La presse internationale salue Macron et la fin d’un système

Le Vif.be – 24/04/2017 –
Revue de presse des quotidiens français, belges et internationaux, consacrée aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle française.Les journaux belges et internationaux saluent Macron et la fin d’un système –
Les journaux belges et internationaux saluent Macron et la fin d'un systèmeEmmanuel Macron rencontre certains de ses partisans à la  brasserie La Rotonde à Paris, après le premier tour. ©
PRESSE FRANCAISE
« Big bang » ou « grand saut dans le vide », écrit le quotidien économique Les Echos, qui retient de ce scrutin l’expression d’un « ras-le-bol du ‘système’, table rase du passé ». « Les électeurs ont choisi dimanche de tourner la page de la vie politique française telle qu’elle était structurée depuis le début de la Ve République », poursuit le journal.
« Ce résultat constitue un séisme dont les répliques seront durables », estime le quotidien généraliste catholique La Croix.
Le journal libéral L’Opinion relève que « c’est une toute nouvelle page de l’histoire de la Ve République que les électeurs français ont ouverte, ce dimanche 23 avril, en éliminant de la présidentielle tous les représentants des partis politiques qui, à un titre ou à un autre, avaient gouverné dans les décennies passées ».
« La droite K.-O. », se désole le quotidien de droite Le Figaro, qui constate qu' »ainsi donc, l’imperdable a été perdu ». « Alors que le désir d’alternance, après un quinquennat unanimement jugé calamiteux, n’a jamais été aussi puissant, (la droite) ne sera pas, pour la première fois de son histoire, représentée au second tour de l’élection présidentielle », ajoute le Figaro.
En position de favori, Emmanuel Macron est désormais « à une marche » du pouvoir, comme le titre à sa Une Libération. « Le second tour opposera donc le social-libéralisme au nationalisme, l’ouverture à la fermeture, l’Europe unie à la France seule », explique le quotidien de gauche, qui ajoute qu' »en principe, grâce aux républicains de tous les partis, le jeune premier du scrutin l’emporte sur la vilaine marâtre ». Mais, nuance-t-il aussitôt, « le FN réalise le score le plus fort de son histoire à une présidentielle. Et si le combat se change en une confrontation peuple-élites, qui peut augurer à coup sûr du résultat? Dans un décor neuf, tout est possible. Autrement dit, vigilance ».
Un « Jamais » sans ambiguïté barrant une photo de Marine Le Pen s’affiche à la Une du journal communiste L’Humanité, qui lance cet appel: « rassemblons-nous pour lui barrer la route ».
PRESSE BELGE FRANCOPHONE
« En marche vers l’Elysée », titre Le Soir en reprenant en partie le slogan d’Emmanuel Macron, qui a remporté le premier tour de l’élection présidentielle française. « Un duel inédit et un choc de modèles. Voilà ce que les Français ont choisi pour le deuxième tour de l’élection présidentielle. Ce dimanche, ils ont fait leur révolution, balayant, à la Trump, les partis et les hommes politiques traditionnels, de gauche comme de droite, pour mettre face à face deux personnalités hors système », souligne Béatrice Delvaux, éditorialiste en chef.
« Macron grand favori face à Marine Le Pen », titre la La Libre Belgique évoquant une « chance pour la France » dans son édito. « Entre les deux options, Macron et Le Pen, le choix est sans hésitation: il faut éviter de livrer la France au chaos économique, à la haine comme le propose le Front National. Emmanuel Macron a profité de circonstances politiques exceptionnelles. Au départ, son horizon était celui des présidentielles de 2022. Mais les planètes se sont alignées et ont facilité son ascension », souligne Francis Van de Woestijne.
PRESSE FLAMANDE
Les quotidiens du nord du pays sont plus méfiants et appellent à la prudence.
Pour De Tijd, Emmanuel Macron va désormais devoir prouver de quoi il est capable, en battant Marine Le Pen, et avec ses décisions politiques. Le quotidien rappelle que les deux derniers présidents n’ont pas réussi à transcender le schéma politique français et qu’ils en ont payé le prix. « Si Macron subit le même sort, la percée du populisme risque d’être inévitable. »
Les représentants du système – de gauche encore plus que de droite – restent sur le carreau, constate De Morgen. « Dans un pays qui attache autant d’importance à la tradition et l’idéologie, c’est un choc », estime le journal, bien que le résultat était attendu. « Emmanuel macron a de grandes qualités dont est dépourvue Marine Le Pen. Cela fait de lui le favori. Mais cela ne doit pas nous aveugler sur la rupture et les risques qu’impliquent ce candidat », écrit Bart Eeckhout.
Dans Het Laatste Nieuws, on entend « les soupirs de soulagement partout en Europe ». L’éditorialiste rappelle tout de même que le vainqueur du premier tour n’a pas réellement de parti et qu’il lui sera difficile de remporter les législatives du mois de juin.
Het Belang van Limburg est moins confiant dans l’issue du second tour et rappelle qu’il « est encore possible que l’amertume gagne, tant la colère de nombreux Français est grande envers le système. Et Marine Le Pen est habile pour jouer sur les sentiments de dégoût, de peur et d’insécurité ».
Enfin, la Gazet van Antwerpen estime que la plupart des politiciens européens et des citoyens doivent s’être sentis soulagés dimanche soir. « La frustration des électeurs des extrêmes doit cependant être profonde. Et si Macron l’emporte le 7 mai, cela ne veut pas dire que la France retrouvera automatiquement sa route vers un avenir glorieux. » L’avenir de l’Europe reste incertain, « mais mieux vaut incertain que sans espoir », conclut le journal.
PRESSE INTERNATIONALE
La presse étrangère se réjouissait dimanche soir de la qualification d’Emmanuel Macron pour le second tour de la présidentielle française, certains journaux estimant néanmoins que la présence de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen le 7 mai représentait « une menace ».
Grande-Bretagne
Le Guardian (centre gauche) estime qu’Emmanuel Macron représente « le meilleur espoir d’un grand pays profondément troublé » mais juge que « la menace posée par l’extrême droite n’est pas éteinte ».
Le Financial Times voit déjà dans le second tour du 7 mai le « couronnement » de M. Macron. Le quotidien des milieux d’affaires prévient toutefois que le jeune centriste (39 ans) sera forcé de « négocier durement » pour mettre son programme en oeuvre s’il est élu.
De son côté, le conservateur Daily Mail titre sur « Une nouvelle révolution française » en expliquant que la France faisait maintenant face à son propre référendum pour l’Union européenne tandis que le Times, quotidien de centre-droit, évoque « une élite française humiliée par des marginaux en route vers la victoire » avec une photo d’une Marine Le Pen tout sourire.
Allemagne
Le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung se montre réservé sur la qualification d’Emmanuel Macron dans un article intitulé « La France déchirée »: « Plus de 40% des Français ont voté pour des candidats à droite toute ou à gauche toute. La victoire de Macron est tellement étroite que, lors des deux présidentielles précédentes (2007 et 2012, NDLR), il ne serait pas arrivé au second tour ».
Pour le magazine de centre-gauche Der Spiegel, le succès du candidat centriste est « une gifle retentissante pour l’establishment politique. Sa qualification au second tour a balayé, au moins provisoirement, des institutions politiques de longue date, les gaullistes-conservateurs Les Républicains, tout comme les socialistes au pouvoir (du président) François Hollande ».
Suisse
Le Temps, reprenant le terme de « nouvelle frontière » utilisé par l’ancien président américain John Fitzgerald Kennedy, espère la victoire d’Emmanuel Macron: « Ce jeune président de même pas 40 ans peut donner une nouvelle frontière à la France et améliorer le sort des Français ». Mais le quotidien estime qu' »avec le Front national, ce sont les descendants de la France collaborationniste et de l’Algérie française qui se trouvent aux portes du pouvoir ».
Pologne
Gazeta Wyborcza (centre gauche) a salué la qualification d’Emmanuel Macron : « L’Union européenne devrait survivre au divorce tout juste entamé avec la Grande-Bretagne. Mais le ‘Frexit’, la sortie de la France de l’Union, aurait enterré le projet européen. Et c’est ce qu’avait annoncé Marine Le Pen, la cheffe du Front national ».
Etats-Unis
Pour le Wall Street Journal, les Français ont « redéfini la géographie politique du pays en plaçant l’Union européenne au centre de la nouvelle opposition politique ». D’un côté, ajoute le quotidien économique et financier, « se tient M. Macron, un ancien banquier d’affaires qui veut renforcer l’intégration européenne. De l’autre, Mme Le Pen, ennemie jurée de l’UE et de sa monnaie unique »
Le New York Times, lui, parle d’un duel entre un « novice politique » et un « tison d’extrême droite », « deux outsiders avec des visions radicalement différentes pour le pays ». Cette opposition « place la France sur un chemin incertain au moment critique où cette élection pourrait également décider de l’avenir de l’Union européenne ».
Australie
Le résultat du premier tour est « un tremblement de terre politique » pour The Sydney Morning Herald, qui prédit « une victoire pour le candidat qui représente le plus le système », Emmanuel Macron.
« Il s’agit d’un triomphe pour l’extrême droite. Mais un triomphe qui démontre que ce parti est toujours fondamentalement inéligible », affirme le quotidien centriste.
C’est, en revanche « un désastre » pour les partis traditionnels: « les Républicains ne se souviennent pas de la dernière fois qu’ils n’ont pas été au second tour d’une élection et les socialistes ont été abandonnés par quasiment l’ensemble de la population. Leur crédibilité en tant que parti majeur est remise en cause ».
Chine
Dans un éditorial mis en ligne dans ses éditions anglaise et chinoise, le quotidien Global Times, proche du pouvoir, rappelle que « la plupart des observateurs français comme européens pensent que Macron l’emportera ». Mais « ces mêmes experts courent manifestement le même risque de se tromper comme ce fut le cas avec le résultat de l’élection présidentielle américaine », explique le tabloïd. « Si Macron gagne, cela ne voudra pas dire que Le Pen aura travaillé pour rien: sa carrière politique peut subir des revers mais la force politique de l’extrême-droite a grossi pendant sa campagne électorale. Si contre toute attente elle l’emporte en battant Macron, pour beaucoup d’Européens sa victoire sonnera le glas de l’Union européenne. »
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Crise de la démocratie : quelles propositions ?

Ouest-France – 21/04/2017 – Daniel Gadbin –
Point de vue. Par Daniel Gadbin, professeur émérite de droit public à l’université de Rennes.
Plusieurs candidats à la présidentielle évoquent, dans leurs discours, des menaces pesant sur la démocratie. Leur inquiétude est justifiée car là où la démocratie recule, les lobbys s’imposent et les États sont impuissants face à la montée des inégalités. C’est ce que nous constatons. Souvent montrée du doigt, l’Union européenne est issue de communautés où la représentation des peuples est assurée et où les pouvoirs du Parlement européen se sont accrus. Mais faute de compétences suffisantes en matière sociale et fiscale, elle ne peut s’attaquer sérieusement aux distorsions provoquées par la libéralisation des échanges qu’elle impose.
L’opacité de ses textes et de ses procédures sert mieux les stratégies de lobbying qu’une mobilisation des peuples au service de ses valeurs. L’Union souffre en vérité d’un double déficit démocratique. Le premier est lié à sa très forte implication dans une internationalisation des politiques publiques, très éloignées des citoyens. Ainsi, la gestion de la zone euro n’est soumise à aucun contrôle parlementaire. De même, la politique commerciale de l’UE, à forte inspiration libérale, doit se caler par rapport aux exigences d’une organisation mondiale du commerce peu sensible aux préoccupations sociales et environnementales. Et pourtant, les accords externes sont avalisés, comme dernièrement le Ceta (traité commercial avec le Canada), par un Parlement européen malmené en outre par des procédures opaques de négociation.
©Francois Lafite/Wostok Press / L hémicycle du Parlement Européen a Strasbourg.
Exigence impérative d’intérêt général
C’est que l’Union européenne souffre aussi de cette crise de la démocratie représentative qui sévit un peu partout dans le monde. La démocratie française, mesurée par l’indice de confiance du peuple dans ses élus, est en piteux état. Après vingt-quatre révisions, notre Constitution garde sa marque de fabrique gaullienne : un déséquilibre saisissant entre l’affaiblissement punitif du Parlement et l’aura de la fonction présidentielle.
La loi reste prisonnière d’un domaine restreint, où le gouvernement s’invite de temps à autre pour légiférer par ordonnances, voire forcer la main de l’Assemblée nationale à l’aide du fameux article 49-3. L’exécution de la loi dépend d’actes gouvernementaux et ministériels à défaut desquels elle restera sans recours possible. Par bonheur pour eux, les élus ne sont obligés de rendre aucun compte à leurs électeurs en cours de mandat, ni sur les lois projetées, ni sur celles votées, ni sur leur exécution, puisque leur mandat n’a aucun caractère impératif. Un parlementaire est l’élu de la nation, pas de ses électeurs.
Le sursaut démocratique dont nous avons besoin doit donc passer à la fois par les États membres et par l’Union. Il nécessite des outils coordonnés de démocratie participative et semi-directe. Des outils qu’il faudra savoir rendre plus attractifs que le référendum d’initiative partagée à la française ou les initiatives citoyennes européennes en matière législative.
Plusieurs programmes présidentiels proposent d’aller plus loin au niveau national, mais aucun au niveau de l’Union. Pourtant, il dépend des États membres que l’Union prenne les traits d’une vraie démocratie économique et sociale, sans laquelle la démocratie française ne sera qu’un leurre. Sans doute un tel objectif n’est-il pas accessible à vingt-sept, mais en aucun cas l’unité affichée pour les 60 ans du traité de Rome ne devrait faire obstacle à la réalisation de cette « exigence impérative d’intérêt général ».
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Polémique, déjà … – Pourquoi La Rotonde de Macron n’est pas Le Fouquet’s de Sarkozy

L’obs  24/04/2017
C’est rive gauche, dans une brasserie huppée de Montparnasse qu’Emmanuel Macron a choisi fêter sa victoire au 1er tour de l’élection présidentielle. Bien plus qu’un symbole.
Montparnasse contre les Champs-Elysées : s’il faut à tout prix chercher un symbole derrière le choix des agapes parnassiennes d’Emmanuel Macron, c’est dans l’histoire récente de la gauche qu’il faut plutôt creuser…

/ AFP PHOTO / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Métro Vavin, à l’angle des boulevards Montparnasse et Raspail, La Rotonde est une belle brasserie parisienne de la rive gauche. La maison, détenue aujourd’hui par les très discrets frères Tafenel, des aveyronnais pur jus, propose « cuisine traditionnelle française » et « accueil chaleureux et personnalisé » dans un décor style art déco. Banquettes pourpres et reproductions de Matisse aux murs, le lieu célèbre le Paris de la Belle Epoque.
Normal, la brasserie a été fondée en 1911 par un certain Victor Libion. Elle connut apparemment succès et renommée grâce à la présence de machines à sous et d’une flopée de brillants artistes souvent cosmopolites : Guillaume Apollinaire, Picasso, Derain, Vlaminck, Salmon, Max Jacob, Modigliani, Soutine… ont ainsi foulé le sol de l’illustre brasserie parisienne. Rien de plus normal là encore. Montparnasse, où se situe l’estaminet, est à partir de 1900 un haut lieu de la vie artistique et intellectuelle parisienne. Saint-Germain-des-Près, à quelques encablures, prendra ensuite le relais.
Gigot d’agneau et profiteroles
C’est donc là qu’Emmanuel Macron, candidat victorieux du premier tour de l’élection présidentielle, a choisi hier soir de casser la croûte en bonne compagnie. Il s’agissait, affirme à l’AFP son soutien Gérard Collomb, d’une « soirée bon enfant où il allait remercier celles et ceux qui se sont engagés ». Quoi de plus naturel ? Après plusieurs mois d’une campagne éreintante, le candidat à la présidentielle avait probablement besoin de reprendre des forces.
Avec son menu à 46 euros, son gigot d’agneau au jus de sauge, sa terrine de chez Gilles Verot et ses profiteroles au chocolat, la brasserie a de quoi rassasier son homme et ses troupes. Las, quelques langues perfides n’ont pas goûté cette belle cuisine de terroir. « Cette fête à la Rotonde est assez indigne dans une situation politique où l’extrême droite est qualifiée pour le second tour… », a tweeté David Cormand, secrétaire national d’Europe Ecologie-Les Verts tandis que les réseaux sociaux s’affolaient du bling-bling d’une soirée aux effluves sarkoziennes.
David Cormand @DavidCormand Cette Fête à la rotonde est assez indigne dans une situation politique où l’extrême-droite est qualifiée pour le second tour… #Macron
01:05 – 24 Apr 2017
Pour clore la polémique, le candidat a rétorqué au micro d’Europe 1 qu’il avait invité ce soir là politiques et artistes, mais aussi secrétaires et officiers de sécurité. Entendre : rien à voir avec la soirée de Nicolas Sarkozy au Fouquet’s, qui avait tant marqué les esprits et la ligne gouvernementale.
Montparnasse contre les Champs-Elysées
Sans vouloir défendre l’inconscient, force est de reconnaître que Montparnasse n’est pas les Champs- Elysées et que La Rotonde n’est pas le Fouquet’s. A l’un, les artistes torturés quémandant un bol de soupe contre un dessin griffonné sur une table ; à l’autre les héros de l’aviation (Alberto Santos Dumont se pose en 1903 sur les Champs Elysées et fête son succès au Fouquet’s) , le Paris sportif et mondain et les casinotiers Barrière.
En revanche, s’il faut à tout prix chercher un symbole derrière le choix des agapes parnassiennes d’Emmanuel Macron, c’est dans l’histoire récente de la gauche qu’il faut plutôt creuser. Car c’est à La Rotonde, en octobre 2011, que François Hollande fêta sa victoire à la primaire socialiste aux côtés de sa compagne Valérie Trierweiler. Il fallut même, raconte François Bazin, ancien chef du service politique du « Nouvel Observateur » (devenu « l’Obs » en 2014) rouvrir les cuisines de la brasserie pour assouvir la faim du futur président. Le récit est savoureux. Le voici, paru dans le « Nouvel Obs » (« L’histoire secrète de la campagne », 10 mai 2012).
« Un dîner à La Rotonde »
« Remettez-nous ça, garçon ! Pour fêter la victoire, ce dimanche 16 octobre 2011, sur le coup de minuit, il a fallu faire rouvrir les cuisines de La Rotonde, une brasserie de Montparnasse. François Hollande et sa garde rapprochée, ce soir-là, avaient une faim de loup, et n’avaient surtout pas envie de se quitter, après une aussi belle soirée. 56% au second tour de la primaire ! Les plus optimistes n’en attendaient pas tant. Avec un pareil score, le nouveau candidat du PS peut voir la vie en rose. Une heure plus tôt, devant le siège du PS, il a salué la foule en tenant la main de Martine Aubry, de Ségolène Royal et même de Laurent Fabius. Ce moment-là, le club des « 3% » – c’est le score qu’attribuaient certains sondages à Hollande au début de sa longue marche – n’est pas près de l’oublier. Et de le savourer !
Assis à côté de sa compagne, Valérie Trierweiler, le candidat n’en est pas à refaire le match, ni même à imaginer le suivant. Et pourtant… Ce qu’il dit, ce soir-là, à demi-mots, par petites touches, montre combien il a programmé dans sa tête tout le film de la présidentielle. « Pour gagner la primaire, il fallait rassembler. Pour gagner la présidentielle, il faudra continuer. » (…)
C’est aussi à La Rotonde qu’un brillant inspecteur des Finances du nom de Macron prit l’habitude de réunir une petite équipe d’économistes très « gauche réformiste » pour plancher sur le programme du futur président. Dans ce cénacle surnommé « Les économistes de la Rotonde » : Jean Pisani-Ferry, Philippe Aghion, Elie Cohen, Gilbert Cette… Le début d’une longue histoire. »
Corinne Bouchouchi Journaliste

«Vous n’avez rien compris à la vie»

Le Parisien 24/04/2017
 Devant le restaurant, Emmanuel Macron s’est défendu de toute comparaison avec le passage tapageur de Nicolas Sarkozy au Fouquet’s. «Je crois qu’au Fouquet’s il n’y avait pas beaucoup de secrétaires, d’officiers de sécurité», a-t-il déclaré aux journalistes. Et de s’expliquer : «Si vous n’avez pas compris que c’était mon plaisir ce soir d’inviter mes secrétaires, mes officiers de sécurité, les politiques, les écrivains, les femmes et les hommes qui modestement depuis le premier jour m’accompagnent, c’est que vous n’avez rien compris à la vie, c’est ce que vous voulez, mais c’était mon moment du cœur».
Pour répondre à certains d’entre-vous qui compare avec Sarkozy en 2007, un menu (de base) à la Rotonde = 40 euros, au Fouquet’s = 80 euros. — Geoffrey Bonnefoy (@clarkent2007) 23 avril 2017
«Ce n’était pas une ambiance incroyablement festive. Les plus anciens conseillers répétaient « Emmanuel, il faut rester concentré et sérieux. Il y avait bien Line Renaud et Pierre Arditi mais pas de DSK comme certains l’ont colporté», a témoigné au Parisien un proche du candidat présent lors de la soirée. «C’était juste pour remercier les artisans du succès de ce premier tour. Ce n’était pas du tout le Fouquet’s !» concluait ce proche du premier cercle.
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La Chine construit des immeubles-forêts

L’Obs – 10/02/2017 –
Vertical Forest DR
L’architecte italien Stefano Boeri s’est lancé dans un projet fou : créer à Nanjing en Chine une série d’immeubles capables de d’absorber le co2 ambiant et de produire de l’oxygène. Chaque immeuble de cette forêt verticale porte des centaines d’arbres et d’arbustes.
Il avait commencé par créer à Milan deux immeubles portant des centaines d’arbres et de plantes, puis avait prolongé l’expérience à Lausanne. Cette fois-ci, l’architecte Stefano Boeri et son cabinet ont poussé le bouchon un peu plus loin. Ils utilisent le modèle existant italien, baptisé Vertical Forest, pour le transporter en Chine afin d’y bâtir une forêt d’immeubles-forêts.
Ce projet intitulé cette fois-ci Nanjing Green Towers est destiné à rassembler à Nanjing de nouveaux immeubles aux multiples balcons entièrement couverts d’arbres et d’arbustes afin de créer un microclimat sain et capable d’absorber le dioxyde carbone ambiant. Et même de produire 60 kilos d’oxygène par immeuble et par jour.
 Soit un poumon vert d’une millier d’arbres par immeuble permettant de résister à la pollution ambiante autant qu’un lieu d’habitat rassemblant des centaines de citadins. Les premières tours chinoises seront achevées en 2018 et devraient essaimer dans les villes de Shijiazhuang, Liuzhou, Guizhou, Shanghai et Chongqing.

 

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Élection présidentielle : Quelles priorités législatives en matière d’institutions?

Les cuisines de l’Assemblée – 21/04/2017 – Simon Viguer –
C’est un passage obligé pour tous les candidats à la présidentielle, l’examen des 100 premiers jours au pouvoir est impitoyable. Chacun avance donc ses premières mesures pour « redresser le pays » : abrogations de lois, gouvernance par ordonnances, nouvelle Constitution, réforme constitutionnelle, moralisation de la vie politique, organisation territoriale… Quelles seront les principales réformes législatives à portée institutionnelle du prochain Président de la République ? Analyse.
La priorité du Front national, en ce qui concerne les réformes institutionnelles, réside dans l’organisation d’un référendum afin de réviser la Constitution. Marine Le Pen, la candidate du Front National, prévoit de faire adopter 3 réformes constitutionnelles majeures relatives à l’organisation de référendums en France :
– La première réforme consiste à étendre le champ du référendum à l’ensemble du domaine de la loi (aujourd’hui les questions de société ou de libertés publiques sont exclues du champ d’application du référendum).
– La deuxième réforme porte sur la création d’un véritable référendum d’initiative populaire qui remplacerait le référendum d’initiative partagée entre le Parlement et le corps électoral (1/5 des parlementaires et 1/10ème du corps électoral) jusqu’à présent jamais mis en œuvre. Pour déclencher ce référendum il faudrait réunir 500 000 signatures de citoyens inscrits sur les listes électorales.
– La troisième réforme vise à confier l’exclusivité du pouvoir constituant au peuple. C’est-à-dire que la Constitution ne pourra plus être modifiée par le Congrès réuni à Versailles mais uniquement par le peuple (suppression de l’alinéa 3 de l’article 89 de la Constitution), une proposition qu’elle partage avec Jean-Luc Mélenchon.
En matière d’institutions, l’une des priorités d’Emmanuel Macron consiste à mettre en œuvre le « renouveau démocratique ». Il part du constat qu’il y a un « manque d’efficacité » et une « insuffisante responsabilité » des dirigeants politiques qui menace la démocratie. Raison pour laquelle il veut « moraliser et responsabiliser la vie publique, et renouveler la représentation nationale ». Il est persuadé que « les français n’attendent pas de grand soir constitutionnel ou de VIème République ». A l’inverse, il est convaincu qu’il faut plus d’efficacité, c’est pourquoi il veut un Parlement concentré sur les sujets prioritaires en limitant la bureaucratie et en consacrant le numérique comme outil de la démocratie (vote électronique par exemple).
Emmanuel Macron est certainement le candidat qui fait le moins appel à la procédure de référendum dans son programme, cependant il veut doter les citoyens de nouvelles prérogatives en matière politique. En effet, il veut encourager les communes à développer les budgets participatifs et surtout mettre en place des procédures d’évaluation du travail parlementaire et législatif par les citoyens (jurys-citoyens et compte-rendu de mandat). Le candidat d’En Marche promet également de généraliser le vote électronique d’ici 2022.
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neuf-quinze – Election présidentielle 2017 – lendemain

neuf-quinze@arretsurimages.eu 24/04/2017

La peste et le burn out

09h15Evacuons d’abord l’accessoire, l’amère satisfaction de voir Fillon renvoyé en son manoir. Il faut bien se chercher des consolations. Mais amère, oui, la consolation. Car il s’est tout de même trouvé un électeur sur cinq pour donner sa voix à l’homme des costumes offerts, des attachés parlementaires familiaux, des reliquats recyclés, des honoraires de consultant, du cabinet noir, des violences dans Paris, des Et alors ? Un électeur sur cinq. Comme la vieille droite est désespérante. Presque autant que la gauche, tiens. C’est dire.
Car il faut en arriver directement au coeur du sujet de conversation des jours à venir, ces injonctions de dimanche des présentateurs, les Bouleau, les Coudray, les Salamé, au duo Insoumis, Corbière et Garrido, Cordo et Garribière, parfaits tous deux dans le numéro de permutation d’un plateau l’autre, injonctions exigeant donc d’eux « un choix clair » pour le second tour, entre Macron et Le Pen. Et notre duo, donc, s’y refusant tout aussi obstinément, attendez le douzième coup de minuit camarades, les chiffres peuvent changer, et notre magnifique citrouille inutile devenir un carosse, même tout petit, vers les lendemains Insoumis. Autant le dire : le sketch, repris de chaine en chaine, ne m’a pas fait rire.
Impossible de me ranger du côté de l’injonction médiatique. Je me souviens du 21 avril 2002. De la stupeur et de l’effondrement à 20 Heures, quand apparurent les visages de Chirac et de Le Pen (Jean-Marie). Et de ma rage, aussi, quand la candidate LO Laguiller, à rebours de l’unanimité « républicaine », déclara ne pas choisir entre les deux, entre la peste et le choléra. Tous tant que nous fûmes, nous avons vraiment tremblé de bonne foi d’une victoire de Le Pen. S’il était au second tour, alors tout était possible. Quinze jours durant, la tête nous a tourné. On ne nous refera pas le coup. Sur le papier, même si le tiers des électeurs de Mélenchon s’abstiennent, même s’il s’en trouve quelques-uns pour s’égarer chez Le Pen, même si un bon petit paquet d’électeurs de Fillon prennent la même direction, et malgré Trump et le Brexit, sur le papier, donc, c’est imperdable pour Macron. Sur le papier. Car toute campagne a sa dynamique. Et si ledit Macron s’obstine à tutoyer le vide sidéral comme lors de sa calamiteuse déclaration de dimanche soir, et si tout d’un coup éclate la baudruche au pire moment, on se souviendra que le mot imperdable porte malheur.
Mais franchement, impossible aussi de me ranger du côté du staff de Mélenchon, et du Chef lui-même. Que signifie-t-il, ce refus d’appeler les choses par leur nom, un chat un chat, et un bulletin Macron un bulletin Macron ? Quand le candidat communiste Jacques Duclos, en 1969 (de plus en plus fort, la référence historique !), expliquait que Pompidou-Poher, duo du second tour d’alors, la gauche ayant été comme hier balayée, avec Defferre dans le rôle de Hamon, quand Duclos, donc, expliquait que Pompidou-Poher c’était bonnet blanc, blanc bonnet, il avait raison. Fils parricide de De Gaulle contre notable bonasse, bedaine contre bedaine, c’était en effet bonnet blanc, blanc bonnet, deux candidats de droite, qui feraient l’éternelle politique de la rente et de la bourgeoisie.
Le Pen et Macron, ce n’est pas bonnet blanc blanc bonnet. Personne d’ailleurs ne le soutient, à part quelques graffiteurs nocturnes, avec un slogan qui peut faire mal, et a d’ailleurs déjà fait l’ouverture du journal de France Culture.
Macron contre Le Pen, c’est d’un côté du Hollande sans Hollande, une réincarnation de Giscard avec des cheveux (74, cette fois), la soumission à l’Allemagne, on connait depuis toujours, on a vu, on vit avec depuis qu’on a l’âge de voter, OK. Mais de l’autre côté, camarades, les camps, les bateaux, les charters, les gudards, le On est chez nous scandé dans les meetings, la carte blanche implicite aux matraqueurs de tous les Théo, et en prime l’immunité parlementaire, et les journalistes virés des meetings. Ce n’est pas peste et choléra. C’est peste et, disons, burn out (pas trouvé d’autre image). A tout prendre, vous préférez quoi ?
D’autant que la langue de bois est riche. On peut dire, comme Corbière, « pas une voix pour le Front National ». C’est le service minimum. On peut appeler à lui « faire barrage ». C’est un peu mieux. On peut, comme L’Huma, titrer « jamais ».
On peut parler « d’utiliser le bulletin Macron ». C’est encore un peu mieux. Bref, il y a bien des manières de dire, sans prononcer les mots qui écorchent la bouche (« je voterai Macron »). La langue est pleine de ressources, pour éviter d’avoir à se planquer, comme hélas Mélenchon, derrière les centaines de milliers d’anonymes qui ont liké une page. Quelle triste sortie, après une si belle, si courageuse campagne !
Tiens, à propos de L’Huma, soit dit en passant, sa Une (ci-dessus) a été tronquée par Michel Grossiord, le matinalier de Radio LVMH (1). La vraie Une, la voici, ci-dessous. LOL ! Comme on dit.
Ne me remerciez pas, c’est juste un peu pour faire mon job, aussi. Celui que je sais à peu près faire.
Car pour le reste, je crois que je mourrai sans comprendre grand-chose à la politique française. Les macroniens, s’il en passe par ici, ont de quoi bien s’amuser, à relire tous nos articles depuis un an, et notamment les miens, sur le thème « Macron bidon ? » (2), la bulle Macron, et j’en passe (avec tout de même, notez-le, le point d’interrogation qui sauve la vie des journalistes, quand ils risquent le hors-jeu). Jamais, l’an dernier, je n’aurais misé un centime sur le héros aux yeux bleus des couvertures de Match et de L’Obs. J’ai des excuses. C’était avant que Fillon ne pulvérise Juppé. C’était avant que Valls, Hollande et Hamon ne s’entretuent. C’était avant le Penelopegate. Il a eu bien de la chance, le gamin. Il a comblé un vide, bien aidé par la presse Niel-Bergé-Pigasse et la presse LVMH -pour les autres groupes, c’est plus compliqué- qui l’a intronisé avant l’heure (et encore France 2 hier soir, avec la séquence voiture-motos-feux rouges brûlés, spécialité maison pour vainqueurs de second tour). Mais je ne veux pas me planquer moi-même derière les excuses. Il n’y a pas que ça. Manifestement, il a aussi capté sa part du désir de donner une grande claque à la droite et à la gauche traditionnelles, à leurs hommes, à leurs partis, sinon à leurs idées, qui vont maintenant tourner ensemble dans le tambour Macron, blanc et couleurs mêlées. Ah oui, tiens, ce bouton Bayrou, sur la machine à laver. On avait fini par l’oublier. C’est parti.
(1) http://www.arretsurimages.net/breves/2017-04-12/Radio-Classique-groupe-LVMH-fan-des-medias-du-groupe-LVMH-id20555
(2) http://www.arretsurimages.net/dossier.php?id=387
Daniel Schneidermann

 

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Résultats présidentielle – Fillon : « Fiasco », « suicide collectif », « erreurs de comportement »…

tempête de critiques sur Fillon dans son propre camp
De nombreux ténors de la droite et du centre ont pris la parole dès dimanche soir pour critiquer « l’obstination » de François Fillon. Pour beaucoup, il aurait du se retirer.
« Fiasco », « suicide collectif », « erreurs de comportement »… Après la défaite de François Fillon, les critiques pleuvent. Et pour beaucoup, elles viennent de son propre camp. …
Video

#Présidentielle2017 Sondage : les cathos pratiquants ont mis Fillon en tête, les musulmans Mélenchon, les protestants Macron
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#dessin / Macron en tête du premier tour !

L’Opinion 24/04/2017

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Election présidentielle 2017

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Présidentielle 2017

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La Caisse des Dépôts : l’un des plus douillets placards dorés…

L’immeuble  de la Caisse des Dépôts et Consignations de Paris 7ème
Dans La Caisse – enquête sur le coffre fort des Français, Sophie Coignard et Romain Gubert, tous deux journalistes au Point, dressent un tableau incroyable de la Caisse des Dépôts et Consignations (1) et de ses multiples filiales, dont le fonctionnement est aussi archaïque que coûteux…
Énarques sur étagères ? Quelle drôle d’expression ! Elle désigne, dans le langage codé de la caisse, ces hauts fonctionnaires que l’institution ne sait pas comment employer, et qui sont donc payés à ne rien faire. Ils sont sans affectation, comme certains ambassadeurs ou certains préfets rémunérés pour rester chez eux parce qu’aucun poste correspondant à leur niveau s’est libéré, ou encore parce que leurs inclinations politiques sont incompatibles avec la majorité du moment. A la Caisse, pendant des années, ils ont été jusqu’à plus d’une cinquantaine dans ce cas. Ah, tout de même !
L’un de ces « énarques sur étagère » confie aux auteurs : « Je reçois ma fiche de paye, je profite des avantages du comité d’entreprise (…) Beaucoup de gens restent à la Caisse des dépôts parce que c’est un des territoires de l’Etat où l’on gagne bien sa vie, sans compter les avantages en tout genre« . Difficile en effet de renoncer à une oisiveté qu’on finit toujours par dompter, agrémentée de bien grasses notes de frais, de voitures de fonction, de primes en tous genres qui ne font que gonfler des salaires mirobolants…
Paul Pény, le DRH de cette maison aux innombrables placards, n’aime pas parler de ce sujet. Il assure avoir remis presque tous les énarques sur étagère au travail depuis son arrivée dans le sillage de Pierre-René Lemas fin mai 2014. Presque tous ?   Alexandre Derlukiewicz
Date de parution 01/2017 – Éditeur Seuil / Broché 19,50 €
C’est votre argent. Des dizaines de milliards d’euros qu’ils gèrent avec le souci constant… de leur propre intérêt. Notes de frais, voitures de fonction, salaires ahurissants, primes en tous genres, honoraires mirobolants… Et quand ce n’est pas directement eux, ce sont les amis du régime qui en profitent.
Eux, ce sont les responsables de la Caisse des Dépôts et Consignations, le dernier trésor de la République. Le vôtre, Français, qui lui confiez le fruit de vos économies, l’argent de votre livret A. La Caisse possède des stations de sport d’hiver, le parc Astérix, des milliers d’hectares de forêts et des dizaines de milliards d’actions dans les plus grandes entreprises françaises. Elle construit chaque année plusieurs milliers de logements sociaux et investit dans les grands projets. C’est pour cela qu’elle été créée il y a deux cents ans. Pour protéger votre épargne des appétits du pouvoir. Mais est-ce bien toujours le cas dans un État en faillite et prêt à tout pour le cacher ? La Caisse a-t-elle les moyens et la volonté de se protéger d’elle-même ? Peut-elle tenir en respect tous ceux qui en veulent à son argent ?
Sophie Coignard et Romain Gubert ont enquêté au cœur de cette institution très secrète… et ont décidé de fermer leur livret A.
Journalistes au Point, les auteurs ont publié de nombreux best-sellers, parmi lesquels L’Omerta française, L’Oligarchie des incapables ou encore Ça tiendra bien jusqu’en 2017…
(1) La Caisse des dépôts et consignations et ses filiales constituent un groupe public au service du développement économique du pays. Ce groupe remplit des missions d’intérêt général en appui des politiques publiques conduites par l’État et les collectivités territoriales. Elle est un investisseur de long terme et contribue au développement des entreprises. Elle est placée sous la surveillance et la garantie de l’autorité législative.
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Attentat aux Champs-Elysées : Fillon tord la réalité au service de la peur / Les fillonistes ont dépassé la fachosphère …

L’Obs 21/04/2017
Au lendemain de l’attentat qui a frappé l’avenue des Champs-Elysées, le candidat de la droite a mis en avant son programme de lutte contre le « totalitarisme islamique » lors d’une conférence de presse.
Mettre en suspens la campagne, afficher une stature d’homme d’Etat, souligner son expérience de chef de gouvernement, rappeler son programme en matière de sécurité… En conférence de presse ce vendredi matin, pas de doute, François Fillon a bien géré la séquence attentat qui a surgi dans la campagne à deux jours du premier tour de la présidentielle. Mais c’est sans compter la petite phrase qu’a prononcée le candidat Les Républicains sur le plateau de France 2 jeudi soir. S’est-t-il (une fois encore) arrangé avec la réalité ? Retour sur la polémique.

1 – Fillon s’emballe

L’attaque des policiers sur les Champs-Elysées a eu lieu à 21 heures. Dans la foulée, on assiste sur les réseaux sociaux à un festival de fake news. Ici, on peut lire que la police recherche un fugitif ; là qu’un second policier est décédé ; et encore qu’une opération est en cours rue Vernet, une artère parallèle aux Champs-Elysées… Aux environs de 22h45, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet, prend le micro et fait taire les rumeurs. « Contrairement aux informations qui ont pu circuler, il n’y a pas de second policier décédé », précise-t-il. Il souligne aussi que non, « il n’y a pas d’autres événements en cours. Faisons très attention aux rumeurs qui peuvent circuler ».
Ministère Intérieur
✔ @Place_Beauvau 
.@prefpolice @PHBrandet Des vérifications sont en cours ainsi que des opérations de déminage du véhicule de l’assaillant #ChampsElysees
Ministère Intérieur   @Place_Beauvau
.@prefpolice @PHBrandet Il n’y a pas d’autres interventions de sécurité en cours sur les #ChampsElysees (@PHBrandet)
22:45 – 20 Apr 2017
Vingt minutes plus tard, sur le plateau de France 2, arrive le tour de François Fillon. Il est 23h05 passé, le député de Paris lâche solennellement, en direct : « On nous laisse entendre qu’il y a d’autres violences ailleurs dans Paris.«  Au risque de diffuser, devant des millions de téléspectateurs, une fausse information.

2 – Fillon persiste et signe

Vendredi matin, conférence de presse au QG de François Fillon. L’ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy a décidé de saisir l’occasion de montrer ses muscles en matière de sécurité intérieure. Egrenant, en direct sur les chaînes d’information, ses principales mesures pour lutter contre la menace terroriste : initiative diplomatique pour renforcer la coalition contre l’organisation Etat islamique, réforme de la justice, augmentation du nombre de policiers et du budget de la défense, construction de nouvelles places de prison… Et omettant de dire que sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, entre 2007 et 2012, ont été supprimés 13.000 postes de policiers et gendarmes. Bernard Cazeneuve, lors de son allocution, s’est chargé de le lui rappeler : « François Fillon préconise la création de 10.000 postes de policiers. Comment croire sur ce sujet un candidat qui, lorsqu’il était Premier ministre, en a supprimé 13.000 dans les forces de sécurité intérieure. »
Interpellé par des journalistes à l’issue de la conférence de presse sur l’existence « d’autres attaques », François Fillon persiste :  « Elles ont existé. D’autres attaques ont eu lieu hier soir. Regardez les rapports de police. »
Quotidien
✔ @Qofficiel
Ce matin au micro d’@HugoClement, F. Fillon persiste : selon lui il y a eu d’autres attaques terroristes hier à Paris#attentatchampselysees 12:59 – 21 Apr 2017

3 – Fillon gonfle 

Devant les mines effarées des journalistes, quelques attachés de presse sont immédiatement dépêchés afin de tenter d’éteindre l’incendie médiatique. Selon eux, François Fillon ferait référence à un message reçu dans la soirée de jeudi de la part du Cogic (Centre opérationnel de gestion interministérielle des crises), faisant état d’un militaire de l’opération Sentinelle attaqué par un individu à la station Etienne-Marcel, dans le 1er arrondissement de Paris. Il n’y a pas eu de victime.
Au « Monde », une source policière confirme qu’un individu de 55 ans en état d’ivresse a été interpellé pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique et tentative de vol, vers 20 heures, après avoir tenté de s’emparer de l’arme d’un militaire Sentinelle. Peut-on, en ce cas, parler « d’autres attaques » ? C’est y aller un peu fort, si l’on en croit le porte-parole du gouverneur militaire de Paris, le colonel Benoît Brulon, cité par BFMTV :
« Un SDF en état d’ébriété avancé a voulu s’en prendre physiquement à une patrouille. Il a été maîtrisé rapidement, s’est retrouvé au sol, des menottes dans le dos ». Un « incident mineur », un « non-événement ».
Sans entrer dans le détail, Bernard Cazeneuve s’est contenté de lancer : « J’appelle à respecter à chaque instant une exigence de vérité. »
Morgane Bertrand, avec Théophile Simon

– D’autres « attaques dans Paris » : la lourde erreur de François Fillon

– « Les fillonistes ont dépassé la fachosphère dans la propagation de fake news »

Chercheur à l’Université catholique de Louvain, spécialiste de l’analyse des crises sur les réseaux sociaux, Nicolas Vanderbiest a analysé les principales « fake news » qui ont émaillé la campagne. Ses conclusions sont explosives.

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Présidentielle – Manifeste de Greenpaece et regard décalé Marine Le Pen en écologie

À chaud !
Greenpeace
A deux jours du premier tour, il est l’heure du choix. Greenpeace est une organisation non partisane et n’appellera bien évidemment pas à voter pour l’un ou l’autre des candidats. Nous avons mené un travail de décryptage des volets environnementaux des onze programmes pour toutes celles et tous ceux qui souhaitent prendre en compte ces enjeux dans leur vote.

Manifeste pour un Virage Citoyen

Nous signons un manifeste avec AIDES, La Cimade, la Ligue des droits de l’Homme et La Quadrature du Net parce que nous partageons des valeurs et des propositions positives pour la société qu’ensemble nous voulons voir émerger
Nous souhaitons :
– Garantir l’universalité, l’égalité et l’effectivité des droits fondamentaux.
– Faire prévaloir la dignité des personnes. Il n’y a pas à choisir entre libertés et sécurités
– Promouvoir la solidarité ici et ailleurs, aujourd’hui et demain, avec les générations futures, et favoriser l’hospitalité.
– Retrouvez notre manifeste sur ce lien
Regard décalé
Marine Le Pen parvient à rattacher l’écologie à l’identité nationale, un comble … Nicolas Meyrieux est de retour pour une dernière vidéo, et cette fois il s’attaque au  » programme écologique » de la candidate du Front National !
L’équipe Greenpeace France   
Contact
Greenpeace France
13, rue d’Enghien
75010 Paris

 

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Gare aux produits d’entretien

Le Vif.be – 21/04/2017 – M. C. –
Gare aux produits d'entretien
Les produits de nettoyage liquides sont très concentrés et souvent emballés dans des petites capsules ou sachets colorés. Un enfant qui en prend un pour jouer peut facilement recevoir une projection du produit dans l’œil ou en avaler. Il arrive aussi que nous enlevions une batterie bouton d’un jouet, mais en oubliant qu’un petit enfant sera vite tenté de la mettre en bouche. De même au jardin, où votre enfant se croit dans une forêt vierge : les jolies plantes ne manquent pas, mais savez-vous si elles sont toxiques ? Et puis, une plaquette de médicaments posée négligemment sur la table de nuit fera office d’accessoire rêvé pour un mouflet qui veut jouer au docteur. Quant à Papy, qui trouve que le flacon d’eau de javel est bien lourd, il en verse une partie dans une bouteille de limonade vide, en prenant soin de la marquer d’une étiquette. Mais a-t-il pensé au fait que sa petite-fille de 4 ans, qui a soif, ne sait pas encore lire ?
EN CAS D’EMPOISONNEMENT
Un produit toxique peut nous faire du tort si on l’avale, on le respire ou s’il entre en contact direct (par la peau, une muqueuse ou les yeux). Tous les produits ne sont pas aussi toxiques les uns que les autres, et les symptômes d’empoisonnement peuvent varier fortement.
Si vous suspectez un empoisonnement, faites en sorte de ne pas entrer vous-même en contact avec le produit toxique. Évaluez la situation et l’état de la victime. Alarmez les services de secours en présence de symptômes sévères (par exemple perte de conscience ou difficultés de respiration) ou lorsque l’état de la victime se dégrade. N’hésitez pas à demander conseil au Centre Antipoison.
De nombreux conseils existent sur les empoisonnements, comme faire vomir la victime, lui faire boire du lait ou avaler du charbon de bois médicinal ( » charbon actif « ). S’ils peuvent être utiles dans certains cas, ces traitements peuvent aussi être dangereux dans d’autres. Ne les appliquez donc qu’après avoir pris l’avis du Centre Antipoison ou d’un médecin.
En tout cas, lorsqu’un produit chimique entre en contact avec la peau ou l’œil, il faut toujours rincer abondamment avec de l’eau.
Les numéros pour les urgences en France

Pompiers – Incendies, fuite de gaz, accidents et urgences médicales. Signaler une situation dangereuse.  ……………………………………… 18
SAMU – Urgences médicales, détresse vitale. Le Samu traite aussi les demandes de transport ambulancier et de soins vers les permanences. ……………………………………… 15
Police secours ou gendarmerie ……………………………………… 17
Allo enfance maltraitée : 119
Enfants Disparus : 116
Samu Social – Secours aux sans abris : Numéro national départementalisé 115
Numéro d’appel d’urgence SMS Fax pour les personnes muettes, malentendantes : 114
Centre anti-poison  : Pour Paris : 01.40.05.48.48
SOS Médecin 24H/24 : En 2008, le 3624 remplace le 0820.33.24.24 – Paris/ RP 01.47.07.77.77
Violence conjugale : Numéro de téléphone pour les victimes et les témoins de violences conjugales. Femmes battues. 3919 du lundi au samedi de 8h à 22h, de 10h à 20h les dimanche et jours fériés.
Stop Djihadisme : Prévenir la radicalisation. signaler, Alerter, Protéger les jeunes et leur famille. 0800 00 56 96 du lundi au vendredi de 9h à 18.
Allô Escroquerie : 0.811.02.02.17
Allô Écoute Internet
Numéro vert national pour parler de situations de harcèlement scolaire et tous problèmes d’insultes, vols de pseudo et harcèlements sur Internet. Parents, élèves et professionnels peuvent appeler Net Ecoute de 9H à 18H du lundi au vendredi. 0.800.200.000 et 3020
Agri Écoute – Ligne d’écoute et de dialogue pour les cas de détresse dans la profession d’agriculteur – 7j/7 et 24h/24 (prix d’un appel local) 09 69 39 29 19
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Présidentielle – Je vote utile, tu votes futile, il vote subtil … L’humeur de Kak

L’opinion 21/04/2017

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