Centrales : « Mais non, ça ne pètera jamais… »

Le Canard Enchaîné – 22/03/2017 – Jean-Luc Porquet –
Jamais le nucléaire n’a connu pareille crise en matière de sûreté. Dans ce domaine, elle est double. Un : l’an dernier, l’ASN, le « gendarme du nucléaire, a découvert que des pièces cruciales de 46 générateurs de vapeur répartis dans pas moins de 18 réacteurs souffraient de graves défauts de fabrication (deux fois trop de carbone), qui les fragilisent énormément. Mais ils continuent de tourner. Deux : en épluchant les certificats de pièces fabriquées à la forge du Creusot, ce même « gendarme » s’est aperçu que des centaines de documents avaient été falsifiés de façon que les pièces défectueuses soient malgré tout installées dans les réacteurs. 
Preuve que les industriels du nucléaire trichent avec autant de légèreté que les fabricants de lasagnes…  L’ASN, dont le président, Pierre-Franck Chevet, a admis publiquement que la situation était « préoccupante », a saisi la justice et passe actuellement au crible (en urgence) 10 000 certificats, ce qui va prendre des années. En espérant que tout tiendra bon pendant ce temps là… « 
« Mais, dit le physicien nucléaire Bernard Laponche, deux autres crises sont en cours. Et c’est la conjonction de ces quatre crises qui m’inquiète au plus haut point. » La troisième crise, économique, concerne Areva, qui a connu trois incroyables fiascos. A Tchernobyl, les bâtiments construits voilà douze ans sur ses instructions pour y stocker les très radioactifs combustibles nucléaires n’ont jamais pu servir à cause d’un défaut de conception rédhibitoire. A Fukushima, le système prétendument miraculeux d’Areva pour décontaminer les montagnes d’eau radioactives s’est avéré être un ratage complet. Ajoutez à cela la mine d’uranium achetée à prix d’or et vide d’uranium, et vous aurez une Areva décrédibilisée, en pleine déconfiture financière, qui va devoir être renflouée à hauteur de 9 milliards d’euros – à moitié, au moins par l’État (c’est à dire le contribuable). Ce qui reste de sa branche industrielle sinistrée atterrira dans les mains d’EDF, notre géant électricien national.
Lequel ne se porte d’ailleurs guère mieux. Non seulement le « grand carénage » en cours, destiné à sécuriser les réacteurs français après Fukushima, va lui coûter 100 milliards, mais il faut y rajouter le coût des travaux pour prolonger leur vie de dix ou vingt ans (des dizaines de milliards en plus). Et celui de démantèlement des 58 réacteurs en activité (19,3 milliards d’euros au bas mot). Et celui des déchets : 42,6 milliards, d’après EDF. Bref, en vue : un gouffre financier vertigineux…
La quatrième et dernière crise est sociale. On  licencie (5 000 postes bientôt supprimés à EDF), on accélère les cadences, on met la pression sur les sous-traitants : ce mal-être généralisé est parti pour durer, ce qui ne va rien arranger question sûreté nucléaire. Hanté par la possible survenue d’un Fukushima à la française, Bernard Laponche conclut : « Je ne comprends pas comment ces quatre crises conjointes n’ont pas encore fait comprendre aux pro-nucléaire qu’ils doivent organiser la retraite. Le nucléaire est une industrie du passé. Il faut arrêter de prétendre que la France va en vendre partout : personne n’y croit. » Sauf Fillon, Macron, Le Pen, etc.
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Un panorama de fermes solaires en Thaïlande

Bouygues construction – 17/02/2017 – 
Nos filiales Bouygues Thaï et Bouygues Energies & Services, réunies au sein d’une Joint-Venture avec l’entreprise locale McTric, ont construit quatre fermes solaires à Ayutthaya, à 100 km au nord de Bangkok (Thaïlande). Retour en images sur ce magnifique projet.
Au total, ce sont quatre fermes qui produiront 18MW d’électricité par an, qui seront injectés dans le réseau national. Il s’agit du second projet réalisé par Bouygues Thaï pour le compte de son client Primeroad après le projet de la ferme solaire d’Amata (8MW) en 2015.
La contrainte principale de ce chantier consistait à construire une digue de trois mètres de haut afin de préserver les fermes des inondations.
Le chantier en quelques chiffres :
8 405 pieux en béton ont été installés, 201 720 panneaux solaires sur lesquels ont été fixés 1 319 supports, 63 km de tranchées creusées, 162 km de câbles tirés, Plus de 500 ouvriers ont travaillé simultanément.
Ces fermes sont les premières réalisées par le groupe Bouygues avec la technologie « thin film solar cells« , particulièrement adaptée aux climats chauds.
Après cette nouvelle coopération fructueuse, Bouygues Bâtiment International et Bouygues Energies & Services ambitionnent désormais d’étendre leur activité à travers l’Asie, notamment en Australie, où des projets de grande envergure devraient voir le jour très prochainement.
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Comment Internet influence l’élection présidentielle française

Le Vif.be – 28/03/2017 – Par Éric Mandonnet et Emmanuel Paquette.
Les fausses informations pullulent sur les réseaux sociaux. Là plus qu’ailleurs, tous les coups sont permis. Au point que, désormais, la présidentielle française se joue aussi sur la Toile.
Comment Internet influence l'élection présidentielle française BOYGOVIDEO/GETTY IMAGES – GRANDEDUC/GETTY IMAGES – É. FEFERBERG/AFP – J. SAGET/AFP
Au lendemain de sa victoire à la primaire de la droite, François Fillon reçoit l’un de ses anciens ministres.  » Sais-tu que pendant la dernière semaine de la campagne américaine, les vingt mesures qui ont fait le plus de bruit sur les réseaux sociaux étaient fausses ?  » l’interroge ce dernier. Le candidat des Républicains ne compte pas se laisser faire par ces nouveaux moyens de communication. Il avait déjà été offensif en la matière lors de son affrontement avec Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Au début de l’année, il se montrera précautionneux, communiquant avec ses proches avec des messages envoyés par WhatsApp plutôt que par sms, pour plus de confidentialité… Mais quand le ciel lui tombera sur la tête, ce sera de la manière la plus classique qui soit, à la suite d’un article d’un journal ayant fêté ses 100 ans en 2015, Le Canard enchaîné.
Farid Fillon, l'ex-premier ministre grimé par la fachosphère pour avoir inauguré une mosquée.Farid Fillon, l’ex-premier ministre grimé par la fachosphère pour avoir inauguré une mosquée. © DR
Il y a la campagne présidentielle visible par tous, à l’image du premier débat, le 20 mars, sur TF1. Et il y a l’autre campagne, parallèle parce que souterraine, dangereuse pour les candidats parce qu’incontrôlable par eux. Elle a déjà fait un grand blessé : Ali Juppé. Pardon, Alain Juppé. Arnaud Dassier s’en souvient encore. Cet ancien responsable de la campagne Internet de Nicolas Sarkozy en 2007 a rejoint, dix ans plus tard, le camp du maire de Bordeaux durant la primaire. Monté à bord de son taxi lors de son passage à Londres, en juillet 2016, le conseiller numérique profite de ce moment d’intimité pour dévoiler sa stratégie. Il s’agit de mettre sur pied une riposte pour contrer la campagne calomnieuse circulant sur les réseaux sociaux autour d’Ali Juppé.
Dépeint par des sites d’extrême droite comme ayant fait allégeance à l’islam en autorisant l’ouverture d’une grande mosquée à Bordeaux, le maire est représenté barbu et vêtu d’un qamis ou léchant la babouche de l’islamologue Tariq Ramadan.  » J’ai démenti à la télévision vouloir bâtir cet établissement « , se contente de répondre Juppé, considérant ainsi mettre un point final à la polémique.  » Mais lorsque l’on est attaqué sur Internet, il faut répondre sur Internet et pas à la télévision. Et, surtout, le message doit être porté par d’autres personnes que soi « , estime Arnaud Dassier.
Bilal Hamon : il s'agit de démontrer la proximité du candidat du PS avec l'islam...Bilal Hamon : il s’agit de démontrer la proximité du candidat du PS avec l’islam… © DR
Pour ce faire, le chef d’entreprise compte alors réaliser une vidéo sur YouTube en se promenant dans les rues de Bordeaux et en demandant aux passants le chemin vers la grande mosquée… qui n’existe pas. La séquence humoristique n’a jamais vu le jour. Alain Juppé a perdu la primaire, rejetant en partie la faute sur cette intox.
François Fillon a eu le temps de tirer des leçons de l’épisode. Grimé en Farid Fillon par la fachosphère pour avoir inauguré une mosquée à Argenteuil en 2010 à côté d’une petite fille portant le voile, l’ancien Premier ministre n’a pas voulu s’étendre sur le sujet à la télévision.  » Nous avons constaté que ce thème était fréquemment porté sur les réseaux sociaux par des comptes de personnes liées au Front national, précise Bruno Breton, dont la start-up Bloom a permis d’analyser les opinions et les influences véhiculées sur Internet. François Fillon n’a pas, lui, créé une caisse de résonance en l’évoquant sur les plateaux TV. Du coup, avec le temps, ce thème s’est essoufflé.  » Les mots clés BenHamon, BilalHamon ou SamirMacron circulent aussi sur Internet, pour chercher à démontrer la proximité du candidat du Parti socialiste ou celui d’En marche ! avec l’islam.
François Fillon tout sourire, avec Marion Maréchal-Le Pen lors d'une Manif pour tous.François Fillon tout sourire, avec Marion Maréchal-Le Pen lors d’une Manif pour tous. © DR
L’info fabriquée
Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose. François Fillon a également eu droit à une photo le mettant en scène, tout sourire, à côté de Marion Maréchal-Le Pen lors d’un défilé de la Manif pour tous. Le cliché, très partagé, est un faux. Comme celui de Jean-Luc Mélenchon arborant une Rolex au poignet, diffusé en avril 2016, obligeant le représentant du Front de gauche à démentir sur Internet :  » Je n’ai pas de Rolex et je n’en désire point. J’informe mes lecteurs que ce genre de rumeurs à mon sujet va se développer à mesure que je talonnerai Hollande et que je progresserai. « 
Qu’est-ce qu’une information désormais ? Pas une indication véridique, ni même vraisemblable. Une simple fabrication. En janvier, le site en ligne Le vent se lève publie un article  » exclusif  » expliquant comment l’Elysée et le ministère français des Affaires étrangères organisent le déplacement d’Emmanuel Macron au Liban :  » Le président de la République, jusque-là réservé sur la question du candidat auquel il apporterait son soutien, a choisi son camp.  » L’information est reprise par le site RT France (ex-Russia Today), avec précaution, toutefois. L’équipe d’Emmanuel Macron dément aussitôt. En mars, c’est le site Lesoir.info (reprenant tous les codes du quotidien Le Soir) qui diffuse un article estampillé Agence France Presse sur le soutien de l’Arabie saoudite au leader d’En marche ! Le député bruxellois Philippe Close est cité, à tort, affirmant que Riyad va financer à hauteur de 30 % la campagne de l’ancien ministre de l’Economie. Relayée sur les réseaux sociaux, la fausse information est même reprise par Marion Maréchal-Le Pen, demandant la transparence sur son compte Twitter.
Emmanuel Macron soutenu par l'Arabie saoudite dans un article estampillé AFPsur Lesoir.info, site imitant le quotidien belge Le Soir.Emmanuel Macron soutenu par l’Arabie saoudite dans un article estampillé AFPsur Lesoir.info, site imitant le quotidien belge Le Soir. © DR
Cibler les indécis
Google et Facebook, conscients de pouvoir être accusés de colporter tout et n’importe quoi, commencent à réagir. En France, le réseau social collabore avec huit titres de presse, dont L’Express. Les utilisateurs peuvent signaler de fausses informations auprès des médias partenaires afin qu’ils vérifient la véracité de ces contenus. Si deux d’entre eux estiment les informations fausses, elles seront signalées comme telles. Pourtant, outre-Rhin, le groupe de médias Axel Springer a refusé d’aider Facebook.  » Je considère que c’est une erreur fondamentale d’aider les réseaux sociaux à régler ce problème de crédibilité. […] Ce n’est pas notre rôle « , a estimé son dirigeant, Mathias Döpfner.
A la désinformation s’ajoute parfois la manipulation
A la désinformation s’ajoute parfois la manipulation. Joli cocktail. L’achat de faux clics sur des vidéos ou des articles permet de  » tromper  » les algorithmes. Sur YouTube, 1 000 vues coûtent 3,96 dollars et, pour 25 000 vues, il faut débourser 89 dollars sur le site YouTube-Views. Les algorithmes cherchent à davantage exposer les internautes à ces contenus qui semblent plaire. Guillaume Chaslot, ancien ingénieur chez Google, constate, au début de mars, qu’en partant d’une requête sur  » Macron « , YouTube recommande en deuxième position une vidéo sur  » Ferme ta gueule Macron ! « , suivie de  » L’homme qui envoûte la France « . Avec une recherche sur  » Fillon « , le site recommandait  » Haro sur les fonctionnaires « , et six autres contenus liés… à Marine Le Pen ou à ses proches. Chaslot, qui travaille maintenant dans l’association Data for good, cherche à mettre sur pied un  » observatoire des algorithmes  » avec le soutien de partenaires institutionnels.
Jean-Luc Mélenchon cartonne sur sa chaîne YouTube où il peut parler à l'infini...Jean-Luc Mélenchon cartonne sur sa chaîne YouTube où il peut parler à l’infini… © CAPTURE D’ÉCRAN YOUTUBE
Puisque les réseaux sociaux apportent le pire, essayons d’exploiter aussi le meilleur. Les candidats ont saisi la balle au bond. La présidentielle est la rencontre entre un homme et le peuple ? Chiche ! Supprimons ce qui ressemble de près ou de loin à des intermédiaires. Jean-Luc Mélenchon cartonne avec sa chaîne sur YouTube, où il peut parler aussi longtemps qu’il en a envie – donc très longtemps. François Fillon cartonne avec ses vidéos : son allocution diffusée le 3 mars, deux jours avant le rassemblement du Trocadéro, est vue près de 1,2 million de fois sur Facebook.  » La réussite de cette manifestation montée en quatre jours n’aurait pas été possible sans les réseaux sociaux « , remarque Gautier Guignard, responsable de sa campagne digitale. Les sympathisants qui figurent dans les fichiers d’Emmanuel Macron reçoivent chaque jour un mail qui développe, sous la photo d’une tasse de café,  » la petite idée du matin « .
Ali Juppé : le maire de Bordeaux barbu et vêtu d'un qamis. Il aurait voulu ouvrir une mosquée.Ali Juppé : le maire de Bordeaux barbu et vêtu d’un qamis. Il aurait voulu ouvrir une mosquée. © DR
L’influence éventuelle du Net sur les indécis est également surveillée avec attention par les différentes équipes. L’enjeu est de taille pour cette élection d’un genre particulier. Selon le dernier sondage Ipsos pour le Cevipof et Le Monde, réalisée les 14 et 15 mars auprès de 11 990 personnes, à peine 66 % des sondés ont l’intention d’aller voter ; parmi eux, 41 % disent pouvoir encore changer d’avis – une proportion considérable. Cibler ces indécis devient plus que jamais central.  » Le plus important est de trouver les influenceurs sur certains types de sujets, puis d’identifier au sein de leur communauté des connecteurs, c’est-à-dire des personnes reliant plusieurs communautés entre elles, explique Bruno Breton. Ce sont ces gens-là qu’il s’agit de toucher, afin qu’ils diffusent des informations sur Facebook ou Twitter.  » Ici, la bataille d’influence durera jusqu’à la dernière seconde, au-delà même de la fin de la campagne officielle – puisqu’il n’y a plus de règle qui vaille
Glossaire 2.0 – (Éric Mettout) –
Fake news Littéralement, fausses nouvelles. Le terme a été remis au goût du jour par Donald Trump qui, pendant la campagne américaine, disqualifiait ainsi les révélations des journalistes. Plus tard, le nouveau président ou ses proches ont popularisé « post-truth », qui fait de la vérité une opinion comme une autre, et « alternative facts », cette réalité parallèle relayée, notamment, par les réseaux sociaux.
Fermes de trolls Dans ces brigades de désinformateurs militants ou salariés naît une partie des « hoaxes », ces bobards, parfois parodiques, qui tournent en boucle sur Internet. Elles sont aussi chargées d’y prendre d’assaut les espaces de débat, forums de discussion ou pages de commentaires. Grande spécialité de la Russie de Poutine, qui n’a pas oublié ce qu’il doit à l’art de la propagande soviétique.
Faire le buzz C’est le Graal de tout troll qui se respecte. Utiliser le pouvoir de contagion virale du Web pour diffuser, faire rebondir et, si possible, enfler, voire se déformer, une « info » plus ou moins avérée.
Hackers Utiles ou nuisibles. Côté sombre (black hat), ils piratent, détruisent, menacent, espionnent, manipulent. Ce sont des brigands. Depuis quelques années, ils affichent des motivations idéologiques, voire diplomatiques, dont profitent les gouvernements qui les instrumentalisent.
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L’éco village des Noés à Val-de-Reuil (27), un laboratoire à ciel ouvert

APM Architecture
Un projet labellisé écoquartier en 2016. Inauguré le 20 janvier dernier en présence de la ministre du Logement et de l’Habitat durable, Emmanuelle Cosse.
La commune de Val-de-reuil a aménagé 4 ha de remblais boisés, afin d’accueillir 98 logements et divers services et équipements dédiés à la population. Ces bâtiments sont « zéro énergie », répartis sur 3 hameaux insérés dans un paysage valorisée (bord de l’Eure) entre la gare et le centre de la commune. Le projet s’attache à promouvoir le lien entre la population et la berge semi naturelle : voie verte, vues, cultures maraîchères, jardins familiaux et verger, reconstitution de zones d’expansion de crue. La mixité des fonctions et de l’offre en logement, tournée essentiellement vers le social (80% du parc) assure une cohérence sur chaque hameau.
Le programme de l’écoquartier des Noés, autour de trois hameaux, regroupe : 100 logements individuels, intermémaires et collectifs Zéro énergie en basse passive pour les logements locatifs et BBC pour les logements en accession ; une halle avec un magasin bio et une blanchisserie coopérative ; une crèche municipale ; une maison de jardniers ; des jardins familiaux bio et une exploitation d’horticulture bio support de réinsertion sociale ; la création du fermet du parc des rives de l’Eure ; la création d’une frayère à brochets ; une gestion très fine des inondations ; une gestion locale du compost ; un réseau de chaleur ; des véhicules en autopartage.
L’EcoVillage des Noés au Val de Reuil préfigure l’aménagement urbain des rives de l’Eure, entre le centre-ville et la gare, entre l’urbanité domestique des quartiers avoisinants et le paysage naturel à grande échelle de la vallée verte et bleue.
En accroche sur la partie urbanisée, il reprend l’installation historique pertinente du bâti sur la rue de Verdun, perpendiculaire à la voie, protégée des vents et orientée au Sud. En regard de l’Eure, il maintient un retrait qui respecte la vie de la rivière en ses débordements et amorce la création d’un parc des Rives de l’Eure.
Quartier en soi, l’EcoVillage appartient à la ville alentour. Son accès principal s’ouvre en fond de perspective de la Voie Verte et se prolonge jusqu’aux berges. Depuis les rue du Lièvre et voie du Galion, les accès pour les piétons, les cycles et les automobiles sont directs. Si l’automobile reste principalement en périphérie, l’EcoVillage n’en offre pas moins une grande porosité pour les déplacements doux qui le parcourent de part et part, du Nord au Sud en reprenant des chemins anciens, d’Est en Ouest de la ville à la rivière.
L’EcoVillage des Noés possède à plus petite dimension toutes les qualités de la ville elle-même. Sa diversité des espaces publics ou privés et des formes architecturales, la mixité des fonctions qu’il héberge et les trois polarités que forment les EcoHameaux du Bois, du Lièvre et du Pré lui confèrent une qualité urbaine éco-responsable bien au-delà d’un simple aménagement résidentiel.
C’est une véritable urbanité qui nait là de la diversité des formes de logements : ces maisons individuelles indépendantes ou groupées, des logements intermédiaires ou collectifs, en accession ou location, sociales ou privées. Diversité domestique associée à quelques programmes à vocation collectives : une crèche et son jardin pour les enfants, une halle et son magasin d’alimentation biologique, une maison commune et son hébergements, la maison des jardiniers et les jardins familiaux, et aussi des activités économiques et sociales, autour de l’horticulture et du jardinage.
Cette mixité des programmes trouve sa place dans un ensemble de lieux urbains qui accompagnent la vie quotidienne. Chaque EcoHameau possède son lieu central de convivialité. La Halle s’ouvre sur une séquence d’espaces à partager : une place, puis un verger, puis encore, une fois traversé un secteur d’activités horticoles, le parc et le chemin des berges. On y chemine, on y prend son temps, dans le calme à distance du passage des automobiles.
Une architecture, à la fois simple et variée par ses volumes, ses matériaux et ses couleurs, donne corps à ce programme fortement éco-responsable. Orientée vers le Sud pour gagner tous les apports solaires utiles et un confort de vie chaque jour, elle donne aux logements de la lumière dans toutes les pièces de vie, y compris les salles de bains, et offre au moins deux façades opposées qui apportent un confort notamment par la ventilation traversante en été. Chaque logement possède une extension extérieure confortable pour tirer profit de l’urbanisme apaisé de l’EcoVillage. Protections solaires, bardages et volets persiennés bois, toitures végétalisées et panneaux photovoltaïques signent la qualité environnementale de l’ensemble qu’annonçait un paysage doux, de noues et d’herbes.
La disposition des bâtiments prend en compte toutes les ambitions éco-responsables utiles au respect du site et à l’engagement vis-à-vis de notre Terre. L’écart entre les volumes bâtis autorise une bonne solarisation de chaque partie et d’atteindre une performance énergétique répondant aux enjeux de l’avenir ZéroEnergie ; le positionnement des constructions dans le site permet d’accueillir les débordements de la rivière dans un voisinage serein ou attendue.
L’ensemble des caractéristiques de l’EcoVillage de Noés (respect du site, réduction des émissions de carbone, gestion des déchets ménagers et verts, programme mixte et sociale, présence d’activités liées à l’alimentation notamment bio, qualité environnementale du bâti, performance énergétique ZEN, qualités des ambiances à vivre, gestion alternative de l’eau, etc.) lui permet d’envisager le label exclusif du WWF : One Planet Living.
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Maîtrise d’oeuvre / atelier philippemadec et Plages Arrière (urbanisme & architecture) ; In Situ puis Arc en terre (paysage) ; Tribu Conseil (environnement, énergie, développement durable) ; Fleur de Lys (géobiologie) ; Ecotone (écologie et hydrologie) ; Sneta (vrd) ; Le Cacheur (Fluides) ; Aurore (horticulture); Quille (entreprise générale, mandataire) ; Dalkia (réseau de chaleur);
Maîtrise d’ouvrage : Siloge (opérateur social à Evreux) ; la ville de Val-de-Reuil
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Ce soir 29 mars Mediapart en direct et libre : Hamon-Mélenchon, le désaccord européen

Voici le programme de l’émission Mediapart Live du mercredi 29 mars :
 20h-20h30. Retour sur nos enquêtes : l’interdiction de séjour comme instrument de répression, avec Florent, militant contre Cigéo. Retrouvez également les chroniques Mediatrap et L’air de la campagne.
20h30-22h30. Hamon-Mélenchon, le désaccord européen et Nathalie Arthaud face à la rédaction : alors que Londres doit activer l’article 50 des traités européens ce mercredi 29 mars pour ouvrir les négociations formelles du Brexit, Mediapart organise un débat sur l’avenir de l’UE. L’Europe est l’un des nœuds de la campagne présidentielle, au cœur du « désaccord » entre Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon. Nous avons proposé à Thomas Piketty et Éric Coquerel de venir en débattre. À 22 heures, Nathalie Arthaud, candidate de Lutte ouvrière à la présidentielle, est face à la rédaction.
L’équipe de Mediapart
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neuf-quinze – détention Antonin Bernanos

neuf-quinze@arretsurimages.eu 28/03/2017
Navalny et Bernanos, détenus d’ici et de là-bas
09h15  – Toutes les télés françaises ont montré dimanche soir l’arrestation, à Moscou, de l’opposant russe Alexei Navalny. Navalny a été condamné lundi à quinze jours de prison. Si je vous en parlais moi-même hier matin (1), ce n’est pas pour évoquer l’affaire Navalny en elle-même, mais pour pointer le silence de la propagande gouvernementale russe, hyper-active sur l’actualité française, à propos des accusations de corruption de Navalny contre le Premier ministre russe (pour les curieux, des extraits de sa vidéo d’enquête sur le système de corruption monté autour du Premier ministre Medvedev, video vue douze millions de foissont ici) (2).
En France, un manifestant se trouve en détention préventive depuis mai 2016, soit environ 300 jours (20 fois, donc, la peine à laquelle a été condamné Navalny). Qui le dit ? Qui le rappelle ? Il s’appelle Antonin Bernanos (et je vous en parlais déjà en décembre dernier, (3) c’est dire si j’ai de la suite dans les idées). C’est un étudiant en sociologie de 22 ans. Il serait aussi militant antifa, selon un site classé en rouge dans le Décodex (4) (voyez, je donne tous les éléments), ce qui n’est pas un délit. Il se trouvait à proximité de « la » fameuse voiture de police incendiée (5), quai de Valmy, en marge d’une manifestation anti-loi Travail, au printemps dernier (les images d’un policier bastonné par un manifestant avaient provoqué de vives réactions politiques). Bernanos a été identifié par un témoin anonyme, qui s’est avéré être un policier, comme le manifestant qui a cassé la vitre arrière de la voiture de police, à l’aide d’un plot.
Ses avocats, et la Ligue des droits de l’homme, organisaient hier une conférence de presse, pour rappeler son sort à la mémoire des médias (et à la chambre d’accusation, qui doit se prononcer aujourd’hui, pour la troisième fois, sur une demande de mise en liberté). Si je le rappelle, ce n’est pas pour porter un jugement sur la durée de cette détention provisoire. Je n’ai pas d’éléments particuliers sur ce dossier. Pas davantage, d’ailleurs, que tous mes confrères qui décident, eux, que cette information n’est pas importante, puisque quasiment aucun n’a relaté la conférence de presse (à l’exception de Libération). (6) C’est pour rappeler que toute décision de relater ou de ne pas relater, d’écrire ou de ne pas écrire, de faire d’une affaire la manchette de Une ou une simple brève, relève d’une série de choix. L’Actualité en soi, transcendante, immanente, purement « factuelle », n’existe pas.
Et encore, si la presse s’intéresse un peu à Antonin Bernanos, peut-être est-ce parce qu’il a la chance d’être blanc, et d’origine bourgeoise, rappelle Geoffroy de Lagasnerie (7) (ici sur notre plateau (8)), pour qui de telles durées de détention provisoire sont, en France, dans la norme, s’agissant de détenus n’ayant pas, eux, la chance d’être blancs, et d’origine bourgeoise. Pour la morale de l’histoire, se reporter au paragraphe précédent.

Kevin Philippy, adjoint de police, battu par un manifestant Quai de Valmy (capture écran vidéo amateur)
(1) http://www.arretsurimages.net/chroniques/2017-03-27/Navalny-et-les-baskets-de-Medvedev-id9711
(2) http://www.arretsurimages.net/breves/2017-03-27/Medvedev-Navalny-denonce-un-vaste-systeme-de-corruption-id20527
(3) http://www.arretsurimages.net/chroniques/2016-12-08/Du-bon-usage-de-la-detention-provisoire-id9373
(4) https://ripostelaique.com/antonin-bernanos-milicien-antifa-beaux-quartiers.html
(5) http://www.arretsurimages.net/breves/2016-05-18/Voiture-police-incendiee-a-Paris-recits-divergents-id19895
(6) http://www.liberation.fr/france/2017/03/27/voiture-de-police-brulee-a-paris-la-detention-interminable-d-antonin-bernanos_1558706
(7) https://blogs.mediapart.fr/geoffroy-de-lagasnerie/blog/250317/les-violences-de-letat-penal-et-le-cas-dantonin-bernanos
(8) http://www.arretsurimages.net/emissions/2016-01-15/Les-terroristes-se-retrouveraient-totalement-dans-le-discours-de-Valls-id8381
Daniel Schneidermann
Russie : Navalny en détention. Le principal opposant russe, Alexeï Navalny, a été condamné lundi à quinze jours de détention au lendemain de vastes manifestations contre la corruption dans tout le pays, que le Kremlin a qualifiées de « provocation ». Le gouvernement a ignoré hier les appels lancés par les Etats-Unis et l’Union européenne en faveur de la libération des centaines de manifestants de l’opposition interpellés dimanche.
Le Monde 28/03/2017
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Crise en Guyane – Une fusée sociale dans la campagne [commentaire]

Ouest-France  28/03/2017 par Michel URVOY.

On ne peut pas continuer à lancer des fusées sur fond de bidonvilles. Trente-deux ans plus tard, le regret que formulait François Mitterrand reste vrai. Et on a l’impression que l’excellent bilan du quinquennat Hollande sur l’Outre-mer, exprimé un peu vite, il y a quinze jours, par Benoît Hamon, doit être relativisé.
La crise guyanaise qui s’invite dans la campagne, comme celle des Antilles en 2009, ne peut surprendre que ceux qui ne veulent rien savoir, depuis des décennies, de ce département, trois fois grand comme la Bretagne et moins peuplé que l’Ardèche. Ou que ceux qui s’en tiennent aux chiffres d’une politique plutôt volontariste, plutôt généreuse, mais qui ne suffit pas face à des réalités complexes.
On ne peut pas dire que la Métropole ne s’intéresse à la Guyane qu’en temps de campagne.
Les budgets ont été augmentés. Des lois ont été votées qui ont permis de calmer les prix de certains produits de grande consommation. Des efforts sécuritaires – merci Mme Taubira – ont été décidés : effectifs policiers, scanner à l’aéroport de Cayenne, tribunal de grande instance, prison…
Comment se fait-il, alors, que ce paradis végétal et animal, que cet écrin de nature entre les bras du Maroni et l’Oyapock soit un enfer pour un nombre croissant de ses habitants ?
Comment expliquer que cette tête de pont de la France et de l’Europe en Amérique latine soit à la fois un symbole de technologie – Arianespace – et un territoire lanceur de fusées sociales ?
La Guyane est un produit de l’histoire – ses voisins, le Guyana et le Suriname, ont emprunté la voie de l’indépendance – de la géographie et de la politique, où les moyennes n’ont aucun sens.
Du temps et de l’argent
C’est la Guyane qui fait que la plus grande frontière française est avec le Brésil. En y ajoutant les autres voisins, ce sont près de 2 000 km, noyés dans la forêt ou franchissables d’un coup de pirogue, qu’il faudrait surveiller.
Impossible de contrôler les Brésiliens, les Surinamais, les Haïtiens, les Péruviens, les Dominicains qui fuient leur misère, croient à cet Eldorado de la subvention. Et se jouent de barrages si faciles à contourner.
Territoire pauvre, la Guyane est, malgré tout, la France. Avec la moitié des emplois dans la fonction publique ; des ingénieurs à Kourou, même s’ils vivent relativement en vase clos ; des traitements majorés et des primes incitatives.
Sauf que la cohabitation entre ces deux réalités crée un choc : l’alléchant pouvoir d’achat des uns fait exploser les prix et la spéculation au détriment de ceux, de plus en plus nombreux, qui n’ont rien. À l’immigration s’ajoute une démographie galopante : 10 000 habitants de plus par an, près de la moitié de la population sous les vingt ans, un Guyanais sur quatre sans travail.
Malgré les efforts, l’eau, l’électricité, les écoles, les équipements sanitaires manquent. Les violences, les trafics et l’orpaillage clandestin semblent trop souvent la seule issue.
Avec des coûts à l’européenne, dans un tout petit marché tiers-mondisé, investir, produire et vendre relève de la gageure. Même en versant assez de millions d’euros pour débloquer les barrages et le pas de tir de Kourou, sauver la Guyane demandera beaucoup de temps et d’argent. Et d’imagination pour soulager la dépense publique.
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Dessin d’Aurel : La transparence chez les députés

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Au fil de l’histoire Ça s’est passé un … 28 mars

Le 28 mars 1566, Jean Parisot de La Valette, grand maître de l’Ordre de Malte, pose la première pierre de sa ville fortifiée sur l’île méditerranéenne.

Il rêvait d’une « cité bâtie par des gentlemen pour des gentlemen », qui serait aussi un centre culturel, économique et politique d’envergure européenne.

Des milliers d’esclaves sont enrôlés sur le chantier ; des dons affluent de toute la chrétienté. La Valette ne verra hélas pas l’achèvement du chef-d’œuvre architectural qui porte son nom.
Il s’éteint en 1568, trois ans avant la fin des travaux
Le Monde 28/03/2017

Tombeau du Grand Maître Nicolas Cotoner, soutenu par deux statues d’esclaves, un Turc à gauche, un Africain à droite, dans la chapelle d’Aragon de la Co-cathédrale Saint-Jean de La Valette

Esclave turc du tombeau du Grand Maître Nicolas Cotoner dans la chapelle d’Aragon de la co-cathédrale Saint-Jean de La Valette
La Valette célèbre ses 450 ans cette année !

 

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Point de vue – Les pleins pouvoirs du Président

Ouest-France – 28/03/2017 – Alfred Grosser –
Depuis 1962, les Français élisent leur président de la République au suffrage universel direct. Au second tour, seuls deux candidats restent en lice. Pourquoi ?
L’exemple allemand de 1925 donne la réponse. Au second tour, le maréchal von Hindenburg, qui mettra Hitler au pouvoir, recueillit 48, 3 % des voix. Wilhelm Marx, le candidat commun du parti catholique, des socialistes et des libéraux, 45,4 %. Mais il y avait un troisième candidat, le communiste Ernst Thälmann. S’il n’avait pas pu rester, la majorité de ses 6,4 % de suffrages auraient assuré la victoire du centre gauche. Et le cours de l’histoire en eût été changé…
Quand nous élisons un Président, la campagne se déroule comme si, une fois élu, il avait tous les pouvoirs. Ce n’est pas ce que prévoyait la Constitution. D’après les articles 20 et 21, « le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. Il dispose de l’administration et de la force armée. Il est responsable devant le Parlement […] Le Premier ministre dirige l’action du gouvernement. Il est responsable de la Défense nationale ».
Le Premier ministre est nommé par le Président. Celui-ci ne peut pas s’en séparer s’il ne démissionne pas. Sur ce point, une formule a été vite trouvée. Le Premier ministre écrit au Président : « Vous avez bien voulu me faire part de votre intention de procéder à la nomination d’un nouveau gouvernement. En conséquence, j’ai l’honneur de vous présenter la démission du gouvernement ». Le « en conséquence » est devenu « donc », ce qui ne change pas le procédé.
Démocratie parlementaire ?
C’est que le général de Gaulle, une fois élu, a modifié la Constitution. Dès le 9 janvier 1959, il est précisé que le Président a approuvé le programme présenté par le Premier ministre, ainsi que la liste des ministres que celui-ci lui a soumis. Cette conception du pouvoir présidentiel est si bien entrée dans les mœurs, qu’en 1982, le socialiste Pierre Mauroy dira : «Le Premier ministre est doublement responsable. Devant le président de la République, bien sûr, mais aussi devant l’Assemblée nationale.»
De Gaulle laissa le soin de gouverner à Michel Debré puis à Georges Pompidou. Il ne décidait que lorsque, selon lui, les grands intérêts de la nation étaient engagés. François Mitterrand laissait largement faire Pierre Mauroy, puis, à contrecœur, Michel Rocard. Puis, de plus en plus, le Président s’est trouvé en mesure de décider de tout. Nicolas Sarkozy fut attaqué lorsqu’il qualifia François Fillon, son Premier ministre, de simple « collaborateur ». L’expression correspondait pourtant à la réalité : le chef du gouvernement étant devenu plutôt une sorte d’assistant du président de la République.
Dans la campagne électorale, chaque candidat est supposé présenter son « programme », autrement dit, ce qu’il ferait, une fois élu, en matière de budget, d’éducation, de santé, d’environnement, etc. La façon dont les législatives sont désormais placées juste après la présidentielle, lui permet d’espérer qu’une majorité parlementaire le soutiendra. Mais le Gouvernement et son chef semblent avoir disparu des attentes. Le Président peut décider de tout. Parfois, le Premier ministre peut manifester des désaccords. Comme Manuel Valls. Mais tel candidat se verra reprocher non pas d’avoir critiqué la politique gouvernementale, mais celle du Président.
Il n’est vraiment pas certain que cette concentration du pouvoir et des pouvoirs soit saine au cœur d’une démocratie qui se veut tout de même parlementaire.
(1) Alfred Grosser, politologue, sociologue, historien franco-allemand, professeur émérite des universités.
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Une étude révèle (encore…) l’utilisation abusive des paradis fiscaux par banques de l’UE

Le Vif.be – 27/03/2017 – AFP –
Les vingt plus grandes banques européennes déclarent un quart de leurs bénéfices dans des paradis fiscaux, avec une préférence pour le Luxembourg, Hong-Kong et l’Irlande, selon une étude de l’ONG britannique Oxfam publiée lundi.
es banques « déclarent 26% de leurs bénéfices dans les paradis fiscaux, soit 25 milliards d’euros en 2015, mais seulement 12% de leur chiffre d’affaires et 7% de leurs employés », un « décalage flagrant », remarque l’ONG, qui publie cette étude avec le réseau Fair Finance Guide International.
Ces mêmes établissements déclarent même « au global 628 millions d’euros (de bénéfices) dans des paradis fiscaux où elles n’ont pourtant aucun employé ».
Cette « utilisation abusive des paradis fiscaux » peut permettre aux banques de « délocaliser artificiellement leurs bénéfices pour réduire leur contribution fiscale, faciliter l’évasion fiscale de leurs clients ou contourner leurs obligations règlementaires », souligne Oxfam.
Oxfam classe parmi les paradis fiscaux les Etats figurant dans les principales listes en la matière, dont celles de l’OCDE et du Fonds monétaire international. Elle y ajoute d’autres pays selon des critères propres comme un taux d’imposition effectif faible.
Les auteurs de l’étude s’appuient sur des données « pays par pays » dont la publication a été rendue obligatoire pour les banques par l’Union européenne à des fins de transparence. Ces résultats « qui dépassent parfois l’entendement, montrent l’étendue du problème et l’impunité totale qui entoure les pratiques des plus grandes banques européennes dans les paradis fiscaux », commente Manon Aubry, co-auteure du rapport.
Le Luxembourg, l’Irlande et Hong-Kong font partie des paradis fiscaux privilégiés par les établissements étudiés.
En Irlande, cinq banques –la britannique RBS, la française Société Générale, l’italienne UniCredit et les espagnoles Santander et BBVA– « ont même obtenu une rentabilité supérieure à 100% et dégagent plus de bénéfices qu’elles ne font de chiffre d’affaires », souligne Oxfam.
Selon cette étude, le taux d’imposition des banques étudiées s’élève en moyenne à 6% et descend à 2% pour certaines banques, « bien en deçà du taux normalement en vigueur de 12,5%, déjà le plus faible de l’Union européenne ».
D’après le rapport, la Belgique est également considérée comme un paradis fiscal. En 2015, Santander Benelux, une filiale de la grande banque espagnole Santander, a payé en Belgique un taux effectif d’impôt de seulement 15%. Grâce aux intérêts notionnels, la banque a réussi à ne pas payer d’impôts sur 19 millions d’euros de bénéfices. Les données d’autres banques, telles que BNP Paribas et ING, suggèrent qu’elles utilisent un régime d’impôts plus proche de la normal en Belgique.
Les cinq plus grandes banques françaises –BNP Paribas, BPCE, Crédit Agricole, Crédit Mutuel-CIC et Société Générale– « ont déclaré 5,5 milliards d’euros de bénéfices dans les paradis fiscaux ».
Quatre d’entre elles sont notamment présentes aux Iles Caïmans, où elles ont réalisé « 174 millions d’euros de bénéfices bien qu’elles n’y emploient personne ».
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neuf-quinze – Russie : arrestation de l’opposant Nalvany

neuf-quinze@arretsurimages.eu 27/03/2017
Navalny, et les baskets de Medvedev
09h15500 arrestations, dont l’opposant Alexei Navalny : le bilan des manifestations anti-corruption en Russie est, en France, l’un des titres de la matinée. Des milliers de citoyens sont descendus dans les rues de plusieurs villes de Russie, à l’appel de Navalny. Ils avaient notamment été mobilisés par une video d’investigation postée par Navalny sur Youtube, et vue onze millions de fois (ici sous-titrée en anglais) (1). Elle dénonce le train de vie du Premier ministre, et ancien président, Medvedev. Elle dévoile tout le système de prête-noms, derrière lesquels il dissimule sa fortune. Comment Navalny a-t-il été mis sur la piste de cette fortune de Medvedev ? Grâce aux Anonymous, et à une paire de baskets. Il le raconte en détail dans la vidéo.
Sans doute des centaines de milliers de Russes ont-ils été sidérés par cette histoire de baskets (comme peuvent l’être les Français, par des histoires de costumes et de montres, appartenant à des élus politiques jusqu’alors considérés comme au-dessus de tout soupçon). Mais comment en parlent les medias publics russes en français ? Comme dans cet article (2) de RTFrance, à la remarquable sobriété. On y apprend que ces manifestations étaient « non autorisées ». Que les organisateurs avaient refusé « tous les emplacements alternatifs que leur avait proposé la mairie de Moscou » (on aimerait bien savoir lesquels, avec une carte). Et que Navalny, arrêté, a écrit « tout va bien pour moi » sur son compte Twitter. Alors que ces medias multiplient les « live » sur Periscope sur la moindre manif dans une capitale européenne, pas une seule video de violence policière russe sur RTFrance. Et évidemment, pas une allusion aux baskets de Medevev (ne serait-ce que pour démonter, le cas échéant, l’odieuse intox de Navalny).
Chaque jour, ici, nous essayons de déconstruire la propagande de nos propres medias, ce soft power occidental dans lequel nous baignons. Nous nous y attachons en priorité, du seul fait que nous y baignons, et que nous y sommes donc exposés de manière plus insidieuse. Il ne faudrait pas pour autant oublier que la propagande à l’ancienne, dans la plus pure tradition de la Pravda, se porte bien aussi, merci.

(1) https://www.youtube.com/watch?v=qrwlk7_GF9g&yt%3Acc=on&hl=en
(2) https://francais.rt.com/international/35832-partisans-opposant-russe-alexey-navalny-manifestent-contre-corruption-moscou
Daniel Schneidermann
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L’excision, cauchemar des fillettes en Indonésie

La Nouvelle République 27/03/2017

La petite Salsa Djafar porte une couronne en or, un ruban et une robe pourpre pour une fête de famille particulière: la célébration de son excision, dans une région isolée d’Indonésie. Mais pour cette fillette d’un an et demi, comme pour d’autres, c’est un cauchemar.

Une fillette indonésienne chez une guérisseuse qui pratique l’excision à Gorontalo, en Indonésie, le 20 février 2017 – AFP BAY ISMOYO
Dans une modeste maison dans la province de Gorontalo (centre), une guérisseuse recouvre le bébé d’un drap blanc puis passe sa tête en dessous, un petit couteau à la main.
Soudain, elle coupe le capuchon qui recouvre le clitoris de la fillette, ainsi que les petites lèvres, faisant aussitôt hurler l’enfant. La guérisseuse prend ensuite les petits morceaux coupés et les plante dans un citron avec son couteau. Ce geste marque la fin d’un rite censé débarrasser la petite Salsa des péchés et signaler qu’elle est officiellement musulmane.
« C’est dur de la voir crier comme ça, mais c’est la tradition », dit à l’AFP le père du bébé, Arjun Djafar, un ouvrier de 23 ans, lors de cette cérémonie sur fond de musique locale, un rituel qui se fête en famille.
Les mutations génitales féminines (MGF) – expression médicale qui désigne l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes d’une femme – sont pratiquées depuis des générations en Indonésie, pays musulman le plus peuplé au monde. Pour de nombreuses familles, c’est un rite obligatoire. Mais les méthodes ancestrales sont dénoncées avec force par les opposants, qui exigent leur interdiction.
Le gouvernement indonésien a souvent changé d’avis sur les méthodes d’excision à adopter ou non, créant de la confusion. Un temps, il a essayé d’interdire l’excision, condamnée par les Nations Unies, mais la forte résistance opposée par les autorités religieuses de cet archipel d’Asie du Sud-Est où l’islam joue un rôle important rendent un tel bannissement impossible. Il essaie désormais plutôt de convaincre de cesser cette pratique, considérée au niveau international comme une violation des droits fondamentaux des filles.
Opposition croissante
Nulle part ailleurs dans le pays l’excision n’est aussi populaire qu’à Gorontalo, région très conservatrice. La province affiche le taux le plus élevé d’ablations d’organes génitaux. A Gorontalo, plus de 80% des filles âgées de moins de 11 ans ont subi des mutations génitales, contre 50% environ à l’échelle de ce pays de 255 millions d’habitants, selon une enquête gouvernementale.
Malgré les souffrances causées par ces ablations et l’opposition croissante dans le pays, les habitants de la province, peuplée pour l’essentiel de paysans pauvres, considèrent l’excision comme une obligation.
Pour la guérisseuse traditionnelle Khadijah Ibrahim, qui a pris la succession à Gorontalo de sa mère décédée il y a quelques années, les filles qui ne sont pas excisées risquent d’être atteintes de « problèmes mentaux et handicaps ».
Des dirigeants locaux estiment, eux, que cette pratique évite plus tard aux filles de céder aux moeurs légères. Et les habitants sont nombreux à penser que les musulmanes n’ayant pas subi de mutations génitales ne seront pas acceptées par Dieu.
L’excision n’est pas seulement une pratique courante dans les régions isolées de l’archipel, elle l’est aussi à Jakarta. Mais dans la capitale indonésienne, la procédure se limite à un geste symbolique: une personne pique une aiguille dans le clitoris de la fillette, évitant ainsi les douleurs liées à une ablation.
‘Procédures néfastes’
Les Nations Unies ont déjà adopté deux résolutions encourageant à renoncer à ces pratiques d’un autre âge. L’ONU considère les MGF comme des « procédures néfastes aux parties génitales féminines sans raison médicale ». Non seulement elles n’ont aucun avantage pour la santé, mais peuvent au contraire créer beaucoup de problèmes comme l’infertilité et un risque accru de complications à la naissance d’un enfant, souligne l’ONU.

En Indonésie, les débats autour de l’excision ont pris de l’ampleur ces dernières années. Même certaines organisations musulmanes sont désormais contre, telle Muhammadiayh, la deuxième du pays, qui dissuade ses partisans de recourir à cette pratique.
Un avis partagé par Khorirah Ali, une membre de la commission nationale contre la violence faite aux femmes: « Je pense que dans ma religion il n’y a aucun verset qui autorise l’excision féminine, ce n’est pas dans le Coran », a-t-elle déclaré à l’AFP
Mais la plus importante organisation musulmane indonésienne, Nahdlatul Ulama, et le Conseil des oulémas, la plus haute instance religieuse du pays, restent eux favorables à l’excision.
Malgré les oppositions, la fin de l’excision a peu de chance d’arriver en Indonésie, dit à l’AFP Jurnalis Uddin, expert en mutations génitales féminines. « Vouloir se débarrasser totalement de cette pratique, c’est comme nager contre le courant ».
Par Olivia RONDONUWU© 2017 AFP
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Un trafic très mielleux

Le Canard Enchaîné – 22/03/2017 – Conflit de Canard –
En Slovaquie, le petit déjeuner est un sujet sensible ! Le « Canard » en a parlé la semaine dernière, Bratislava a fait un barouf diplomatique auprès de Bruxelles au motif que le Nutella qu’on lui fourgue est une pâte à tartiner au rabais, « moins riche, moins crémeuse, moins complexe » que chez ses voisins. Mais les slovaques s’énervent aussi au sujet de la qualité du miel. Ils ont tellement tanné la Commission européenne que celle-ci vient de rendre son audit sur les miels frelatés. On y découvre que 20 % des miels sont trafiqués avec du rajout de sucre liquide. Le double de ce que l’on suspectait ! Et pas seulement en Slovaquie…
Bruxelles autorise les fabricants à ajouter au miel naturel 5 % de sucre de canne ou de betterave. Mais pour repousser la limite, les margoulins ont eu l’idée de mélanger le miel avec du sirop de sucre à base de maïs. Résultat : certains miels passent comme une fleur les contrôles avec des pots contenant 50 % de sirop industriel. Pointée du doigt, la Chine; le plus gros producteur de la planète, qui en exporte vers l’Europe 100 000 tonnes par an. Les tricheurs y vont avec d’autant plus d’enthousiasme que l’assaisonnement était quasiment indétectable : impossible ou presque de différencier le sucre industriel de celui fabriqué par les abeilles.
Mais voilà que la Commission européenne, poussée par les Slovaques, a sorti l’artillerie lourde des analyses : spectromètre de masse et chromatographie en phase liquide, rien que ça. A la lecture du rapport on découvre que les faussaires du miel ne se contentent plus de sucrer les pots. Certaines abeilles sont désormais nourries avec du sucre industriel ! Une « adultération indirecte difficile à détecter », souligne le rapport, en particulier par les tests standards mis en œuvre par les États membres.
Ce qui a fichu le bourdon au Slovaques, ce sont les stats qui ne collent pas. Alors que les chinois engloutissent chaque année 700 000 tonnes de miel, auxquelles il faut ajouter, à la louche, 200 000 tonnes destinées à l’export, le pays en produit officiellement 450 000… Cherchez l’erreur.
Rejointe par la Hongrie et par la Slovénie, la Slovaquie réclame carrément à l’Europe l’interdiction du miel de Chine ou, à défaut, la révision de la législation, pour plus de transparence sur l’étiquette. Aujourd’hui, le miel chinois coupé est, la plupart du temps, mélangé avec une cuillerée de miel européen, histoire d’être étiqueté « Origine Union européenne et autres pays ». Les Chinois vont encore dire qu’on leur casse du sucre sur le dos…

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Comment trouver du vin (presque) sans sulfites ?

Plantes & Santé – avril 2017 –

L’utilisation des sulfites comme stabilisants, conservateurs, antiseptiques et clarifiants des vins est devenu systématique chez la plupart des viticulteurs. Or, ces substances sont aussi pro-allergisantes. Si vous êtes concerné par cette réaction, sachez que certains labels autorisent l’ajout de sulfites, mais à des doses très limitées.
Vin conventionnels rouge normes E.U : 160 mg/litre de souffre;  Vin rouge issu de l’Agriculture Biologique : 100 mg/litre de souffre;  Vin rouge Demeter (biodynamique) : 70 mg/litre de souffre;  Vin rouge Association des Vins Naturels : 30 mg/litre de souffre
Le vin biologique
Le vin biologique existe officiellement depuis très peu de temps (2012). Avant, il ne prenait en compte que la viticulture et non la vinification. Cette démarche oblige dorénavant à n’ajouter aucun traitement synthétique et d’insecticide dans les vignes et, depuis peu, propose à réduire (très légèrement) les intrants lors de la vinification. Par contre, elle autorise l’acidification, la désacidification, le traitement thermique, l’ajout de tanins, l’ajout de copeaux de bois, de soufre, les levures industriels…
Le vin biodynamique
Le vin biodynamique pousse la démarche des vins bio encore plus loin. Les vignerons qui utilisent cette méthode essaie d’intensifier la vie du sol afin qu’il y ait un meilleur échange entre la terre et la plante. Pour cela, ils se servent de préparations à base de plantes qu’ils infusent, dynamisent où macèrent afin d’aider la vigne à se renforcer et à mieux se développer (une sorte de traitement homéopathique de prévention). Ils utilisent aussi le calendrier lunaire afin que la plante, le sol et les influences lunaires se combinent au mieux. C’est un penseur et philosophe, Rudolf Steiner (1861-1925) qui instaura les bases de cette mouvance aussi appelé anthroposophie.
On y autorise le collage du vin et la filtration, la chaptalisation (ajout de sucre) uniquement pour les pétillants, les levures industrielles, mais par contre l’utilisation de dose de soufre plus basse que les vins bio.
Le vin naturel
Le vin naturel combine donc ces deux méthodes mais va encore plus loin en autorisant aucun intrants ni techniques visant à modifier le jus originel, mis à part le soufre…
Il existe aussi une autre section dans les vins naturels encore plus « jusqu’au-boutiste », les vins Sans Aucun Intrants Ni Sulfites (S.A.I.N.S). Certains vins ne dépassent pas 1 à 2 mg/L !
Pour trouver plus d’informations: vins-sains.org, www.lesvinsnaturels.fr/recherche.php ou sur le site de lassociation des vins naturels

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