Réforme de l’orthographe : « On n’est pas couché » relaie une intox sur Najat Vallaud-Belkacem

L’ancienne ministre de l’éducation a été interrogée samedi par une chroniqueuse de l’émission sur une prétendue réforme de l’orthographe qu’elle n’a jamais menée.
LE MONDE | 21.05.2017 | Par Les Décodeurs
Najat Vallaud-Belkacem commence à avoir l’habitude d’être la cible de « fake news », ces informations erronées ou déformées qui se propagent sur les réseaux sociaux.
Invitée de l’émission « On n’est pas couché », diffusée samedi 20 mars sur France 2, elle a tout de même été surprise quand la journaliste Vanessa Burggraf a repris à son compte l’idée que l’ancienne ministre de l’éducation nationale aurait réformé l’orthographe durant son passage rue de Grenelle.
Ce qu’a dit Vanessa Burggraf : « Un enfant sur quatre qui ne sait pas lire et écrire rentre en sixième. Il faudrait plus d’heures de français car les jeunes ne savent plus lire ni écrire (…) J’ai vu la réforme de l’orthographe, ça m’a atterrée. »
La chroniqueuse de l’émission de Laurent Ruquier a poursuivi en expliquant qu’à « l’école de (sa) fille » on écrivait oignon sans « i » et plusieurs mots sans tirets.

Pourquoi c’est faux

Najat Vallaud-Belkacem a éclaté de rire et a fait de grands signes à la journaliste en répondant : « Vanessa, Vanessa, je n’ai jamais mené de réforme de l’orthographe, c’est une fake news. »
En effet, si l’ancienne ministre de l’éducation nationale a poursuivi la réforme des rythmes scolaires et mené celle du collège, elle n’est pas responsable d’une réforme dont le principe a été adopté en 2008 par le Bulletin officiel, comme nous l’avions expliqué en février 2016.
Cette « réforme de l’orthographe » est en réalité assez limitée : se basant sur un rapport de 1990, elle vise à simplifier certaines graphies (oignon/ognon, nénuphar/nénufar) ou à rendre facultatif l’usage de l’accent circonflexe lorsqu’il ne sert pas à différencier deux sens.
L’orthographe rectifiée, qui n’a rien d’obligatoire, a suscité une polémique en février 2016, quand elle a été intégrée par les éditeurs des nouveaux manuels scolaires. Plusieurs médias avaient alors déploré la « mort de l’accent circonflexe » et accusé le ministère de l’éducation nationale.
Or ce n’est pas la ministre qui a été à l’initiative de cette mesure, même si, selon Arrêt sur images, le conseil supérieur des programmes (qui dépend du ministère) a conseillé aux éditeurs d’appliquer la réforme de 1990 par souci de cohérence.
Lire aussi :   Non, l’accent circonflexe ne va pas disparaître
Najat Vallaud Belkacem, cible des « fake news »
Cette fausse information relayée par Mme Burggraf est loin d’être un cas isolé. Comme l’ont relevé nos confrères de Libération, la journaliste chroniqueuse d’« On n’est pas couché » a commis d’autres erreurs et approximations, notamment :
Mme Vallaud-Belkacem désormais candidate aux législatives dans la 6e circonscription du Rhône, a été durant ses trois ans au ministère de l’éducation nationale la cible de plusieurs autres « fake news » :
une citation lui était attribuée, pour faire croire qu’elle voulait « instaurer des principes coraniques à l’école

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Elections législatives

Minute par minute, suivez l’actualité de la campagne législative racontée et analysée par la rédaction du « Monde ».
Le Monde  Vos questions
Vu sur le « Télégramme »: sur les affiches de El Kohmri et Marisol Touraine, 2 ex ministres PS, on peut lire « Candidate de la majorité présidentielle avec Emmanuel Macron ». Mais qu’est ce que c’est que ça? -Jean1319
Bonjour Jean,  De fait, les anciennes ministres Myriam El Khomri (travail) et Marisol Touraine (santé) se présentent au nom de « la majorité présidentielle » d’Emmanuel Macron et non pas au nom du Parti socialiste, quand bien même elles sont encore membres du PS.

C’est ce qui explique, aussi, pourquoi La République en marche, le mouvement de M. Macron, a décidé de ne pas présenter un candidat dans les deux circonscriptions où se présentent Mmes El Khomri et Touraine, respectivement à Paris et dans l’Indre-et-Loire.

Le Monde le 22 mai Lu, vu, entendu
Poutine reçu le 29 mai à Versailles
Emmanuel Macron recevra lundi 29 mai son homologue russe Vladimir Poutine au Grand Trianon à Versailles, à l’occasion de l’exposition sur la visite de Pierre le Grand en France en 1717, annonce l’Elysée. Ce sera la première venue du président russe à Paris depuis l’entrée en fonction du nouveau chef de l’Etat.
Le Kremlin a confirmé dans un communiqué cette visite, indiquant notamment qu’« un échange d’opinions » aurait lieu « sur les questions actuelles internationales et régionales, notamment la coordination de la lutte contre le terrorisme et le règlement des crises en Syrie et en Ukraine ». « La situation et les perspectives de développement des relations franco-russes dans les domaines politique, économique et commercial, culturel et humanitaire », seront également abordées, ajoute le communiqué.
Le Kremlin précise qu’Emmanuel Macron et Vladimir Poutine « inaugureront ensemble l’exposition de l’Ermitage au Grand Trianon de Versailles sur le 300e anniversaire » de la première visite de Pierre Ier en France, soulignant que celle-ci fut « à l’origine des relations stables entre nos deux pays ».
Le Monde le 22 mai
Dans « Le Monde » A Berlin, Le Maire et Schäuble lancent un groupe de travail sur la réforme de la zone euro
  Le nouveau ministre de l’économie a tenté lundi à Berlin de donner des gages sur les réformes annoncées en France par Emmanuel Macron.
Le Monde le 22 mai Dans « Le Monde »
Bruxelles attend Emmanuel Macron sur sa future loi travail
Dans ses recommandations, la Commission européenne demande à Paris de ramener le déficit sous les 3 % et d’améliorer « l’accès au marché du travail pour les demandeurs d’emploi, notamment les travailleurs les moins qualifiés, et les personnes issues de l’immigration ».
Haute fonction publique, société civile… qui rejoint le cabinet de Nicolas Hulot ?

Michèle Pappalardo, énarque, magistrate à la Cour des comptes et ancienne responsable de l’Ademe, a été nommée directrice du cabinet du ministre de la transition écologique.
Le Monde le 22 mai Lu, vu, entendu
Pour Florian Philippot, le Front national a défendu une « double monnaie » sans y être « favorable »
Florian Philippot, vice-président du Front national, est revenu lundi matin sur Radio Classique sur les débats au sein du parti d’extrême droite autour de la sortie de l’euro. Il a notamment jugé « extraordinaire » que le FN « ait fait croire » pendant l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle qu’il défendait le principe d’une double monnaie sans pourtant y être « favorable ».
« On a fait croire aux Français qu’il y aurait deux monnaies dans le portefeuille, ce qui était faux, ça n’a jamais été notre ambition », et « ça a stressé tout le monde », a poursuivi M. Philippot.
Le vice-président du FN a réaffirmé sa volonté de partir du parti d’extrême droite si le projet de sortir de l’euro était abandonné.
Le Monde le 22 mai  Dans « Le Monde »
La ligne Maginot des Républicains
Le clivage droite-gauche est-il aussi obsolète que le fut la fortification construite durant l’entre-deux-guerres ?, s’interroge le journaliste au Monde Philippe Ridet, dans sa chronique.
Dans « Le Monde » Emplois aidés : la mauvaise surprise de la nouvelle ministre Muriel Pénicaud
Plus de 60 % du budget 2017 a été consommé par le gouvernement Cazeneuve. Faute des fonds nécessaires pour la fin de l’année, 62 000 personnes pourraient se retrouver au chômage.
Le Monde le 22 mai Vos questions
Pouvez vous renvoyer vos lecteurs (façon de parler) vers un article détaillé expliquant clairement: gouverner par ordonnance. Merci. françoisantehuitard
Bonjour françoisantehuitard,  voici ci-dessous cet article détaillé qui explique ce que gouverner par ordonnance – comme souhaite le faire Emmanuel Macron pour la réforme du code du travail -, veut dire.
Gouverner par ordonnance, ça veut dire quoi ?
S’il est élu président de la République, Emmanuel Macron envisage de mettre en œuvre certaines de ses principales mesures par ordonnance. Explications.
Philippot menace de quitter le FN si le parti recule sur la sortie de l’euro
Le Monde le 22 mai  Lu, vu, entendu
Réforme du code du travail : Emmanuel Macron recevra mardi syndicats et patronats
C’est l’une des premières mesures que souhaitent lancer Emmanuel Macron et son premier ministre, Edouard Philippe, a assuré dans le Journal du dimanche que le duo exécutif souhaite « aller vite ».
Pour lancer cette réforme du code du travail, le président de la République recevra mardi à l’Elysée les organisations syndicales et patronales, a annoncé dimanche soir à l’Agence France-Presse l’entourage du chef d’Etat. Pour aller plus vite, M. Macron avait annoncé pendant la campagne présidentielle qu’il souhaitait légiférer par ordonnances sur le sujet, au grand dam des syndicats.
Il avait notamment promis de donner plus de place à l’accord d’entreprise, d’instaurer le référendum à l’initiative de l’employeur ou encore de plafonner les indemnités prud’homales en cas de licenciement sans cause réelle ou sérieuse.
Le Monde le 22 mai Dans « Le Monde »
Législatives : les candidats de droite déstabilisés par la recomposition politique
Les prétendants investis par LR et l’UDI mènent une campagne compliquée, entre les ralliements au président Macron, la volonté d’éviter l’oppostion frontale et les enjeux locaux.
Le Monde le 22 mai Lu, vu, entendu
Retour sur l’actualité politique de ce week-end
Interview d’Edouard Philippe, propositions pour moraliser la vie politique de René Dosière, ou encore la droite qui lance la bataille des législatives… Retour sur l’actualité politique de ce week-end.
Le Monde le 22 mai
Bienvenue dans ce direct consacré notamment à la campagne des élections législatives.
N’hésitez pas à poser vos questions ou nous envoyer vos commentaires ou remarques tout au long de la journée.
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C’était mieux aujourd’hui

Charlie Hebdo – 17/05/2017 -Jacques Littauer –
Selon une étude très sérieuse, le niveau de vie des trentenaires est nettement supérieur à celui de leurs parents, ceux qui appartiennent pourtant à la génération chérie du baby-boom. Un résultat certes discutable, mais qui nous rappelle que tout n’était pas mieux avant.
Le constat semblait partagé, à gauche comme à droite : on vivrait moins bien aujourd’hui qu’hier. A la génération du baby-boom qui avait connu le plein emploi, des revenus en forte hausse et qui disposerait aujourd’hui d’une retraite confortable, aurait succédé une « génération sacrifiée » de trentenaires au chômage, aux faibles revenus, soumis à la précarité, ayant des difficultés à se loger, etc.
Eh bien non ! Une études de deux économistes Hippolyte d’Albis et Ikpidi Badji (« Les inégalités de niveaux de vie entre les générations en France » – mars 2017), vient nous mettre un peu de baume au cœur en affirmant l’inverse. Pour eux, chacune des générations née au XXème siècle a mieux vécu que les précédentes. Évidemment, il s’agit de moyennes. Mais si l’on s’en tient à une appréciation globale, il semblerait dons que, l’un dans l’autre, ça aille plutôt vers le mieux.
Par exemple, si la génération de baby-boomers, celle née en 1946, a bien vu son niveau de vie s’accroître considérablement par rapport à celle née en 192 – un gain de 40 % -, elle a même été dépassée par la génération suivante, celle née en 1976, dont le niveau de vie est  de 20 % supérieur. Par ailleurs, il est établi quel revenus progressent avec l’âge. ainsi le niveau de vie des 50-54 ans est 35 % plus élevé que celui des 25-29 ans. Lorsque l’on atteint 60 ou 65 ans, c’est moins net : c’est l’âge de la retraite, avec la baisse des revenus qui l’accompagne, et tout dépend alors si on a réussi à acheter son logement, si on est propriétaire d’un commerce ou d’une entreprise que l’on peut revendre, ou si on est au contraire condamné à survivre avec 900 euros, montant moyen de la retraite pour les femmes…
Mais c’est sans doute cet écart entre les « quinquas »et les jeunes qui alimente le sentiment que les générations précédentes ont joui d’un niveau de vie plus élevé, ainsi que d’une plus grande quiétude, en raison du plein-emploi. Évidemment, l’angoisse face au chômage est une réalité massive d’aujourd’hui. Mais il ne faut pas oublier pour autant les progrès intervenus ces dernières décennies. Ainsi la mortalité infantile a-t-elle quasiment disparu : lors que, encore en 1949, 6 % des bébés mouraient avant d’atteindre leur première année, il ne sont plus aujourd’hui que 0,3 % dans ce cas. De même, l’espérance de vie qui n’était que de 25 ans au XVIIIème siècle, et qui se traînait encore à 45 ans en 1900, atteint aujourd’hui 79 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes. Et que dire des 88 % de bacheliers actuels, contre 11 % en 1960 ? Mais bien sûr, les grincheux vont nous dire que « le niveau baisse »…
Une question se pose alors : si le niveau de vie moyen ne cesse de s’accroître, pourquoi ce sentiment si répandu que ça va de plus en plus mal ? Il y a une foule réponse. D’abord une hausse moyenne ne veut pas dire une hausse pour tous : la majorité vit mieux, mais cela n’empêche pas un grand nombre  de vivre moins bien. Ensuite, la hausse délirante des prix de l’immobilier plombe la vie de dizaines de millions de personnes dans notre pays. De plus, la perception du présent dépend de l’idée que l’on se fait de l’avenir : or la persistance du chômage et les prévisibles catastrophes écologiques n’incitent pas à l’optimisme.
Enfin, depuis 1968 est apparue l’idée d’une société « sans classe », constituée uniquement d’une vaste classe moyenne, au sein de laquelle chacun aspire au niveau de vie de la bourgeoisie. La frustration est alors grande de ne pas y parvenir, surtout quand, dans le même temps, les rémunérations des grands patrons et autres sportifs professionnels se sont envolées… La bonne nouvelle, c’est donc que ça va mieux « en moyenne ». La mauvaise, c’est que ce n’est pas ça qui va rendre le sourire aux jeunes générations inquiètes de leur avenir, à moins que notre nouveau président ne parvienne à leur inoculer son contagieux optimisme.        
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En Belgique, l’impôt au prix des frites pour le milliardaire Bernard Arnault

Le Canard Enchaîné 17/05/2017 – Jérôme Canard –
20 millions d’euros « empruntés » au journal Le Parisien ont déjà passé la frontière vers Bruxelles, où le milliardaire Bernard Arnault pratique l’optimisation fiscale à gogo. 
Les limiers du « Parisien/Aujourd’hui en France » seront sûrement intéressés : depuis son rachat par LVMH, en octobre 2015, leur journal contribue – c’est le mot – à une chouette opération d’optimisation fiscale en Belgique. Lorsque le groupe de Bernard Arnault a mis la main sur celui de Marie-Odile Amaury, la trésorerie du Parisien a rapidement été délestée de 20 millions d’euros. Cette « avance », comme le mentionnent ses comptes arrêtés au 1er janvier 2016, a été réalisé sous la forme d’un emprunt par LVMH Finance Belgique, autre filiale houant le rôle de superbanquier à Bruxelles, selon une pratique très prisée chez le maroquinier de luxe.
Dans le jargon financier, ce regroupement de trésorerie au sein d’un paradis fiscal s’appelle le cash pooling. Un peu comme si Arnaud avait dit au Parisien : « On a pris quelques millions dans la caisse pour les mettre au frais à l’étranger, mais on vous les rend quand vous voulez. » Plus d’oseille et moins d’impôts… en toute légalité. Le milliardaire, dont l’empire vient de passer numéro 1 au CAC40 (valeur en Bourse : 116,7 milliards, quand même), n’en continue pas moins de jouer les grands patriotes économiques (« Le Figaro », 26/4) : « Il est déterminant que le groupe conserve son contrôle familial. C’est important pour LVMH, c’est important pour la France. Le groupe possède des maisons ancrées dans notre pays depuis des générations, la plus ancienne depuis le XIVème siècle. LVMH représente la France dans le monde. » Allons z’enfants de la Belgiiiqueu !
Intérêts intéressants
Dans ce petit jeu de l’optimisation fiscale, Arnaud devient plus gourmand au fil du temps. Il y a près de dix ans, en 2008, LVMH Finances Belgique avait démarré avec un ridicule million d’euros. En 2009, le bas de laine avait déjà bondi à 7,45 milliards, puis à 9,58 milliards l’année d’après et ainsi de suite…  Dans les derniers comptes disponibles (ceux de 2015) , 17,1 milliards ont désormais passé la frontière – la majeure partie de cette trésorerie détenue en Belgique étant constituée par les créances sur d’autres société du groupe. Six employés à peine, basés à Bruxelles, sont chargés de gérer ce trésor… qui représente la moitié du chiffre d’affaires de LVMH (35,7 milliards de ventes). Ce cash pooling au plat pays, où l’impôt sur les sociétés est l’un des plus bienveillants d’Europe, permet notamment de bénéficier du système des exotiques « intérêts notionnels » : une curiosité locale lancée en 2005 pour attirer les gros poissons. Plus la boîte dispose de fonds propres, plus elle a droit à des réductions. Après 85,5 millions de déductions en 2014, le groupe en a raflé 69,3 millions en 2015. A quoi il faut ajouter d’autres douceurs belges : non-imposition des plus-values sur cessions d’actions, dividendes des filiales détaxés, etc.
Niches fortiches
A Bruxelles, le mesquin Parti du travail de Belgique (PTB), qui ferraille contre ce régime fiscal tout miel, tient un top 50 des plus belles ristournes obtenus par les multinationales ayant, de cette façon créé leur « banque interne » en Belgique, histoire d’esquiver le scélérat impôt français sur les sociétés. La holding personnelle de Bernard Arnault, Le Peigné SA, trône en bonne place dans le dernier des classements : sa déduction s’élève à 61,7 millions d’euros. Compte tenu de la dernière contribution acquittée par Le Peigné SA (565 000 euros), on aboutit à un taux d’imposition fracassant de 0,3 %.
Le Canard a lui aussi sorti sa calculette. Les multiples niches fiscales spécial plat pays de Peigné SA ont permis à cette dernière de déduire près de 400 millions d’euros d’impôts en quatre ans. Et, rien qu’avec les précieux « intérêts notionnels », LVMH Finances Belgique a cumulé près de 500 millions d’euros de déduction depuis 2010. Deux bonheurs que le groupe, contacté par Le Canard, a préféré ne pas commenter. Excès de pudeur patriotique, sans doute.
L’impôt au prix des frites !
Bernard Arnault possède six sociétés financières à Bruxelles. La plupart son installées dans la Blue Tower, sur la chic avenue Louise. Aux côtés de LVMH Finances Belgium et Le Peigné SA : Willinvest, Courtinvest et sa filiale Cervinia, et Le Peigné Invest, qui, en 2015, affichait un bénéfice de 665 000 euros, a dû régler un monstrueux impôt s’élevant à… 2 euros !Courtinvest a dégagé un bénéfice de 101 millions en 2015 et payé 1 euro d’impôt.
Il ne manque plus que le soleil et les cocotiers…
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Moralisation de la vie politique : une petite révolution

L’Obs 20/05/2017
Cumul des mandats dans le temps, interdiction d’embaucher un membre de sa famille, retraite des parlementaires… Le projet porté par François Bayrou est très ambitieux. Mais de nombreux points restent à éclaircir.

Il y a des années que je me bats avec l’idée que cette loi, nous devons l’écrire. » François Bayrou a confirmé, lors de sa prise de fonction au ministère de la Justice, que la « loi de moralisation de la vie politique » serait l’acte fondateur du quinquennat. Le Garde des Sceaux avait fait de cette loi une des conditions de son « alliance » avec Emmanuel Macron : « Tout le monde sait ici que c’est une loi qui me tient particulièrement à coeur », a-t-il ajouté mercredi.
Le projet sera sur la table du Conseil des ministres « avant les élections législatives ». Le calendrier est donc très, très serré pour un texte qui s’annonce ambitieux… et complexe. Interdiction pour un parlementaire d’embaucher un membre de sa famille, prévention des conflits d’intérêt, fin du cumul des mandats dans le temps… Autant de mesures dont les principes figurent dans le programme d’Emmanuel Macron mais dont il va falloir trouver la traduction juridique. A peine installé, le cabinet du nouveau ministre se met d’ores-et-déjà au travail.
« Dès lundi je recevrai les associations anticorruption Anticor et Transparency International », a indiqué le ministre. « Mon intention est de proposer un texte clair, lisible, qui changera de manière déterminante les situations qui font naître des soupçons. Je veux aller très vite pour que tous les citoyens voient quel va être le cadre de l’action publique, mise à l’abri des conflits d’intérêts. »
Qu’a promis Emmanuel Macron ?
Emmanuel Macron a fixé le cap lorsqu’il a dévoilé son programme présidentiel, le 2 mars dernier. La moralisation de la vie politique est l’un de ses six chantiers prioritaires : « Le cinquième chantier sera celui du renouveau démocratique », écrit-il. « Le soupçon qui pèse aujourd’hui sur nombre de représentants, le manque d’efficacité et l’insuffisante responsabilité de nos dirigeants menacent notre démocratie. C’est pourquoi je veux moraliser et responsabiliser la vie publique, et renouveler la représentation nationale. »
Le candidat a promis « une grande loi de moralisation de la vie publique », mais plusieurs textes distincts pourraient être nécessaires. Qu’a promis Emmanuel Macron ?
  • « L’interdiction de toute embauche par un élu ou un ministre d’un membre de sa famille. »
  • C’est là une réponse directe à l’affaire des emplois présumés fictifs de la famille Fillon. Actuellement, un député sur six emploie un membre de sa famille, selon les calculs du « Monde« . Le programme d’Emmanuel Macron précise que l’interdiction de recruter un parent viserait « les élus » et « tout gestionnaire de deniers publics ». C’est d’ailleurs déjà le cas au Parlement européen et dans plusieurs pays d’Europe.
  • > Les questions en suspens :
  • – Il faut encore préciser ce qu’est « un membre de la famille ». Les cousins, beaux-frères, parents éloignés seront-ils concernés par l’interdiction ? Et les couples qui ne sont pas mariés ?
L’exemple du Parlement européen montre qu’un élu peut faire embaucher un parent par un autre élu. Comment éviter un contournement de l’interdiction ?
  • « L’interdiction pour les parlementaires d’exercer des activités de conseil parallèlement à leur mandat, pour mettre fin aux conflits d’intérêt. »
Cette mesure est, elle aussi, inspirée par François Fillon et sa florissante société 2F Conseil, dont l’opacité a suscité le soupçon. Certains parlementaires ont fait le choix de cesser toute activité de lobbying au moment de leur élection. Mais d’autres, tels Luc Chatel, Thierry Solère ou Gérard Longuet, ont maintenu (ou développé) leurs activités de conseil.
Depuis l’affaire Cahuzac, les déclarations d’intérêts des parlementaires doivent être publiées. Le programme d’Emmanuel Macron va plus loin. De la transparence, on passerait à l’interdiction : « On ne peut pas faire la loi pour tous tout en étant, parallèlement, au service de quelques-uns », expliquait le candidat.
> Les questions en suspens :
Une mesure comparable avait été votée à la suite de l’affaire Cahuzac, mais elle avait été censurée par le Conseil constitutionnel, pour qui « ces interdictions excédaient manifestement ce qui est nécessaire pour protéger la liberté du choix de l’électeur, l’indépendance de l’élu ou prévenir les risques de confusion ou de conflits d’intérêts ». Pour la mettre en œuvre, le nouvel exécutif devrait passer par une révision de la Constitution. Y est-il prêt ? Cela suppose une majorité des trois cinquièmes au Parlement, ce qui complique la donne.
  • « Toutes les indemnités des parlementaires seront soumises à l’impôt. »
Le programme d’Emmanuel Macron prévoit que l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) sera intégrée à l’indemnité parlementaire. A ce titre, elle serait fiscalisée (actuellement, elle est seulement soumise à la CSG et à la CRDS). L’IRFM ? C’est une enveloppe allouée aux députés « pour faire face aux diverses dépenses liées à l’exercice de leur mandat qui ne sont pas directement prises en charge ou remboursées par l’Assemblée ». Par exemple la location d’un local, l’hébergement à Paris, des costumes, mais pas les billets de train ni les taxis, qui sont remboursés par ailleurs. Son montant est considérable : 5.770 euros pour un député, 6.037 euros pour un sénateur.
Certains députés restituent les sommes qui n’ont pas été dépensées, mais ce n’est pas le cas le plus fréquent… L’enveloppe est utilisée presque sans contrôle, et sert parfois à payer des dépenses privées. « Le montant de l’IRFM contribue, pour la durée d’un mandat, à un enrichissement oscillant entre 1.400 euros et 200.000 euros », a pointé un rapport de la Commission pour la transparence financière de la vie politique, publié en 2012.
Lire aussi 6.000 euros d’argent de poche et autres privilèges des parlementaires
Les questions en suspens :
– Fiscaliser l’IRFM revient, en pratique, à la considérer comme un revenu. Le projet de loi consistera-t-il à ajouter son montant aux 7.185,60 euros mensuels perçus par les députés, et donc à porter leur indemnisation globale à 12.955 euros ?
La réforme suppose l’adoption d’une loi organique, conformément à l’article 25 de la Constitution.
  • « L’interdiction du cumul de plus de trois mandats identiques successifs. »
Pour le mandat de président de la République, c’est déjà fait : la réforme constitutionnelle votée en 2008 limite à deux le nombre de mandats consécutifs. Mais c’est la seule limitation du cumul dans le temps. Pour les autres élections, le rapport Winock Bartolone propose une limitation à trois mandats successifs. Cette proposition, qui figurait déjà dans le programme de François Hollande, est reprise par Emmanuel Macron.
Un tiers des députés sortants (35%) ont déjà effectué trois mandats et ne pourraient pas se représenter si cette règle était aujourd’hui en vigueur, selon « Le Monde ».
> Les questions en suspens :
Les adversaires de cette mesure rétorquent que c’est aux électeurs de choisir leurs représentants. A eux de sanctionner les élus usés par le temps… Pour encadrer cette souveraineté, l’exécutif devra passer au minimum par une loi organique qui sera scrutée de très près par le Conseil constitutionnel. Le député Arnaud Viala (Les Républicains) considère pour sa part qu’il faut passer par une révision de la Constitution.
  • « L’interdiction pour tous les détenteurs d’un casier judiciaire (niveau B2) de se présenter à une élection. »
Les responsables politiques devront rendre des comptes sur leur probité personnelle », indique le programme d’Emmanuel Macron : « Si on ne peut être fonctionnaire lorsqu’on ne dispose pas d’un casier judiciaire B2 vierge, on ne devrait pas non plus pouvoir être parlementaire. »
La réforme est déjà engagée : les députés ont voté en février dernier deux propositions de loi portées par Fanny Dombre-Coste (PS). Il s’agit d’exiger que tout candidat à un scrutin, local ou national, présente un casier judiciaire vierge de certains délits. Mais ces deux textes n’ont pas été examinés par le Sénat.
Les questions en suspens :
La jurisprudence du Conseil constitutionnel tend plutôt à élargir le droit d’éligibilité, qu’elle a aligné sur celui du droit de vote. Laissera-t-il passer une telle mesure ? Et cette règle s’appliquerait-elle aussi aux ministres ?
  • « La suppression du régime spécial des retraites des parlementaires. »
Les parlementaires bientôt rattachés au régime général des retraites ? Une réforme de 2010 a déjà réduit les privilèges des députés et sénateurs. Les taux de cotisation sont progressivement alignés, d’ici à 2020, sur ceux des fonctionnaires. Mais il reste des avantages. L’élu touche ainsi 731 euros par mois de retraite de base et 400 euros de retraite complémentaire après un seul mandat. En 2015, la pension moyenne versée aux parlementaires retraités était de 2.700 euros net, selon « Les Echos ». Inutile de dire que ce régime est très largement déficitaire – 40 millions d’euros provenant d’une subvention prélevée sur le budget de l’Assemblée.
A noter que le nouveau ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, ne sera pas contre une telle réforme, au contraire : lors de la primaire de la droite, il proposait la suppression des tous les régimes spéciaux de retraire.
> Les questions en suspens :
– La réforme ne pourrait pas être appliquée rétroactivement. Elle toucherait les nouveaux élus, pas ceux qui ont déjà accumulé des droits à la retraite.
– La diminution du nombre de parlementaires, souhaitée par le nouveau président de la République, aura un impact sur le régime de retraite car moins de personnes cotiseront.
Plusieurs chantiers institutionnels 
Le programme d’Emmanuel Macron comporte plusieurs mesures qui ne touchent pas directement à la moralisation de la vie politique, mais qui renouvellent considérablement le fonctionnement des institutions. On ignore à ce stade si certains de ces mesures seront discutées en même temps :
  « Nous prévoirons que les nouveaux ministres, immédiatement après leur nomination, soient auditionnés par la commission permanente de l’Assemblée nationale compétente pour leur portefeuille. »
  « La présentation, par le président de la République, de son bilan national et européen une fois par an devant le Congrès. »
  « Nous réduirons d’environ un tiers le nombre de députés et de sénateurs. Ils disposeront de moyens supplémentaires pour faire leur travail. »
  « Nous obligerons les formations politiques à respecter la parité dans la présentation de leurs candidats. Nous diminuerons le financement public des formations politiques qui auront une représentation déséquilibrée en termes de parité. »
  « Nous ferons de la procédure d’urgence la procédure par défaut d’examen des textes législatifs afin d’accélérer le travail parlementaire.« 
  • « Nous entamerons une rénovation du fonctionnement parlementaire en limitant le nombre de mois pendant lesquels le Parlement légifère et en réservant plus de temps à l’évaluation et au contrôle de l’action du gouvernement, en s’appuyant sur les travaux de la Cour des comptes. »
  • « Nous développerons la participation des citoyens. Nous demanderons aux parlementaires de mettre en place des dispositifs innovants d’évaluation du travail parlementaire et législatif (jurys citoyens, compte-rendus de mandat via les réseaux sociaux…). »
  • « Nous encouragerons les communes à développer les budgets participatifs, c’est-à-dire à consulter directement les citoyens sur l’utilisation de l’argent public. »
Baptiste Legrand Journaliste
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Tapie remboursera… un de ces jours

Le Canard Enchaîné – 17/05/2017 – Hervé Martin –
Condamné à rembourser les 400 millions (440 si l’on compte les intérêts) qu’il a reçu grâce à l’arbitrage truqué d’Adidas, Tapie croit avoir trouvé l’astuce pour échapper à la mise ne vente de ses biens. Le 15 mai, devant le tribunal de commerce de Paris, ses avocats ont présenté « un plan de sauvegarde« , par lequel il s’engage à rembourses ses dettes… dans un délai de sept ans. C’est-à-dire d’ici 2024, l’année où il soufflera sa 84ème bougie. 

Si l’on considère ses hôtels particuliers à Paris et à Neuilly, ses maisons à Saint-Tropez ou à Combs-la-ville, le groupe de presse de La Provence (comprenant également Corse-Matin et Var-Matin), dont il détient 89 %, ses contrats d’assurance-vie, etc., Tapie posséderait 478 millions. Petit bémol : cette évaluation ne résulte pas d’une expertise officielle – les trois experts judiciaires désignés par le tribunal de commerce ont été récusés par Nanard – mais celle de Wingate, un cabinet de conseil financier privé rémunéré par Tapie lui-même. d’où le gros doute de Stéphane Gorrias, mandataire judiciaire de ses sociétés, qui a confié au Canard « avoir du mal à valoriser exactement les actifs de Tapie et le montant de son passif« . 
Deuxième problème : le plan de sauvegarde prévoit que les annuités de remboursement de Tapie augmentent progressivement , passant de 20 millions la première année à 120 millions la septième. Et où Nanard va-t-il trouver cet argent ? L’essentiel des remboursements proviendrait de ce que lui rapporte La Provence (3 millions l’année dernière), dont il pourrait céder une partie du capital; ça semble un peu juste. Pas grave, puisque, à l’exception du CDR, les créanciers de Nanard – parmi lesquels ses liquidateurs judiciaires – viennent d’accepter le plan de sauvetage. La décision sera rendue le 6 juin, près d’un quart de siècle après la vente d’Adidas.

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Mélenchon à Marseille – Après les fake news en politique : gare aux fausses affiches électorales !

L’Obs  22/05/207
Des partisans du candidat de La France insoumise relaient les images de fausses affiches de son adversaire socialiste, Patrick Mennucci, qui dénonce une « manipulation ».
Après les fake news en politique, gare aux fausses affiches électorales ! Le député Marseillais Patrick Mennucci, candidat à sa réélection, crie à la « manipulation » : sur des images relayées par des partisans de son adversaire Jean-Luc Mélenchon, on voit que son slogan de campagne, « un député de gauche pour Marseille », a été remplacé par « un député de gauche pour Macron »…
Le détournement d’affiches de campagne est assez fréquent, et peut être drôle… à condition que l’électeur puisse se rendre compte de la supercherie ! Ce n’est pas le cas ici.
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Baptiste Legrand Journaliste

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En Vrac : Suisse – Creuse – Boillon

Vers la fin du nucléaire en Suisse. Les Suisses ont approuvé hier par référendum une nouvelle loi sur l’énergie qui vise à remplacer progressivement le nucléaire par des énergies renouvelables. Plus de 58,2 % des électeurs, selon des résultats provisoires, ont approuvé cette loi, qui cherche à promouvoir et à financer, par le biais de subventions, les énergies renouvelables, comme l’hydraulique, le solaire, la géothermie et la biomasse.
Soutien à oi. Les constructeurs automobiles Renault et PSA se sont engagés à accroître leurs commandes auprès de l’équipementier GM & S Industry de La Souterraine, dans la Creuse, menacé de liquidation judiciaire, a annoncé le ministère de l’économie. Ces engagements rendent possibles la continuité de l’exploitation et la poursuite des discussions sur la reprise de l’usine, a ajouté le ministère.
Procès de l’ex-ambassadeur Boillon. Un ancien conseiller diplomatique et protégé de Nicolas Sarkozy, Boris Boillon, répond aujourd’hui et demain d’accusations de faux et usage de faux, blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux, devant le tribunal correctionnel de Paris. Cet arabophone de 47 ans a fait figure d’étoile montante de la diplomatie française au début du quinquennat Sarkozy. Depuis, son étoile a pâli. Il a été interpellé le 31 juillet 2013 à la gare du Nord, à Paris, alors qu’il partait pour Bruxelles en possession de 350 000 euros et 40 000 dollars en liquide.
Le Monde 22/05/2017
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Michel Field, le directeur de l’information de France Télévisions, démissionne

Le Parisien 22/05/2017
Dans un message à ses équipes, le journaliste de 62 ans explique avoir demandé à Delphine Ernotte de le relever de ses fonctions, «par souci d’apaisement».

Michel Field s’en va. Après avoir officié pendant un an et demi à la direction de l’information de France Télévisions, le journaliste de 62 ans a annoncé son départ à ses équipes.
Le Parisien a eu connaissance ce lundi du message qu’il leur a adressé : «Par souci d’apaisement, j’ai demandé à la présidente (de France Télévisions, Delphine Ernotte, ndlr) de me relever de mes fonctions de directeur de l’information.»
 «Nous avons accompli de belles choses ensemble : du lancement de Franceinfo aux succès de la couverture de la présidentielle en passant par les performances des éditions et des magazines de F2, F3, du numérique et de la nouvelle offre d’information continue. Je souhaite aux équipes de poursuivre sur cet élan. J’ai été heureux et fier d’avoir travaillé avec vous», poursuit le message.
Après l’éviction de David Pujadas 
 Ce départ intervient dans un contexte de tensions à France Télévisions, après l’éviction du journal de 20 heures du David Pujadas, qui le présentait depuis 16 ans. Comme Delphine Ernotte, Michel Field devait faire l’objet mardi d’un vote sur une motion de défiance, le deuxième depuis sa prise de fonction en décembre 2015.
 La Société des journalistes de France 2 devait se réunir, lundi, dans la journée.
 Michel Field quitte France Télés et isole Delphine Ernotte
L’Opinion 22/05/2017
Suite au départ du patron de l’information de France Télévisions, la présidente du groupe audiovisuel public n’affrontera finalement pas de motion de défiance
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Cyril Lacarrière
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Santé –  » Les arbres aussi peuvent soigner  » : Des arbres pour retrouver nos racines

La  Nouvelle République 20/05/2017

Depuis près de trente ans, Patrice Bouchardon travaille avec les arbres. Il écoute leurs messages, capte leur énergie et délivre leurs enseignements dans ses livres et à l’occasion de stages.
 Lorsqu’il évoque l’énergie des arbres, la dimension thérapeutique des huiles et des élixirs qu’il concocte, Patrice Bouchardon pose à la fois des cadres et met des limites. À l’instar du Dr Bach, médecin anglais, inventeur des élixirs floraux, par « remède », il entend recentrage énergétique, et par « guérison », harmonie intérieure. Comme cet illustre prédécesseur, il invite à expérimenter plutôt qu’il ne cherche à convaincre. Au pire, conclut ce passionné paisible, ce que l’on risque, c’est simplement de passer un quart d’heure de calme au pied de son arbre…

Comment êtes-vous arrivé à vous intéresser à l’énergie des arbres ?
 P.B. « Ils m’ont fasciné dès mes premières années. Je ne les trouvais pas seulement beaux ou majestueux, imposants ou bizarres, j’avais la conviction, difficile à mettre en mots, qu’il y a l’arbre que l’on voit et, derrière, une autre réalité. J’ai tenté d’interroger les adultes sur ce que je percevais au-delà du visible, mais soit ils ne comprenaient pas mes questions, soit ils me répondaient à côté. J’étais un scientifique ; après mes études, j’ai monté un bureau d’études de calcul des structures parasismiques, que j’ai revendu quelques années plus tard pour pouvoir être présent jusqu’au bout auprès de ma première épouse, atteinte d’un cancer.
Après son décès, j’étais à un carrefour de ma vie, j’ai donc choisi de passer quatre mois dans une cabane dans le Cantal, à mille mètres d’altitude. C’est là que je suis vraiment entré en contact avec les arbres. Je les ai regardés, écoutés, sentis, touchés et, au fil de mes promenades, ma perception de leur singularité et de leur énergie devenait de plus en plus fine. Derrière la réalité tangible, il y avait bien autre chose, une énergie intense, singulière, des messages subtils. J’avais enfin la réponse à mes questions d’enfant. »
«  Le bouleau dégage une énergie de douceur  »
Comment en êtes-vous venu à conclure que chaque espèce d’arbre possède une énergie particulière ?
« Par l’expérimentation, tout simplement. Je n’avais aucune idée reçue ni aucune idée tout court à ce sujet, mais j’ai commencé par remarquer que mon mal de dos et mes tensions nerveuses se dissipaient au contact du sapin. J’ai fait l’expérience de la douceur avec le bouleau, du recentrage avec l’aubépine, de la sérénité avec le hêtre, etc.
Au fil du temps, de forêt en forêt, en contactant l’énergie de différentes espèces, j’ai compris, expérimenté, que chacune avait une qualité d’énergie particulière, qui se manifestait par des sensations dans le corps : fourmillements, vagues de chaleur ou de froid, perception de vibrations, modification de la respiration, production d’images mentales, d’idées… J’ai ensuite convié des proches, des amis, à en faire l’expérience sans leur donner d’informations. Tous les témoignages convergeaient : pour tous, le bouleau dégageait une énergie de douceur, le sapin invitait au lâcher-prise, etc. C’est de cette manière que j’ai compris que les arbres pouvaient nous soigner. »
Existe-t-il des arbres qui dégagent une mauvaise énergie ?
« Je dirais que non. En revanche, l’énergie d’un arbre peut nous perturber, non pas parce qu’elle est mauvaise, mais parce qu’elle rencontre nos propres résistances. Un exemple : imaginons un homme ou une femme qui, dans le contrôle et sous tension, va contacter l’énergie d’un sapin, une espèce qui détend, procure de la fluidité intérieure et incite au lâcher-prise. Si ses résistances au changement sont trop fortes, si inconsciemment cette personne a peur de «  lâcher « , elle n’aura pas une expérience positive avec l’arbre, elle va s’en éloigner, se sentir mal à l’aise, voire trouver qu’il dégage une mauvaise énergie. »
à chacun son énergie
Parmi les végétaux, Patrice Bouchardon a identifié neuf antidotes (il les nomme « ressources ») à neuf poisons produits par notre mental, qui parasitent notre bien-être physique et psychique.
Le sapin. Combat l’opposition, la réaction. Favorise le lâcher-prise, la fluidité, la verticalité.
Le pin. Combat le jugement, la critique. Favorise la lucidité, la lumière, l’énergie.
Le bouleau. Combat le déni, le refus de soi. Favorise la douceur, l’estime de soi, l’amour.
L’églantine. Combat la fermeture. Favorise l’ouverture à soi et aux autres.
Le hêtre. Combat la peur. Favorise la confiance en soi, la force intérieure.
Le buis. Combat le conditionnement, la répétition. Favorise la libération, l’authenticité de l’être.
Le genêt. Combat la résistance au changement. Favorise le renouveau, la renaissance.
L’aubépine. Combat la dispersion. Favorise le recentrage, le sens de l’essentiel.
> Le noyer. Combat l’apathie. Favorise l’autonomie, la responsabilité, l’engagement.
Flavia Mazelin Salvi en partenariat avec Psychologies (wwwpsychologies.com)
Des arbres pour retrouver nos racines

 

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Il est pas chair, mon poisson !

Le Canard Enchaîné – 17/05/2017 – Conflit de Canard –
On connaissait le minerai de viande. Ce goûteux conglomérat de muscles et de tissus graisseux utilisé notamment dans les lasagnes au bœuf. Le poisson a aussi son minerai. Un joyeux mélange de lambeaux de chair, de peaux, d’arêtes et de têtes, le tout aggloméré. Si les industriels raffolent de cette matière première, c’est parce qu’elle coûte 5 à 6 fois moins cher au kilo que du filet de poisson. L’ingrédient est d’autant plus magique qu’il n’obéit à aucun réglementation. Les fabricants de plats industriels à base de pescaille peuvent étiqueter comme ça leur chante et sans plus de précision. Impossible, la plupart du temps, pour le consommateur, de savoir quelle espèce a été utilisée.
Résultat : pour confectionner de la pulpe, il suffit de prendre des chutes de saumon, de cabillaud, de lieu noir ou de merlan bleu – comprenez les déchets qui vous restent sur les bras, une fois les filets découpés -, puis de les passer à la broyeuse, avant de compresser le tout à 25 bars.  La réglementation impose seulement que la matière première engagée dans la fabrication de ces chairs soit propre à la consommation humaine…

D’après les calculs de l’association de consommateurs CLCV, la quantité moyenne de poisson dans les plats cuisinés estampillés « produits de la mer » est de 25 %. D’autant que les industriels complètent avec un maximum d’ingrédients pas chers, comme de la fécule de pomme de terre, des levures ou de l’amidon modifié de blé. Bilan des courses : on se retrouve avec dans l’assiette une quantité de protéines de poisson riquiqui. Quand on veut creuser la question avec des professionnels des co-produits de la mer, on a droit à une queue de poisson.
Ainsi, le directeur d’IDmer, le centre d’innovation technologique créé par les industriels de la filière, à fait savoir au « Canard » qu’il ne pouvait pas répondre à la demande, « pour cause d’emploi du temps surchargé ». Les pouvoirs publics n’ont pas davantage réagi au communiqué de la CLCV, exigeant qu’on définisse, une fois pour toutes, le type et la quantité de matières premières utilisées pour fabriquer la pulpe de poisson, et exige urgemment « un encadrement des pratiques de broyage ». cela fait juste deux ans que la filière planche sur la question dans le cadre d’un groupe de travail ad hoc…
Comme on dit, ça la fish mal …   
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Dr Réquéna : les secrets du Qi Gong anti-âge (1ère partie)

Alternative Santé – 15 mai 2017 – Claude Corse –
Le Dr Réquéna, pionnier du Qi Gong en France
Le pionnier du Qi Gong en France n’est pas un médecin comme les autres. Reconnu comme l’un des plus grands experts en activité, le Dr Yves Réquéna a fondé l’Institut Européen du Qi Gong (IEQG) en 1989 et publié aux éditions Trédaniel plus de 20 livres de référence sur les arts de santé chinois… Il porte haut l’étendard des arts internes de santé et de la médecine traditionnelle chinoise depuis plus de 30 ans au pays de Descartes. Et désormais dans le monde… Nous avons pu assister à une session résidentielle d’étudiants avancés près de Chambéry, d’habitude fermée au public, sur le thème du Qi Gong anti-âge. Découvrez dans cette 1ère partie les principes de cet art chinois millénaire très en vogue en Occident.
Petit par la taille, grand par le talent, dit-on de lui. Le fait est qu’Yves Réquéna n’est pas ce qu’il est convenu d’appeler dans le monde huilé et protéiné du fitness un athlète. Ça tombe bien : l’intéressé se défend de vouloir ressembler aux dieux du stade. Le panthéon chinois lui suffit largement : « Que voulez-vous, je baigne dans la médecine chinoise depuis plus de 40 ans et dans le Qi Gong depuis 30 ans ; l’exercice physique doit servir la vitalité et la longévité, non la performance et la force d’un jour… »
Yoga, Qi Gong et chamanisme
Le fait est que le Qi Gong, pratique millénaire de l’Empire du Milieu, a gagné ses lettres de noblesse en Occident bien après le Yoga, érigé en totem par la contre-culture des sixties en Californie. Au-delà des apparences, ces disciplines ont plus d’un point commun, si l’on songe aux origines chamaniques des arts énergétiques, qui relient l’homme à la terre et au ciel pour entrer en résonance dans l’unité du tout, au-delà de l’espace-temps…
Gym, voie et médecine
De quoi parle-t-on ? D’une gym chinoise du fond des âges ? D’un Yoga à la sauce aigre-douce ? D’un art martial pratiqué par les moines de Shaolin ? De méditation bouddhiste ? De spiritualité taoïste ? De voie confucianiste ? De médecine quantique ? Euh… En un sens, on peut dire que le Qi Gong, littéralement « maîtrise de l’énergie vitale », recouvre toutes ces approches. Et les dépasse largement…
Renforcer l’énergie
En effet, Qi signifie souffle, air, respirer, processus vital dynamique inhérent à tout phénomène vivant, par extension « énergie ». Gong signifie discipline, travail, ascèse, entraînement… « Grâce à un travail basé sur le souffle, cette discipline consiste à entraîner le Qi, c’est-à-dire le mobiliser, le renforcer, l’accroître, l’équilibrer et le faire circuler harmonieusement dans le corps et dans l’esprit. »
Réconcilier corps et esprit
À la différence du fitness, le Qi Gong entend réconcilier le corps et l’esprit. À cet égard, il préfigure l’approche des médecines intégratives qui intéressent désormais la recherche, notamment dans le domaine des neurosciences. « Le Qi Gong est peut-être à l’origine des autres piliers de la médecine chinoise, estime notre expert du Qi, car la perception du phénomène “énergie” et sa manipulation nécessaire pour soigner sont intimement liées à cet art énergétique… »
Mouvement, respiration, attention
Pour qui ne veut retenir que l’essentiel avant de se lancer dans la pratique, trois mots suffisent : mouvement, respiration et attention. Déplacements lents avec des mouvements contrôlés, associés à des exercices de respiration et de concentration de l’esprit permettent de relâcher les tensions qui s’accumulent. « Il allie la relaxation mentale, l’assouplissement corporel et le fait de se mouvoir de façon harmonieuse dans l’espace » précise le Dr Réquéna dans son dernier livre À la découverte de la médecine chinoise paru aux éditions Trédaniel.
Triple réchauffeur
Comme toute chorégraphie digne de ce nom, la danse du Qi pour la santé doit mobiliser votre attention. Et l’intention. Après quelques semaines de pratique, le débutant, quel que soit son âge, est impressionné par les premiers effets de cet art magnifique par sa simplicité, qu’on appelle aussi Dao Yin. À l’approche du 3e âge et au-delà, les trois foyers du triple réchauffeur, cet organe sans forme, sont particulièrement concernés : cœur/poumons, rate/estomac, appareil uro-génital…
Qi et méridiens
« Les trois régulations mentionnées plus haut (mouvement, respiration et attention) favorisent une forme de méditation qui s’ignore ou qui n’est pas nommée, insiste notre expert du Qi. Les pratiquants de Qi Gong parlent d’une méditation en mouvement… » Selon les textes taoïstes, il s’agit de faciliter l’entrée de l’énergie (de l’univers) dans le corps ou de la faire sortir, mais aussi de favoriser cette circulation au niveau de l’organe, en suivant les méridiens, ces canaux invisibles où le Qi circule, suivant le principe des médecines traditionnelles d’Inde et d’Extrême-Orient.
Le Qi Gong, c’est chaud !
Très vite, nourri par l’énergie vitale qu’il mobilise, le corps exulte. Libérant vides et excès, il se réchauffe jusqu’à parfois brûler en plein air, de loin le meilleur terrain de jeu pour pratiquer le Qi Gong ; picotements dans les extrémités, notamment dans la paume des mains et sous les pieds, vibrations, visualisations, images mentales ne sont pas rares après quelques séances…
Marches anti-cancer
Et le Qi Gong anti-âge ? Je pourrais vous parler des marches anti-cancer, prescrites à tout âge par d’éminents médecins chinois que le Dr Réquéna connaît bien : « Les marches fonctionnent contre tout type de cancer, mais également la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, la fibromyalgie, les séquelles d’accidents vasculaires cérébraux… »
Vieillissement cellulaire
Plus près de nous, le Dr Réquéna a participé à des études dont il cite les conclusions sans craindre le démenti : « Elles ont montré que des souris chargées d’énergie (Wei Qi) développaient moins d’amas de cellules tumorales que les autres après qu’on leur a inoculé des cellules cancéreuses dans le péritoine… »
La santé : une discipline de vie
Le Qi a-t-il les mêmes vertus contre le vieillissement ? « En Chine, affirme Yves Réquéna, j’ai souvent rencontré des praticiens très âgés. Dans un hôpital chinois, j’ai même eu affaire à une ostéopathe qui semblait très vieille. Quand on m’a dit son âge, j’avais du mal à le croire. Et pourtant, c’était vrai : elle avait 110 ans ! Évidemment, pour en arriver là, ces personnalités pratiquent plusieurs heures par jour depuis parfois plus 50 ans…
Les effets rapides du Qi
Mais le Qi Gong agit vite et de manière très bénéfique sur la vitalité et le métabolisme souvent fragile des convalescents et des personnes âgées. N’étant basé ni sur la vitesse, ni sur la force physique ni sur la performance, il est accessible à absolument tout le monde (jeunes ou moins jeunes, sportifs ou non…). La peau, les fluides, les organes, les émotions et même les pensées profitent d’exercices doux, réguliers et adaptés.
Séances en maison de retraite
En gérontologie, il permet notamment de récupérer les fonctions défaillantes : mémoire, concentration, sommeil, digestion, respiration, cardiovasculaire, sexuelle, osseuse, urinaire… Il est de plus en plus enseigné dans les maisons de retraite pour renforcer l’organisme vieillissant de nos anciens. « Le Qi Gong anti-âge permet de maintenir les acquis et de ralentir le déclin… » À cet égard, il est profitable à tout âge et contre les accidents de la vie : convalescence, postnatalité, ménopause, stress, addiction, dépression, maladies chroniques…
Renforcer l’immunité
Au chapitre des bienfaits santé, le Dr Réquéna insiste sur la capacité du Qi Gong à renforcer l’immunité… de manière spectaculaire ! « J’ai participé aux premières publications sur le Qi Gong et l’immunité en anglais ; j’ai d’ailleurs coécrit un ouvrage aux États-Unis sur les traitements naturels contre le Sida. Et ce n’est pas un hasard si des centres ont lancé des protocoles de thérapies combinées associant médecine allopathique et MTC (acupuncture, pharmacopée, Qi Gong…). Reparlons-en dans cent ans…
Une vidéo bonus : « Inutile d’y croire, pratiquez ! » :
Attention : Les conseils prodigués dans cet article ne vous dispensent pas de consulter un praticien des médecines alternatives. Vous pourrez en trouver un près de chez vous et prendre rendez-vous sur annuaire-therapeutes.com
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Politique – Douze propositions d’un député pour moraliser la vie publique

Interdiction des emplois familiaux, suppression de la réserve parlementaire… René Dosière, député PS de l’Aisne, veut pousser le gouvernement à adopter une loi ambitieuse.
LE MONDE | 21.05.2017 |
Pousser le gouvernement à adopter une loi de moralisation de la vie publique, ambitieuse et efficace, ainsi que le nouveau chef de l’Etat, Emmanuel Macron, s’y est engagé lors de la campagne pour l’élection présidentielle, en réponse au choc créé par l’affaire Fillon.
Voilà l’objectif du député apparenté Parti socialiste (PS) de l’Aisne René Dosière, inlassable pourfendeur du mauvais usage des deniers publics, depuis son premier mandat en 1988, et partisan d’une plus grande transparence en politique, de la part des élus comme des partis.
Lire aussi :   Affaire Fillon : René Dosière plaide pour « pour une réelle transparence de la vie publique »
Lundi 22 mai, quatre jours après la désignation du gouvernement d’Edouard Philippe, l’élu doit dévoiler ses propositions pour réformer la vie politique française, et mettre fin aux abus financiers et aux rentes de situation, comme aux vieilles pratiques de conflits d’intérêts au Parlement. Des propositions dévoilées en exclusivité par Le Journal du dimanche (JDD) daté du 21 mai, dont Le Monde a également pu prendre connaissance.
« Rétablir une relation de confiance entre les élus et les citoyens »
  1. Dosière formule un paquet de mesures destinées à répondre aux principaux problèmes soulevés par les affaires qui empoisonnent depuis des mois la politique française, et en particulier, au-delà de l’affaire Fillon, les affaires de financement illégal présumé des partis et des campagnes électorales, dont celles du Front national, depuis 2011.
Lire aussi :   Les six affaires qui menacent Marine Le Pen et le Front national
« Emmanuel Macron a fait des propositions à chaud, durant la campagne présidentielle, a déclaré René Dosière au Monde. Moi, je reprends globalement, dans ce projet, toutes les mesures sur lesquelles j’ai travaillé pendant des années. Je les veux inspirantes. Il s’agit d’une contribution parlementaire à la mise en œuvre de l’engagement présidentiel. »
Lire aussi :   Moralisation : la première loi à venir du quinquennat
En préambule de sa proposition de loi, le député écrit :
« L’importance accordée durant la dernière campagne présidentielle aux dérives financières de deux des principaux candidats témoigne de la sensibilité extrême de l’opinion publique vis-à-vis du rôle de l’argent public dans la vie politique (…). Des progrès significatifs ont été réalisés durant le quinquennat du président François Hollande (…). Pour autant, on ne peut se satisfaire de la situation actuelle. »
L’annonce, par le nouveau président de la République, d’une grande loi de moralisation de la vie politique représente, selon le député de gauche, « l’opportunité de rétablir, sur des bases nouvelles, une relation de confiance entre les élus et les citoyens ». « Le cœur de mon projet, précise-t-il, c’est l’encadrement des partis politiques, dont le nombre a explosé depuis vingt-cinq ans. »
Concrètement, ses mesures tiennent en quatre textes et douze points, qui seront tous déposés lundi : trois propositions de loi, dont une constitutionnelle, et une proposition de résolution. M. Dosière a transmis son projet, dès vendredi 19 mai, au nouveau garde des sceaux, François Bayrou, qui avait fait de l’adoption d’une loi sur la moralisation l’une des conditions de son ralliement à M. Macron, en février.
  1. Encadrement du financement public des partis
C’est une mesure très attendue par de nombreux partisans de la régulation, mais à laquelle les pouvoirs exécutif et législatif n’ont pas encore osé s’attaquer, freinés par le droit constitutionnel. L’article 4 de la Constitution de 1958 dit, en effet, des partis et des groupements politiques qu’ils « se forment et exercent leur activité librement ».
Or, devant l’explosion du nombre de partis politiques et de micropartis, observée depuis vingt-cinq ans (451 en 2016, contre 250 en 2000 et 20 en 1990), et les dérives qui ont suivi en matière de financement public, René Dosière propose de voter une définition stricte, aujourd’hui manquante, de ces partis. Ainsi, la proposition de loi ordinaire qu’il présente vise à conditionner le financement public aux partis et groupements satisfaisant trois critères : « avoir un objet politique, rassembler des militants et soutenir des candidats aux élections locales et nationales ». Exit les micropartis et les « pseudo-partis » spécialement créés pour les scrutins législatifs. Pour prétendre au statut de parti, et être financé comme tel, il faudrait notamment présenter, en métropole, « 100 candidats ayant obtenu chacun 2,5 % des suffrages exprimés ».
Lire aussi :   D’où vient le financement des partis politiques ?
Pour éviter des détournements de fonds, le texte interdit aux partis de consentir des prêts à ses candidats. Une référence explicite aux affaires de financement illégal présumé de partis sur lesquelles enquête la justice, dont ces fameux prêts consentis par Jeanne, le microparti de Marine Le Pen, aux candidats du Front national aux législatives de 2012.
De même, tout prêt d’une personne physique ou morale (à l’exception des établissements de crédit) aux partis serait interdit, afin d’empêcher que soit contournée la législation sur le plafonnement des dons. Enfin, la liste des personnes physiques, dont les dons sont supérieurs à 2 500 euros, serait publiée et les pouvoirs de contrôle de la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) accrus.
La certification des comptes des partis politiques dont les ressources dépassent 1 million d’euros serait assurée par la Cour des comptes. Tout refus de répondre à une demande d’informations de la Commission nationale sera sanctionné d’une peine d’emprisonnement d’un an et de 15 000 euros d’amende (75 000 euros quand il s’agit d’une personne morale).
  1. Obligation pour tout candidat d’avoir un casier judiciaire vierge et d’obtenir un quitus fiscal pour tout élu
René Dosière formule des propositions de loi organique et ordinaire anticorruption, qui reprennent les dispositions des textes votés le 1er février 2017, à l’unanimité, par l’Assemblée nationale, sans que le processus législatif ait pu aller à son terme. Elles visent à interdire d’élection nationale ou locale toute personne condamnée pour « crime, manquement à la probité [concussion, corruption, trafic d’influence, prise illégale d’intérêt, favoritisme, détournement de biens publics] et recel ou blanchiment du produit de ces délits, faux en écriture publique, fraude électorale et fraude fiscale ». De plus, les élus (parlementaires et titulaires de fonctions exécutives locales) qui ne produiraient pas de bordereau de situation fiscale précisant qu’ils ont dûment payé leurs impôts, dans le mois suivant leur élection, seraient déclarés démissionnaires d’office.
  1. Limitation du cumul des mandats dans le temps
« La durée parfois excessive dans l’exercice des mandats constitue un obstacle au renouvellement et à la diversité du personnel politique, estime le député apparenté socialiste. Elle entraîne la constitution de “fiefs” locaux qui favorisent les pratiques clientélistes. » Il propose donc de limiter à trois le nombre des mandats parlementaires successifs, « une durée suffisamment longue pour que les intéressés exercent leurs fonctions tant dans la majorité que dans l’opposition », estime-t-il. Concernant les élus locaux, la proposition limite à deux le nombre de fonctions exécutives exercées successivement dans une même collectivité.
 le cumul des mandats était limité à trois d’affilée… Limiter le cumul des mandats dans le temps, c’était au départ une proposition de François Hollande… reprise par Emmanuel Macron dans son programme.
  1. Moralisation du cumul des indemnités
A l’heure actuelle, les indemnités cumulées d’un élu sont plafonnées à 1,5 fois l’indemnité parlementaire de base, soit à 8 400 euros. René Dosière suggère d’abaisser ce plafond au niveau de l’indemnité parlementaire, soit à 5 600 euros. Les parlementaires qui continueraient à siéger dans les conseils départementaux ou régionaux ne percevraient aucune indemnité locale. S’ils siègent dans des conseils d’administration et de surveillance d’établissement autorisés, ils ne recevront aucune rémunération.
  1. Encadrement des fonctions de conseil pour un parlementaire
L’affaire Fillon – qui a mis au jour la création par l’ex-premier ministre d’une société privée de conseil, 2F Conseil, quelques jours avant de redevenir député, en 2012 – a mis en lumière le risque de conflits d’intérêts entre un mandat public d’intérêt général et les intérêts privés. Aujourd’hui, un parlementaire peut continuer à exercer des activités de conseil, à condition que celles-ci aient débuté avant l’élection. René Dosière propose que ce ne soit plus possible sauf si ces activités étaient exercées dans le cadre d’une profession soumise à un statut réglementé, comme celle d’avocats.
  1. Suppression de la « réserve parlementaire »
La mesure proposée par le député est radicale. René Dosière se prononce pour la suppression de la « réserve parlementaire », cette pratique qui consiste, pour les parlementaires, à « attribuer à des associations et à des collectivités des subventions prélevées sur les budgets ministériels ».
  1. La transparence imposée au président de la République
René Dosière dépose une proposition de loi organique pour imposer aux candidats à la présidence de la République de fournir une déclaration d’intérêts et d’activités les concernant ainsi que leur conjoint. La déclaration de situation patrimoniale, qui est elle déjà prévue par les textes, se voit, elle, étendue au conjoint.
S’agissant du président élu, la déclaration de situation patrimoniale qu’il doit fournir à la fin de son mandat (ou du deuxième mandat, en cas de réélection) ferait l’objet d’une appréciation par la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Actuellement cette déclaration est publiée au Journal officiel mais ne fait l’objet d’aucune appréciation.
  1. Une moindre rémunération pour les anciens présidents
Dans le paquet de mesures, figure une proposition de loi constitutionnelle pour mettre fin à la présence de droit (et à vie) des anciens présidents de la République au Conseil constitutionnel, dont la justification est controversée. Le député propose aussi de fixer leur rémunération d’ancien président à 75 % de celle du président en exercice, la dotation d’ancien président datant de 1955 étant supprimée. Une telle réforme reviendrait à baisser la rémunération globale de 40 % par rapport à la situation actuelle.
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  1. Interdiction des emplois familiaux
La proposition de loi présentée par M. Dosière laisse le soin aux parlementaires de « définir les conditions de recrutement, de rémunération et d’exercice des fonctions de collaborateurs parlementaires, par le biais d’une négociation sociale ». Mais elle interdit tout emploi familial lié à l’un des membres de l’assemblée concernée. Une mesure très attendue par l’opinion publique, après l’émoi créé par l’affaire Fillon sur les emplois fictifs présumés dont aurait bénéficié son épouse Penelope Fillon, entre 1986 et 2013, et deux de leurs enfants. La même interdiction de recrutement familial est étendue aux cabinets et groupes politiques des collectivités territoriales.
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  1. « Des ministres à temps plein »
Alors que François Hollande a imposé à ses ministres le non-cumul de leurs mandats avec « une fonction exécutive locale », le député de gauche dépose une proposition de loi constitutionnelle pour étendre cette interdiction à tout « mandat électoral ».
  1. Renforcement de la déontologie à l’Assemblée nationale
René Dosière propose d’inscrire dans le règlement de l’Assemblée nationale que « les fonctions de déontologue sont exercées à plein-temps ». Les pouvoirs du déontologue seraient dans le même temps renforcés, notamment en matière de contrôle de l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) et des indemnités de fonction complémentaires attribuées à certaines autorités de l’Assemblée nationale.
Personnage clé du Parlement, garant des règles et de l’éthique, le déontologue pourrait, par exemple, consulter le compte bancaire dédié à l’usage de l’IRFM, « sans que le secret bancaire puisse lui être opposé ». S’il constatait « une utilisation inadaptée », « le montant des sommes dépensées serait retenu sur l’indemnité du parlementaire fautif par décision du Bureau, après audition de l’intéressé ».
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Ainsi, dans le respect de l’indépendance de l’Assemblée nationale, serait garantie une utilisation de l’IRFM conforme à son objet, estime l’élu.
Les dons et cadeaux supérieurs à 150 euros, ainsi que les voyages à l’initiative de tiers, qui doivent aujourd’hui être simplement signalés au déontologue, seraient rendus publics, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
  1. Instauration d’une « responsabilité financière des gestionnaires publics »
La proposition de loi reprend les dispositions du projet de loi « portant réforme des juridictions financières », adopté en septembre 2010 par la commission des lois de l’Assemblée nationale mais resté inabouti. Celles-ci rendent passibles de la Cour des comptes les membres du gouvernement et les titulaires de fonctions exécutives locales ainsi que les membres de leurs cabinets « qui bénéficient aujourd’hui d’un régime d’irresponsabilité ». De ce fait, la Cour de discipline budgétaire et financière serait supprimée. En cas d’engagement d’une dépense en dehors des règles, une amende financière s’appliquerait, dont le montant maximal pourrait atteindre, selon le degré de gravité, entre la moitié et la totalité de la rémunération annuelle des personnes concernées.
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La nuit des musées – La culture, ce précieux trésor

Ouest-France  21/05/2017 Jeanne Emmanuelle HUTIN.
Edito La nuit dernière, dans tous les pays d’Europe, des milliers de musées ont ouvert gratuitement leurs portes au public. La 13e édition de la nuit européenne des musées invitait les Européens à prendre conscience des trésors de leur culture.

Le musée David d’Angers. | F. Baglin.
Âme des civilisations, la culture joue un rôle important. Surtout à notre époque où l’ampleur des bouleversements du monde se dévoile chaque jour davantage. Quand les peuples négligent leur propre culture, quand ils ne font plus l’effort de la comprendre ni de s’en imprégner, alors leur civilisation n’est pas loin de s’évanouir. En revanche, lorsqu’ils l’habitent, ils se trouvent capables d’accueillir les autres cultures, de tisser des liens, de construire des ponts, de découvrir avec émerveillement les facettes variées du génie humain.
Parce que la culture irrigue nos manières de vivre et de penser, nombre de régimes politiques ont voulu s’en servir pour influencer les esprits ou créer un « homme nouveau » : les uns, voulant transformer les mentalités ; les autres, asservir les peuples.
Dans les deux cas, cette entreprise commence par une floraison de mots nouveaux, tandis que d’autres sont ridiculisés, bannis, interdits. Le régime construit sa « novlangue »-ses slogans, son langage simplifié, déformant – qui lui servira d’outil de propagande pour déployer son idéologie. Ensuite, il peut aller plus loin en essayant de conformer l’art à sa propagande.
Les subventions publiques sont un puissant moyen d’orienter les œuvres et les productions. Car, pour en bénéficier il faut souvent répondre à des critères idéologiques précis : introduire tel ou tel élément dans les scénarii, scènes ou mise en scène… ! L’artiste ou le producteur peut être amené à modifier sa propre œuvre ou, pire encore, à la censurer. Ignorant cette « cuisine », les spectateurs prennent pour argent comptant ce qui n’est plus ni art ni divertissement désintéressé mais élément de propagande !
L’honnêteté et la transparence demanderaient pourtant que les critères concrets d’attribution des subventions publiques figurent au commencement des productions, séries télévisées et autres. Les spectateurs sauraient alors à quoi s’en tenir !
Utiliser la culture comme un canal de propagande c’est l’affaiblir et la détourner de sa finalité. À sa manière, la nuit des musées remet les pendules à l’heure. Elle nous transporte aux antipodes de ces manigances et de la société de consommation, si envahissante. L’art nous tire de l’ordre de la nécessité pour nous ouvrir à la « permanence du monde » (1), à sa gratuité.
En ouvrant largement leurs portes, les musées permettent à chacun d’entrer en relation avec les œuvres d’art. La nuit invite à apprendre à les accueillir, à avoir la patience de les découvrir. Une œuvre d’art renvoie toujours à plus qu’elle-même.
Un chef-d’œuvre, en un éclair, unit le bon, le beau, le vrai, comme l’enseignent les Anciens. C’est pourquoi l’art ne s’épuise jamais. Il ne se laisse pas enfermer. Il traverse allègrement les siècles. Il requiert l’humilité qui ouvre les portes de la contemplation.
(1) Hannah Arendt, Condition de l’homme moderne.
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Communication – Le nouveau président veut garder ses distances avec les médias. Une menace ou une chance pour l’information ?

L’Obs 20/05/2017
Les journalistes politiques sont inquiets. Le nouveau président ne les aime pas. Il ne recherche ni leur compagnie ni leur avis, ne leur fait pas de confidences, ne les reçoit pas au Château ! Finis les off sulfureux, les échos du palais, ou les sms pour chroniqueurs privilégiés… Cultivant le secret pour mieux soigner sa légende, Macron ne ferait confiance qu’aux documentaristes et aux photographes assermentés pour produire des images exclusives tout à sa gloire… Macron – quelle surprise ! –  préfèrerait la communication
Les soupçons de toute une profession, déjà échaudée par les cachotteries d’une campagne électorale parfaitement orchestrée, ont été confirmés jeudi dernier.  Préparant le déplacement du président au Mali, l’Elysée a prétendu sélectionner les reporters invités à le suivre. Selon le service de presse de la présidence, il s’agissait de privilégier les spécialistes de l’Afrique et de la défense au détriment des chroniqueurs politiques parisiens…
Cette prétention a provoqué la publication d’un appel solennel signé par la plupart des médias, dont L’Obs :
« Ce n’est pas au président de la République, ou à ses services, de décider du fonctionnement interne des rédactions, du choix de leurs traitements et de leurs regards. »
La polémique était inévitable, l’Elysée s’étant montré pour le moins cavalier… Dont acte. Le service de presse présidentiel a vite battu en retraite. Mais reconnaissons aussi que sa préoccupation initiale n’était pas illégitime. A quoi bon véhiculer jusqu’à Gao, un Airbus entier de chroniqueurs politiques avides de soutirer quelques confidences sur la formation du gouvernement mais souvent indifférents à la géopolitique du terrorisme en Afrique saharienne ? Ces dernières années, dans le sillage de Nicolas Sarkozy et François Hollande, trop de déplacements au long court ont tourné à la chasse à la petite phrase… On attendait du fond, on n’avait que des couacs.
Emmanuel Macron, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, entend rompre avec ses prédécesseurs. A une semaine du premier tour de l’élection présidentielle, il expliquait ainsi sa position : « Je ne laisserai pas les journalistes entrer dans les cuisines, nous expliquait-il, à une semaine du premier tour de l’élection présidentielle. Les journalistes ne sont pas des amis. Je les respecte. Mais si je deviens trop proche d’eux, ils finiront par se s’en vouloir car ils ont une conscience. Et bientôt ils m’en voudront de s’en vouloir. »
La haine de soi des journalistes comme matrice de la défiance citoyenne… L’approche macronienne a le mérite d’élucider le syndrome « ils lèchent, ils lâchent, ils lynchent », si caractéristique de la presse hexagonale. A ses yeux, ce fonctionnement pervers – amour, haine –  de l’élite politico-médiatique est bien la quintessence du « système » honni par nombre de nos compatriotes. D’où sa ferme volonté de s’en extraire…
Les poisons de la connivence
Pas question de reproduire les erreurs des présidents dont le discrédit a été pour le moins aggravé par une relation toxique avec les journalistes. En cherchant à attirer les plumitifs dans leur jeu, Nicolas Sarkozy comme François Hollande ont voulu se montrer modernes. En définitive, ils ont effacé toutes les limites. Et se sont perdus.
 Sarkozy, l’enfant de la télé, sollicitait les journalistes pour leur faire voir sa puissance. Il voulait leur inspirer de l’admiration. Mais trop de familiarité a produit l’effet inverse. Dépité par le portrait accablant que la presse faisait de lui, il l’a poursuivie de sa vindicte. Un aveu de faiblesse qui a encore amplifié le « Sarko bashing ».
Hollande, par contraste, était le plus sympa, le plus drôle, le plus compréhensif. Il voulait se faire aimer des journalistes à tout prix… Au point d’appartenir à la corporation, livrant les analyses prêtes à l’emploi et sélectionnant les arguments pour chaque papier. Pendant trente ans, Hollande fut le premier journaliste de France. Même à l’Elysée, on pouvait toujours le joindre. Il espérait ainsi façonner sa légende. Il eu le « Hollande bashing ». Comment expliquer autrement la parution du verbatim « Un président ne devrait pas dire ça », sommet de connivence qui  a fini de le discréditer complètement à l’automne 2016 ?
« Je suis un vrai solitaire »
Emmanuel Macron, lui, ne semble pas avoir besoin de personne pour narrer ses exploits. « Je suis un vrai solitaire », dit-il. Il faut entendre par-là qu’il sait se mettre en scène tout seul. Auteur de son autobiographie, il dépasse Sarkozy et Hollande en s’imposant comme journaliste de lui-même.
Son enfance studieuse, sa transgression adolescente, son couple atypique, les étapes de sa carrière fulgurante, la conquête en marche et le renouvellement de la vie politique… C’est bien ce story telling conçu par Emmanuel Macron qui a autorisé sa victoire. Persuadé de la puissance des mots, le président sait que celui qui raconte l’histoire détient le vrai pouvoir. Et ne veut pas en abandonner ce privilège à un Moloch médiatique qu’il regarde sans illusion.
« J’ai fait beaucoup de couvertures parce que je fais vendre. Comme une lessive, rien de plus, a-t-il analysé dans le reportage que lui a consacré « Envoyé Spécial ». Mais les médias me traitent la plupart du temps assez mal. Ma grande chance, c’est que les gens ne lisent que très peu les médias. Ils regardent les titres et les couvertures, c’est tout. » Où l’on vérifie, s’il en était besoin, que le nouvel hôte de l’Elysée n’est guère fasciné par l’univers des gazettes.
Chacun à sa juste place
Faut-il s’en formaliser ? En vérité, ce trait de sa personnalité est une chance pour le journalisme. En marquant une distance avec la presse, Emmanuel Macron invite les titulaires de la carte de presse à faire de même. Chacun à sa juste place en somme : un pouvoir respectueux de la liberté d’expression et un contre-pouvoir conscients des contraintes de la vie publique.
Loin de déplorer l’hostilité des services de communication de l’Elysée, les rédactions devraient donc s’en réjouir et redoubler d’ardeur pour décrire la nouvelle réalité du pouvoir, décrypter les réformes et analyser les bouleversements en cours. C’est là le seul moyen de se démarquer de la communication politique, fût-elle sur papier glacé ou en images haute définition…
Sylvain Courage Journaliste
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