Voeux 2018

A toutes et tous, une année harmonieuse, riche d’expériences et de découvertes.

Accueillons l’imprévisible avec confiance.

Portez vous bien et restez vivants !

L’équipe d’Inventerre

Publié dans Culture | Tagué

Non, le monde n’est pas « transparent » !

TéléObs – 11/12/2017 – Jean-Claude Guillebaud –
Vietnam (PBS)
Derrière tout spectacle médiatique rôde une intention manipulatoire. Si l’essentiel demeure dissimulé, à l’inverse ce qui nous est donné à voir ne l’est jamais par hasard.
Depuis septembre dernier, beaucoup discutent avec passion du dernier grand documentaire sur la guerre du Vietnam (1). « TéléObs » avait relayé une partie de ce débat médiatique qui se révèle fondamental pour notre vision du journalisme. Le 23 novembre, la prestigieuse « New York Review of Books » a consacré huit pages, laudatives pour l’essentiel, à ce documentaire de neuf heures (pour la version destinée à l’Europe). Au-delà d’une réussite cinématographique exemplaire – choix des séquences, qualité des interviews, richesse de la bande musicale -, le contenu de cette investigation rétrospective est riche en révélations.
Je pense, par exemple, au cynisme des trois présidents américains successifs que furent Lyndon B. Johnson, Gerald Ford et Richard Nixon. Cynisme ? On ne pensait pas qu’il pouvait être aussi « carré ». La diffusion des conversations téléphoniques de ces présidents avec leurs secrétaires d’État – notamment Robert McNamara et Henry Kissinger – est édifiante. On découvre que depuis le début ils savaient que les États-Unis ne pourraient jamais gagner cette guerre. S’ils ont continué malgré tout à la mener, c’est pour l’honneur – pensaient-ils – de l’Amérique.
Cette guerre « perdue d’avance » aura ainsi fait près de 2 millions de victimes parmi les Vietnamiens, et elle aura tué 58 000 GI. Telle est l’affolante vérité qu’on découvre véritablement, preuve à l’appui, quarante-deux ans après la chute de Saïgon. En d’autres termes, on croyait connaître cette funeste aventure militaire qui fut un événement scruté, commenté, interprété par des milliers de journalistes du monde entier. Mais c’est seulement aujourd’hui que l’on est en mesure de comprendre ce qui s’est réellement passé là-bas entre 1964 et 1975.
La leçon ne vaut pas que pour le Vietnam. Elle vient battre en brèche une illusion colportée depuis des décennies : celle d’une pseudo-transparence du monde. Aujourd’hui encore, nous croyons trop souvent que tout ce qui se passe sur la planète est immédiatement accessible à notre curiosité. Cette conviction est si répandue qu’elle suscite d’infatigables analyses sur les thèmes du village global, de la vidéosurveillance planétaire, etc.
Or, rien n’est plus faux. Le monde, en réalité, est presque aussi opaque qu’autrefois. Nous ne voyons jamais que ce qu’on veut bien nous montrer. Régulièrement, une urgence stratégique en apporte la preuve. Mais, curieusement, cette évidence est vite oubliée et on en revient irrésistiblement à des illusions dont c’est peu de dire qu’elles ont la vie dure.
Lorsqu’une nouvelle guerre survient, il n’est guère de région du monde qui ne soit médiatiquement scrutée, auscultée et racontée en temps réel. Du coup, une illusion finit par s’imposer d’autant plus facilement que le moindre fracas d’obus tiré là-bas retentit à l’instant même dans le monde entier. Telle guerre, dit-on, se déroule sous nos yeux. Ce n’est évidemment pas vrai. Cette prétendue proximité médiatique est un leurre où se trouve piégée notre intelligence des choses. Dès lors que quelque chose de décisif vient bousculer la donne, l’information véritable redevient aussitôt problématique. Les médias sont tenus à l’écart et le secret stratégique, ce bon vieil allié du soldat et des États, reprend ses droits.
Rien n’est plus mystificateur que cette prétendue visibilité de l’Histoire en train de se faire. En vérité, le fameux robinet à informations peut se fermer en un tournemain et, aujourd’hui comme hier, c’est la traditionnelle opacité du réel qui triomphe à nouveau. La règle, caricaturalement illustrée durant les guerres récentes, c’est celle d’une vraie-fausse présence au monde qui induit une vraie-fausse connaissance. Notre ignorance, en vérité, est encore plus vaste que notre entendement. C’est en citoyen qu’il faut en tirer une conclusion : si l’essentiel demeure dissimulé, à l’inverse ce qui est médiatisé ne l’est jamais par hasard.
Derrière tout spectacle médiatique rôde une intention manipulatoire. Le spectacle du monde est rarement donné à voir en toute innocence. Le plus souvent, il est conceptuellement et intentionnellement vendu ou maquillé. Bien sûr, on ne doit rien exagérer. Le combat du journalisme contre la dissimulation ou le truquage remporte de très belles victoires. Il possède ses héros qu’il faut saluer, chapeau bas. Sachons seulement que, pas plus aujourd’hui qu’hier, ce combat n’est gagné d’avance. En temps de guerre surtout, le premier devoir du citoyen s’exprime en deux verbes simples : douter et questionner.
(1) « Vietnam », de Ken Burns, diffusé sur Arte en septembre dernier.
Publié dans Médias | Tagué

Réfugiés : le nouvel appel à l’hospitalité du pape François

Dimanche 14 janvier, à l’occasion de la 104e Journée mondiale des migrants, le pontife romain a réitéré son appel à l’égard des réfugiés, avant d’entamer une tournée au Chili et au Pérou, lundi.

Le Monde | 15.01.2018
Editorial du « Monde ». Depuis le début de son pontificat, en mars 2013, le pape François a une parole qui bouscule son Eglise quitte à déranger ses fidèles. Il l’a encore montré, à la fin de l’année 2017, en admonestant sévèrement la curie romaine. Mais il ne dévie pas de sa route, en premier lieu dans son combat pour l’accueil des migrants. Dimanche 14 janvier, à l’occasion de la 104Journée mondiale des migrants et des réfugiés, Jorge Bergoglio, issu lui-même d’une famille d’émigrés italiens venus en Argentine, a employé des mots forts.
« Tout immigré qui frappe à notre porte, a-t-il souligné, est une occasion de rencontre avec Jésus-Christ, qui s’identifie à l’étranger de toute époque, accueilli ou rejeté. »
Le pontife romain, qui entame lundi 15 janvier un voyage au Pérou et au Chili, a fait écho aux réticences, voire au refus, de l’accueil qui s’expriment dans l’Eglise catholique :
« Les communautés locales ont parfois peur que les nouveaux arrivés perturbent l’ordre établi, volent quelque chose de ce que l’on a construit péniblement. Les nouveaux arrivés aussi ont des peurs, ils craignent la confrontation, le jugement, la discrimination, l’échec. Ces peurs sont légitimes, elles se fondent sur des doutes parfaitement compréhensibles d’un point de vue humain. »
Certaine frilosité exprimée
En avril 2016, François était rentré d’une visite sur l’île grecque de Lesbos en embarquant dans son avion trois familles de réfugiés syriens musulmans. Ce geste symbolique avait été diversement apprécié au sein de la communauté catholique. Le 14 janvier, il a réitéré avec force son appel à l’hospitalité : « Ce n’est pas un péché d’avoir des doutes et des craintes, a-t-il affirmé. Le péché, c’est de laisser ces peurs déterminer nos réponses, conditionner nos choix, compromettre le respect et la générosité, alimenter la haine et le refus. Le péché, c’est de renoncer à la rencontre avec l’autre. » Un langage qui sonne comme une mise en garde aux gouvernements européens et un rappel à l’ordre de la communauté catholique.
L’éclairage:   Journée mondiale des migrants : le pape François lance un nouvel appel à l’hospitalité
Depuis l’appel du pape en septembre 2015, plus de 3 000 réfugiés ont été accueillis dans les diocèses de France. De nombreux signes montrent cependant que, à la base, les catholiques manifestent une certaine frilosité. Un sondage de l’IFOP indiquait, en novembre 2016, que, si 44 % des Français se déclaraient favorables à l’accueil des migrants, les catholiques pratiquants n’étaient que 46 % à partager cet avis. C’est la crainte de voir s’incruster un islam jugé conquérant ou communautariste qui est agitée. Pour Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France, « suivant les quartiers, des personnes ont pu se sentir en insécurité culturelle ». L’archevêque de Marseille plaide pour qu’« une plus grande place soit donnée à la raison, non pas simplement aux slogans et aux peurs ».
Le souverain pontife se veut aussi pragmatique – en Birmanie, en novembre 2017, il avait défendu la cause des Rohingya sans prononcer leur nom – et reconnaît qu’« un gouvernement doit gérer le problème avec la vertu propre au gouvernant, c’est-à-dire la prudence ». Il invite les migrants à « connaître et respecter les lois, la culture et les traditions des pays qui les accueillent ». Au moment où le projet de loi « asile et immigration » fait l’objet de nombreuses critiques, jusqu’au sein de la majorité, Gérard Collomb devrait s’inspirer de l’humanisme du pape. Dans le strict respect de la laïcité.

Publié dans International, Politique, Solidarité | Tagué ,

Le bonheur est dans le parc

En France, une hausse de 10 % des espaces verts autour des ­habitations pourrait permettre d’économiser chaque année 56 millions d’euros sur les traitements de l’asthme, et 38 millions sur ceux de l’hypertension artérielle.
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 16.01.2018  | Par Sandrine Cabut

Dix mille pas et plus. Petit sondage à l’usage des lecteurs citadins : à quelle distance est le parc le plus proche de votre domicile (ou de votre lieu de travail), et qu’y avez-vous fait la dernière fois que vos pas vous y ont porté ? Pour les employés du Monde, Montsouris est à 1,1 km, soit 1 500 à 1 800 pas. L’équipe des « runners » du journal y trottine au moins une fois par semaine. Ce poumon de 15,5 hectares du 14e arrondissement de la capitale est aussi un lieu privilégié pour marcher, organiser des pique-niques, bouquiner au bord du lac pendant que les enfants profitent des aires de jeux. Ou pratiquer d’autres activités plus ou moins avouables. « Le parc Montsouris c’est le domaine/où je promène mes anomalies/où j’me ­décrasse les antennes/des mesquineries de la vie », chanta Jacques Higelin.

Mais qu’on s’y décrasse les antennes, les poumons ou les gambettes, les parcs et autres espaces verts urbains sont indiscutablement des vecteurs de santé mentale et physique, dont les effets sont de mieux en mieux établis par la science.
Même sans y mettre les pieds, un îlot de nature peut être bénéfique pour notre organisme, comme en témoignage une étude américaine publiée en 1984 dans la revue Science. Roger Ulrich a suivi la convalescence de 46 patients opérés de la vésicule biliaire, une moitié bénéficiant d’une chambre donnant sur des arbres, l’autre ayant vue sur un mur de brique. Devinez quel groupe a consommé moins d’antalgiques, et a quitté l’hôpital en moyenne un jour plus tôt ! ­
Depuis, des centaines d’études ont exploré d’une ­façon ou d’une autre les liens entre ­espaces verts ­urbains – dont la définition est éminemment variable – et santé. Cette abondante littérature a été décortiquée dans un passionnant rapport du bureau ­européen de l’Organisation mondiale de la santé de novembre 2016, intitulé « Urban Green Spaces and Health ». On y découvre par exemple que des études menées en Australie, au Royaume-Uni ou encore en Suède ont retrouvé – avec un niveau de preuves variable – un impact positif des espaces verts sur la santé mentale : diminution des symptômes anxieux ou ­ dépressifs, meilleur développement cognitif et amélioration des signes de trouble de déficit de l’attention et d’hyperactivité (TDAH) chez l’enfant.
Bénéfices des espaces verts

Aller régulièrement dans un parc réduit par ailleurs les risques de diabète, de maladies cardiovasculaires, d’accouchement prématuré, la mortalité de différentes causes… Bref, les bénéfices sont potentiellement importants pour la santé publique, et pour les caisses d’assurance-maladie.
En France, une hausse de 10 % des espaces verts autour des ­ habitations pourrait permettre d’économiser chaque année 56 millions d’euros sur les traitements de l’asthme, et 38 millions sur ceux de l’hypertension artérielle, ont calculé des économistes du cabinet Asteres, en s’appuyant sur les données d’une étude néerlandaise. Ces estimations sont issues du rapport « Les espaces verts urbains : lieux de santé ­publique, vecteurs d’attractivité économique », rendu public en mai 2016.
Quoique encore imparfaitement compris, les bénéfices sanitaires des espaces verts relèvent d’au moins quatre mécanismes. Ces environnements permettent une moindre exposition à la pollution de l’air, aux bruits et à la chaleur des villes ; ils diminuent le stress ; ils facilitent la cohésion sociale et favorisent l’activité physique, thème obsessionnel de cette chronique.

De plus, le green exercise serait encore plus profitable pour la santé qu’un exercice équivalent en pleine ville. Ainsi, les effets sur le cœur et les poumons d’une promenade de deux heures dans Hyde Park sont bien meilleurs que ceux d’une balade dans la très fréquentée Oxford Street, selon une étude chez des Britanniques de plus de 60 ans, en bonne santé ou atteints de bronchite chronique ou d’insuffisance coronarienne (Lancet, décembre 2017). Alors, pour vos 10 000 pas quotidiens, ou simplement pour faire une pause, poussez jusqu’au parc.
Publié dans Nature, Santé, Science | Tagué

Le défi #ZéroFoieGras sur les réseaux sociaux

Biocontact magazine – janvier 2018 –
Le 15 septembre dernier, le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert annonçait l’affectation de 700 000 euros d’argent public  à la réalisation d’une nouvelle campagne de promotion du foie gras.
Voici la réalité que ces publicités ne mentionneront pas : pour fabriquer un foie gras , l’éleveur saisit la tête de l’animal et lui enfonce un tube de 20 à 30 cm dans l’œsophage. En l’espace de 3 secondes, 45 grammes de nourriture sont ainsi déversés directement dans son jabot. L’acte est violent que l’animal halète, régurgite, suffoque. Problèmes digestifs et respiratoires, difficultés à marche, lésions, voire perforations de l’œsophage : le gavage sans souffrance n’existe pas. Ce n’est pas un hasard si le taux de mortalité durant le gavage est 10 à 20 fois supérieur à la normale. Chaque année dans l’Haxagone, 35 millions de canards mâles sont ainsi gavés deux fois par jour. Les 35 millions de canards femelles, elles ont été éliminées dès la naissance.
Bien que 51 % des français soient favorables à l’interdiction du gavage, le gouvernement s’acharne à maintenir sous perfusion une filière dont la production a chuté de 40 % depuis 2015du fait de la grippe aviaire. Seul un boycott massif de la part des consommateurs permettra d’envoyer un message fort à l’État et aux professionnels de l’élevage. C’est pourquoi Welfarm lance le challenge #ZéroFoieGras. Le principe : il suffisait de s’inscrire sur le site et de s’engager à ne consommer ni foie gras, ni confit durant les fêtes de fin d’année (magrets et confits de canards étant, eux aussi, issus de canards gavés, ils sont synonymes de souffrance au même titre que le foie gras). depuis novembre, les bénévoles de Welfarm sillonnent l’ouest de la France à la rencontre des consommateurs pour leur proposer de rejoindre le mouvement : près de 2 000 personnes ont déjà relevé le défi !
Welfarm recommande de n’acheter aucune sorte de foie gras, pas même ceux portant le label rouge, puisque les canards sont gavés comme les autres. Le label biologique, quant à lui, interdit l’alimentation forcée des animaux. C’est pourquoi le foie gras biologique n’existe tout simplement pas.
Pour rappel, la production de foie gras est interdite dans 12 pays d’Europe. Et quant à l’Inde, Israël, la Californie, Sao Paulo et la Suisse, ils ont même proscrit son importation. Enfin, la branche anglaise d’Amazon ainsi que Coop Italia (première grande chaîne de distribution d’Italie) l’ont retiré de leurs rayons. La France, premier pays producteur et exportateur de foie gras au monde, voit donc peu à peu les marchés internationaux se refermer et sa consommation nationale diminuer : l’achat de foie gras par les ménages a encore chuté de 10 % en 2016 et 33 % des français refusent d’en manger pour des raisons éthiques.
Publié dans animaux | Tagué

Langage moderne d’ancien monde

Le billet de Michel Schifres
En 780 signes, un regard décalé, piquant et ironique sur l’actualité
L’Opinion 14/01/ 2018
Ces temps-ci, certaines idées politiques volent si haut qu’on a du mal à les apercevoir. Leur expression est pourtant imagée. Ainsi Jack Lang va jusqu’à qualifier Donald Trump de « président de merde » et Nathalie Kosciusko-Morizet juge l’ère Macron « chiante comme la pluie ». Autant de termes frappants qui font « moderne » et qui, dans l’esprit des auteurs sans doute, présentent l’avantage d’être compréhensibles par tout le monde. Bref le charretier entre en politique, bousculant des habitudes d’ordinaire plus policées. Que la grossièreté devienne un « élément de langage », que la vulgarité permette d’exister, hélas… On remarquera toutefois qu’elles émanent de personnalités de « l’ancien monde ». Ce qui incline à l’indulgence : il est si difficile d’être quand on a été.
Michel Schifres  mschifres@lopinion.fr

Publié dans chronique, Humour, Politique | Tagué , ,

#dessin / Le très utile Monsieur Philippe

L’Opinion 15/01/2018 Ludovic Vigogne
Edouard Philippe en vitesse de croisière

Après huit mois, le Premier ministre Edouard Philippe a trouvé sa place auprès d’Emmanuel Macron. Et il saura y rester. Pour l’instant, cela en fait un chef du gouvernement indispensable pour le Président
Publié dans Humour, Politique | Tagué ,

Eclaircie – NDDL: Les Républicains volent en piqué sur Emmanuel Macron et maintenant l’évacuation

L’Opinion 17/01/2018  Ludovic Vigogne
Si c’est Edouard Philippe qui s’est mis en avant sur le dossier, le parti de Laurent Wauquiez a ciblé le chef de l’Etat
L’Opinion – Evacuation Après l’abandon de Notre-Dame-des-Landes, l’avenir de la ZAD en question 

La victoire est historique mais l’avenir incertain. Les occupants de la « zone à défendre » (ZAD) de Notre-Dame-des-Landes ont certes célébré mercredi l’abandon du projet de transfert de l’aéroport…
Publié dans Nature, Non classé | Tagué , ,

Coup dur – la suppression de l’incitation fiscale à l’actionnariat solidaire

Biocontact magazine – janvier 2018 – Finansol
Le 20 octobre 2017, lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2018, l’Assemblée nationale a amputé sans ménagement le dispositif fiscal favorisant l’investissement des particuliers au capital des entreprises solidaires. Finansol et tous ses membres s’élèvent avec force contre cette mesure injuste qui va casser le développement des entreprises solidaires et des associations qui placent l’intérêt général au cœur de leur activité en luttant contre le chômage et le mal-logement des Français les plus vulnérables.
L’actionnariat solidaire est un mécanisme d’investissement qui permet à tout particulier de souscrire des parts ou actions d’entreprises, agréées par les pouvoirs publics, exerçant des activités de solidarité, telles que la lutte contre le chômage et le mal-logement, ou contribuant à la transition écologique. C’est la forme de financement citoyen la plus directe et la plus efficace.

Plusieurs acteurs de la solidarité ont recours à ce dispositif : par exemple, les foncières d’Habitat et Humanisme, de la Fondation Abbé-Pierre, du Secours catholique ou de Solidarités nouvelles pour le logement (SNL). Pour eux, ce mode de financement est indispensable pour renforcer leurs fonds propres, ressources dont le secteur manque cruellement, afin d’acheter des logements et de les proposer à des personnes en très grande précarité.
En ne maintenant pas les incitations fiscales à l’actionnariat solidaire à l’occasion de la transformation de l’ISF en IFI (impôt sur la fortune immobilière) – alors qu’elle les a maintenues pour le don –, l’Assemblée nationale signe l’arrêt de mort des entreprises solidaires qui ont besoin de lever beaucoup de fonds propres. Pourtant, ces acteurs ont démontré leur efficacité au service de la solidarité et des territoires. Rien qu’en 2016, elles ont permis de créer ou consolider 49 000 emplois (notamment en insertion), de reloger 5 500 personnes, de développer l’entrepreneuriat dans les pays les plus pauvres. Un impact social majeur, à mettre en regard du coût dérisoire de cette incitation fiscale, estimé à moins de 10 millions d’euros par an pour le budget de l’État. Les acteurs de la finance solidaire, regroupés au sein de Finansol, appellent les pouvoirs publics à rétablir de la cohérence dans leur action et à respecter les engagements pris par Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République. Pour rappel, le président de la République avait fait du développement de la finance solidaire l’un des quatre piliers de son plan d’action en faveur de l’économie sociale et solidaire.
Il est donc indispensable que le Parlement maintienne les mesures en vigueur en faveur de l’actionnariat solidaire, supprimées en première lecture par l’Assemblée nationale, afin que les entreprises solidaires puissent poursuivre et intensifier leur action au profit de la cohésion sociale.
Finansol / 34 bis, rue Vignon / 75009 Paris / Tél. : 01.53.36.80.60 / Site : www.finansol.org

logoAvec la finance solidaire, votre argent prend de la valeur. Vos convictions aussi.

Publié dans Solidarité | Tagué

Russie – En Sibérie, le mercure est descendu à – 62 °C !

Ouest-France 16/01/2018 Par Jean-Baptiste Gaudey
Oïmiakon, petit village de Sibérie de 500 âmes, a enregistré une température de – 62 °C, ces jours-ci. C’est le village habité le plus froid au monde ! Son record ? – 72 °C, en 1926. Ça jette un froid !
Quand les 512 habitants d’Oïmiakon mettent le nez dehors, à cette époque de l’année, il n’est pas rare que le mercure frise avec les – 50 °C. C’est frisquet. Mais le pire était à venir : les températures sont tombées ces derniers jours à – 62 °C. Ce qui fait d’Oïmiakon, le lieu habité le plus froid du monde.
Une chance pour les gamins du village russe : ils ont eu le droit de sécher l’école ! Quand le mercure tombe sous les – 52 °C, les autorités d’Oïmiakon considèrent que c’est tout de même un peu froid et qu’il vaut mieux rester au chaud. Mais à – 51 °C, zou, tout le monde sur le pont !

Pour vivre dans ce village, à 350 kilomètres au sud du cercle polaire Arctique, la population a dû accepter certaines contraintes : dehors, les moteurs des voitures tournent en permanence, sous peine de voir l’essence se solidifier ; pas de téléphone portable, à ces températures, il serait endommagé. Moins de 30 secondes après être sortis du fleuve, les poissons sont congelés.
Et c’est normal, ce temps ?

Les environs d’Oïmiakon. (Photo : Maarten Takens/Wikimédia)
Oïmiakon, pour situer plus précisément, c’est dans l’extrême Est de la Russie, à 9 243 km de Moscou par la route. Ces kilomètres se parcourent (quand tout va bien) en 126 heures. Parfois il y a l’avion, mais pas toute l’année. Bref, c’est loin, et c’est très isolé.
Malgré cela, le village est connu dans le monde entier et il attire quelques touristes : c’est là qu’aurait été enregistrée, le 26 janvier 1926, une température de – 72,6 °C. Un record absolu pour un lieu habité. Le conditionnel est de mise, car personne n’est vraiment sûr de ce chiffre, qui n’est pas le fruit d’une mesure mais d’un calcul réalisé par Sergueï Obruchev, un géologue. À partir de la température relevée dans une station météo du coin, il avait, par extrapolation, obtenu la valeur de – 72,6 °C.
Même si ce n’est pas précis précis et que les autres villages du coin grelottent autant, on est tout de même dans le vrai. En janvier, la température moyenne est de – 46,4° C. En février, de – 42 °C. En mars, de – 31,2 °C. Il faut attendre le mois de mai pour que les températures moyennes repassent dans le positif (2,7 °C). Juillet est le mois le plus chaud (14,9 °C en moyenne, avec des pointes ponctuelles à 25-30 °C). Mais l’été est alors déjà presque fini et les températures dégringolent vite.
Pourquoi y fait-il si froid ?

(Photo : Maxim Shemetov/Reuters)
C’est le sort de toute cette région du nord-est de la Sibérie : le climat est de type continental (aucune mer dans le coin pour faire tampon), froid (le cercle polaire n’est pas bien loin). La capitale régionale, Iakoutsk (300 000 habitants), à deux jours de route, est d’ailleurs considérée comme la ville la plus froide du monde.
Si c’est pire à Oïmiakon, c’est sans doute à cause des montagnes qui l’entourent. Elles bloquent un air glacial sur le village pendant les longs mois d’hiver, où le soleil ne se montre que trois heures par jour.
Pourquoi construire un village dans un tel endroit ?
Pas besoin d’être un champion du jardinage pour le deviner : quand il fait entre – 40 et – 50 °C une bonne partie de l’année, rien ne pousse vraiment bien, à part les stalactites de glace. À Oïmiakon, le sol ne dégèle d’ailleurs jamais. Et les habitants ne peuvent rester que très peu de temps dehors pendant l’hiver.

Oïmiakon revendique le titre de lieu habité le plus froid du monde. (Photo : Maxim Shemetov/Reuters)
Alors, pourquoi s’y installer ? À l’origine, ce n’était qu’un campement d’été pour les nomades éleveurs de rennes. Le long de la rivière d’Oïmiakon, qui ne gèle jamais selon les habitants du village, les pâturages sont verts. Mais dès l’automne venu, les troupeaux fuyaient ces lieux désolés.
Ce n’est que dans les années 1930 qu’un habitat permanent s’y est développé. Les urbanistes soviétiques, dans un grand élan planificateur, avaient décidé que ce serait bien que les nomades le soient un peu moins. Et qu’ils se fixent quelque part une bonne fois pour toutes. Ils leur ont construit des maisons reliées à un système de chauffage collectif (qui transforme les maisons en sauna… quand il n’est pas en panne), une école, un magasin, quelques rues et une route qui les relie au vaste monde. Mais rien n’y fait. La population, au mieux, stagne.
Publié dans International, Nature | Tagué , ,

Mercredi 17 janvier : Accès libre – « En direct de Mediapart »

Au menu de notre émission « En direct de Mediapart », retransmise en accès libre sur notre site : la politique migratoire du pouvoir avec l’avocat François Sureau ; le réveil de la société iranienne ; un état des lieux des oppositions de gauche et la situation des députés de La France insoumise, communistes et socialistes à l’Assemblée. Parmi nos nombreux invités : Benoît Hamon.

18h-18h30. Retour sur nos enquêtes
18h30-19h. Asile, immigration, le projet répressif du pouvoir
19h-20h. Iran : la révolte des oubliés, le réveil de la société
20h30-21h30. Benoît Hamon
21h30-22h30. Ce que font les gauches à l’assemblée

L’équipe de Mediapart

Publié dans Débats Idées Points de vue, Médias | Tagué , ,

Où es-tu, Xavier Dupont de Ligonnès ?

Charlie Hebdo – 12/01/2018 – Iegor Gran –
L’autre jour, dans la queue au supermarché, je vois un type peu causant, yeux marron, cheveux bruns taillés court, visage rondouillard mais pas trop, front haut, menton roublard, sourire aux dents blanches, silhouette passe-partout. Aucun doute n’est permis, c’est Xavier Dupont de Ligonnès. Le temps que j’appelle la police, il s’est volatilisé. Plus tard, j’entre dans mon immeuble, et qui je vois dans l’ascenseur ? Toujours lui, Xavier Dupont de Ligonnès. Il n’a peur de rien, ce mec, je me dis. D’un autre côté, mon immeuble est sans doute le seul endroit de France que les gendarmes n’ont pas fouillé, alors c’est logique qu’il s’y cache. J’appelle les flics, j’expose mon affaire, je sens qu’ils ne me croient pas beaucoup – il y a eu tellement de fausses pistes.

Plus tard, comme je prends l’autobus, je remarque le chauffeur. Il fait tout pour éviter mon regard. Normal, c’est Xavier Dupont de Ligonnès. La preuve, quand je lui dis « Nantes » et « boulevard Robert-Schuman », il se trouble et fait semblant de n’avoir rien entendu. Je descends en catastrophe, j’entre dans le premier commissariat venu pour faire ma déposition, et là, derrière le pupitre, vêtu de l’uniforme des forces de l’ordre, que vois-je ? Toujours lui, qui me toise, narquois, l’air de dire « essaie de m’attraper maintenant ». Je comprends soudain la lenteur de l’enquête – il parvient à la saboter de l’intérieur.
Dépité, je sors du commissariat pour m’asseoir dans un café, où Xavier Dupont de Ligonnès prend ma commande, tandis que trois Xavier Dupont de Ligonnès (dont un en jupe et un autre en poussette) s’installent à la table à côté et bavardent comme si de rien n’était. Je ne peux que constater la perfection de ses déguisements. Le soir dans mon lit, comme je me touche un peu histoire de dormir serein, je sens Xavier Dupont de Ligonnès qui se raidit dans ma main, puis qui redevient flasque, soulagé qu’on ne l’ait pas encore retrouvé.

Publié dans Médias | Tagué

Esclavage, le grand retour ?

Ouest-France – 16/01/2018 – Olivier Grenouilleau, historien – 
Novembre 2017 : CNN nous montre des hommes noirs, vendus aux enchères sur un marché en Libye. En rapport avec la « question des migrants », ces images ont fait le tour de la planète, suscitant une indignation quasi générale. Un fait en masquant médiatiquement d’autres, on en oublie que, depuis des années, la presse se fait aussi l’écho du sort que connaissent des femmes sénégalaises, parties en toute bonne foi comme domestiques pour l’Arabie Saoudite ou les pays du Golfe avant d’y être détenues dans des conditions pouvant être jugées comme proches de l’esclavage ; ce pour quoi elles avaient parfois été « vendues », dans le pays de départ, par des « maisons de placement ». On en oublie aussi, entre autres, le combat mené, depuis des années, par Biram Dah Abeid, dans sa lutte contre les pratiques esclavagistes en Mauritanie.
Manquant d’une vraie définition juridique internationale, j’avais, il y a quelques années, tenté de cerner les contours de l’esclavage à partir de quatre éléments définissants. Quel que soit le lieu ou l’époque, l’esclave est généralement un « Autre » ou transformé en un autre, du fait de préjugés variés (physiques, culturels, religieux…) et à la suite de processus marqués par la violence et le marché. Il est totalement possédé – légalement ou de fait – par un « maître » pouvant en user comme il l’entend. Du fait de ces trois premiers caractères, l’humanité de l’esclave est en sursis, son « maître » pouvant le traiter comme un homme, un animal ou une chose. Plusieurs millions de personnes, de par le monde, sont sans doute, aujourd’hui, dans ce genre de situation.
Plus difficile à combattre
Cela ne veut pas dire que rien n’a changé. Grâce à l’action des abolitionnistes des XVIIIe et XIXe siècles, l’esclavage a été progressivement aboli en droit. Là où il subsiste ou se développe, ce ne peut donc être, dans la quasi-totalité des cas, que de manière illégale. Mais c’est aussi ce qui le rend plus difficile à combattre. Une convention internationale de 1926 considérait que l’esclavage revenait à exercer un droit de propriété ou ses attributs sur une personne.
Que faire lorsqu’il s’agit d’une possession de fait et non de droit ? Ce qui complique aussi les choses, ce sont les amalgames. Toute expérience mutilante de la liberté, contraignante ou dégradante, tend aujourd’hui à être qualifiée d’esclavagiste. Des salariés soumis à l’ubérisation de leur métier peuvent ainsi être qualifiés d’esclaves modernes. Mais les prolétaires de l’âge industriel, qui pouvaient travailler quatorze heures par jour, pour ne pas mourir de faim, et dont les enfants étaient emportés par une effrayante mortalité infantile, étaient-ils des esclaves ? Non.
Pour lutter contre les actuelles formes d’exploitation de l’homme, sans doute faut-il tenter de comprendre les mécanismes en jeu, les intérêts cachés, les préjugés tenaces. Sans doute faut-il aussi que le droit dise clairement les choses, à l’échelle internationale, afin de discerner ce qui relève ou non de formes de travail légales et légitimes. Un texte d’août 2013 permet, en France, de poursuivre le fait d’utiliser les services d’une personne en situation de vulnérabilité ou de dépendance contre une rémunération visiblement non raisonnable. La notion de rémunération renvoie au travail, forcé ou contraint. La situation de dépendance ou de vulnérabilité fait plutôt penser à une situation de nature esclavagiste. Le temps n’est-il pas venu de penser des catégories actualisées d’exploitation de l’homme ?
Publié dans Débats Idées Points de vue, Droit de l'humain | Tagué ,

En Vrac – Europe

La Norvège va interdire les élevages de fourrure. Le gouvernement a décidé d’interdire cette production d’ici à 2025, en démantelant de manière progressive ses 200 à 250 fermes, qui exploitent 610 000 visons et 150 000 renards.
Un zoo tue des lionceaux par « manque de place ». Les animaux devenaient trop gros et devenaient agressifs : les responsables du zoo de Boras Djurpark en Suède ont euthanasié neuf lionceaux en bonne santé ces dernières années. Leurs tentatives de les confier à d’autres institutions ont échoué. L’occasion de découvrir comment les zoos s’efforcent de contrôler les naissances de certains animaux, raconte le journal allemand Die Welt.
Tensions en Grèce après une nouvelle vague de réformes. La Grèce a voté lundi plusieurs mesures sociales et économiques censées lui permettre de sortir du plan de sauvetage européen, qui maintient le pays à flot depuis 2015. Ce programme court jusqu’au mois d’août.

Athènes espère que le texte, adopté à la demande de ses créanciers et en dépit des manifestations et des grèves qui ont paralysé plusieurs grandes villes du pays, sera le dernier et permettra l’approbation, par les ministres des finances européens le 22 janvier, du versement de 4,5 milliards d’euros d’aide. Les syndicats avaient appelé à des manifestations pour protester notamment contre un durcissement du droit de grève, inclus dans le texte, rappelle l’agence de presse AP. Parmi la centaine d’autres mesures figure aussi la vente aux enchères en ligne forcée des biens immobiliers appartenant à des propriétaires ne pouvant plus payer leurs crédits et des coupes dans les prestations familiales.
Depuis 2015, sous le gouvernement d’Alexis Tsipras, les aides aux familles défavorisées, particulièrement fragilisées par la crise économique, ont été augmentées. Un reportage du magazine allemand Der Spiegel raconte le quotidien d’une famille monoparentale dont l’existence a été transformée en trois ans grâce aux aides d’Etat. Mais, rappelle le journal, les critiques du premier ministre voient dans cette politique une stratégie pour regagner la confiance des électeurs, alors que les mesures d’austérité imposées dans le pays par les créanciers ont écorné sa popularité. D’autant que, dans le même temps, nombre de retraités vivent sous le seuil de pauvreté et que la reprise économique reste poussive, comme l’expliquait récemment le journal suisse Le Temps. Athènes peut certes mettre en avant sa prévision de taux de croissance de 2,4 % pour 2018, un excédent budgétaire primaire de 3,57 % du PIB et des recettes touristiques records pour 2017 (en hausse de 13 % par rapport à 2016) mais « la machine étatique demeure grippée et les réformes structurelles sont enlisées », écrit le quotidien
Le Monde 16 janvier 2018
Publié dans animaux, Economie, Europe | Tagué , ,

Les Indégivrables – Nouveau média …

Le Monde 16 janvier 2018
20 minutesLe Média: Le premier JT en direct créé par des membres de La France insoumise sera lancé lundi à 20 heures
Publié dans chronique, Humour, Médias | Tagué ,

Dérobade

Le billet de Michel Schifres
En 780 signes, un regard décalé, piquant et ironique sur l’actualité 
L’Opinion 11/01/2018
Mais pour quoi nous prend-on ? Sans doute trop fragiles pour lire les pamphlets abjects de Céline. L’éditeur Gallimard avait caressé le projet de les publier. Il en a suspendu l’idée. Il renonce, se courbant devant la polémique, cédant aux censeurs pour qui ces brulots antisémites ne sauraient être portés à la connaissance du public. Ce n’est pas la liberté d’expression qui est en cause : les odieuses « Bagatelles pour un massacre » se trouvent ailleurs. Ce qui risque de l’être en revanche, c’est le droit de lire, de former son jugement et de jouir de sa liberté d’esprit loin des corsets du temps. Justifiant sa dérobade passagère, Antoine Gallimard a expliqué agir « au nom de ma liberté d’éditeur » (certes) et « de ma sensibilité à mon époque ». C’est bien le problème.

Publié dans chronique, Débats Idées Points de vue, Humour | Tagué , , , ,