L’usine des 1000 vaches bouge encore

L’âge de faire – 18/08/2017 – Nicolas Bérard –
Un grand rassemblement anti-usine des 1000 vaches est organisé le 10 septembre. Les opposants entendent maintenir la pression afin que ce modèle d’agriculture ne se développe pas en France.
C’était il y a six ans, déjà. À cette époque, les habitants du village de Drucat et des alentours, dans la Somme, apprenaient l’existence d’un projet d’un nouveau genre en France : celui de la mal nommée « ferme » des 1000 vaches, son fonctionnement étant parfaitement industriel. Son principal promoteur, Michel Ramery, n’est d’ailleurs pas issu de l’agriculture, mais du BTP, secteur qui lui a permis d’intégrer le cercle des quatre cents plus grandes fortunes de France. En 2011, il projetait, donc, d’exploiter 1000 vaches laitières – soit un total de 1750 animaux en ajoutant les génisses – afin d’en exploiter le lait. Les bêtes seraient enfermées en permanence dans un hangar, entièrement conçu autour de l’objectif de maximiser les profits. Tout y serait informatisé, les vaches évolueraient uniquement sur du béton, ne verraient jamais un rayon de soleil ni le moindre brin d’herbe, et seraient traites trois fois par jour. Selon les calculs des promoteurs, ce fonctionnement devait leur permettre de produire à moindre coût 28 000 litres de lait par jour, soit un peu plus de 10 millions de litres par an.

Mais le projet agricole était aussi couplé à la construction d’un méthanisateur géant, d’une capacité de 1,489 MW, ce qui en ferait le plus gros d’Europe. Selon les opposants, c’est d’ailleurs, plus qu’avec le lait, grâce à cet équipement que les porteurs du projet espéraient faire fortune. Car non seulement il permettrait de valoriser le lisier des mille vaches et celui d’autres exploitations du coin, mais il bénéficierait en outre d’un tarif de rachat règlementé, l’énergie produite par méthanisation étant considérée comme renouvelable.
Un front très large
Où en est-on, aujourd’hui ? Michel Ramery est décédé en mai 2016, et c’est désormais son bras droit, Michel Welter, qui veut mener le projet au bout. Car il n’a pour l’instant pu être réalisé que partiellement : il n’en est pas encore à 1000 vaches laitières, et le méthanisateur n’est pas sorti de terre. La construction du complexe a notamment été retardée par les riverains, de plus en plus ouvertement opposés à l’apparition de cette « usine des 1000 vaches ». L’association Novissen – NOs VIllages Se Soucient de leur ENvironnement – compte plus de 3000 adhérents. Pour défendre la condition animale, par crainte des effets sanitaires et environnementaux (fumées cancérigènes, risques d’explosion, pollution de l’eau, etc.), ou tout simplement contre l’industrialisation de l’agriculture, la population locale s’est organisée pour faire barrage à cette « ferme ». À tel point que l’introduction sur le site des 150 premières vaches, en septembre 2014, a dû être effectuée de nuit et sous protection policière.
La Confédération paysanne est également très présente dans cette bataille. Il faut dire que l’usine des 1000 vaches est tellement représentative du modèle combattu par le syndicat agricole… Pour ne parler que des conditions de travail, elles semblent particulièrement rudes : selon les opposants, pour treize postes, une soixantaine de personnes se seraient déjà succédées… « Même les JA [Jeunes Agriculteurs, syndicat affilié à la FNSEA, Ndlr] ont pris position pour dire que ce n’est pas le mode d’agriculture qu’ils souhaitent. Et la FNSEA elle-même ne sait plus trop quoi penser de ce projet », confie Francis Chastagner, président de Novissen. Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll avait expliqué que ce n’était pas l’agriculture qu’il souhaitait défendre. Quant à son successeur, le macroniste Stéphane Travert, on attend toujours de savoir ce qu’il pense de tout ça… Le plus important étant sans doute que l’opinion publique, alertée par ce dossier, se sait désormais majoritairement opposée à ce genre d’exploitation.
Rotary milking systems…
Silence vaut acceptation
Toujours est-il que, même esseulé, Michel Welter semble bien décidé à aller au bout, et le plus vite possible. En juin 2015, alors que la ferme ne disposait que d’une autorisation pour 500 vaches, un contrôle inopiné effectué suite à une intervention de Novissen révélait la présence de 794 bêtes. Le préfet prenait alors des arrêtés réclamant 7 800 euros d’amende et 780 euros d’astreinte journalière pour contraindre le promoteur à revenir à un cheptel de moins de 500 vaches. L’exploitant a porté l’affaire devant le tribunal administratif, qui lui a finalement donné raison : une demande d’augmentation à 880 bêtes avait été déposée en mars et le rapporteur public a estimé que, l’administration n’ayant pas répondu dans un délai de deux mois, ce silence valait acceptation. Une autre décision du TA aurait sans doute porté un coup fatal à ce rocambolesque projet, Michel Welter n’ayant ni les mêmes appuis politiques ni les mêmes ressources financières que Michel Ramery.
« Nous avions anticipé cette décision du TA, qui ne nous a jamais été favorable », rapporte Francis Chastagner, pour qui ce jugement reste « scandaleux » : « le promoteur n’a de toute façon même pas attendu la fin de ces deux mois pour acheter 300 vaches supplémentaires, en totale infraction. » Le militant ajoute que, « du coup, le rassemblement du 10 septembre est d’autant plus important ! » Ce sera la quatrième « fête anti-1000 vaches »(1). Et puisqu’apparemment le silence vaut acceptation, les opposants sont très très décidés à faire du bruit.
1 – Le rendez-vous est fixéle dimanche 10 septembre à 9h30 devant la salle polyvalente de Drucat, qui sera suivi d’un sit-in sur la route départementale D928 menant à l’usine. Des débats, des prises de paroles, des concerts, des animations se succéderont ensuite tout au long de la journée.
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Vivre simple, un art à réinventer

Biocontact magazine – octobre 2016 – Marie-Joséphine Grojean – Extraits –
Un mode de vie simple adapté à la modernité d’aujourd’hui est à réinventer. Ni rétrograde ni limitatif, il implique de nouveaux comportements et un retournement radical de la pensée. Porteur d’éthique, il contribuera à une distribution plus équitable des biens matériels dans la communauté humaine et à l’avènement de sociétés plus conviviales.
Nos sociétés de consommation, et donc de déchets, sont toxiques. Elles épuisent les ressources naturelles, bouleversent les équilibres écologiques et géopolitiques, accroissent les inégalités sociales… Pour la première fois dans l’histoire, l’intensité et la multiplicité des activités et productions humaines sont telles qu’on parle d’une nouvelle ère géologique : l’Anthropocène.
Dérèglement climatique, réduction de la biodiversité, pollution des eaux, des sols, de l’air, montée du niveau des mers, la planète serait-elle en danger ? Non. Mais nous, habitants de cette planète, sommes en danger. Vivre autrement est urgent et nécessaire. Nous devons réapprendre à vivre simple.
La vie aujourd’hui : complexité, vitesse, accumulation, obsolescence
sans-titreCe que nous vivons au quotidien dans la modernité d’aujourd’hui : un enchevêtrement complexe de données, d’obligations, de besoins, de désirs, de contacts, de normes, d’activités, d’horaires, tout cela au milieu d’un arsenal d’objets et d’appareils électriques, électroniques, médiatiques qui ne demandent qu’une chose, qu’on les jette et les remplace au plus vite… Mener une vie plus simple ? Comment faire dans ce fouillis accablant ? Et pourquoi ? Et, au fait, cela veut dire quoi, une vie simple ?
Disons-le carrément : vivre simple aujourd’hui est difficile
Au niveau du temps d’abord : jusqu’alors, les humains étaient plutôt en phase avec les rythmes naturels, ce qui donnait un tempo biocompatible. Aujourd’hui, dans le rythme ambiant, mécanique, informatique, robotique, nous vivons haletant, courant après le temps : nous n’avons plus le temps !
L’espace aussi a changé de dimension. Jusqu’alors on vivait sur un territoire, aujourd’hui on vit sur une planète. Dans cet espace élargi – mondialisation oblige – on est sans cesse incité à penser global, et cela fait énormément d’informations à intégrer. La pensée globale se soucie des grands problèmes du monde, du climat, des conflits, des ressources naturelles, des flux migratoires… Mais, avec ses données statistiques et ses propositions générales, elle reste souvent abstraite. Et surtout, elle nous détourne de nous-même et donc du seul champ d’action sur lequel nous ayons concrètement prise. C’est toujours au niveau local que l’on agit et c’est dans ce qu’il y a de plus local qu’on ressent les choses, c’est-à-dire en soi-même : là où justement peut naître une démarche de simplification à exercer dans les actes ordinaires de la vie de tous les jours.
17075238660f7700d3e4e3949723e9d9Vivre simple est difficile parce que cela implique de quitter les habitudes et les conditionnements liés à l’énorme pression économique, financière, administrative qui enferme dans le toujours plus et veut faire de chaque individu, d’abord et avant tout, un consommateur. Cette vision matérialiste où règnent les notions de pouvoir d’achat, de croissance infinie, de bonheur généralisé, d’emploi garanti relève d’une utopie mensongère : comment croire en une croissance infinie sur une planète finie avec des ressources naturelles finies, déjà surexploitées, et une population en expansion aux demandes croissantes ? Mener une vie simple, c’est donc d’abord développer une pensée qui interroge les faits et participe à l’avènement d’une autre économie, respectueuse des humains et de la planète : l’économie circulaire et solidaire.
Cette frénésie d’accumulation d’objets dans les maisons, de nourriture dans les frigos, d’occupations multiples, de conversations téléphoniques interminables, de déplacements incessants, de désirs sans fondement relève de l’ordre du quantitatif et des valeurs de l’avoir. Ces valeurs mettent chacun en compétition, créant une mentalité individualiste du chacun pour soi. Elles gomment des valeurs essentielles : partage, solidarité, fraternité. Les valeurs de l’avoir comblent rarement les véritables aspirations humaines qui sont de l’ordre de l’être : être bien (bien-être), être en relation (partager), être joyeux (danser, rire, vivre ensemble)…
Vivre simple : une démarche d’autonomie et de responsabilité
Si vivre simple est d’abord une réaction contre nos sociétés de consommation et de déchets, c’est aussi une démarche d’hygiène mentale pour contrer les trop nombreuses stimulations qui nous assaillent et nous déstabilisent. C’est surtout une démarche d’autonomie et de responsabilité qui requiert discernement, détermination et qui s’exerce au plus modeste du quotidien.
Consommer autrement, raisonnablement, en conscience, de façon sélective. S’informer, éliminer l’inutile. Rechercher des informations vraies et en tirer des conséquences. Agir non à partir de consignes dictées mais de décisions prises en conscience ; le contraire de la facilité…
Cette démarche autant intellectuelle que concrète, qui se soucie des causes et des effets de ses actes, relève d’une éthique associant autonomie et responsabilité : ce que je fais en tant qu’individu résonne avec l’ensemble, tout comme l’ensemble résonne en moi, mais j’ai le pouvoir d’agir sur cette résonance par l’effet de mon jugement souverain. Ce processus de simplification donne naissance à une autre écologie : l’écologie profonde, exclusivement focalisée sur l’environnement extérieur à une écologie intérieure, qui prend soin de soi-même, des autres et de l’ensemble du vivant comme faisant partie de soi.
En finir avec des idées reçues
Vivre simplement n’est pas, comme on pourrait le croire de prime abord, un renoncement, c’est un choix qui, paradoxalement en réduisant, remplit. Il y a du contentement à vivre plus simplement, voire parfois un sentiment de plénitude, celui de participer, chacun à son niveau, à une évolution collective de conscience et au nécessaire changement de société.
Vivre plus simplement n’est pas un retour en arrière ; la démarche ne renie ni les avancées scientifiques ni les apports de la technologie, mais vise à leur maîtrise. Les écrans sont dévoreurs de temps ? Poser des limites. User avec discernement des outils informatiques. Tenir à distance les gadgets prometteurs d’une vie idyllique. En somme, ne pas se laisser dominer ni par la matière ni par la technique ni par les idéologies consuméristes. Aucun misérabilisme dans un mode de vie simple. L’accumulation d’objets dans les maisons, de vêtements dans les placards, d’appareils ménagers n’est pas synonyme de luxe mais d’encombrement et de désordre. Ne pas confondre les besoins réels et les besoins induits : qu’est-ce que je peux éliminer ? Qu’est ce qui est vraiment utile pour que je me sente bien ? Qu’est-ce que je peux supprimer sans pour autant me priver ?
Vivre simple n’est pas vivre austère et limité, ni vivre dans le manque : c’est s’alléger. Cette simplification volontaire est en fait un art de vivre que chacun dessine en fonction de ses données, de ses goûts, de ses aspirations : c’est un art de vivre créatif, évolutif, responsable, éthique.  Cette vision économique et sociale locale, solidaire, concrète, engagée s’appuie sur un mode de gouvernance participatif qui vise à placer l’humain en première ligne.
Une nouvelle logique
balanceLe choix du vivre simple, comme celui du bien vivre, dépasse toujours l’individu. C’est un engagement personnel en vue d’un collectif régénéré par l’action de chacun : ce que je ne gaspille pas peut servir à d’autres. Par la convergence de multiples actions individuelles, une autre dynamique sociale s’enclenche. C’est ainsi qu’une nouvelle logique peut s’implanter, une logique où les contraires ne s’opposent plus mais se complètent, où des liens se tissent entre l’un et le multiple, la diversité et l’unité, la personne et la planète, l’individu et le collectif… De ce retournement de la pensée surgit alors, en dehors de toute morale normative ou prescriptive, une éthique où les valeurs de solidarité, de partage, de fraternité trouvent place, en toute logique. Ce chemin d’éveil rend possible une nouvelle vision du vivant et de l’humain.
Vivre simple devrait donc s’imposer comme une renaissance, un nouveau classicisme qui, s’appuyant sur la tradition, s’invente au présent, en fonction des données de la modernité, et ouvrant des pistes aux générations futures.
01_grojeanmariejosephineMarie-Joséphine Grojean. Conférencière, auteur, membre de l’académie de l’Eau et de l’Association des journalistes écrivains pour la nature et l’écologie. Ses travaux portent principalement sur la rencontre entre les cultures, les liens entre les humains et la nature, l’éducation interculturelle, le chamanisme, l’eau. Sur le thème de l’eau, elle a élaboré et mis en place entre Marseille et Carthage le programme éducatif expérimental interculturel « L’eau et la vie en Méditerranée », qui a réuni plus de 1 500 jeunes pendant cinq ans. Elle a réalisé le film Les gens du fleuve, tourné au Mali et au Sénégal (France 2/Unesco). Ses livres, ses publications et ses émissions, notamment à France Culture, visent à relier tradition et modernité, à s’ouvrir aux autres cultures, à donner à comprendre un monde en
mutation.
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En Tanzanie, le protecteur des éléphants a été assassiné

Le Sud-Africain Wayne Lotter, connu pour son combat contre le braconnage, a été tué par balles, à Dar es-Salaam, dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 août.
Le Monde.fr avec AFP 19.08.2017
Wayne Lotter, un célèbre défenseur sud-africain de l’environnement qui s’était consacré à la lutte contre le braconnage des éléphants en Tanzanie, a été tué par balles dans la nuit du mercredi 16 au jeudi 17 août, a annoncé la branche locale de Protected Area Management Solutions (PAMS), une fondation de protection de la nature.

Ce meurtre a eu lieu à Masaki, un quartier huppé de Dar es-Salaam, la capitale économique de la Tanzanie. L’identité et les motivations des auteurs sont inconnues.
« Wayne avait consacré sa vie à la faune sauvage africaine, travaillant d’abord, alors qu’il était encore jeune homme, comme ranger dans son Afrique du Sud natale, puis en étant à l’avant-garde de la lutte contre le braconnage en Tanzanie », écrit la fondation PAMS dans son communiqué, assurant que la police tanzanienne a ouvert une enquête.
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La célèbre primatologue Jane Goodall a réagi à l’annonce en qualifiant Wayne Lotter de « héros », qui avait dû faire face à « des menaces personnelles » dans sa lutte contre le braconnage. « Si ce lâche attentat était une tentative de mettre fin au travail de la fondation PAMS, ce sera un échec », a-t-elle ajouté.
« Reine de l’ivoire »
La Tanzanie, l’un des pays qui comptent la plus importante population d’éléphants sur le continent africain, est aussi l’un des plus touchés par le braconnage. Un recensement récent notait que la population de pachydermes y a diminué de 60 % entre 2009 et 2014.
La fondation PAMS estime toutefois qu’une « réduction considérable » du braconnage a été constatée depuis 2014, notamment grâce aux efforts de la NTSCIU, une unité tanzanienne d’élite spécialisée dans les crimes « graves » nationaux et internationaux, dont le braconnage.
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La fondation PAMS aide au financement de cette unité, qui a arrêté près de 900 braconniers ces dernières années, dont la Chinoise Yang Fenlan, surnommée la « reine de l’ivoire », actuellement jugée pour le trafic illégal de 706 défenses d’éléphants entre 2000 et 2014. En mars, le plus célèbre trafiquant d’ivoire tanzanien, Boniface Matthew Maliango, surnommé « le diable », a été condamné à douze ans de prison après son arrestation par la NTSCIU.

La fondation de Wayne Lotter a contribué à faire baisse le nombre d’éléphants braconnés depuis 2014@ TONY KARUMBA / AFP
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Les États-Unis attendent leur première éclipse totale en 99 ans

Le Vif.be – 18/08/2017 – source Afp –
Agités par la passion d’astronomes amateurs, les espoirs des scientifiques et l’explosion du prix des chambres d’hôtels, les États-Unis attendent leur première éclipse solaire totale depuis près d’un siècle, qui projettera son ombre sur des millions d’habitants d’Ouest en Est lundi.
Les Etats-Unis attendent leur première éclipse totale en 99 ans
© iStockM
Mariages planifiés pour coïncider avec le grand moment, fêtes en terrasses, expéditions en canoés et même le célébrissime tube « Total Eclipse of the Heart » chanté en direct par la Britannique Bonnie Tyler: les réjouissances prévues pour celle qui est déjà surnommée « la Grande éclipse américaine » sont nombreuses.
Une attente passionnée qui pourrait même faire avancer le débat qui oppose la science aux sceptiques, espère l’astronome James Webb, de l’université internationale de Floride.
« Une grande partie de la population pourra facilement voir l’éclipse », explique-t-il à l’AFP. « Alors que beaucoup sont ceux qui nient encore aujourd’hui la science, ça sera l’occasion de montrer ce que l’on sait vraiment du système solaire », souligne-t-il.
L’éclipse totale, lorsque la Lune bloque complètement la lumière du Soleil, sera visible sur une trajectoire de 113 kilomètres de large passant par 14 des 50 États américains.
Une éclipse partielle débutera sur la côte nord-ouest des États-Unis peu après 16H00 GMT lundi. Elle deviendra totale en passant au-dessus de la côte de l’Oregon, à 17H16 GMT, puis suivra une trajectoire diagonale jusqu’à se terminer à 18H48 GMT en Caroline du Sud, sur la côte Atlantique dans le sud-est du pays.
Jusqu’en Europe
Si le phénomène complet ne sera visible que sous cette trajectoire, l’éclipse partielle s’étendra bien au-delà. Au Nord, elle pourrait être aperçue jusque dans la province canadienne de l’Alberta, au Canada et au Sud jusqu’au Brésil, si les conditions météorologiques le permettent. On pourrait même l’observer en partie dans l’ouest de la France et du Royaume-Uni, au coucher du soleil.
« Ils verront une très légère éclipse partielle », explique Robert Massey, directeur exécutif par intérim de la Royal Astronomical Society (RAS) à Londres.
Il faut remonter au 8 juin 1918 pour retrouver la dernière éclipse solaire totale à avoir survolé les Etats-Unis, d’Ouest en Est, depuis l’État de Washington jusqu’en Floride.
Face à l’enthousiasme déjà palpable des astronomes amateurs, les autorités mettent en garde contre les dangers car les rayons solaires peuvent brûler la rétine. Il ne faudra donc pas regarder directement l’éclipse, même avec des lunettes de soleil, et s’équiper de lunettes spéciales.
« Quelque 100 millions de gens vont l’observer mais les dangers si l’on regarde directement le Soleil sont réels et sérieux », souligne Vincent Jerome Giovinazzo, directeur d’ophtalmologie à l’hôpital de Staten Island University. « Les séquelles peuvent être permanentes », explique-t-il à l’AFP.
xplosion des prix
Après plusieurs alertes aux fausses lunettes de contrefaçon, les autorités ont mis en garde les consommateurs contre toutes celles qui ne seraient pas aux normes (ISO-12312-2).
Ceux qui préfèrent ne pas observer directement le Soleil peuvent fabriquer des projecteurs en papier ou carton permettant de visionner l’image retransmise du phénomène.
Allant plus loin, certains tenteront de capturer l’expérience sensorielle provoquée par l’éclipse. Scientifiques et simples citoyens sont ainsi encouragés à enregistrer les sons d’ambiance, avant, pendant et après le phénomène, pour le projet Eclipse Soundscapes, afin de permettre notamment aux aveugles d' »entendre et de ressentir les qualités physiques de l’éclipse ».
Et pour ceux qui ne seront pas sur la trajectoire, la Nasa prévoit une retransmission en direct toute la journée sur son site, qui sera aussi diffusée sur l’un des écrans de la célèbre place de Times Square, à New York.
Entre 1,85 million et 7,4 millions de personnes devraient se déplacer pour se retrouver sous la trajectoire de l’éclipse totale, ce qui fait craindre embouteillages et accidents, selon le site Great American Eclipse.
Une certitude: les prix n’ont pas attendu pour exploser. Des modestes motels de bord d’autoroute, dans l’un des meilleurs lieux pour observer l’éclipse, vers Casper dans le Wyoming (ouest), proposaient jeudi leurs dernières chambres à plus de 2.100 dollars la nuit.
Surtout, les scientifiques attendent avec gourmandise ce phénomène, qui permet d’étudier plus aisément la couronne solaire. Malgré ses 85 ans et 26 éclipses observées, Donald Liebenberg, scientifique de l’université de Clemson en Caroline du Sud, n’en finit pas de s’émerveiller.
« Quand je vois les prémices de l’éclipse totale, je suis impressionné de sentir que la température chute, que le ciel s’obscurcit et que les oiseaux rentrent au nid », confie-t-il à l’AFP avant d’ajouter, admiratif, que « même les Babyloniens étaient capables de prévoir où et quand une éclipse allait se produire ».
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Insolite – Images rares d’un élan entièrement blanc, filmé en Suède

LE MONDE | 14.08.2017

Vidéo  A voir superbe

Un élan entièrement blanc a été filmé en Suède, le 10 août, par un randonneur du sud-ouest du pays. Il n’y aurait qu’une centaine d’animaux semblables en Suède, selon le ministère de l’environnement suédois.

Selon les spécialistes, l’animal n’est pas albinos mais le résultat d’un cas particulier de mutation génétique. En Suède comme au Canada, il est interdit de chasser les élans blancs. Mais la chasse aux élans communs, elle, y reste autorisée. La Suède compte 300 000 licences de chasse et environ 100 000 élans sont tués chaque année sur son territoire.

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#Ceuxquifont – A Paris, le libraire militant, le mois d’août et les migrants

Le Monde 18 /08/2017
Face au pessimisme ambiant, ils agissent, font bouger la société à petite ou grande échelle. Le Monde est allé à leur rencontre.

Une librairie du 11e arrondissement de la capitale héberge, la nuit, des familles de migrants, entre des étagères de livres.
Tout le mois d’août, les nuits se ressemblent dans la petite librairie du 38 de la rue Keller, dans le 11arrondissement de Paris. Ça commence toujours par un coup de fil tardif au propriétaire, Michel Sitbon, qui répond « oui » à chaque fois. Ensuite, une voiture s’arrête et descend des migrants, naufragés de la nuit ; des enfants qui dorment debout ; des mères aux yeux noircis par la fatigue, des pères au bord des larmes, aussi. Puis, des matelas sont descendus de la mezzanine et installés serrés sur le sol entre les étagères de livres.
Michel Sitbon passe le mois d’août dans la capitale, avec l’idée de « ne pas laisser place aux mauvais coups de l’été ». Cet écrivain-éditeur se souvient de celui de 1996 : « Là, en plein cœur de l’été, l’église Saint-Bernard a été évacuée ». Cette année, il est allé faire un tour un soir du côté du centre humanitaire, porte de La Chapelle, et y a croisé une infinie détresse. « En voyant sur les trottoirs les familles sans toit ni lit, j’ai décidé d’en héberger », explique cet abonné des combats compliqués
Le libraire crie son indignation : « Y’en a marre des bébés à la rue !… Au premier bébé que j’ai accueilli, j’ai sauté de joie. Mais au vingtième, j’ai envie de hurler qu’on ne peut pas continuer ainsi ! » La Mairie de Paris propose un accueil pour les femmes ; elle a même mis en place un centre humanitaire spécifique pour les familles à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), mais il est en général saturé avant la fin de journée.
Une pincée d’érotisme et pas mal de politique
La Palestinienne Hayatim et son mari, le Soudanais Saïd, ont pu récupérer dans sa librairie avec Naba, leur petite fille de 2 ans. Lorsqu’ils ont débarqué, l’association Utopia, qui maraude la nuit aux abords du camp humanitaire de Paris, a tout de suite pensé à la librairie, « parce qu’on peut y envoyer des familles, même nombreuses », rappelle Antoine Bazin, le responsable, alors que dans les chambres d’hôtel, l’affaire peut être plus compliquée.

A leur arrivée en pleine nuit, les migrants ont la curiosité trop émoussée par la fatigue pour s’enquérir des livres qui les entourent. Au matin, en revanche, ceux qui lisent le français comprennent vite que le cannabis est une dominante de cette librairie thématique, où l’on trouve aussi une pincée d’érotisme et pas mal de politique. Michel Sitbon, auteur d’un livre titré La Fumée clandestine, est président d’honneur de Cannabis sans frontières. A la tête de plusieurs petites maisons d’édition, cet homme, qui a gagné de l’argent avec des magazines pornographiques et des services de Minitel roses, mène aujourd’hui quelques combats qui lui tiennent à cœur.
« Pour moi, les sans-papiers, les migrants. C’est la même chose. Mon combat a commencé quand j’étais en classe de 4e et que j’ai fait un exposé sur le sujet un après-midi entier », rappelle ce drôle de militant, qui a animé des coordinations de sans-papiers, hébergé des Roms dans sa « bibliothèque » du 20arrondissement, plaidé pour un accueil digne des étrangers dans les préfectures…
Michel Sitbon sait la force symbolique d’une remise de clé à celui qui traîne depuis des mois sur les routes. Alors, dans la nuit du quartier de la Bastille, ce comédien né aime surjouer ce moment. Prenant son pas-de-porte pour une scène, il joint la voix au geste et y va désormais, presque chaque soir, d’un très solennel « Welcome ».
Vous avez été nombreux à apprécier la série #Ceuxquifont pendant l’été 2016, ces portraits d’hommes et de femmes qui dans leur domaine où leur quartier, agissent pour réaliser leur rêve d’un monde plus humain. Cet été nous repartons à leur rencontre. Merci à tous ceux qui ont répondu à notre appel
Texte Maryline Baumard   Photos Diane Grimonet
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Campus – Les universités américaines dominent une nouvelle fois le classement de Shanghaï

Seize établissements états-uniens sont dans le top 20 de ce palmarès mondial. L’université Pierre-et-Marie-Curie (40e) reste la meilleure française.

LE MONDE | 15.08.2017 | Par Eric Nunès et Camille Stromboni
En 2017 encore, ce sont les établissements nord-américains qui dominent largement le classement de Shanghaï, palmarès mondial des universités publié mardi 15 août.
Avec seize établissements parmi le top 20 et quarante-huit dans le top 100, les Etats-Unis confirment leur hégémonie. Harvard (Massachusetts) se maintient à la première place, devançant Stanford (Californie). La première européenne, l’anglaise Cambridge, progresse d’une place par rapport à 2016, délogeant ainsi l’université californienne de Berkeley de la troisième place du podium. Le MIT est la quatrième, Berkerley rétrograde à la 5e place.
Seulement quelques universités d’Europe continentale se maintiennent aux places d’honneur : celle de Zurich (Suisse) demeure à la 19e place, Copenhague conservant la 30e. La première française, l’université Pierre-et-Marie-Curie (Paris-VI), est classée 40e, talonnée par L’université de Paris-Sud, 41e (en progression de cinq places). Une troisième tricolore figure parmi les cent premières : l’Ecole normale supérieure, à la 69e place.
Si l’on prend en compte le nombre d’universités par pays figurant dans le top 100 de ce palmarès, la place de la France reste stable, devancée par les Etats-Unis (48 classés), le Royaume-Uni (9), l’Australie (6), la Suisse (5), le Canada (4), les Pays-Bas (4) et l’Allemagne (4). La France arrive ex aequo avec le Japon (3).

« C’est toujours l’angoisse pour nous »
Dans un contexte de compétition internationale entre les établissements, ce palmarès mondial est une référence depuis sa création, en 2003. Il est attendu et scruté. « C’est toujours l’angoisse pour nous », reconnaît le président Yvon Berland, ravi de voir son université, Aix-Marseille, conserver son rang (dans la catégorie 101-150e). Pourtant, des débats réguliers agitent le milieu universitaire à propos des critères utilisés pour donner une note aux meilleurs établissements de la planète.
Pour la vingtaine d’établissements que la France y voit distingués chaque année, les gains de places se comptent souvent sur les doigts d’une main. « C’est un classement très regardé, très médiatisé. On y est forcément attentif. Même si ce n’est qu’un indicateur parmi d’autres, pour juger du potentiel de l’université dans le domaine de la recherche », poursuit M. Berland.
Pour lui, cette stabilité montre que son établissement progresse au même rythme que les autres dans la compétition internationale. S’il reconnaît que les critères peuvent être discutés – « ils donnent une large place à l’histoire d’un établissement, avec la comptabilisation des Prix Nobel, ou encore ne prennent quasiment pas en compte les sciences humaines et sociales » –, il estime qu’ils sont « objectifs ».

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Pour établir leur classement, les auteurs retiennent six critères principaux :
le nombre de Prix Nobel et de médaille Fields parmi les diplômés,
le nombre de Prix Nobel et de médaille Fields parmi les (anciens) professeurs,
le nombre de chercheurs les plus cités dans leur discipline,
le nombre de publications dans les revues scientifiques science et nature,
le nombre de publications rattachées à l’établissement et répertoriées dans les index de citations,
la pondération de ces cinq indicateurs divisée par le nombre d’enseignants-chercheurs de l’université.
C’est une petite équipe de l’université Jiao Tong, de Shanghaï, qui a délégué à l’Academic Ranking of World Universities (ARWU) le soin de collecter les données requises.
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C’est l’été reportage – Au bonheur du yak dans le val d’Hérens

Rosula Blanc a commencé l’élevage de ces ruminants domestiques un peu par hasard, mais pas question de livrer ses animaux à la boucherie. Quatrième épisode de notre série
Le Temps 16/08/2017

Dans le val d’Hérens, l’un des plus sauvages du Valais, les randonneurs peuvent tomber nez à nez avec une créature himalayenne. Une demi-tonne habillée d’une robe de poils et coiffée de cornes sinueuses. «Mes yaks sont curieux. Parfois, ils s’aventurent au-delà de la crête de la montagne, où il n’y a pas de clôture», sourit Rosula Blanc.
Si on ne les approche pas trop, il n’y a rien à craindre, assure-t-elle. Un jour, l’éleveuse a été rudoyée par une de ses bêtes. Elle a boité pendant des mois. Mais c’était une méprise: le yak en voulait à son chien de berger, le souffre-douleur du troupeau.
Sur ces pentes suspendues à 2700 mètres, les treize yaks de Rosula Blanc se suffisent à eux-mêmes. Ils s’abreuvent dans les torrents. Pour les approcher, il faut cavaler à flanc de montagne, en prenant garde à ne pas rouler en bas. Nul autre ruminant ne leur conteste ces contreforts. Les vaches d’Hérens, bien que musculeuses et trapues, apparaissent comme des petits points noirs sur l’alpage en contrebas.

«Cette race a été poussée pour les combats de reines. Les vaches sont devenues trop lourdes pour aller sur des pentes aussi raides. Tout le haut de la montagne est inutilisé», explique Rosula Blanc, en désignant d’un geste le vaste territoire des yaks.

Elle rend visite à son troupeau une ou deux fois par semaine. L’été, il faut faire les foins pour l’hiver, travail harassant. Au petit matin, puis au crépuscule, elle compte ses yaks à la jumelle depuis son mayen perché de l’autre côté de la vallée, à La Giette. Quand elle s’est installée dans ce hameau perdu, cette femme résolue savait qu’elle voulait faire de l’élevage. Un rêve nourri depuis l’enfance et les vacances qu’elle passait dans ce coin de pays.

Un yak à vendre sur Internet
Ce n’est pas de l’Himalaya que lui vient la passion des yaks. Elle a acheté son premier animal il y a neuf ans un peu par hasard, en découvrant une annonce sur Internet. Entre-temps, les yaks ont été reconnus par la Confédération comme des bovins extensifs. Ce qui permet aux éleveurs de toucher des subventions.

Rosula Blanc assure qu’ils contribuent à la préservation de l’environnement. Sans eux, l’herbe de ces pâturages, où naissent les avalanches, serait plus longue et la neige glisserait plus facilement. Les yaks peuvent aussi mettre en fuite le loup, qui rôde de vallée en vallée et décime parfois les rangs des moutons. Mais les yaks s’entendent mieux avec les chèvres qu’avec les moutons.
Le yak, poursuit Rosula Blanc, donne une viande de luxe, avec très peu de matière grasse et de cholestérol. Les bêtes ne peuvent pas être abattues avant trois ans de vie au grand air. Mais ne comptez pas sur l’éleveuse pour envoyer ses yaks à la boucherie. Kubilai, son premier, est toujours avec elle.

Regard noir, l’imposant chef du troupeau se laisse volontiers caresser par sa maîtresse. «Il s’est assagi. La première fois que j’ai pu être aussi proche, c’était une très belle chose», se souvient-elle.
Le troupeau s’est enfin arrêté sur un promontoire au-dessus d’une courte falaise. Un petit brun, à peine plus haut qu’une chèvre, poursuit le chien qui a eu le malheur de jouer au chef de bande. Le jeune taureau sera bientôt revendu à un autre éleveur, peut-être en France. Le but est aussi de développer la race. Les yaks européens ont tous les mêmes ancêtres, importés il y a longtemps pour des jardins zoologiques.
Une collaboration avec la Confédération, l’Association suisse des éleveurs de yaks, où Rosula Blanc est la responsable de l’élevage, tient une sorte d’arbre généalogique des yaks helvétiques. Bientôt, le troupeau se remet en marche et s’éloigne pour être rapidement hors d’atteinte de nos chevilles.
«Au début, c’était le rodéo»

Notre guide reprend ses explications: «Il n’y a personne pour t’apprendre l’élevage de yaks. Au début, c’était le rodéo. Ce sont des bêtes sauvages, qui se défendent et peuvent être rancunières», poursuit Rosula Blanc. A l’entre-saison, les yaks du val d’Hérens accompagnent des randonneurs parmi les sommets valaisans. Les animaux portent le matériel, ce qui permet une totale autonomie pendant des jours.
En 2013, Rosula Blanc a même mené sa caravane jusqu’à Menton, sur la Côte d’Azur. Elle a fait de ce voyage un livre, intitulé Avec trois yaks vers la mer (Ed. Favre). «Les yaks ont le sens de l’orientation. Sur le parcours, je laissais parfois l’un d’entre eux trouver le meilleur chemin.
Sur les sentiers plus larges, il s’ennuyait», raconte-t-elle. Dans l’aride Himalaya, les yaks ont l’habitude de couvrir de grandes distances à la recherche des pâturages.
Ce marcheur hors pair, son «meilleur» yak, est depuis décédé de calculs rénaux, un problème propre aux yaks et qui fait l’objet d’une recherche à l’Université de Zurich. Ces animaux sont tellement méconnus en Suisse que Rosula Blanc était allée en 2014 à un congrès sur les yaks en Chine.
«Il y avait beaucoup de scientifiques qui travaillaient sur leurs globules rouges et leur adaptation à l’altitude. Mais, finalement, ils connaissaient moins leur comportement que moi», déclare-t-elle, fière de son savoir.
En chiffres
14: en millions, le nombre de yaks dans le monde.
647: le nombre de yaks en Suisse, recensés par le livre d’élevage.
48: le nombre d’exploitations dans lesquelles ils se répartissent, essentiellement pour la production de viande.
Olivier Maire

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Economie – Pour les anciens chefs d’Etat, des privilèges en voie de réduction / La République des ex-présidents

L’Opinion 17 Août Ivanne Trippenbach
Indemnités, transport, garde des propriétés : la République prend soin de ses anciens présidents, tout en réduisant peu à peu les avantages matériels

Nicolas Sarkozy « coûte » 3,3 millions d’euros par an à l’Etat, contre 3,1 millions pour Valéry Giscard d’Estaing © Sipa Press
Depuis fin 2016, un décret encadre les avantages matériels dévolus aux anciens chefs d’Etat. L’indemnité de retraite, fixée en 1955, reste modeste comparée à l’étranger.
Très discrètement, en mars dernier, la garde aux frais de l’Etat des châteaux de Valéry Giscard d’Estaing à Authon (Loir-et-Cher) et de Jacques Chirac à Bity (Corrèze) a été levée.
Cette surveillance nuit et jour coûtait chaque année 1,3 million d’euros pour le premier et 500 000 euros pour le second. Désormais, Nicolas Sarkozy est l’ancien président qui « coûte » le plus au contribuable avec 3,3 millions d’euros, contre 3,1 millions pour Giscard d’Estaing et 2 millions pour Chirac.
En plein état d’urgence, il a été jugé plus utile de déployer les gendarmes sur le terrain. Mais cette suppression illustre la lente érosion des « privilèges » accordés aux …
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La République des ex-présidents
L’Opinion 18 Août 2017 à 06h00 Ludovic Vigogne
Quatre anciens chefs de l’Etat sont encore en vie, et plus ou moins actifs publiquement. Dans la politique française, c’est une nouvelle donnée. Elle n’est pas sans conséquence
Depuis son élection, Emmanuel Macron a déjà eu trois fois l’occasion de s’afficher avec Nicolas Sarkozy et François Hollande. La coexistence entre un président français et ceux qui l’ont précédé est une réalité récente. Les locataires en place à l’Elysée sont les premiers à devoir s’y adapter. Enquête.
Les Bush, père et fils, ont publié mercredi un communiqué appelant leurs compatriotes à « rejeter le sectarisme racial, l’antisémitisme et la haine sous toutes ses formes », critiquant en creux les ambiguïtés de Donald Trump sur Charlottesville. Dès dimanche, Barack Obama s’était élevé contre les suprémacistes blancs sur Twitter, citant Mandela. S’il n’a pas mentionné son successeur, les commentateurs n’ont pas manqué de mettre sa réaction en regard de celle du 45e président américain.
Aux Etats-Unis, c’est une réalité de longue date : du fait du rythme (des mandats de quatre ans), des institutions (pas plus de deux mandats consécutifs) et des usages (un président, une fois à la retraite, ne se représente plus) du système américain, la cohabitation entre le locataire de la Maison Blanche et ses prédécesseurs est usuelle. Les anciens font partie du paysage. Ils sont régulièrement consultés par l’occupant du Bureau ovale. Les photos entre eux sont monnaie courante. Aujourd’hui, cinq anciens présidents américains sont en vie : Jimmy Carter, George Bush, Bill Clinton, George W. Bush et Barack Obama.
En France, cette coexistence est plus récente. Lorsque Valéry Giscard d’Estaing était président de la République, il n’y avait aucun ancien chef de l’Etat encore en vie. Aujourd’hui, Emmanuel
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Le festival Dans les Jardins de William Christie 2017 ouvre ses portes !

Le pionnier du renouveau du baroque a allié ses deux passions le temps d’un festival dans son domaine au sud de la Vendée

William Christie a deux passions. La musique baroque, qu’il a été un des premiers à faire redécouvrir à la tête de son ensemble Les Arts florissants. Et le jardin.

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Pas n’importe lequel : le sien. Celui qu’il a fait sortir de terre, autour du bâtiment, un logis de la fin du XVIe  siècle qu’il a acquis en  1985 dans le sud de la Vendée, à Thiré. Depuis 2012, à la fin du mois d’août, cet ensemble exceptionnel est ouvert au public – en plus des périodes habituelles de début juillet et du mois de septembre – dans le cadre d’un festival qui porte bien son nom :  » Dans les jardins de William Christie « .

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Ce jardin pluriel, son concepteur, qui est né à Buffalo, dans l’Etat de New York, et dont le père était architecte, le décrit lui-même, calé dans son imposant fauteuil d’époque, devant la cheminée seigneuriale. Plus qu’une histoire des jardins qu’il aurait voulu illustrer,  » c’est un jardin éclectique, avant tout d’inspiration européenne « . Et surtout selon son goût. Qu’il a eu le temps de former à Harvard, puis lors de visites érudites à l’occasion de ses innombrables tournées.

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© Le Monde
Car William Christie n’est pas  » totalement analphabète « , dit-il non sans humour. Il n’y a pas de références aux jardins de lettrés chinois, par exemple : le modèle de l’extraordinaire théâtre de verdure est à chercher du côté des  » chinoiseries  » en vogue en Hollande dès le XVIIe  siècle.

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Dans la cour d’honneur, les deux pins parasols dits  » d’Atys  » évoquent l’opéra de Lully. Quant aux jardins, nés de la complicité avec Joseph Ripaud, un pépiniériste vendéen aussi exigeant qu’attachant, ils sont un agencement savant d’allées ombragées, de sous-bois et de bosquets, de parterres et de terrasses où règnent l’if et le buis taillés.

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Les topiaires, quand elles ne sont pas strictement géométriques, à la manière des jardins italiens de la Renaissance, se voient surmontées d’oiseaux sculptés dans le végétal. Leur dialogue muet avec les volées de pigeons paons d’un blanc éclatant qui s’échappent régulièrement d’un délicieux pigeonnier aurait eu sa place dans Le Roi et l’Oiseau

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La pinède évoque les ruines romaines qui séduisirent tant les voyageurs fortunés au XVIIIe  siècle. Il y a même, dans un sous-bois, un jardin éphémère. Et c’est dans l’herbe, sur les marches ou sous les frondaisons que se sont produits, pour des dizaines de concerts ou d’ateliers, les musiciens et chanteurs des Arts florissants ou les artistes invités de la prestigieuse Juilliard School de New York, devant des centaines de spectateurs ravis d’être là.
Un des clous du festival, une -conversation à l’ombre des platanes entre Henry-Claude Cousseau, discret et élégant conservateur du patrimoine, et l’écrivain Erik Orsenna, sur le thème des jardins dans la littérature, a rassemblé de nombreux auditeurs attentifs. Dont un monsieur irascible qui s’en est pris à un spectateur  » malpoli «  (William Christie lui-même, fort interloqué) qui avait osé s’asseoir au premier rang…

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Les sourires perdureront avec les mots choisis de ces conteurs subtils qui convoqueront Gœthe, Saint-Simon, Montaigne ou Vivant Denon. Erik Orsenna, auteur du Portrait d’un homme heureux : André Le Nôtre, racontera Versailles, les exigences royales, les projets inaboutis de détournement de la Loire ou de l’Eure pour  » contenter les fontaines « 

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 » Louis XIV  » en son domaine

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Versailles, qu’il est difficile de ne pas évoquer quand, depuis les terrasses et le grand parterre, on fait face à ce qui constitue le joyau du domaine : le miroir d’eau (70 mètres de long, tout de même), avec, à l’arrière-plan, sa colonnade de charmes, la colline, les pins au loin et la grotte de rocaille.

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William Christie est sur scène, au clavecin, heureux de communiquer son bonheur.
© Le Monde

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http://www.Les arts florissants.com/
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Le ministre Travert en porte-parole du lobby de l’agroalimentaire

Charlie Hebdo – 15/08/2017 – Fabrice Nicolino –
Ne cherchons pas l’erreur, car il n’y en a pas. Un, la demande produits alimentaires bio explose en France – + 20 % en 2016 -, où des millions de consommateurs refusent toujours plus la merde industrielle pesticidée. Et c’est la même chose en Europe, où les produits bio pèsent maintenant près de 30 milliards d’euros par an. Sur le papier, un boulevard pavé de roses s’ouvre pour des politiques intelligentes de soutien à l’agriculture biologique. Mais dans les faits, la société n’a droit qu’à un doigt d’honneur du trio Travert-Philippe-Macron.
Voyons d’un peu plus près. L’un des drames de bio en France c’est qu’il est très difficile de devenir paysan, entre autres pour des raisons foncières. Et compliqué de convertir une exploitation existante alors qu’il faut importer massivement du blé ou des légumes bio. Or voilà que monsieur Travert, ministre macronien de l’Agriculture a décidé, comme le dénonce la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) dans un communiqué (1), « … de ne prévoir aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique dans les trois prochaines années. Aucune nouvelle conversion biologique ne sera possible« . Ne surtout pas voir dans cette vilenie la main du lobby agro-industriel, FNSEA en tête, car ce serait injurieux pour notre ministre, qui n’en est jamais que le porte-parole.
De son côté, la Confédération paysanne complète le tableau à propos de la réforme de la Politique Agricole Commune (PAC), et évoque une trahison gouvernementale (2), ajoutant : « Comme si cela ne suffisait pas, [le gouvernement] compte laisser un trou budgétaire béant dans le financement des mesures agro-environnementales et climatiques« .
(1) Jeudi noir pour l’agriculture biologique en France (Gilles Héluin 29 juillet 2017)
Selon un communiqué de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB), une décision du ministre de l’Agriculture, Stéphane TRAVERT, le gouvernement ne prévoit aucun budget pour les aides à l’agriculture biologique dans les 3 prochaines années. Aucune nouvelle conversion biologique ne sera possible. Les producteurs et producrices bio de la FNAB dénoncent ce renoncement politique historique.
Voila le résultat du lobbying de la FNSEA, entre autres, auquel les oreilles du gouvernement ultralibéral sont sensibles ! Source : communiqué de la FNAB 
(2) Communiqué de la Confédération paysanne (27/07/2017)  : PAC 2018 : La trahison gouvernementale !
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Le voyage hors du corps : mythes et réalités

Alternative santé  – 06/04/2017 – Jacques Mandorla –
  • De nombreuses sources relatent des expériences de décorporationDe nombreuses sources relatent des expériences de décorporation
À en croire ceux qui en sont revenus, la mort n’a rien d’effrayant. Comme en lévitation, plein d’une joie sereine, on a l’impression de quitter son corps et d’avancer dans un tunnel obscur, au fond duquel brille une étrange lumière. Quels enseignements tirer de ces fameuses expériences de mort imminente ? S’agit-il de simples hallucinations dues à l’oxygénation insuffisante du cerveau, ou bien d’un authentique voyage de la conscience vers des mondes inconnus ?
Des milliers de témoignages évoquent le mystérieux phénomène du « voyage hors du corps ». Celui-ci, qui peut se manifester de différentes manières, est connu sous de nombreuses appellations : décorporation, dédoublement, OBE (Out of the Body Experience) en lien parfois avec des « N.D.E. » (Near Death Experience), lévitation, don d’ubiquité, téléportation…
Le voyage hors du corps est défini comme la sensation, pour un individu, de quitter mentalement son corps physique pour se retrouver virtuellement à un autre endroit, au moyen d’un autre corps, invisible celui-là, appelé par certains « corps astral » ou « corps éthérique ». Les témoignages relatifs à ce phénomène proviennent de deux sources distinctes.
La première source est constituée de personnes ayant été plongées dans un coma profond (suite à un accident de la route, une maladie grave, un stress très violent…) au cours duquel elles sont considérées, pendant une certaine période, comme mortes cliniquement, mais reviennent ensuite à la vie. On parle alors de « N.D.E. » (Near Death Experience) ou encore d’état de mort imminente (E.M.I.), d’expérience de mort approchée (E.M.A.), d’expérience aux frontières de la mort, d’expérience de mort-retour… Rappelons qu’aujourd’hui une personne est médicalement déclarée en mort clinique lorsque ses tracés d’encéphalogramme et d’électrocardiogramme sont entièrement plats, et non plus lorsque son coeur s’est arrêté de battre.
La seconde source est constituée de personnes tentant des expériences ayant pour objectif de se « décorporer » volontairement (voir le test proposé en fin d’article).
Trois autres phénomènes, beaucoup plus rares et encore plus contestés, sont parfois associés au même concept : la lévitation, l’ubiquité et la téléportation.
La lévitation est l’élévation du corps physique dans l’espace, sans appui ni aide matérielle. Le cas le plus illustre est celui du moine italien Joseph de Copertino (1603-1663). Il aurait considérablement embarrassé le Vatican en perturbant souvent les messes dominicales célébrées dans son monastère, s’élevant brusquement dans les airs devant les yeux ébahis des autres moines ! Le meilleur témoignage que l’on possède est celui de l’ambassadeur d’Espagne à la cour papale qui, en 1645, se rendit au monastère de Grottaglie, où Copertino vivait : « Il se mit à voler une douzaine de pas au-dessus de la tête des assistants, jusqu’au pied de la statue de la Vierge Marie. Peu après lui avoir rendu hommage, il redescendit au sol puis retourna tout droit à sa cellule, nous laissant là interloqués. »
L’ubiquité (du latin ubique, en tout lieu), appelée aussi « bilocation », survient quand une personne est vue physiquement à deux endroits en même temps. L’écrivain Marcel Aymé évoque ce phénomène dans sa nouvelle fantastique Le Passe-muraille, publiée en 1941 : « Il y avait à Montmartre, dans la rue de l’Abreuvoir, une jeune femme prénommée Sabine qui possédait le don d’ubiquité. Elle pouvait à son gré se multiplier et se trouver, de corps et d’esprit, en tant de lieux qu’il lui plaisait souhaiter. »
Enfin, la téléportation est le fait, pour un personnage, de se déplacer instantanément d’un point à un autre à la vitesse de la lumière, comme le relatent de nombreux auteurs de science-fiction dans leurs romans. Ce phénomène n’est encore, à ce jour, qu’à l’état de recherche théorique. Pourtant, certains spécialistes ne désespèrent pas de pouvoir le réaliser dans le futur : pour s’en convaincre, ils affirment que l’invention de l’hologramme en représente la première étape.
Un phénomène connu de toutes les civilisations
Pour les sceptiques, les phénomènes de voyage hors du corps ne sont que des hallucinations, des rêves ou parfois même de la supercherie pure et simple. Les convaincus, à l’opposé, soutiennent que la meilleure preuve de la réalité du voyage hors du corps repose sur la crédibilité et le nombre des récits fournis par tous ceux qui ont vécu une telle expérience. C’est le cas du psychologue américain Charles Tart, un des fondateurs de la psychologie transpersonnelle : « Étant donné sa distribution apparemment universelle dans toutes les cultures et à travers toute l’histoire, le dédoublement constitue ce que le psychiatre Carl Jung appelle une expérience archétypique, donc potentiellement accessible à de nombreux êtres humains, pour la simple raison qu’elle participe de la nature humaine. »
Les voyages hors du corps sont en effet relatés, depuis des millénaires, dans de nombreuses civilisations. Les premiers écrits de l’Inde mentionnent que, parmi les huit « siddhis » (pouvoirs surnaturels) de l’être humain, le sixième est celui « qui permet de voler dans le ciel ».
Pour les Égyptiens, chaque personne possédait, à côté du corps physique, un autre corps, appelé « ba », ayant la forme d’un oiseau à visage humain, symbole de ce qui peut échapper aux lois de la pesanteur.
L’Ancien Testament relate que le prophète Élisée parvint à déjouer l’attaque des Syriens en se transportant virtuellement dans la chambre du roi syrien pour y lire ses plans d’attaque ! La bataille, le lendemain, ne fut plus alors qu’une simple formalité pour Élisée.
Dans la religion chrétienne, des chercheurs ont relevé de nombreux cas de voyage hors du corps, comme ceux de Jésus-Christ, lors de sa résurrection, ou bien de saint Paul, qui mentionne, dans l’Épître aux Corinthiens, « la corde d’argent » qui relierait le corps spirituel au corps physique et serait un véritable cordon ombilical des voyageurs de l’astral. Ce cordon est décrit, par ceux qui disent l’avoir vu, comme une sorte de câble d’apparence élastique, censé donner à la personne qui voyage l’énergie qui la maintient en vie. Toute rupture du cordon signifierait une mort immédiate.
Chez les Indiens d’Amérique du Nord, on dit que certains chamanes possèdent le pouvoir de quitter leur corps, par leur simple volonté, afin d’accompagner l’âme des morts jusqu’à la terre des ancêtres.
Récits d’écrivains
De nombreux écrivains ont raconté leurs propres expériences en matière de voyage hors du corps : Aldous Huxley, Arthur Koestler, Emily Brontë, Guy de Maupassant, Jack London… Ou encore Ernest Hemingway qui, au moment précis où des éclats d’obus lui criblèrent les jambes, en juillet 1918, vécut une expérience de voyage hors du corps : « Mon âme, ou quelque chose qui sortait de mon corps comme quand vous tirez un mouchoir de soie de votre poche, se déploya autour de moi, puis revint et réintégra mon corps : mais je n’étais pas mort. »
Une autre célébrité du XXe siècle vécut aussi une expérience de voyage hors du corps : Charles Lindbergh. Celle-ci survint au cours de son inoubliable traversée en solitaire de l’Atlantique de mai 1927, à bord du Spirit of Saint Louis. Alors qu’il en était à sa vingt-deuxième heure de vol, Lindbergh fut enveloppé d’un épais brouillard et commença à ressentir les effets de la fatigue : « J’étais hors du temps et de la matière. Je sentis que je me séparais de mon corps tout comme j’imagine l’esprit se dégageant de notre forme corporelle. Je flottais dans le cockpit, à travers le fuselage, puis j’obliquais vers le haut, à l’extérieur de l’appareil, avant de prendre une forme qui, j’en avais conscience, ne ressemblait en rien à la forme humaine que j’avais laissée dans un avion volant à grande vitesse. Mais je restais lié à mon corps par un long câble si ténu qu’un simple souffle aurait pu le rompre ».
Le pionnier des recherches scientifiques sur le sujet
L’Américain Raymond Moody, docteur en philosophie, est le premier chercheur à avoir popularisé le sujet. Dans son best-seller Life after life (« La vie après la vie »), paru en 1975, Moody analyse 150 témoignages de personnes revenues à la vie. Il appela ce phénomène « N.D.E. » (Near Death Experience), ou expérience de mort imminente, et découvrit l’existence de onze phases caractéristiques communes à tous ces cas :
1 – L’insolite : les rescapés de la mort ont beaucoup de mal à décrire, en termes clairs et simples, le monde dans lequel ils entrent.
2 – L’audition du verdict : la plupart des dédoublés assurent avoir entendu les personnes autour d’elles (médecins ou simples passants) les déclarer morts. Cependant ils sont incapables de bouger ou de parler pour manifester qu’ils sont toujours vivants.
3 – Le sentiment de sérénité : dans la situation de mort imminente, les gens ne ressentent plus de douleur mais, au contraire, une sensation agréable.
4 – Le bruit : les dédoublés n’entendent plus les bruits environnants, mais des sons inhabituels comme de la musique très belle ou, à l’inverse, des bourdonnements insupportables.
5 – Le tunnel obscur : la majorité des sujets se sentent comme aspirés dans un tunnel obscur, un puits ou un espace tubulaire.
6 – L’abandon du corps : à l’issue de la traversée du tunnel, les sujets ressentent un phénomène de décorporation, c’est-à-dire de dédoublement entre leur corps physique et leur corps astral.
7 – La rencontre avec les autres : les personnes qui approchent de la mort semblent alors rencontrer des parents, des amis ou des entités spirituelles qui veulent faciliter leur passage vers la mort.
8 – L’être de lumière : ce phénomène est certainement la caractéristique la plus importante des N.D.E. La lumière est d’abord pâle, puis elle gagne en intensité pour devenir éclatante, sans éblouir le sujet. Cet être de lumière semble donner amour et chaleur et son identification est liée à la croyance religieuse de l’individu (le Christ pour un chrétien, un ange pour un Juif croyant…).
9 – Le défilé de la vie : la plupart des dédoublés voient défiler en accéléré (comme les flash-back d’un film) les séquences importantes de leur vie.
10 –  La frontière : certaines personnes disent avoir aperçu comme une limite, une porte ou une barrière symbolisant la ligne de séparation entre la vie et la mort.
11 – Le retour : tous ceux qui témoignent de leur voyage aux portes de la mort en sont bien sûr revenus, sinon ils ne pourraient pas en parler. Pourtant, certaines personnes disent avoir lutté afin de ne pas revenir dans leur corps physique.
Quinze ans après la parution du best-seller de Raymond Moody, le phénomène de N.D.E. a connu une médiatisation planétaire grâce à la sortie du film L’Expérience interdite, réalisé en 1990 par Joël Schumacher, avec Kiefer Sutherland et Julia Roberts dans les rôles principaux.

« Simple » phénomène neurologique ou expansion de conscience ?
Les phénomènes de sortie du corps ont depuis ces recherches pionnières fait l’objet de centaines de publications, y compris d’études scientifiques contradictoires sur le sujet. Tandis que certains pensent que tout se passe dans le cerveau, d’autres pensent que le phénomène est à appréhender d’un point de vue spirituel.
Une partie de la recherche en neurologie explique par exemple ces phénomènes par des modifications du fonctionnement du cerveau au moment de la mort, en particulier par un manque d’oxygène lié à l’arrêt de la circulation cérébrale. Pour les tenants de cette hypothèse, les EMI et sorties du corps associées seraient en quelque sorte des faux souvenirs induits par l’asphyxie cérébrale. Mais, comme l’a brillamment montré le Dr Jean-Pierre Jourdan dans son ouvrage Deadline, dernière limite, où il étudie avec une grande minutie 74 témoignages d’EMI pour en trouver les points communs, cette explication est largement insuffisante pour expliquer certains phénomènes exceptionnels.
Des souvenirs généralement très précis et parfois troublants de vérité (alors qu’issus d’un cerveau théoriquement « inconscient »), l’accès à des connaissances que même en état de veille ils n’auraient pu avoir (détail de la procédure opératoire, discussion entre soignants dans la pièce voisine…), la cohérence et régularité de certains récits (rencontre avec certains « êtres » ou « personnages » les guidant avec bienveillance et humour dans une sorte de bilan de leur vie), et le fait que les personnes « revenues » expriment souvent des changements profonds dans leurs valeurs (sens éthique accru, envie d’aider son prochain, sentiment d’un accès à une « connaissance universelle ») notamment, ne peuvent absolument pas être expliqués par cette approche réductrice
En outre, comment expliquer que les « Emistes » (sujets ayant fait une expérience de mort imminente) n’aient quasiment jamais de séquelles neurologiques, alors qu’on sait qu’une circulation cérébrale arrêtée au-delà de 3 minutes induit une destruction progressive et irréversible du cerveau ? Et, bien entendu, cette hypothèse d’asphyxie cérébrale ne dit absolument rien de toutes les autres expériences de sortie du corps de personnes en parfaite santé : les personnes sans dommage cérébral, ayant expérimenté par exemple des Fear Death Experiences (expériences juste avant l’évitement d’un accident, comme Charles Lindbergh) ou certains états méditatifs.
Ces premières hypothèses semblent d’ailleurs aujourd’hui dépassées,grâce à des études scientifiques qui, tout en restant centrées sur les mécanismes neuronaux, explorent des interprétations plus larges. Le même Jean-Pierre Jourdan propose par exemple de tester l’hypothèse d’un mécanisme de « protection cérébrale » se déclenchant lors d’une menace de mort. Il a d’ailleurs participé à l’élaboration d’une grande enquête du Coma Science Group, dépendant du Centre de recherches du cyclotron et du Département de neurologie de l’université de Liège (Belgique). Leur rapport de 2008 intitulé Expériences de mort imminente : phénomènes paranormaux ou neurologiques ?, propose une nouvelle hypothèse : « Les N.D.E. sont des phénomènes physiologiques et neurologiques qui ont, de tout temps, suscité la curiosité et généré des mythes et légendes. La vision d’un tunnel et d’une lumière brillante, l’entrée dans un autre monde sont des caractéristiques des N.D.E. qui ont pris une signification spirituelle pour de nombreuses personnes. Différents auteurs ont proposé des modèles transcendantaux ou psychologiques. Cependant, des études neuroscientifiques menées dans différents contextes, dans lesquels peuvent apparaître des O.B.E., montrent un rôle important de la jonction temporo-pariétale, région associée à l’intégration des informations multisensorielles et à la conscience de soi. L’étude des O.B.E. pourrait permettre de connaître les fonctions et les structures qui sous-tendent les aspects de la conscience en condition normale tels que la conscience corporelle, la perspective visuo-spatiale égocentrique, la conscience de soi et l’agentivité c’est-à-dire la conscience d’être l’agent, l’acteur de nos actions, pensées et sentiments. »
Des preuves incontestables à l’horizon 2020 ?
Une autre branche du savoir s’intéresse aux phénomènes de sortie du corps. Il s’agit de la psychologie dite « anomalistique », qui tente de construire des protocoles scientifiques solides pour analyser ces « phénomènes exceptionnels » que les sciences psychologiques et leurs paradigmes actuels échouent encore à expliquer (des phénomènes de précognition jusqu’à la télépathie). Concernant les EMI, une fascinante recherche européenne initiée en 2008 est actuellement en cours, l’étude AWARE initiée par le Dr Sam Parnia, de l’université de Southampton. Elle a consisté, durant quatre ans, à examiner 2 060 patients hospitalisés pour arrêt cardiaque dans 15 hôpitaux en Grande-Bretagne, aux États-Unis et en Autriche. Les chercheurs ont placé dans les salles de réanimation des « cibles » (des images) en hauteur sur des étagères qu’on ne pouvait observer (et donc décrire) qu’en se situant « au-dessus » de ces étagères.
Parmi les 156 patients de l’étude ayant survécu aux arrêts cardiaques, et dont la parole a été recueillie ensuite, 9 % ont eu des expériences compatibles avec des EMI d’après les chercheurs, et 2 % une conscience précise de leur environnement compatible avec une expérience de sortie de leur corps. Un des cas les plus troublants a été cet homme de 57 ans racontant être sorti de son corps pendant son opération. Il dit avoir vu toute la scène de réanimation depuis un coin du plafond et a pu décrire des faits dont il n’aurait pas dû avoir conscience (paroles prononcées et gestes médicaux de l’équipe soignante, description physique de certain d’entre eux, etc.), faits ensuite corroborés par les présents à l’opération. Une nouvelle étude de bien plus grande ampleur est en cours (AWARE 2) et présentera ses résultats finaux en 2020, suscitant d’ores et déjà beaucoup de curiosité et de spéculations.
Si elles n’arriveront pas forcément à réconcilier les convaincus et les sceptiques, ancrés qu’ils sont souvent dans leurs croyances, ce genre d’expériences a le grand mérite de faire avancer nos connaissances, et ce n’est pas rien. Une chose est sûre néanmoins, la récurrence de ces phénomènes nous oblige à penser à nouveaux frais nos idées établies et parfois paresseuses sur le fonctionnement du cerveau, la localisation et la nature de la conscience et, bien sûr dans le cas des EMI, le sens de la vie et de la mort.
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Cent jours – Bruno Bonnell : «La République en marche doit faire à nouveau de la politique»

L’Opinion  15/08/2017 Jean-Jérôme Bertolus
Le député macronien et chef d’entreprise promet une rentrée plus dynamique de la part de la majorité. Il souligne les succès de la session parlementaire sans taire ses critiques : répartition des postes à l’Assemblée, baisse des APL, nationalisation de STX France, manque de socle idéologique du mouvement LREM…

Bruno Bonnell : « Mon adrénaline n’est pas de parvenir à me faire réélire mais de transformer la société à travers la réforme du marché du travail, celle de la formation professionnelle, des retraites et bien d’autres. » © Sipa Press
Fondateur d’Infogrames et de Robopolis, président du conseil d’administration de l’école de commerce EM Lyon, Bruno Bonnell a été l’un des emblèmes de l’ouverture de La République en marche à la société civile, lors de la campagne législative. Elu député du Rhône en juin en battant Najat Vallaud-Belkacem, il s’est montré depuis silencieux. Il invite aujourd’hui le groupe à s’affirmer davantage à la rentrée.
Vous étiez un chef d’entreprise, connu pour avoir investi les champs du numérique et de la robotique. Etes-vous maintenant un homme politique ?
Dès que je suis arrivé dans l’Hémicycle, les parlementaires les plus expérimentés m’ont conseillé de rester en campagne et de penser aux prochaines élections législatives de 2022… Pour eux, la compétition est permanente. Je ne les ai pas écoutés, je vis seulement un moment politique et ne ferai qu’un seul mandat. Je voterai sans hésiter la réforme constitutionnelle qui prévoit la réduction du nombre de députés. Le courage serait d’ailleurs d’avoir le redécoupage des circonscriptions avant le vote. Si Villeurbanne, ma circonscription, est fusionnée avec une autre circonscription, cela ne changera rien à mon vote. Mon adrénaline n’est pas de parvenir à me faire réélire mais de transformer la société à travers la réforme du marché du travail, celle de la formation professionnelle, des retraites et bien d’autres. J’aurai un formidable sentiment de devoir accompli si l’on peut faire aboutir ces réformes.
Des députés « marcheurs » ont évoqué une forme de caporalisation. N’est-ce pas contraire à l’esprit de la campagne ?
Des députés, fatigués, m’ont expliqué qu’ils allaient démissionner. Les vacances vont faire du bien car nous n’avons pas signé un CDD de parlementaire et on ne démissionne pas de nos fonctions. Nous avons un mandat et, si on y renonce, il faut assumer de devenir en quelque sorte un « défroqué ». Je suis favorable à un véritable serment du député, qui assure que l’on s’engage et que l’on ne trahira pas son honneur.
Quel bilan tirez-vous des deux mois de session parlementaire de ce début de quinquennat ?
J’ai été épaté par la capacité, alors que près de 90 % des députés La République en marche (LREM) sont des novices, à voter deux lois dans un délai si court. C’est une preuve de la formidable intelligence collective du groupe qui nous a permis d’assimiler les codes de l’Assemblée nationale en un temps record. A titre personnel, j’ai compris qu’il y avait deux mondes, celui du monde économique et de l’entreprise – le mien, plutôt dans le style bateau à moteur qui croise directement vers son cap – et le monde politique traditionnel qui, lui, tient plutôt du bateau à voile et tire des bords en fonction des vents et des courants d’opinion.
«La base de notre cohésion est la fidélité à Emmanuel Macron et son corollaire, le programme. C’est une forme faible de cohésion. Il faut maintenant définir l’idéologie de La République en marche, qui en sera le ciment fort»
Au terme de la session extraordinaire, la majorité a donc pris ses marques ?
Nous sommes arrivés à l’Assemblée avec l’énergie et l’idéal des révolutionnaires. Il y a eu donc eu assez vite des frustrations. A la rentrée, il faudra retrouver nos valeurs fondées sur le décalage. Pourquoi ferions-nous les choses comme les autres ? La torpeur, c’est le danger mortel de La République en marche. Nous allons donc beaucoup plus nous engager sur des propositions de loi ou des amendements, être créateur d’idées. Il nous faut être inattendus pour ne plus laisser l’opposition nous caricaturer. Lors de l’examen de la loi sur la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme, on va nous opposer l’aspect « liberticide » de certaines mesures. Pourtant, il faudra bien sûr aller plus loin en matière de croisement des fichiers pour accroître l’efficacité du renseignement. Il faut en finir avec le « néo-hippisme » angélique… Nous devrons répondre avec la passion que nous avions pendant la campagne, toujours en décalage et en audace, les ingrédients de notre victoire. Nous devons faire à nouveau de la politique. Nous avions annoncé que la segmentation droite-gauche n’était plus la bonne grille de lecture politique et défendu un partage plus moderne entre conservateurs et progressistes. Je me définis comme de gauche progressiste. Jean-Luc Mélenchon, c’est un conservateur de gauche et encore, je suis gentil. Nous n’avons toutefois pas encore défini toutes les clefs de cette nouvelle segmentation politique. C’est un chantier de fond indispensable.
La répartition des postes à responsabilité à l’Assemblée et au sein du groupe LREM a provoqué, elle aussi, des frustrations…
La volonté de changement était si forte qu’après les élections, on ne peut nier que le « dégagisme » s’est poursuivi dans le groupe. Un parlementaire qui avait effectué déjà un mandat partait avec un handicap. Mais cela va se rééquilibrer.
Le groupe LREM n’a pas été ménagé par l’opposition…
L’opposition a mangé son pain blanc. A la rentrée, on ne va plus se faire balader. Au départ, je me disais naïvement que nous avions la majorité, donc il était inutile de bouger car à la fin nous gagnerions toujours. Je me plaçais dans la situation du négociateur économique qui attend pour abattre ses cartes maîtresses. Mais cela ne suffit pas. Dans l’arène politique, il faut aussi gagner la rue. Pour convaincre, nous devons bâtir notre cohésion dont la base est la fidélité à Emmanuel Macron et son corollaire, le programme. C’est une forme faible de cohésion. Il faut maintenant définir l’idéologie de La République en marche, qui en sera le ciment fort.
«Nous nous sommes inscrits dans une logique inquisitrice de transparence. Sur les conflits d’intérêts, on n’a sans doute pas assez réfléchi à l’arrivée massive de la société civile dans l’Hémicycle»
N’avez-vous pas manqué de temps, en particulier pour la loi sur la transparence ?
On a gâché du temps sur des éléments superflus à cause de l’obstruction systématique de l’opposition. Mais j’aurais préféré donner d’abord du sens au métier de député avant de nous inscrire dans une logique inquisitrice de transparence, que ce soit sur les frais – même si les tripatouillages étaient rares – ou sur les emplois familiaux où certains députés sincères vont se retrouver dans une situation complexe. Sur les conflits d’intérêts, on n’a sans doute pas assez réfléchi à l’arrivée massive de la société civile dans l’Hémicycle : compte tenu de ma vie professionnelle dense, par exemple, j’ai potentiellement énormément de conflits d’intérêts. Mais si on m’empêche d’intervenir là où je suis compétent, comme en matière de robotique, je me demande à quoi je vais servir…
«La baisse de 5 euros des APL était une erreur car le jeu n’en valait pas la chandelle. On va un peu ramer à la rentrée»
On évoque un séminaire ou des journées parlementaires du groupe LREM à la mi-septembre, vous y êtes favorables ?
J’ai été de ceux qui ont porté cette initiative. Mais je m’interroge sur sa forme : faut-il organiser des journées parlementaires « classiques » où se succéderont des membres de l’exécutif qui vont nous nous expliquer que l’on a été formidable et que ce sera encore mieux demain, ou un séminaire de type « entreprise » avec 314 personnes mais sans lien de subordination ? En outre, une partie de la France a prévu de défiler contre le futur projet de réforme du marché du travail à la rentrée. On risque d’entendre : « Pendant que certains manifestent, eux boivent du champagne ». Il y a bien sûr des rites parlementaires mais en nous inscrivant dans le décalage, nous pouvons faire mieux.
Etes-vous satisfait de votre dialogue avec l’exécutif et avec le mouvement ?
Il y a eu beaucoup de dialogue très constructif avec l’exécutif. Nous avons rencontré régulièrement le Premier ministre et de nombreux ministres. Il était important de faire connaissance. En revanche, le mouvement LREM est à l’état de chrysalide, d’où les interrogations légitimes des marcheurs qui se transforment en « minifrondes », même si leur nombre est marginal. Disons-le tout net : pour le moment, La République en marche manque de clarté. La clarification va prendre au moins quelques mois mais la chrysalide va devenir un superbe papillon. Si je prends mon cas, j’étais référent départemental mais je ne peux pas cumuler mon statut de député et mes responsabilités départementales, donc le Rhône n’a plus de référent.
« Pourquoi avoir nationalisé Saint-Nazaire ? Parce qu’il y a des syndicats puissants ou parce que STX dispose de technologies que l’on ne peut laisser partir à l’étranger ?»
Les économies budgétaires ne risquent-elles pas d’enterrer la croissance ?
Jusqu’à présent, on a surtout évoqué la réduction des coûts. La baisse de 5 euros des APL était une erreur car le jeu n’en valait pas la chandelle. On va un peu ramer à la rentrée. Il faut marcher sur deux jambes, économie et investissement. J’attends beaucoup du fonds d’investissement de 10 milliards pour l’innovation. Il est indispensable de s’en faire davantage l’écho. Il faut aussi avoir conscience que nous ne pouvons réussir le redressement national et européen sans un partenariat fort avec l’Allemagne. L’Europe est dans l’ADN du projet d’Emmanuel Macron. J’ai observé avec regret la colère des Italiens concernant Saint-Nazaire. La nationalisation de STX était sûrement indispensable mais elle aurait dû être mieux expliquée. Pourquoi avoir nationalisé les chantiers ? Parce qu’il y a des syndicats puissants ou parce que STX dispose de technologies que l’on ne peut laisser partir à l’étranger ? Il y a quelques mois, Google a racheté facilement une entreprise française disposant d’une technologie d’intelligence artificielle basée sur la reconnaissance vocale. Pour notre avenir, cette technologie était-elle moins importante que le savoir-faire d’un chantier naval ?
Quel a été le moment le plus fort pendant vos deux premiers mois de députés ?
La réunion du Congrès – et je déplore les querelles politiciennes sur son coût au regard des enjeux de cohésion nationale. J’ai relu et j’invite souvent à relire le discours d’Emmanuel Macron. Cela m’a convaincu qu’il était nécessaire de sacraliser le mandat de parlementaire. Cela éliminera d’abord le sentiment d’imposture qui traverse la tête de certains de mes camarades, accusés de n’avoir été élus uniquement parce qu’ils avaient leur tête à côté de celle d’Emmanuel Macron sur une affiche. Quel mépris ! Ils cherchent toutefois une légitimité tant leurs codes sont bouleversés. « Qu’est-ce que je fais là ? » est une phrase que j’entends régulièrement, alors qu’ils ont toute leur place de représentant de la Nation. Les symboles sont capitaux : tenue vestimentaire, attitude, respect mutuel, loin de certaines guignolades… J’ai pu faire campagne en sandales mais je n’ai pas quitté ma cravate et ma veste dans l’Hémicycle. Contrairement à ce que prétendent Mélenchon et Corbière, l’habit est important.
Mais au-delà des symboles, l’engagement des élus doit être mieux expliqué. Des médecins de haut vol, des chefs d’entreprise, des cadres, des fonctionnaires se sont présentés devant les électeurs pour transformer notre pays, en laissant de côté leurs activités. Cela vaut un peu de considération et de confiance, non ?
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Europe – Sombres nuages sur le Brexit

 Si les négociations officielles ont commencé depuis bientôt cinq mois et doivent être bouclées d’ici à octobre 2018, la situation reste chaotique et augmente le risque de voir le Royaume-Uni sortir de l’UE sans aucun accord.

Le Monde |15.08.2017
Editorial du « Monde ». Et si les « experts », tant dénigrés par les partisans du Brexit, avaient finalement raison ? Progressivement, leurs sombres prédictions sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne se concrétisent.
L’économie britannique est en plein ralentissement, avec une croissance de l’ordre de 0,3 % par trimestre, deux fois plus faible qu’au moment du référendum en juin 2016. Les ménages réduisent leur consommation. Les grandes entreprises ralentissent leurs investissements, ne sachant pas de quoi l’avenir sera fait. Et la plupart des grandes banques de la City annoncent l’emplacement de leur siège post-Brexit : Francfort domine, mais Paris, Amsterdam, Dublin et Madrid recueillent aussi les faveurs de quelques établissements.
Il ne faut pas grossir le trait. On est loin d’une récession, et le nombre de banquiers qui vont quitter la City ne devrait pas dépasser une quinzaine de milliers, dans un premier temps. Le Royaume-Uni peut faire face à ce genre d’à-coup. Du moins pour l’instant. Car ce n’est qu’une première étape. Les experts honnis avaient prédit une dégradation en deux temps : d’abord des remous pendant l’actuelle période de transition, puis, après la sortie effective de l’Union européenne, des problèmes économiques dont l’ampleur dépendra du type d’accord que Londres trouvera avec Bruxelles.
Or, de ce côté-là, ça patine sérieusement. Les négociations officielles ont commencé depuis bientôt cinq mois. Michel Barnier, le négociateur européen, a prévenu : tout doit être bouclé d’ici à octobre 2018, pour laisser ensuite le temps aux Vingt-Sept de ratifier l’accord. Il reste donc à peine plus d’un an pour parvenir à un accord.
Pourtant, le gouvernement britannique n’a toujours pas défini clairement sa position de négociation. Il a bien fait part de deux objectifs : sortir du marché unique européen et de l’union douanière. Mais la façon précise d’y arriver reste d’un flou complet. Londres n’a publié qu’un seul document détaillé, concernant le sort des expatriés européens après le Brexit, immédiatement jugé insuffisant par Bruxelles.
« La porte de derrière
Cette semaine, alors que la première ministre, Theresa May, rentre de vacances, deux autres documents devraient enfin être rendus publics : l’un sur la situation très compliquée de l’Irlande du Nord, l’autre sur la question de l’union douanière. Rien n’est en revanche attendu sur le sujet crucial de la facture du divorce à payer à l’UE, dont Bruxelles a pourtant fait un préalable dans ces négociations.
Le flou des Britanniques est partiellement tactique, pour éviter de se dévoiler trop vite. Mais c’est aussi le reflet de profondes divisions politiques internes. Mme May est très affaiblie par son revers aux législatives de juin et l’été a été émaillé de controverses publiques entre ministres, les uns plaidant pour une longue période de transition, jusqu’en 2021 ou 2022, les autres craignant qu’un tel délai soit un piège pour rester dans l’UE « par la porte de derrière ».
Lire aussi :   Brexit : le Royaume-Uni ne restera pas dans l’UE via une « porte dérobée »
Cette situation chaotique, alors que le compte à rebours des négociations est enclenché, augmente le risque de voir le Royaume-Uni sortir de l’UE, fin mars 2019, sans aucun accord. S’il n’est pas le plus probable, ce scénario ne peut plus être exclu. Il serait catastrophique économiquement, sans même évoquer ses répercussions politiques et géopolitiques. Pour le plus grand malheur des Britanniques, les experts pourraient de nouveau voir leurs prévisions négatives confirmées
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En Vrac – International : Canada, Rwanda, l’EI, Charlottesville, littératures étrangères et fipronil

Dilemme canadien sur les demandeurs d’asile haïtiens. Ottawa risque de passer pour plus « vilain » encore que Donald Trump. Des milliers de familles originaires de Haïti sont entrées dans le pays depuis quelques semaines. Résidant aux Etats-Unis grâce à un statut de réfugié temporaire à la suite du tremblement de terre de 2010, elles craignent d’être renvoyées dans leur pays. Mais beaucoup ne répondent pas aux critères nécessaires, même au Canada. Et si les parents sont expulsés en Haïti, les enfants nés aux Etats-Unis devront retourner sur le territoire américain. Une séparation des familles intenable. La Presse
Rwanda : la douleur des « enfants du viol ». Au cours du génocide de 1994, 250 000 à 500 000 femmes ont été violées, selon les estimations. Celles qui sont tombées enceintes ont connu la honte. Leur enfant, dont le géniteur a massacré leur famille, leur rappelle sans cesse le drame qu’elles ont vécu. Stigmatisés comme les fils et filles des tueurs, au lieu d’être vus comme des victimes, ceux-ci souffrent de ne pouvoir écrire le nom de leur père et entretiennent souvent des relations complexes avec leur mère. Reportage sur les ondes de la Deutsche Welle.
Dilemme canadien sur les demandeurs d’asile haïtiens. Ottawa risque de passer pour plus « vilain » encore que Donald Trump. Des milliers de familles originaires de Haïti sont entrées dans le pays depuis quelques semaines. Résidant aux Etats-Unis grâce à un statut de réfugié temporaire à la suite du tremblement de terre de 2010, elles craignent d’être renvoyées dans leur pays. Mais beaucoup ne répondent pas aux critères nécessaires, même au Canada. Et si les parents sont expulsés en Haïti, les enfants nés aux Etats-Unis devront retourner sur le territoire américain. Une séparation des familles intenable. La Presse
Les enfants soldats de l’EI. La relève de la haine est déjà prête. L’organisation Etat islamique (EI), qui perd du terrain en Syrie, a recruté et entraîné une armée d’enfants djihadistes. Le lavage de cerveau débute dès l’âge de cinq ans, à grand renfort de doctrine radicale (enseignée à l’école) et de démonstrations punitives de la part des unités mobiles de propagande. Passionnante, mais terrifiante enquête de la BBC, qui a rencontré en Europe deux jeunes recrues ayant fui Rakka et pétries de désillusions.
Après Charlottesville, la Silicon Valley durcit le ton contre l’extrême droite. Facebook, Reddit, Apple et d’autres ont bloqué des comptes, des groupes, des sites et des paiements liés aux mouvements suprémacistes blancs et néonazis. Lire la suite
Riches littératures étrangères. Rentrée littéraire. Orhan Pamuk ou Don Delillo, Karl Ove Knausgaard, Joyce Carol Oates, Alessandro Piperno, Laura Kasischke… sont annoncés. Lire la suite
Et en France
Des gaufres contaminées au fipronil en France. Fabriquées aux Pays-Bas et vendues sous des marques de distributeurs, elles sont les premiers produits identifiés par le ministère de l’agriculture dont le niveau de fipronil dépasse la limite réglementaire, sans toutefois présenter de risque pour le consommateur. Dans cette liste publiée jeudi figurent 17 références, mises sur le marché depuis le 23 juin.
Le Monde 18/08/2017
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