Les dealers de graines libres

Siné Mensuel  N°64 – mai 2017 –Léa Gasquet –
L’association Graines de troc permet aux jardiniers amateurs d’échanger des milliers de semences libres de droits. Une dizaine d’entreprises se partagent 75 % du marché mondial des semences. Un quasi monopole ! En Europe, pour être commercialisée, une graine ou des plantes doivent être inscrites au catalogue des variétés agricoles créé par une directive européenne en 1970.  Ce catalogue n’en contient que 45 500 : une goutte d’eau dans l’océan de la biodiversité. Or « la biodiversité est une sécurité« , alerte Sébastien Wittevert, maraîcher en Charente-Maritime. « Les variétés anciennes ont un bagage génétique très riche qui leur permet de s’adapter aux changements de terroir et de climat, contrairement aux variétés standardisées du catalogue. » 
Après la crise de subprimes, cet informaticien spécialisé dans la finance de marché découvre le monde des Amap et se reconvertit dans le maraîchage à La Rochelle.En 2012, il créé Graines de troc, une association et un site où des jardiniers amateurs s’échangent des graines soit directement, soit via une monnaie alternative (un don vaut un jeton). En quelques années, Graines de troc s’est étoffé de 6 000 variétés de légumes, de fleurs et de plantes. Elles sont garanties sans hybrides F1, ces croisements stériles qui obligent jardiniers et agriculteurs à racheter des semences chaque année.
Certaines sont répertoriées au catalogue européen, d’autres non. « Il y a des variétés familiales qui n’ont même pas de nom. Celle qui me touche le plus, c’est la laitue de M. Kleber, 93 ans. Sa mère la cultivait déjà avant lui. C’est une laitue bonde de printemps parfaitement adaptée au terroir rochelais« , glisse Sébastien Wittevert, gourmand. L’association a développé un réseau de 400 grainothèques dans toute la France : des boîtes, souvent installées au rayon botanique des médiathèques municipales, dans lesquelles chacun peut déposer ou prendre des sachets de graines. La première Grainofête s’est déroulée en mars dernier juste avant le début du printemps et des apéros-trocs sont régulièrement organisés par les collectifs des troqueurs locaux.
Des lois qui favorisent l’agro-industrie
« Nous sommes à priori dans les clous de la législation car il n’y a pas d’échanges marchands dans notre activité« , assure Sébastin Wittevert qui déplore des textes juridiques flous favorisant les gros semenciers. En juillet 2016, l’Assemblée et le Sénat adoptent un nouveau texte dans le cadre de la loi sur la biodiversité qui autorise les associations à échanger et vendre des semences non issues du catalogue européen. Cette maigre avancée est aussitôt retoquée par le Conseil constitutionnel.
L’association Kokopelli, qui se bat depuis 1999 pour « la libération des semences et de l’humus », n’a pas peur des bisbilles avec la justice. Parmi les quelque 2 000 variétés libres de droits qu’elle propose à la vente, beaucoup ne sont pas enregistrées au fameux catalogue et donc considérées comme illégales. Ces dealers de graines ont perdu plusieurs batailles judiciaires mais ils ont réussi à redorer la popularité des variétés anciennes comme la tomate noire de Crimée qui avait presque disparu. Le dernier procès en date s’est soldé par une victoire en demi-teinte en 2014. Après dix ans de procédures et une première condamnation de Kokopelli, contrainte de verser 10 000 euros de dommages et intérêts au semencier Graine Baumaux, la cour d’appel de Nancy a finalement rejeté l’accusation de « concurrence déloyale ». L’association poursuit son action à travers le monde avec sa campagne « Semences sans frontières » » auprès de communautés rurales pauvres. Du Pérou au Népal, en passant par le Zimbabwe ou la Namibie, elle offre des centaines de kilos de graines libres aux paysans afin de les aider à retrouver leur indépendance.

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Où est passé tout notre temps libre ? La réponse d’un psychologue

Le Vif.be – 22/05/2017 – Caroline Lallemand –
En 10 ans, nous avons perdu énormément de temps libre et nous ne pouvons en vouloir qu’à nos mauvaises habitudes et aux nouvelles technologies.
Où est passé tout notre temps libre ? La réponse d'un psychologue
© Getty Images/iStockphot
Adam Alter, un psychologue de la New York University, a analysé l’évolution de notre temps libre sur une période de 10 ans. Ces 5 dernières années, il les a passées à analyser les effets de la consultation des écrans sur nos vies quotidiennes. Dans une présentation TED repérée par The Independent, il présente des graphiques divisant la journée en différentes plages horaires d’activités.
En bleu, les heures passées au travail, dans les transports en commun, à réaliser les tâches ménagères, à dormir….Les plages horaires rouges représentent le temps passé devant un écran et les zones jaunes et blanches le temps libre qui nous reste sur une journée.
Où est passé tout notre temps libre ? La réponse d'un psychologue
©TED/SCREENGRAB
En 207, le temps passé devant un écran était encore minime, 10 ans plus tard, il prend quasiment la totalité de notre temps libre. Le psychologue soulève un problème majeur lié aux activités en ligne : elles n’ont pas de fin et peuvent se perpétuer à l’infini, au contraire de la lecture d’un magazine, d’un journal ou d’un livre. « Sur un écran, le fil d’actu ne fait que se dérouler et il n’y a pas de signal clair pour nous dire d’arrêter et de nous lancer dans une autre activité », explique Adam Alter.
Cependant, la totalité du temps passé sur des écrans n’est pas néfaste. Nous passons 9 minutes par jour sur des applications qui peuvent nous enrichir, comme des applications concernant notre santé. Mais nous consacrons aussi près d’une demi-heure (27 minutes précisément) à consulter des applications qui peuvent nous plonger dans un mal-être, tels que des fils d’actualité ou des jeux. Pour lui, consulter aussi longtemps ce genre d’applications mène à un sentiment d’isolement.
Alter nous motive de ce fait à nous distancier des écrans et à faire des pauses fréquentes dans leur consultation. Il conseille pour mieux gérer notre consommation quotidienne de créer un équilibre plus sain en bloquant par exemple certains réseaux sociaux ou en nous abstenant d’utiliser certains outils. « Vous vous y habituez, vous surmonterez votre privation comme vous le feriez avec une drogue et la vie sera plus colorée, plus riche », conclut le psychologue new-yorkais.
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Tribune libre – Les douze travaux d’Emmanuel Macron

 L’Opinion
Groupe « Que faire ? »  26 Mai 2017
 « Réformer notre système éducatif, éradiquer le chômage de masse, mettre fin au déclin industriel et à la ghettoïsation de nos banlieues, lutter contre les inégalités et redéfinir l’Europe, permettront vraiment à la France de se mettre En Marche ! »
Après une élection présidentielle qui a permis de faire triompher de grandes idées (ouverture de la France à l’Europe et au monde, volonté de réforme de notre économie et de nos institutions), le temps vient où le programme d’actions va devoir être plus concret, plus opérationnel. Le groupe « Que Faire ? », réuni autour d’Edith Cresson, considère que douze travaux prioritaires devront aboutir.
Les trois premiers visent créer une société de la connaissance, en réformant un système d’éducation qui fonctionne essentiellement sur la sélection et rejette un nombre considérable de jeunes dont 20 % sortent du primaire sans maîtriser les savoirs de base, gonflant la cohorte des 1 669 000 « NEETS » (neither in employment nor in education or training). La priorité doit porter d’abord sur le primaire, non seulement en augmentant le nombre d’enseignants dans les classes défavorisées, mais surtout en les motivant, par des rémunérations et des évolutions de carrière différenciées. Elle doit aussi viser une politique de lutte contre le « décrochage », en accordant une vraie priorité aux écoles de la deuxième chance. Quant à la formation professionnelle, elle doit s’intéresser vraiment aux sans-emploi et répondre aux besoins d’une économie exposée à la concurrence internationale et bousculée tant par le big data que par l’industrie 4.0.
Déclin industriel. Les deux suivants devront mettre fin à notre déclin industriel, en améliorant l’environnement économique et fiscal des entreprises. Notre système fiscal nous a conduits à être l’une des économies les plus taxées, notamment en prélèvements qui renchérissent le coût du travail. Y remédier implique de supprimer progressivement les modes d’imposition assis sur la masse salariale et de leur substituer la valeur ajoutée. Il ne s’agit pas de supprimer les impôts et cotisations payés par les entreprises, mais de changer leur assiette, afin d’alléger le coût du travail. Au passage, dans un effort indispensable de moralisation du secteur privé, il faut pénaliser les entreprises qui distribuent des rémunérations déraisonnables et supprimer la déductibilité fiscale des « salaires » qui dépassent 20 fois le smic.
Notre pacte républicain devra veiller à une nécessaire redistribution pour corriger les inégalités que génère la vie économique et pour conduire une véritable politique de protection de la famille
Trois autres travaux permettront d’éradiquer le chômage de masse, en donnant un nouvel élan à la croissance et l’innovation. Tout a été dit sur les rigidités d’un Code du travail qui s’immisce dans les moindres détails de la vie de l’entreprise, qu’elle ait 50 000 salariés ou moins de 100. Il faut donc introduire, dans les conventions collectives, un volet PME négocié par des acteurs eux-mêmes issus de PME. Il faut aussi tirer la leçon de l’échec cuisant de la fusion des Assedic et de l’ANPE et réformer Pôle Emploi : les métiers de l’indemnisation et ceux du reclassement n’ont que peu en commun et il faut gérer séparément ceux qui gèrent l’indemnisation et ceux qui accueillent les chômeurs, les soutiennent, les orientent et démarchent les employeurs. Une attention particulière doit être accordée aux handicapés, en réformant une législation détournée par la prise en compte de handicaps sans incidence professionnelle et, surtout, en accroissant les moyens de formation et d’adaptation.
Un de ces douze travaux devra rendre réelle l’égalité garantie par notre Constitution, sans distinction d’origine ou de religion, qui ne suffit pas à occulter les inégalités qui subsistent, dans les ghettos bâtis aux portes de nos villes, où le chômage persiste et où la désespérance s’installe, terreau fertile à tous les extrémismes. Mettre fin à cette ghettoïsation permettra d’assurer l’accession de tous aux savoirs indispensables et de faciliter l’insertion dans le marché du travail des enfants des banlieues ce qui, au-delà des préoccupations de justice, aura un impact positif sur notre compétitivité. Plus généralement, notre pacte républicain devra veiller à une nécessaire redistribution pour corriger les inégalités que génère la vie économique et pour conduire une véritable politique de protection de la famille.
Protection européenne. Les trois derniers « travaux d’Emmanuel » devront cibler l’Europe, interpellée par Vladimir Poutine, remise en question par le Brexit et bousculée par Donald Trump. Pour que nos peuples adhèrent à un projet européen repensé, il ne suffit plus d’évoquer 70 ans de paix ou les acquis d’un grand marché. Les citoyens attendent de l’Europe plus de protection et d’ambition. Cela impose de renforcer l’euro pour en faire une vraie monnaie d’échange internationale, ce qui exige d’approfondir sa gouvernance, y compris dans sa dimension sociale et fiscale et d’assainir nos finances publiques, condition de notre renaissance économique ; de mettre en œuvre une politique commerciale plus offensive, exigeant une réciprocité d’ouverture, y compris en menaçant d’un « Buy European Act » ; de s’engager dans une « Europe des Projets », rassemblant les Etats les plus ambitieux, notamment l’Allemagne et la France, pour une action commune en matière de Défense et de Sécurité, de coopérations industrielles dans l’énergie, les industries de transport, les technologies de l’information et les biotechnologies, une diplomatie mieux intégrée incluant des partenariats stratégiques avec le monde arabe, l’Afrique sub-saharienne, l’Amérique latine et l’Asie, afin de redevenir un des centres de gravité du monde.
En conclusion, les Français attendent des mesures concrètes et ambitieuses qui leur redonnent espoir. Réformer notre système éducatif, éradiquer le chômage de masse, mettre fin au déclin industriel et à la ghettoïsation de nos banlieues, lutter contre les inégalités et redéfinir l’Europe, permettront vraiment à la France de se mettre En Marche !
Groupe « Que faire ? », anciens membres de cabinets ministériels, de droite, du centre et de gauche, réuni autour d’Edith Cresson, ancien Premier Ministre.

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Europe – En finir avec les tergiversations sur l’aide à la Grèce

 Pour permettre à Athènes de sortir de dix années de soumission, il est temps de permettre à la BCE de racheter la dette grecque.
LE MONDE | 23.05.2017

«  Lundi 22 mai, les ministres des finances de la zone euro ne sont pas parvenus à un accord sur le versement d’une nouvelle tranche d’aide, alors que le gouvernement d’Alexis Tsipras attendait au moins 7 milliards d’euros ». (Photo : Des retraités défilent contre les mesures d’austérité, à Athènes, jeudi 18 mai). Yorgos Karahalis / AP
Editorial du « Monde ». Partie remise, de nouveau. Il faudra attendre encore pour avoir un plan de restructuration de la dette grecque, qui permette à ce pays de voler de ses propres ailes, après des années de crise. Lundi 22 mai, les ministres des finances de la zone euro ne sont pas parvenus à un accord sur le versement d’une nouvelle tranche d’aide, alors que le gouvernement d’Alexis Tsipras attendait au moins 7 milliards d’euros.
Lire aussi :   Mesures de dette, nouveaux prêts : les Grecs devront encore attendre
Feuilleton infernal, qui a commencé sans qu’on s’en aperçoive ou presque, signe que des erreurs majeures, décisives, peuvent être commises. Par mégarde. Lorsque, en juin 2000, les dirigeants européens réunis à Feira, au Portugal saluent l’entrée de la Grèce dans l’euro au 1er janvier 2001, un an après les autres pays, l’information ne fait qu’une brève dans la presse. L’euro est un projet politique, il doit s’étendre aux pays du Sud, comme le souhaite la France. Rien de plus naturel. Lorsqu’il s’avère, dès novembre 2004, que la Grèce a triché sur ses déficits publics et n’aurait pas dû se qualifier pour la monnaie unique, l’affaire est vite enterrée. Paris et Berlin viennent de violer les règles du pacte de stabilité : pourquoi chercher noise à un petit pays qui ne pèse que 2 % de l’économie de la zone euro et ne représente qu’un risque bénin ? On s’en sortira toujours.
Erreur majeure : protégée par des taux d’intérêt abusivement bas, la Grèce laisse dériver ses coûts et ses salaires, s’offre un train de vie que son économie ne ­permet pas de financer. Le tout avec la ­complicité des banques françaises, allemandes et italiennes, qui prêtent à tout-va à la Grèce.
Epopée tragique
Lorsque la crise explose en 2009, le pays est en faillite, son économie déclassée et la zone euro menacée par l’interconnexion des systèmes bancaires. Et, depuis huit ans, Grecs et Européens ont réparé la zone euro comme on répare un avion en feu en plein vol. Epopée tragique. Ils ont dû payer une double addition : les Européens ont compensé les erreurs passées en effaçant une partie de la dette grecque. Les Grecs ont dû consentir un effort considérable pour remettre à flot leur économie : une terrible déva­luation interne par la baisse des salaires, des retraites, du produit intérieur brut et la construction d’un Etat capable de mieux lever l’impôt.
Deux ans et demi après l’arrivée au pouvoir de la gauche radicale Syriza, deux ans après le virage réaliste du premier ministre Alexis Tsipras, la Grèce a accompli de grands progrès. Et elle continue avec une loi omnibus adoptée jeudi 18 mai, censée mettre en œuvre 45 réformes préconisées par les créanciers. Mais, à chaque printemps, les tergiversations sur l’aide à la Grèce font retomber la croissance. Il faut sortir de ce cycle.
Il y a l’idéal et le possible. L’idéal serait un effacement en bonne et due forme d’une partie de la dette grecque. Ce scénario est impraticable avant les élections allemandes… et sans doute après. On se dirigera vers un allongement des prêts et une baisse des taux d’intérêt. Il existe une seconde voie, moins glorieuse, mais très efficace : permettre à la Banque centrale européenne de racheter la dette grecque comme elle le fait avec les autres pays de la zone euro. La manœuvre, qui exige pour des raisons techniques la présence du Fonds monétaire international, permettrait de baisser les taux ­d’intérêt grecs et rendrait possible le retour d’Athènes sur les marchés financiers. La Grèce sortirait ainsi de dix années calamiteuses de soumission.
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Nantes. Insolite : une tempête de flocons de peuplier

Presse-Océan  – 26/05/17
Jacques Lamy a partagé sur sa page Facebook ses impressionnantes photos de flocons de peuplier qui ont blanchi le sol près de la salle festive Nantes Erdre. 

une tempête de flocons de peuplier © Photo Jacques Lamy
Risque d’allergie
L’état des émissions de pollens diffusé par le Polinarium de Nantes affiche ainsi le maximum pour la quasi-totalité des herbacées : plantains et graminées notamment. Le risque d’allergie est ainsi élevé dans le département.
Qualité de l’air
Selon Air Pays de la Loire, la qualité de l’air affiche un indice de 6 à Nantes et Saint-Nazaire ce vendredi. L’indice de qualité de l’air va de 1 (très bon) à 10 (très mauvais). Ce chiffre permet de caractériser de manière simple et globale la qualité de l’air d’une agglomération urbaine.
Presse-Océan
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Les Indégivrables – souvenir de mai 68 …

Le Monde du 26 mai 2017

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Mâlain, un village renaît grâce au projet d’agriculture et d’élevage bio

Siné Mensuel – mai 2017 – Barnabé Binctin –
Ce petit village de Côte-d’Or dépérissait avec la disparition des commerces. Des néoruraux sont venus redynamiser l’activité avec des projets d’agriculture et d’élevage bio, d’habitat partagé, une brasserie et une Université populaire.

En surplomb de l’éperon rocheux, le château fort fige le village dans son illustre passé.Avant de devenir cité médiévale, Mâlain a connu le faste de l’époque gallo-romaine. Niché au cœur de la vallée de l’Ouche, en Côte-d’Or, les échanges y prospéraient si bien que l’endroit est aujourd’hui connu pour ses fouilles archéologiques. Pour le reste, c’est à peu près tout. A 20 bornes à l’ouest de Dijon, les 750 habitants sont déjà loin de la grande ville sans être tout à fait encore en rase campagne. « On est dans le péri-urbain« , décrit l’édile local, Nicolas Bénéton. Et dans le cas typique de ces territoires tiraillés : une population mobile, mais abandonnée. Excepté une petite gargote, ouverte entre midi et deux, plus un seul commerce à l’horizon. 
Mais tout ça, c’était avant. Avant 2015, précisément, lorsqu’un petit groupe de jeunes motivés rachète le Café du PLM, à côté de la gare située sur la fameuse ligne Paris-Lyon-Marseille. Fermé dans les années 50, le bâtiment abandonné est retapé de fond en comble : une dalle en béton est coulée sur la terre battue et une nouvelle charpente en bois installée en quelques mois.  Voici l’ancienne écurie du XVIIIème siècle rendue à sa première fonction d’hébergement mais à destination des humains cette fois : aujourd’hui, trois couples vivent de manière permanente dans ce que l’on appelle officiellement un « habitat participatif ». En vrai, c’est surtout une grande coloc’ au milieu des champs.
Tous les jours Myriam élève 250 poules pondeuses bio dans un verger que gère son compagnon Léo, au milieu des poiriers, des pommiers ou des néfliers. Claire et François, eux, ont racheté un petit peu plus loin un vignoble en exploitation, bio également. Enfin, Jennifer et Renaud s’occupent du houblon qui va permettre à la brasserie – bio toujours, et installée dans le même bâtiment de 800 m2 – de lancer très prochainement sa production. « Notre mode de vie, basé sur la solidarité et la convivialité, s’est vraiment forgé à l’expérience de ces chantiers« , explique Léo, chercheur en philosophie des sciences par ailleurs.
Une existence en communauté qui se veut ouverte sur la vie du village. En témoignent les diverses activités qui émergent de ce nouveau pôle : Hélène et Jeff cultivent désormais un jardin potager en permaculture, tandis que deux des six hectares de terres agricoles achetées en épargne solidaire sont consacrés à des céréales issues de semences paysannes et destinées à la panification par Cyril, le paysan boulanger. Le fournil vend désormais du pain, bio évidemment, chaque semaine, les mardis et vendredis.  Et Mâlain de retrouver progressivement de véritables lieux de vie.
« C’est exactement le type de projet dont un petit village a besoin aujourd’hui« , assure le maire, qui a expressément modifié son plan local d’urbanisme (PLU) pour faciliter les démarches. Aujourd’hui le projet compte 126 associés qui constituent la structure porteuse à l’origine de cinq emplois créés, déjà. Mais la bande de joyeux drilles, qui tourne à l’autogestion et s’organise autour de réunions mensuelles, ne compte pas s’arrêter là : un café associatif doit ouvrir cet été, avant qu’une épicerie solidaire ne valorise davantage, prochainement, les productions locales. « Notre démarche ne pey fonctionner que si elle intègre les habitants du village et leur propose une vraie valeur ajoutée, théorise Léo. Là réside le véritable contre-pouvoir, dans une nouvelle alliance entre les paysans et les habitants« .
Un café associatif pour partager, redynamiser, s’amuser et aussi boire un verre… Photo A. R.
Pour parfaire le tout, le collectif – qui répond au doux nom d' »agriculturelle » – a mis en place une Université populaire. Au menu, de l’autoformation intellectuelle par la technique dite de l’arpentage, une méthode de lecture collective d’ouvrages. Le dernier en date ? La Démocratie aux champs de Joëlle Zask (Ed. La Découverte). « C’est de l’agriculture politique », dit-on côté organisateurs. Ou comment des gens étrangers au cru ont repolitisé un bout de terroir cher à Henri Vincenot *. Les temps ont bien changé à Mâlain, désormais on y trouve du pain et des œufs.
* Henri Vincenot, né en 1912 à Dijon et mort dans la même ville en 1985, écrivain, peintre et sculpteur français auteur du « Pape des escargots » , « Les étoiles de Compostelle » etc.
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neuf-quinze – Trump à Yad Vachem

neuf-quinze@arretsurimages.eu 24/05/2017
Yad Vachem, Duterte : « amazing ! »
09h15Donc, pour Trump, Yad Vachem est « amazing ». Amazing. Adjectif que l’on pourrait traduire par « génial », « impressionnant », « ébouriffant », « bluffant » « super ». « Tellement bluffant, je n’oublierai jamais » écrit Donald Trump sur le livre d’or du mémorial israélien aux victimes de l’extermination des Juifs. Internet ricane devant ce tweet manuscrit. Internet a tort : Trump, en l’occurence, a fait long. Il aurait plus efficacement encore synthétisé sa pensée en écrivant « Waouuw ». Ou en dessinant un émoticone, genre épaté, bouche ouverte. Mais après tout, contrairement à ce bavard d’Obama (l’AFP s’est régalée à juxtaposer les deux pages du livre d’or) (1), veut-il juste signifier que les mots lui manquent. Le pire, c’est que le gouvernement israélien, qui détestait Obama, adore Trump. Et que cet « amazing » n’y changera sans doute rien. Les choses sérieuses sont ailleurs.
 A quoi exactement Trump a-t-il été sensible ? La scénographie de Yad Vachem ? La prouesse d’organisation que constitua l’anéantissement (tout de même, faire rouler tous ces trains sans un seul déraillement) ? La dimension entrepreneuriale des camps d’extermination ? La créativité technologique des chambrez à gaz ? La mise dos à dos des deux (un musée si génial sur un truc si incroyable) ?Comme toujours avec cet être humain qui, comme le célèbre Pifou, fils de Pif le chien, s’exprime essentiellement en « glop » et en « pas glop », il faut renoncer à comprendre.
A noter que le même adjectif caractérise aussi le jugement du même Donald Trump sur la politique anti dealers, et anti drogués, du président philippin Rodrigo Duterte. Le mois dernier, Trump a téléphoné à Duterte. Le site de Glenn Greenwald, The Intercept révèle, de source philippine (2), le contenu de la conversation. « Vous faites un travail génial (bluffant, super, impressionnant) » a dit Trump à Duterte. Depuis l’arrivée au pouvoir de Duterte l’an dernier, la police et des forces para-militaire ont abattu sommairement environ 7000 dealers et consommateurs de drogue. Amazing ! A lire aussi, par curiosité, la suite de la conversation (3) entre les deux grands personnages, notamment en ce qui concerne la Corée du Nord qui, elle, n’est pas du tout « amazing ». Kim Jong Un, pas glop.

(1) http://www.huffingtonpost.fr/2017/05/23/le-mot-laisse-au-memorial-de-lholocauste-resume-la-difference-e_a_22105593/
(2) https://theintercept.com/2017/05/23/trump-called-rodrigo-duterte-to-congratulate-him-on-his-murderous-drug-war-you-are-doing-an-amazing-job/
(3) https://www.documentcloud.org/documents/3729123-POTUS-RD-Doc.html#document/p1
Daniel Schneidermann
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Aurel : Nouveau nom du parti socialiste …

Politis

 

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Terrorisme : Macron souhaite au plus vite une «task force» très réactive

Le Parisien 25/05/2017
Après l’attentat lundi à Manchester, le président Emmanuel Macron veut accélérer la  création de la «task force» (force opérationnelle) antiterroriste qui dépendra de l’Elysée. Il l’avait évoquée durant sa campagne.

Ambassade du Royaume-Uni, ¨Paris, mardi. Le chef de l’Etat français a signé le livre de condoléances après l’attentat de Manchester AFP/ETIENNE LAURENT
La «task force» antiterroriste rattachée à l’Elysée, à laquelle Emmanuel Macron avait fait référence encore mardi, comprendra «50 à 60 personnes» pour que «des décisions puissent être prises dans la demi-heure». C’est ce qu’a annoncé mercredi Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement.
 Lors d’un conseil de défense mercredi, au surlendemain de l’attentat de Manchester, le président a décidé que l’organisation de ce nouveau centre de coordination antiterroriste, qu’il avait évoqué durant sa campagne, sera fixée «d’ici le 7 juin», a annoncé l’Elysée.
Depuis 2008 le Conseil national du renseignement est déjà rattaché à l’Elysée, mais son coordinnateur «n’a pas la puissance qu’aura demain le responsable de la task force», a précisé Christophe Castaner. Ce poste est occupé depuis août 2016 par le préfet Yann Jounot. Le site de «L’Essor de la gendarmerie nationale» s’interroge sur la future cohabitation entre cette force opérationnelle et ce coordonnateur.
Pour étayer ses propos, Christophe Castaner a cité comme exemple le «manque de renseignement territorial» qu’a entraîné la centralisation du renseignement, alors que par exemple «l’Education nationale peut-être une source de renseignement sur la radicalisation». Les personnes affectées à la «task force collecteront jour et nuit toutes les informations avec un accès direct aux plus hauts responsables.»
Un état-major qui associera plusieurs ministères
 Selon le «Figaro», cet «état-major permanent des opérations de sécurité intérieure, de renseignement et de lutte contre le terrorisme doit associer les ministères de l’Intérieur et de la Défense avec une participation de ceux des Transports et de la Santé notamment.» Sans doute faut-il ajouter celui de l’Education nationale.
 Mercredi, Emmanuel Macron a par ailleurs demandé au Parlement de prolonger jusqu’au 1er novembre l’état d’urgence, qui devait se terminer le 15 juillet. Il veut profiter de ce délai pour faire voter une loi qui rendra pérennes certaines mesures exceptionnelles de l’état d’urgence, qui demeureront donc en place même une fois l’état d’urgence levé.
   Leparisien.fr avec AFP
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Les enjeux des élections législatives

AgoraVox – 23/05/2017 – Fergus –
Au mois de juin se dérouleront les élections législatives. À la clé, des enjeux de pouvoir pour les partis dominants, mais également des enjeux financiers pour toutes les formations qui jouent un rôle dans la vie démocratique de notre pays ou aspirent à en devenir des acteurs…
Compte tenu du verdict de l’élection présidentielle et des premières indications données par les instituts de sondage pour le scrutin des 11 et 18 juin, c’est évidemment le nouveau parti d’Emmanuel Macron, la République en Marche, qui devrait recevoir la plus grande partie des aides publiques allouées durant les 5 prochaines années par l’État au titre des résultats officiels du scrutin législatif. Et cela au détriment des partis – en l’occurrence le Parti Socialiste et Les Républicains – qui, jusque-là, phagocytaient la plus grosse part d’un pactole déterminant pour faire vivre les appareils, mener des actions militantes et conduire les campagnes lors des prochaines échéances électorales.
Outre la REM et son proche allié le Modem, deux partis vont probablement toucher en 2017 les dividendes de leur ancrage consolidé dans la société française tel qu’il a pu être mesuré lors du 1er tour de la présidentielle : la France Insoumise et le Front National dont les premières enquêtes indiquent qu’ils devraient réaliser des scores élevés au détriment des anciens « partis de gouvernement », l’un en difficulté (LR), l’autre promis à une bérézina électorale (PS). C’est en effet le nombre de suffrages exprimés aux législatives pour chaque parti qui constitue la principale source des aides publiques aux partis politiques. Et cela en fonction d’une règle simple : chaque voix rapporte au parti qui en bénéficie 1,42 euro par an dès lors que ce parti atteint ou dépasse 1 % des suffrages exprimés dans au moins 50 circonscriptions*. Une aide attribuée chaque année durant la durée du mandat législatif.
Encore faut-il, pour toucher chaque année 1,42 euro par suffrage, avoir respecté la règle de parité hommes-femmes imposée par les textes en vigueur**. Si tel n’est pas le cas, le montant de l’aide est diminué de 150 % de l’écart entre le nombre d’hommes et de femmes rapporté au nombre total de candidats. Autrement dit, dans l’hypothèse de 100 candidats répartis entre 60 hommes et 40 femmes, une diminution égale à (60-40) x 150 % / 100, soit 30 % de l’aide, ce qui, dans l’hypothèse évoquée, ramène le montant par suffrage à 99 centimes. Une disposition qui, dans sa rigueur arithmétique, a lourdement pénalisé l’UMP au lendemain des législatives de 2012, eu égard au fort déséquilibre des candidatures de ce parti entre hommes et femmes : un quart seulement des circonscriptions avait été réservé à ces dernières !
Les voix recueillies lors des législatives ne sont pas la seule source de financement des partis directement dépendante des résultats de ce scrutin. Comme pour les sénateurs, chaque député élu rapporte en effet 37 280 euros à son parti. Et cela chaque année pendant la durée du mandat. À une condition toutefois : que les partis disposant d’élus aient rempli la condition évoquée ci-dessus : 1 % des voix dans au moins 50 circonscriptions. Ce qui signifie qu’en métropole une personnalité indépendante élue grâce à sa forte notoriété locale n’apporterait pas un centime au titre de ce siège de parlementaire à son micro-parti.
Au total, la somme de ces deux fractions d’aides publiques directement dépendantes des résultats des législatives s’est élevée, d’après le quotidien Le Monde, à 63,1 millions d’euros en 2016. Une manne annuelle évidemment très convoitée qui n’est pas sans incidence sur la stratégie électorale et sur les tractations entre partis compatibles. Ainsi en va-t-il de la dualité Front National – Debout la France, DLF ayant impérativement besoin de voix d’électeurs pour renouveler son financement antérieur. Et nul doute que la rupture entre la France insoumise et le Parti Communiste trouve plus probablement son origine dans ces considérations financières que dans l’idéologie politique.
Sur les 63,1 millions d’aides publiques versées en 2016, Le Parti socialiste en avait recueilli 24,9 millions, Les Républicains 18,6 millions, le Front national 5,1 millions, le PCF 2,9 millions et EELV 2,8 millions, le reste allant à des petites formations de métropole ou d’Outremer. À n’en pas douter, ces données vont être très largement rebattues après les législatives du fait des bouleversements politiques induits par la victoire d’Emmanuel Macron et l’émergence de la République en Marche. C’est, pour reprendre l’expression de Laurent Fabius, incontestablement à un nouveau « chamboule-tout », financier celui-là, que l’on va assister une fois connus les résultats officiels des 11 et 18 juin.
Les enjeux sont par conséquent considérables pour les partis et ceux qui les dirigent. Des enjeux qui éclairent d’un jour quelque peu cru les tractations encore en cours dans les états-majors.
Une condition qui ne vaut pas pour les partis locaux d’Outremer soumis à la seule obligation d’avoir obtenu 1 % des voix.
** Loi n°88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique, modifiée par la loi n°2000-493 du 6 juin 2000
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Le Canard enchaîné : Ferrand ironise sur un « cadeau de bienvenue »

La Nouvelle République 24/05/2017

Le ministre Richard Ferrand a évoqué mercredi « un cadeau de bienvenue » sous forme de « dénonciations calomnieuses » après la révélation dans Le Canard Enchaîné de la location de locaux appartenant à sa compagne par les Mutuelles de Bretagne à l’époque où il en était le directeur.
« C’est une sorte de cadeau de bienvenue pour ma nomination au gouvernement, où on essaie de faire d’un acte de gestion banal une pseudo-affaire », a déclaré M. Ferrand interrogé par BFMTV.
Un peu plus tôt dans un communiqué, le ministère de la Cohésion des Territoires avait dénoncé « des dénonciations calomnieuses qui poursuivent Monsieur Ferrand depuis de longues années, sans qu’il n’ait rien à se reprocher: il est au contraire unanimement reconnu qu’il a su redresser les Mutuelles de Bretagne, sauver 120 emplois et en créer plus de 200 ».
« Cette affaire en question est extrêmement simple. Les Mutuelles de Bretagne cherchaient un local adapté à leurs besoins au meilleur prix », a expliqué M. Ferrand. « Parmi trois propositions qui leur avaient été faites, les administratrices et les administrateurs du Conseil d’administration, dont je ne suis pas, ont retenu la meilleure offre, pour les conditions de travail des salariés, pour la proximité avec les transports, qui était celle d’un local détenu par ma compagne », a-t-il détaillé, concluant: « Ceci était connu de tous et par conséquent c’est parce que c’était le mieux placé et le moins cher que cela été choisi ».
Il a rappelé que le local avait fait l’objet depuis d’un « renouvellement de bail, donc ça veut dire que les gens se satisfont de l’endroit où est situé ce local ».
Selon Le Canard Enchaîné, les faits remontent à 2011: à Brest, les Mutuelles de Bretagne souhaitent louer des locaux commerciaux pour ouvrir un centre de soins, et choisissent entre trois propositions celle d’une société immobilière appartenant à la compagne de M. Ferrand.
L’hebdomadaire ajoute que cette dernière a alors monté très rapidement une SCI et que la promesse de location lui a permis d’obtenir un prêt bancaire équivalent à la totalité du prix des locaux, par ailleurs « en mauvais état ». Outre une rénovation complète des locaux par la mutuelle pour 184.000 euros, toujours selon le Canard Enchaîné, la valeur des parts de la SCI « a été multipliée par 3.000 » six ans plus tard.
« Ca tombe mal parce que ça crée la suspicion dans un contexte de suspicion, je ne veux pas être langue de bois sur le sujet », a déclaré mercredi Christophe Castaner, le porte-parole du gouvernement sur Europe 1. « Ca meurtrit évidemment Richard qui est un homme d’une probité exceptionnelle (…), mais une chose est sûre, il n’y a rien d’illégal, il n’y a rien qui ne serait pas moral », a-t-il certifié.
« On est sur quelque chose qui est parfaitement légal, qui est connu, qui est transparent et d’ailleurs le président de la mutuelle a fait un courrier récent pour confirmer à la fois que c’était l’offre la plus intéressante et que Richard Ferrand avait contribué à redresser spectaculairement et à préserver l’emploi dans cette mutuelle », a-t-il poursuivi.
Il a assuré ne « pas douter » que M. Ferrand conservait la confiance du président Emmanuel Macron et du Premier ministre Edouard Philippe.
© 2017 AFP
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Trump, une chance pour la malbouffe

Le Canard Enchaîné – 24/05/2017 – Conflit de Canard –
« Nous devrions juste avaler un burger autour d’une table de conférence, faire de meilleurs deals avec la Chine et oublier tous ces dîners diplomatiques. » Dixit Donald Trump. Chouette ! L’industrie de la malbouffe a maintenant un super VRP à la Maison-Blanche.
Le 45ème président des États-Unis n’avale que des burgers et des nuggets, avec des frites congelées parce que « c’est meilleur que celles faites à la maison« . Le tout arrosé de Coca Light, sans oublier le ketchup, dont il nappe tous ses plats. Trump, qui préfère, comme il l’a dit, le McDo à un vrai restaurant parce que « c’est plus propre », a d’ailleurs nommé ministre du Travail l’un des rois du fast-food à la tête de plus de 3 600 restos dans le pays.
Le président américain n’aura pas attendu longtemps pour passer les plats aux industriels de la malbouffe. Son administration vient de remettre du gras, du sucre et du sel sur la table des cantines scolaires. Exit le programme de nutrition concocté par Michelle Obama pour lutter contre le surpoids, qui touche 1 jeune américain sur 6. Depuis cinq ans, les écoliers avalaient plus de légumes et moins de nuggets-frites-ketchup, au risque de leur éduquer les papilles et des les rendre moins accros au fast-food. Pour annoncer cette douceur faite à l’industrie agroalimentaire, le ministre de l’Agriculture n’y est pas allé avec le dos de la cuillère. En visite dans une école, où il s’est régalé, comme de bien entendu, nuggets, il a lancé : « les enfants ne mangent pas la nourriture » et « ça finit dans les poubelles » Et d’insister sur le coût du manger-sain à l’école – 1,2 milliard de dollars en cinq ans – tout en prenant soin de mettre le couvercle sur l’addition archi-salée de dépenses de santé liées à la bouffe industrielle.
Vous vous dites que tout ça c’est bien triste mais qu’en Europe, au moins, Trump ne va pas s’inviter dans notre assiette. Sauf que le président de la malbouffe a décidé de ne pas signer le Tafta, le traité de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis, parce qu’il n’a pas goûté que Bruxelles fasse la fine bouche sur son poulet au chlore et son bœuf aux hormones. Et ça ne va pas être de la tarte de l’amadouer selon les nutritionnistes : l’overdose de mauvais gras et de sucres rapides gâche le sommeil et rend agressif. Ce qui expliquerait notamment les tweets incendiaires qu’il bombarde à 3 heures du matin.
Le jour où Trump a viré le patron du FBI, il avait sans doute ingurgité trop de burgers et de frites congelées… Gloups !
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Europe – Brexit : que contient la feuille de route des ministres des Vingt-Sept ?

Les ministres chargés des affaires européennes ont approuvé, lundi, le mandat accordé à la Commission européenne afin de mener le Brexit à son terme.
LE MONDE | 22.05.2017 | Par service international

De gauche à droite : le ministre des affaires étrangères belge, Didier Reynders, le négociateur en chef de l’UE pour le Brexit, Michel Barnier, le ministre des affaires étrangères luxembourgeois, Jean Asselborn, et la ministre chargée des affaires européennes française, Marielle de Sarnez, lors d’une réunion des ministres européens à Bruxelles, lundi 22 mai. Virginia Mayo / AP
C’est une étape avant la négociation des modalités du divorce, censée débuter après les élections législatives britanniques du 8 juin, si possible dans la semaine du 19 juin : les ministres chargés des affaires européennes ont approuvé, lundi 22 mai, à Bruxelles, le mandat accordé à la Commission européenne afin de mener le Brexit à son terme. Cette feuille de route s’inspire des grands principes de négociation approuvés, le 29 avril, par les chefs d’Etat et de gouvernement des Vingt-Sept, en l’absence du Royaume-Uni.
Les modalités financières du divorce
Le texte adopté lundi fournit les éléments détaillés nécessaires pour mener la première phase des négociations, suivant la démarche en deux temps privilégiée par les dirigeants des 27 Etats membres. Il indique ainsi que la seconde phase des négociations – celle portant sur les contours du futur partenariat entre l’UE et le Royaume-Uni post-Brexit – ne pourra débuter qu’après « des progrès substantiels » concernant le divorce en tant que tel, en particulier la conclusion d’un accord sur les modalités financières de la séparation.
Pour solde de tout compte, les Européens réclament quelque 60 milliards d’euros aux Britanniques. Il s’agit d’après eux de régler les engagements pris par le Royaume-Uni dans le cadre du budget européen. Mais le gouvernement de Theresa May conteste l’ampleur de la facture.
Préserver les droits des citoyens
Le mandat fixe deux autres priorités. La première concerne la préservation du statut et des droits des citoyens pour les ressortissants européens installés au Royaume‑Uni et les Britanniques résidents dans l’un des pays de l’UE. Plus de quatre millions de personnes sont ainsi concernées, dont 3,2 millions d’Européens au Royaume-Uni, qui craignent de devenir otages des pourparlers.
La première ministre britannique n’a jusqu’ici donné aucune garantie dans ce domaine, alors que les « Brexiters » ont promis tout au long de la campagne référendaire de limiter l’arrivée des migrants européens. Du côté du continent, il s’agit au contraire de protéger le choix de résider et de travailler d’un côté ou de l’autre de la Manche, tout en préservant l’accès aux droits sociaux (assurance santé, chômage, retraite, etc.) liés à cette résidence.
Lire aussi :   Theresa May bouscule l’héritage de Thatcher
La situation de Irlande du Nord
Les Vingt-Sept mettent par ailleurs l’accent sur la situation de l’Irlande du Nord, qui voit sa stabilité être menacée par la sortie du Royaume-Uni de l’UE. Signés en 1998, les accords de paix qui ont mis fin aux conflits communautaires sont placés sous la supervision de l’Union européenne. Après le Brexit, la crainte est d’assister à la mise en place d’une frontière, préjudiciable aux échanges, entre le nord et le sud de l’île. Afin de rassurer les Irlandais, Michel Barnier, négociateur en chef de l’Union européenne pour le Brexit, s’est rendu à Dublin au début du mois. Une façon de conforter la cohésion des Vingt-Sept face à Londres.
Le calendrier
Si tout se passe comme prévu, le Royaume-Uni cessera d’être membre de l’Union au plus tard le 29 mars 2019 à minuit, comme le mandat donné à la Commission le précise, soit deux ans jour pour jour après l’enclenchement de la procédure de sortie. Ce délai est précisé dans les traités européens.
Cependant, les capitales européennes pourront décider, à l’unanimité, de prolonger les tractations de deux ans, si aucun accord à l’amiable n’est signé d’ici là. Les deux parties craignent par dessus tout un échec des négociations de divorce, qui représenterait, selon l’expression consacrée à Londres, « un saut du haut de la falaise ».
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« Ronronthérapie »: des chats contre le stress au bureau

Le Vif.be – 22/05/2017 –
Les entreprises japonaises sont connues pour leurs horaires interminables et des relations hiérarchiques souvent stressantes. L’une d’elles a trouvé une thérapie, un trait d’union entre collègues: les chats.
"Ronronthérapie": des chats contre le stress au bureauDans le petit bureau de Tokyo de l’entreprise informatique Ferray, neuf félins ronronnants sautent sur les genoux des employés, pianotent de leurs délicats coussinets sur les claviers d’ordinateurs, dorment et mangent en toute liberté.
Hidenobu Fukuda, qui dirige cette société, a introduit sa politique de « chats au bureau » en 2000 à la demande d’un de ses collaborateurs et autorisé les salariés à venir avec leur matou.
« Je donne aussi 5.000 yens (40 euros) par mois à qui sauve un chat », ajoute-t-il.
D’autres sociétés ont également misé sur les animaux pour contribuer à réduire stress et anxiété.
Chez Oracle Japan, un bobtail nommé Candy s’est vu donner le titre d' »ambassadeur » chargé d’accueillir les hôtes et d’apaiser le personnel, peut-on lire sur le site internet. Le groupe américain a au Japon un chien de bureau depuis 1991 et Candy, le quatrième, a maintenant un compte Twitter et Instagram.
De son côté, la firme de ressources humaines et recrutement Pasona Group a « embauché » à plein temps deux chèvres en 2011 et deux alpagas en 2013, en partie à des fins thérapeutiques.
Tokyo a une soixantaine de cafés à chats officiellement reconnus où les félins naviguent parmi les clients.
Chez Ferray, Eri Ito est conquise: « des chats qui dorment juste à côté de nous, c’est apaisant ».
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