La solitude, socle commun de toutes les pauvretés

Ouest-France – 19/11/2018 – Michel Lanternier –
Pour Michel Lanternier, la solitude et l'isolement sont le socle commun de la pauvreté. (Photo d'illustration)
Au lendemain de la Journée mondiale des pauvres, Michel Lanternier, président national de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, estime qu’on parle peu de la solitude. « Cette souffrance au cœur de toute pauvreté, cette souffrance qui dérange »
Les rapports d’étonnement que formulent certains migrants peu de temps après leur arrivée sur notre sol portent souvent cette interpellation : comment se fait-il qu’il y ait chez vous autant de gens seuls ? Au lendemain de la Journée mondiale des pauvres, ce rude questionnement fait écho à la réflexion qui se fait jour depuis plusieurs années au sein des organismes dédiés à la lutte contre la pauvreté et la précarité. Ce qui est vrai pour les migrants est vrai pour toutes les personnes qui sont en situation de pauvreté, depuis des mois, voire des années. Comme elles ne sont plus dans l’étonnement mais dans le combat pour s’en sortir, elles se conforment à ce qu’on attend d’elles : être des pauvres « comme il faut ».
Si on les interroge, elles évoquent en priorité la précarité de leurs moyens qui ne leur permet pas de vivre décemment. Ce qu’elles aimeraient dire au fond sur la réalité de leur souffrance est bien différent mais, elles le savent, n’est guère audible… Quand elles répondent aux questions des médias demandeurs de témoignages pour faire parler les chiffres – revenus, seuil de pauvreté, aides sociales, logement – elles jouent le rôle auquel on les assigne. Pour cette raison, on entend peu parler de cette souffrance au cœur de toute pauvreté, cette souffrance qui dérange : la solitude.

L’isolement, « la pauvreté de l’homme moderne »
Oui, la solitude est la plus grande des pauvretés. Cette conviction s’appuie sur l’expérience des acteurs de terrain et sur le témoignage des personnes aidées. Le trait d’union de tous ceux qui sont – ou se sentent – isolés, abandonnés, qu’ils soient par ailleurs riches ou pauvres. Alors, au lendemain de la Journée mondiale des pauvres, changeons de lunettes pour ne plus nous focaliser sur la pauvreté monétaire et étendons notre vision à un champ bien plus vaste. La pauvreté de l’homme moderne n’est plus liée à une question de revenu ou de position sociale. La pauvreté de l’homme moderne, c’est aussi sa solitude, son isolement.
S’il n’y a pas d’écoute, de considération, d’attention portée à chaque personne et de temps passé avec elle, la lutte contre la pauvreté se réduit à un cache-misère. Il faut voir plus loin, et changer de mode d’action pour inventer des moyens qui prennent en compte la personne, que l’on soit acteur public ou associatif.
La visite de la personne isolée, dans son quartier, à son domicile ou en maison de retraite, dans sa chambre d’hôpital ou dans sa cellule de centre de détention est la condition de son maintien dans un réseau de relations et de contacts vitaux. Bien sûr, cet accompagnement est exigeant et il ne peut être assuré que dans un partenariat entre acteurs du secteur professionnel public ou privé et du secteur du bénévolat associatif.
Ces actions demandent de la disponibilité, du temps et une prédisposition à l’écoute. La prédisposition d’ailleurs ne suffit pas. Il faut s’engager avec le cœur et se laisser toucher. Et c’est là que réside l’essentiel : la Journée mondiale des pauvres, qui se tient chaque année à l’initiative du pape, s’adresse à tous les hommes de bonne volonté, afin que justement ils ne restent pas intacts. Qu’ils aillent vers les pauvres, à la rencontre de leur solitude et qu’à leur tour, reconnaissant qu’ils partagent cette même peur de la solitude, qu’ils se reconnaissent pauvres parmi les pauvres. »

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# dessin / Colère

 Quand les dessins de Kak épousent l’actualité, pour le meilleur et pour le rire.
Gilets jaunes : Macron obligé de tenir

L’Opinion 19/11/2018 Nathalie Segaunes
Face au mouvement des Gilets jaunes, le Président a décidé de tenir bon. Il n’a, en réalité, pas vraiment le choix.
Les faits
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Quand l’adversaire devient un ennemi

Ouest-France 19/11/2018

Jean-François Bouthors est écrivain, journaliste et éditorialiste pour Ouest-France. | OUEST-FRANCE
Point de vue Selon le journaliste et écrivain Jean-François Bouthors, « il est très grave qu’une partie des instances qui devraient incarner le dialogue et la culture démocratique – les partis et les syndicats – perdent de vue leur responsabilité. »
Le secrétaire général de Force ouvrière, Pascal Pavageau, a démissionné de son poste six mois après avoir été élu pour succéder à Jean-Claude Mailly. Il y a été contraint après la révélation, par Le Canard enchaîné, de l’existence d’un fichier des principaux cadres de l’organisation, les qualifiant de manière choquante, injurieuse ou discriminante, mais aussi en raison de leur fidélité ou de leur animosité supposée à l’encontre du leader du syndicat. Son élection, alors qu’il était seul candidat, avait pris le tour d’un désaveu agressif de son prédécesseur, Jean-Claude Mailly.
Mais cette crise n’est pas seulement celle de FO. Ainsi, la CGT a été secouée après la fin du mandat de Bernard Thibault. En effet, les tensions sont vives, non seulement entre les syndicats, mais aussi à l’intérieur de ceux-ci, entre les partisans d’une ligne réformiste et les héritiers des traditions anarchistes ou révolutionnaires.
On a vu des sections d’organisations réformistes rejoindre des cortèges auxquels leurs directions ne voulaient pas s’associer… Sans doute la perte d’influence et d’enracinement des syndicats attise-t-elle les dissensions. Lorsqu’il semble difficile d’avoir voix au chapitre, la tentation du radicalisme se fait plus forte.
Il faut replacer cette situation dans le contexte de la crise démocratique et relationnelle de nos sociétés. Il semble de plus en plus difficile de s’y entendre lorsqu’on ne partage pas le même avis. On le voit sur les réseaux sociaux, où les échanges donnent souvent lieu à des anathèmes, mais aussi sur la scène politique.
La démocratie brutalisée
La manière vindicative dont Jean-Luc Mélenchon a réagi à la perquisition des locaux de la France insoumise en est la plus récente illustration. Mais c’est sur toute la scène politique que l’excès et la mauvaise foi, parfois le mensonge délibéré, font recette, là où l’on attendrait de la maîtrise de soi et du respect. Cette dérive a commencé aux États-Unis lors de la campagne électorale qui a vu la victoire de George Bush père, et Trump en est l’aboutissement.
Ce à quoi nous assistons, c’est à la transformation de l’adversaire en ennemi, à qui l’on ne reconnaît pas qu’il appartient au champ démocratique. Il faut donc le neutraliser ou l’éliminer symboliquement, plutôt que de débattre avec lui. Lorsque c’est le point de vue de l’adversaire qui l’emporte, au terme des procédures démocratiques, faute d’accepter la sanction d’un vote, on instaure aussitôt un débat en « légitimité », pour le disqualifier. La confrontation des idées tourne à la guerre de tranchées.
Ce qui se perd, c’est la très nécessaire civilité démocratique, au profit de stratégies jusqu’au-boutistes et du radicalisme. Derrière ces postures, c’est la confiance dans les institutions démocratiques qui est mise à mal, de manière durable.
Finalement, des réseaux sociaux aux organisations politiques et syndicales, nous sommes devant une sorte de continuum de la brutalisation des rapports sociaux et politiques, qui constitue une forme de régression et un déni des valeurs sur lesquelles notre pays s’est reconstruit après les deux guerres mondiales.
Il est très grave qu’une partie des instances qui devraient incarner le dialogue et la culture démocratique – les partis et les syndicats – perdent de vue leur responsabilité à cet égard. Ils en deviennent les contre-modèles. Le plus pervers de cette situation, c’est qu’ils le font en se revendiquant, aussi souvent qu’ils le peuvent, de la défense de la démocratie.
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Muriel Pénicaud déforme la formation profesionnelle

Siné Mensuel – novembre 2018 – Kate Entriger –
La formation professionnelle ne cesse de se vider de sa substance.  En supprimant les droits à la formation cumulables en heures et en les remplaçant par des droits ouverts en euros, Muriel Pénicaud appauvrit considérablement ce droit essentiel à se former tout au long de sa vie.
Je sais que ça existe, j’y ait droit, mais je ne sais pas comment y accéder. Et les ressources humaines sont incapables de me renseigner.  « Marie, 29 ans, est employée par une grosse entreprise. Le compte personnel de formation (CPF) , elle en a entendu parler mais elle se heurte à la méconnaissance du dispositif Frédéric, développeur de 40 ans nous donne la réponse la plus commune quand on lui demande : « As-tu activé ton CPF (1) ? » « Non, c’est quoi ? » un droit à la formation que possèdent tous les actifs dès 16 ans et qui est en train de passer à la moulinette de la Macronie, sans grand bruit.
Depuis la mise en place du CPF en 2015, chaque salarié cumule 24 heures de formation par année travaillée, jusqu’à atteindre un plafond de 150 heures. Ceux qui n’étaient pas au courant découvrent, des étoiles dans les yeux, que la formation de leurs rêves n’est pas hors d’atteinte.
Puis ils ont vent de la loi pour « la liberté de choisir son avenir professionnel », passée en septembre, et c’est la douche froide. Alors qu’une heure de PCF vaut en moyenne 40 euros, elle devrait tomber à 14,28 euros, à confirmer par décret courant novembre. Ça s’annonçait pourtant plutôt bien, les partenaires sociaux s’étant mis d’accord pour monter à 35 heures par an et à 55 pour les moins diplômés. C’était compter sans Muriel Pénicaud, ministre du Travail, qui a choisi de monétiser la chose. Au lieu de 35 et 55 heures, les actifs auront droit à 500 et 800 euros. Même pas de quoi financer un bilan de compétences qui dure vingt-quatre heures mais coûte entre 1 200 et 3 000 euros. Un « big bang » selon la ministre censé rendre le dispositif moins complexe et moins inégal. En cause, le manque d’information, qui avantage les individus les plus autonomes. Sur les 29,6 millions d’actifs,seuls 5,3 millions ont activé leur CPF.
Se faire financer une formation de base comme le permis de conduire demande une certaine dose de patience. Contacter l’organisme paritaire collecteur agréé (Opca) chez lequel cotise votre entreprise, leur demander le montant maximal de la prise en charge, contacter des auto-écoles pour avoir  des devis, créer son dossier sur le site du CPF, l’imprimer, imprimer celui de l’Opca, renvoyer le tout à ce dernier et attendre le feu vert. Mais au final, on pouvait utiliser vingt de nos heures pour financer un permis à 1 200 euros. Avec le CPF nouvelle formule, supposément plus simple, il faudra attendre deux ans et demi au lieu d’une année.
Certes, le système doit être amélioré. Entre les organismes qui en profitent pour gonfler les prix et les formations qui vous promettent monts et merveilles, qui coûtent un bras et qui vous envoient directement vers la case Pôle emploi, il y a de quoi faire. Le tout sera dorénavant chapeauté par une agence, France Compétences, qui sera chargée de dire quelle formation est bonne et laquelle ne l’est pas. Selon quels critères ? Il faudra qu’elle « concoure au développement des compétences […] à condition de déboucher sur une certification ». Des résultats ! Exit la formation pour son épanouissement personnel.

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Amérique – Une partie de la « caravane » de migrants est arrivée à la frontière avec les Etats-Unis

Le Monde.fr avec Reuters | 15.11.2018

Une caravane de migrants est partie du Honduras il y a un mois en direction des Etats-Unis. Quelques centaines d’entre eux ont pris de l’avance et viennent d’atteindre la ville frontalière de Tijuana.
Certains ont prévu de demander l’asile aux Etats-Unis. D’autres de rester travailler au Mexique s’ils obtiennent un visa. Au moins huit migrants ont franchi la barrière et ont été arrêtés par les agents frontaliers américains. Ces migrants centraméricains fuient la pauvreté et la violence des gangs criminels de leurs pays.
La caravane est parti le 13 octobre de San Pedro Sula au Honduras. Elle a traversé le Guatemala, la frontière mexicaine à Ciudad Hidalgo, et a remonté le Mexique en direction de la Californie.
Le 14 novembre, le secrétaire américain à la défense, Jim Mattis, a rendu visite à des soldats positionnés au Texas. Donald Trump avait en effet décidé d’envoyer 6 000 militaires à la frontière, pour contenir « l’invasion ». Le président avait pris cette mesure controversée en pleine campagne pour les élections de mi-mandat.
Plusieurs milliers de personnes, formant le gros de la caravane, devraient bientôt rejoindre Tijuana.
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Réminiscence – Les Gilets jaunes et le syndrome de 1995

L’Opinion 18/11/2018 Nicolas Beytout
Edito – Après avoir essayé la calinothérapie à la veille des manifestations, avec la brassée de mesures prises en urgence par Edouard Philippe, le gouvernement semble avoir désormais opté pour une stratégie de durcissement face aux Gilets jaunes. Probablement l’Elysée et Matignon ont-ils jugé que la mobilisation du week-end avait été moins impressionnante que redouté. Probablement font-ils le pari que, désorganisé, le mouvement va s’effilocher.
Peut-être ont-ils raison : après tout, même si les points de blocages ont été plus nombreux que prévu, les manifestants ne se sont pas comptés par millions. Mais les slogans griffonnés sur les gilets le disent clairement : c’est Emmanuel Macron qui est directement visé. Et les plus récents sondages confirment cette baisse de popularité, en dépit de son interview réussie sur le porte-avions Charles de Gaulle. Le chef de l’Etat aurait donc tort de négliger ces signaux qui, s’ils ne déclenchent pas aujourd’hui d’alerte rouge, peuvent très bien prospérer à basse intensité et nourrir, des mois et des années durant, le ressentiment. Jusqu’à compliquer, voire entraver systématiquement son action.
Lors des grandes manifestations de 1995, les Français, bien que conscients des enjeux de la réforme des retraites, avaient fini par soutenir massivement les grévistes de la SNCF. Peu importaient les blocages, une certitude s’était installée : le peuple faisait grève par procuration. Jacques Chirac avait lâché, son septennat ne s’en est jamais remis. C’est le risque que court aujourd’hui la majorité : céder, c’est fragiliser tout le quinquennat. Mais les Français, qui savent l’urgence écologique, sont une immense majorité à endosser leur gilet jaune par procuration. Ils sont exaspérés par le ras-le-bol fiscal et la rupture Paris-province. Emmanuel Macron sait donc où on l’attend.
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Les Indégivrables – Manifestation : Gilets jaunes

Le Monde 19 novembre 2018

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En Vrac – Europe et International

Brexit : semaine « intense » de négociations pour Theresa May. La première ministre britannique a précisé, dimanche sur la chaîne Sky News, qu’elle irait à Bruxelles et rencontrerait le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker.
L’Afghanistan face à une épidémie de polio. Confrontés à des difficultés d’accès dans les régions du pays tenues par les talibans, les travailleurs sociaux ne peuvent vacciner les enfants contre la polio. Ailleurs, ils font face à des problèmes sanitaires et à des superstitions, raconte un reportage du New York Times. Dix millions d’enfants afghans ont besoin de ces vaccins.
Afrique Le chanteur Salif Keïta engagé contre la violence envers les albinos. Le musicien Salif Keïta a présenté, samedi, son nouvel album à Fana, ville du Mali où une fillette albinos de cinq ans a été assassinée en mai. Chaque année, des dizaines d’albinos sont victimes en Afrique d’attaques, tués et amputés de leurs membres qui sont ensuite utilisés pour des rituels censés apporter richesse et chance, relate TV5MondeAfrique.
En Chine, la « révolution des toilettes » aura bien lieu. Les Nations unies ont fait lundi 19 novembre la Journée mondiale des toilettes. L’organisation rappelle que 2,3 milliards de personnes de par le monde vivent sans équipements sanitaires. Peu avant cette date, un symposium avait lieu à Pékin, capitale d’un pays très concerné par cette question de santé publique. A lire dans Réveil Courrier
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Vaccins : les procès se multiplient

Alternative Santé – Lettre d’information N° 319 – Édito –
L’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam) est dans la tourmente. La semaine dernière, la cour administrative d’appel de Nantes a tranché en faveur d’un quinquagénaire de la Sarthe engagé dans un bras de fer contre cet établissement public placé sous la tutelle du ministère de la santé. En cause : les préjudices considérables subis à la suite d’une vaccination obligatoire contre la variole lorsqu’il avait dix mois. En effet, une semaine après l’injection du vaccin, des chutes inexpliquées, suivies d’un coma, d’une hémorragie cérébrale et d’un hématome avaient affecté sa santé ; celle-ci s’est encore dégradée à l’âge adulte, avec une perte progressive de la vue à partir de 2009, puis de l’audition un an plus tard.
Sa mère, représentante légale de cet homme aujourd’hui handicapé à 70 %, avait initialement demandé une provision de 400 000 euros. Seuls 50 000 euros lui avaient été accordés par le tribunal administratif de Nantes ; une somme encore trop élevée pour l’Oniam, qui souhaitait voir cette provision plafonnée à 20 000 euros et avait donc fait appel de la décision. Mais après avoir reconnu la réalité du préjudice, son lien avec la vaccination obligatoire et la nécessité de le voir pris en charge par la solidarité nationale, la cour administrative d’appel de Nantes a fini par accorder 80 000 euros à la requérante.
Cette semaine, c’était au tour d’une aide-soignante de demander des comptes à l’Oniam. Plus précisément 1 002 775 euros, dans le cadre d’un procès qui s’est ouvert ce mardi 13 novembre au tribunal administratif de Poitiers. Vaccinée contre l’hépatite B et le ROR (rougeole-oreillons-rubéole) en août et septembre 2011, elle développe dans les heures qui suivent de la fièvre et des courbatures, puis éprouve quelques jours plus tard des sensations de brûlure dans le corps. On identifie à l’époque ces symptômes comme ceux d’une fibromyalgie, encore non reconnue comme maladie en France.
En 2013, le diagnostic s’affine : une biopsie révèle une myofasciite à macrophage, provoquée par la présence dans son corps d’hydroxyde d’aluminium (adjuvant aluminique de nombreux vaccins). Cette maladie très handicapante est désormais bien documentée (notamment par les travaux du Pr Romain Gherardi), et les patients se battent pour être reconnus – via l’association E3M par exemple – face à des autorités sanitaires dans le déni. Pour l’aide-soignante, une première expertise avait, comme c’est souvent le cas, conclu à une absence de lien de causalité entre la vaccination et son état de santé. Ceci malgré une solide jurisprudence et 8 arrêts favorables du Conseil d’État reconnaissant le lien entre aluminium vaccinal et myofasciite à macrophages… L’avocat, suspectant un parti-pris des experts en faveur des laboratoires commercialisant le vaccin, a demandé une nouvelle analyse. Le rapporteur public semble y être favorable ; le tribunal devrait rendre sa décision dans deux semaines.
Gageons qu’avec le refus incompréhensible des autorités sanitaires de prendre au sérieux la question des adjuvants et le passage en force d’une loi étendant à 11 le nombre de vaccins obligatoires pour les enfants, ce genre d’affaires, va, hélas, se multiplier dans les années à venir.
Prenez soin de vous,
Alternative Santé

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Le défi Familles à énergie positive

Biocontact – septembre 2018 – Julien Camacho –
Tous les ans depuis bientôt une décennie, des milliers de volontaires et de foyers français s’inscrivent et participent à un concours de sobriété énergétique : le défi Familles à énergie positive. Convivial, ludique et surtout instructif.
Bien loin de proposer une approche austère des économies d’énergie, le défi Familles à énergie positive (FAEP) réussit le plus souvent à faire adopter par les particuliers des comportements économes dans un esprit de convivialité et une logique d’apprentissage. La sobriété devient alors un choix, individuel et collectif, justement éclairé et averti, qui permet d’économiser tous les ans entre 5 et 7 GWh, l’équivalent de la consommation totale de 400 logements, ou encore du retrait du parc de 500 voitures. Réitéré et amplifié tous les ans, l’impact est réel.


Un défi individuel et collectif L’objectif du concours est de permettre à tous les foyers participants d’atteindre une réduction de leur consommation de l’ordre de 8 %. Ce qui représente en moyenne une baisse de la facture énergétique d’à peu près 200 euros par logement. Pour ce faire, le programme se déroule en trois temps majeurs : le recrutement, le lancement du concours et le maintien de l’implication de toutes et tous jusqu’à la dernière ligne droite avant la coupure des systèmes de chauffage à la fin du mois de mai. Au total, 5 à 6 mois d’investissement pour un défi qui en vaut la chandelle, et sans avoir à la sortir pour s’éclairer !
A l’approche de l’automne et de la période de chauffe des logements (pôle de consommation principal des foyers), les associations et les collectivités du réseau d’animation du concours FAEP se lancent dans le recrutement des participants sur leur territoire. C’est une phase importante durant laquelle la communication doit être la plus large possible autour de l’organisation du concours pour rassembler un maximum de participants. Les enjeux d’un tel ramdam sont doubles : d’un côté, parvenir à toujours faire croître les résultats nationaux de réduction de consommation, et de l’autre, s’assurer d’une bonne dynamique collective locale. Ce dernier ingrédient est certainement ce qui distingue le programme FAEP des autres initiatives sur la sobriété énergétique. Les foyers s’engagent au sein d’équipes, elles-mêmes composées de plusieurs foyers, qui concourent toutes à être celle qui réduira le plus significativement sa consommation d’énergie.
Sur les 6 mois que dure le concours, l’ensemble des équipes seront réunies autour d’événements conviviaux organisées localement (en général au nombre de 3 qui marquent le lancement, la mi-parcours et la clôture du défi). Une bonne manière pour les participants engagés de mesurer l’implication d’autres concitoyens, d’échanger sur leurs expériences respectives et de commencer à constituer une sorte de « communauté ». Entre ces grands rassemblements, des réunions d’équipes se tiennent régulièrement pour maintenir la dynamique de participation, et sur l’initiative le plus souvent d’un ou d’une référente ou d’un ou d’une capitaine d’équipe, qui dédie son temps à la bonne vie du groupe. Elle ou il est un relai indispensable pour les animateurs du concours.
L’originalité de FAEP réside dans ses modalités collectives de participation. Là où de nombreuses propositions reposent sur un changement de comportements individuel, le concours se fonde, lui, sur une inscription des foyers au sein d’équipes regroupant en règle générale de 5 à 10 foyers. Les personnes s’inscrivent donc dès le début dans une
démarche collective accompagnée qui doit leur permettre d’atteindre de façon coopérative l’objectif symbolique des 8 % de réduction. Symbolique à plusieurs égards. D’abord, parce que bien souvent, les participants dépassent cet objectif. Ensuite, parce qu’il est essentiel de valoriser la réussite de démarches volontaristes collectives, de les célébrer. Enfin, parce que le principal enjeu réside bien dans l’acquisition de connaissances et de comportements propres à développer chez les participants, petits ou grands, une certaine maîtrise de leur environnement énergétique. Comprendre, intégrer et maîtriser les sources de consommation pour pouvoir agir dessus au quotidien, en toute connaissance de cause.

Du déclic individuel au changement collectif
C’est l’autre grand objectif du concours, accompagner les personnes et les équipes dans la connaissance des sources de consommation énergétique de leur logement. Et pour ce faire, les territoires s’appuient le plus souvent sur l’expertise des Espaces Infos Energie (en la personne d’un conseiller Infos Energie) ces lieux physiques portés par des associations locales, et dont les missions sont d’informer, de conseiller et d’orienter les particuliers dans leur démarche de maîtrise de la consommation énergétique. Parfois, ce sont les services des collectivités qui animent directement le concours, ou encore, plus rarement, des associations environnementalistes indépendantes.
Sur la base d’un support pédagogique de 100 écogestes, qui vont de petites adaptations à des changements plus significatifs, chaque participant peut agir à sa mesure. Que ce soit dans les pratiques liées à la façon de cuisiner, de s’éclairer, d’isoler son logement, ou encore bien sûr de se chauffer (-1 °C de température ambiante par exemple permet de réaliser des économies conséquentes), les pratiques quotidiennes au sein du logement constituent un vrai terrain de jeu et d’expérimentation. Pour suivre l’évolution de la consommation des équipes, chaque foyer participant a accès à une plateforme en ligne sur laquelle il pourra enregistrer ses index et ses relevés, et qui lui permettra de visualiser (au moyen de graphiques) l’impact de l’adoption d’écogestes. Cette plateforme est également un vecteur de communication pour tenir les joueurs au courant des actualités et des événements liés au concours (ateliers, conférences, rencontres…).
Il s’agit donc d’expérimenter, de toucher du doigt (contextualiser) les effets concrets des changements de comportements et les aménagements dans le logement. En général, lors des premiers mois de participation, une équipe reçoit la visite d’un conseiller énergies au domicile d’un des foyers participants, pour mettre en évidence, à l’aide d’appareils de mesure, l’impact de l’adoption d’écogestes, pour mieux comprendre certains aspects techniques parfois complexes, ou encore pour percevoir ce qui est invisible à l’œil nu (les fameux ponts thermiques, zones d’échanges entre l’intérieur et l’extérieur du bâti).
De l’énergie aux modes de vie
Tous les ans donc, des milliers de citoyens s’impliquent activement pour réduire l’impact de leur habitat sur l’environnement (premier argument évoqué : la réduction de leur facture énergétique). Le concours est d’ailleurs un très bon vecteur de passage aux travaux pour bon nombre de foyers participants auxquels il manquait souvent des informations sur des dispositifs d’aide à la rénovation, comme le crédit d’impôt pour la transition énergétique (1). Car, on le sait, si le premier pas vers la transition est la prise de conscience et du changement de comportement (sobriété), le second, et le plus déterminant pour la transition énergétique massive est celui de la rénovation (dans l’ancien) ou de la performance (dans le neuf) de l’habitat (efficacité). Le troisième objectif s’atteint par la substitution progressive des énergies fossiles (responsables de l’émission de gaz à effet de serre et du réchauffement climatique) par des énergies renouvelables. Ce sont les piliers du scénario de transition (scénario NégaWatt) dont FAEP apparaît comme la porte d’entrée pour les citoyens soucieux de s’impliquer au quotidien en adoptant des modes de vie plus respectueux de leur environnement. Aujourd’hui, les collectivités ont l’obligation de s’engager dans la transition écologique en mettant en œuvre des Plans climat air énergies territoriaux (PCAET), qui requièrent l’implication de tous les acteurs du territoire, citoyens compris. Le défi Famille à énergie positive apparaît dans ce contexte comme un instrument efficace pour impliquer les participants à ces concours dans les politiques locales, de façon conviviale et collective ■
Déjà plus de 40 000 familles à énergie positive ! Pourquoi pas vous ?

Fontevraud- l’Abbaye (Maine-et-Loire), 25 mai 25013 / Familles à énergie positive engagées pour le climat / Photo Ouest Médias pour la Région Pays de la Loire

 

Remise des diplômes aux 5 meilleures équipes par Frédéric Delhommeau (Responsable de l’antenne Paris, de l’association Prioriterre) et par Odile Echivard (les Profénergétiques).

 

• Vous souhaitez agir concrètement et efficacement pour l’environnement ? • Vous souhaitez réduire votre facture énergétique ? (économie moyenne de 200 € réalisée par les précédents participants) • Vous aimeriez impliquer toute votre famille de manière ludique ? • Vous appréciez les occasions d’apprendre et d’échanger en toute convivialité ? • Vous voulez recevoir des informations et des conseils pratiques, adaptés et faciles à mettre en œuvre ? Ce défi est fait pour vous ! Plus d’informations sur les concours près de chez vous : www.familles-a-energie-positive.fr
Publié dans Consumérisme, Résistance

Se libérer en douceur de ses schémas mentaux

Biocontact – novembre 2018 – Caroline Le Tirant –
Vous entendez certainement parler depuis quelque temps d’une technique énergétique appelée Access Bars ou Access Consciousness… En voici un décryptage. En quoi consiste cette méthode, comment la pratique-t-on, et que se cache-t-il derrière cette méthode ? Déposer les valises trop lourdes pour commencer sa nouvelle vie.

Créée dans les années 1995 par Gary Douglas aux États-Unis, Access Consciousness regroupe un ensemble d’outils dynamiques et pragmatiques ayant pour finalité de se défaire de tous les conditionnements conscients ou inconscients de chacun, afin de devenir soi en tant qu’être « infini » et de se révéler au monde. Access Consciousness permet de changer ce que l’on ne parvient pas à faire évoluer, à devenir les réels concepteurs de sa vie, le tout dans la plus grande aisance. Access Consciousness est implantée depuis quelques années déjà en France et y connaît un fort développement depuis peu. Elle est également pratiquée dans 174 pays.
Tout est énergie
Dans son approche, Access Consciousness, facilite les prises de conscience : tout est énergie, il est donc simple de « jouer » avec et de réaliser qu’il existe un nombre infini de possibilités. Être les créateurs de notre vie et ne plus penser ou dire : « je n’ai pas le choix », « Oui mais… », « La vie est ainsi… ». Ce sont nos points de vue qui créent notre réalité et non la réalité qui crée nos points de vue. Il faut pouvoir pour cela se « délester » des croyances et schémas limitants dans lesquels nous nous sommes mis, volontairement ou non.
Simple, rapide et ludique
La méthode propose des processus corporels et des processus verbaux, d’une grande simplicité et applicables par tous. Pourquoi aurions-nous besoin d’un parcours initiatique long, ou devrions-nous être déjà engagé dans les thérapies alternatives pour pouvoir apprendre cette nouvelle approche ? Access Consciousness, c’est le laisser-être, l’abaissement des barrières, le non-jugement, l’épanouissement total en tant que « soi » et « uniquement soi ». Le plus grand principe de la méthode étant : avoir le choix !
Avec Access Consciousness, vous apprenez à poser des questions ouvertes, à oser demander et recevoir mais de façon simple et ludique. Les outils ont été conçus pour que vous puissiez réaliser ce qui « marche pour vous ». Ce avec quoi vous vous sentez en « vibration ». Avoir les processus au quotidien pour se défaire de situations déplaisantes, car vous avez la totale capacité de prendre soin de vous de la manière dont il convient et de jouer avec les processus verbaux afin de faire sortir les énergies et déblayer ce qui est nécessaire. Ces éléments ne sont pas nouveaux pour la plupart, mais ils sont révolutionnaires dans leur façon d’être abordés et présentés. Tout devient facile, joyeux et praticable au quotidien par tous.
Pour accompagner cette véritable philosophie de vie, des processus physiques sont également proposés pour faciliter l’entrée dans le changement avec l’aisance, la joie et l’abondance. Le plus connu de tous reste Access Bars, qu’il est possible de recevoir en séance individuelle avec un praticien Bars, mais aussi d’apprendre lors de journées certifiantes ouvertes à tous.
Créer des « barres énergétiques » au niveau du crâne

Gary Douglas a découvert une cartographie de 32 points symétriques sur le crâne. Ils correspondent par exemple à des domaines tels que l’argent, le contrôle, la créativité, le corps, la sexualité, la gentillesse, la joie… Ces points sont des lieux de « stockage » de nos pensées, idées, croyances, émotions, points de vue sur ces différents sujets. Lors d’une séance individuelle de Bars, le praticien pose ses doigts très légèrement sur la tête, formant ainsi des « barres énergétiques » entre les différents points. Il se crée de ce fait une décharge électromagnétique, on part ici du principe de physique quantique. Ce phénomène facilite la décharge mentale, la libération du trop-plein émotionnel, le déblocage des automatismes et la libération des mémoires cellulaires.
L’activation des points va donc permettre la dissolution des idées fixes et des programmes que vous avez enregistrés pour initier un changement dans l’aisance. C’est une méthode de transformation, douce et non intrusive. Les séances individuelles durent en général entre 45 minutes et une heure, le praticien suit un protocole dédié à la séance de Bars et passe de points en points en fonction de l’énergie qu’il ressent. Ces moments sont également un temps pour soi, invitant à une relaxation très profonde, il n’est pas rare que la personne s’endorme, pour un lâcher-prise tout en douceur.
Une étude scientifique a été filmée et menée par le Dr Jeffrey L. Fannin, neuroscientifique, à la conférence « The Secret Knock » à San Diego aux Etats-Unis en mars 2015, en présence de Gary Douglas, fondateur et Dain Heer, cocréateur d’Access Consciousness. Ce qu’il y a découvert concernant l’activité cérébrale et l’alignement des énergies avant et après une séance de Bars est tout simplement stupéfiant.
Joie et légèreté
Le premier bénéfice des séances est avant tout le retour du bien-être, de la joie, de la légèreté quasi immédiate, mais aussi l’ouverture sur une vision plus large et plus créatrice de votre vie. L’effet exact d’une séance ne peut être déterminé, et son résultat défini, ce ne serait que trop le minimiser. Le praticien aide au déblocage, le receveur, lui, doit s’ouvrir et observer les changements s’opérer au fur et à mesure. C’est ainsi qu’un nombre de séances ne peut être établi, des résultats surprenants surviennent après 1 séance comme après 3 ou 4.
Qui peut recevoir une séance ? Absolument tout le monde, de tous les âges et de toutes les conditions physiques, il n’existe aucune contre-indication à une session de Bars. Elle se pratique partout du moment que vous puissiez être confortablement installés.

Au-delà des séances individuelles, la méthode propose en une journée de devenir praticien Bars, soit apprendre la technique énergétique d’Access Bars mais aussi les processus verbaux, le mantra Access, la formule de déblayage, la phrase insensée… et les outils de base tellement puissants. De quoi plonger dans l’univers Access Consciousness et en ressortir transformé(e). Ouvertes à tous, ces journées offrent la possibilité de pratiquer et de recevoir deux fois les Bars en travaillant en binôme. Les enfants sont tous les bienvenus. Ces rencontres occasionnent partages, rires, émotions et rencontre avec les créateurs à travers leur vidéo. Vous repartirez avec un certificat en poche, ainsi qu’avec tous les supports écrits nécessaires à la bonne pratique. Dès lors, vous devenez praticien Bars et pourrez donner les Bars à titre personnel ou professionnel. Le fait de devenir praticien vous permet de faire partie d’un réseau très actif, et d’échanger gratuitement des séances Access Bars entre praticiens pour ressentir et rester dans les énergies du changement.
Ces techniques, outils et processus transformationnels sont conçus pour aider à dépasser les limites et les carcans qui, quelques fois, empêchent d’avancer. Pratiques, dynamiques et pragmatiques, ils permettent de choisir une nouvelle façon de vivre sa vie. Elle devient alors légère et pleine de choix. Comme le dit Dain Heer, « et si être vraiment toi était le cadeau, le changement, et la possibilité que ce monde requiert » ?
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Une saison avec un berger dans les Alpes françaises

 La montagne de velours vert zébrée de pierriers, terrain de jeux idyllique pour randonneurs entre massif de Belledonne et vallée de la Maurienne, est son royaume de juin à fin octobre. Un endroit somptueux qui peut rapidement virer au sombre quand on garde près de 1.300 bêtes vulnérables. « Ma première brebis tuée, ce que j’ai ressenti immédiatement, c’est que j’avais échoué, j’avais manqué à mon devoir », dit le berger avec gravité. « J’ai trouvé tout de suite la carcasse, une grosse tache rouge. Des trous de crocs sur le cou, la cage thoracique arrachée… cœur, poumons et foie bouffés.
 Le métier, qui se maintient en France avec un millier de bergers ovins, est solitaire et le choix de vie radical. Il attire beaucoup de jeunes gens en reconversion, qui ne tiennent souvent que quelques saisons. « Partout où on va, on est étranger. On attire la curiosité, souvent un mélange de peur et de fascination », dit Gaétan.
 Jimi Hendrix dans l’alpage
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Réveiller l’idéal européen

Ouest-France  03/04/11/2018

March 12, 2018. REUTERS/Yves Herman

Edito « Si la construction européenne devait commencer à se défaire, ce devrait être un drame pour les membres de l’Union mais aussi au niveau mondial », déclarait, aux Échos, Thierry de Montbrial, spécialiste des relations internationales. L’Europe pourrait être un contrepoids dans un monde où « la compétition entre les États-Unis et la Chine va dominer ».
Cela nous concerne directement. Pendant que les États-Unis se replient, la Chine étend son influence jusqu’en Europe. Le centre de gravité du monde bascule vers l’Asie. Deux présidents de la République viennent d’alerter sur ce bouleversement.
Pour Emmanuel Macron, l’Europe «risque de perdre sa souveraineté, c’est-à-dire que sa sécurité dépende des choix américains », et d’avoir « une Chine de plus en plus présente sur ses infrastructures essentielles, une Russie parfois tentée par la manipulation», déclarait-il à Ouest-France.
L’ancien président Nicolas Sarkozy interpelle. Le monde est «à deux vitesses: ceux qui avancent chaque jour plus vite et ceux qui sont à l’arrêt. Hélas, l’Europe est à l’arrêt… Le monde n’a jamais été aussi concurrentiel. Est-ce le moment de nous diviser? Certainement pas, ce serait une folie!»
L’Histoire nous enseigne le danger de telles divisions. Le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale invite à y réfléchir : 18 millions de personnes sont mortes dans cette guerre effroyable, ayant engendré la Seconde Guerre mondiale, encore plus meurtrière !
Indispensable unité
Il faut donc tirer les leçons du XXe siècle. Pour Emmanuel Macron, en 1918, «nous avons gagné la guerre, mais nous avons perdu la paix. La grande force des dirigeants de l’après Seconde Guerre mondiale, ayant construit l’Europe […] : ils ont décidé non pas de mettre à genoux celui qui a perdu, mais de mettre ensemble ce avec quoi on faisait la guerre, le charbon et l’acier.» Depuis, nous vivons la plus longue période de paix.
Mais aujourd’hui, des vents de division soufflent en Europe. Certains, en France, voudraient transformer les élections européennes en un référendum contre la politique du président de la République. Alors qu’un sursaut constructif des Européens est indispensable.
Et, il est possible. Car les mêmes valeurs unissent les Européens, massivement attachés à la démocratie. Pour plus de 90 %, «la démocratie peut avoir des problèmes mais elle est mieux que n’importe quelle autre forme de gouvernement» (1). C’est plus fragile dans les jeunes démocraties de l’Est. Mais opposer de manière simpliste les progressistes aux nationalistes donnera prise aux antieuropéens et attisera les divisions.
Car, les Européens sont bousculés par la mondialisation et le thème de la « préservation » apparaît, observe le politologue Philippe Poirier : «De plus en plus d’Européens s’inquiètent du devenir de leur nature, de leur qualité de vie, de leur corps, de leur identité» (2).
Ni l’exploitation des peurs ni le clientélisme ne mobiliseront les Européens. Il faut, pour retrouver l’unité, se souvenir de l’idéal européen : «Un idéal fait d’espérance de paix, une paix consolidée par une solidarité entre les pays, un refus des égoïsmes nationaux car ils divisent par la rivalité qui prévaut alors; un idéal de générosité envers les peuples moins favorisés, expliquait François Régis Hutin. Il s’agit de bâtir, autant que faire se peut une communauté, c’est-à-dire un ensemble où chacun apporte au tout, où le tout apporte à chacun… Ne bradons pas cet idéal.» (3)
(1) European Values Study 2017. (2) paperjam.lu/news. (3) Ouest-France, 25-3-17.
Jeanne Emmanuelle Hutin
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Hôpitaux à vendre

Siné Mensuel – novembre 2018 – Patrick Pelloux –
Pour le monde libéral, la Sécurité sociale et le service public hospitalier sont des anomalies historiques et politiques. Le discours du président Macron prononcé le 18 septembre et intitulé « Ma santé 2022 » est instructif à plus d’un titre. Il jette les bases, non pas d’une modernisation de ces systèmes, mais de leur destruction.
Nous l’avons vu le mois dernier avec la prétendue fin de la sélection des étudiants en médecine, cette manière qu’a Macron de dire ce qu’il ne fera pas… tout en le faisant est désormais la signature de son style politique ! Quand il dit : « Nous ne fermerons pas d’hôpitaux », il faut entendre : « Nous n’allons pas les fermer mais les changer », ce qui a la même finalité.
Un exemple ? La maternité de Creil, dans l’Oise : il n’y a aucune raison médicale ni sociale de la fermer, d’autant qu’un bâtiment a été construit pour la rénover. Le bassin de population est sinistré avec plus de 40 % de chômage, des femmes qui accouchent seules…
Bref, s’il y a un territoire de santé qui a besoin d’un accès aux soins et d’une maternité, c’est bien celui-là. Pourtant, contrairement à ce que prétend le président, ce lieu de proximité va fermer ! Les habitants devront parcourir une dizaine de kilomètres pour se rendre dans une maternité. Alors que nombre d’entre eux n’ont pas les moyens d’avoir un véhicule! Et ils devront surtout attendre, car à chaque fois que des regroupements ont lieu, des lits sont fermés, favorisant ainsi les cliniques privées qui augmentent leurs profits. Pourquoi cet oubli de la notion du service public ?
Les grands de la finance ont réussi à tout contrôler à leurs plus grand bénéfice par le truchement des banques et des assureurs.  Aux États-Unis, la question de la santé était tellement prégnante humainement et politiquement que Clinton et le Parti démocrate aveint tout fait pour inventer une sorte de sécurité sociale à l’américaine.
Le public privé de tout
Dans certains discours, les démocrates faisaient référence à la France. Cela a débouché sur l’Obamacare, une loi sans précédent au pays du capitalisme et du libéralisme ! Depuis, Trump a réussi à la saboter. Bilan : quarante millions de personnes sont sans couverture maladie aux États-Unis ! En France, un tel discours est plu difficile à tenir car nous sommes un pays profondément social depuis la Révolution française et la Commune de Paris, même si les libéraux veulent casser cette réalité politique. Et ils attaquent sur deux axes : la Sécurité sociale est en déficit et il serait nécessaire de donner tout ou partie aux assureurs… D’où le développement des assurances complémentaires et des systèmes mutualistes qui tendent à devenir des assureurs. L’autre axe est que l’hôpital public doit changer.
Le président l’a annoncé dans son discours : le privé doit entrer davantage dans le public et un changement de statut des médecins hospitaliers se profile. L’argent et l’appât du gain sont en train de faire chavirer l’esprit des médecins hospitaliers ! Le plus probable est que la chirurgie et l’anesthésie soient les premiers secteurs à être privatisés dans les hôpitaux publics. D’ailleurs, ce sont eux qui ont les plus grosses consultations privées !
Le reste des hôpitaux publics devenant la structure des plus pauvres et des plus vieux… Face à ces changements, les politiques de gauche sont aveugles, sourds et muets ! Après tout, on n’a que ce qu’on mérite !
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Mea culpa – S’il veut réussir, Macron doit revenir aux origines

L’Opinion 15/11/2018 Nicolas Beytout
EditoRarement aura-t-on vu président de la République faire aussi ouvertement son mea culpa. Entendre Emmanuel Macron avouer qu’il n’avait pas « réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants » était, lors de son interview sur TF1 mercredi soir, un moment politique inédit.
Combler ce fossé entre le peuple et le pouvoir est un défi immense. Cette fracture est en effet celle au fond de laquelle prospère le populisme, ce rejet, parfois cette haine pour tout ce qui est qualifié d’élites, les puissants, les « gros ». Elle traverse la plupart des sociétés occidentales, et les gouvernements, lorsqu’ils n’ont pas sauté à pieds joints dedans, ont du mal à la réduire. Un défi immense, donc, mais qui peut être relevé.
Il faut pour cela revenir aux origines de la conquête d’Emmanuel Macron, et aux engagements du candidat. Ce sont eux qui ont suscité de l’espoir, même chez les électeurs qui n’avaient pas fait de lui leur premier choix ; ce sont eux qui nourrissent le désespoir. Il promettait des résultats, ça tarde ; il vantait une méthode, on attend toujours les effets d’une hypothétique nouvelle façon de faire de la politique.
Le président de la République doit donc retrouver le fil de sa campagne électorale, ses innovations, ses ruptures, son énergie : le porte-à-porte des « marcheurs » n’est plus dans la boîte à outils présidentielle ? L’écoute de la société civile peut le remplacer. L’administration a repris la main ? Le combat contre les normes et les taxes doit être relancé et le spoil system imposé aux grandes directions des ministères. La province se sent ignorée de Paris ? Les déplacements en régions, à l’instar des meetings électoraux, peuvent aider à retisser le lien. L’image du chef de l’Etat s’est inversée ? Il doit montrer plus de « considération » pour les Français.
Une méthode, des résultats et un style nouveaux. « Vaste programme ».
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