Le noir le plus noir du monde découvert par hasard par des chercheurs

Ouest-France – 17/09/2019 –
Le noir le plus noir du monde. Des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), aux États-Unis viennent de fabriquer involontairement un matériau qui repousse les limites de l’obscurité. Une couleur encore plus profonde que le Vantablack, matériau jusqu’alors considéré comme le plus sombre de tous.
En 2012, Surrey Nano Systems, une entreprise britannique spécialisée dans les nanotechnologies, inventait le Vantablack. Constituée de nanotubes de carbone, cette matière absorbe la lumière à 99,965 %.Cette prouesse sans précédent vient d’être surpassée par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), aux États-Unis. Ces derniers ont mis au point un matériau encore plus sombre, absorbant 99,995 % de la lumière entrante, sous tous les angles, résume le site MIT News, dans un article publié le 12 septembre dernier.
Du Vantablack, matière absorbant la lumière à 99,965 %. (Photo : Surrey Nano Systems)
10 fois plus sombre que le noir le plus noir
C’est sans le vouloir qu’ils ont fabriqué « un matériau dix fois plus noir que tout ce qui a été observé auparavant », constitué des mêmes nanotubes microscopiques de carbone, alignés à la verticale. En fait, les chercheurs du MIT essayaient seulement, à l’origine, d’en augmenter les propriétés électriques et thermiques.
« Le noir le plus noir est une cible en constant mouvement, commente Brian Wardle, professeur d’aéronautique et d’astronautique au MIT, à l’origine de la découverte avec l’ancien chercheur du MIT Kehang Cui, aujourd’hui professeur à l’université Jiao-tong de Shanghai. Un jour, quelqu’un trouvera un matériau encore plus noir et alors nous comprendrons enfin tous les mécanismes sous-jacents permettant de concevoir le noir ultime. »
Curiosité des sciences et des arts
Pour évaluer l’étendue de la découverte, l’artiste Diemut Strebe a confronté cette nouvelle couleur à la réflexion d’un diamant jaune naturel de 16,78 carats, évalué à 2 millions de dollars. Résultat : recouvert du matériau, le diamant disparaît entièrement, ne diffusant plus aucune lueur, ne laissant passer aucun scintillement. L’œuvre est actuellement exposée à la Bourse de New York.
Leur heureuse découverte suscite déjà la curiosité du milieu de l’aérospatiale. MIT News informe ainsi que l’astrophysicien John Mather, lauréat du prix Nobel, explore déjà la possibilité d’utiliser ce matériau pour protéger les télescopes spatiaux des lumières parasites et ainsi pouvoir, par exemple, observer des exoplanètes.
La BMW X6 Vantaback, exposée depuis le 14 septembre au salon de l’automobile de Francfort, revêtue du « noir ultime ». (Photo : Capture d’écran Instagram / levitation_29)
« Les instruments optiques comme les caméras et les télescopes doivent se débarrasser des reflets indésirables, explique l’astrophysicien. Aimeriez-vous observer une Terre en orbite autour d’une autre étoile ? Pour ça, il nous faut quelque chose de très noir. Un noir assez fort pour résister au lancement d’une fusée. »
Un pigment unique qui pourrait également agiter le monde de l’art. La découverte du Vantablack, alors considéré comme le « noir ultime » avait amené plusieurs artistes à se disputer son exclusivité. https://www.ouest-france.fr/culture/polemique-lartiste-anish-kapoor-veut-se-garder-le-noir-ultime-4070913 Organisé du 14 au 22 septembre, le salon de l’automobile de Francfort, a tout récemment mis en lumière l’obscurité de cette couleur sur la dernière BMW X6. Une peinture qui fait perdre la quasi-totalité des reflets à la carrosserie du véhicule. Mais désormais, c’est une certitude, il y a plus noir que le noir.
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« La Perche », une première paille en paille pour oublier le plastique

Le Perche – 22/08/2019 –
La première paille en paille made in Orne suscite l’engouement. Pour faire face à la demande, les porteurs du projet devront investir dans du matériel et créer une start-up.
Les pailles« jolies et utilisables » seront bientôt dans de nombreux verres et desserts.Les pailles« jolies et utilisables » seront bientôt dans de nombreux verres et desserts.
La moisson a débuté fin juillet 2019, dans les champs de l’Earl Les Gaillons, à Courgeoût (Orne). Les tiges de seigle qui poussent ici serviront à fabriquer une paille en paille : La PercheUn projet plein de bon sens et une première alternative française sérieuse à la paille en plastique.
L’initiative, portée par le designer parisien Jeff Lubrano et l’agriculteur percheron Mike Sallard, suscite l’intérêt des professionnels comme des particuliers. La paille La Perche, pas encore livrée, est déjà un succès.
Jeff Lubrano (à gauche) et Mike Sallard. Jeff Lubrano (à gauche) et Mike Sallard. (©Le Perche )
Restauration collective et cuisine étoilée
Le produit 100 % local est ensuite stocké et travaillé à Bellême (une commune de 1 500 habitants, située dans le département de l’Orne en région Normandie). Il a reçu l’aide de nombreux contributeurs, depuis sa médiatisation, début 2019. Une campagne de financement participatif a permis de récolter 16 000 €. Et de nombreux CHR – cafés, hôtels, restaurants – ont joué le jeu, notamment dans l’Orne. En tout, « 6 à 10 millions de pailles La Perche seront fabriquées », estime Jeff Lubrano, « dont un bon tiers est déjà commandé. »
Une paille en paille, il fallait y penser !Une paille en paille, il fallait y penser ! (©Le Perche)
Une prouesse, sachant que les commandes en ligne n’étaient jusqu’alors pas ouvertes. « Elles le sont depuis mi-août. » Parmi les clients : la société Sodexo, en charge de la restauration scolaire pour la Communauté urbaine d’Alençon. À compter de septembre, nous lui livrerons 6 000 pailles par mois. Mais aussi des établissements prestigieux, étoilés.
Moisson tardive mais exceptionnelle
Les associés Mike Sallard et Jeff Lubrano pourront répondre à la demande. « Notre première moisson a débuté tardivement mais est exceptionnelle. » Afin de couper les tiges de seigle sur les 11 ha de parcelle, les deux hommes utilisent une lieuse. « Une machine des années 40 retapée. Elle fonctionne très bien, c’est l’outil parfait pour ne pas abîmer la paille.« Les céréales sont vendues à la coopérative Biocer.
Les restaurateurs du Perche ont joué le jeu et pré-commandé des pailles. Les restaurateurs du Perche ont joué le jeu et pré-commandé des pailles. (©Le Perche )
La paille, elle, est stockée dans un hangar ventilé, avant d’être mise au gabarit (deux formats sont proposés : 13 et 21 cm), stérilisée et conditionnée dans l’atelier de 160 m2 que les associés louent (dans la pépinière d’entreprises de Bellême). Les pailles gravées le sont au sein du Fab lab de l’Elabo.  
Comment faire face à la masse de travail ?
Nous avons conclu un partenariat avec l’IME (Institut médico-éducatif) du Perche. Des équipes vont venir nous aider à préparer les pailles, dès septembre. De nouvelles machines sont également en cours d’installation, dans l’atelier.
Pari gagné
Le projet La Perche tient ses promesses. « La récolte est au niveau espéré. Et ce que l’on a théorisé fonctionne. Nous sommes super-contents« , confie Jeff Lubrano. Les pailles « jolies et utilisables » seront bientôt dans de nombreux verres et desserts.
La paille en paille est une alternative intelligente au plastique. La paille en paille est une alternative intelligente au plastique. (©Le Perche )
Pour faire face aux commandes futures et développer de nouveaux projets autour de produits biosourcés (lire encadré), Jeff Lubrano et Mike Sallard, aujourd’hui réunis au sein de l’association « Bien mieux », envisagent de créer une start-up : Créative culture.Elle pourrait rejoindre l’incubateur de projets innovants « Normandie incubation ».
Des couverts en paille et des cotons-tiges… en tige de céréale
Les associés Mike Sallard et Jeff Lubrano ne manquent pas d’idées. Avec leur future start-up, ils ambitionnent de développer des produits biosourcés. « L’idée est de travailler à partir des coproduits de l’agriculture. Ceux qu’on n’utilise pas aujourd’hui, ceux dont on ne sait pas quoi faire. » Ainsi, les chutes de paille issues de la fabrication de « La Perche » pourront servir à la création de packaging. « Le broyat de pailles, mêlé à un liant naturel et local, pourra être thermoformé », explique Jeff Lubrano. « On pourra en faire un contenant, ou bien réaliser des couverts. » Le process est actuellement étudié, en collaboration avec l’Institut polytechnique UniLaSalle de Rouen. Le reste de la tige de seigle non utilisé pourrait, lui, servir à la fabrication de cotons-tiges.
Autre projet : « La sucette normande ». Elle comporterait une friandise à la pomme, fixée au bout d’un bâtonnet de seigle. L’emballage serait biodégradable et ensemencé, afin de semer des fleurs. « Ce serait la première sucette au monde sans bâtonnet en plastique », assure Jeff Lubrano.
Ce dernier réfléchit également à l’utilisation des rafles de raisins et des écales de sarrasin. Pour tous ces projets, le Percheron est en contact avec la Chambre régionale d’agriculture de Normandie. « Elle nous aide à orienter nos recherches ici, dans l’Orne, afin de trouver des alternatives intelligentes au plastique. »
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La Pologne, qui achète des armes US à tour de bras veut aussi héberger une base américaine

Le Canard enchaîné – 18/09/2019 – Claude Angeli –
« Fort Trump » : la Pologne a été ainsi surnommée par les officiers français chargés des relations internationales et stratégiques a l’état-major des armées. C’est, en effet, le pays européen qui reçoit le plus d’assistance militaire de  de Washington, celui qui achète énormément d’armes aux États-Unis et prévoit de dépenser 47 milliards de dollars, d’ici à 2026, pour ce genre d’emplettes. Autre dépense envisagée : le Premier ministre polonais a annoncé que son gouvernement pourrait investir deux milliards de dollars dans le but d’aménager une base ou 4 500 américains viendraient camper en permanence et disposeraient d’un terrain d’entraînement, d’équipements tout confort et de dépôts d’armes. 
Mais cela ne saurait suffire, comme l’ont appris les services français de renseignement : un financement de l’Otan, s’élevant à 230 millions d’euros pourrait s’ajouter à ces deux milliards de dollars investis par la Pologne. La France, qui contribue naturellement au budget de l’Otan, serait donc impliquée, sans vraiment l’avoir voulu, dans cette installation d’une base américaine, non loin de la Sainte Russie. Reste un souci diplomatique pour Washington : Poutine tolère sans trop grogner la présence par intermittences de militaires US non loin de chez lui, mais pas plus…
A Paris, la Pologne est désormais considérée comme un client « captif » des États-Unis, et les vendeurs d’armes européens l’ont d’autant plus mauvaise que les généraux de Varsovie sont insatiables, comme le prouvent les informations recueillies par la Direction du renseignement militaire. Quelques exemples : leur intention est d’acheter 32 F-35, l’avion de combat US le plus cher sur le marché mondial, car il a été conçu pour échapper, en principe, aux radars adverses. Le contrat en discussion prévoit que l’industrie aéronautique polonaise fournirait certaines pièces détachées au constructeur de ces F-35, le groupe Lockeed Martin. Mais, à Varsovie comme à Washington, d’aucuns suggèrent plutôt un achat moins onéreux au même fabricant : 32 avions F-16, qui s’ajouteraient aux 46 appareils du même type que possède déjà l’armée polonaise. 
Lockheed-Martin F-35 Lightning II
Emplettes au pentagone
Le 3 septembre, toujours selon les services français, des responsables polonais se sont rendus au Pentagone afin de faire connaître leurs besoins. Parmi la liste des achats envisagés : deux batteries antiaériennes et antimissiles Patriot, 185 missiles  antichars Javelin avec 60 postes de tir, 5 avions-cargos C-130 Hercules, des hélicoptères, des sous-marins et des drones. Si, une fois qu’ils disposeront de cet arsenal, les Polonais ne sont pas rassurés et les Russes pas terrorisés, c’est à douter de l’intérêt qu’il y a de posséder une pareille quincaillerie militaire.
Face à cette gourmandise en armes de Varsovie, les industriels européens et français n’en finissent pas de se lamenter. Le groupe italien Leonardo est en pourparlers pour la vente d’une trentaine d’hélicoptères de combat. Quant à la firme européenne MBDA (dont l’État français est actionnaire à 37 %), elle espère pouvoir fournir aux polonais des véhicules à chenilles dits « tueurs de chars » et armés de missiles sol-air. Quelques miettes que les Américains n’ont peut-être aucune envie d’abandonner à leurs concurrents.
Mais pourquoi Macron se désolerait-il de voir ses vendeurs d’armes éconduits dans cette Pologne qui craint et déteste Poutine, collectionne les armes US et veut accueillir bientôt une base américaine ? Il devrait plutôt se réjouir de n’être en rien associé à ce « Fort Trump », au moment où il entame son « virage russe » avec l’espoir de parvenir à un rapprochement diplomatique et politique avec Moscou.
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À l’école, la pleine présence vaut mieux que les grands discours

INREES – 18/09/2019 – Matthieu Stricot –
© D.R
Avec le déploiement du programme Peace, depuis fin 2014, la pleine présence essaime dans les établissements scolaires de plusieurs pays francophones. À ce jour, plus de 10 000 élèves en ont bénéficié. Se recentrer sur le souffle et le corps, savoir prendre le temps, tisser du sens… Les pratiques méditatives permettent l’épanouissement intellectuel et émotionnel des enfants. Des outils précieux pour développer les compétences transversales sur lesquelles insiste le projet de l’Éducation nationale.
De nombreux enseignants sont présents dans la salle, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), pour la conférence de l’Association méditation dans l’enseignement (AME). Ils observent avec attention Élisabeth Couzon, qui inspire et expire, gonflant et dégonflant la balle de respiration avec ses mains. C’est avec cette balle extensible, composée de plusieurs arêtes reliées entre elles, que les enfants apprennent à respirer selon des rythmes qui permettent de s’apaiser ou de se concentrer, dans le cadre du programme Peace (1). La formatrice et instructrice s’applique à développer ce programme laïque de méditation de pleine conscience auprès des jeunes.
Créé il y a quatre ans, Peace s’étale sur dix semaines, à raison d’un quart d’heure, deux fois par semaine. « On commence par le souffle et le corps les quinze premiers jours », explique l’instructrice MBSR (Mindfulness-Based Stress Reduction ou « Réduction du stress basée sur la pleine conscience »). À l’aide de la balle, les jeunes apprennent à respirer selon des rythmes qui permettent de s’apaiser ou de se concentrer. La troisième semaine, ils travaillent l’ancrage et la verticalité avec des méditations sur l’arbre. La concentration et l’attention sont abordés la quatrième semaine, au son des clochettes ou en écoutant les bruits environnants. La cinquième semaine est consacrée aux émotions, afin de s’attaquer au stress la semaine suivante. « La septième, on aborde la confiance en soi : il vaut mieux se focaliser sur ses qualités plutôt que de s’acharner sur ses défauts. Ce qui permet d’aborder, ensuite, l’écoute, la bienveillance et l’altruisme. Et on termine par la capacité à transmettre », précise Élisabeth Couzon.
La respiration du petit écureuil
Si les thèmes sont les mêmes de la maternelle au supérieur, la méthode pédagogique utilisée varie. « Avec les plus jeunes, on raconte, par exemple, l’histoire du petit écureuil : on va regarder comment il respire, il va sentir son ventre, son corps », précise l’instructrice MBSR. Dans les établissements ayant expérimenté la méthode, les effets sont notables. « On note des effets positifs sur les qualités d’attention et de concentration, une réduction de l’impulsivité, une capacité à repérer ses émotions, les nommer, savoir les accueillir et les laisser glisser sans arriver à des comportements compulsifs », explique Élisabeth Couzon.
Sa collègue Patricia Pinna met en place le programme, depuis deux ans, au collège de Pont-Rousseau, à Rezé (Loire-Atlantique). L’année dernière, toutes les classes de sixième, soit 152 élèves, l’ont pratiqué. Douze enseignants sont pleinement engagés dans la démarche, auxquels il faut ajouter d’autres enseignants volontaires.
Lancer un tel programme n’a pas été sans difficulté. « La première inquiétude était liée au temps pris sur le programme de progression pédagogique ». Aussi, les résultats sont différents d’une section à une autre. Un programme de deux fois quinze minutes a ses limites. « Pour certains profils plus sensibles, il y aurait besoin d’un accompagnement plus approfondi », fait remarquer l’instructrice.
« La pleine présence, du pas à pas »
Mais notant des résultats positifs, le collège de Pont-Rousseau souhaite continuer l’expérience l’année prochaine. « Je n’imaginais pas les différents effets positifs que le programme pouvait avoir. Le programme Peace a essaimé chez les enseignants, qui en profitent à titre personnel aussi bien que professionnel », reconnaît le principal, Vincent Payen. Ça demande du temps et un investissement financier mais avec un vrai retour dessus ». À tel point que d’autres chefs d’établissement intéressés le contactent pour appliquer le programme chez eux.
« L’idée, c’est que les enseignants s’imprègnent de l’outil pour être libres de l’utiliser à tout moment, précise Patricia Pinna. On continue d’alimenter les élèves de cinquième avec des professeurs formés. On espère ensuite qu’ils porteront la parole en quatrième et en troisième ».
L’instructrice ne souhaite toutefois pas vanter le programme Peace comme une solution miracle : « On ne dit pas qu’on a des enfants présents, attentifs et gérant bien leurs émotions en seulement dix semaines. Par contre, on observe des prises de regards. La pleine présence, c’est du pas à pas », tempère-t-elle.
Méditer pour créer, coopérer, dialoguer
« L’éducation du futur sera beaucoup plus ouverte à l’intuition et à la pensée sensible », abonde Florent Pasquier, qui forme les futurs professeurs en master éducation et enseignement à La Sorbonne. « Le souffle, la conscience du souffle et la répartition du souffle sont des méthodes dont l’école peut s’emparer au moment de la récréation ou de la pause méridienne, avant de commencer les séances d’enseignement ». Le maître de conférences se réjouit de pouvoir utiliser des outils issus de la méditation dans un cadre laïque.
D’autant plus que la pratique répond à la nécessité de développer des compétences transversales, liées au savoir-être et au savoir devenir : créativité, capacité de coopération et de dialogue, prise de recul. « Des compétences encouragées, depuis 2005, par la création du socle commun de connaissances, de compétences et de culture, qui peut tout à fait inclure les pratiques méditatives », précise Florent Pasquier. Ces facultés sont défendues dans d’autres textes officiels, notamment la convention internationale des droits de l’enfant, qui dit que « l’enfant doit être associé à toutes les décisions qui le concernent ».
« L’enseignant doit être un tisseur de sens »
« Il n’y a rien de subversif à l’épanouissement intellectuel et émotionnel des enfants », ajoute Vincent Paré, qui regrette qu’il y ait, en France, « une confusion entre spiritualité et religions. Jules Ferry en personne estimait que ce qui ne vient pas du cœur ne va pas au cœur ». Depuis dix ans, l’inspecteur de l’Éducation nationale forme les enseignants aux compétences psycho-sociales, leur apprend à abandonner de mauvaises habitudes : le scepticisme ambiant, l’activisme, la dépendance au « chronomaître »… « Il faut savoir prendre le temps de s’arrêter, reconnaître qu’on a le droit de ne rien faire ».
Vincent Paré dénonce également le culte de l’objectif et de la performance mesurable qui abîment, selon lui, le capital d’estime. « Nous sommes des êtres d’émotions avant tout. Il faut croiser les besoins de l’adulte avec ceux des enfants. L’enseignant doit être un tisseur de sens, un chef d’orchestre. L’autorité ne s’impose pas mais se partage ».
Pour Élisabeth Couzon, les résultats, manifestes, sont très encourageants pour la suite. « Quand je demande à un enfant comment il a pratiqué la méditation et qu’il me répond “à la récréation, on m’a donné un coup de pied, moi j’ai respiré”, et qu’un autre me dit “ma maman était en colère, je l’ai prise par la main et je l’ai invitée à respirer ensemble”, je sais que je n’ai pas perdu mon temps ».
(1) L’Association Méditation dans l’enseignement, basée à Toulouse, conçoit, met en place et diffuse des programmes de pleine conscience (Mindfulness) au sein des établissements scolaires, de la maternelle à l’enseignement supérieur. Son programme Peace (Présence Écoute Attention et Concentration dans l’Enseignement) propose une approche ayant pour but de développer l’attention, la bienveillance, le bien-être, l’apprentissage et la citoyenneté, dès le plus jeune âge et au sein même du temps scolaire. Il a vu le jour en novembre 2014, sous l’impulsion de Candice Marro (psychothérapeute, ostéopathe, praticienne en mindfulness). Le programme se développe aujourd’hui en France, en Suisse, en Belgique, au Canada et au Maroc. Depuis sa création, plus de 10 000 élèves l’ont suivi dans 400 établissements scolaires, et 600 instructeurs ont été formés.
Plus d’infos : www.meditation-enseignement.com
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Voici à quoi ressemble le titanesque nouvel aéroport de Pékin

Ouest-France – 19/09/2019 –
L’aéroport international de Pékin-Daxing doit entrer en service d’ici quelques jours, avant d’être inauguré à la fin du mois. À terme, il devrait devenir l’un des plus fréquentés au monde. En attendant, voici à quoi ressemble ce projet titanesque.
Un budget de plus de 10 milliards d’euros, cinq ans de travaux, jusqu’à 40 000 ouvriers sur le chantier… Ce sont quelques-uns des chiffres vertigineux du nouvel aéroport international de Pékin-Daxing.
Ces travaux titanesques se sont achevées fin juin, et l’aéroport doit entrer en service d’ici quelques jours, selon le quotidien d’État chinois de langue anglaise Peoples Daily. L’inauguration officielle est prévue pour le 30 septembre, à la veille de l’anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine. C’était le 1er octobre 1949.
À terme, l’aéroport de Pékin-Daxing devrait devenir l’un des plus importants du monde. Selon l’agence de presse américaine spécialisée dans l’actualité économique Bloomberg, l’objectif est d’accueillir 72 millions de passagers par an d’ici 2025, puis 100 millions d’ici 2040… C’est à peine moins que les 107 millions de voyageurs qui ont transité par l’aéroport Hartsfield-Jackson d’Atlanta, aux États-Unis, l’an dernier. C’est le plus fréquenté au monde. Selon Bloomberg, la Chine pourrait devenir le premier marché aérien au monde dès 2022, devant les États-Unis.
Cet aéroport titanesque doit permettre d’anticiper cette hausse du nombre de passagers, et de désengorger l’aéroport international de Pékin-Capitale, le deuxième du monde… Mais à quoi cette gigantesque infrastructure, surnommée « l’étoile de mer », va-t-elle ressembler ? Réponse en images ci-dessous.
Un Airbus A380, le plus gros avion de ligne au monde, en mai dernier, lors de tests effectués sur le tarmac. (Photo : STR / AFP)
Ce chantier titanesque s’est achevé le 30 juin dernier. Les travaux avaient démarré en 2014. (Photo : Greg Baker / AFP)
En comptant l’autre aéroport international de Pékin, la capitale chinoise devrait pouvoir accueillir 170 millions de passagers aériens par an dès 2025, selon des estimations des autorités chinoises. (Photo : Greg Bake / AFP)
L’aéroport sera situé à une cinquantaine de kilomètres de la place Tiananmen, au cœur de Pékin. Une mégalopole de plus de 21 millions d’habitants, particulièrement embouteillée… Une ligne de métro à grande vitesse devrait permettre de rallier la ville en une vingtaine de minutes. (Photo : Greg Baker / AFP)
Surface du gigantesque bâtiment qui constitue l’aéroport : 700 000 m², selon les chiffres de l’Agence France-Presse. Cela lui permet de revendiquer le titre de plus grand terminal aéroportuaire au monde. Et même si, dans le futur, l’aéroport d’Atlanta restait le plus fréquenté au monde, celui de Pékin compte en fait deux terminaux. Un pour les vols domestiques, un autre pour les liaisons internationales… (Photo : STR / AFP)
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En attendant l’eau, la sécheresse suit son cours

Ouest-France – 19/09/2019 –
Les feuilles des arbres sont tombées avant que l’automne n’ait débuté. Conséquence parmi d’autres, d’une longue sécheresse qui pourrait bientôt se terminer.
Le niveau de la Loire n’avait jamais été aussi bas depuis 1976. (©Pixabay)
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Modernité : sommes-nous des vieux cons ?

Charlie Hebdo – 18/09/2019 – l’édito de Riss –
Êtes-vous pour la PMA post mortem ? Si oui, vous êtes moderne ; sinon, vous êtes un vieux con. Êtes-vous d’accord pour laisser vos enfants jouer sur leurs écrans jusqu’à 3 heures du matin ? Si oui, vous êtes moderne ; sinon, vous êtes un vieux con. Êtes-vous pour supprimer tous les régimes spéciaux de retraite ? Si oui, vous êtes moderne ; sinon, vous êtes un vieux con. Êtes-vous pour autoriser le burkini sur les plages et dans les piscines ? Si oui, vous êtes moderne ; sinon, vous êtes un vieux con. Êtes-vous pour que James Bond soit incarné par une femme ? Si oui, vous êtes moderne ; sinon, vous êtes un vieux con. Êtes-vous pour remplacer votre médecin traitant par des consultations sur Internet ? Si oui, vous êtes moderne ; sinon, vous êtes un vieux con.
Ces questions qui n’ont apparemment aucun rapport entre elles possèdent pourtant un point commun, celui d’interroger notre vision de la modernité, ou du moins ce qu’on nous présente comme telle. On pourrait prolonger cette liste, car tous les jours on nous somme de donner notre avis sur des questions de société qui, au final, se résument à une seule : êtes-vous moderne ou êtes vous ringard ? Nos réponses à ces questions sont en réalité biaisées par notre désir secret de ne pas passer pour un rétrograde. pour éviter de se faire traiter de vieux réac, on est incité à exprimer l’opinion la plus moderne, la plus progressiste, alors qu’en réalité on aimerait balayer d’un revers de manche tout ce bric-à-brac à la mode. 
Car on confond souvent la mode avec la modernité. La mode, c’est la superficialité de son temps, ce sont les tendances qui séduisent aujourd’hui et qui seront jetées à la poubelle demain. En politique, il est difficile de résister à ces modes passagères, qui flattent ceux qui les suivent mais qui démontrent une absence totale de vision de ce que sera la société de demain. La mode donne l’illusion de l’audace afin de briller dans l’instant qui suit, alors que la modernité se construit sur des valeurs et des principes qui résisteront à l’usure du temps. La véritable modernité survivra aux tendances, mais devra convaincre les générations nouvelles de son utilité, sans qu’elles aient participé à son élaboration. 
Or, chaque génération a pour ambition de maîtriser son destin, et la perspective de recevoir l’œuvre des anciens avec pour mission de la préserver lui donne le sentiment d’être dévalorisée et de courber l’échine devant les bustes en marbre de ses aînés. Comme Polyeucte avec les idoles des vieilles religions, la tentation est grande de les briser. Mais le plaisir de faire table rase du passé ne dure qu’un temps, et la modernité célébrée hier, jetée à terre aujourd’hui, ne saurait être remplacée par les modes de demain. 
Dans le JDD, Woody Allen nous explique ce qu’est devenu le cinéma, selon lui : « Si je conseille à mes filles de regarder La Strada (1954) de Federico Fellini, elles vont le faire sur leur tablette ou leur téléphone. Bientôt, on ne sortira plus de chez soi, on dînera entre amis puis on s’installera sur le canapé pour voir le nouveau Quentin Tarantino. Dehors, il neige, on fait la queue, ça revient cher si on se déplace en famille, et on se bagarre pour avoir de bonnes places. Dans quelques années, tout cela sera bel et bien fini. »
Ce sera bel et bien fini, les films ne se regarderont plus dans des salles de cinéma mais sur des tablettes, et La Strada sera remplacée par le énième film de super-héros de toutes les identités, blancs, noirs, jaunes, hétéros, LGBT, tous plus idiots les uns que les autres. On deviendra parents en commandant des gosses par Internet au Bangladesh, on soignera le cancer de la prostate avec des tutoriels super sympas, et les kiosques à journaux seront transformés en magasins de graines bio. Les gosses obtiendront tous leur bac à 15 ans pour leur éviter une crise de nerfs et une psychanalyse de trente ans. On aura le droit de prendre l’avion pour aller en vacances à Bali a condition de planter trois géraniums sur son balcon pour compenser le bilan carbone. Tous les dirigeants du monde seront des femmes divorcées avec des tatouages sur les mollets ou ailleurs, et seuls les homosexuels seront autorisés à soutenir leur équipe dans les tribunes des stades de foot avec des banderoles hyper-respectueuses de l’autre. On prendra sa retraite à 82 ans avec 500g de microparticules de plastique dans le corps et un demi-litre de pesticides dans les testicules. La modernité nous tend les bras. Nous n’avons plus aucune excuse de vouloir rester cons.
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Lilly, 12 ans, la Greta Thunberg de Thaïlande en guerre contre le plastique

Ouest-France – 16/09/2019 – Sophie Deviller (Agence France Presse) –
Ralyn Satidtanasarn, dite Lilly, est une jeune Américano-Thaïlandaise de 12 ans. À Bangkok et en Asie du Sud-Est, elle a décidé d’agir contre la pollution plastique et le réchauffement climatique, inspirée par l’exemple de l’adolescente suédoise Greta Thunberg.
« Je suis une enfant en guerre. » Lilly, 12 ans, sèche l’école, grimpe sur son paddle et pagaye au milieu d’un canal de Bangkok embouteillé de détritus qu’elle ramasse avec précaution. Son combat : le plastique en Thaïlande, sixième plus gros contributeur mondial à la pollution des océans.
En juin, l’adolescente américano-thaïe a remporté une première victoire : aider à convaincre un grand distributeur à Bangkok, Central, de ne plus délivrer de sacs à usage unique dans ses supermarchés une fois par semaine. Dans la foulée, d’autres groupes de distribution implantés en Thaïlande, dont l’opérateur de la chaîne japonaise 7-Eleven, omniprésente dans le royaume, se sont engagés début septembre à cesser d’en donner à partir de janvier 2020.
« Ça va dans la bonne direction, sourit Lilly, en enfonçant sa pagaie pour s’approcher d’un sac rempli de cannettes rouillées et de bouteilles éventrées. Au début, je me trouvais trop jeune pour militer, mais Greta [Thunberg] m’a donné confiance. Quand les adultes ne font rien, c’est à nous, les enfants, d’agir. »
Ralyn Satidtanasarn, dit Lilly, ne sera pas à New York aux côtés de la jeune Suédoise égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, pour le défilé organisé le 20 septembre quelques jours avant la conférence de l’Onu sur le climat. Elle manifestera à Bangkok. « Ma place est ici. La lutte doit se faire aussi en Asie du Sud-Est », estime-t-elle.
Une supérette 7-Eleven, enseigne omniprésente dans les villes thaïlandaises. (Photo : Sry85 / Wikimédia / CC BY 3.0)
Récemment, plusieurs pays de la région – la Thaïlande, le Cambodge, les Philippines, la Malaisie, l’Indonésie – sont montés au créneau, refusant d’être « la poubelle » de l’Occident, et ont renvoyé des conteneurs entiers de déchets plastiques directement à l’envoyeur. Mais ils continuent d’en générer des quantités astronomiques sur leur territoire.
En Thaïlande, le sac plastique est omniprésent pour emballer les centaines de milliers de repas servis dans les cantines de rue, les boissons apportées au travail… Un Thaïlandais en utilise en moyenne huit par jour, soit près de 3 000 par an, d’après les données du gouvernement, douze fois plus que dans l’Union européenne. Et la Thaïlande est le 6e plus gros contributeur à pollution des océans, selon l’organisation non-gouvernementale (ONG) de défense de l’environnement Greenpeace.
Des sit-in devant le siège du gouvernement
La récente mort d’un bébé dugong – une espèce menacée de mammifère marin – qui avait ingurgité trop de résidus plastiques a enflammé les réseaux sociaux. Les autorités thaïlandaises ont alors de nouveau évoqué une fin du sac à usage unique d’ici 2022, conformément à une feuille de route ambitieuse élaborée en début d’année.
Mais certains doutent de son efficacité. « Aucun mécanisme juridiquement contraignant n’est prévu et sensibiliser le public ne sera pas suffisant », met en garde Tara Buakamsri, directeur local de Greenpeace.
Avec d’autres jeunes, Lilly participe à un nettoyage du « poumon vert » de Bangkok, organisé par l’association « Trash Hero ». (Photo : Mladen Antonov / AFP)
Dans la lignée du mouvement initié par Greta Thunberg, Lilly a d’abord fait des sit-in devant le siège du gouvernement. Elle a aussi sollicité un rendez-vous avec le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha. Sans succès. « Je me suis dit que si le gouvernement ne m’écoutait pas, il fallait parler directement à ceux qui distribuaient les sacs plastique pour les convaincre d’arrêter », explique-t-elle.
La jeune fille peut compter sur le soutien de sa mère qui l’aide à écrire ses discours devant des responsables de l’Onu, d’ambassades… « Au début, j’ai cru à une lubie d’enfant. Mais elle s’est accrochée, raconte la maman, Sasie, elle-même ex-militante écologiste. Sa force est d’être une petite fille sans intérêt privé à défendre. »
« Lobbies ultra-puissants »
Lilly a commencé à militer à l’âge de 8 ans après des vacances sur une plage du royaume « couverte de plastiques ». Depuis, même si parfois elle a « envie de s’arrêter pour aller jouer », elle participe aux sessions de nettoyage organisées par l’association Trash Hero (Les héros des ordures).
La dernière en date a eu lieu au cœur de Bang Krachao, un quartier connu comme « le poumon vert de Bangkok », jonché par endroits d’une multitude de pailles, de bouteilles et d’emballages rejetés par le fleuve Chao Praya.
Le « poumon vert de Bangkok » est jonché d’une multitude de déchets plastique rejetés par le fleuve Chao Praya. (Photo : Mladen Antonov / AFP)
Beaucoup croient en la force de conviction de cette toute jeune adolescente. « Il est très difficile d’ignorer un enfant lorsqu’il demande pourquoi nous détruisons la planète sur laquelle il doit vivre », souligne Kakuko Nagatani-Yoshida, du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE).
Mais, en Thaïlande, « les lobbies sont puissants et cela rend tout changement difficile », tempère Nattapong Nithiuthai, un militant écologiste qui a monté une entreprise de recyclage de tongs échouées sur les plages pour les transformer en sandales design.
Obstacle majeur, la pétrochimie, dont l’un des principaux débouchés est le plastique et qui représente 5 % du PIB thaïlandais et des dizaines de milliers d’emplois.
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Milliardaires et médiavores

Le Canard enchaîné – 18/09/2019 – O. B.-K. / Christophe Nobili –
Pas vraiment une visite de courtoisie… Lundi 16, Matthieu Pigasse avait rendez-vous avec les dirigeants du pôle d’indépendance du « Monde » (composé de journalistes, de personnels et de petits actionnaires). Cela faisait de longues semaines que le copropriétaire ne les avait plus croisés ! Au menu des réjouissances : le fameux « droit d’agrément » (un droit de veto réclamé par la rédaction, sur l’arrivée de tout nouvel actionnaire et sur le prix de vente), que Pigasse leur promet de signer depuis un an…
Le banquier rock de chez Lazard, dont l’image en a pris un coup, avait jusqu’à mardi minuit- expiration de l’ultimatum de la rédaction –  pour se décider. Le « pôle » faisait planer une menace inédite : une procédure judiciaire pour non respect de ses engagements. En garde, patron !
Il faut relire ce que disait l’avocat d’affaires Bruno Cavalié, un cousin de Pigasse, qui,  en 2010, avait mitonné les statuts de la maison mère. (« Fusions et acquisitions Magazine », janvier 2011) : « Le choix s’est porté sur la commandite, car c’était une bonne façon de montrer au pôle d’indépendance que l’investissement de Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse sera[it] non seulement pérenne, mais encore fait pour leur propre compte et non pas pour le compte d’investisseurs cachés derrière eux (…). La structure de la commandite choisi par Le Monde permet d’ouvrir son capital sans perdre pour autant les droits de gouvernance. » Et de préciser, émouvant : « Pour aucun des trois, il ne s’agit fondamentalement d’un investissement financier, réalisé dans une logique retour sur investissement; c’est un investissement de cœur, fait dans une perspective de durée« .
Le cœur de Matthieu Pigasse a fini par avoir ses raisons que sa raison d’investisseur n’ignore pas.
Ces patrons qui dirigent la presse hexagonale
Le dernier avatar de la crise du « Monde » incite à rappeler une vérité prosaïque : une grande partie des médias français est contrôlée par une dizaine de milliardaires. Qu’ils soient ultrariches, comme Bernard Arnault (dont la fortune dépasse les 100 milliards de dollars), ou plus petits joueurs, ces amis de la transparence gagnent surtout de l’argent dans des activités plus lucratives que la presse… Et souvent au sein des marchés régulés par L’État. Ce n’est pas un hasard, évidemment, si trois des quatre rois des télécoms (Martin Bouygues, Xavier Niel et Patrick Drahi) ont croqué les médias les plus en vue de la République.
Comme l’a brillamment démontré Xavier Niel, rien de tel qu’une participation dans un journal aussi réputé que « Le Monde » pour être traité par le pouvoir en place avec déférence. Jean-Luc Lagardère et Serge Dassault avaient naguère compris qu’un marchand d’armes dépendant des commandes publiques avait tout intérêt à contrôler au moins un journal ou une radio.
D’autant que l’influence politique ainsi acquise permet d’éviter les réformes désobligeantes pour les affaires. Dans l’époque récente, certains de ces patrons ont pesé sur l’abandon de l’imposition à 75 % par Hollande, sur l’amaigrissement de l’impôt sur la fortune ou le maintien du CICE par Macron. Et leur puissance les a parfois préservés d’inquisitions fiscales trop sévères.
Hormis l’allemand Bertelsmann (RTL, M6, « Geo », « Capital », « Gala », « Voici »…), l’américain Condé Nast (« Vanity Fair », « GQ ») ou encore le français Reworld Media (« Marie-France », « Grazia », « Closer », « Biba », « Science et Vie »…) rares sont les groupes de médias sans autre activité que… les médias. Désormais, parmi les quotidiens et hebdos « nationaux » d’information politique et générale, quatre seulement n’appartiennent pas à des groupes industriels ou financiers : « L’humanité », « La Croix », « Charlie Hebdo » et bien sûr, « Le Canard », comme le montre le tableau ci-dessous.
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Le magnétisme à la portée de tous

Biocontact magazine – septembre 2019 – propos recueillis par Audrey Dubois –
Christophe Limayrac, guérisseur dans les Yvelines, publie un livre dans lequel il entend démocratiser le magnétisme. Une technique que la plupart d’entre nous considère comme mystérieuse et l’apanage d’un petit nombre, détenteurs d’un « don ». Il n’en est rien, selon lui, magnétiser s’apprend et nous en sommes tous capables. Rencontre.
Vous affirmez dans cet ouvrage qu’on ne naît pas magnétiseur, on le devient, à force d’entraînement. Ce n’est pas l’idée que l’on s’en fait, habituellement.
Et pourtant, je vous assure que magnétiser, c’est comme pratiquer un sport ou une langue étrangère : certains ont plus de facilités que d’autres mais, avec du travail et de la persévérance, tout le monde peut y arriver. Le seul prérequis, c’est de la bienveillance, une envie d’aider les autres. Mais ça, c’est vrai pour toutes les relations de soins, que l’on soit médecin, infirmière, psy ou guérisseur.
C’est justement ce que vous opposent ceux qui ne croient pas au magnétisme : il est prouvé que le simple fait de s’intéresser à quelqu’un qui souffre lui apporte déjà un mieux-être. Ce serait là le seul pouvoir du magnétisme, selon eux.
Cela rejoint cette phrase que j’entends parfois : « ça ne marche que si on y croit ! » Je ne nie pas l’existence d’un effet placebo. Plusieurs études scientifiques montrent qu’un patient qui se rend chez un médecin par lequel il se sent écouté, en qui il a pleinement confiance, se sentira déjà mieux à la sortie de la consultation, avant même d’avoir commencé le traitement. De la même manière, je reçois parfois des gens chez qui les choses se remettent en place quasi instantanément, sans même que j’aie eu le temps de vraiment commencer le soin. Mais c’est loin d’être la majorité de la population et on ne peut certainement pas réduire le magnétisme à cet effet placebo car, sinon, on n’obtiendrait pas d’aussi bons résultats sur les animaux et les bébés. Or ces derniers n’ont pas conscience qu’ils sont soumis à un acte thérapeutique.
Comment fonctionne le magnétisme ?
Les lois physiques qui régissent le phénomène d’attraction et de répulsion entre deux aimants sont clairement établies depuis le siècle des Lumières et Descartes. C’est plus délicat à appréhender pour le magnétisme entre les êtres vivants, même si l’intuition qu’il existe quelque chose du même ordre est universelle et date de l’Antiquité. Les pionniers du magnétisme, Paracelse au XVIe siècle ou Anton Mesmer au XVIIIe  siècle, étaient néanmoins eux-mêmes de grands médecins. Plus près de nous, en 1984, le Pr Yves Rocard, grand physicien et père de notre ancien Premier ministre déclarait : « Devant les faits qui s’accumulent, il serait grand temps que le rationalisme cesse de se voiler la face et consente à ouvrir les yeux : on ne peut refuser de connaître à l’homme une sensibilité magnétique, ni nier à quel degré les magnétiseurs en sont doués. » La physique quantique va probablement nous en dire davantage dans les décennies à venir.
Le magnétisme peut-il tout guérir ?
Guérir, non. Il ne dispense pas de voir un médecin quand c’est nécessaire ni de prendre son traitement médical ! Je n’ai pas non plus de baguette magique pour ressouder des os lorsqu’on vient me voir avec une fracture. Mais je peux faire en sorte d’atténuer la douleur. De même, je n’irai jamais prétendre pouvoir guérir un malade d’un cancer et quiconque le ferait serait un charlatan. En revanche, il est possible de limiter un certain nombre d’effets secondaires de la chimiothérapie – les nausées, notamment – ou les brûlures liées à la radiothérapie. Dans mon livre, j’ai sérié une centaine de maux sur lesquels le magnétisme obtient de bons résultats.
Lesquels par exemple ?
Les problèmes de peau (eczéma, psoriasis, urticaire), les douleurs articulaires et musculaires (contractures, sciatiques), les troubles d’ordre émotionnel (insomnies, stress), les verrues aussi offrent de bonnes réponses dès les premières séances. Le magnétisme traite alors généralement les symptômes mais aussi la cause du problème. Je dis « généralement » car si c’est, par exemple, une mauvaise alimentation qui est à l’origine de troubles digestifs, il n’y a pas de miracle : ce n’est qu’en rectifiant le tir que le problème disparaîtra définitivement.
Et même un débutant peut agir sur ces différentes pathologies ?
Oui, à condition d’être dans la bonne énergie, empreinte de bienveillance et d’humilité, de prendre le temps d’écouter la demande du patient et de s’assurer de la cohérence entre la requête et ce qu’il ressent comme blocages. Cela étant, il ne faut pas non plus se décourager si les effets ne se font pas sentir immédiatement.
Existe-t-il des risques ?
Non, c’est une pratique sans danger. Ce qui peut arriver, ce sont des « crises de guérison » : les symptômes qui reviennent en force pendant quelques jours ou une grande fatigue, un rhume qui vous tombent dessus sans crier gare. Il arrive aussi que l’amélioration survienne là où on ne l’attendait pas : le mal de dos est toujours là mais le sommeil est meilleur, par exemple. C’est le signe que les choses bougent. Il faut savoir se montrer patient et observer ce que le corps dit. En revanche, si après 5 ou 6 séances aucun progrès n’est là, alors il faut savoir aussi ne pas s’entêter et envisager d’autres solutions.
La personne qui magnétise court-elle des dangers ?
Non. Cela étant, les débutants se sentent parfois fatigués, vidés après avoir dispensé un soin, tout simplement parce qu’ils ont tendance à puiser dans leurs propres réserves d’énergie. Ce phénomène est évidemment temporaire mais surtout pas nécessaire. Et quelques exercices de visualisation tout simples suffisent à comprendre comment travailler différemment, sans nuire à soi-même.
Quels conseils donneriez-vous à une personne qui voudrait développer ses aptitudes ?
De se montrer persévérante sans se mettre de pression inutile, toutefois. Il faut que cela reste plaisant, agréable. Or, au début, c’est parfois difficile car les sollicitations vont bon train lorsque les gens autour de vous apprennent ce que vous faites. Il ne faut dispenser un soin que lorsqu’on en a envie, que le lieu et le moment s’y prêtent. Je me suis également imposé deux règles que je ne peux que recommander. Primo, je ne propose jamais mes services, même lorsque je crois deviner une demande tacite : une formulation claire permet d’éviter les malentendus et vous assure la pleine collaboration du patient. Secundo, je suggère de ne pas pratiquer sur les femmes enceintes (sauf lorsqu’il s’agit du papa). Simple mesure de précaution mais, malheureusement, une grossesse qui tourne mal, sans raison apparente, cela arrive et il est alors humain de chercher des responsables. Mieux vaut donc s’abstenir.
Que vous apporte ce métier ?
C’est bien plus qu’un métier, à mes yeux, c’est vraiment une vocation et ça m’a d’ailleurs longtemps bloqué. Je craignais de ne pas être à la hauteur. Il m’a fallu apprivoiser cette énergie, la comprendre, grâce notamment à l’enseignement de guérisseurs du bout du monde et m’entraîner encore et encore jusqu’à me sentir prêt. Aujourd’hui, j’essaie de donner le meilleur de moi à chacun de mes patients et je me plais à penser que c’est ma façon de contribuer à un monde meilleur et de faire vivre cet héritage si précieux qui nous a été légué.
De Christophe Limayrac et Anne Ghiringhelli, éd. Larousse / Paru le 17 avril 2019220 p.  Essai (broché) / 14,95 €
Résumé : Maux de ventre, brûlures, stress, règles douloureuses, problèmes de peau, troubles du sommeil… Christophe Limayrac et Anne Ghiringhelli dévoilent des techniques de guérisseur simples et efficaces pour traiter 101 maux du quotidien. Car oui, magnétiser s’apprend ! Pas besoin de rite ou d’initiation, vous avez les ressources en vous. Ce livre enrichi de nombreux schémas et exercices met à votre disposition une véritable trousse de secours et vous montrera comment :
• Apprivoiser votre magnétisme
• Acquérir les gestes de bases
• Pratiquer des soins sur vous et votre entourage… et même sur vos animaux de compagnie !
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Envoyer des textos en avion peut être fatal pour les oiseaux migrateurs

Business Insider – 03/04/2019 – Chisato Goya –
Envoyer des textos en avion peut être fatal pour les oiseaux migrateursPixabay
De nombreuses compagnies aériennes proposent désormais un service payant vous permettant d’avoir du wifi pour utiliser votre smartphone pendant certaines parties d’un vol en avion. Que ce soit pour avertir vos proches que votre vol a décollé en retard, pour planifier les différentes étapes de votre voyage ou encore pour envoyer les derniers mails professionnels. Une étude, récemment publiée dans le journal « Proceedings of Royal Society B. » et citée par la revue « Science », affirme qu’envoyer des messages pendant un vol pourrait augmenter les risques d’accidents pour les oiseaux migrateurs.
Les scientifiques ont en effet découvert que les oiseaux qui utilisent pendant leur migration des vocalisations faibles et à haute fréquence, que l’on appelle dans le jargon « appels de vol », perdent leurs repères, déboussolés par les ondes électromagnétiques émises et finissent par s’écraser contre des bâtiments. Étant donné que les oiseaux migrent en groupe, si certains d’entre eux s’écrasent contre un bâtiment ou un autre obstacle, ils ont tendance à attirer leurs congénères vers des lieux à risques.
Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont pris en compte les collisions d’oiseaux à Chicago pendant une quarantaine d’années et celles répertoriées à Cleveland pendant un an. Chicago fait partie de l’une des villes les plus dangereuses pour les oiseaux migrateurs, avec Houston et Dallas, selon une autre étude. Au total, 70 000 enregistrements de vols pour 93 espèces d’oiseaux ont été utilisés.
Les oiseaux migrateurs comme les hirondelles, roselins et moineaux peuvent également être désorientés quand ils survolent des zones urbaines avec beaucoup de lumière artificielle.
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Le monde de la mode britannique s’allie à Oxfam contre la culture du « jetable »

Goodplanet Info – 16/09/2019 –
Londres (AFP) – Le monde de la mode britannique, dont la styliste star Vivienne Westwood et la mannequin Georgia Jagger, se sont alliés à Oxfam pour dénoncer la culture du « jetable », a annoncé l’ONG humanitaire vendredi, jour de lancement de la Fashion week de Londres.
« Nous ne pouvons pas ignorer l’énorme impact de l’industrie de la mode sur l’environnement. Il est donc encourageant de voir que le monde de la mode de Londres soutient la volonté d’Oxfam d’encourager les gens à acheter d’occasion », a déclaré Danny Sriskandarajah, directeur exécutif d’Oxfam GB, cité dans un communiqué.
Oxfam a lancé une campagne intitulée #SecondHandSeptember destinée à promouvoir l’achat de vêtements déjà portés et écarter l’achat de vêtements dont la production a un impact négatif sur la planète.
Plusieurs personnalités ont annoncé soutenir cette campagne et donné quelques uns de leurs vêtements. Ils seront vendus sur le site de vente en ligne d’Oxfam ou sur VestiaireCollective.com, site de ventes de vêtements d’occasion qui compte plus de 8 millions de membres dans 50 pays.
Vivienne Westwood a donné un sac à main, le créateur Henry Holland des chaussures et d’autres personnalités, comme l’actrice Rachel Weisz, les mannequins Daisy Lowe et Stella Tennant et la styliste Bella Freud ont également vidé leurs placards. Les bénéfices de la vente de ces vêtements iront à Oxfam.
« Je me lasse facilement » a témoigné la chanteuse Paloma Faith, « c’est le rêve de se constituer une nouvelle garde-robe sans dégâts sur l’environnement et avec l’esprit tranquille »
« Achetez moins, choisissez bien, faites en sorte que ça dure », a pour sa part prôné l’icône de la culture punk rock britannique Vivienne Westwood.
Selon une recherche conduite par Oxfam, l’empreinte carbone des nouveaux vêtements achetés au Royaume-Uni chaque minute est supérieure à celle produite par une voiture qui ferait six fois le tour du monde.
Les magasins solidaires : Oxfam dispose en France de 5 bouquineries et friperies solidaires à Paris, Lille et Strasbourg, qui permettent d’allier action solidaire et plaisir de l’achat. 
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Retraites : la vérité est ailleurs

Charlie Hebdo – 11/09/2019 – Jacques Littauer –
La cause semble entendue : on vit de plus en plus vieux. Et on fait de moins en moins de gosses. Il faut donc travailler plus longtemps si on veut « sauver le système des retraites ». 
L’astuce utilisée jusqu’ici ? Augmenter le nombre d’années de cotisation nécessaires pour avoir le droit à la pension maximale. On est passé ainsi de 37,5 ans à 42 ans, en quelques années. En omettant au passage ce léger détail : mis à part les fonctionnaires et les hommes politiques (coucou, Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille à 79 ans), la plupart des gens ne sont pas propriétaires de leur emploi. Ils ne décident pas du nombre d’années qu’ils passent au bureau, à l’usine ou dans la boutique. 
Donc, quand on « demande » aux salariés de bosser plus longtemps, on diminue les retraites versées. Car on sait très bien qu’un nombre important de gens seront cassés, virés, malades, etc. avant d’avoir bossé assez longtemps. Mais la choses est perversement sublime : en apparence, personne n’a décidé de raboter leur budget croisière. S’ils sont pauvres à la retraite, c’est en raison de leurs « choix de carrière ».
Et le système par points est encore pire. Au lieu d’accumuler de véritables droits à la retraite, comme maintenant, on n’aura que des points. Or la valeur de ceux-ci, personne ne la connaît. Pas même Edouard et Manu. Elle sera fixée au moment où vous quitterez lez monde enchanté de l’exploitation capitaliste, en fonction de la démographie et de la conjoncture économique. Si vous appartenez à une génération avec beaucoup de vieux et peu d’enfant, et que la Bourse s’effondre, votre retraite baisse. Il ne s’agit pas de fiction : c’est déjà arrivé par deux fois aux Suédois. Et d’ailleurs, c’est tellement vrai que le célèbre employeur familial François Fillon a craché le morceau devant un aréopage de patrons, déclarant, en mars 2016 : « Le système […] par points, cela permet une chose, qu’aucun homme politique n’avoue : cela permet de baisser chaque année la valeur des points et donc de diminuer les pensions«  (1).
 Et par pitié, que l’on cesse de fantasmer sur les revenus de nos aînés. En moyenne, les pépés touchent 1 700 euros par mois. Pas la misère, certes, mais pas le Pérou non plus. Enfin, savez-vous que, à 60 ans, moins d’un habitant de France sur deux bosse encore (2)? Moins d’un sur deux ! Car il y a du chômage dans notre pays, le saviez-vous ?
La solution au prétendu « problème des retraites » est donc simple : supprimer le chômage. Comment ? En embauchant des puéricultrices, des flics, des médecins, des profs, etc. Et, pour payer tout ça, il faut supprimer les absurdes baisses d’impôts sur les hauts revenus et les entreprises. Faites le calcul, ça rentre. Large. Mais c’est vrai qu’il est tellement plus facile de rester dans notre bonne vieille culture protestante qui nous hurle « Travaille ! Travaille ! Travaille ! » depuis le CP. Quitte à ce que notre incroyable productivité, l’une des plus élevée au monde, laisse sur le bord de la route des millions d’entre nous.
En France, 27 millions de personnes seulement travaillent (3). Celles-ci font donc vivre, en plus d’elles-mêmes, les 40 millions d’autres qui ne foutent rien (enfants, malades, chômeurs, parents au foyer, retraités…), et ce dans l’un des pays où le niveau de vie est le plus élevé. Et au lieu de célébrer cet exploit, on nous demande de rester plus longtemps au taf. Alors qu’il faudrait se poser cette très bonne question : travailler, pourquoi pas, mais pour faire quoi ? 
(1) François Fillon, : le système par points…

(2) De Michaël Zemmour, enseignant-chercheur à l’Université Paris 1 (Centre d’Economie de la Sorbonne) et chercheur associé à Sciences Po (LIEPP). « Non, on ne travaille pas en moyenne jusqu’à 63 ans« , Alternatives Economiques 12 mars 2019.
(3) Voir sur le site de l’Insee, les  » Tableaux de l’économie française. Éditions 2019″ (parus le 26 mars 2019). Rubrique : « Population active ».
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C’est une folie d’utiliser massivement les pesticides SDHI !

La lettre de POLLINIS Association Loi 1901 / 10, rue Saint Marc 75002 – 16/09/2019 Paris www.pollinis.org
« C’est une folie d’utiliser massivement les pesticides SDHI. Nous les avons testés en laboratoire, ils tuent aussi bien l’enzyme des vers de terre, de l’abeille ou de l’Homme, avec des conséquences catastrophiques pour l’environnement et potentiellement pour la santé. »   Pierre Rustin, Directeur de recherches CE au CNRS, Inserm UMR1141 / Physiopathologie et thérapie des maladies mitochondriales – Hôpital Robert Debré.
Réponse officielle de l’Anses, l’autorité sanitaire française chargée d’évaluer et d’autoriser la vente des pesticides: « L’alerte des scientifiques n’est pas fondée, il n’y a pas lieu d’interdire ces produits. »…
       Madame, Monsieur,
Sous la pression des multinationales de l’agrochimie, les autorités sanitaires françaises et européennes essayent d’étouffer ce qui sera peut-être l’un des plus gros scandales sanitaires et environnementaux des prochaines décennies. POLLINIS a besoin de votre soutien et de votre mobilisation de toute urgence pour les en empêcher.
Un groupe d’éminents scientifiques – chercheurs, cancérologues, toxicologues, travaillant à l’Université et dans les principaux instituts de recherche en France (CNRS, Inserm, INRA) – essaie désespérément d’alerter les autorités sanitaires en charge du contrôle des pesticides et de leur autorisation… sur les conséquences potentiellement catastrophiques liées à l’utilisation massive d’une nouvelle classe de pesticides tueurs-d’abeilles, les SDHI (« Succinate Deshydrogenase Inhibitors »), dont le mode d’action particulier – ils s’attaquent à la respiration cellulaire indispensable aux êtres vivants – pourrait avoir des effets ravageurs sur l’environnement et notre santé à tous dans les années qui viennent. (1)
Mais les autorités sanitaires refusent de prendre en compte les indications et découvertes de ces chercheurs – des experts indépendants, pourtant mondialement reconnus dans leur spécialité – et d’en tirer la seule conclusion scientifique et raisonnable qui s’impose le retrait immédiat de tous les pesticides SDHI du marché européen, et le suivi épidémiologique des effets produits par les milliers de tonnes de ces poisons déjà déversés dans notre environnement  !
Tout en reconnaissant qu’elle manquait de connaissances scientifiques pour répondre aux inquiétudes graves soulevées par les spécialistes du CNRS, de l’Inserm et de l’INRA…l’Anses, l’autorité sanitaire française en charge de l’évaluation et de l’autorisation de vente des pesticides, a sciemment refusé d’appliquer le principe de précaution et a réaffirmé son soutien « aveugle » aux pesticides incriminés !
Ça paraît complètement fou : Pourquoi prendre un tel risque quand la mission première, capitale, des autorités sanitaires est de protéger les citoyens, leur santé et leur environnement ?!
Tout simplement parce que les enjeux financiers sont colossaux pour l’industrie agrochimique… Et les pressions des lobbys sur les autorités sanitaires sont à la hauteur des centaines de millions de bénéfices que représente chaque année la vente de ces nouveaux produits !
Utilisés massivement depuis 2013, les SDHI sont devenus en six ans seulement des pesticides très utilisés en agriculture : ils sont déversés en France sur 70 % des cultures de blé tendre et 80 % des cultures d’orge (2). On les utilise pour le tournesol, le colza, les fruits (pommes, raisins, abricots, cerises, tomates…), les légumes (choux, asperges, carottes…) Mais aussi sur la plupart des terrains de sport, de golf, les stades de foot…
Les SDHI sont partout dans l’environnement, jusque dans l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons (3). Et dans nos assiettes : le boscalid, le SDHI le plus vendu, fabriqué par l’agro-industriel BASF, se retrouve dans la moitié des échantillons de fraises testés, 71 % des salades, 86 % des mueslis non bio…(4) Selon l’EFSA, le boscalid fait partie des produit phytosanitaires les plus fréquemment quantifiés parmi les pesticides analysés dans tous les produits végétaux. (5)
C’est une véritable catastrophe pour la nature et une bombe à retardement pour l’Homme : « Si les SDHI continuent à être utilisés de la sorte, il est fort probable que de nombreuses maladies graves se déclencheront dans 10 ou 20 ans dans la population : maladies neurologiques, cardiomyopathies chez les enfants et les adultes, cancers… » (6)
Dans une tribune publiée en avril 2018, les scientifiques qui ont lancé l’alerte pointent clairement les risques : « Des anomalies du fonctionnement de la SDH peuvent entraîner la mort des cellules en causant de graves encéphalopathies, ou au contraire une prolifération incontrôlée des cellules, et se trouve à l’origine d’autres maladies humaines ». (1) Les mêmes scientifiques appellent à « suspendre l’utilisation (des SDHI) tant qu’une estimation des dangers et des risques n’aura pas été réalisée par des organismes indépendants des industriels distribuant ces composés et des agences ayant précédemment donné les autorisations de mise sur le marché ».
Et pourtant…  L’Anses, l’autorité sanitaire française en charge de l’évaluation du risque et des autorisations de pesticides, a balayé leurs inquiétudes et leurs demandes d’un revers de la main.
La chronologie des faits parle d’elle-même :
Octobre 2017 : Pierre Rustin, Paule Bénit et leurs collègues du CNRS, de l’Inserm et de l’INRA alertent l’Anses sur les risques induits par l’utilisation massive des pesticides SDHI >> Silence radio de l’Anses pendant plus de 7 mois – aucune réponse, aucune position officielle !
15 avril 2018 : les chercheurs sont obligés de sortir de leur réserve scientifique et dénoncent publiquement l’existence et le mode d’action des SDHI dans une tribune publiée dans le journal Libération – pour obliger l’Anses à sortir de son mutisme >> Acculée, l’agence se résout à réunir un GECU (Groupe d’expertise collective d’urgence) pour étudier l’alerte des chercheurs.
14 juin 2018 : les scientifiques lanceurs d’alerte sont enfin reçus au siège de l’Anses pour présenter leurs études ; ils en ressortent abasourdis face à l’attitude méprisante et résolument non-scientifique des membres du GECU : 4 toxicologues ne connaissant ni la SDH ni les SDHI, dont un « expert » directement lié aux intérêts des producteurs de fongicides ;
15 janvier 2019 : quinze mois plus tard, le GECU remet son rapport : les SDHI (les pesticides les plus utilisés en Europe !) « ne font pas partie des familles chimiques analysées (dans les programme de surveillance des pesticides français et européens)… Aucune donnée de bio-surveillance humaine… aucune donnée d’exposition professionnelle agricole n’est disponible à ce jour… À ce stade, il n’est pas prévu de les ajouter au programme… »
>> Sans ciller, les autorités sanitaires françaises reconnaissent donc qu’il n’existe pas de données ni de recherches sur les SDHI – des pesticides au mode d’action pourtant particulièrement inquiétant, présents partout dans notre environnement…
Tout comme leurs homologues de l’EFSA, l’autorité sanitaire chargée d’évaluer et d’autoriser les pesticides au niveau européen, elles assument ne rien savoir ou presque des effets potentiels des SDHI pour l’environnement et la santé. Et cela ne les empêche pas d’accorder à Bayer-Monsanto, Syngenta-ChemChina et autres géants de l’industrie chimique, l’autorisation de vendre 11 pesticides SDHI différents en Europe… Ni de prolonger à nouveau en juillet dernier l’autorisation de vente du boscalid, le SDHI le plus utilisé en Europe, sans exiger de nouvelles études et sans prendre en compte les études déjà réalisées depuis la première mise sur le marché. (7) 
C’est inimaginable. Nous devons couper court à cette complaisance insupportable, à cette collusion dangereuse qui met en danger des millions de personnes et sacrifie le vivant pour préserver les seuls intérêts financiers des multinationales de l’agrochimie !
POLLINIS a rencontré deux fois les représentants de l’autorité sanitaire française pour exiger des explications – et le lancement d’études pour évaluer la réelle toxicité des SDHI. Pour les forcer à réagir, POLLINIS a lancé elle-même les premières études réclamées par les scientifiques, avec le concours des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Bologne – les premiers résultats seront publiés d’ici la fin de l’année.
Mais nos moyens sont limités. Et il s’agit d’une course contre la montre. C’est pourquoi nous devons immédiatement faire pression tous ensemble, directement sur les représentants politiques pour qu’ils prennent de toute urgence des mesures de salut public :
S’il vous plaît, signez la pétition

► JE SIGNE LA PÉTITION

Et faites-la circuler largement autour de vous pour alerter et mobiliser le plus grand nombre possible de citoyens – pour faire pression tous ensemble sur la Commission et les États membres de l’Union européenne : Nous demandons le retrait immédiat de toutes les substances fongicides de la classe SDHI, ainsi que le financement d’études indépendantes pour évaluer de façon transparente les dangers réels découlant d’une utilisation massive de ces pesticides …et éviter un possible désastre sanitaire et environnemental de grande ampleur.
Car au-delà de notre santé, c’est aussi l’ensemble de la biodiversité qui est aujourd’hui menacé par les SDHI :
– Vendus comme fongicides (des pesticides servant à détruire les champignons), ces poisons s’attaquent en réalité à la respiration cellulaire de presque tous les êtres vivants ;
– Ils sont même plus efficaces pour détruire la micro-faune présente dans les sols et dans l’eau, ainsi que les poissons, les lombrics, les abeilles et les insectes… que pour détruire les champignons ! On a observé une chute vertigineuse du nombre de vers de terre, nettoyeurs assidus des sols indispensables au maintien d’un terreau propice à l’agriculture – de moins 30% un an après la dernière application d’un SDHI ! (8)
Des recherches menées en Italie (9) ont montré que certains fongicides peuvent décupler l’impact mortel des insecticides sur les pollinisateurs lorsqu’ils sont utilisés ensemble sur une culture – ce qui est très fréquemment le cas…
– D’autres recherches montrent que la toxicité des néonicotinoïdes pour les abeilles mellifères double en présence du fongicide boscalid couramment rencontré. (10)
Les effets sur le terrain commencent à se faire sentir :
– Une enquête menée en 2016 à la suite d’une vague de mortalités suspectes d’abeilles en Rhône-Alpes, a révélé l’effet dévastateur du boscalid appliqué sur le colza que les abeilles sont venues butiner avant de succomber (11) ;
– Plus récemment en Ariège, plus de 2 millions d’abeilles ont été mortellement empoisonnées par un épandage « accidentel » de voxan, un autre SDHI largement utilisé en agriculture (12) 
Ces premiers constats rappellent fortement ce qui s’est passé avec les néonicotinoïdes tueurs-d’abeilles dans les années 1990 … et justifieraient à eux seuls un coup d’arrêt immédiat à l’utilisation des SDHI en agriculture ! 
Alors s’il vous plaît, agissons tous ensemble dès maintenant pour faire interdire les SDHI et montrer que nous n’accepterons pas un nouveau scandale comme celui des pesticides néonicotinoïdes tueurs-d’abeilles, ou un nouveau scandale sanitaire comme celui de l’amiante, du Mediator ou du Levothyrox !
Signez dès maintenant la pétition à la Commission et aux États membres de l’Union européenne pour exiger un retrait immédiat des SDHI.

► JE SIGNE LA PÉTITION

Et faites-la circuler autour de vous, à toutes les personnes susceptibles de se mobiliser : tout le monde doit savoir ce qui se passe avec les SDHI et l’inaction insupportable de nos autorités sanitaires, afin d’empêcher un potentiel désastre sanitaire !
Au moment où je vous écris, notre équipe s’organise pour aller rencontrer la Commission européenne, les députés à Bruxelles et à Paris et les représentants des ministères : Chaque signature supplémentaire à notre pétition sera une aide déterminante pour peser et être écoutés lors de ces rendez-vous.
Ensemble, avec votre aide, nous allons faire éclater le scandale et lutter pied à pied contre les lobbys des firmes agrochimiques pour mettre les autorités sanitaires et les responsables politiques au pied du mur.
Merci par avance pour votre participation dans ce combat, pour les abeilles, et la santé de nos enfants.
Bien cordialement,  Nicolas Laarman / Délégué général

POUR SIGNER LA PÉTITION, CLIQUEZ ICI

PS : Après avoir signé, SVP transmettez ce message le plus largement possible autour de vous pour alerter et rallier un maximum de citoyens, pour mettre les responsables politiques face à leurs responsabilités, et les forcer à retirer sans tarder  les pesticides SDHI de nos champs et de notre environnement – avant que les dégâts soient irréparables…
Lire aussi : Fabrice Nicolino : « L’Agence nationale de sécurité sanitaire fait partie du lobby des pesticides » Reporterre / 10 septembre 2019 / Entretien avec Fabrice Nicolino
Le crime est presque parfait. L’enquête choc sur les pesticides et les SDHI de Fabrice Nicolino, éditions Les Liens qui libèrent, septembre 2019, 224 p., 20 €.
Références : (1) Voir la tribune signée par neuf chercheurs CNRS, Inserm et INRA publiée dans Libération le 15 avril 2018 : Une révolution urgente semble nécessaire dans l’usage des antifongiques et leur site Endsdhi.com
(2) www.terre-net.fr le 3 janvier 2014. Voir aussi Agreste : Plus de 3,24 millions d’hectares de cultures ont reçu un SDHI en 2014 en France, pour plus de 580 tonnes de substances, majoritairement du boscalid.
(3) Etat des lieux de la présence des pesticides dans l’environnement, 4e journées régionales de l’air – Sébastien LEONARD, Agnès HULIN
Étude Air Paca, Mesures du Glyphosate dans l’air : étude exploratoire en région PACA Novembre 2017
Atmo Auvergne Rhône Alpes 2015
(4) Enquêtes EXPERT, Générations Futures, 2015 et 2016
(5) The 2017 European Union report on pesticide residues in food European Food Safety Authorities (EFSA), scientific report adopted May 26 2017, doi: 10.2903/j.efsa.2019.5743.
(6) Au sujet des maladies liées à une défaillance de la SDH, voir :Genetic and Biochemical Intricacy Shapes Mitochondrial Cytopathies, Turnbull, Rustin, in Neurobiol Dis, 12 février 2015, 92, 55-63.
Mutation of a Nuclear Succinate Dehydrogenase Gene Results in Mitochondrial Respiratory Chain Deficiency, Bourgeron, Rustin, Chrétien in Nat Genet, octobre 1995, 11(2), 144-149.
Mutations in SDHD, a Mitochondrial Complex II Gene, in Hereditary Paraganglioma, Baysal, Ferrell, Willett-Brozick in Science, 4 fév. 2000, 287 (5454), 848-851.
The R22X Mutation of the SDHD Gene in Hereditary Paraganglioma Abolishes the Enzymatic Activity of Complex II in the Mitochondrial Respiratory Chain and Activates the Hypoxia Pathway, Gimenez-Roqueplo, Favier, Rustin in Am J Hum Genet, décembre2001, 69(6), 1186-1197.
Defects in Succinate Dehydrogenase in Gastrointestinal Stromal Tumors Lacking KIT and PDGFRA Mutations, Janeway, Kim, Lodish in Proc Natl Acad Sci USA, 4 janv. 2011, 108 (1), 314-318.
SDH Mutations Establish a Hypermethylator Phenotype in Paraganglioma, Letouzé, Martinelli, Loriot in Cancer Cell, 10 juin 2013, 23(6), 739-752.
The Environmental Carcinogen Benzo[a]pyrene Induces a Warburg-Like Metabolic Reprogramming Dependent on NHE1 and Associated With Cell Survival Hardonniere, Saunier, Lemarié in Sci Rep, 4 août 2016, 6, 30776.
(7) L’autorisation de la substance active boscalid a été repoussée une première fois au 31 juillet 2019, puis une seconde fois jusqu’au 31 juillet 2020. Commission Implementing Regulation (EU) 2018/917 of 27 June 2018 amending Implementing Regulation (EU) No 540/2011 as regards the extension of the approval periods of the active substances.
(8) Anses, Base Agritox : http:/www.agritox.anses.fr/
«Deux études au champ sur les populations de vers de terre avec CANTUS, deux doses (0.6 et 1.2 kg/ha), 3 applications à 12-14 j d’intervalle, ont été réalisées dans des pâtures: après un an, une réduction non significative d’abondance et de biomasse de 30% est observée à la plus forte dose et aucun effet sur l’abondance et la biomasse à la plus faible dose. Cependant aux deux doses, une réduction d’abondance de 30% est observée pour une espèce une année après la dernière application.»
Fiche d’informations BOSCALID, base de données AGRITOX 2006
(9) Synergistic mortality between a neonicotinoid insecticide and an ergosterol-biosynthesis-inhibiting fungicide in three bee species, Sgolastra F, Medrzycki P, Bortolotti L, Renzi MT, Tosi S, Bogo G, Teper D, Porrini C, Molowny-Horas R, Bosch J, in Pest Manag Sci. 2017 Jun;73(6):1236-1243. doi: 10.1002/ps.4449. Epub 2016 Nov 29
(10) Chronic exposure to neonicotinoids reduces honey bee health near corn crops N. Tsvetkov, O. Samson-Robert, K. Sood, H. S. Patel, D. A. Malena, P. H. Gajiwala, P. Maciukiewicz, V. Fournier, A. Zayed Science 30 Jun 2017: Vol. 356, Issue 6345, pp. 1395-1397. doi: 10.1126/science.aam747
(11) Bilan 2016 du réseau de surveillance des troubles des abeilles, DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes
(12) Un apiculteur de Haute-Garonne perd deux millions d’abeilles et soulève un élan de solidarité, Noémie Bonnin pour France Bleu Occitanie, 14/05/2018
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  » Patrick Balkany à toutes les sauces », La chronique d’Anne Roumanoff

Le JDD 15/09/2019

Dans sa chronique « Rouge vif », l’humoriste Anne Roumanoff revient sur la condamnation de Patrick Balkany pour fraude fiscale.
Ô rage, ô désespoir, injustice inouïe,
N’ai-je donc tant vécu que pour cette ­infamie?
Soyez maudits, vous, juges cruels et iniques,
qui rendez servilement une justice politique.
Quel horrible crime a commis mon époux bien-aimé
pour se faire ainsi, si brutalement, incarcérer?
A-t?il assassiné ? Représente-t?il un quelconque danger pour la société?
Non ! Il a juste fraudé le fisc comme des millions de Français.
Les montages financiers étaient sophistiqués,
il y a eu quelques petits oublis
dans nos déclarations,
si peu, à peine une dizaine de ­millions.
Mais ça n’est pas la faute de ­Patrick s’il est financièrement doué.
Les promoteurs immobiliers lui ­proposaient des virements à ­l’étranger,
il aurait fallu être un saint pour avoir le courage de refuser.
Oui, nous possédons quelques ­propriétés en France et à l’étranger,
mais est-ce un crime d’avoir un patrimoine immobilier?
Je l’ai dit et répété, nous n’avons pas détourné d’argent public,
nous avons uniquement un peu, beaucoup, fraudé le fisc.
Ces petites exactions ne doivent pas faire oublier l’essentiel :
nous avons fait de Levallois une ville si belle!
Quel maire s’est autant dévoué pour ses administrés?
Quel maire a tout organisé pour le bien-être des enfants, des bébés,
des personnes âgées et de tous ceux en âge d’aller voter?
Vous, Levalloisiens, électeurs ­comblés,
vous, Levalloisiens, habitants ­endettés,
aujourd’hui orphelins de votre maire bien-aimé,
je vous promets de ne pas vous ­laisser tomber.
Si mon état de santé ne permet pas de m’incarcérer,
j’ai quand même trouvé la force d’être interviewée sur BFMTV.
Si mon inéligibilité ne me permet pas de me présenter à une élection,
j’exercerai la fonction de maire intérimaire avec une honnête ­abnégation.
Chez les tontons fraudeurs
– Depuis le temps qu’il magouillait le fisc, le tenancier du 92, ça lui pendait au nez, cette condamnation.
– Quand même, à 71 ans, c’est dur de se retrouver en taule !
– T’inquiète pas pour lui ! Il est dans une cellule VIP à la Santé. Dans deux jours il aura sympathisé avec les surveillants, dans une semaine il améliorera son ordinaire et dans un mois il sera traité comme un pacha.
– Quand tu penses que ­Cahuzac se prélasse en Corse avec un ­bracelet électronique, m’est avis qu’il vaut mieux être de gauche pour ­bénéficier de la clémence des juges.
– Attends, le taulier de Levallois, ça fait quand même trente ans qu’il nargue les juges en fanfaronnant. C’est un miracle qu’il ait réussi à ­passer jusqu’ici entre les mailles du filet. Moi je dis : « Chapeau, l’artiste ! »
Comme un menu d’exemplarité républicaine
Salade de République exemplaire et son cortège de mises en examen d’élus
Chaud-froid d’avocats indignés dénonçant des procès politiques
Fricassée d’affaires en tout genre, sauce aigre-douce de dégoût des Français lambda pour la politique
Crumble d’aménagements de peine et de libérations anticipées
Addition salée pour la démocratie.

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