Présidentielle – Les centristes au pied du mur

OUEST France 23/09/2016 par Michel URVOY.

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Edito – Uni, le centre peut faire la pluie ou le beau temps en 2017 : c’est ce que veut le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde. Il peut gouverner si ceux qui le composent sont capables d’être eux-mêmes : c’est ce que répétera le patron du MoDem, François Bayrou, ce dimanche à Guidel.
Les centristes, disait François Mitterrand, ne sont ni de gauche ni de… gauche. C’était à l’époque où dominait un PS allié avec les communistes, et une UDF mariée par intérêt avec le RPR.
Depuis, le paysage a changé : à gauche, Jean-Luc Mélenchon et Cécile Duflot s’opposent au PS, les socialistes se divisent entre « frondeurs », « hollandais » et « macronistes ». À droite, le FN est devenu le premier parti, mais trop infréquentable pour nouer des alliances. Les Républicains sont eux-mêmes partagés sur plusieurs questions clivantes. Bref, seul, chacun est minoritaire.
Dans un paysage aussi morcelé, quelques points en plus ou en moins suffisent alors à qualifier ou à éliminer un compétiteur de la présidentielle. À ce jeu, le centre n’est pas le plus mal placé pour peser.

(L to R) French center-right UDI party interim president Yves Jego (L), French centrist Democratic Movement (MoDem) president Francois Bayrou, chief candidate for the Ile-de-France region and Modem vice-President Marielle de Sarnez, chief candidate for the French West region senator Jean Arthuis and UDI MP Jean-Christophe Lagarde arrive at a centrist UDI-MODEM coalition rally ahead of the Europeans elections, on May, 2014, in La Plaine-Saint-Denis, near Paris. AFP PHOTO / THOMAS SAMSON / AFP / THOMAS SAMSON

Si les 3,2 millions d’électeurs de François Bayrou, par exemple, participaient à la primaire, Alain Juppé l’emporterait haut la main. Si l’appel de l’UDI à travailler avec Emmanuel Macron, déjà soutenu par une quarantaine de parlementaires socialistes, était suivi d’effets, les chances de François Hollande seraient encore plus improbables et l’éclatement de la gauche encore plus probable.
Le centre peut être un artisan d’une recomposition, d’une nouvelle majorité, allant de la droite modérée à la gauche réformiste autour d’idées libérales, sociales et européennes.
Le projet ou les ego
Pour cela, il lui faut remplir trois conditions.
La plus facile : malgré des nuances, ces sensibilités peuvent s’entendre sur les grandes orientations, alliant libertés et protection.
La plus compliquée : il existe autant de tactiques que de ténors.

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Jean-Louis Borloo retiré, l’UDI, aurait dit François Bayrou, redevient une brouettée de grenouilles.

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Le MoDem, raille Jean-Christophe Lagarde, n’est qu’un parti sans troupes. Hervé Morin, François Sauvadet et Maurice Leroy refusent de parler avec Emmanuel Macron. François Bayrou parie sur une alliance avec Alain Juppé et exclut tout ralliement avec l’ex-ministre de l’Économie. Jean-Christophe Lagarde n’a pas voulu se lier les mains dans une primaire de la droite et de la… droite, gagnable par Nicolas Sarkozy.
La plus insurmontable : les ambitions personnelles passent avant l’intérêt général.

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François Bayrou attend de connaître le sort d’Alain Juppé avant de décider d’une possible quatrième candidature. À Macron il dénie la légitimité de préempter ses terres.
D’autres, restés dans un schéma binaire et ancien, n’imaginent leur retour qu’en se glissant dans le sillage des Républicains. Et tous s’insupportent.
S’ils le voulaient, les centristes, et avec eux les réformistes, deviendraient des faiseurs de Président. L’évolution du paysage politique les met au pied du mur : on ne peut pas dénoncer, à longueur de discours, la dualité gauche-droite comme nuisible au débat et au pays et, le jour où la recomposition devient possible, continuer de l’entretenir.
Le projet ou les ego ? Le pays ou les ambitions personnelles ? Il y a des moments clés où la question ne devrait pas se poser.
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Monsanto et Bayer heureux et riches mariés

Le Canard Enchaîné – 20/09/2016 –
Mais non, cette fusion à grand spectacle et à 59 milliards d’euros entre l’américain Monsanto , l' »entreprise la plus détestée de la planète« , et l’allemand Bayer l’inventeur de l’aspirine mais aussi du gaz moutarde et de néocotinoïdes tueurs d’abeilles, donc pas vraiment aimé, lui non plus, cette fusion, donc, entre ces eux géants mondiaux n’est pas « un mariage infernal« , comme le clament écolos, apiculteurs de la Confédération paysanne et altermondialistes.
Certes, à eux deux, il vont contrôler le tiers du marché mondial de l’agrochimie. Certes, leur but est de breveter le vivant à tour de bras et de maîtriser toute la chaîne alimentaire, de la semence transgénique à l’assiette du consommateur transgénique, de vendre aux agriculteurs le kit complet, semences, engrais, pesticides et médicaments pour se retaper.
bayer-et-monsanto-le-mariage-3Mais, s’ils font cela, ce n’est pas par pure gloutonnerie capitalistique, par volonté d’écraser les concurrents et de remplir les poches déjà pleines de leurs actionnaires, c’est par bonté d’âme. C’est pour sauver l’humanité. C’est parce que ces deux entreprises ont une vision. Bientôt 10 milliards d’humains suer cette planète ! Il va falloir leur offrir de quoi se sustenter : des MacDo, des hamburgers-frites, du maïs grillé et même du rab de choucroute. Donc produire plus, produire beaucoup plus et accroître sans cesse la rentabilité par hectare. Comment ? En éduquant les agriculteurs : des fermes « digitales », où tout est géré par drone et ordinateur, des pesticides toujours plus efficaces, des plantes toujours plus artificialisées, bref, une agriculture 100 % biotechnologique. A laquelle on accolera l’étiquette « durable ». Comme le rappelle  » Le Monde » (16/9), le mot d’ordre de ces eux groupes qui n’en font désormais qu’un seul est : « Aider les cultivateurs à surmonter les obstacles de demain« . On n’a plus qu’à leur dire merci.
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Bayer rachète Monsanto pour 59 milliard d’euros, une fusion de l’industrie de la chimie et celle des pesticides. Maintenant vous saurez quelle sera la marque de votre cancer (Charlie Hebdo 21/09/2016)
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Un appel aux citoyens du monde des arts, de la pensée et des sciences pour tenter d’interrompre le cours du processus de contamination radioactive de la planète.

www.brut-de-beton.net – bulletin du 23/09/2016 –
Commençons par lire ce texte de François Ruffin (le réalisateur de « Merci patron ») qui circule sur le NET.
Cela remet les idées en place non? Et qui sait le curseur de notre capacité de résistance au bon niveau. Nicolas Hulot qui était le 21 septembre sur France Inter parlait de « monde relique » concernant les espaces qu’il a parcouru durant les 25 ans d’ émissions Ushuaia. Alors qu’est ce qu’on fait maintenant ?  Nous, on en est là…   
Bruno Boussagol /Metteur en scène
L’APPEL DU 26 AVRIL : La compagnie Brut de Béton Production lance un appel aux citoyens du monde des arts, de la pensée et des sciences pour tenter d’interrompre le cours du processus de contamination radioactive de la planète.
Bruno Boussagol, fondateur de la compagnie Brut de Béton Production, devant le sarcophage de Tchernobyl. Crédit : DR

Bruno Boussagol, fondateur de la compagnie Brut de Béton Production, devant le sarcophage de Tchernobyl. Crédit : DR
L’APPEL DU 26 AVRIL a été un tel révélateur (au moins 400 évènements proposés s’y référant) que nous poursuivrons ses effets dans les années à venir.
Le texte traduit en dix langues est porté par INTERNET.
Les signataires soutiennent « l’insurrection artistique, intellectuelle, scientifique et populaire contre la poursuite de la contamination radioactive de la planète » avec de nouvelles propositions pour la période mars à juin 2017 (en France les élections présidentielles et législatives occuperont les cerveaux disponibles).
VERS UN 3ème FORUM SOCIAL POUR UN MONDE SANS NUCLÉAIRE
Nous avons participé aux deux premiers Forums thématiques pour un monde sans nucléaire en mars dernier à Tokyo et Fukushima et en août à Montréal.
Voici le texte de L’APPEL DE TOKYO :
Nous, participant-e-s du 1er Forum social mondial thématique contre le nucléaire civil et militaire, réalisé à Tokyo et Fukushima du 23 au 28 mars 2016, venant de plus de 10 pays de 3 continents, appelons à la création dun réseau mondial au service de lintercommunication, de lappui mutuel et du lancement dactions communes pour un monde sans nucléaire civil et militaire.
Cet appel sadresse aux citoyen-ne-s de tous les pays du monde engagé-e-s, à titre individuel ou au sein dune organisation, pour un monde sans nucléaire.
Pour bâtir ce réseau, nous commencerons par nous doter dune liste d’échange, par Internet, pour dépasser notre isolement, chacun luttant dans son pays contre un pouvoir nucléaire qui est mondialisé. Cet outil nous permettra de construire des actions communes, des résistances, des dénonciations et des diffusions dinformation pour construire un monde libéré du nucléaire.
Nous y échangerons sur les questions juridiques, de sécurité, de santé, d’éducation et de communication liées à lusage du nucléaire à des fins civile et militaire. Nous le ferons dans le cadre de grands thèmes tels que : lexportation et limportation des équipements et de la technologie nucléaire, ainsi que du combustible à des fins civile et militaire, de la mine aux déchets ; les mythes et la propagande avec lesquels le nucléaire simpose, notamment par le biais des lobbies et des médias ; les témoignages des victimes et réfugiés du nucléaire, mais aussi des experts, médecins, ingénieurs et autres qui nous permettent de partager informations, études et analyses ; les réussites de nos luttes qui ont permis de bloquer des accords, dadopter ou de changer des lois, de fermer des centrales, de gagner des procèspour quelle servent dexemple à dautres luttes en cours ; les alternatives sur la consommation et la production d’énergie ; les travailleurs du nucléaire, notamment le système de sous-traitance et de travail intérimaire qui porte gravement atteinte à la santé et la sécurité des travailleurs.
Nous invitons toutes les personnes, groupes et organisations engagés dans la lutte pour un monde sans nucléaire à sinscrire à cette liste, à signer cet appel et à le diffuser largement dans leurs réseaux.
Nous les appelons aussi, en réponse au message de solidarité reçu de la part des organisations québécoises et canadiennes luttant contre le nucléaire, à simpliquer dans la construction de notre réseau en participant au 2ème Forum social mondial thématique contre le nucléaire civil et militaire, qui se tiendra durant le prochain Forum Social Mondial, à Montréal (Canada) du 8 au 14 août 2016.
Un 3ème Forum social mondial thématique contre le nucléaire civil et militaire pourra être organisé en Europe à loccasion du 31ème anniversaire du début de la catastrophe de Tchernobyl.
Tokyo, le 28 mars 2016.
Lire aussi, de Yves Lenoir. La comédie atomiqueL’histoire occultée des dangers des radiations. Éd. La Découverte, Paris, 2016.
À propos de Mayak et de Nadezda Kutepova : un article de Reporterre le 8 septembre 2016 https://reporterre.net/Elle-se-bat-pour-la-verite-sur-le-terrible-accident-nucleaire-de-Maiak-en et documentaire  « City 40 » (VICE, Canada, 2016) de Samira Goetschel. Accès libre en français http://www.netflixfr.com/city-40/
« Dans le plus grand secret, le site nucléaire de Maïak, dans l’Oural, a produit du plutonium militaire avant de retraiter des déchets nucléaires. En 1957, un des plus grands accidents nucléaires jamais arrivés y a contaminé plus de 300.000 personnes. Nadezda Kutepova a grandi dans les environs de Maïak. Son choix de défendre les victimes de cette catastrophe méconnue l’a contrainte à l’exil en France. »
De Jean Marie Matagne   ACDN (Action des Citoyens pour le Désarmement nucléaire) Communiqué de presse, 11 septembre 2016   :
Vive l’arme nucléaire, arme des dictateurs !
Après 2000 essais atomiques dont 210 français, le 5ème essai nucléaire nord-coréen fait trembler la terre et provoque l’indignation de la communauté internationale. Les États Unis, la Russie, la France, la Chine et la Grande-Bretagne, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, exigent que la Corée du Nord renonce à sa rhétorique et à ses armes de terreur. Ils oublient juste de parler des leurs, infiniment plus nombreuses, autrement plus redoutables, qu’ils se sont pourtant engagés à éliminer depuis des décennies.L’essai nord-coréen ne prouve qu’une chose : les armes nucléaires ne sont pas plus efficaces pour empêcher un dictateur de menacer ses voisins et d’affamer son peuple qu’elles ne sont parvenues à empêcher des terroristes de massacrer des civils américains, russes ou français au coeur de leurs capitales. À quoi peuvent-elles donc servir ? À maintenir au pouvoir des dirigeants imbus de leur puissance, logo_rond_trash_nukesdes dictateurs qui n’en portent pas le nom et qui s’ignorent tels, et dans leur ombre les lobbies militaro-industriels et nucléaires qui sévissent dans leurs propres pays et mettent en coupe réglée le reste du monde.L’arme nucléaire est la clef de voûte d’un système mondialisé de partage du monde par la domination, la terreur, la violence et le crime d’Etat. L’arme nucléaire est l’arme des dictatures.Vive l’arme nucléaire de la Corée du Nord, dictature familiale, et de la France, patrie des droits de l’Homme ! Kim Jong Un, Hollande, Poutine, Obama – même tartuferie, même combat !Il est temps que les peuples s’emparent de la question. Nous les cibles.Nous les payeurs.Nous les électeurs.Nous les citoyens du monde.Debout les humains !
 « Et pendant ce temps là à FUKUSHIMA »  
  A écouter  http://fukushima-open-sounds.net/        
CRIIRAD appelle à se mobiliser contre l’adoption de niveaux de référence très élevés pour la gestion des accidents nucléaires et de leurs conséquences.Les autorités françaises sapprêtent à fixer les critères de gestion des zones contaminées après un accident nucléaire (ou après un attentat affectant une installation nucléaire). Quel niveau d’exposition aux rayonnements, et donc de risque, sera pris en référence pour décider de la nécessité ou non d’engager telle ou telle action pour protéger la population ? Très concrètement : jusqu’à quel niveau de risque serez-vous condamné à vivre en zone contaminée ?
À partir de quel niveau de risque pourrez-vous espérer être indemnisé et relogé dans un environnement sain ?       
Les autorités françaises ont retenu les niveaux de dose efficace les plus élevés possible : 100 mSv pour la phase accidentelle et 20 mSv/an pour la phase poste accidentelle (alors que pour le public, la limite maximale de dose est normalement de 1 mSv/an et que cette valeur correspond déjà à un niveau de risque élevé). Plus les limites sont élevées, moindre sont les dépenses liées à la protection et à l’indemnisation des dommages. Ce choix est malheureusement cohérent avec le plafonnement des indemnités pour les victimes d’un accident nucléaire majeur. Le nucléaire est dispensé de l’application du principe pollueur-payeur : ce sont ses victimes qui supporteront les conséquences sanitaires et économiques de la catastrophe.       
Cette décision n’arrive pas par hasard. Elle est le fruit de 20 ans d’efforts du lobby nucléaire, et plus précisément du lobby nucléaire français via son cheval de Troie, le CEPN. L’idée clef est de convaincre les populations que l’on peut tout-à-fait vivre en zone contaminée. Il suffit d’un peu de formation et d’équipement pour contrôler son environnement, ses aliments. Ces experts ont juste « oublié » le problème central de la dégradation de l’état de santé des habitants, et tout particulièrement des enfants.
Si vous êtes choqué par l’image de ces enfants japonais qui portent autour du cou un dosimètre en guise de pendentif, si ce n’est pas l’avenir que vous souhaitez pour vos enfants, agissez !                       
Le Ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer a lancé une consultation sur le projet de décret relatif à la Directive 2013/59.. Cette consultation est une opportunité pour dénoncer les propositions que nous jugeons inacceptables et manifester d’ores et déjà nos exigences. Nous avons tardivement pris connaissance de cette consultation qui se terminera le 30 septembre.       
Participez à la consultation publique et dites NON à l’obligation de vivre en zone contaminée !
Coralie Emilion-Languille   
 Comment participer à la consultation publique ? Pour participer à la consultation, rendez-vous sur le site
http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-de-decret-relatif-a-la-protection-sanitaire-a1504.html
ou cliquez sur ce lien pour accéder à la page de présentation et donner votre avis.                                                           
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Nicolas Hulot accuse Sarkozy d’avoir « changé à 180 degrés » sur le climat / Retour sur son renoncement à la présidentielle

LE MONDE | 21.09.2016 à
Nicolas Sarkozy « a changé à 180 degrés » en relativisant le rôle de l’homme dans le réchauffement climatique, a regretté Nicolas Hulot, mercredi 21 septembre, sur France Inter.
« Qu’un ancien président, et accessoirement peut-être un futur, puisse tordre le cou à la réalité, ça fait peur », a lancé le militant écologiste. « Il avait des convictions affichées, preuve en est le Grenelle de l’environnement », a remarqué Nicolas Hulot, en rappelant ces accords sur l’environnement mis en œuvre sous la présidence Sarkozy et se demandant pourquoi ce dernier avait changé de position sur la question.
« Mon sentiment, c’est que c’est sûrement pour de bas calculs électoraux et c’est dommage, parce que c’est une question qui doit transcender les clivages politiques car la réalité va nous rattraper. »

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« Je me sentais seul »
Sur sa décision de renoncer à être candidat à l’élection présidentielle, il a expliqué qu’il avait été « pris de court » et qu’il lui aurait fallu « une année de plus » car ses partisans n’étaient, selon lui, pas assez structurés pour mener une telle campagne.
« Je ne me voyais pas entretenir un espoir, nourrir une promesse que je ne me pensais pas intellectuellement, psychologiquement et logistiquement capable de tenir. »
Nicolas Hulot, candidat malheureux à la primaire écologiste pour la précédente présidentielle, a renoncé en juillet à se présenter en 2017, malgré des sondages le créditant d’un score entre 9 % et 11 % au premier tour.
« Il y avait une multitude de gens » qui me soutenaient mais « je me sentais seul », « la dynamique me dépassait » et « je n’ai pas eu envie de décevoir », a indiqué Nicolas Hulot, évoquant « une décision douloureuse à prendre ».
Pas de soutien nominatif
Il a prévu de lancer « un appel à soutenir un certain nombre d’idées » mais pas un appel au vote pour une personne, a-t-il dit, regrettant que la campagne n’évoque pas « des valeurs comme la dignité, la diversité, l’humilité, la solidarité ».
Il a aussi annoncé le lancement d’une pétition contre l’accord de libre-échange conclu entre l’Union européenne et le Canada. Il appelle les Etats de l’Union européenne à rejeter cet accord car il remet en cause selon lui le principe de précaution et des normes sociales, sanitaires et environnementales.
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neuf-quinze – Yassine Belattar : On ne rit pas forcément parfaitement à l’unisson. Mais c’est déjà énorme. Et de salubrité publique.

neuf-quinze@arretsurimages.eu 23/09/2016
Yassine Belattar, funambule sur une ville en feu
09h15 – A rester englués chaque soir et chaque matin dans la sombre forêt gauloise de la présidentielle, on pourrait craindre de ne plus jamais parvenir à se désengluer. De ne plus jamais arriver à retrouver l’air libre, et le goût d’en rire, des clichés communautaires qui nous étouffent. Ou pas avant longtemps. On soupire. On sanglote sur l’âge d’or de Coluche ou de Desproges, leur liberté disparue, on se répète comme un mantra funèbre que aujourd’hui-on-ne-pourrait-plus. Mais peut-être suffit-il, de temps en temps, d’éteindre la télé.
J’étais hier soir au spectacle de Yassine Belattar, Ingérable (1) (souvenez-vous : il était venu nous expliquer pourquoi il faut « rire du pire » (2)). Une salle parisienne, près de la Bastille, le Réservoir. Le public : couples blancs, couples mixtes, métis, un groupe d’amis d’Adama Traoré, avec leurs T-shirts (non floutés) (3), quelques filles voilées. Et c’est d’abord ce public, que Belattar utilise comme matériau, pour faire voler en éclats les clichés communautaires. « Toi t’es quoi ? » « Franco-indien ». « T’as le droit de dire simplement Indien, tu sais« .On rit les uns des autres. On rit de soi. On rit de voir pulvérisés si facilement les clichés qu’on porte en soi. On rit d’être soi-même un cliché. On rit de réaliser que c’est possible de rire les uns à côté les uns des autres. On ne rit pas toujours aussi fort de la même chose. Certaines vannes chatouillent manifestement certains vécus davantage que d’autres. On ne rit pas forcément parfaitement à l’unisson. Mais c’est déjà énorme. Et de salubrité publique.
Logiquement, l’ingérable a été plus ou moins viré de plusieurs medias. Il s’est fait arnaquer (4) par la fameuse chaîne Numéro 23 (5). Il a été évincé de La Grosse Emission (groupe Bolloré) par Hanouna (6). On ne risque pas de l’entendre un jour sur France Inter, même s’il a soutenu publiquement Hollande en 2012, et ne le renie pas (ce que lui reproche notre mélenchonien préféré Didier Porte. Coup de griffe de Porte ici (7), réponse de Belattar (8)). Bonne nouvelle cependant (annoncée hier soir) : il va assurer une demi-heure quotidienne (à 18 heures) sur Radio Nova.
Ce qui rend possible cette trêve d’un soir, cette bulle de grâce, c’est une évidente obsession de l’équidistance. Chaque cliché en prend pour son grade : Juifs (« je n’en dis pas de mal, je veux travailler à la télé »), Djihadistes (« Le 13 Novembre, il y en a même un qui a resquillé dans le métro. En France, on a vraiment les plus nuls »), Antillais, filles voilées, tablées de droite au restaurant au moment de l’addition, tablées de gauche dans la même situation, pères maltraitants des familles arabes, « musulmans modérés » (« le musulman modéré, c’est qui ? C’est le gars qui va à La Mecque, et qui s’arrête à mi-chemin. En Grèce, par exemple »). Bellatar l’équilibriste avance sur son fil, au-dessus des déchainements et des haines, et ce n’est pas seulement drôle, c’est beau et haletant, comme un spectacle de funambule au-dessus d’une ville en feu.

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(1) https://www.facebook.com/yassine.belattar.officiel/
(2) http://www.arretsurimages.net/emissions/2016-07-15/Attentats-il-faut-rire-du-pire-id8944
(3) http://www.arretsurimages.net/breves/2016-09-19/Clip-Black-M-W9-floute-un-T-shirt-de-soutien-a-Adama-Traore-id20154
(4) http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Medias/CSA-Copinage-Sexe-et-Argent/N-23-quand-Houzelot-manipulait-les-Noirs-les-Arabes-pour-s-enrichir
(5) http://www.arretsurimages.net/articles/2015-10-14/Le-CSA-abroge-l-autorisation-de-diffusion-de-la-chaine-Numero-23-id8122
(6) http://www.laruchemedia.com/2016/01/yassine-belattar-quitte-la-grosse-emission-et-jouera-a-molenbeek-les-22-et-23-janvier-pourquoi/
(7) https://www.mediapart.fr/journal/france/190916/mediaporte-lettre-ouverte-yassine-bellatar
(8) https://www.facebook.com/yassine.belattar.officiel/posts/1010520535714029
Daniel Schneidermann
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Les affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy… et un nouveau non-lieu

Le Parisien – 21/09/2016 – PHILIPPE HUGUEN / POOL / AFP
Nicolas Sarkozy bénéficie d’un non-lieu dans le cadre de l’enquête sur ses voyages en jet payés par la société de l’un de ses proches. PHILIPPE HUGUEN / POOL / AFP
Les juges d’instruction ont ordonné un non-lieu dans l’enquête sur les voyages en jet privé de Nicolas Sarkozy en 2012-2013, facturés à la société Lov Group de son ami Stéphane Courbit, selon plusieurs sources concordantes. Menacé d’un renvoi en procès dans l’affaire Bygmalion, Nicolas Sarkozy n’a jamais été judiciairement inquiété dans ce dossier, qui portait sur des soupçons, finalement non étayés, d’abus de biens sociaux au préjudice de Lov Group. Stéphane Courbit avait été entendu sous le statut de témoin assisté.
Me Christophe Ingrain, l’avocat de Nicolas Sarkozy réagit : «Je me réjouis de cette décision qui confirme ce que nous avons toujours dit, c’est-à-dire qu’il s’agissait d’un dossier sans aucun fondement et dans lequel il n’y avait aucune raison de mettre en cause Stéphane Courbit». Le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire en décembre 2014, en marge de l’affaire Air Cocaïne, l’enquête judiciaire menée à Marseille sur un vaste trafic international de drogue passée par la République dominicaine.
Trois vols concernés
Lors d’une perquisition dans les locaux de la société de transport aérien SNTHS, impliquée dans le trafic, les enquêteurs avaient découvert des factures adressées à Lov Group, dont trois concernaient des vols en jet privé de Nicolas Sarkozy. Ces vols avaient pour destination Doha (Qatar), où l’ex-président s’est rendu le 9 décembre 2012 pour un forum international sur le sport, les Etats-Unis le 30 janvier 2013 et Abou Dhabi (Emirats arabes unis) le 26 février 2013. Au total, dix vols pris en charge par Lov Group ont pu être recensés par les enquêteurs, pour un coût de plus de 500 000 euros, a indiqué une source proche du dossier.
Dès le départ de l’enquête, l’avocat de Stéphane Courbit avait justifié ces voyages par le projet de son client de créer un fonds d’investissement, Columbia, dans lequel Nicolas Sarkozy était impliqué. Le projet avait été abandonné après la mise en examen pour abus de faiblesse de Stéphane Courbit dans l’affaire Bettencourt, expliquait-il.
Dans leur ordonnance, signée le 16 septembre, les juges d’instruction Guillaume Daïeff et Aude Buresi estiment que l’enquête a «montré la réalité et la consistance de ce projet Columbia» ainsi que «l’implication effective de Nicolas Sarkozy» dans ce cadre, selon une source proche du dossier. «Il n’est pas démontré que ces dépenses d’avion étaient contraires à l’intérêt de la société Lov Group», écrivent également les juges, selon la même source.
Nicolas Sarkozy et les affaires judiciairesPar Tanguy de l’Espinay et Pauline Théveniaud
– Les pénalités réglées par l’UMP
État de la procédure : non lieu général prononcé le 9 septembre 2015
Date des faits reprochés : 2012 -Date d’ouverture de l’enquête : 6 octobre 2014
Statut de Nicolas Sarkozy : témoin assisté, l’ancien président a bénéficié d’un non-lieu
L’affaire en deux mots : Les juges enquêtaient sur le paiement par l’UMP de 363 615 € de pénalités infligées au candidat Sarkozy en 2012, à la suite du rejet de ses comptes de campagne pour dépassement du plafond autorisé.
Chefs d’accusations cités dans l’affaire : Abus de confiance, complicité et recel
A LIRE. Le dossier est clos
– Les hélicoptères au Kazakhstan
Etat de la procédure : enquête en cours
Date des faits reprochés : 2009/2010 – Date d’ouverture de l’enquête : mars 2013
Statut de Nicolas Sarkozy : aucun
L’affaire en deux mots : Les juges enquêtent pour savoir si des rétrocommissions ont été versées en France dans le cadre de la vente de 45 hélicoptères au Kazakhstan en 2010, pendant la présidence de Nicolas Sarkozy.
Chefs d’accusations cités dans l’affaire : blanchiment en bande organisée, corruption active d’agents publics étrangers et complicité et recel de ces infractions.
A LIRE. Une nouvelle enquête judiciaire vise des proches de Nicolas Sarkozy
Les jets privés de Lov Group
Etat de la procédure : non lieu général
Date des faits reprochés : 2012/2013 – Date d’ouverture de l’ information judiciaire : 19 décembre 2014
Statut de Nicolas Sarkozy : aucun
L’affaire en deux mots : Les juges du pôle financier de Paris ont enquêté sur trois vols en jet privé effectués par Nicolas Sarkozy et facturés à la société Lov Group, de son ami Stéphane Courbit. Ce dernier était soupçonné d’avoir fait une faveur à l’ancien président, ce qui aurait donc constitué, si c’était prouvé, un abus de biens sociaux. L’enquête s’est achevée en novembre 2015, sans mise en examen, et la justice a prononcé un non-lieu en septembre 2016. Nicolas Sarkozy n’a jamais été personnellement inquiété dans cette affaire.
Chefs d’accusations cités dans l’affaire : abus de biens sociaux, recel
– Le meeting de Toulon
Etat de la procédure : enquête préliminaire classée sans suite
Date des faits reprochés : 1er décembre 2011 -Date d’ouverture de l’enquête : 1er octobre 2013
Statut de Nicolas Sarkozy : aucun
L’affaire en deux mots : L’enquête portait sur le financement d’un meeting que Nicolas Sarkozy a tenu fin décembre 2011 à Toulon, après la plainte d’un militant écologiste grenoblois pour «détournements de fonds publics». Alors président de la République, et pas encore candidat officiel à un second mandat, Sarkozy n’avait pas inscrit l’événement dans les comptes de sa campagne présidentielle de 2012 qui ont du coup été rejetés.
Chefs d’accusations cités dans l’affaire : Détournement de fonds publics, faux et usage de faux, usage abusif des pouvoirs sociaux, complicité et recel
A LIRE. L’enquête sur le meeting de Sarkozy à Toulon a été classée
– Les comptes de campagne de 2012
Etat de la procédure : enquête en cours
Date des faits reprochés : 2012 -Date d’ouverture de l’enquête : 27 juin 2014
Statut de Nicolas Sarkozy : mis en examen (financement illégal de campagne électorale) ; témoin assisté (usage de faux, escroquerie et abus de confiance)
L’affaire en deux mots : Les enquêteurs soupçonnent la mise en place d’un système de fausses factures, entre l’UMP et la société Bygmalion pour masquer le dépassement du plafond des dépenses de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012. L’enquête s’est élargie depuis la découverte d’une «ligne présidentielle» dans le budget de l’UMP en 2012. Celle-ci porte sur 13,5 M€ de dépenses, dont 3 M€ seulement figurent officiellement sur le compte de campagne de Nicolas Sarkozy. Après une première mise en examen en février 2016, le parquet a demandé début septembre le renvoi en correctionnel de l’ancien chef de l’Etat.
Chefs d’accusations cités dans l’affaire : financement illégal de campagne électorale, faux et usage de faux, abus de confiance, tentative d’escroquerie, complicité et recel.
 A LIRE. Campagne présidentielle 2012 : ce que l’on reproche à Sarkozy
– Karachi
Etat de la procédure : six personnes avaient été renvoyées en correctionnelle, mais en février 2016, la Cour de cassation a renvoyé l’affaire devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Lyon.
Date des faits reprochés : 1994 – Date d’ouverture de l’enquête : 7 octobre 2010
Statut de Nicolas Sarkozy : aucun
L’affaire en deux mots : Les juges veulent savoir si des contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan ont donné lieu à un financement illégal de la campagne présidentielle de l’ex-Premier ministre Edouard Balladur, en 1995, via un système de rétrocommissions. Nicolas Sarkozy, alors ministre du Budget et porte-parole de Balladur, a été soupçonné d’avoir participé au versement de ces rétrocommissions, en approuvant la création de structures offshore au Luxembourg.
Chefs d’accusations cités dans l’affaire : corruption, abus de biens sociaux, complicité et recel.
A LIRE. Notre dossier sur l’affaire Karachi
– Le financement libyen
Etat de la procédure : enquête judiciaire ouverte contre X
Date des faits reprochés : 2008 – Date d’ouverture de l’enquête : 18 septembre 2012
Statut de Nicolas Sarkozy : aucun
L’affaire en deux mots : Les juges enquêtent sur des accusations de financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy par le régime libyen de Mouammar Kadhafi.
Chefs d’accusations cités dans l’affaire : détournement de fonds publics, faux et usage de faux, usage abusif des pouvoirs sociaux, complicité et recel.
A LIRE. Guéant : «Je ne vais pas participer au colportage de rumeurs»
– L’arbitrage Tapie-Crédit Lyonnais
Etat de la procédure : six personnes ont été mises en examen, dont Bernard Tapie, notamment pour escroquerie en bande organisée ; en décembre 2015, la cour d’appel de Paris a sommé les époux Tapie de rembourser les sommes perçues au terme de l’arbitrage ; le Conseil d’Etat doit examiner une QPC.
Date des faits reprochés : 2008 – Date d’ouverture de l’enquête : 18 septembre 2012
Statut de Nicolas Sarkozy : aucun
L’affaire en deux mots : L’enquête a porté sur la sentence arbitrale ayant octroyé 403 millions d’euros en juillet 2008 à Bernard Tapie pour régler son litige avec le Crédit Lyonnais sur la revente d’Adidas dans les années 90′. Les juges soupçonnent Bernard tapie d’avoir bénéficié de l’aide de Nicolas Sarkozy.
Chefs d’accusations cités dans l’affaire : détournement de fonds publics, faux et usage de faux, usage abusif des pouvoirs sociaux, complicité et recel.
 A LIRE. Tapie va réclamer un milliard d’euros à l’Etat
– Bettencourt
Etat de la procédure : huit des dix des personnes jugées du 26 janvier au 27 février 2015 ont été condamnées ; sept d’entre elles ont fait appel ; l’ancien ministre Eric Woerth a, lui, été relaxé.
Date des faits reprochés : 2007 – Date d’ouverture de l’enquête : 7 juillet 2010
Statut de Nicolas Sarkozy : mis en examen en mars 2013 pour abus de faiblesse, il a bénéficié d’un non-lieu en octobre de la même année.
L’affaire en deux mots : L’enquête a porté sur des versements d’argent de Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de l’héritière de L’Oréal Liliane Bettencourt, à Eric Woerth, alors trésorier de l’UMP, afin de financer la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
Chefs d’accusations cités dans l’affaire : détournement de fonds publics, faux et usage de faux, usage abusif des pouvoirs sociaux, complicité et recel.
A LIRE. Notre dossier sur l’affaire Bettencourt
– Les écoutes
Etat de la procédure : l’enquête est close ; la Cour de cassation doit encore valider, le 22 mars, les écoutes entre Nicolas Sarkozy et son avocat.
Date des faits reprochés : 2013 -Date d’ouverture de l’enquête : 26 février 2014
Statut de Nicolas Sarkozy : mis en examen le 7 mai 2015 pour «corruption active», «trafic d’influence actif» et «recel de violation du secret professionnel».
L’affaire en deux mots : Les juges accusent Nicolas Sarkozy d’avoir tenté, avec l’appui de son avocat Thierry Herzog, d’obtenir des informations dans une procédure le concernant auprès d’un magistrat de la cour de cassation, Gilbert Azibert, en échange de son appui pour une mutation à un poste de prestige à Monaco.
Chefs d’accusations cités dans l’affaire : violation du secret de l’instruction, trafic d’influence, corruption.
 A LIRE. Les écoutes validées, Sarkozy reste mis en examen
Date de dernière mise à jour : 21 septembre 2016.

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neuf-quinze – Primaire de la droite : La droite et le centre ont-ils « les valeurs républicaines » en commun avec la gauche ?

neuf-quinze@arretsurimages.eu 22/09/2016
 Primaire de la droite : mon honneur et moi-même viendrons en scooter
09h15 – Bien joué, la blague de Fillon. Très drôle. « Hollande n’a qu’à venir incognito, en scooter, voter à la primaire pour choisir son rival » (1)a-t-il lancé dans un meeting (2). C’est une pique anti-Sarkozy, de l’humour Fillon. Succès garanti aux journaux radio du matin. J’en ris encore.
Mais les choses devenant donc sérieuses, parlons sérieusement de cette « primaire de la droite et du centre ». Figurez-vous que depuis quelque temps, une tentation me taraude, et je ne pense pas être le seul. La forte tentation d’aller donner deux euros de frais de participation aux organisateurs de la « primaire de la droite et du centre », et de signer une « déclaration sur l »honneur », selon laquelle je « partage les valeurs républicaines de la droite et du centre », je « m’engage pour l’alternance ». Deux euros, pour contribuer à ma modeste place à renvoyer le Gaulois dans ses forêts au milieu des sangliers, à l’y renvoyer pour de bon, pour toujours (et accessoirement devant les tribunaux), c’est donné, c’est tentant.
Seulement voilà. Il y a cette déclaration « sur l’honneur ». C’est quelque chose, l’honneur, même si ce n’est pas une notion juridique. Si encore c’était seulement de droite. Mais non. Ça traverse. C’est transfrontalier. C’est chatouilleux. Bref, ça n’est pas rien.
L’alternance, pas de problème. Dans l’absolu, mon honneur et moi-même sommes très favorables à l’alternance. Ne pas voir toujours les mêmes. Changer de têtes. Renouveler. Que se vayan todos. Mais reste le gros morceau : « partage les valeurs républicaines de la droite et du centre ». Pour les valeurs républicaines, pas de problème non plus. On ne trouvera pas plus républicain que mon honneur et moi-même. Certes, je confesse avoir nourri dans mon enfance une coupable inclination pour le Bon Roy Henri IV et sa poule au pot (et inexplicablement, aussi, pour l’abominable et cruel Louis XI). Mais je me suis soigné.
Mais voici le dur du dur, le deuxième bout de la phrase. « Les valeurs républicaines de la droite et du centre ». Ici, les ennuis commencent. La droite et le centre ont-ils « les valeurs républicaines » en commun avec la gauche ? Ou bien disposent-ils de leur propre stock de valeurs républicaines de droite et du centre, distinctes de celles de la gauche ? Et dans ce cas, par hasard, pourrait-on savoir lesquelles ? J’ai beau chercher, rien là-dessus dans le texte de la déclaration « sur l’honneur ».
En revanche, mon honneur et moi-même prenons connaissance avec intérêt de ce qu’a dit le président du comité d’organisation de la primaire, Thierry Solère (déclaration faite à Rémi Lefebvre, co-auteur des Primaires ouvertes en France, ouvrage à paraître en octobre, et reproduite par Mediapart (3)) : « On veut ratisser le plus large possible. On vise tous les électeurs. Vous avez lu le texte de la charte? Il a été ciselé. Les participants doivent adhérer aux valeurs républicaines de la droite, ça veut dire quoi ? Qu’on n’est pas obligé d’être de droite ! Moi j’adhère aux valeurs républicaines de la gauche. Cette formulation subtile a échappé à tout le monde.» Puisque le président lui-même nous y invite, mon honneur et moi-même avons l’honneur de faire savoir que nous sommes tout à fait ratissables, et que nous disposons d’un scooter à deux places, en bon état de marche.

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(1) http://lelab.europe1.fr/fillon-hollande-na-qua-venir-incognito-en-scooter-voter-a-la-primaire-pour-choisir-son-rival-2853367
(2) http://lelab.europe1.fr/fillon-hollande-na-qua-venir-incognito-en-scooter-voter-a-la-primaire-pour-choisir-son-rival-2853367
(3) https://www.mediapart.fr/journal/france/200916/primaire-droite-les-electeurs-de-gauche-ou-du-fn-vont-ils-se-payer-sarko-pour-2?page_article=2
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Daniel Schneidermann
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Les islandais aux mains des pirates ?

Siné Mensuel N°56 – septembre 2016 – Maxime Carsel –
Le Parti pirate avec, à sa tête, une « poéticienne » punk pourrait bien gagner les élections à l’automne.
birgitta544x601L’affaire des Panama Papers a fait fondre les glaçons islandais. Poussé vers la sortie en avril dernier, le Premier ministre Sigmundur David Guunlaugsson était lié à des compagnies offshore. Son remplaçant sera désigné lors des élections législatives anticipées qui auront lieu le 29 octobre. Une aubaine pour le Parti pirate qui monte en puissance dans les derniers sondages. A tel point qu’il rassemble à lui seul les points de confiance donnés jusqu’ici aux deux partis traditionnels. A sa tête, Birgitta Jonsdottir, 49 ans, mère de trois enfants et sans doute future Première ministre de son pays. Elle se définit elle-même comme punk, poétesse et hackeuse – à en faire pâlir notre Emmanuel Macron national. Son credo : « démocratie liquide », c’est-à-dire soumettre le plus de lois possible au vote populaire, loin, très loin de notre sacro-saint 49-3.
Un programme simple : prendre aux riches pour donner aux pauvres 
Mais c’est quoi le Parti pirate ? Petit retour en arrière. C’est d’abord en Suède qu’il apparut en 2006, lancé comme une blague. Son fondateur Rick Falkvinge avait réussi à s’étonner lui-même du succès fulgurant de son mouvement. Sa ligne politique était de réformer les droits de la propriété intellectuelle, comme le copyright, les brevets et la protection des œuvres en défendant l’idée de partage des données. Le Part pirate existe aujourd’hui dans soixante-six pays, dont la France, et mise sur la reconnaissance du droit à la culture et au savoir.  Au Parlement européen , l’Allemande Julia Reda est l’unique députée au couleurs du parti.
carte_islande_europeEn Islande, Birgitta Jonsdottir est un ovni pour les dévots du pouvoir. Son look dénote parmi les cravates et pantalons repassés de l’Althing*, le Parlement islandais, où elle siège comme députée depuis 2009 avec ses deux acolytes du Parti pirate. « Ce qui m’a le plus choquée quand je suis arrivée au Parlement, c’est qu’il n’y a aucune transparence, nous ne savons pas comment l’argent est dépensé« , dit-elle. Elle promet que, si elle arrive au pouvoir, elle validera le nouvelle Constitution écrite lors de la crise financière de 2008 et la Révolution des casseroles. Une constitution rédigée par le peuple et pour le peuple mais dont l’élection des représentants a été annulée par la droite « à cause de la hauteur des isoloirs et une autre connerie sur les rideaux« , lâche-t-elle, un brin agacée. Pour celle qui se définit comme une poéticienne, la démocratie actuelle est un mythe qu’il faudra détruire. Elle revendique son action comme celle de Robin des Bois qui prend aux riches pour donner aux pauvres.
Quid de l’Europe dans tout ça ? Un référendum sur l’adhésion du pays au sein de l’Union européenne sera organisé si elle arrive au pouvoir, même si le pays s’est officiellement retiré des négociations l’année dernière.  Elle qui « sait ce que c’est » de faire la queue à la banque alimentaire, se dit tout à fait crédible pour porter les couleurs noir et violet de son étendard à l’Althing. « Je suis intrinsèquement activiste, même quand je siège au Parlement, et ce, même si je n’ai jamais bien compris ce que je faisais là« . Et de conclure « Nous somme tous des pirates ! »
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*L’Althing est le parlement unicaméral de l’Islande (système parlementaire à une seule chambre, comme le sont aujourd’hui 27 pays en Europe). Il fut fondé en 930. Cette date marque le début de la nation islandaise et de l’État libre Islandais. L’Althing est considéré comme le plus ancien parlement d’Europe, voire du Monde.
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Une ex-commissaire européenne à la tête d’une société offshore

Ouest-France – 22/09/2016 – AFP
Neelie Kroes, ancienne commissaire européenne à la concurrence était directrice d'une société offshore, selon des révélations de plusieurs médias.Neelie Kroes, ancienne commissaire européenne à la concurrence était directrice d’une société offshore, selon des révélations de plusieurs médias. | AFP
L’ancienne commissaire européenne à la Concurrence Neelie Kroes, chargée à ce titre de surveiller le monde des affaires, a été directrice d’une société aux Bahamas pendant son mandat, et ce au mépris des règles européennes, ont révélé mercredi des journaux européens.
D’après les documents en possession du quotidien allemand Süddeutsche Zeitung et du Consortium international des journalistes d’investigation ICIJ, Mme Kroes a été directrice de Mint Holdings Ltd., une entreprise offshore établie aux Bahamas, « du 4 juillet 2000 au 1er octobre 2009 », ont révélé les quotidiens néerlandais Trouw et Het Financieele Dagblad. Or, elle a été commissaire à la concurrence entre 2004 et 2009 (avant d’être vice-présidente de la Commission européenne jusqu’en 2014) et le code de conduite de l’Union européenne dispose que « les membres de la Commission ne peuvent exercer aucune autre activité professionnelle, rémunérée ou non ».
Conseils stratégiques
Les commissaires européens doivent, au début de leur mandat, non seulement renoncer à toutes leurs fonctions de direction mais aussi notifier dans un registre public toutes celles, ayant donné lieu ou non à un paiement, exercées les dix années précédentes.
sans-titreL’ex-ministre néerlandaise des Transports assure avoir abandonné en 2002 son poste au sein de Mint Holdings et avoir quitté cette entreprise en 2004 au début de son premier mandat en tant que commissaire européenne, ont rapporté les médias néerlandais. L’ancienne commissaire « était, selon ses propres dires, un directeur non-exécutif et aurait donné des conseils stratégiques à Mint Holdings, qui voulait acheter des parts dans le géant américain de l’énergie Enron pour six milliards de dollars », précisent les deux quotidiens. « Cet achat a échoué à l’été 2000. » « Parce que Mint Holdings n’a jamais été opérationnelle selon elle, elle (Mme Kroes) n’a jamais fait état de ses fonctions dans la direction » de cette firme, poursuivent Trouw et Het Financieele Dagblad, qui publient plusieurs documents dont la source n’a pu être confirmée.
Infraction avec le code de conduite de l’UE
Mme Kroes a reconnu auprès de ces deux journaux qu’elle avait été « officiellement en infraction avec le code de conduite des commissaires européens ». L’équipe de juristes de l’ancienne commissaire européenne a pour sa part déclaré au Guardian que leur cliente était « d’accord qu’officiellement, elle aurait dû déclarer ses fonctions de directrice ».
« Mme Kroes informera le président de la Commission européenne de cette omission et en assumera la pleine responsabilité », ont-ils dit à ce quotidien britannique. Ils ont ajouté que Neelie Kroes pensait que la société Mint Holdings avait été liquidée en 2002 et qu’en outre elle n’y avait reçu aucune rémunération.
Une porte-parole de la Commission a quant à elle déclaré que l’ex-commissaire avait désormais informé les autorités européennes de cette affaire. « Nous allons vérifier et analyser cette information avant de prendre une décision », a-t-elle ajouté. Mme Kroes assure assumer l’entière responsabilité de ses actes et en accepter les conséquences, d’après la presse néerlandaise.

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Bruxelles est devenu Lobbyland…
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Deux-Sèvres – Vie de la Cité : A Niort, la Ville a fini par murer la belle maison Veillon

La Nouvelle République 21/09/2016

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Faute d’une réaction significative de ses propriétaires, la maison Veillon, avenue de Limoges, a été murée hier matin par la Ville. Triste spectacle.

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Des parpaings pour boucher deux entrées latérales, des points de soudure pour sceller la haute grille, du contreplaqué vissé sur les fenêtres et la porte d’entrée… Voilà condamnée la maison Veillon, située au numéro 33 de l’avenue de Limoges (lire aussi notre article web du mardi 20 septembre).
Hier, les employés municipaux ont muré cette belle demeure du XIXe tristement négligée par ses propriétaires, dont certains sont domiciliés en région parisienne.
Ce murage fait suite à plusieurs avertissements de la mairie restés sans réponses. « Ça faisait plus d’un an que nous travaillions sur ce dossier », a fini par s’impatienter le maire, Jérôme Baloge, agacé par la sourde oreille des héritiers.
«  Pour cette maison, je suis prêt à aller jusqu’au bout  »
Leur seule réponse a été un référé, intenté en août par l’un d’eux contre l’arrêté de péril signé fin juin par le maire. Cet arrêté leur donnait un mois pour murer le rez-de-chaussée afin d’éviter les squats. La requête a été rejetée par le tribunal administratif de Poitiers, le couperet est donc tombé hier.
Lundi soir pourtant, une entreprise s’est manifestée auprès de la Ville, prétendant être mandatée par les propriétaires pour réaliser le murage. Cet appel de dernière minute n’a pas convaincu la Ville qui y aura vu une tentative de gagner du temps. Elle a réalisé les travaux et les facturera aux propriétaires.
«  Moralement responsable  »

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Sur place hier matin pour médiatiser cette opération, le maire a voulu donner une illustration symbolique de la chasse que ses services ont engagée contre les maisons abandonnées. « Juridiquement, la Ville n’a aucune responsabilité civile ou pénale, mais je me sens moralement responsable de ce qui pourrait arriver à l’intérieur d’une de ces maisons. » Référence évidente au meurtre qui s’est joué cet été dans une autre maison squattée, rue Basse, et que le propriétaire a fait murer depuis.
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A ce jour, soixante-dix maisons à l’abandon et logements indignes sont surveillés de près par les services municipaux, dont une quarantaine pourrait potentiellement faire l’objet d’un arrêté de péril. « Nos services sont prêts à accompagner les propriétaires, à les aider à trouver les solutions pour réhabiliter leurs immeubles, martèle le maire. Il existe même des aides financières : en fonction des éligibilités, ça peut aller jusqu’à 60 % de prise en charge. »

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En attendant, pour sauver la maison Veillon, il se dit « prêt à aller jusqu’au bout ». Jusqu’à l’expropriation, si les propriétaires devaient rester définitivement sourds à toutes propositions…
nr.niort@nrco.fr
Deux-Sèvres
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Climat – COP21- Progrès dans la ratification de l’accord de Paris.

Soixante Etats ont désormais ratifié l’accord de Paris, qui a ainsi franchi l’un des deux seuils fixés pour son entrée en vigueur, a annoncé le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon.

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 L’accord conclu en décembre entrera en vigueur 30 jours après sa ratification par au moins 55 pays représentant au total 55 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES).
Les 60 qui l’ont ratifié jusqu’ici représentent 47,5 % des émissions, a précisé Ban Ki-moon en marge de l’Assemblée générale annuelle des Nations unies.
Le Monde 21/09/2016
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Au fil de l’Histoire : Ça s’est passé un … 22 septembre

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Dans l’histoire américaine, le nom d’Abraham Lincoln est étroitement associé à l’abolitionnisme.

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Le 22 septembre 1862, en pleine guerre de Sécession et alors qu’il préside aux destinées des Etats-Unis depuis un an, il proclame l’émancipation des Noirs dans tous les espaces en état de rébellion, avec effet au 1er janvier 1863.
Une annonce à forte portée symbolique, puisqu’elle concerne 75 % des esclaves du pays, soit 2,9 millions de personnes
Le Monde 22 septembre 2016
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Abattoirs – Comment nous tuons les bêtes : l’association de protection animale L214 a révélé plusieurs cas de maltraitance dans des abattoirs français

Le Monde | 20.09.2016

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Editorial. Ce sont des images insoutenables qui ont jeté l’opprobre sur le milieu des abattoirs. Celle d’un veau, dans l’établissement du Mercantour (Alpes-Maritimes), accroché au rail par la patte arrière, qui tente de se relever pendant deux minutes, à moitié décapité, la tête dans un bac de sang. Celle, aussi, à Pézenas (Hérault), d’un mouton qui reçoit un coup de couteau dans l’œil avant d’être égorgé. Celles, encore, au Vigan (Gard), d’employés qui rient en électrocutant des cochons. Celles d’agneaux jetés contre un enclos.
A quatre reprises en huit mois, l’association de protection animale L214 a révélé des cas de maltraitance dans des abattoirs français. Ces vidéos, tournées en caméra cachée, ont ébranlé l’opinion. A juste titre. Il ne s’agit pas ici de débattre du bien-fondé de la consommation de viande, de son impact sur les animaux, l’environnement ou la santé – thèmes cruciaux déjà largement discutés. Il s’agit de faire respecter la loi
Or la réglementation est très claire en la matière : le code rural français et le règlement européen de 2009 sur la protection des animaux au moment de leur mise à mort énoncent que « toute douleur, détresse ou souffrance évitable [leur] est épargnée ». Les abattages conventionnels prévoient un étourdissement des bêtes – à l’aide d’une pince à électronarcose, d’un pistolet d’abattage ou de CO2 – et une deuxième tentative si la première échoue, afin de leur éviter d’être conscientes au moment de la mort. Des dérogations sont prévues pour l’abattage rituel, halal et casher, lors duquel des sacrificateurs égorgent – d’un seul geste – les bêtes en pleine conscience.
Conclusions sévères
Le débat a gagné l’Assemblée nationale. En mars, elle a créé la première commission denquête parlementaire sur la question. Elle vient de rendre son rapport. Conclusions sévères : les inspections ont révélé, dans les « boîtes noires que constituent les abattoirs », de « nombreux dysfonctionnements souvent mineurs, parfois majeurs, auxquels il est indispensable de remédier ».
Les députés recommandent de rendre obligatoire la vidéosurveillance dans l’ensemble des endroits « critiques » des abattoirs, d’augmenter les effectifs des services vétérinaires, d’alourdir les sanctions en cas de non-respect des règles pour « mettre fin au sentiment de quasi-impunité de certains opérateurs ». Il s’agit de réduire autant que possible la souffrance animale lors de l’abattage.
L’animal est un sujet que la loi doit considérer comme tel, nous a appris la grande philosophe Elisabeth de Fontenay dans son magistral « Le Silence des bêtes, la philosophie à l’épreuve de l’animalité » (Fayard, 1998). Nous tuons des millions de ces sujets tous les ans, en France. Le moins que l’on puisse exiger est que cela ne se fasse pas à l’abri des regards, mais de façon connue de tous et dans les conditions fixées par la loi. Ce serait faire preuve d’un minimum d’humanité à l’adresse de l’animalité.
Lire aussi :   Maltraitance animale : les députés veulent une vidéosurveillance obligatoire dans les abattoirs
Lire aussi :   L’abattage rituel fait débat sur la question de la souffrance animale
Lire aussi :   Nouvelles images de maltraitance animale dans deux abattoirs français

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Politique : qui va réveiller notre rage ?

Siné Mensuel – septembre 2016 – Jean-Marie Laclavetine –
On n’a même plus envie de gueuler. On aimerait bien, pourtant ! On voudrait retrouver les chocs électriques qui nous faisaient bondir sous Sa Majesté Sarkozy, dès le réveil, jour après jour – oh, que c’est long, cinq ans ! – en le voyant mettre ses pas dans ceux du borgne cramoisi, salir tout ce qu’il touchait, piquer des stylos, déblatérer contre les juges, démonter le code du travail en éructant comme une vraie racaille devant une gauche sidérée ou complice.
Rappelez-vous comme nous étions vénères.
politique-anonyme-sarkozy-dessin-humourMais non, plus envie. Tartarin est toujours là, remarquez bien, toujours aussi teigneux, toujours aussi malhonnête, toujours aussi talonnettes, toujours flanqué de sa cruche chantante. On a juste envie de détourner le regard et de se boucher les oreilles, c’est dire. Nous pourrions canaliser notre rage sur le caramel mou élyséen, mais à quoi bon, tout le monde s’y est mis, un vrai casse-pipe. Ils l’ont pourtant élu, non ? Nous vénérons les grands hommes, nous adorons Churchill, de Gaulle et Napoléon, mais nous votons pour Hollande et Sarko, voilà notre problème.
Qui pourrait nous sortir de cette torpeur délétère ? Qui pourrait encore nous exciter méchamment ? Macron, le petit banquier satisfait, si fier de ne pas être socialiste ? Valls, Hercule-bras-de-gueye, comme on disait dans mon enfance bordelaise (une gueye étant une serpillière, bande d’ignares) ? Juppé, Fillon, Cambadélis, Chevènement ? On dirait les sept nains frappés par le retour d’âge. Et Le Pen qui reste tapie dans l’ombre à compter les points, et son gros papa qui semble avoir renoncé à balancer ses immondices sur la voie publique.
Quel ennui.

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Pub et narcissisme

La Décroissance – septembre 2016 – Jean-Luc Coudray / Dominique Lachosme –
On dénonce avec raison l’infantilisation du citoyen par la publicité. En effet, la réduction de sa conscience au plaisir immédiat, sans projection dans l’avenir et sans esprit critique, l’enferme dans un narcissisme béat. Mais il ne faut pas oublier non plus le narcissisme structurel de l’industrie publicitaire elle-même. 
ob_70dd02_publicite-3suissesL’habitude nous masque le surréalisme de notre société envahie de messages d’autosatisfactions et de d’autoproclamations. La publicité, ce sont des marques qui prétendent qu’elles sont meilleures que les autres, comme les gamins dans les cours de récréation. La course effrénée au bénéfice et à la puissance témoigne d »un archaïsme du développement de l’individu. Ce prédateur est resté au stade du fantasme de possession et de toute puissance du nourrisson qui ‘a pas encore le sens de la loi et des limites.Cette dimension narcissique des multinationales s’exprime dans les dépenses délirantes que ces entreprises, qui pourtant calculent au centime près, sont prêtes à engloutir pour dorer leur image.
Infantilisation générale
Les deux budgets les plus importants du monde, qui sont celui de l’armement et ensuite celui de la publicité, correspondent aux deux fantasmes de la puissance et de l’image de soi. Ainsi, il s’avère que le narcissisme n’atteint pas uniquement les dominés du système, infantilisés par la propagande publicitaire, mais aussi les dirigeants. La preuve de cette infantilisation est qu’ils ont accepté de se soumettre à la dictature du marché et aux aléas de la Bourse, renonçant à diriger quoi que ce soit. On peu s’interroger sur l’origine de cette pathologie qui touche autant les bourreaux que les victimes…
jaime-ma-banque-fortuneo-160x130N’oublions pas que nous vivons dans un monde technicien. Avant d’être dépossédés de notre pensée par la publicité, la culture de masse, la société du spectacle et l’industrie du divertissement, nous avons été défaits de nos savoir-faire. Impossible de boire sans robinet, abonnement à la Lyonnaise des Eaux, compte bancaire, domicile officiel. Chaque geste nous soumet au diktat d’un champ technique, à la fois technologique et organisationnel, parfaitement centralisé. Cette dépossession du rapport aux choses infantilise chacun même les dominants. Parce que, plus quelqu’un réussit, gagne de l’argent, obtient du pouvoir, plus il devient dépendant du système technicien.
Ainsi , l’infantilisation est générale. Et si les narcissiques internationaux infantilisent les citoyens avec leur propagande, c’est peut-être parce qu’ils ne supportent pas chez les gens une maturité qui leur échappe. Quand on dit que nous sommes une civilisation de l’image, il faudrait préciser : de l’image de soi.
La « joie de vivre » dans tout ça ? C’est ce « flux mystérieux » qui par moments nous saisit en contemplant la voie lactée par une belle nuit d’été, loin de la civilisation. Lorsque l’on échappe un instant à ce monde de la marchandise et que l’on mesure tout le plaisir qu’il y a à le combattre, une chose est certaine : cette joie là est inaccessible aux chasseurs de Pokemons.
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