéraire. Orhan Pamuk ou Don Delillo, Karl Ove Knausgaard, Joyce Carol Oates, Alessandro Piperno, Laura Kasischke… sont annoncés. Lire la suite
Et en France
Des gaufres contaminées au fipronil en France. Fabriquées aux Pays-Bas et vendues sous des marques de distributeurs, elles sont les premiers produits identifiés par le ministère de l’agriculture dont le niveau de fipronil dépasse la limite réglementaire, sans toutefois présenter de risque pour le consommateur. Dans cette liste publiée jeudi figurent 17 références, mises sur le marché depuis le 23 juin.
Le Monde 18/08/2017
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Planète – Un militant anticorrida saute dans les arènes de Bayonne

L’association Vegan Strike Group veut dénoncer « la barbarie que représente cette pratique ». Elle avait mené la même action à Dax, samedi.
LE MONDE | 16.08.2017 | Par Audrey Garric

Il s’est jeté dans l’arène pour protester contre la tauromachie. Mardi 15 août, à 18 h 30, un militant de l’association Vegan Strike Group a sauté des gradins dans le ruedo (« la piste ») lors d’une corrida à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), afin d’interrompre la mise à mort du taureau et de dénoncer « la barbarie que représente cette pratique ».
Le torse peint de slogans, l’activiste a crié : « Macron, nos traditions ne sont pas sanguinaires ! » et « Ne confondons pas barbarie et tradition ! », sous les huées du public, avant d’être stoppé par des employés des arènes. Il a été entendu au commissariat de la ville, puis relâché. Cette action a eu lieu quelques heures après une manifestation anticorrida qui a rassemblé une centaine de personnes à Bayonne.
Peter Janssen, un Hollandais de 34 ans, n’en est pas à son coup d’essai. C’est la trentième fois qu’il saute dans une arène ou dans un bassin de delphinarium tant en France qu’à l’étranger, un geste coup de poing « contre toutes les formes d’exploitation animale à des fins de divertissement ». Samedi, avec deux autres militants de l’ONG qu’il préside, il s’était introduit dans les arènes de Dax (Landes) au deuxième jour de la feria. Les trois membres, qui promeuvent les droits animaux et le véganisme, ont accompli la même action en juillet en Espagne, d’abord dans les arènes de Pampelune (Navarre), puis dans celles de Teruel (Aragon). Ils ont été jugés coupables de troubles à l’ordre public et doivent verser une amende de 1 440 euros.
Débat de société
« Il y a une inversion des responsabilités : on parle de “crime” contre les traditions à notre encontre, alors que nous dénonçons la torture d’un animal jusqu’à sa mort sous l’acclamation d’une foule. Par ailleurs, nos actions sont pacifiques, contrairement aux aficionados qui sont violents à notre égard », assure Joël Cessio, 31 ans, l’un des membres du Vegan Strike Group. Samedi, le jeune homme, poitrine nue barrée de l’inscription « Plus de torture », a été plaqué au sol dans les arènes de Dax, avant d’être violemment frappé, comme le montre cette vidéo.
Acte de torture et boucherie archaïque pour les uns, pratique culturelle et sportive pour les autres, la tauromachie divise de longue date. Les courses de taureaux sont autorisées depuis une loi de 1951 dans certaines régions de France, essentiellement dans le Midi, lorsqu’une « tradition locale ininterrompue peut être invoquée ». Entre 2011 et 2015, la tauromachie a même été inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français par le ministère de la culture. Avant que la décision ne soit annulée par la cour administrative de Paris, en juin 2015. Et que la pratique taurine ne soit définitivement radiée de la liste de l’Unesco en juillet 2016 en vertu d’un arrêt du Conseil d’Etat.
Un sondage de l’IFOP
L’interdiction de cette pratique fait partie des principales demandes du collectif AnimalPolitique, qui rassemble vingt-six organisations non gouvernementales de protection animale. L’Alliance anticorrida a publié au mois d’avril un sondage de l’IFOP indiquant que 75 % des habitants des dix départements concernés par la corrida (Aude, Bouches-du-Rhône, Gard, Gers, Gironde, Hérault, Landes, Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées et Pyrénées-Orientales) y étaient opposés.
« Une réalité culturelle n’est jamais assujettie aux résultats d’un sondage, sinon, les mesures d’audience Médiamétrie seraient fatales à la musique contemporaine et condamneraient les dépenses “inutiles” liées à l’existence de France Culture », avaient alors rétorqué dans un communiqué les deux principales organisations procorrida, l’Union des villes taurines françaises et l’Observatoire national des cultures taurines. Et de dénoncer « avec fermeté les attaques discriminatoires portées à l’encontre de la communauté des aficionados, qui a le droit au respect ».
Le sujet a une nouvelle fois été relancé en juin, par la mort d’un torero espagnol lors d’une corrida dans les Landes. Interrogé par Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV, Nicolas Hulot a estimé qu’il fallait rouvrir le débat sur l’interdiction de la corrida en France.
Lire aussi :   Corrida, le combat sans fin
Le ministre de la transition écologique et solidaire a réaffirmé sa position contre la pratique et a fait savoir qu’il ne comptait pas « tamiser [son] point de vue » en raison de sa participation au gouvernement. « Chacun connaît ma position et est-ce que ma position doit primer sur un débat de société ? C’est un débat culturel, c’est un débat régional, c’est un débat identitaire. »
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Docteur Nicole Delépine : « Il faut sortir la santé de l’emprise des lobbys »

Alternative Santé – 05/05/2017 – Christine Saramito –
Nicole DelépineNicole Delépine
Pédiatre, Nicole Delépine a complété sa spécialisation en étudiant la cancérologie, avant d’être nommée médecin des hôpitaux en 1980. Elle dirige l’unité de cancérologie pédiatrique de l’hôpital de Garches (AP-HP) créée en 2004. Le docteur Nicole Delépine fait partie des rares spécialistes qui osent dénoncer l‘establishment et les intérêts économiques des laboratoires. Controversée, elle poursuit sa vocation de pédiatre spécialisée en oncologie, et continue de prendre le risque de bousculer ses confrères et d’interpeller les pouvoirs publics.
Entretien (janvier 2014) avec un médecin choc qui se veut aussi citoyenne engagée.
À l’heure où se prépare un nouveau « plan cancer » gouvernemental, qu’aimeriez-vous dire aux autorités et au public ?
Dr Nicole Delépine : Ce que je répète depuis des années à partir notamment de mon expérience à Garches auprès des enfants cancéreux : arrêtons d’infantiliser les patients et de leur mentir ; revenons à la médecine d’Hippocrate ; ayons une politique véritablement humaine et personnalisée pour les malades. Surtout, cessons de soumettre la santé à l’emprise des gros laboratoires pharmaceutiques !
À travers vos livres, vous dénoncez toujours une « médecine non humaine » ?
En permanence. Les patients ne sont plus ni examinés ni interrogés. Seul compte le diagnostic histologique de la maladie (extension ou pas de ganglions ou de métastases), et, en fonction, c’est un ordinateur qui « sort » le meilleur essai dans lequel on va faire entrer le patient. Le médecin disparaît, c’est le robot qui dirige. Je passe par ailleurs sur la prise en compte de l’histoire de chacun, de son environnement, et du temps que les médecins peuvent avoir à consacrer à chacun.
Sans rejeter la chimie classique, vous vous battez pour une autre approche du cancer, personnalisée, vous dites « individualisée »…
La différence est importante car l’adjectif « personnalisé » est dévoyé ! On dit au public, qui n’est pas fou et aimerait entendre parler d’une prise en compte spécifique de son cas, qu’on lui offre des « protocoles personnalisés ». Mais c’est de la manipulation sémantique. On ne s’occupe pas de la personne, mais des cellules qui ont muté en elle ! On contraint ensuite les patients d’accepter des molécules dites innovantes pour un traitement dit personnalisé, mais tout cela est scandaleux. Ces traitements sont proposés en essais précoces, avant l’autorisation de mise sur le marché. Cela va rapporter très gros aux laboratoires, mais coûter très cher à la société, via la Sécurité sociale qui paie sans discuter depuis 2003. Chaque cas doit être étudié selon l’ensemble de la personne. Il faut individualiser les dosages, les molécules, en fonction de ce qui marche déjà, associer une chimiothérapie de pointe à de la chirurgie conservatrice et/ou de la radiothérapie éventuelle, entourer le patient car nous avons une responsabilité énorme dans son moral et donc dans sa guérison. Pour ma part, les essais cliniques ne sont acceptables qu’en cas d’échec des traitements éprouvés.
Sans aller jusqu’à préconiser des médecines alternatives, cela fait longtemps que vous vous opposez à la « pensée unique » anticancer.
Dès 1982, mon mari (qui opère) et moi-même avons déploré les désastreux résultats des politiques préconisées, en particulier pour les cancers de l’os. En cherchant dans la littérature internationale, nous avons découvert les résultats de Gérald Rosen, un Américain, qui obtenait le double de réussite (plus de 80 %) chez ses malades souffrant d’ostéosarcome. De même pour le sarcome d’Ewing avec le schéma de Hayes. Nous avons fait le choix de suivre son approche et publié des résultats assez vite, tout en devenant la cible de critiques. Dès 1984, mon mari, qui cherchait déjà à privilégier la chirurgie conservatrice, s’est vu convoqué devant le conseil de l’Ordre pour n’avoir pas amputé une fillette de 4 ans et demi. L’affaire s’est soldée en non-lieu mais d’autres incidents d’intimidation ont suivi. L’enfant a conservé sa jambe. Nous, nos convictions.
Que répondez-vous à ceux qui disent que, sans argent dans les caisses, il est bon que les labos soient là pour financer la recherche ?
C’est de l’intox. La France reste très riche, du moins consacre-t-elle beaucoup d’argent à son plan cancer : 1,9 milliard d‘euros sur le plan 2008-2013, rien que pour l’organisation et non pour les soins. Par ailleurs, le baratin sur le trou de la Sécu est juste rabâché pour vendre la santé aux assurances privées. Qu’est-ce qui coûte cher ? Les médicaments bien sûr (et surtout les psychotropes qui endorment – les consciences ?) mais à bien regarder, il faut évaluer le coût du dysfonctionnement général. J’entends par là la bureaucratie, les agences sanitaires qui bloquent le système, les hôpitaux et leurs nombreuses échelles de directions qui paralysent les décisions, etc. En repensant cela, on pourrait arriver à plus de 15 milliards d’économie. Pour ce qui est du plan cancer, les drogues classiques ne coûteraient pas le dixième de ce que coûtent ces protocoles d’essais. Mais les lobbys sont puissants. Ce sont les mêmes qui agitent le chiffon rouge alors que – toutes les statistiques le prouvent – la mortalité liée au cancer a diminué sans cesse depuis trente ans. Pendant ce temps, médecins et chercheurs n’ont plus les moyens de travailler. Mon service à Garches, unique en son genre, est toujours menacé de fermeture.
Que dire au public désorienté, notamment en cas de cancer ?
Dans le passé, j’aurais dit : « faites confiance à vos médecins ». Mais aujourd’hui eux-mêmes ne sont plus libres. Et ne parlons pas du scandale des formations post-universitaires données par des médecins qui ont des liens avec des labos. Ces collusions d’intérêts sont inadmissibles. C’est au public de devoir s’informer, plus et seul via internet, de ne pas attendre qu’il soit trop tard pour penser des alternatives. Récemment encore, j’ai vu des parents effondrés dont l’enfant partait en soins palliatifs : ils ont laissé faire des essais avec un prétendu protocole standard en cours, et se sont rendu compte qu’on aurait pu faire autrement. Il faut cesser de gober les fausses infos dont nous gavent les grands médias. Les pétitions et la démocratie directe doivent venir compléter le travail des parlementaires.
Comment prévenir les risques de cancer ?
En l’état de nos connaissances, il vaut mieux se dire qu’il y a un ensemble de facteurs qui permet à un cancer de se développer. Et que chacun est unique dans ses réactions, dans son « terrain ». Mais il me paraît évident qu’il faut surtout regarder du côté des problèmes d’environnement. Les sites des usines Kodak non protégés, les déchets de Saclay, la proximité des centrales, etc., il faudrait étudier cela en toute transparence, un mot inconnu en France. Il est clair que notre alimentation soumise aux pesticides et aux OGM fait peser sur nos têtes et surtout celles de nos enfants et petits-enfants de gros risques de cancers et d’autres maladies dégénératives. Manger vraiment bio me paraît évidemment souhaitable. On peut aussi se prémunir en arrêtant de consommer toutes sortes de médicaments. Qu’on donne pourtant en sachant qu’il y a des risques d’effets secondaires.
Une vie saine suffirait-elle ?
Les risques sont multifactoriels mais on les minimise en ayant une activité physique adaptée à son âge, en buvant une tisane pour dormir plutôt que de prendre des psychotropes, en se disant, qu’au pire, il vaudra mieux prendre un peu de chimie pendant quelque temps si l’on a un cancer plutôt que de se gaver de médicaments pour tout et rien. L’organisme humain est bien fait, normalement on n’a pas besoin de prendre des choses en plus. Médicaments autant que compléments, il ne faut pas consommer de façon anodine. In fine, je pense qu’arrêter d’être obsédé par sa santé est bon pour la santé.
Face au cancer, que pensez-vous d’autres approches alternatives ?
Je ne détiens ni la connaissance ni la vérité absolue. Je fais en fonction de mon parcours, des malades que j’ai croisées. Cela dit, j’étudie la médecine intégrative avec certains cliniciens spécialistes de MTC et aussi des homéopathes. Personnellement, je vois plus cela en thérapie de soutien et non comme un traitement curatif. Toutefois, certains cancers comme la prostate pourraient être sensibles aux produits Beljanski par exemple – François Mitterrand en aurait bénéficié. Et l’hyperthermie est un traitement local disponible en Allemagne et reconnu, même la Sécurité sociale française le rembourse. Reste qu’il est très difficile en France de connaître les alternatives qui pourraient fonctionner. Ce pays est plein de dogmes qui bloquent l’exploration d’autres voies.
Vous êtes la fille d’un des fondateurs de la Sécurité sociale, votre père aurait-il compris votre combat ?
Oui, car mon père était aussi un résistant, au sens historique du mot. Il ne prenait pas tout pour argent comptant, savait questionner le pouvoir, aimait le dialogue. Et puis, l’esprit de la sécurité sociale c’était protéger patients et médecins, et voilà qu’on transforme les médecins en kapos de l‘administration. On vire les réticents, on forme des jeunes qui n’ont plus de contact avec le public mais qui ont un petit pouvoir dans le système. La déontologie fout le camp avec le secret professionnel. Si j’étais plus jeune, je quitterais la France pour pouvoir continuer à respecter le serment d’Hippocrate.
En savoir plus :
Parmi les nombreux ouvrages publiés par le Dr Delépine, on peut citer :
La face cachée des médicaments (Michalon, 2011)
Le cancer, un fléau qui rapporte (Michalon, 2013).
Soigner ou obéir : premières mesures urgentes pour éviter le naufrage. (Fauves éditions, 2016).
Site internet : http://docteur.nicoledelepine.fr
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Fipronil : le vrai scandale est à venir

Alternative Santé – Lettre N°259 – 17/08/2017 – Alexandre Imbert –
    Bonjour à tous,
C’est le feuilleton sanitaire de l’été : avons-nous mangé des oeufs contaminés au Fipronil ?… Mystère car le produit s’est disséminé un peu partout dans la chaîne alimentaire et chacun se demande si l’omelette, pourtant délicieuse, de Tante Odile ne serait pas empoisonnée. Mais c’est ailleurs qu’il aurait fallu regarder…  Il faut ingérer un milligramme à peine chaque jour pour que les autorités s’inquiètent, c’est peu (7 oeufs nous dit-on). Il faut dire que les effets rapportés sont assez violents car il s’agit d’un neuro-toxique. La puce perd la boule et meurt paralysée… L’homme, nous explique-t-on, est plus résistant qu’une puce… voire… mais je veux bien admettre qu’il faut une plus grosse quantité de Fipronil pour l’abattre. Combien ?
Si vous êtes propriétaire d’un animal, chien ou chat, vous connaissez bien le Fipronil car régulièrement, il faut débarrasser Kiki de ses puces et vous lui administrez alors un produit appelé Frontline des Laboratoires Merial. Savez vous quelle quantité de Fipronil vous allez lui administrer ? Si vous utilisez un spray, sachez qu’on recommande 75 mg pour traiter un animal de 10 kg : 75 fois la dose qui inquiète tout le monde…
Si vous avez un gros chien et que vous bataillez pour lui en administrer un peu partout, rien qu’en respirant, vous avez largement crevé les plafonds de l’empoisonnement. Et puis une fois que le gros toutou se sera lèché, lorsqu’il se sera frotté à droite et à gauche,lorsqu’il en aura imbibé meubles et tapis vous pourrez bénéficier d’une bonne dose pendant un bout de temps. Au fait, ne vous avisez pas de le caresser pendant que vous mangez… ou de laisser un enfant lui faire des mamours. Mais au moins, vous n’aurez pas de puces.
Une pub pour Frontline des laboratoires Merial…
Le vrai scandale du Fipronil ne se trouve donc pas dans les œufs frelatés mis en vente ces derniers jours mais au cœur de nos foyers. Il y a plus de Fipronil sur le chat que vous venez de traiter de retour de vacances que dans toutes les boîtes d’œufs du monde. Pauvre chat… et pauvre de vous qui faisiez jusqu’ici pschitt, pschitt allègrement, sans savoir.
Rappelons simplement que dans la filière bio, on n’utilise pas de Fipronil – ce que la presse dit peu, bizarrement. Scandales après scandales, les « gendubio » recueillent heureusement les fruits de leur probité. Je l’ai constaté cet été dans la « Bio Vallée » de la Drôme où je suis allé quelques temps pour me ressourcer.
Ici il y a des gens qui croient à un autre monde, qui pensent partage, sobriété, bonheur simple, gratuité. Ils ont peu d’argent bien souvent et peu de besoins, mais ils vivent là depuis un bout de temps, et de mieux en mieux. Ils boivent des coups avec les gens du coin, chantent, dansent, jouent de la musique à la fête du village. Il y en a qui font des eaux florales et d’autres qui donnent des cours de tango. Ils me font penser à mes aînés qui refaisaient le monde en 68. Pendant qu’ailleurs on se méfie de l’œuf, ici, on remercie la poule de l’avoir pondu.
Bonne fin d’été à tous. On se retrouve en septembre.
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Commentaire. L’été au Japon, peu de vacances !

Ouest-France  17/08/2017 Jean-Marie BOUISSOU (*)
Alors qu’en France, une grande partie du pays semble à l’arrêt en août, le Japon, lui, ne connaît pas ou peu de pause estivale. L’été s’y passe très différemment, avec en point d’orgue la fête d’O-bon, où les Japonais retrouvent leurs racines.
L’été japonais n’est pas agréable. Juillet est la saison des pluies, avec des glissements de terrains redoutables (quarante-six morts cette année). Jusqu’en septembre, la moiteur et la chaleur seraient insupportables sans la climatisation omniprésente. On pourrait s’attendre à une ruée vers la mer ou la fraîcheur des montagnes. Non : dans les sondages, 75 % des Japonais disent qu’ils seront restés chez eux cet été (contre 45 % des Français).
Les Japonais ont vingt jours de congés payés, mais ils n’en prennent en moyenne que la moitié, et jamais d’affilée, par crainte de se faire mal voir des employeurs, mais aussi des collègues. Le gouvernement envisage même de légiférer pour les obliger à les prendre, dans l’espoir de relancer la consommation. Les congés scolaires sont de six semaines, mais beaucoup d’enfants consacrent un mois à des cours supplémentaires.
Les Japonais manquent aussi de moyens. Les salaires stagnent depuis vingt ans. Le budget prévu par ceux qui pensent partir cet été plafonne à 630 € par personne. Rien d’étonnant si à peine 10 % vont à l’étranger : prendre l’avion pour quitter l’archipel coûte cher, et la très forte baisse du yen depuis cinq ans n’arrange pas les choses.

Les plages sont étroites et souvent difficiles d’accès. Jusqu’aux années 1990, les Japonais ne s’y baignaient pas. Elles ont été un moment en vogue, on les a équipées. Mais, depuis dix ans, la fréquentation a chuté de moitié, et une centaine d’entre elles ont fermé. Les Japonais préfèrent les complexes touristiques qui leur offrent des piscines géantes avec de grosses vagues artificielles : c’est plus près, plus propre et plus sûr. Il n’y a ni coups de soleil ni sable qui colle, de la musique d’ambiance et toute sorte de boutiques.
Le retour au village
Le grand moment de l’été est la fête d’O-bon, qui se déroule en juillet ou en août selon les régions. Trois jours durant, selon la tradition, les défunts reviennent visiter leur famille et leur communauté. Il faut leur montrer que la joie règne. Alors, on exécute dans les rues des danses traditionnelles. Puis, dans la fraîcheur de la nuit, on se promène au bord des rivières. Il y a des feux d’artifice, des restaurants en plein air, des jeux forains, de la bière et du saké. Les filles se mettent volontiers en kimono léger. Et au soir du troisième jour, on renvoie gentiment les défunts chez eux, sur des petits radeaux lâchés au fil de l’eau.
O-bon provoque des déplacements massifs. Beaucoup de Japonais retournent au « vieux village » (furusato), celui où la famille résidait à l’époque d’Edo (1603-1867), et qu’il était interdit de quitter. Il abrite la tombe ancestrale et, encore souvent, une branche de la famille. Même si le dépeuplement des campagnes mine la tradition, O-bon continue de ramener chaque année des millions de Japonais à leurs racines.
Parmi ceux qui vont rester chez eux cet été, 25 % déclarent qu’ils vont retourner au furusato, 35 % voyager à l’intérieur du pays. Le « vieux village », c’est chez soi, et l’archipel aussi ! On y prend deux ou trois jours de pause-plaisir dans des endroits connus : bains de sources chaudes, vieilles villes et leurs spécialités régionales, parcs d’attractions. On n’en revient jamais sans cadeaux pour son entourage. Cependant, l’économie tourne à plein, la vie politique reste animée. Un schéma très différent de notre grande évasion estivale.
(*) Représentant de Sciences Po au Japon.
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Maltraitances animales – Le calvaire des animaux d’élevage transportés en mer

Des millions de bêtes sont exportées vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient dans des « conditions effroyables », selon l’enquête de deux ONG.
LE MONDE | 17.08.2017 | Par Audrey Garric

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On connaissait déjà le calvaire des animaux d’élevage convoyés par camions sur de longues distances. Des veaux ou des vaches affamés et assoiffés, entassés dans des espaces confinés et surchauffés sur des milliers de kilomètres. Cette fois, l’ONG Compassion in World Farming (CIWF) dévoile, jeudi 17 août, des images inédites d’un autre type d’acheminement aux conditions tout aussi « effroyables », selon ses termes : le transport de millions de bêtes par voie maritime depuis l’Europe vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, où elles seront soit engraissées, soient consommées. Une nouvelle illustration de maltraitances animales encore méconnues du grand public, qui ont lieu au mépris de la réglementation.
Cette enquête, à laquelle Le Monde a eu accès en exclusivité, a été réalisée par deux associations allemande et suisse, Animal Welfare Foundation et Tierschutzbund Zürich, entre juillet 2014 et janvier 2017. Leurs militants ont embarqué sur neuf navires bétaillers, dont quatre agréés par la France, avant ou pendant le chargement de bovins et d’ovins, et ont suivi le voyage de l’un de ces bateaux entre l’Europe et l’Egypte. Les temps de trajet s’échelonnent généralement entre cinq et huit jours, parfois quinze.
Animaux morts jetés à la mer
Les images – tournées à découvert et non pas en caméra cachée – révèlent de « nombreux risques pour la sécurité et le bien-être des animaux », selon les ONG : rampes de chargement et de déchargement trop pentues (jusqu’à 30°), angles droits peu praticables voire dangereux ; ventilation, éclairage et systèmes d’abreuvement défaillants ou absents ; litière insuffisante, hygiène déficiente et enclos surchargés.
Les bêtes ne peuvent pas toujours tenir leur tête droite ou se coucher faute de place dans les stalles. Les animaux, déjà affaiblis par les longs trajets en camion, se blessent facilement. Les maladies respiratoires, liées à la densité, au taux d’ammoniac élevé, aux fortes chaleurs et à l’humidité, sont fréquentes. Certains meurent pendant le trajet. Ils sont alors jetés par-dessus bord après avoir été éventrés pour qu’ils sombrent plus vite. Leurs boucles d’identification sont arrachées afin qu’ils ne puissent pas être reconnus s’ils échouaient sur les côtes.
Les rampes d’accès aux bateaux sont parfois trop inclinées (30 °). ANIMAL WELFARE FOUNDATION
« Il n’y a aucun responsable sur les bateaux pour évaluer le bien-être des animaux et aucun journal de bord ne rapporte les décès, les naissances ou les blessures », regrettent les associations. Elles estiment, par extrapolation, que 24 000 animaux seraient morts lors de transports maritimes entre 2013 et 2016.
Législations non appliquées
Toutes ces non-conformités poussent les ONG à affirmer que ces bateaux n’auraient « jamais dû être autorisés à transporter du bétail ». Ce sont « des car-ferries et des cargos transformés en navires bétaillers », d’une moyenne d’âge de 35 ans, qui ne sont « pas adaptés » et s’avèrent « mal entretenus ». Ils violent le règlement européen de 2005 relatif à la protection des animaux pendant le transport : celui-ci pose comme principe que « nul ne transporte ou ne fait transporter des animaux dans des conditions telles qu’ils risquent d’être blessés ou de subir des souffrances inutiles ».
Selon cette enquête, plus de la moitié des bateaux agréés par les Etats européens naviguent sous des pavillons de pays classés sur la « liste noire » du Memorandum de Paris, désignant des législations peu contraignantes ou non appliquées. « Pourtant, ni la Commission européenne ni les Etats membres n’interviennent. A partir du moment où ces animaux ne finissent pas dans nos assiettes, leur sort ne nous intéresse pas », dénonce Agathe Gignoux, chargée des affaires publiques à CIWF France.

Près de trois millions d’animaux sont exportés chaque année d’Europe vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient dans des « conditions effroyables ». ANIMAL WELFARE FOUNDATION
Une situation que récuse Christian Berthet, à la tête d’une entreprise de commerce de bétail, la SAS Berthet. Chaque mois, sa société affrète un ou deux bateaux depuis Sète (Hérault), essentiellement vers l’Algérie, la Tunisie ou le Liban, et fait embarquer 35 000 bovins par an. « Les animaux, pesés aux ports de départ et d’arrivée, ne doivent pas perdre plus de 3 % de leur poids durant le trajet. Nous avons un accompagnateur qui doit s’assurer que l’équipage nourrit et abreuve bien les bêtes », avance-t-il, tout en reconnaissant que cette pratique est « rare » dans le milieu. Il en est convaincu, « les animaux voyagent mieux par bateau que par camion, notamment car ils ont plus de place ».
Commerce favorisé
Entre 2013 et 2016, 9,8 millions d’ovins et de bovins ont traversé la Méditerranée depuis l’Union européenne (UE) vers l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, soit près de 3 millions par an. Les animaux partent principalement de Sète, Tarragone et Carthagène (Espagne), Midia (Roumanie) ou Rasa (Croatie) pour rejoindre la Turquie, le Liban, Israël, le Maroc, l’Algérie, la Libye et l’Egypte.
« Ces pays, qui ne produisent pas assez d’animaux pour répondre à leur demande intérieure, importent de plus en plus d’Europe des reproducteurs et des broutards [jeunes veaux mâles sevrés] destinés à l’engraissement puis à l’abattage, explique Agathe Gignoux. Les Etats européens favorisent ces échanges, en raison d’une forte tendance à la surproduction et une pression de l’industrie à trouver toujours plus de nouveaux marchés hors Europe. »
Au premier semestre, la France était le troisième exportateur européen de bovins en dehors de l’UE, après la Roumanie et l’Espagne. Si elle a dû temporairement cesser, en janvier, ses exportations vers son principal marché, la Turquie pour des raisons sanitaires, elle a compensé en partie par l’envoi d’animaux vers l’Algérie, le Maroc, la Libye en 2016 et vers Israël, l’Egypte ou le Sénégal cette année.
Un commerce que le précédent gouvernement a favorisé. Le plan de soutien à l’élevage français mis au point par l’ancien ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, en juillet 2015 prévoyait par exemple une augmentation de 10 millions d’euros des fonds consacrés à la promotion des exportations d’animaux vivants, et la création de la plate-forme « France viande export » pour faciliter les partenariats économiques avec les pays importateurs.

Pour l’arrêt des transports longue distance
« Etant donné que les règles minimales de bien-être animal ne sont pas respectées, nous demandons l’arrêt des transports longue distance hors de l’UE, par voies terrestre et maritime, et une limite à huit heures au sein de l’UE, poursuit Agathe Gignoux. Il s’agit de restructurer la filière française pour engraisser les bovins chez nous afin d’exporter de la viande plutôt que des animaux vivants. »
Parmi les infractions à la réglementation, les ONG ont notamment relevé des ventilations, éclairages et systèmes d’abreuvement défaillants ou absents, et des litières insuffisantes. ANIMAL WELFARE FOUNDATION
Le CIWF, qui lance une pétition sur cette campagne, a adressé une lettre au ministre de l’agriculture, Stéphane Travert, lui demandant « une meilleure application de la réglementation » et la mise en place de « dispositions strictes spécifiques au transport maritime ». Elle l’appelle également à soutenir l’initiative de six Etats membres (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Pays-Bas et Suède) en faveur d’une révision du règlement européen de 2005, jugé « insuffisant ».
L’ONG défend en outre l’instauration de plusieurs mesures : des systèmes de contrôle et la présence d’un vétérinaire ou d’un responsable de la protection animale pendant toute la durée du transport en mer, une autorité unique d’experts pour l’agrément des navires ou encore des plans pour les situations d’urgence (pannes, conditions météorologiques difficiles, animaux malades ou blessés, etc.). Le 13 septembre, se tiendra la deuxième journée mondiale de mobilisation contre le transport d’animaux vivants, avec comme mot d’ordre : « Des animaux, pas des marchandises ! »
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Au fil de l’Histoire – Ça s’est passé un … 17 août

le 17 août 1661.
Nicolas Fouquet organise une fête somptueuse.

Trop, sans doute. Le puissant surintendant général des finances invite le roi et la cour en son château de Vaux-le-Vicomte, au sud-est de Paris.

Mais le jeune Louis XIV, qui gouverne en personne depuis la mort de Mazarin quelques mois auparavant, apprécie modérément cet étalage de luxe.

Le vaniteux marquis, qui abuse de sa position et s’enrichit en cachette du souverain, est arrêté le 5 septembre.
Le Monde 17 août 2017

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