Lettres aux Français qui croient que cinq ans d’extrême droite remettraient la France debout

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Editions Les Echappés – Paru le : 25/08/2016- Broché – 136 p. – 13,90 €
« Pour la première fois, mesdames, messieurs, vous allez voter Front national. C’est un bond pour vous, un petit pas dans notre vie démocratique, et vice versa. Vous préférez peut-être dire « Je vais voter pour Marine », tant le storytelling autour de cette dernière a été frénétique ces dernières années. […] Vous voilà centre du monde, c’est-à-dire infantilisés, décomplexés, mythifiés. »
Alors que l’extrême droite gagne du terrain en France, Nicolas Lebourg s’adresse à une dizaine de personnages fictifs dont le parcours et les idées les amènent à se tourner vers le vote FN. Du professeur d’histoire-géographie d’Albi à l’étudiant gay nouvellement arrivé à Paris, en passant par l’ouvrier agricole de Senlis, tous sont confrontés à la globalisation, économique et culturelle, à la perte de légitimité des grands partis de droite et de gauche.
Écouter ces voix-là, entendre les déceptions politiques, le sentiment de déclin et de déclassement social, et comprendre comment le FN a su s’adresser à eux, ouvre l’espace de dialogue indispensable à la vie démocratique.
En adressant à chacun de ces électeurs une lettre dédiée, Nicolas Lebourg nous éclaire sur la stratégie de communication sophistiquée dont use le FN pour gagner une grande part de l’électorat.
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Adresses aux nouveaux électeurs du FN –Dominique Albertini 24 août 2016 –
Plus le Front national progresse dans les urnes, plus il est délicat de s’en tenir aux vieilles certitudes sur le profil de ses électeurs. Pas plus réductible à la bourgeoisie réactionnaire (son premier public) qu’à sa base ouvrière, le parti d’extrême droite progresse désormais dans toutes les catégories. C’est cette diversité que reflète le dernier livre de l’historien Nicolas Lebourg : Lettres aux Français qui croient que cinq ans d’extrême droite remettraient la France debout. Auteurs de plusieurs ouvrages universitaires, ce spécialiste des droites radicales se place ici à la portée du grand public, avec cette compilation de (fausses) missives adressées à dix électeurs, tous décidés à voter FN pour la première fois de leur vie.
130709-plage-front-national-lasserpeLe premier mérite de l’ouvrage est d’écarter d’emblée toute posture moralisante. Ces lettres n’ont rien d’une série de prêches, où l’auteur critiquerait le choix de ses personnages. Chacune se présente en fait comme un miroir tendu à son destinataire, un aperçu des raisons qui l’ont détaché de son ancienne famille politique pour le mener au bulletin «Bleu Marine». Ce bulletin qui peut, à première vue, sembler le seul point commun entre la caissière de Perpignan, le gendarme de Nantes, le médecin d’Aix-en-Provence ou encore l’étudiant gay monté à Paris. Ces personnages, l’auteur les dépeint avec empathie, mais sans se priver de les confronter à leurs éventuelles contradictions ni de pointer certaines impasses du discours frontiste. Et notamment la prétention de rassembler le peuple tout entier sur un créneau «ni de droite, ni de gauche». Illusion, tranche l’auteur, soulignant que sur un axe droite-gauche à dix crans, 43% des électeurs frontistes se placent spontanément sur les deux cases les plus à droite.
Plus que le parti lepéniste et ses électeurs, ce sont les grands partis de droite et de gauche qui se voient franchement mis en cause. Leur faute, selon Lebourg : avoir renoncé à penser la société au travers des questions sociales. Pour la droite, ce recul est passé par l’abandon de la «valeur travail» au profit de l’obsession identitaire, un choix dont l’auteur juge qu’il prépare de futurs progrès frontistes. Quant à la gauche, elle aurait «oublié à quel point les formes de production conditionnent la façon de penser le monde», pour se replier sur le terrain sociétal. 
A ces renoncements répond une angoisse, celle de ces néo-électeurs FN. Au-delà des parcours personnels, l’ouvrage suggère une sorte d’expérience commune à ces dix profils : le sentiment douloureux d’un monde qui se défait, de repères familiers qui s’effacent, laissant la place à une société fluide et horizontale, atomisée et sans mémoire. Dans ces conditions, le vote FN est revendication d’un retour à l’ordre, volonté de remettre la société d’aplomb, demande de hiérarchie. La fermeture comme moyen de l’unité : au-delà des fluctuations du programme frontiste, telle est bien sa proposition fondamentale – une offre dont Nicolas Lebourg nous invite à ne pas sous-estimer l’attractivité.
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Des ruches dans mon jardin

Prêter son jardin
Chantal a invité les abeilles dans son jardin de Seine-et-Marne
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Chantal possède un petit coin de verdure au bord de la Marne, un potager qu’elle cultive depuis près de vingt ans et une conscience écologique bien éveillée. C’est après avoir acquis un terrain attenant à sa maison que lui est venue l’idée d’y installer des ruches. 
 » Ça me trottait dans la tête depuis quelques années, mais je ne savais pas trop vers qui me tourner. J’ai d’abord contacté des associations d’apiculteurs professionnels, mais leurs exigences pour la mise en place de ruches labellisées bio étaient tellement contraignantes que j’ai failli renoncer « .
Chantal dépose une annonce sur pretersonjardin.com et prend son temps pour choisir l’apiculteur qui semble être le plus adapté à sa situation  » je ne voulais pas avoir affaire à un débutant ! « . Elle finit par rencontrer Pierre, un jardinier professionnel à la retraite qui n’avait plus touché à une ruche depuis près de dix ans. 
 » Nous avons démarré cette aventure ensemble, lui renouant en douceur avec les gestes de l’apiculture, et moi faisant connaissance avec mes nouvelles voisines !“.
Même pas peur !
vol-de-sourire-d-abeille-avec-un-seau-de-miel-et-ondulation-pour-saluer-au-dessus-des-fleurs-30282443Les belles abeilles noires anglaises ont eu besoin d’un peu de temps pour se familiariser avec leur nouvel environnement.  » J’étais un peu affolée au départ, parce qu’elles tournaient dans les tous les sens, mais au bout de deux ou trois jours elles se sont calmées et ont pris pacifiquement possession de leur nouveau domaine « . Pierre a rassuré Chantal. Il lui a expliqué les précautions à prendre, par exemple d’éviter de se tenir devant l’entrée d’une ruche ou d’attendre la fin de journée pour pouvoir s’approcher. Depuis, il passe rendre visite à ses butineuses une à deux fois par mois, en prodiguant au passage quelques conseils avisés autant sur l’art du rucher que sur celui du potager. 
Une expérience convaincante
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 L’expérience a si bien réussi qu’un an après avoir fait rentrer deux ruches dans son jardin, Chantal a décidé non seulement d’en accueillir trois supplémen- taires, mais aussi d’en posséder une à elle !
« Moi qui n’y connaissais rien, je n’aurais jamais pris l’initiative d’acheter une ruche et son essaim si Pierre ne s’était pas proposé de s’en occuper. J’apprends tous les jours au contact des abeilles. Les enfants sont fascinés par le fonctionnement de ces usines à miel, et mon jardin ne s’en porte que mieux « .
Un acte militant
Au-delà du travail de pollinisateurs qu’effectuent ces insectes, pour Chantal avoir des ruches est un acte militant :  » Tout le monde sait que les abeilles sont en danger alors qu’elles jouent un rôle essentiel à notre survie. Malgré cela, certains agriculteurs continuent d’utiliser des produits phytosanitaires agressifs qui les mettent en péril, y compris le personnel municipal qui désherbe à tout va sans se soucier de l’avenir des abeilles ni de la pollution qui se déverse allègrement dans les fleuves « .
 Dans cette commune de Seine-et-Marne de 700 habitants, pas moins de quatre propriétaires de jardins voisins ont accueilli des ruches ces derniers temps. Le concept séduit chaque jour davantage. Qui sait, l’abeille trouvera peut-être son salut sur les toits des immeubles et dans les potagers des villes, auprès des jardiniers amateurs qui savent reconnaître l’inestimable valeur de ces infatigables travailleuses …
Nos conseils si vous souhaitez accueillir des ruches dans votre jardin :
– Faîtes appel à un apiculteur expérimenté. Il doit enregistrer ses ruches auprès de la Direction des services vétérinaires de votre département et obtenir un numéro spécifique à son statut.
– Respectez la législation en vigueur (distance à maintenir, nombre de ruches autorisé…) régi selon le Code rural et disponible auprès de votre préfecture. Certaines communes ont fixé des règles propres par arrêté municipal. Renseignez-vous auprès de votre mairie.
– Sachez qu’il est tout à fait possible d’installer une ruche dans un petit jardin, à partir du moment où les règles de sécurité sont respectées.
– Pensez à souscrire à une assurance responsabilité civique et assistance juridique
– Même si les abeilles ne sont pas des insectes agressifs (n’oubliez pas qu’elles meurent après avoir piqué), vérifiez tout de même avant de vous lancer que ni vous ni aucun membre de votre famille ne soient allergiques à leur piqûre !
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Education – L’école à la maison, « un cadeau pour nos enfants »

Actualité MaVille 30/08/2016 Ancenis
A Loireauxence, Frédéric et Stéphanie Réglain ont fait le choix de ne pas scolariser leurs enfants, Lou, Romane et Loreleï, mais de les instruire chez eux, dans leur maison de La Chapelle-Saint-Sauveur. Une option conforme avec leur mode de vie.

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Frédéric et Stéphanie Réglain font l’école à Lou, Romane et Loreleï, dans leur maison de La Chapelle-Saint-Sauveur.© Ouest-France
Jeudi 1er septembre 2016, jour de rentrée, Lou, 10 ans, Romane, 8 ans, et Loreleï, 5 ans, les trois enfants de la famille Réglain, feront leur rentrée à la maison.
En choisissant l’instruction à domicile, la famille de Loireauxence, La Chapelle-Saint-Sauveur, vit à son « rythme », souvent en décalage avec les autres. Les enfants Réglain n’ont jamais pris le chemin de l’école traditionnelle.
Leurs parents ont adapté leur vie afin de répondre à leur envie de vivre ensemble au quotidien. Stéphanie Réglain travaille dans une unité de stérilisation à l’hôpital d’Angers, à temps partiel (80 %). « Uniquement le matin, pour prendre la relève l’après-midi auprès des enfants. »
Frédéric, photographe et maraîcher, a renoncé aux déplacements à l’étranger. « C’est une philosophie de vie. C’est un cadeau qu’on leur fait. »
La belle aventure de la famille Réglain dans Ouest-France, version numérique, ce mercredi 31 août 2016.
Ouest-France
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Tout est bon dans le troufion

Charlie Hebdo – 31/08/2016 – Gérard Biard –
C’était le bon temps des quéquettes au cirage, des chambrées décorées à la mycose plantaire, des lits en portefeuille, des concours de pets enflammés, des virées collectives « aux putes », des trains de nuit repeints à la bière, des sculptures de quilles en bois et des provisions de futurs souvenirs affligeants… C’était le bon temps de la France d’avant, fière de ses pioupious à l’uniforme pas toujours à leur taille. Le bon temps du service militaire obligatoire, qui semble tant manquer à nombre ds responsables politiques, au point que son rétablissement est encore une fois vanté comme la solution à tous nos problèmes. Qu’il s’agisse d’occuper de jeunes désœuvrés, de leur inculquer des « valeurs » ou de les empêcher de devenir djihadistes, qu’il s’agisse de lutter contre le chômage, les incivilités, la délinquance ou le terrorisme, le serpent de mer de la conscription refait régulièrement surface dans le discours politico-médiatique, sous le regard éteint d’un Jacques Chirac qui avait cru bon de la supprimer il y a vingt ans. 
Il faut reconnaître que le contexte est favorable. Dans une France en état d’urgence et sous pression sécuritaire, le fantasme du citoyen-soldat est porteur. D’ailleurs, un sondage Ifop de janvier 2016 révélait que 70,5 % des Français voyaient d’un bon œil le retour éventuel du service militaire obligatoire. Quitte à partir en Syrie, autant le faire sous le drapeau républicain, se dit la sagesse populaire…

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La caserne citoyenne
imagesRien d’étonnant donc, à ce que, après tant d’autres avant lui – dont Nicolas Sarkozy en avril dernier et François Bayrou début août -, Arnaud Montebourg sonne à son tour le clairon pour appeler au rétablissement d’un service national destiné à « soulager nos forces armées« , mais aussi à « réapprendre la camaraderie« . Sur ce dernier point, les rires préenregistrés ne sont pas fournis.
Lorsqu’il existait, on disait du service militaire qu’il apprenait surtout à s’ennuyer et à perdre son temps -comme apprendre à fumer (ration de gauloises fournies) et boire des caisses de bibine. Aujourd’hui disparu, on lui prête toutes les vertus sociales : il permettrait d’inculquer à une jeunesse en perte de repères le respect de l’autorité, le sens de la discipline, l’amour de la nation, l’importance de la cohésion autour de valeur communes, la vie en société. Vecteur de brassage social, il serait le plus performant des moteurs d’intégration. C’est tout juste s’il ne permet pas de marcher sur l’eau. En fait, il est surtout un excellent moyen pour les responsables politiques de s’en remettre à une institution unique, l’armée, pour réparer leurs erreurs, leurs démissions, leurs lâchetés, leurs ratages leurs promesses non tenues. En résumé, pour faire le boulot qu’il n’ont pas su ou voulu faire en tant qu’élus ou ministres.
Charlie007La France est une démocratie laïque, pas un État militaire. Même le Général de Gaulle était un président en civil. Le rôle de l’armée n’est pas de fabriquer des citoyens ni de les éduquer, et encore moins de les rééduquer. Il est pour le moins inquiétant que de plus en plus d’hommes politiques pensent le contraire. Quelles que soient les vertus réelles ou supposées d’un service national sous les drapeaux, il ne peut constituer au mieux qu’un « complément » éventuel, mais en aucun cas se substituer à toutes les autres expressions de la puissance publique. L’armée ne peut – et ne doit – pas faire le travail de toutes les institutions, et surtout pas de celles qui ont justement pour mission de former à la citoyenneté et à la conscience collective. Lesquelles dépendent exclusivement de l’action politique, aussi bien pour la nature de ce qu’elles « transmettent » que des moyens qui leurs sont attribués pour le faire.
On peut demander à l’armée de protéger une école, une université, un centre culturel, un lieu de débat public. Pas de remplacer ce qu’il s’y dit ou devrait s’y dire. Il ne faut pas confondre « Tiens, voilà du boudin » avec « Tiens voilà du citoyen ».
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neuf-quinze – Macron, Messie des journalistes

 Enfin le « messie »
 neuf-quinze@arretsurimages.eu 31/08/2016
09h15 – « Il est 18 heures 16 quand Emmanuel Macron s’avance pour la dernière fois vers le pupitre de Bercy » raconte le journaliste du 20 Heures de France 2.
On note la précision minutée, comme s’il rendait compte de l’heure exacte du dernier soupir de Napoléon, ou de l’assassinat de l’archiduc à Sarajevo. Si France 2 tartine du Macron pendant la plus grande partie de son journal, c’est évidemment pour des raisons bassement profanes : parce que le Démissionnaire en personne est au même instant en train de non-répondre aux questions de Gilles Bouleau, sur TF1, et qu’il faut donc retenir le spectateur. Mais pas seulement.
Au-delà de toutes les raisons politiques et commerciales, il y a manifestement chez les journalistes la conviction profonde, sincère, qu’ils assistent à un moment historique. Et davantage encore. A ce niveau d’exaltation, Macron n’est plus seulement le candidat des medias. C’est leur Messie. Il est Celui qu’ils attendaient, et dont La Démission est la Bonne Nouvelle. S’ils le reconnaissent comme Messie, c’est bien sûr parce qu’il incarne leur idéologie commune (il faut réformer un système bloqué, briser les tabous, s’inscrire dans l’avenir). Mais aussi parce qu’il incarne une autre grâce médiatique : il est nouveau. Enfin un visage jeune dans la gérontocratie française !
Que Macron n’inscrive pas sa Légende dans l’actualité vulgaire, l’interview de Gilles Bouleau en est l’illustration. Bouleau n’interroge Macron que sur lui-même. Ni sur  le coup d’arrêt français aux négociations Tafta, ni sur l’accord enfin trouvé entre Lactalis et les producteurs laitiers, ni sur l’amende colossale infligée par l’UE à Apple pour abus d’optimisation fiscale, dossiers du jour qui pouvaient après tout avoir un vague rapport avec son ex-portefeuille. Le seul objet de la curiosité médiatique sur Macron, c’est son rapport à son reflet quand il se rase le matin. Rien d’autre que Macron lui-même.
Sur France 2, après dix-neuf minutes d’extase (dix-neuf minutes !) Pujadas redescend sur terre, pour se pencher enfin sur le bilan du ministre, car, concède-t-il, « c’est aussi là-dessus bien sûr que les Français peuvent le juger ». Son bilan ? D’abord les bus, bien entendu, les fameux bus Macron. « Trois millions de passagers à bas prix », souligne le commentaire. Pas un mot sur la supercherie, sur ces compagnies de bus qui, après avoir piqué toutes les parts de marché possibles à la SNCF, et s’être entre-rachetées, vont maintenant tranquillement augmenter leurs tarifs (1). Non. Pas de sacrilège en ce jour de grâce.

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(1) http://www.lejdd.fr/Economie/Le-marche-des-bus-Macron-se-structure-les-prix-vont-augmenter-796468
Daniel Schneidermann
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Vienne -Le jack russell Harco a sauvé sa famille et la maison des flammes mais n’a pas survécu à ses blessures.

Harco a donné l’alerte. Le chien de trois ans n’a pas survécu à ses blessures.
Le chien a réveillé ses maîtres vendredi matin à Vouneuil-sur-Vienne alors que la cuisine prenait feu. Le jack russell héroïque n’a pas survécu à ses blessures.

MAISON INCEDIE CHIEN HARCO

La cuisine est ravagée, entièrement recouverte d’une épaisse couche de suie. L’électroménager repose sur la pelouse du jardin. Le bilan aurait pu être bien plus lourd, aurait pu être humain.
Vendredi, vers 8 h du matin à Montgamé à Vouneuil-sur-Vienne dans le châtelleraudais, un couple et leurs jumelles dorment encore profondément à l’étage de l’habitation des grands-parents absents. Originaires de la région angevine, Tony, Cécile, Cléo et Lou sont présents pour une réunion de famille.
«  C’est notre héros  »
Ils sont tirés de leur sommeil par les aboiements du chien Harco dans la cuisine. Habitué aux sursauts de leur jack russell, les parents ne descendent pas tout de suite. Mais les jappements persistent. « On a soudain senti une odeur de plastique brûlé », confie Cécile la maman.
Le père descend quatre à quatre les escaliers. Dans la précipitation, il chute et se brise le métacarpe. Dans la pièce du bas, le réfrigérateur a pris feu. « La fumée venait de la cuisine, une fumée très noire et très épaisse, indique la mère. On ne s’attendait pas du tout à un incendie. » Elle sort du lit ses deux filles de 11 ans avant de se mettre à l’abri à l’extérieur et d’appeler les secours.

HARCO CE HEROS

Le papa prend Harco dans ses mains. « Il ne bougeait plus, je lui ai fait du bouche à bouche et un massage cardiaque. » Le chien respire à nouveau, difficilement. « Il ne tenait pas sur ses pattes et ne réagissait pas trop », indique Tony.
Les pompiers maîtrisent l’incendie. La famille est transportée au centre hospitalier de Poitiers pour examens et analyses. « Mes filles ont été admises au service pédiatrique, elles sont restées sous oxygène jusqu’à la fin de l’après-midi », explique la mère.
La famille relogée
Harco est emmené chez le vétérinaire. « Il y a eu du mieux jusqu’à samedi, mais il a ingéré trop de fumées, il est mort lundi soir chez le vétérinaire », souffle sa maîtresse.
La famille est sous le choc devant la perte de l’animal de compagnie. « Il allait avoir quatre ans, mes filles ont grandi avec lui, rappelle la maman. Elles sont très tristes. Mais on leur a expliqué que sans Harco, nous ne serions plus là. Il nous a tous sauvés, c’est notre héros. » Les grands-parents, très choqués, remercient le sauveur. « Sans Harco, on aurait retrouvé uniquement les cendres de la maison, on devait rentrer le lendemain après-midi, respire Jean-Pierre, le père de Cécile, en essuyant une larme. Ce n’est que matériel, ce n’est pas important, tout le monde s’en est sorti. »
Les grands-parents ont été relogés dans le village vacances de la commune. Avant de regagner leur logement, ils vont devoir patienter plusieurs jours et le passage des experts et d’une société de nettoyage. Sur la pelouse, trône toujours la panière du héros disparu.
Alexandre Salle
La nouvelle République 17/08/2016
Vienne – Châtellerault,
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Nantes 44 – Cercle de silence contre la rétention des migrants

Actualité MaVille Nantes  30/08/2016
Hier, place Royale, plusieurs associations ont manifesté en silence contre la rétention administrative des migrants.

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Les associations humanitaires de Nantes invitent les « personnes de bonne volonté » à les rejoindre dans le silence.© Daniel Morvan
Silence paradoxal que celui-là, qui lance une protestation muette contre les centres de rétention administrative (CRA) où sont jetés les migrants en situation irrégulière. Hier, le « cercle de silence » retrouvait la place Royale à Nantes, comme chaque dernier mardi du mois et comme dans 175 villes françaises.
Plus de 204 000 migrants sont arrivés dans l’Union européenne en 2016 via la Méditerranée, annoncait l’ONU en mai dernier. Le nombre d’arrivées en Italie depuis le début de l’année devrait avoisiner les 112 500, en provenance d’Afrique de l’ouest et de la corne de l’Afrique. Lundi, les sauveteurs battaient un triste record avec 6 500 migrants secourus, et les opérations de sauvetage se sont poursuivies mardi au large de la Libye avec 3 000 personnes sauvées.
« Enfermer ceux qui arrivent dans les CRA, qui sont de véritables prisons, n’est pas acceptable, résume Albert Chauvier, du CCFD. On les bombarde dans leur pays, ils traversent la mer au péril de leur vie et on les enferme ici comme des malfaiteurs. La dureté et l’indifférence occidentale nous indignent. »

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Ce mouvement silencieux a attiré de nombreux passants,curieux de connaître les différentes associations accompagnant les migrants: CCFD, Cimade, Gasprom, LDH, Mrap, pastorale des migrants, Service social des migrants du Secours catholique et le tout récent Welcome.
Pour en savoir plus: http://cercledesilencenantes.unblog.fr
Ouest-France  
Ici à Rennes Ille et Vilaine
Depuis huit ans, un collectif organise chaque mois à Rennes et Saint-Malo des cercles de silence pour protester contre les Centres de rétention administrative (Cra).

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Immigration – Record de migrants secourus au large de la Libye.

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Les garde-côtes italiens ont annoncé lundi soir avoir coordonné les opérations de secours d’environ 6 500 migrants au large de la Libye, l’une des journées les plus chargées de ces dernières années en Méditerranée.

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Dimanche, plus de 1 100 migrants avaient déjà été secourus dans la même zone.

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Le Monde 30/08/2016
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Réchauffement climatique et croissance de la mortalité

Sera.fr – 28/08/2016 –  Association Santé-Environnement en Rhône-Alpes
Une nouvelle étude du Lancet rapporte les effets conjugués de toutes les conséquences du réchauffement climatique.
Durant l’été 2003, la canicule européenne a fait environ 70.000 morts, dont 15.000 rien qu’en France. Un bel aperçu de ce qui pourrait nous attendre au cours du XXIe siècle, du fait du réchauffement climatique.
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Pourtant, difficile de dire quel sera l’effet global de la température sur la mortalité: dans son 5e rapport, publié en 2014, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (Giec) prévoit que les décès liés à la chaleur pourraient certes augmenter au cours du XXIe siècle, mais que ceux dus au froid devraient diminuer dans certaines régions du monde.Or le réchauffement climatique se traduit notamment par des phénomènes météorologiques extrêmes comme des pluies torrentielles ou des sécheresses, aux impacts dévastateurs sur les productions agricoles.
«La chaleur est un risque sanitaire immédiat à envisager », écrit l’Institut national de veille sanitaire la semaine dernière, rappelant que «les canicules de 2003 puis de 2006 et  2015 ont causé respectivement 15.000, 2000 et 3300 décès en excès en quelques jours en France ». Il va donc falloir s’adapter: revoir les seuils d’alerte à la lumière des nouvelles moyennes de température, repenser l’habitat et la ville pour limiter le phénomène d’îlot de chaleur urbain «qui contribue fortement à la mortalité lors des épisodes extrêmes ».
Des catastrophes naturelles plus fréquentes
La fréquence et surtout la puissance des ouragans , des inondations, des sécheresses devraient aller croissante. Les populations touchées, souvent les plus vulnérables de la planète, compteront des blessés, verront leurs logements détruits, manqueront de nourriture et d’eau potable avec un risque accru de maladies diarrhéiques, qui tuent déjà 600.000 enfants de moins de 5 ans par an, selon l’OMS. Les structures médicales chargées de les soigner ne seront pas épargnées, réduisant l’accès aux soins du public, et pas seulement pour les blessures urgentes liées aux circonstances: la prise en charge des maladies chroniques, la vaccination, les accouchements seront impactés.
La pollution atmosphérique
La pollution atmosphérique est le 5e  facteur de risque de maladie ou de décès dans le monde – derrière le tabagisme, mais devant le surpoids. Elle tue, par maladie respiratoire, cardiovasculaire ou cancer, 7 millions de personnes chaque année, dont 42.000 en France. Or la teneur de l’air en ozone et particules fines, qui exacerbent  les maladies cardiovasculaires  et respiratoires, augmente avec la température, rappellent dans un rapport commun les organisations professionnelles de pneumologues (SPLF, FFP).
Plus de pollens, plus d’allergies
La combinaison est sans pitié pour les allergiques, de plus en plus nombreux: la hausse des températures augmente la pollinisation des plantes, tandis que les polluants atmosphériques intensifient les symptômes
La-rhinite-allergique-un-mal-des-beaux-jours_referenceUne étude conduite dans 9 grandes villes de l’Hexagone a évalué que la mortalité augmentait de 1 à 3 % dans les deux jours suivant un pic de pollution atmosphérique. Mais c’est encore la pollution «de fond»(habituelle) qui fait les pires dommages: on estime que 7 % des décès et hospitalisations pour des symptômes cardio-respiratoires sont attribuables aux pics, contre 93 % à la pollution de fond (pour les particules fines PM10). Si les malades chroniques – asthmatiques, insuffisants respiratoires, BPCO – voient leur état s’aggraver par la pollution de l’air, une exposition régulière tôt dans l’enfance augmente tout simplement le risque d’entrer dans la maladie, principalement l’asthme, conclut une étude néerlandaise publiée récemment dans The Lancet.
http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736%2814%2962114-0/abstract
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Illetrisme : oser en parler pour en sortir

Essentiel Santé Magazine – Union Harmonie Mutuelles – Août 2016 – Angélique Pineau –
Pour le 2,5 millions de français concernés, c’est un véritable handicap au quotidien. Un mal invisible dont ils espèrent qu’il restera secret. Pourtant, l’illettrisme n’est pas irrémédiable. Car il est possible d’appendre à lire et à écrire à tout âge. Sans titreSans titre3Sans titre4Sans titre1Sans titre2
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Une ville en démocratie directe éradique chômage, violence et misère

Mieux vivre autrement – 12/07/2016 – Fabrice Renault –
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La démocratie directe n’est-elle qu’une utopie, comme on tente de nous le faire croire? Si on s’en tient au fonctionnement de notre société, alors oui, on peut probablement dire que la démocratie réelle en est absente. Il existe cependant des tentatives contemporaines qui présentent toutes les caractéristiques du succès ! La preuve avec Marinadela, en Espagne.
sans-titreA Marinaleda, ville d’Espagne située entre Malaga et Séville, les jeunes qui veulent construire une maison peuvent bénéficier gratuitement des matériaux, d’un architecte et des maçons qui vont avec. Le tout pour pas un rond, ou presque car ensuite le loyer est de 15€ par mois ! C’est grâce à une approche nouvelle de l’économie et à un retour aux fondamentaux de la démocratie, que cette ville andalouse de près de 3000 habitants ne connaît ni chômage, ni police, ni délinquance… et des salaires bien plus élevés qu’ailleurs !
Pour comprendre le succès de cette commune à part, il faut remonter quelques années en arrière. Marinaleda doit en grande partie son destin à un homme : Juan Manuel Sánchez Gordillo, élu maire en 1979 et régulièrement réélu depuis maintenant plus de 37 ans. Et pour cause, qui serait assez fou pour souhaiter changer une politique entièrement soumise à l’approbation de ses concitoyens ?
Son maire est convaincu depuis toujours que le capitalisme n’est pas une fatalité. Il a tout d’abord mené le combat contre le plus grand propriétaire terrien de la région : le duc de l’infantado. Cette lutte, marquée par des années de grèves et d’occupations de fermes, a fini par porter ses fruits : le village a pu récupérer des terres, améliorer leur irrigation et créer une grande coopérative impliquant tous les travailleurs de Marinaleda. Son activité est la production et le conditionnement des olives et du blé.
La démocratie directe telle qu’on ne la pratique nulle part ailleurs
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A Marinaleda, toutes les décisions du village sont soumises à la démocratie directe, qui est la seule véritable démocratie. Autrement dit, pour être adoptées, chacune d’entre elles doit faire l’unanimité au sein de la population, qu’il s’agisse d’impôts, d’équipements, d’emploi… du coup, des centaines d’assemblées sont organisées chaque année.
Même les salaires ont été approuvés par les citoyens : 47 euros pour une journée de six heures au champ (et pour une journée de huit heures à la conserverie). Ce qui fait que les habitants sont plutôt mieux payés qu’ailleurs : en Andalousie, le salaire journalier se situe entre 30 et 35 euros seulement.
La location d’une maison ne coûte que 15 euros par mois, la garderie, 12 euros/mois/enfant (cantine comprise) et l’accès aux équipements publics est gratuit (sauf la piscine). Bref, à Marinaleda, si personne ne roule sur l’or, personne n’est dans le besoin. Quant à monsieur le maire, il refuse d’être payé pour remplir ses fonctions.
Le chômage est quasi-inexistant, la plupart des habitants travaillant pour la coopérative. Si l’on ajoute à cela le temps que chacun investir dans la vie de la cité, il ne reste plus guère de créneaux horaires à consacrer aux incivilités… résultat : Marinaleda est l’une des villes les plus sûres du pays. Elle peut même se passer de police municipale.
L’expérience démocratique qui ne demande qu’à s’exporter
Des terres, du travail, du logement, de la sécurité, une démocratie vivante : Marinaleda a tout pour endosser un rôle de modèle. Son maire, Juan Manuel Sánchez Gordillo l’assure : « Qu’on ne vienne pas me dire que notre expérience n’est pas transposable : n’importe quelle ville peut faire la même chose si elle le souhaite.« 
Pour lui, pas de doute, ce qui est normal, c’est ce qui se passe chez lui. Ce n’est pas la situation de misère des autres : « Les gens sont surpris lorsqu’ils voient que, ici, il n’y a presque pas de chômeurs et que tout le monde a sa propre maison. Mais c’est pourtant ça qui est normal. Ce qui n’a pas de sens, c’est ce qui se fait ailleurs.« 
Les mauvaises langues diront que Marinaleda ne pourrait pas s’en sortir sans les aides de l’État et de la région. C’est peut-être vrai. Mais le fait qu’elle semble s’en sortir beaucoup mieux que les autres (avec légèrement moins d’aides) mérite que l’on s’intéresse de près à ce modèle de fonctionnement.
copérative-fermièreUne journée de travail au champs, c’est 47€ de salaire… décision votée et approuvée par les habitants
Quoi qu’il en soit, l’expérience de Marinaleda semble bien parti pour durer encore longtemps. Les enfants des habitants qui veulent rester au village et y construire leur maison peuvent même bénéficier gratuitement d’un architecte, de l’accompagnement de maçons et des matériaux nécessaires. Seules conditions : mettre la main à la pâte avec l’aide des voisins (qui ne se font pas prier) et s’acquitter ensuite des quinze euros par mois !
Une expérience rare qui n’est cependant pas si méconnue que cela, pour preuve, ce reportage diffusé sur France 2 en 2013 :

 Vous pouvez constater que Marinaleda baigne dans un très bon esprit. Normal : son destin est entre les mains de chacun de ses habitants ! Dès lors on se demande bêtement : « mais pourquoi c’est pas pareil chez nous? » M’enfin, vous le savez bien… le seul et unique modèle de société qui ait de l’avenir est le capitalisme. Toute alternative qui met en pratique la mise en commun des biens, des décisions, et autres… n’est qu’une machiavélique et sournoise tentative de réapparition du communisme, proclamé en son temps « ennemi n°1 » de la planète par nos amis américains.
Marinaleda a éradiqué le chômage, la violence et la misère. Les USA ont éradiqué le communisme… puis ils ont créé le terrorisme à grande échelle, histoire de se trouver un ennemi à combattre. Bref, l’ami, « camarade » si j’osais… choisis ton camp!
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Des innovations pour protéger la faune des impacts des autoroutes

Publié le 31 août 2016 par Léa Dang – (Reporterre.net)// /js/mes_outils.js
Eco-pont de Brignoles (Autoroute A8) du concessionnaire Escota (lemoniteur.fr) – . © Sylvie Vanpeene/Irstea d’Aix-en-Provence
Le développement des infrastructures de transport a un coût écologique de plus en plus inacceptable. Pour réduire les impacts sur la biodiversité de ces ouvrages, les experts se retrouvent à la conférence internationale sur l’écologie et les transports, qui commence à Lyon ce 30 août. Petite revue des techniques pour moins attaquer la biodiversité.
Ce n’est pas nouveau : les infrastructures humaines ont un coût environnemental, affectant à des degrés divers les écosystèmes dans lesquels elles sont déployées. Ce qui est plus nouveau, c’est l’intérêt porté par les aménageurs à la préservation de la biodiversité, objet de la 5e conférence internationale sur l’écologie et les transports, organisée à Lyon et qui débute ce mardi 30 août.La biodiversité, c’est-à-dire la diversité de l’ensemble des espèces animales et végétales, est souvent dégradée par la création d’infrastructures de transport, comme les autoroutes ou les lignes de chemin de fer.Toutes les infrastructures entamant la couverture végétale et produisant une pollution sonore, visuelle, ou chimique sont concernées. Par exemple, les axes routiers créent des discontinuités au sein des espaces naturels et il est difficile de prévoir les conséquences de ces changements pour les petits et les grands habitants du lieu, qui ne se manifestent pas au moment de la déclaration d’utilité publique… Sylvie Vanpeene, chercheuse à l’Irstea d’Aix-en-Provence, distingue cinq impacts sur l’environnement :- la consommation d’espace qui transforme le milieu ;- la perturbation (visuelle, sonore, chimique) ;- la fragmentation des espaces ;- la mortalité ;- la dépendance verte [1].
S’adapter aux comportements des animaux
Bien des scientifiques se posent des questions pour réduire au maximum l’impact des axes routiers sur les populations animales. Des « passages à faune », anciennement nommés « crapauducs », sont installés pour compenser la rupture qu’opèrent ces axes entre les écosystèmes. Les écoponts, comme ceux des autoroutes A57 et A7, comme les passages inférieurs et ceux dits pour la « petite faune » recréent un lien entre les écosystèmes.
Ecopont du col Grand Boeuf (Drôme)
Ces passages sont conçus exclusivement pour la petite et la grande faune ; des caches sont également installées pour les reptiles. Cette video explique un système de tunnel permettant aux animaux de traverser la route sans se faire écraser :

Plus innovant encore, l’installation de détecteurs de faune aux abords des routes dans le département de l’Isère. Ces détecteurs, alimentés le jour par des panneaux solaires, se déclenchent la nuit. Dès que les capteurs de mouvement repèrent une présence à moins de 150 mètres d’un animal de la taille d’un lièvre, un message est envoyé au panneau de signalisation routier pour prévenir les automobilistes. D’après les chiffres du Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO), une trentaine de décès animaliers sont liés à des collisions, les principaux animaux touchés étant les chevreuils et les sangliers.
Les chercheurs essayent de plus en plus de s’adapter aux comportements des animaux. Des milliers de clichés et de vidéos sont enregistrés chaque année par les sociétés autoroutières et mis en libre accès. On sait désormais, grâce à ces documents, que les crapauds se gonflent en présence d’un fort agent lumineux. Prêts à attaquer, ils se dressent sur leurs pattes, en plein sur la trajectoire des voitures. Les élans, eux, restent figés sur les rails lors de l’arrivée des trains et provoquent des accidents considérables. Des collectifs se créent pour prendre des mesures, comme le Groupe d’échanges entre aménageurs et scientifiques autour de la biodiversité et des infrastructures (Gasbi) « Il s’agit d’un groupe informel d’une cinquantaine de personnes, aménageurs et scientifiques, qui réfléchissent ensemble en amont des projets d’infrastructure pour préserver la biodiversité », dit Sylvie Vanpeene.
Une perception variable selon les pays
Les chercheurs, dans leur désir de trouver les solutions optimales à la vie de la faune, se retrouvent parfois face à des constats surprenants. Dans le nord de Québec, sur les conseils des experts, une société autoroutière a creusé un tunnel recouvert de sable et de gravier pour faciliter le trajet de la faune et recréer des conditions naturelles. Seulement, les vidéos de la compagnie autoroutière ont révélé que les familles de ratons laveurs qui empruntaient ce tunnel préféraient le minuscule espace de surface bétonnée. Le lopin de sable et de gravier a finalement été balayé.
Tunnel pour crapauds sous la route
Autre constat inattendu, notre perception des besoins des animaux varie… selon les pays. À Québec toujours, les chercheurs considèrent que les tunnels doivent être éclairés tout au long de leur étendue tandis qu’en France, les chercheurs pensent qu’il suffit aux animaux de percevoir la lumière à l’arrivée du tunnel pour se repérer.
Un constat semble s’imposer après le drame de Sivens : celui d’une meilleure concertation entre l’ensemble des acteurs des nouvelles infrastructures et ceux qui souhaitent préserver la biodiversité. « Nous sommes dans un contexte de tensions entre des préoccupations différentes : il s’agit de concilier l’environnement avec les modernisations des politiques publiques », affirme Cécile Blatrix, professeure de sciences politiques à AgroParisTech.
[1] La dépendance verte regroupe l’ensemble des terrains végétalisés accessoires à la route, tels que les accotements, les fossés, les talus, les terre-pleins, les aires de repos et les points d’arrêt.
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neuf-quinze – d’une Marianne à l’autre

neuf-quinze@arretsurimages.eu 30/08/2016
Valls , d’une Marianne l’autre
09h15La mode est à dire du mal de Twitter, et des trous béants dans sa politique de modération (1).  Mais tout de même, un media qui permet à une simple historienne d’administrer à chaud une leçon d’Histoire au Premier ministre, n’est pas totalement mauvais. Donc hier soir, au cours d’un meeting officiel près de Toulouse, sous haute protection policière, le burkicide Manuel Valls  s’est envolé : « Marianne, le symbole de la République, elle a le sein nu parce qu’elle nourrit le peuple. Elle n’est pas voilée parce qu’elle est libre. C’est ça, la République ! »
Il n’en fallait pas plus pour inspirer à Mathilde Larrère, historienne à Paris-Est, spécialiste des Révolutions, un cours magistral improvisé. Et sur un point particulier : l’histoire du sein de Marianne, couvert, découvert, recouvert, au fil des représentations au XIXe siècle. En 23 tweets imparables (2), voici résumée l’histoire : les Républicains « opportunistes » ( de droite) ont sagement couvert son sein, quand les Républicains « radicaux » (de gauche) le découvraient. Voici pourquoi la statue de la place de la République, à Paris, a les seins couverts, quand celle de la place de la Nation en découvre un sur deux (n’exagérons tout de même pas). Avec cette grille de lecture, Valls serait donc l’héritier des Républicains radicaux, ce qu’on appellerait aujourd’hui la gauche de la gauche. Passons. Accessoirement, notons que toute cette démonstration mammaire n’aurait pu être administrée sur Facebook, qui l’aurait censurée dès l’apparition de la première image.

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Sur un point, je me permettrai de discuter une des remarques de Mathilde Larrère. « Evidemment, conclut-elle (tweet 22), tout ce qui se joue là est l’image qu’on veut donner de la République, et pas du tout ce qu’on veut dire des femmes !!!! » Oui. Certes. Peut-être. Mais au-delà de l’objet symbolisé, toute cette magistrale démonstration illustrée trahit une autre histoire : l’instrumentalisation par des hommes (sculpteurs, peintres, commanditaires politiques, etc) du corps de la femme, à qui par ailleurs, comme le rappelle Larrère, aucun n’envisageait à l’époque de donner une capacité civile, ou le droit de vote. Sois libre et débraille-toi, sois soumise et recouvre-toi : hier comme aujourd’hui, une injonction succède à l’autre. Sur ce plan comme sur bien d’autres, rien n’a changé.

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(1)http://www.arretsurimages.net/articles/2016-08-19/Terrorisme-harcelement-critique-de-toute-part-Twitter-reagit-id9004
(2) https://twitter.com/LarrereMathilde?ref_src=twsrc%5Etfw
Daniel Schneidermann
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Petits potins du mois d’août

« Nicolas Sarkozy laisse entendre que le Puy du Fou ne vaut pas la visite d’un ministre. Effectivement le Puy du Fou n’est pas le Qatar »

Tweet de Philippe de Villiers, qui a reçu récemment au parc vendéen Emmanuel Macron, ministre de l’Économie.

985015-1167947

* * * * * *
Débordements à droite.
La direction du parti Les Républicains (LR) a appelé les candidats à la primaire de la droite à se cantonner à la confrontation d’idées sans céder aux attaques personnelles, au lendemain d’une violente charge menée par François Fillon à l’encontre de Nicolas Sarkozy.
Il a notamment fait allusion aux affaires judiciaires mettant en cause l’ancien président : « Il ne sert à rien de parler d’autorité quand on n’est pas soi-même irréprochable. Qui imagine un instant le général de Gaulle mis en examen ? »
Le Monde 30/08/2016
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(Loir-et-Cher) Vineuil – Tribunal correctionnel de Blois : « Je n’ai pas de pantalon… »

Note – Oui ! Un récit de faits divers… Oh ! juste pour témoigner du dénuement …,  de l’indigence,  à tous les niveaux, de certains de nos concitoyens
La Nouvelle République 27/08/2016
En pleine canicule, rien de plus normal que de se vêtir d’un t-shirt et d’un bermuda. Mais à la barre d’un tribunal, il est plus que recommandé de faire un effort vestimentaire ne serait-ce que par respect envers les professionnels de justice qui au cœur de l’été étouffent sous la robe noire.
 Le président Mathieu Renaudin fait les gros yeux devant Mathieu, 19 ans, habillé comme un touriste. « Je n’ai pas de pantalon », s’excuse le jeune homme qui a été mis à la porte de la maison familiale et vit aujourd’hui dans une caravane rachetée 90 euros.
 Le garçon est jugé pour avoir insulté et menacé les pompiers et les policiers venus lui porter secours. C’était le 6 février dernier, en pleine nuit, à Vineuil. Complètement ivre, Mathieu venait de chuter lourdement avec son scooter non assuré. Il a même craché sur les fonctionnaires de police. « Je reconnais tout. J’avais tellement bu que le lendemain, je ne me souvenais de rien. Quand je me suis vu tout amoché au commissariat, je me suis juré de ne plus boire. À jeun, je n’aurais jamais fait ça. »
Le jeune homme a trouvé un boulot de livreur deux jours avant l’audience. « Je veux m’en sortir et trouver un vrai toit. » Le tribunal l’a condamné à 5 mois avec sursis et 50 euros d’amende.
L.O.
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