Autour du ciel – À la découverte des grandes mers lunaires

Le Monde 24/02/2018 par Guillaume Cannat
En période de lune gibbeuse ou pleine, les mers lunaires sont les formations les plus faciles à reconnaître à l’œil nu sur notre satellite naturel.
Vastes plaines de roches basaltiques, les « mers » couvrent près du tiers de la surface visible de la Lune. D’un gris sombre et soyeux, ces étendues apparaissent bien moins cratérisées que le reste de notre satellite et, depuis toujours, les observateurs ont joué avec leurs formes pour imaginer des figures plus ou moins évidentes à reconnaître. Depuis un demi-siècle, des engins de fabrication humaine et une douzaine d’astronautes ont laissé leurs empreintes sur le sol poussiéreux de certaines de ces mers, mais ces traces superficielles ne sont bien évidemment pas perceptibles à l’œil nu.
Crédits : NASA’s Scientific Visualization Studio
Durant toute la semaine, la gibbosité de la Lune va croître jusqu’à ce que notre satellite nous présente une belle face bien ronde. C’est le moment de consacrer quelques instants à la découverte des régions lunaires les plus sombres, les fameuses « mers » qui s’étendent sur près du tiers de la face que notre satellite tourne vers nous. L’autre face de Séléné, celle qui regarde toujours à l’opposé de la Terre et que seuls des astronautes en orbite et quelques sondes spatiales ont pu admirer directement, n’abrite qu’une seule mer – la mer de Moscou – qui n’occupe que 2 % à peine de sa surface ; les hypothèses ne manquent pas, mais on ne comprend toujours pas vraiment l’origine de cette disparité. Les mers et l’océan lunaires n’ont évidemment plus rien de liquide depuis bien longtemps et les flots qui ont rempli les immenses bassins creusés par des impacts météoritiques majeurs peu après la formation de notre satellite étaient des flots de lave. Ces épanchements de basaltes se sont refroidis rapidement et des milliards d’années de bombardements de petites météorites ont contribué à réduire leur surface en poudre sur plusieurs centimètres de profondeur, gommant les moindres aspérités et arrondissant les reliefs. Les photographies prises au sol par les astronautes des missions Apollo révèlent la douceur des paysages et la présence envahissante de cette poussière plus fine que du talc.
En juillet 1969, les astronautes américains Neil Armstrong et Buzz Aldrin (mission Apollo 11) ont foulé le sol lunaire au sud de la mer de la Tranquillité.
Leur composition et leur état de surface donnent aux mers lunaires un aspect bien plus sombre que les régions fortement cratérisées qui les jouxtent. Elles sont toutes visibles à l’œil nu, même la petite mer des Crises qui fait une tache ronde près du bord est de notre satellite. Selon la qualité de votre vue, vous pourrez également distinguer les traces plus claires laissées dans l’océan des Tempêtes, la mer des Pluies ou la mer des Nuées par les gerbes de débris qui rayonnent autour de quelques beaux cratères. Même lorsque la Lune gibbeuse ou pleine est très éblouissante son éclat n’est jamais dangereux et vous pouvez l’admirer longuement en toute confiance. Si vous utilisez des jumelles ou une lunette astronomique, vous constaterez peut-être l’apparition d’une image rémanente en fermant les yeux, mais elle s’estompe en quelques secondes ; l’éclat réfléchit par la surface lunaire n’a rien de comparable avec l’éclat du Soleil qui peut, lui, être dangereux si on l’observe sans prendre de précautions.
Certains des plus grands cratères lunaires, situés au beau milieu des étendues plus sombres d’une mer ou d’un océan ou faisant une encoche imposante sur un rivage, sont perceptibles à l’œil nu et aux jumelles.
Il est facile de repérer la mer des Crises à l’œil nu dès les premiers jours de la lunaison, un peu au-dessus du milieu du croissant. En la regardant soir après soir, vous pourrez remarquer que cette tache semble s’assombrir tandis que son éclairage évolue : gris clair lorsque le jour se lève sur elle, la mer des Crises vire au gris foncé au premier quartier, lorsque le Soleil l’éclaire presque à la verticale, pour devenir l’une des régions les plus sombres du globe lunaire à la pleine lune, c’est-à-dire en fin de « journée » pour elle. D’autres mers apparaissent alors que passent les jours et que l’aspect lunaire évolue d’un croissant à un quartier, puis à une forme de plus en plus gibbeuse : la mer de la Fécondité et sa proche voisine de la Tranquillité au sud de laquelle se sont posés les premiers astronautes américains en juillet 1969. La mer du Nectar, plus petite et moins sombre, se détache alors vers le sud et la mer de la Sérénité s’impose au nord avant le premier quartier. Les mers de la Tranquillité et de la Sérénité sont les plus grandes mers visibles en début de lunaison.

Certaines des mers lunaires créent des figures plus ou moins évidentes. Voici, par exemple, le lapin et la Dame de la Lune, mais il existe beaucoup de variantes.
Alors que les mers visibles au premier quartier sont bien séparées les unes des autres, les zones sombres de la moitié ouest de notre satellite forment une masse plus uniforme que se dévoile progressivement jusqu’à la pleine lune. Cet ensemble a cependant été fragmenté en de nombreuses mers et compte même un vaste océan. Du nord au sud, on peut repérer l’écharpe septentrionale d’un gris plus clair de la longue mer du Froid, le drapé de velours aux multiples teintes grisonnantes de la mer des Pluies et de l’océan des Tempêtes puis, plus au sud, les compartiments irréguliers des mers des Vapeurs, des Îles, de la Connaissance, des Nuées et des Humeurs. La seconde moitié de la lunaison semble ainsi vouée exclusivement aux catastrophes météorologiques alors que le premier respire la paix et la douceur ; au XVIIe siècle, époque où toutes ces formations ont été nommées en Europe, certains pensaient que le temps dépendait étroitement des phases lunaires et le premier quartier était associé au beau temps alors que le dernier avait plutôt mauvaise réputation. Si vous ne voulez pas affronter les froids sibériens annoncés pour cette semaine, vous pouvez observer la Lune en restant au chaud derrière une fenêtre. Ce ne sont pas des conditions d’observation idéales, mais elles sont bien suffisantes pour une découverte à l’œil nu sans risque d’hypothermie !
Les autres rendez-vous astronomiques de la semaine

La constellation d‘Orion dans l’éclat de la pleine lune. © Guillaume Cannat
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Trop de dépenses publiques en France ? Trop de fonctionnaires ?

michelumix – 11/02/2018 –

Trop de dépenses publiques en France ! Trop de fonctionnaires !
La dépense publique représente 57% du PIB Français et cela c’est intolérable pour tous les économistes et les think tanks libéraux comme l’Institut Montaigne qui ferraillent en permanence contre ces dépenses. Dans leur collimateur : les prestations sociales et les dépenses de personnel des administrations françaises (État, collectivités locale et Administrations de Sécurité Sociale)
L’Institut Montaigne
Il est intéressant de se pencher sur le CV DU Président de cet Institut, ce prescripteur très prisé de nos décideurs politiques, pour découvrir qu’après des études brillantes (HEC, ENA,…), un passage à l’Inspection des Finances et à la Direction du Trésor, ce « décideur » a fait une seconde carrière dans le privé, notamment chez AXA assurances, est désormais Président des activités européennes d’un fonds d’investissement Américain et à ses moments perdus administrateur chez Nestlé et à la banque HSBC…
Un beau parcours qui ressemble par certains côtés (Inspection des Finances et Banque) à celui du Président de la République.
Alors, avant de prendre pour argent comptant les « recommandations » de cet Institut, posons-nous la question de savoir à qui profite le crime : aux compagnies d’assurances prêtes à proposer des contrats santé en lieu et place de la Sécu et aux entreprises qui n’attendent que le dégraissage des effectifs de la Fonction publique pour reprendre ses activités.
Faire payer les risques santé, invalidité et vieillesse par les malades et privatiser les services publics en faisant payer les utilisateurs. Fini la socialisation des dépenses. Voilà le programme.  
46% de la dépense publique pour les prestations sociales
C’est beaucoup ? Sans doute, si on compare ce pourcentage à d’autres pays, les États-Unis par exemple, où les dépenses de santé sont directement prises en charge par les patients et où le moindre pépin de santé peut vous conduire soit à refuser les soins et obérer votre espérance de vie, soit à vous conduire à la faillite personnelle. La comparaison n’est pas bonne. Il faut donc savoir quelle protection sociale les français souhaitent et surtout que ces mêmes français ne laissent pas décider les lobbies de l’assurance et la santé décider pour eux.
Des économies sont possibles, sans doute, mais celles qui sont sur la table consistent surtout à diminuer les moyens de l’hôpital public et à laisser faire la médecine privée ainsi que les assurances complémentaires. Le déremboursement fait également partie de la panoplie alors que dans le même temps, l’industrie pharmaceutique fait la pluie et le beau temps en matière de fixation des prix du médicament.
La « diminution de la dépense publique » en matière de prestations sociale et de transferts sociaux se traduira immanquablement par des restrictions de droits pour les usagers.
Le système est détricoté petit à petit et la mutuelle obligatoire payée pour la moitié par l’entreprise n’est que le cheval de Troie d’une privatisation rampante de risques de plus en plus importants.
23% en rémunération d’agents publics
Supprimer 120 000 postes de fonctionnaires en embauchant des contractuels ne fera en rien baisser la dépense publique, surtout si l’on offre une « prime au départ » aux fonctionnaires volontaires. Nous sommes donc dans le dogme de la suppression du nombre de fonctionnaires statutaires et en rien dans une opération pouvant conduire à des économies.
Par contre, si l’on procède à des départs de fonctionnaires et à des recrutements moins importants de contractuels et que, dans le même temps, on privatise certains services publics en en faisant payer le prix par les usagers au lieu de l’ensemble des contribuables (les transports scolaires, par exemple), on peut arriver à l’objectif de baisse de la dépense publique par transfert de cette dépense sur les usagers. Les sociétés privées n’attendent que cela et sont prêtes à signer toutes les délégations de service public ou autres partenariats que l’on voudra.
Que ceux qui gueulent après les fonctionnaires et qui devront payer plein pot des services qui sont jusqu’à présent accessibles à moindre coût, réfléchissent bien, et pas seulement à court terme.

L’opération de recrutement n’est pas gage d’efficacité absolue
Méditons un instant sur cette phrase d’Albert Jacquard : « Le système ne choisit pas les meilleurs, il choisit les plus conformes, et c’est dangereux ».
Cette réflexion s’adresse bien entendu à tous, statutaires, contractuels, mais aussi aux recrutements opérés dans le secteur privé.
Dans le secteur public, c’est le concours qui est la règle et qui ouvre la voie à une carrière de fonctionnaire, après éventuellement un entretien de recrutement (Fonction Publique Territoriale). Le concours est un mode de sélection qui ne préjuge en rien de la qualité d’un agent propulsé parfois dans des administrations ou des services où le mot « management » fait partie d’une langue morte.
Dans le secteur privé, à partir d’une certaine taille d’entreprise (les artisans et les PME ne peuvent pas se le permettre), le diplôme fait partie des prérequis pour certains recrutements mais ne suffira pas, car celui-ci se fera également par rapport à d’autres critères plus subtils (positionnement du N+1 ou caractéristiques de l’équipe dans laquelle le recruté sera intégré…). L’esprit de corps a également toute sa place : on parle souvent des diplômés des grandes écoles avec leur carnet d’adresse. Tout cela pour dire la subtilité de certains recrutements dont l’apport pour l’entreprise n’est pas toujours avéré et qui se terminent parfois dans des placards dorés.
Le recrutement de contractuels dans le secteur public
Il peut être utile lorsque le profil recherché n’existe pas dans les filières du secteur public, particulièrement dans la Fonction Publique Territoriale, et c’est un moindre mal. Par contre, les administrations locales ont recours à la contractualisation pour de postes plus politiques et là, plutôt que des compétences recherchées, on parlera de conformité, d’idée cette fois, avec le pouvoir politique local qui recrute, ce qui n’est absolument pas gage d’efficacité et heurte parfois la neutralité du service publique à laquelle les fonctionnaires statutaires sont astreints. Ajoutons que dans ce cas, la rémunération contractuelle est souvent plus importante que la rémunération statutaire, à fonctions égales. La multiplication des niveaux de gestion territoriale (commune, intercommunalité, Conseil Départementaux et Régionaux) s’est accompagnée d’un accroissement important de ces postes davantage chargés de l’image des élus locaux que de l’efficacité du service public.
Tant qu’on n’aura pas fait l’effort de simplifier le système territorial mais également de se pencher sur la multitude d’agences d’État dotée de la personnalité morale dont l’efficacité n’est pas toujours prouvée (et qui servent souvent de points de chute pour recycler des élus ou autres personnes proches du pouvoir), la dépense publique aura de beaux jours devant elle et le recrutement de contractuels fera office de pansement sur une jambe de bois et d’outil de communication politique.
L’impression de se faire avoir…
Voilà, le débat public/privé peut être sain à condition que les dés ne soient pas pipés par des « experts » qui ont intérêt à casser du public pour rafler la mise financière, par des « élites » qui savent si bien passer de l’un à l’autre (pantouflage des Inspecteurs de Finances dans le privé) en privilégiant toujours leur carrière ou bien par des élus nationaux qui une fois rentrés dans leur circonscriptions, s’empressent de faire le contraire de ce qu’ils disent en recrutant des contractuels « conformes ».
Le mauvais procès fait aux fonctionnaires déconstruit en 6 points – Alternatives Economiques – 05/04/2017 –
120 000 fonctionnaires priés de partir… où ? – Jean-Marie Harribey – 03/02/2018 –
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Contre la pollution des festivals, ils inventent une tente en carton recyclable

Conso collaborative – 15/02/2018 – Come Bastin –
Pour combiner fun et écologie, la Kartent est une tente que les festivaliers peuvent abandonner sur place avant qu’elle ne soit transformée en cartons de transport. 3 ans après son lancement, 15 000 Kartent ont déjà été utilisées en Europe.
25% des festivaliers abandonnent leur tente en plastique sur place à la fin des festivités.  « Les gens ont la gueule de bois, se sentent fatigués, et ne se sentent pas le courage de démonter leur tente et de l’emporter avec eux », illustre le site de Kartent. C’est en partant de ce constat que Jan Portheine et Wout Kommer, deux étudiants néerlandais, ont lancés cette entreprise en 2014. Elle propose des tentes écologiques en carton aujourd’hui présentes dans 300 festivals européens.
Pour utiliser Kartent, même pas besoin de la prendre avec soi. « La plupart du temps, on la réserve sur le site du festival et on la récupère prémontée au camping », explique Maxime Durand, responsable commercial France de Kartent.  À la fin du festival, il suffit de la laisser sur place. Elle sera alors récupérée et son carton sera recyclé par les équipes de Kartent, notamment en carton de transport.
D’accord, mais si il pleut ? « C’est une question qu’on nous pose souvent, concède Maxime. Le carton de haute qualité qu’on utilise est imperméable et peut résister à plusieurs semaines d’intempéries ! » En prime, les festivaliers peuvent faire imprimer des logos personnalisés ou peindre directement sur leur tente pour la distinguer des autres. Il est aussi possible de se faire livrer une Kartent chez soi pour un usage personnel. Au total, quelques 15 000 Kartent ont pour l’instant été utilisées.
Fabrication locale
« En plus des milliers de tonnes de déchets plastiques qu’elles occasionnent, les tentes en plastique sont souvent importées de Chine », explique Maxime. Pour faire baisser son impact carbone, Kartent fabrique donc ses tentes dans le pays où elles sont utilisées grâce à un partenaire industriel présent dans toute l’Europe. « On travaille aussi sur la fin de vie, la livraison, le montage avec l’objectif d’un impact intégralement positif sur l’environnement d’ici 2019. »
Reste le prix de cette innovation, qui varie mais tourne autour de 60 euros pour 3 jours de festival, soit un peu plus cher qu’une tente réutilisable. Pas de quoi freiner le développement de Kartent qui devrait bientôt s’étendre aux USA, en Australie, au Brésil et en Afrique du Sud. En France, le prochaine festival à accueillir la Kartent sera le Hellfest, en juin 2018.
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Récit – Il voyage à l’œil et gagne sa vie grâce à Instagram

Ouest-France 24/02/2018 Par Jéromine DOUX

Charles Lopez, 26 ans, originaire des Sables-d’Olonne (Vendée), a commencé à publier ses photos de voyage sur le réseau social Instagram en 2012. Aujourd’hui, il compte 43 000 followers et est devenu « instapreneur ».
« À la base, je partageais mes photos de voyage, pour mes potes. » En quelques années, le compte Instagram du photographe amateur a bien évolué. Charles Lopez, Sablais de 26 ans à la barbe épaisse, enregistre 43 000 abonnés. Désormais, il crapahute autour du monde, tous frais payés.
Près de Vancouver au Canada pour son premier contrat, en Laponie Finlandaise, en Suisse ou dernièrement en Islande. Là-bas, il réalise des photos de paysages qu’il poste sur son compte Vagabondiary ou qui servent de supports de communication à des offices de tourisme ou des marques. « Je suis allé en Suisse pour le compte de Suisse Tourisme. »

« Des aurores boréales au-dessus de nos têtes »
En Laponie Finlandaise, le photographe est parti avec des sponsors et travaillait pour Les Others, un magazine de voyages et de photos. « C’est vraiment une destination qui m’a marqué. On était dans une cabane sans eau ni électricité, à 300 km au-dessus du cercle polaire. On partait casser la glace d’un lac gelé pour récupérer de l’eau. On a fait du chien de traîneau, campé sous -25 °C avec des aurores boréales au-dessus de nos têtes… »

Charles Lopez est devenu « instapreneur ». Il gagne sa vie grâce à ses photos de voyages publiées sur Instagram. (Photo : Charlez Lopez / Instagram
Depuis novembre dernier, Charles est auto-entrepreneur et gagne sa vie grâce à ses photos. Même si ses revenus sont fluctuants, « les partenariats sont généralement très intéressants », confie le Vendéen, qui refuse de parler d’argent. Et les propositions sont parfois inattendues. « On m’a proposé de faire du mannequinat pour la marque de voiture Mini. Je ne pensais jamais faire ça », lance-t-il en souriant.
Lorsqu’on veut en vivre, « l’instapreneuriat » (être entrepreneur sur Instagram) est un vrai boulot, assure le photographe. « Il faut démarcher les sponsors, chercher des partenariats, des publications dans les magazines… » Sans oublier de faire le tri. « Il y a un tas de marques que me contactent tous les jours mais leurs produits ne correspondent pas forcément à mon univers », explique-t-il.

Un bac pro hôtellerie-restauration
Pourtant, il y a encore sept ans, le Sablais était très loin du « business Instagram ». Inscrit sur la plateforme dès 2012, il a vu sa notoriété grimper doucement. En sortant du lycée, le jeune homme, qui a grandi aux Herbiers, s’est orienté vers un bac pro hôtellerie-restauration, à La Roche-sur-Yon. « Je n’ai jamais travaillé dans ce domaine », confie-t-il. Pendant six ans, il s’occupait des livraisons dans l’entreprise de ses parents, La Maison Lopez, à Chantonnay.

Aujourd’hui, il se consacre entièrement à la photo mais attend avec impatience qu’une nouvelle plateforme voit le jour. « Instagram a changé son algorithme, les photos n’apparaissent plus de façon chronologique mais aléatoire. » Pour être sûr que ses publications soient vues par ses abonnés, il faut donc payer pour les « sponsoriser ». Le réseau social, sur lequel gravitent quelque 800 millions d’utilisateurs par mois, cherche à récupérer sa part du gâteau.

Photos : Charlez Lopez / Instagram / Vagabondiary)
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Le comble de l’exotisme

Le billet de Michel Schifres
En 780 signes, un regard décalé, piquant et ironique sur l’actualité 
L’Opinion  22/02/2018
Dans le panthéon imaginaire des Français, il ne reste plus grand monde. L’instituteur et le cheminot y ont disparu. Demeurent, quasiment seuls, le paysan et sa ferme. Encore l’idée que s’en fait le citadin est-elle loin de la réalité : l’agriculteur 2.0 n’est guère sa tasse de thé et il lui préfère l’image éternelle et nostalgique de poules produisant des œufs frais du jour, de vaches dans le pré et de chemins crottés. Ce sont ces souvenirs, réels ou imaginés, qui expliquent le succès de la rencontre agricole, dernier salon où l’on meugle. D’autant qu’elle est un formidable contre-poids à la mondialisation. Maintenant pour un rien, on file à New-York et parcourir l’Asie est devenu fort banal. Logique alors que contempler une vache qui rumine soit le comble de l’exotisme.
Michel Schifres mschifres@lopinion.fr
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Médecin, éditeur, DRH… Les experts au gouvernement, saison 1

Ils étaient médecin, éditeur, journaliste, DRH … Du jour au lendemain ils sont devenus ministres. Huit mois après ont-ils vraiment changé les codes de la politique ? Par Julien Martin

Dès la nomination du premier gouvernement d’Edouard Philippe, ils étaient 11 ministres sur 22 issus de la société civile. De gauche à droite : Sophie Cluzel, Mounir Mahjoubi, Françoise Nyssen, Elisabeth Borne, Agnès Buzyn, Jean-Michel Blanquer, Frédérique Vidal, Marlène Schiappa, Laura Flessel, Nicolas Hulot et Muriel Pénicaud. (HAMILTON/REA)
L’Obs  11/02/2018
Mardi 26 septembre 2017. La séance de questions au gouvernement touche à sa fin. Un député communiste interroge la ministre de la Santé sur la réforme du forfait hospitalier. « L’hôpital vit une crise sociale et morale », assène-t-il avant de la mettre au défi : « Faites le tour des hôpitaux sans le filtre des visites organisées ! » Agnès Buzyn se lève à son tour et lui rétorque tout de go :
« Monsieur le député, contrairement à vous, je n’ai pas besoin d’aller visiter les hôpitaux, j’y ai passé vingt-cinq ans de ma vie ! »
La répartie déclenche une longue ovation dans l’hémicycle, parmi les nombreux élus de La République en Marche (LREM). L’argument d’autorité a fait mouche. Pas l’autorité de la ministre, mais celle de l’experte, du médecin, ancienne responsable de l’unité de soins intensifs à l’hôpital Necker.
On les voit partout, au Parlement, dans la presse ou sur les plateaux radio et télé. Après avoir pris leurs marques, les ministres issus de la société civile montent au créneau, quitte à bousculer les codes de la politique et à déclencher la polémique.
« Hollande n’a rien voulu voir »

….

La semaine dernière, c’est Marlène Schiappa, écrivaine militante devenue secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, qui commentait l’enquête sur le meurtre d’Alexia Daval, faisant fi de la traditionnelle séparation des pouvoirs.
Quelques jours auparavant, c’est Françoise Nyssen, éditrice nommée ministre de la culture, qui demandait la tête du PDG de radio France Mathieu Gallet, après sa condamnation pour favoritisme. Emmanuel Macron ne s’en plaint pas, il les a tant désirés.
Dès le 18 mars 2017, le candidat à la présidentielle l’avait promis : « je ne ferai pas mon gouvernement avec les états-majors des partis politiques. Il sera composé d’une quinzaine de ministres tout au plus, qui seront d’abord choisis pour leur qualités et pour leur expérience, pas pour leur supposé poids politiques. Ils seront issus, pour une partie conséquente, de la société civile. »
Qu’est-ce qui marche ? Et surtout qu’est-ce que cela change ? A croire les intéressés, leur origine spécifique apaise d’abord les relations au sein du gouvernement. « Les différences empêchent les concurrences, estime Nathalie Loiseau, l’ancienne directrice de l’ENA, devenue ministre chargée des Affaires Européenne. Agnès Buzyn ne veut pas être ministre de la culture, Françoise Nyssen ne cherche pas à devenir ministre du travail, Jean-michel Blanquer ne rêvait que de renouveler l’école. Chacun est heureux dans son domaine d’expertise, et entend y rester » De fait, tous louent un travail ministériel fructueux. «  C’est historique : le gouvernement travaille vraiment en équipe, s’enorgueillit Muriel Pénicaud. Sur l’apprentissage c’est la première fois qu’un ministre de l’Education, un ministre de l’enseignement supérieur et un ministre du travail disent la même chose »
Une nouvelle ère s’est ouverte. C’est aussi « la fin des petites phrases, des peaux de banane » relève un conseiller en communication, «  au grand dam des journalistes politiques désarçonnés ». Certes les polémiques sont moins nombreuses mais pas non plus inexistantes.
….
« Avec seulement dix collaborateurs on est une vraie petite start-up de la République » Muriel Pénicaud.
Leur seule légitimité est l’expertise. Leur seul objectif, l’efficacité, martèlent-ils. C’est ainsi qu’ils comptent réformer le pays. «  Nous ne sommes pas dans l’idée de faire une carrière politique, reprend Agnès Buzyn.  Notre sujet n’est pas la réussite immédiate, c’est la transformation à long terme. Cela nous permet de prendre des décisions plus courageuses, même si la popularité n’est pas tout de suite au rendez-vous». C’est pour cela qu’Emmanuel Macron les a choisis : appliquer à la lettre son, « plan de transformation » présenté durant la campagne présidentielle. Programme avec lequel ils se disent tous « 100 % en phase »
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Julien Martin Journaliste
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Le fleuve Whanganui, 3ème cours d’eau de Nouvelle-Zélande, déclaré par le parlement « entité vivante ».

Neoplanète – mars 2017 – Yolaine de la Bigne –
Grande première : un fleuve peut se défend comme un homme : en clair, lui a été attribué le statut de personnalité juridique ; ce qui lui donne des devoirs mais aussi des droits. Comme de pouvoir se défendre devant les tribunaux contre les pollueurs par exemple. Un nouveau citoyen est né.
On a appris cette année une info importante pour les écologistes : un fleuve reconnu par le parlement de Nouvelle-Zélande comme une « entité vivante », en quoi est-ce un évènement ?
Parce que ce fleuve Whanganui, le 3ème cours d’eau du pays et considéré comme sacré par une tribu Maori qui vit à côté va désormais être défendu comme une « personnalité juridique » : en clair, ce fleuve aura des devoirs envers la société mais aussi des droits. On pourra par exemple y pêcher mais pas y déverser des polluants. C’est une première mondiale aux conséquences écologiques mais aussi économiques et politiques. Ça n’aura pas été une mince affaire puisque cela fait depuis 1870 que les Maori se battent pour défendre leur fleuve. Le ministre de la justice néo-zélandaise Chris Finlayson a expliqué reconnaître officiellement « la connexion profondément spirituelle entre la tribu Whanganui et son fleuve ancestral ». C’est beau et inattendu et cela a en prime des conséquences matérielles non négligeables. La tribu a reçu 80 millions de dollars néo-zélandais (52 millions d’euros) au titre des frais de justice après ce long marathon judiciaire ainsi que l’équivalent de 30 millions d’euros pour améliorer l’état du fleuve.
Cette décision étonnante n’est toutefois pas la première du genre dans le pays. Et les nouvelles personnalités juridiques font valoir leurs droits
En effet, en 2014, le parc national de Te Urewera dans le nord de la Nouvelle Zélande, avait déjà bénéficié d’un statut comparable mais plus proche en réalité d’une entreprise. Alors que notre fleuve, en tant que « personnalité juridique » pourra par exemple poursuivre en justice les pollueurs et  défendre ses intérêts avec son propre avocat, spécialisé dans ce genre de questions. Un nouveau citoyen est donc né.  Naturel et ancestral. C’est une mauvaise nouvelle pour les pollueurs et les pilleurs de tous poils qui auront des comptes à rendre dorénavant. On se prend à rêver, cher Dimitri, demain nos fleuves, forêts, océans, végétaux, animaux seront-ils des personnalités juridiques ayant les moyens de se défendre contre ce grand prédateur qu’est l’homme ?
Lire aussi : En Nouvelle-Zélande, la montagne Taranaki est devenue une personnalité juridique (Ouest-France – janvier 2018)
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Récit – La vie brisée d’une jeune Rohingya

EDITORIAL – ANALYSES
La vie brisée d’une jeune Rohingya
Plus de 688 000 membres de cette minorité musulmane ont fui depuis cinq mois le nettoyage ethnique orchestré par l’armée birmane et s’entassent dans des camps au Bangladesh.
Le Monde | 23.02.2018 | Par Harold Thibault (camp de Kutupalong, Bangladesh, envoyé spécial)

Hasina Begum is a survivor of the Tula Toli massacre

La famille d’Hassina n’a jamais su lui expliquer pourquoi un tel sort était réservé aux Rohingya. Son grand-père, un modeste propriétaire terrien, se contentait de lui dire qu’il fallait stocker le moins de riz possible chez eux, par crainte des vols. « Nous nous attendions à une vie de malheur, confie cette femme de 22 ans, mais pas à cela. » « Cela », c’est l’histoire qui la hante depuis des mois et qu’elle évoque d’une voix sombre, le visage éteint, en partie caché par son voile. Assise à ses côtés, sous la tente où elles essaient de survivre, sa belle-sœur Asma la soutient du regard.

(AP Photo/Bernat Armangue, File)

Une vue du camp de Kutupalong, au Bangladesh, en septembre 2017. BERNAT ARMANGUE / AP
Dehors s’étend Kutupalong, le plus vaste camp de réfugiés au monde : plus de 688 000 personnes arrivées ici, au Bangladesh, ces cinq derniers mois. A l’horizon se dressent les collines verdoyantes de leur pays, la Birmanie, et plus loin encore, à vingt kilomètres à vol d’oiseau, leur village natal, Tula Toli. Une bourgade de quelques milliers d’habitants où la rivière, un jour de fin d’été, est devenue rouge sang…
L’unique crime d’Hassina Begum, frêle silhouette drapée de beige rosé, est d’être née Rohingya, ces musulmans que les autres Birmans, en majorité bouddhistes, nomment « Bengalis » pour bien montrer qu’ils n’ont pas le statut de citoyen. Le journal officiel Global New Light of Myanmar ne les a-t-il pas comparés à des « puces qu’[ils] abhorr [ent] pour leur puanteur et parce qu’elles [leur] sucent le sang » ? Hassina peut témoigner de cette haine, elle qui n’a jamais connu que la ségrégation.
Dès son enfance, elle est confrontée à cette stricte séparation entre les deux communautés. Bien sûr, il lui arrive de jouer avec des petits bouddhistes, mais ces amitiés se heurtent vite aux frontières religieuses et ethniques. Sa maison et celles des autres musulmans sont distantes de 500 mètres de celles de la minorité bouddhiste locale, les Arakanais. Il n’y a guère qu’au marché que les uns…

 REUTERS/Soe Zeya Tun TPX IMAGES OF THE DAY

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Il n’y a guère qu’au marché que les uns et les autres se côtoient. Pour le reste, les Arakanais sont les maîtres du jeu social : le chef de village est l’un d’eux, tout comme les enseignants ; les Rohingya n’ont pas accès aux emplois de la fonction publique. Il leur est même interdit de se rendre dans les grandes villes du pays comme Mandalay ou Rangoun, la capitale, jusqu’en 2005.
Dès l’adolescence, elle découvre les peurs d’adulte
A Tula Toli, les Arakanais envoient leurs enfants à l’école dès l’âge de 5 ans, tandis que les musulmans préfèrent attendre qu’ils aient 6 ou 7 ans, craignant que les plus fragiles ne soient malmenés en chemin ou dans la cour. En classe, les élèves des deux ethnies s’asseyent séparément, mais l’enseignement est dispensé en langue arakanaise, un handicap de plus pour les Rohingya. « Les parents rêvent de réussite pour leurs enfants mais ceux-ci se retrouvent très vite aux champs », précise Hassina.
Dès l’adolescence, elle découvre les peurs d’adulte. Quand des soldats de l’armée nationale font étape dans les parages, elle sait qu’il est plus prudent, pour les femmes rohingya, de rester à l’abri. Hassina suit tout de même son parcours et se destine au métier de couturière. Quand vient l’âge de se marier, ses parents lui trouvent un époux du même rang social : Shahidul, dont le père exploite six hectares de terres. Le mariage a beau être arrangé, leurs sentiments sont authentiques. Une petite Sohaifa naîtra bientôt de leur union.
Arrive le mois de novembre 2015, marqué par des changements majeurs en Birmanie. Le parti d’Aung San Suu Kyi, la Ligue nationale pour la démocratie, emporte la majorité parlementaire. L’icône, Prix Nobel de la paix en 1991, devient ministre des affaires étrangères, et de facto chef du gouvernement. C’est à elle qu’il revient de réduire les fractures internes du pays. « Sa victoire nous a emplis de joie », se souvient Hassina. Les Rohingya veulent alors croire que la démocratisation annonce la fin de la ségrégation. « Nous avons rapidement déchanté », confie-t-elle.
Au quotidien, tout devient prétexte à sanctions
De fait, la situation empire. En octobre 2016, une guérilla affirmant défendre la cause des Rohingya s’en prend à des postes de police, dans le nord-ouest de l’Etat de Rakhine. Dans les régions où vivent de telles communautés, le contexte sécuritaire se durcit. Ainsi, à Tula Toli, Hassina a désormais besoin d’un laissez-passer payant pour franchir les points de contrôle de l’accès aux communes voisines. Pour se rendre dans le village de la famille de sa mère, Shabe Bazar, à 9 km de là, il lui en coûte 3 000 kyats (2 euros), l’équivalent d’une journée de son salaire de couturière. Si elle n’est pas de retour avant la nuit, son père risque d’être conduit au poste de police et frappé.
Alors que l’armée a perdu du terrain sur la scène politique nationale, la traque de l’« ennemi intérieur » lui permet de s’inventer un nouveau rôle. Et de renforcer le contrôle des Rohingya : interdiction d’entourer leur maison d’une palissade, afin de les empêcher de dissimuler quoi que ce soit ; interdiction de passer la moindre nuit hors du domicile… Dans le même temps, les vols de bétail se multiplient sur l’exploitation du beau-père d’Hassina, sans qu’il puisse s’en plaindre. « Auprès de qui aurions-nous pu le faire ? », demande la jeune femme.
Au quotidien, tout devient prétexte à sanctions. Ainsi, début 2017, son beau-frère tarde à déclarer la naissance de son fils à l’état civil. Pour cette faute, le grand-père du bébé est contraint de payer une amende de 50 000 kyats (30 euros). L’été venu, c’est une étrange affaire d’agression qui inquiète Hassina : Younous, un employé de son beau-père, ne se présente plus sur son lieu de travail. Il faudra attendre plusieurs jours pour qu’il donne signe de vie et raconte comment des miliciens arakanais l’ont enlevé, ligoté à un arbre, battu puis abandonné en pleine forêt. Un mois plus tard, il sera tué, de même qu’une grande partie des siens.
L’armée birmane lance des « opérations de nettoyage »
Le 25 août, Hassina apprend que la guérilla, désormais baptisée Armée du salut des Rohingya de l’Arakan, s’en serait prise à une trentaine de postes de gardes-frontières et de commissariats, tuant douze policiers. L’armée birmane riposte en lançant ce qu’elle appelle des « opérations de nettoyage ».
Des coups de feu claquent dans les bourgs alentour. Ici et là, des maisons sont incendiées. A Tula Toli, l’armée et la milice arakanaise convoquent les musulmans au centre du village pour un recensement. Certains manquant à l’appel, les soldats se font menaçants : si un seul d’entre eux est absent au prochain appel, toute la communauté se mettra en danger. Puis, aidés des miliciens, ils entreprennent d’inspecter chaque logement. Ils disent chercher les couteaux, et en saisissent trois dans la cuisine d’Hassina. Au passage, ils raflent des effets personnels et quelques bijoux :
« Ils ont vidé mon tiroir, mis tous mes vêtements par terre et sont partis avec le panneau solaire qui fournit de l’électricité à la maison. Nous ne pouvions rien dire. »
Quarante-huit heures passent. De nouveaux tirs retentissent, de l’autre côté de la rivière. De l’endroit où elle se trouve, Hassina aperçoit des habitants du village voisin, Dual Toli, tenter de fuir l’avancée de l’armée. A l’aube du jour suivant, les rafales se font de plus en plus proches, comme si les soldats étaient désormais à deux pas. Tout en s’occupant du petit-déjeuner familial, la jeune maman sent bien que sa fille, âgée de 1 an et 4 mois, et les trois autres enfants de la maisonnée, sont terrorisés. Il y a ces détonations, toujours plus fortes, et maintenant ces nuages de fumée noire au-dessus des foyers d’incendie. Par crainte d’être piégés par les flammes, les neuf occupants de la maison décident de sortir. Comme leurs voisins, ils se réfugient sur la rive. Une voie sans issue où les attendent les soldats.

Commence alors un massacre méthodique des Rohingya. Les hommes, d’abord. Les femmes, elles, doivent s’asseoir au bord de la rivière, de l’eau jusqu’aux hanches, comme si les soldats voulaient les garder pour plus tard et leur infliger le spectacle des tueries. Tout au long de la journée, Hassina, sa belle-sœur et bien d’autres les voient abattre tous ceux qui sont conduits sur la plage, des centaines de personnes, selon l’organisation Human Rights Watch (HRW). Des heures et des heures d’une exécution massive, orchestrée, planifiée. « Ils donnaient des coups de machette partout, sur la nuque, dans le dos, dans le ventre, témoigne Hassina. Lorsqu’une personne bougeait encore, ils lui tiraient dans la tête. »
Les soldats les mitraillent sans répit
Les miliciens se chargent de creuser trois fosses où les corps sont entassés puis brûlés à l’aide de feuillages et de gasoil. Certains tentent bien de fuir par la rivière mais rares sont ceux qui savent nager. Les soldats les mitraillent sans répit, en les visant jusqu’au moment où ils sont hors de vue. « Par endroits, l’eau est devenue rougeâtre, poursuit Hassina, spectatrice impuissante de ces heures de tuerie. J’étais comme déjà morte. »
Elle s’interrompt, puis reprend son récit entre deux sanglots. Les images suivantes sont à jamais gravées en elle. Un soldat s’approche et remarque sa petite Sohaifa au creux de ses bras. Il la frappe pour s’emparer de l’enfant qu’elle refuse de lâcher. « Où l’emmenez-vous ? », lui crie-t-elle. Il s’éloigne, en tenant la fillette, pour la jeter dans le brasier quelques mètres plus loin. Combien d’enfants de Tula Toli ont-ils été assassinés de la sorte ? Le témoignage d’Hassina n’est pas isolé : d’autres parents ont survécu qui relatent des scènes effroyables d’enfants brûlés, fracassés au sol ou jetés à la rivière.
Le martyre d’Hassina n’est pas terminé pour autant. Dans l’après-midi, les soldats répartissent les survivantes en petits groupes. Sept d’entre eux choisissent sept femmes, dont la jeune couturière et sa belle-sœur Asma, et les entraînent vers une maison vide, à la toiture de feuilles et de tiges de bambou. Les soldats les rouent de coups et commencent à les violer. Hassina résiste tant à son agresseur qu’il s’énerve et lui donne un coup de barre de fer. Le choc est si violent – elle en garde les cicatrices, à la mâchoire et sur le crâne – qu’elle perd connaissance. Les tortionnaires quittent les lieux après avoir mis le feu à la maison. La chute de morceaux de toiture enflammés finit par la réveiller. Selon des images satellitaires visualisées par HRW, les 746 bâtiments de la partie musulmane de Tula Toli et de Dual Toli ont été réduits en cendres ces jours-là, tandis que les habitations des Arakanais n’ont pas été touchées.
Des sept femmes enfermées dans cette maison, seules Hassina et Asma ont survécu. Elles ont réussi à se cacher pour la nuit dans un verger puis à parvenir, quatre jours après, au Bangladesh, vivantes mais brisées, condamnées à la misère d’un camp dont elles ne peuvent pas sortir et craignant d’être renvoyées de force dans l’enfer birman. Un accord conclu en janvier entre les deux gouvernements prévoit le rapatriement, dans les deux ans à venir, de tous les réfugiés.
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 (AP Photo/Bernat Armangue)

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Cinq raisons de changer de banque dès maintenant

60 millions de consommateurs – 22/02/2018 – Lionel Maugain –
60 Millions vous aide à diminuer vos frais bancaires grâce à son palmarès des banques les moins chères, département par département.
Scoop : la banque régionale la moins chère de France est… la Caisse d’épargne Loire-Drôme-Ardèche ! Une information d’un intérêt toutefois très relatif si vous êtes Alsacien ou Breton.
C’est pourquoi 60 Millions de consommateurs, en partenariat avec le site d’information cBanque, publie dans son magazine de mars 2018 le palmarès des banques les moins chères, y compris les banques en ligne, mais également un classement par région et par département.
Nous avons travaillé sur un profil type de client pour lequel les tarifs de 130 banques ont été relevés. Notre classement prend en compte le coût annuel des frais courants et le coût annuel des incidents bancaires. Il montre qu’il existe de fortes disparités entre les types d’établissements et que passer à la concurrence vaut la peine !
Voici cinq bonnes raisons pour vous en convaincre :
1. Vous avez reçu votre récapitulatif 2017, et il pique
Le bilan annuel des frais bancaires de l’année 2017, que vous avez reçu récemment, vous a rappelé à quel point votre banque vous coûte cher. Notre étude montre que les tarifs bancaires augmentent peu : + 0,5 % entre février 2017 et février 2018 ; + 2,1 % sur deux ans. Mais cette évolution raisonnable est un peu trompeuse.
Car en réalité, la facture des banques traditionnelles a bondi de 6,6 % sur cette période, tandis que celle des banques régionales progressait de 2,2 %, et que les tarifs des banques en ligne, déjà bas, reculaient encore de près de 3 %… De quoi inciter à regarder le tarif des concurrents, n’est-ce pas ?
2. Vous en avez marre de payer des frais d’incidents
Trop, c’est trop. S’il vous arrive d’être dans le rouge, vous avez sans doute constaté que les frais liés aux incidents sont disproportionnés, qu’il est devenu difficile d’en demander à l’amiable la restitution, et que la fidélité à la même banque ne paie vraiment pas ! Il est alors grand temps de quitter définitivement votre agence. D’autant qu’il existe des banques où ces frais « punitifs » sont bien moindres.
Nous avons classé les banques non seulement en fonction des frais de gestion courante du compte, mais également selon le montant des frais imposés en cas d’incident, de découvert dépassé, de prélèvements rejetés et d’agios.
3. Vous n’êtes pas satisfait de votre conseiller, mais vous voulez garder un contact humain
Même si les banques en ligne coûtent moins cher, vous faites partie de ces Français qui veulent garder un contact humain avec un conseiller, situé dans une agence « physique ». Vous voulez encore pouvoir déposer des chèques ou des espèces – ce qui n’est pas toujours facile, ni même possible avec les banques sur Internet.
Là encore, notre étude montre qu’il existe des différences de traitement et de tarifs pour exactement les mêmes services. Découvrez-y les banques traditionnelles les mieux adaptées à vos besoins.
4. Vous hésitez, car vous avez votre crédit et vos placements dans votre établissement actuel
Ceux qui sont engagés dans le remboursement d’un crédit immobilier ou qui détiennent des produits d’épargne peuvent légitimement hésiter à partir. Faire racheter son prêt par la nouvelle banque n’est pas forcément avantageux, et le transfert d’un PEL ou d’un PEA coûte de 50 à 150 €.
Mais rien ne vous empêche d’établir un virement permanent pour honorer l’échéance du crédit immobilier, et de demander à votre nouvelle banque de reprendre à sa charge les frais de transfert de l’épargne. Retrouvez nos conseils pratiques dans notre dossier.
5. Vous voulez profiter du mandat de mobilité bancaire mis en place en 2017
C’est décidé. Vous disposez désormais du classement des banques les moins chères de votre région, et vous avez fait votre choix. D’autant qu’un système existe, depuis février 2017, pour faciliter vos démarches : le « mandat de mobilité bancaire ».
Rendez-vous dans votre future banque pour demander ce mandat de mobilité. La transition ne sera pas forcément des plus simples, mais notre dossier comprend également un guide pratique avec tous les conseils pour s’en sortir, à moindre prix et le plus vite possible !

Le palmarès des banques nationales et régionales
Quelles sont les banques les moins chères de votre département ou de votre région ? Découvrez leur nom dans notre palmarès des établissements bancaires, publié dans le n° 535 de 60 Millions de consommateurs (mars 2018). Vous y trouverez également tous nos conseils pour changer de banque.
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Culture – Victoires de la musique classique 2018 : Sabine Devieilhe sacrée reine

French soprano Sabine Devieilhe  Evian les Bains on February 23, 2018. / AFP / JEAN-PIERRE CLATOT

Organisée à Evian, la 25e édition des Victoires a confirmé l’ascension de la soprano colorature, doublement récompensée, et le rayonnement du violoncelle en France, primé avec Victor Julien-Laferrière et Bruno Philippe
LE MONDE | 24.02.2018 | Par Marie-Aude Roux
Après Paris, Toulouse, Metz, Montpellier, Lille et Bordeaux, c’est à Evian-les-Bains (Haute-Savoie), dans la Grange au lac en bois construite il y a plus de vingt ans pour le festival Rostropovitch, que s’est déroulée, vendredi 23 février, la 25e édition des Victoires de la musique classique.

Frédéric Lodéon tire sa révérence après avoir présenté l’émission pendant dix-sept ans
Une soirée anniversaire diffusée en direct sur France 3 et France Musique, présentée par le binôme Leila Kaddour-Boudadi et Frédéric Lodéon – qui tire sa révérence après avoir officié dix-sept ans dans ce qui reste aujourd’hui l’une des rares émissions télévisées de musique classique en prime time.
L’aventure des Victoires de la musique a commencé le 23 novembre 1985, toutes catégories confondues. Le violoncelliste Frédéric Lodéon, qui n’était pas encore homme de radio et présentateur, figurait parmi les nommés aux côtés de Katia et Marielle Labèque. Neuf ans plus tard, les Victoires de la musique classique naissaient au Palais des congrès, à Paris. C’est seulement au tournant du XXIe siècle qu’elles se délocaliseront en région. En l’an 2000, à Lyon, les deux phalanges symphoniques se succèdent au cours de la soirée – l’Orchestre national de Lyon conduit par Emmanuel Krivine, celui de l’Opéra de Lyon sous la baguette de Louis Langrée. De 1998 à 2002, une partie est encore dédiée au jazz, avant qu’il ne prenne lui aussi ses propres quartiers.

 A Evian, l’orchestre de l’Opéra de Lyon est de nouveau à pied d’œuvre sous la direction de Pierre Bleuse, l’assistant du nouveau directeur musical, Daniele Rustioni, nommé à la succession de Kazushi Ono. Rustioni fera un passage éclair avec l’ouverture du Guillaume Tell de Rossini. Parmi la pléiade d’artistes invités – les pianistes Anna Vinnitskaya, Nelson Goerner, le contreténor Jakub Jozef Orlinski –, difficile de faire plus antagonique que les deux shows présentés par les sopranos Angela Gheorghiu et Barbara Hannigan. D’un côté l’ancien monde : la brune diva roumaine en majesté dans « Un bel di, vedremo » de Madame Butterfly (Puccini). De l’autre le nouveau, avec la blonde et bondissante Canadienne qui dirige, joue, danse et chante I Got Rhythm de Gershwin, arrangé par Bill Elliott (extrait de son disque Crazy Girl Crazy, paru chez Alpha). Les deux se suivront au Palais Garnier : la seconde dans la reprise de La Voix humaine de Poulenc mis en scène par Krzysztof Warlikowski (du 17 mars au 11 avril), la première en récital, le 17 juin.
Dix-huit concurrents sont encore là sur les quelque 305 instrumentistes, 152 chanteurs, 45 révélations lyriques et instrumentales, 72 compositeurs et 443 enregistrements présents sur la ligne de départ. L’organisation du scrutin, auquel participe un collège de 300 représentants de la filière (artistes, compositeurs, agents, producteurs, éditeurs, presse, etc.), se tient à présent en deux tours, afin de diminuer le risque de lobbying depuis qu’une scandaleuse récompense du « meilleur enregistrement de l’année » en 2010 avait distingué le pianiste Cyril Huvé, alors président de la Spedidam (société de droits des artistes), devant Philippe Jaroussky et Cecilia Bartoli.
Si l’on avait encore des doutes quant à la suprématie du violoncelle en France, il se seraient envolés à l’annonce des résultats qui ont couronné deux des 12 finalistes du prestigieux Concours reine Elisabeth de Belgique en 2017. Le blond Bruno Philippe a été désigné dans la catégorie « révélation soliste instrumental » devant le pianiste Sélim Mazari et le corniste Nicolas Ramez, tandis que son aîné, Victor Julien-Laferrière, grand vainqueur du « Reine Elisabeth », se voyait décerné le titre de « soliste instrumental » devant son concurrent et homologue Gautier Capuçon et le pianiste Lucas Debargue.
Réalisation soignée
Natalie Dessay est jusqu’à présent la plus titrée des Victoires de la musique classique – six récompenses toutes catégories confondues. Mais il semble que Sabine Devieilhe, qui remporte cette année pas moins de deux trophées, lui emboîte sérieusement le pas. Outre celui de l’« enregistrement de l’année », avec Mirages (Warner Classics), un disque d’airs d’opéra et mélodies français, qui s’impose devant le Daphnis et Chloé de Ravel dirigé par François-Xavier Roth (Harmonia Mundi) et l’intégrale Schumann de la pianiste Dana Ciocarlie (La Dolce Volta), la soprano colorature de 32 ans est à nouveau sacrée, comme en 2015, « artiste lyrique de l’année », laissant derrière elle les barytons François Le Roux et Ludovic Tézier. Rien d’étonnant quand on sait que Sabine Devieilhe vient de triompher à l’Opéra de Vienne dans le rôle créé par Laurent Pelly pour Natalie Dessay dans La Fille du régiment, de Donizetti. Appelons les mêmes augures pour ses « cadettes » de la catégorie « révélation artiste lyrique », où la soprano Chloé Briot, remarquable Pinocchio dans l’opéra éponyme de Philippe Boesmans au dernier Festival d’Aix-en-Provence, s’est fait damer le pion par la mezzo-soprano Eva Zaïcik, troisième Prix au récent Concours Voix Nouvelles.
Parmi les trois compositeurs nommés, Karol Beffa (Le Bateau ivre) sera finalement retenu devant Bernard Cavanna (Geek Bagatelles, pour chœur de smartphones et orchestre) et Tristan Murail (Sogni, ombre et fumi, pour quatuor à cordes). Mais c’est un extrait du Concerto pour clarinette de Thierry Escaich, lauréat de l’année précédente comme le veut la coutume, qui sera interprété par Paul Meyer.
Particulièrement soignée, la réalisation a dévoilé en version drone les jeux de mains des pianistes. Quant aux incrustations de séquences mémorielles – Rostropovitch, Menuhin, Ciccolini, Gitlis, Engerer, Dessay, Alagna… –, elles auront fait apparaître autant la maturité rayonnante des grands disparus que l’émouvante juvénilité des talents d’aujourd’hui.
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Etats-Unis – Armes : la révolte salutaire de lycéens américains

Après la tuerie de Parkland, les survivants, dans un mouvement inédit, exigent que des mesures soient enfin mises en place pour restreindre l’accès aux armes à feu.

(AP Photo/Mark Wallheiser)

Le Monde | 23.02.2018
Editorial du « Monde ». Au même titre que la peine de mort, le problème des armes à feu fait partie de ces maux américains qui dépassent l’entendement européen. Comment une démocratie civilisée peut-elle s’habituer à une telle barbarie ? Tolérer cette statistique de la revue Pediatrics selon laquelle chaque semaine, en moyenne, vingt-cinq enfants et adolescents de moins de 17 ans meurent par balles aux Etats-Unis ? Comment, alors que les tueries de masse se sont multipliées dans les écoles, des mères et des pères de famille peuvent-ils continuer à élire des représentants financièrement dépendants du tout-puissant lobby des armes à feu, la NRA (National Rifle Association) ? Pour des esprits raisonnablement éclairés, cet aveuglement est incompréhensible.
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Le nouveau drame, au cours duquel un jeune homme, Nicolas Cruz, a tué 17 adolescents et enseignants de son ancien lycée, le 14 février, à Parkland, en Floride, est peut-être en passe de rompre cet aveuglement. Le mouvement spontané de lycéens, sans précédent, déclenché par ce massacre en fait naître l’espoir. Lassés de l’impuissance de leurs aînés, révoltés par le blocage qu’opposent les élus de nombreux Etats américains et du Congrès à toute forme significative de contrôle des armes à feu, ces adolescents ont pris l’initiative, comme l’ont fait avant eux sur d’autres sujets les femmes ou les Noirs. Ils exigent que des mesures soient enfin mises en place pour restreindre l’accès à ces machines de mort.
La colère monte
Les médias ont donné un large écho aux lycéens, en particulier à ceux qui ont survécu à la tuerie de Parkland, cachés dans des cagibis, vivant des heures d’angoisse interminables passées à envoyer des SMS d’adieu à leur famille en attendant que le tueur les déniche. Leur mouvement s’est étendu ; une marche sur Washington est organisée le 24 mars. Leur détermination et leur éloquence ont bouleversé l’Amérique. Elles ont infligé une séance houleuse au sénateur républicain de Floride, Marco Rubio, lors d’une rencontre publique organisée par CNN. Elles sont même arrivées jusqu’à Donald Trump, qui a fini par recevoir quelques-uns des survivants ainsi que des familles de victimes, le 21 février, à la Maison Blanche.
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Ardent défenseur du deuxième amendement de la Constitution américaine, qui garantit le droit de porter une arme, le président Trump se considère comme « le champion » de la NRA à la Maison Blanche. Mais il sent aussi la colère monter. Il semble prêt à encourager quelques concessions législatives sur certains dispositifs techniques qui permettraient de limiter, à la marge, l’accès aux armes à feu les plus meurtrières, les armes de guerre. Mais il a aussi proposé d’armer les enseignants dans les écoles, comme il avait suggéré, au moment de l’attentat du Bataclan, à Paris, en novembre 2015, que le massacre aurait pu être évité si les spectateurs avaient été armés.
De telles absurdités montrent que M. Trump ne sera pas l’homme du changement en la matière. Cela, cependant, ne doit pas décourager les lycéens. C’est à une culture historique, profondément ancrée aux Etats-Unis et dévoyée par la NRA, qu’ils s’attaquent. Leur combat est une lutte de longue haleine, dans un pays qui compte pratiquement autant d’armes à feu en circulation que d’habitants. Mais cette culture n’est pas monolithique. Et la lente évolution des mentalités sur la peine de mort, sous l’infatigable pression des juristes opposés à la peine capitale, montre que faire évoluer une culture n’est pas du domaine de l’impossible.
Lors d’une cérémonie d’hommages aux enseignants et lycéens tués, à Parkland, le 15 février. Un tireur de 19 ans a ouvert le feu, mercredi 14 février, dans le lycée Marjory-Stoneman-Douglas de Parkland, dans le sud-est de la Floride, faisant 17 morts. Le tireur, un ancien élève renvoyé de l’établissement pour des raisons disciplinaires a été arrêté non loin de l’école. Il s’est rendu sans résistance à la police. Il était armé d’un fusil d’assaut de type AR-15 et avait de très nombreuses munitions.

Joe Raedle/Getty Images/AFP

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Environnement – La Pologne enfreint la loi en ordonnant des coupes dans une forêt millénaire

Le Temps 20/02/2018

L’avocat général de la Cour de justice de l’UE a indiqué mardi que la décision de Varsovie est susceptible de «détériorer» la forêt de Bialowieza, un habitat naturel pour des espèces d’animaux menacées
La Pologne a enfreint la législation européenne sur la protection des sites naturels en ordonnant des abattages dans la forêt de Bialowieza, l’une des dernières forêts primaires d’Europe, a estimé mardi l’avocat général de la Cour de justice de l’UE.

L’avocat général, dont les conclusions ne lient pas la Cour mais sont généralement suivies, considère que les coupes ordonnées par Varsovie pour des raisons sanitaires ne sont pas justifiées et sont susceptibles de «détériorer» les sites de reproduction d’espèces protégées, indique un communiqué.

Combattre la prolifération d’insectes

November 13, 2017. / AFP PHOTO / WOJTEK RADWANSKI

En juillet 2017, la Commission européenne avait introduit un recours contre la Pologne car elle craignait pour l’intégrité de la forêt, classée site Natura 2000. Bialowieza, forêt millénaire, abrite en effet des habitats naturels pour des espèces d’animaux et d’oiseaux dont la protection est jugée prioritaire.

Depuis le début du conflit, le gouvernement polonais soutient que les opérations ont pour but d’assurer la sécurité dans la forêt en combattant la prolifération d’insectes xylophages et qu’elles correspondent donc à une exception acceptée par la législation européenne.
Mais pour l’avocat général de la CJUE Yves Bot, la Pologne «n’a pas mis en œuvre les mesures nécessaires à la conservation du site», alors que les mesures prises «ont entraîné la perte d’une partie des peuplements forestiers». Il a aussi constaté la «divergence des avis scientifiques» sur la propagation du bostryche typographe, insecte coléoptère ravageur, dans la forêt.
Une amende de 100 000 euros par jour
L’avocat général a également mis en doute le fait que la Pologne ait effectué une «évaluation appropriée» avant de lancer les coupes, «au simple examen de la chronologie des décisions litigieuses et de la cohérence des pièces justificatives produites». Yves Bot estime ainsi que le principe de précaution a été «méconnu».

En novembre, dans un jugement en référé, la justice européenne avait déjà menacé Varsovie d’une astreinte d’au moins 100 000 euros (115 000 francs) par jour si elle ne cessait pas «immédiatement» les abattages.

Lire aussi: La justice européenne réclame l’arrêt de l’abattage dans la forêt de Bialowieza
Dans la foulée du jugement, le ministre de l’Environnement polonais avait annoncé le retrait des engins forestiers et la poursuite des «coupes de sécurité» par d’autres moyens.

 

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#dessin / France : une agriculture high tech

l’Opinion 23/02/2018

L’Opinion 23/02/ 2018  Emmanuelle Ducros
Culture de l’innovation – La France, start-up nation paysanne
L’innovation et la technologie ouvrent à l’agriculture un fantastique champ des possibles. La jeune génération s’en empare avec audace, notamment pour produire de façon plus écologique
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Les différents acteurs de l’énergie – qui fait quoi ?

Fournisseur énergie.com –  13/02/2018 – Alice –
On parle régulièrement des fournisseurs d’énergie, mais savez-vous qu’ils ne sont pas les uniques acteurs dans le domaine de l’énergie ?
 
Aujourd’hui, EDF et Engie sont deux fournisseurs d’énergie concurrents. EDF est le fournisseur historique de l’électricité, avec ses tarifs réglementés, et Engie, anciennement GDF Suez, est le fournisseur historique de gaz, avec ses propres tarifs réglementés. Ils fournissent maintenant tous les deux de l’électricité et du gaz naturel. Mais ce ne sont pas les seuls.
Depuis 2007, le marché énergétique français est totalement ouvert à la concurrence, ce qui a permis l’arrivée de nombreux autres fournisseurs alternatifs. Vous pouvez consulter la liste des fournisseurs alternatifs de gaz et d’électricité. Les acteurs du marché de l’énergie français sont de plus en plus nombreux. Il est maintenant nécessaire de comparer toutes les offres d’énergies entre elles pour s’assurer de faire une bonne affaire.
Les producteurs d’électricité
La France a trois principaux producteurs d’électricité :
EDF : il s’agit du premier producteur mondial d’électricité. La majorité de sa production concerne l’énergie nucléaire (54 %),viennent ensuite l’énergie hydraulique (16 %) et l’énergie thermique (16 %) puis le cycle combiné gaz et cogénération (9 %) et enfin, les énergies renouvelables (5 %).
Engie (anciennement GDF Suez). C’est le deuxième producteur mondial. Il est spécialisé dans la production de gaz naturel principalement. Engie détient notamment un quart du parc de production hydraulique français.
E.On est le résultat de la fusion de deux groupes allemands : Veba et Viag en 200. Il s’agit maintenant du troisième producteur d’énergie en France.
En 2013, la répartition des différentes sources d’électricité produite en France était la suivante : Le nucléaire pour 74 %; L’hydraulique pour 13 %; Le thermique pour 9 %; L’éolien et le photovoltaïque pour 4 %. En ce qui concerne le gaz, les producteurs exploitent des gisements sous-terrains de gaz naturel, dont le gaz est extrait, puis transporté (par gazoduc ou bateau « méthanier ») jusqu’aux pays consommateurs. En 2013, la quasi-totalité du gaz consommé en France est importé de Norvège (36%), Russie (18%), Pays-Bas (14%) et Algérie (11%). Les producteurs vendent ensuite « en gros », à des fournisseurs, l’électricité ou le gaz qu’ils ont produit.
En conclusion
Il faut faire la distinction entre fournisseur d’énergie, producteur d’énergie et distributeur d’énergie. Ce sont trois métiers différents pour lesquels différents types d’entreprise existent. Le fournisseur est en fait un intermédiaire qui achète de l’énergie aux producteurs et la fait acheminer jusqu’aux consommateurs par le gestionnaires de réseau de transport et celui du réseau de distribution. Les consommateurs ne sont en contact qu’avec les fournisseur.
Les trois principaux producteurs d’électricité en France sont EDF, Engie et E.On. Les gestionnaires de réseau de transport sont GrDF et ENEDIS (ex ERDF).
 Qui transporte l’énergie?
C’est RTE (Réseau de transport d’électricité) qui est chargé du transport de l’énergie en France et RT Gaz pour le gaz. RTE achemine donc l’électricité pour qu’elle parvienne, finalement, jusqu’à votre compteur.
Peut-on choisir son fournisseur d’énergie? Jusqu’en 2007 en France, EDF et Engie disposaient d’un monopole sur le marché du gaz et de l’électricité. Avec l’ouverture du marché à la concurrence en 2007, des fournisseurs alternatifs ont émergé comme Eni ou Direct Energie et chacun peut désormais choisir son fournisseur d’électricité et de gaz.
Les fournisseurs « historiques » que sont EDF Bleu Ciel pour l’électricité et GDF Suez Dolce Vita pour le gaz, proposant des offres aux tarifs réglementés, c’est-à-dire fixés par L’État et susceptibles d’augmenter sur décision des pouvoirs publics ;
Les fournisseurs dit « alternatifs » pour désigner les fournisseurs arrivés sur le marché depuis 2007, tels que Direct Énergie (pour l’électricité et le gaz), Planète Oui (pour l’électricité) ou encore eni (pour le gaz), proposant des offres concurrentielles et compétitives, à prix de marché, inférieures aux tarifs réglementés.

Liste des fournisseurs alternatifs Energie Commentaires En savoir plus
Direct Energie
Electricité et gaz
Le leader des fournisseurs alternatifs avec des prix ultra compétitifs.
Fiche fournisseur
Les offres
eni
Gaz Un géant italien du gaz à l’assaut du marché français Fiche fournisseur
Les offres
Planète Oui Electricité Un fournisseur 100% vert qui propose des prix inférieurs aux tarifs réglementés Fiche fournisseur
Les offres
EDF Bleu Ciel Electricité et gaz Le fournisseur historique d’électricité est aussi fournisseur alternatif de gaz! Fiche fournisseur
Les offres
GDF Suez Dolce Vita Electricité et gaz Le fournisseur historique de gaz est aussi fournisseur alternatif d’électricité! Fiche fournisseur
Les offres
Enercoop Electricité Un fournisseur-militant engagé dans un projet écologiste pour le développement des énergies vertes. Fiche fournisseur
Les offres
Lampiris Electricité et gaz Un fournisseur belge pratiquant des prix compétitifs sur le gaz Fiche fournisseur
Les offres
Proxelia Electricité et gaz Un fournisseur de proximité créé par 3 entreprises locales de distribution (ELD) Fiche fournisseur
Les offres
Alterna Electricité Un fournisseur d’électricité 100% verte regroupant de nombreuses ELD Fiche fournisseur
Les offres
Energem Electricité Un fournisseur d’électricité créé par l’Usine d’Electricité de Metz Fiche fournisseur
Les offres
Antargaz Gaz Issu du GPL (propane, butane), Antargaz se développe dans le gaz naturel pour les particuliers et les professionnels Fiche fournisseur
Les offres
Une seule différence : le prix
Choisir son fournisseur de gaz ou d’électricité, c’est choisir le prix de son abonnement et du kWh. En effet, quel que soit le fournisseur que vous choisissez, le service est assuré par le même réseau de distribution : ERDF pour l’électricité et GRDF pour le gaz. Ces deux réseaux de distribution dépendent de L’État et assurent aux consommateurs de toute la France l’alimentation en électricité et en gaz, le maintien de la qualité de cette alimentation, ainsi qu’un service de dépannage en cas de dysfonctionnement du réseau.
La même électricité et le même gaz sont ainsi distribués en France métropolitaine et continentale. Seuls les tarifs de l’abonnement (prix fixe sur toutes factures d’électricité ou de gaz) et du kWh (prix de la consommation de l’électricité ou du gaz) changent en fonction du fournisseur.
C’est ainsi que le fournisseur Direct Energie propose en tarif bleu un prix du kWh 5% moins cher que chez le fournisseur historique EDF, pour un abonnement identique, ou que le fournisseur Planète Oui propose un abonnement 20% moins cher que chez EDF, pour un prix du kWh identique. De son côté, le fournisseur Energem offre trois mois d’abonnement à ses clients.
On le constate, les fournisseurs alternatifs cherchent toujours à proposer aux consommateurs des tarifs inférieurs aux tarifs réglementés pratiqués par les fournisseurs historiques EDF et GDF Suez.
Remarque : une autre différence existe entre les fournisseurs : la qualité du service client. Ainsi le service client du fournisseur Direct Energie a été élu service client de l’année en 2011 et 2012 et 2013.
Une seule règle pour tous les fournisseurs : l’absence d’engagement
La règle chez tous les fournisseurs est la même : l’absence totale d’engagement. Quel que soit le fournisseur que vous choisissez, il est donc toujours possible de résilier son contrat sans frais ni délai.
On comprend dès lors aisément qu’il ne serait pas profitable aux fournisseurs alternatifs d’augmenter leurs tarifs puisque les consommateurs peuvent librement résilier leur abonnement et peuvent également toujours revenir aux tarifs réglementés, sans frais.
Comment trouver le bon fournisseur ?
Les offres varient d’un fournisseur alternatif à un autre. Tous les fournisseurs alternatifs choisissent librement leurs tarifs, même si ceux-ci sont souvent indexés sur les tarifs réglementés.
Pour savoir quel est le fournisseur le moins cher dans votre cas, utilisez un comparateur électricité ou un comparateur gaz qui déterminera l’offre la plus intéressante en fonction de votre consommation d’énergie.
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Les eurodéputés recommandent une harmonisation de l’impôt sur les sociétés

Euractiv – 22/02/2018 – avec Afp –
Alain Lamassoure, auteur du rapport sur l’impôt des sociétés, qui sera voté en séance plénière en mars. [Geert Vanden Wijngaert/EP]
Le Parlement européen incite les pays européens à harmoniser l’impôt sur les sociétés dans toute l’Union en adoptant un rapport allant dans ce sens, concocté par l’eurodéputé français Alain Lamassoure.
« Le but est de parvenir à une définition identique du bénéfice imposable dans les pays européens afin d’en finir avec le jeu de saute-mouton des multinationales qui cherchent à profiter des différences entre nos systèmes fiscaux dans l’Union », assure Alain Lamassoure, du PPE.
Ce rapport, pour l’instant validé par les eurodéputés de la commission des Affaires économiques et monétaires, devrait être adopté en session plénière en mars.
Il est cependant uniquement consultatif, car le Parlement européen n’est pas colégislateur en matière fiscale. Ce sont les États membres qui doivent décider à l’unanimité, ce qui rend toute réforme fiscale dans l’Union toujours très difficile.
Fiscalité: Facebook veut faire amende honorable en Europe
Le réseau social ne va plus centraliser ses revenus publicitaires en Irlande, annonce mercredi son directeur financier. Facebook revendique plus de transparence… et s’évite surtout de futures amendes. Un article de notre partenaire Ouest-France.
Dans ce rapport, Alain Lamassoure (ancien ministre délégué français au budget) apporte sa contribution au vaste chantier de taxation des GAFA, réclamée par la France depuis l’été 2017 et qui doit faire l’objet dans la deuxième quinzaine de mars d’une proposition législative de la part de la Commission européenne.
Il y défend un ancien projet de 2011 – pendant longtemps dans l’impasse en raison des divergences entre les 28 Etats membres – que la Commission européenne a relancé en octobre 2016: celui d’une assiette commune consolidée pour l’impôt sur les sociétés (Accis, NDLR).
Concrètement ce projet ‘Accis’ propose qu’il n’y ait plus qu’un seul lieu d’imposition: un seul contact avec une administration fiscale pour toutes les multinationales ayant une activité dans l’UE et dont le chiffre d’affaires consolidé total est supérieur à 750 millions d’euros,
Dans son rapport, l’eurodéputé propose d’introduire un nouveau critère pour faire un sort à la numérisation des activités: il suggère de prendre en compte le volume des données personnelles numériques collectées et exploitées partout où les services des entreprises sont utilisés.
Vestager promet des avancées rapides sur la taxation des GAFA
A Paris, La commissaire européenne à la Concurrence a qualifié le projet de taxation des GAFA de « train à grande vitesse ». Reste désormais aux 28 États membre à s’accorder sur la manière d’y parvenir. Un article de notre partenaire, La Tribune.
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