Bonne année 2017

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Stig : la première application de démocratie universelle en mode 3.0

Mr Mondialisation – 28/02/2016 –
Imaginez une démocratie participative où chacun pourrait avoir son mot à dire concernant les grandes décisions collectives autant locales que régionales ou nationales. Ce rêve pourrait être à portée de main si on en croit les jeunes inventeurs français de « Stig » : une application qui souhaite réinventer la démocratie. Découverte.
Les pouvoirs ont pu s’en rendre compte ces dernières années, internet est un outil puissant de débat et d’organisation citoyenne. Scandales dévoilés, grandes pétitions, changements des modes de vie, le petit monde du web entraine des conséquences multiples dans le monde bien réel. Mais pourquoi rester au stade de l’échange d’opinions et d’informations quand on pourrait envisager d’y organiser collectivement la société ? C’est un peu ce que proposent les concepteurs de Stig, Jérémie Paret et Germain Lecourtois, deux jeunes français qui nous présentent leur application de démocratie citoyenne.
L’aventure Stig débute aux alentours d’avril 2014. L’idée de départ vient d’un sentiment : celui que les citoyens, qui sont souverains dans leur démocratie, n’ont pourtant aucun pouvoir si ce n’est celui du vote, et d’une manière très ponctuelle. Dès lors, quelles actions peuvent-ils entreprendre pour se faire entendre et surtout écouter entre chaque élection ? Pratiquement aucune. C’est pour répondre à ces questions que Jérémie Paret, co-fondateur de Stig, a imaginé cet outil au grand potentiel, de quoi « redonner du pouvoir aux citoyens, et du même coup, aider les élus dans leurs actions ». Quelques mois plus tard, Germain Lecourtois, binôme de longue date de Jérémie dans l’agence de formation où ils travaillent, rejoint l’aventure et devient CTO (responsable du développement) de Stig et co-fondateur.
 

 Stig, l’appli qui réinvente la démocratie citoyenne
Le nom Stig vient du mot stigmergie, qui désigne une forme d’intelligence collective auto-organisée où les projets sont conduits par les idées plutôt que par une personnalité ou un groupe. « Proposer des idées, améliorer celles des autres citoyens et enfin voter, voilà les trois actions principales que vous pourrez effectuer en vous inscrivant sur Stig » expliquent-ils. Objectif : pouvoir visionner collectivement et en temps réel la volonté générale autant à l’échelle nationale que localement. Pour valider leur idée, Jérémie et Germain mettent en avant le fait, sur base d’un sondage réalisé par 20 Minutes, que 74% des Français souhaiteraient que les idées politiques viennent directement des citoyens. Et, en effet, l’envie d’une démocratie plus directe et participative peut se faire ressentir partout en société, dans un contexte où la population ne se sent plus toujours représentée par des élus dont les décisions déçoivent parfois, certains diront : trop souvent. Mais voilà, il n’est pas évident de déplacer des foules entières pour donner une opinion qui ne sera pas forcément entendue. La plateforme Stig règle le problème.
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Bref, l’expression de la volonté générale version 2.0 !
« Mais comment exprimer la volonté générale si chacun donne son avis individuellement ? » se questionne Jérémie Paret. C’est là qu’il imagine cette fonction primordiale de leur application : le classement rationnel des propositions des citoyens dont découlerait cette volonté générale. Ainsi, les concepteurs proposent un cas concret où la population réclamerait, par exemple, que le vote blanc soit considéré lors d’une élection comme c’est le cas dans certains pays. L’idée se voit alors proposée, débattue, argumentée, votée… En fonction des réactions et votes des personnes, un « StigScore » est attribué sur base d’un algorithme conçu spécialement pour Stig.
Ce score permet de comparer facilement les idées entre elles et de les classer : des plus populaires, à celles qui divisent jusqu’aux plus sujettes à débat. Il est possible de changer à tout moment l’échelle de fonctionnement de Stig afin de consulter les idées qui concernent la France entière ou simplement votre localité. Évidemment gratuite, l’application ambitionne ainsi de « révolutionner la démocratie participative et le rapport des Français avec la politique » mentionne leur communiqué de presse. Début 2016, Stig était enfin disponible en version beta afin de tester concrètement ses capacités, détecter ses failles et s’améliorer au contact de la population.
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Un système perfectible ?
À ce jour, Stig n’a rien d’officiel. Mais qu’en sera-t-il demain si des millions d’utilisateurs embrassent l’outil ou si les institutions démocratiques décident de l’appliquer à large échelle ? Comment est gérée la modération des sujets refusés ? Que se passerait-il si les choix des individus étaient soudainement orientés par un fait-divers médiatisé entrainant des volées de clics, par exemple, en faveur d’une peine de mort ? Les entreprises pourraient-elles orienter des résultats en leur faveur ? Faut-il au contraire relativiser ces craintes liées aux effets de groupes ? Ainsi, il apparaît important que ce type d’application puisse être encadré par des conventions collectives fondamentales comme les Droits de l’Homme et plus généralement le respect des lois collectives. Une autre limite d’un tel système, c’est qu’il ne s’adresse forcément qu’à la population connectée possédant un smartphone, ce qui ne peut donc pas refléter avec exactitude la volonté de tous.
L’application n’a pas, à ce jour, pour ambition de remplacer le mode institutionnel de la démocratie représentative. Elle apparait plus comme une plateforme expérimentale permettant aux élus de connaître la volonté générale pour légiférer plus efficacement et en faveur de leurs votants. « Stig est un outil qui utilise la puissance d’Internet et du big data pour la mettre au service des citoyens et des élus afin de co-construire l’avenir. Les bonnes idées peuvent émerger de n’importe qui, n’importe quand. Stig est là pour les rassembler et mettre en lumière les plus plébiscitées par les citoyens, notamment auprès des élus ». expliquent-t-ils. Cependant, son potentiel est important et son développement sera observé de près. Vous pouvez rejoindre la béta-test de Stig dès maintenant pour vous faire votre propre jugement.
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Source : Interview de Stig recueillie par http://www.mrmondialisation.org / getstig.org
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La géopolitique foireuse de la terreur

Une des explications à cent sous donnée aux attentats par certains qui sont complaisants envers l’islamisme est : si l’armée française (ou américaine, ou britannique) restait chez elle, il n’y aurait pas d’attentats. Le terrorisme serait de la légitime défense, en somme. Mais dans ce cas, pourquoi frappe-t-il en dehors des zones de guerre ? Et pourquoi certains peuples qui ont lourdement payé tribut aux frappes étrangères refusent-ils de recourir à la terreur pour se venger ?
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Si le terrorisme que nous subissons actuellement n’était qu’une réplique à une ingérence étrangère, s’il ne possédait aucun fondement idéologique et religieux, on pourrait en déduire la règle selon laquelle tout peuple bombardé par l’Otan sécréterait des commandos de semeurs de mort. Or la Serbie n’a pas réagi de la sorte, par exemple. Encore plus frappant : des peuples victimes de génocide ne se sont pas vengés de leurs massacreurs. Les Tutsis du Rwanda auraient pu en vouloir aux forces de l’ONU, à la France et à la Belgique de ne pas avoir su ou voulu empêcher ce qui s’est passé. Est-ce pour autant qu’ils ont commis des actions de représailles en Europe, même ciblées ? Non. Dans l’histoire du peuple arménien, l’action de l’Asala contre la Turquie a été un épisode sanglant, mais assez rapidement clos. Les Bosniaques ont leurs criminels de guerre, mais ne sont pas allés poser des bombes à Belgrade. C’est donc qu’il n’existe aucun lien automatique entre statut de victime et réplique terroriste.
Une idéologie d’exclusion
Autre hypothèse de Diafoirus : ton armée m’attaque chez moi, je riposte contre ton pays. C’est le propre de la guerre. Et les interventions militaires étrangères en Libye, en Irak et en Syrie, en Afghanistan et au Mali sont bien des actes de guerre. Or s’il est dans la logique de la guerre que, sur les théâtres d’opérations ou à proximité, des actes de terreur visent les troupes qui interviennent et parfois les civils qui les aident, toutes les guerres ne s’exportent pas. Le FLN algérien, comme l’OAS d’ailleurs, a frappé des civils, en Algérie comme en métropole. Mais d’autres ont choisi une voie différente : la guerre d’Indochine a vu le FLN vietnamien battre l’armée française sans que des cellules du Viêt-minh frappent en France, ni plus tard aux États-Unis, d’ailleurs.
La spécificité du terrorisme islamiste est qu’il ne circonscrit pas l’aire géographique dans laquelle il se déploie : il exporte sa réaction partout dans le monde. Pourquoi ? Parce que le prisme au travers duquel il lit les interventions étrangères non pas contre un pays d’islam (l’intervention française au Mali n’est nullement destinée à renverser son gouvernement ni à démembrer le pays), mais dans un pays d’islam, est celui d’un affrontement mondial. Dans cette optique, une action de l’armée française à Gao peut être « vengée » par un attentat commis n’importe où, contre n’importe quel « ennemi », par un commando, ou un individu, qui peut n’être ni français ni malien. La nébuleuse islamiste est, on le sait depuis al-Qaida, engagée dans un « djihad mondial » qui abolit les frontières de la nationalité des combattants et des victimes. Elle est dans une logique imparable : puisque son action se réclame d’un soutien à la oumma agressée par une « croisade » et que la oumma comme les « croisés » sont disséminés à travers le monde, c’est celui-ci tout entier qui est le champ de bataille. Quiconque n’admet pas que le but ultime de l’islam radical est l’extension de son pouvoir – sinon par la conquête, du moins par la conversion – ne peut comprendre la nature du phénomène islamiste djihadiste qui, s’il est amplifié par l’intervention en Afghanistan puis en Irak, leur préexiste.
0512-egypte-aLa lecture des attentats à travers le prisme déformant des luttes anticoloniales et de l’opposition dominé/dominant a brouillé la vue de certains. Le Bangladesh, le Pakistan, l’Inde, les Philippines ont ainsi vu éclore un terrorisme islamiste que ne pouvaient justifier ni une colonisation ni une agression, qui mêlait l’inscription dans un schéma global et des facteurs proprement nationaux, dont l’exemple bangladais est très frappant puisque le pays ne connaît aucun mouvement séparatiste, aucun conflit avec un voisin. Les islamistes locaux massacrent au nom d’une idéologie d’exclusion de ceux qui ne se conforment pas à leurs normes, bien qu’ils soient aussi musulmans que leurs tueurs.
C’est bien l’idée de la purification nécessaire qui justifie le djihad, qui est un mode d’attaque, pas de défense. Le djihadiste veut purger. Purger le monde des juifs et des chrétiens, des incroyants, des « déviants » de toutes sortes, y compris musulmans. Il arrive nécessairement un moment où, face à ces forces-là, l’action militaire devient légitime et n’est qu’une riposte normale au projet totalitaire qui est la vraie, la seule cause des attentats.
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Le projet de santé de François Fillon décrypté

Siné Mensuel – Janvier 2017 – Dessin de Jiho –
img_0545Lire : Le programme « santé » de Fillon avant qu’il ne soit effacé sur son site…
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Israël -Palestine : la bonne initiative de Paris

Editorial. La Conférence pour la paix au Proche-Orient, qui s’ouvre dimanche 15 janvier, à Paris, a tout son sens en permettant de ne pas abandonner la solution des deux Etats.
Le Monde | 14.01.2017

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La France a raison de continuer à se battre pour favoriser une solution du conflit israélo-palestinien. Il faut saluer les initiatives prises par le président François Hollande en ce sens et la persévérance de son ministre des affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, dans leur mise en œuvre.
Il en va ainsi de cette deuxième conférence internationale réunie dimanche 15 janvier à Paris. Elle n’amènera pas la paix dans les prochains mois, elle ne relancera pas par miracle un dialogue israélo-palestinien prometteur, elle a pourtant tout son sens : dans l’intérêt des deux parties, il ne faut pas abandonner la solution dite des deux Etats – un Etat palestinien vivant en paix à côté d’Israël. Or, sur le terrain, cette solution devient chaque jour plus improbable.

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Lire aussi :   A Paris, une conférence symbolique pour le Proche-Orient

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D’un côté, la politique ininterrompue d’implantations israéliennes dans la partie orientale de Jérusalem et en Cisjordanie, sous l’égide du gouvernement le plus à droite qu’Israël ait jamais connu, rogne, physiquement, chaque jour davantage la possibilité d’un Etat palestinien viable, sur un territoire continu. De l’autre, une population palestinienne découragée, qui se sent de moins en moins représentée par la fraction du mouvement national palestinien que dirige Mahmoud Abbas – tout juste réélu à la tête du Fatah –, se réfugie de plus en plus dans l’idée d’un seul Etat au sein duquel les Palestiniens finiront par supplanter les Israéliens. En général, et plus encore dans ce cas particulier, les Etats dits binationaux sont les ingrédients d’une guerre civile permanente.
Lire aussi :   La fin de l’Etat palestinien ?
On dit encore qu’il y a d’autres priorités pour stabiliser la région et que, dans un Moyen-Orient en plein chaos, l’heure n’est pas pour Israël de prendre le moindre risque. Mais cela fait bientôt cinquante ans qu’Israël, à la suite de la guerre de juin 1967, occupe ces territoires palestiniens. L’occupation devient la norme et, avec elle, son cortège de violences, de part et d’autre, d’humiliations et de répression permanente.
Marche vers une tragédie
Dans un texte « profondément équilibré », selon l’expression d’Elie Barnavi, ancien ambassadeur d’Israël à Paris, le Conseil de sécurité de l’ONU n’a pas dit autre chose quand, le 23 décembre, il a voté – grâce à l’abstention de l’administration Obama – contre la politique d’implantation israélienne en Cisjordanie. A Paris, les Israéliens et les Palestiniens seront absents en raison du refus de Benyamin Nétanyahou. Mais quelque 70 pays – dont les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’ensemble du G20 – et organisations internationales devaient rappeler leur attachement à la solution des deux Etats.

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Lire aussi :   Jean-Marc Ayrault : « Israël-Palestine, la solution des deux Etats est en danger »
Plus de la moitié des membres du gouvernement Nétanyahou se disent ouvertement opposés à la solution des deux Etats. Leur porte-parole, le ministre de la défense, Avigdor Lieberman, a qualifié la conférence de Paris de « nouveau procès Dreyfus ». Ce n’est pas seulement injurieux pour la France, c’est considérer que les pays réunis ce dimanche 15 janvier à Paris sont tous mus par un seul sentiment : l’antisémitisme.
Au-delà de cette insulte, qui ne mérite pas de réponse, la coalition que dirige M. Nétanyahou compte sur Donald Trump pour donner son quitus à la politique des implantations. Elle est encouragée par la nomination par le président élu d’un ambassadeur, David Friedman, qui est un militant actif de la colonisation. Cette seule perspective justifie la conférence de Paris : il faut arrêter cette marche vers une tragédie.
French Foreign minister Jean-Marc Ayrault arrives to host an international and interministerial meeting in a bid to revive the Israeli-Palestinian peace process. Paris, FRANCe - 03/06/2016.//CHAMUSSY_lcham006/Credit:CHAMUSSY/SIPA/1606031223

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Economie – En France, l’artisanat reprend la main : les métiers d’art

En dix ans, la création d’entreprise dans la fabrication artisanale a explosé, tirée, notamment, par les reconversions de diplômés de l’enseignement supérieur en quête d’autonomie et de sens.

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Le Monde | 16.01.2017
Ils sont couteliers, ferronniers, céramistes, bijoutiers, selliers, verriers, experts de la feuille d’or ou spécia­listes de la marqueterie.

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On les croyait quasi disparus. Et voilà qu’on redécouvre ces artisans, posant dans les magazines devant leur établi, exposant dans des lieux branchés ou des Salons prestigieux tels que Maison & Objet, qui ouvre ses portes vendredi 20 janvier à Paris-Villepinte. Et, surtout, au coin de la rue.

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Un apprenti bottier au stand des métiers du cuir, lors du Salon européen de l’éducation, en  décembre 2016. SIMON LAMBERT/HAYTHAM-REA
En l’espace de dix ans, la création d’entreprise a explosé dans la fabrication artisanale en France. L’Insee recensait 16 000 nouvelles immatriculations en 2015, après un pic à 20 000 en 2014, contre 8 100 en 2005. « En France, l’artisan était devenu invisible, cela commence à changer », relève Lauriane ­Duriez, directrice adjointe des Ateliers de Paris, une structure qui aide des créateurs à réinvestir la capitale.
Lire aussi :   Des indications géographiques au secours des savoir-faire locaux
Pauline Krier est de ceux-là. Dans le quartier historique du meuble parisien, rue du Faubourg-Saint-Antoine, cette jeune femme de 24 ans, ramponneau en main, garnit de fibres de lin des sièges poétiques, tel ce fauteuil-harpe dont les accoudoirs en corde permettront de jouer de la musique lors d’un dîner de famille. Un BTS « matériaux souples » en poche, elle n’a « tenu que six mois derrière un ordinateur », avant de retourner dans ses Vosges natales se former à la tapisserie.
De la grande ville au plus petit village, des lieux se sont reconvertis en ateliers, comme cette ancienne école à Champ­deniers, une bourgade de 1 600 habitants des Deux-Sèvres, qui accueille à présent une bottière. C’est là que Clémence Nerbusson, 29 ans, fabrique des souliers qu’elle coupe dans de grandes peaux colorées. Elle a réalisé, après une licence de médiation culturelle, qu’elle avait « besoin d’exercer un travail manuel ».
L’autoentreprise plébiscitée
D’autres métiers de l’artisanat comme la ­pâtisserie, réenchantée par les stars du macaron ou de l’éclair au chocolat et remise au goût du jour par les compétitions télévisées, ont retrouvé du glamour. Même la plomberie attire, comme l’illustrent Aude Michaud et Mona Lalanne, auparavant commerciale dans le textile et psychologue. Désormais associées, elles ont, à 34 ans, trouvé « une nouvelle vocation » en enfilant une salopette bleue et des chaussures de sécurité : « On choisit nos horaires, nos clients, et nos journées sont hyperriches ! »
Lire aussi :   L’artisanat « Made in Paris » retrouve ses couleurs
Mais c’est bien dans les métiers de la fabrication, enterrés par de nombreux économistes dans la foulée du déclin industriel, que l’engouement étonne. Pourquoi s’enticher ainsi de poterie ou se piquer de mosaïque ? Avec ses démarches simplifiées et ses cotisations réduites, le statut d’autoentrepreneur a, depuis 2008, provoqué un gros appel d’air dans ces métiers, en déclin depuis les années 1980. « On ne s’y attendait pas », reconnaît Catherine Elie, directrice des études et du développement économique de l’Institut supérieur des métiers (ISM).
En 2015, 45 % des nouvelles immatriculations relevaient de ce statut. Un niveau supérieur à celui enregistré dans les services, le BTP ou l’alimentation. Un peu plus d’un tiers de ces autoentrepreneurs de l’artisanat sont diplômés de l’enseignement supérieur. Et ce sont surtout des femmes qui choisissent cette formule pour se lancer dans un métier passion, précise Catherine Elie. ­
Camille Cramers a ainsi pu démarrer « en quarante-huit heures et à moindres frais » son activité de sellier-harnacheur dans son garage, à Poigny-la-Forêt, dans les Yvelines. Cette ancienne étudiante en lettres modernes a pu réaliser son rêve : vivre auprès des chevaux, au milieu des licols et autres ­bridons de cuir qu’elle fabrique ou répare.
Lire aussi :   La vie (pas toujours) rêvée des autoentrepreneurs
Le réveil des installations a commencé ­timidement en 2003, avec la loi Dutreil pour l’initiative économique. Historiquement, l’artisanat a toujours fait figure de refuge pour des transfuges du salariat ayant connu déception, chômage ou burn-out. C’est le cas en particulier dans les métiers les plus créatifs. Des travaux d’Anne Jourdain, maître de conférences en sociologie à l’université ­Paris-Dauphine, montrent ainsi que le CV des deux tiers des artisans d’art (qui exercent sous divers statuts) portent la trace de professions intermédiaires, postes de cadre ou métiers intellectuels.
Professionnels et « hobbyistes »
Mais il faut remonter à la vague des néo­ruraux des années 1970 pour retrouver un tel désir d’artisanat. Nulle nostalgie passéiste, pourtant, derrière ce phénomène que Michel Lallement, sociologue et professeur au CNAM, observe et voit monter depuis dix ans. « On constate un désir d’autonomie dans son travail et dans sa propre vie qui irrigue la société », analyse l’auteur de L’Age du faire (Seuil, 2015). L’artisanat, qui combine indépendance et maîtrise des projets de A à Z, collerait parfaitement à ces aspirations, selon lui. « Ne dépendre que de soi-même est presque un engagement politique pour moi », confirme Pauline Krier, qui trouve dans la création de sièges « une façon d’avoir prise sur un monde anxiogène où l’on a le sentiment de ne rien contrôler ».
Lire aussi :   Artisanat : « Il faut dépasser cette opposition entre artisanat et industrie »
Cette envie de reprendre la main est tout aussi manifeste, selon Michel Lallement, dans les centaines de fab labs, « maker spaces » et autres tiers lieux de fabrication. Fraiseuses numériques et machines à découpe laser y côtoient les ordinateurs. La greffe a si bien pris que l’Hexagone est devenu le deuxième pays en nombre d’espaces réservés aux « makers », derrière les Etats-Unis, souligne Bertier Luyt, qui a importé le Salon Maker Faire en France.
D’autres façons d’innover et de produire s’y inventent. Un tour aux Arts codés, à Pantin, suffit pour s’en convaincre. Sous le même toit cohabitent le Centre européen de recherches et de formation aux arts verriers, un souffleur de verre (Stéphane Pelletier), des designers (In-Flexions), une micro-usine (Nouvelle Fabrique) et des ingénieurs en éclairage et optique (Magnalucis) ou en techniques d’impression 3D (Polyrepro). « On collabore, on expérimente, on s’augmente les uns les autres », expliquent Vincent Guimas, de la Nouvelle Fabrique, et la designer Sonia Laugier. Et dans tous ces lieux, les amateurs viennent se frotter aux pros.

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Nouvel artisanat Frontière pas toujours claire
Mais bricoler, bidouiller ou « faire de l’artisanat » n’est pas « être artisan », précisent les artisans traditionnels. Ces derniers raillent « la bourgeoise désœuvrée du 16e qui s’adonne à la peinture sur porcelaine », raconte Anne Jourdain. Il est vrai que la frontière entre pros et « hobbyistes » n’est pas toujours claire. En particulier sur les sites de vente d’articles faits main, de l’américain Etsy au dernier venu, Amazon Handmade.
Des vitrines qui profitent à tous, sans distinction. Informaticien, Olivier Gourdin propose ainsi sur A Little Market et sur eBay des objets en bois made in Dieppe qu’il fabrique le week-end. Sa marque Oliver Wood lui fournit déjà un petit complément de revenu, et il espère pouvoir troquer un jour la souris pour le tour à bois. Comme lui, à côté de 70 % de vendeurs pros sur A Little Market, « ils sont 30 % à tester les réactions à leur production avant de faire de leur passe-temps une activité à part entière », indique le cofondateur de ce site français Nicolas Cohen.

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A l’évidence, ce nouvel artisanat qui ne se laisse pas enfermer dans les définitions a relancé une dynamique entrepreneuriale. Il apporte sang neuf et compétences complémentaires, en matière de langues ou de management par exemple, soulignent les sociologues. Mais que penser de son impact sur la revitalisation de la fabrication, qui a perdu 10 % de ses effectifs entre 2009 et 2014 ? L’objectif du néoartisan reste-t-il avant tout, comme l’avancent les mauvais esprits, son développement personnel ? La question reste ouverte, huit ans après la création du régime de l’autoentrepreneur.
« Vendre du rêve »
L’économiste Catherine Elie juge que « l’on ne dispose pas du recul nécessaire pour savoir si ces indépendants vont développer leur activité et changer de statut ». C’est ce qu’envisage la sellière ­Camille Cramers, à présent qu’elle gagne régulièrement un peu plus d’un smic mensuel. Mais, en moyenne, le chiffre d’affaires mensuel des microentrepreneurs de la fabrication plafonne à un peu moins de 1 000 euros par mois, selon l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss).
« En tant qu’artisan, on vend du rêve mais les choses sont souvent moins roses que ce qu’on peut imaginer », confirme Clémence Nerbusson. Quand, comme elle, on fabrique une douzaine de paires de souliers par mois, il est « difficile d’expliquer le prix de son travail à des gens habitués aux prix industriels ». Même si Nicolas Cohen dit voir affluer sur A Little Market « des milliers de consommateurs qui veulent redonner du sens à leur consommation et sont à la recherche d’une expérience différente de Zara et d’Ikea ».

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Ceux qui ont réussi à passer de l’artisanat à l’art et ne font plus du tissage, mais de « l’élaboration d’un espace textile » ou de « l’architecture de fibres végétales » s’en sortiront toujours mieux, prédisait Pierre Rossell, ­enseignant à l’Ecole polytechnique de Lausanne dans un essai intitulé Demain l’artisanat ? (Cahiers de l’IUED, PUF, 1986). Mais, dans les métiers d’art comme ailleurs, « il y a souvent un conjoint pour assurer l’équilibre financier du ménage », souligne Anne Jourdain.
Un tiers des microentreprises de la fabrication n’auraient d’ailleurs pas d’activité économique, dit-on à l’Acoss. « Quand on se retrouve seul avec sa scie et son morceau de bois, si l’on ne fait rien, il ne se passe rien, ­contrairement à la grande organisation où le bateau avance tout seul », plaisante Walter Bellini, un ancien cadre supérieur d’Arcelor, ­devenu ébéniste à 50 ans passés. Si, pour lui, « l’artisanat est une école d’humilité », certains renoncent. Et le repli de 20 % des immatriculations en 2015 pourrait annoncer une autorégulation.
De nouvelles formations
Cette mue des métiers pousse en tout cas « à repenser la pédagogie et le contenu des formations », relève Bruno Monpère, directeur de la chambre de métiers et de l’artisanat du Tarn-et-Garonne. D’où l’arrivée de licences professionnelles (L3), comme celle d’artisan designer pour laquelle il a œuvré, et dont la première promotion sortira diplômée en septembre : il faut être titulaire d’un CAP et d’un bac + 2 en arts appliqués pour postuler. Une façon d’en finir avec l’opposition entre les enseignements théoriques et pratiques. Et, surtout, avec l’antagonisme entre le cerveau et la main.
Une croisade dont deux Américains ont pris la tête à la fin des années 2000 : le socio-historien ­Richard Sennett, auteur de Ce que sait la main. La ­culture de l’artisanat (Albin Michel, 2010), et Matthew B. Crawford, un ancien universitaire qui raconte, dans son Eloge du carburateur (La Découverte, 2016), comment mettre les mains dans le cambouis lui a permis de donner du sens au travail.
Confortée par son Prix jeunes talents lors de la dernière biennale du Carrousel des métiers d’art et de création à Paris, Pauline Krier a, elle aussi, « trouvé sa place dans la ­société », même si elle va prendre un job de gardienne d’immeuble en attendant que l’on s’arrache ses sièges. Reste à ces nouveaux artisans à trouver leur place dans le paysage économique.
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Nadine Bayle
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En Vrac – International

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Polémiques « trumpiennes ». La main tendue à la Russie, « l’erreur catastrophique de Merkel » sur les migrants, l’Organisation du traité de l’Atlantique nord « obsolète », le « succès » du Brexit, qui verra d’autres pays quitter l’Union européenne : le président élu des Etats-Unis, Donald Trump, a réalimenté la machine à polémiques, dimanche, dans des entretiens à la presse européenne. Cinq jours avant de prendre les rênes de la première puissance mondiale, le milliardaire populiste a usé de formules-chocs, sans s’embarrasser de froisser ses interlocuteurs pour commenter l’actualité du Vieux Continent, dans les quotidiens britannique Times et allemand Bild.
Renforcement des pouvoirs d’Erdogan. Le Parlement turc a approuvé dimanche en première lecture une nouvelle Constitution renforçant les pouvoirs du président, Recep Tayyip Erdogan. Ce projet de présidentialisation du système politique est rejeté par l’opposition, qui dénonce une dérive autoritaire du chef de l’Etat.
Nouveau « Grand Jeu » afghan. Plus de quinze ans après l’intervention américaine, l’Afghanistan est toujours en proie à la violence et à l’insécurité. Sur ce théâtre de guerre, où l’influence des talibans demeure prégnante, plusieurs acteurs internationaux – les Etats-Unis, la Russie, le Pakistan ou encore l’Iran – jouent des coudes pour imposer leurs vues. Une situation qui n’est pas sans rappeler le « Grand Jeu » qui prévalait au XIXsiècle entre les empires russe et britannique, explique la BBC.
Canada – « Le problème majeur de base réside dans le régime d’apartheid dans lequel les autochtones sont plongés depuis 150 ans sinon plus »
Dans un rapport d’enquête faisant suite à une série de suicides au sein de la communauté indienne Innue du Québec, le coroner Bernard Lefrançois a mis en cause le système de réserves autochtones au Canada, qualifié de « régime d’apartheid » auquel il « serait temps de mettre fin ». Il préconise la création d’un centre de prévention du suicide autochtone.
Le Monde 16 janvier 2017
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La blague de Sauveterre de Béarn – Ça se passait à Noël …

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Au fil de l’Histoire : Ça s’est passé un … 16 janvier

 
De lui, l’Histoire retient surtout le côté noir.

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Le 16 janvier 1547, Ivan IV, fils de Vassili III, est couronné tsar de toutes les Russies.

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Le début de son règne, placé sous le signe de la modernisation de la Russie, se passe sous les meilleurs auspices (instauration d’un code de lois, réorganisation du clergé…).

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Mais, à partir de 1560, percevant la noblesse comme son ennemi, il dérive vers un autoritarisme sans limite qui lui vaudra le surnom d’Ivan le Terrible.

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Méfions-nous du nouveau en politique

Charlie Hebdo – 11/01/2017 – Guillaume Erner –
Puisque la démocratie passe pour fatiguée, usée et vieillie, pourquoi ne pas chercher de l’inédit ? Sauf qu’il n’y a pas d’idée aussi vielle et gâteuse que celle de la nouveauté.
indexTous les candidats qui s’élancent sont d’abord évalués sur ce critère : sont-ils nouveaux ? Disent-ils quelque chose de nouveau ? C’est ainsi que l’on peut être « nouveau nouveau » comme Emmanuel Macron, « ancien nouveau » comme Manuel Valls ou « nouveau ancien » comme François Fillon. Car la « démode » va vite : à l’issue de la primaire de la droite, Fillon qui aurait pu bien connaître Brejnev, passait pour parfaitement nouveau. Mas ça, maintenant, c’est ancien : ça date de trois semaines. Aujourd’hui, Fillon semble passablement passé et repassé : les commentateurs aimeraient qu’il se renouvelle.
Autant vous faire un aveu : la politique peut lasser, les commentaires de la politique, jamais. C’est bien simple, pour moi, les journalistes politiques sont des héros. Imaginez un peu : déjà, aller à la mine chaque jour, ça n’est pas rigolo, mais là, en plus, il s’agit de commenter ce qui distingue l’aile hamoniste du PS de sa variante pellonoïde. Et pourtant, bons petits chevaux de la démocratie, ils se lèvent, participent à moult talk-shows, font des décryptages, des coulisses, des indiscrets. Où trouvent-ils cette énergie ? Si les chercheurs en avaient autant, je suis sûr que le cancer serait vaincu et le cintre de teinturier éradiqué. Chaque semaine, mes confrères de la rubrique politique trouvent des aspérités dans une matière aussi lise qu’une poêle Tefal. C’est ce commentaire politique qu’il faut commenter, parce que c’est lui qui, insidieusement guide nos politiques.

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ob_7a9d50_jeunisme-rDu coup, la nouvellerie est en passe de devenir une obsession. Pourquoi le nouveau est-il beau comme l’antique ? Parce que l’ancien nous a déçu. D’où cet appel à l’inventivité et, comme la demande crée sa propre offre, chaque candidat ente sa chance. Manuel Vallls a ainsi parlé d’un droit d’inventivité, comprenant que cette fois-ci il serait jugé à cette aune. Ses propositions sont forcément nouvelles puisqu’il propose de défaire ce qu’il a fait, et notamment, bien sûr, de supprimer le 49.3 qui a été, des mois durant, sa formule magique.Mais attention, il n’est pas le seul : Emmanuel Macron propose d’indexer le temps de travail sur l’âge du travailleur. Une proposition indéniablement nouvelle et qui pourrait bien le rester, puisqu’elle a autant de chances de voir le jour que Raël en a de devenir ministre du culte de Daech. Et puis, bien sûr, la nouveauté peut se loger également dans la forme, la chaîne YouTube de Jean-Luc Mélenchon, par exemple, et pourquoi pas demain le Front national sur Snapchat ou François Bayrou sur Youporn, si Laurent Wauquiez accepte de lui céder sa place.
Beau comme l’Antique
pdn-6x125g-coco-volume-nvo-bdA ce stade du commentaire, je vous suggère de fermer les yeux et de tenter de répondre à une question simple : pourquoi la nouveauté serait-elle une vertu en politique ? L’originalité en cuisine ou en amour, on voit bien, mais en démocratie, à quoi bon ? La politique n’est pas seulement envahie par le marketing politique, elle est piétinée par le marketing tout court. « Nouveau », c’est une qualité pour un yaourt au rayon des produits frais. Sur le plan républicain, en revanche, les idées n’ont pas de date limite de consommation. La justice sociale n’est pas valable jusqu’au 29 janvier, date du second tour de la primaire de la gauche. En insistant sur le besoin de nouveauté, on va une nouvelle fois guider les candidats vers une impasse.  Car quelles ont été les récentes inventions en politique ? Le ministère de l’Identité nationale qui, heureusement, en est presque resté à l’état de slogan. La taxe à 75 % qui, malheureusement, est restée un slogan. Cette quête favorise donc les gadgets bien vite remisés au placard politicien, équivalent programmatique de la machine à faire du pain. 
nouveauteLa démocratie est une idée bien ancienne, elle n’a pas besoin du frisson d la nouveauté, mais du sérieux et de rationalité. Lorsqu’on croise un prophète du nouveau, mieux vaut changer de trottoir. Vous savez qui était le dernier ? Saint-Just, qui s’exclamait : « Le bonheur est une idée neuve en Europe. » Çà, c’était le nouveau, après, le bonheur devint une nouvelle idée et ce fut la Terreur.
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Manifeste pour en finir avec le délit de solidarité

L’Humanité -12/01/2017 –
Manifeste
Procès d’habitants de la vallée de la Roya « coupables » d’être venus en aide à des réfugié⋅e⋅s, avec la menace de lourdes sanctions. Mesures d’intimidation, poursuites – et parfois condamnations – de personnes ayant agi en soutien de migrant⋅e⋅s ou de Roms, à Calais, à Paris, à Norrent-Fontes, à Boulogne, à Loos, à Perpignan, à St-Etienne, à Meaux… On assiste depuis plusieurs mois à la recrudescence de cas où la solidarité est tenue pour un délit. Il est clair que les autorités entendent faire plier les citoyennes et les citoyens qui n’adhèrent pas aux politiques de non accueil et de mise à l’écart des migrants, et qu’elles n’hésitent pas pour cela à les assimiler à ceux qui profitent de la vulnérabilité des exilé⋅e⋅s et les exploitent, passeurs et trafiquants en tout genre. 100 organisations associatives ou syndicales, nationales ou locales, publient un manifeste par lequel elles entendent dénoncer ces procédés. Dans les semaines qui viennent, elles mettront en œuvre toutes sortes d’actions afin que soient préservés le droit de regard, le droit de critique, le droit de s’opposer à des politiques qu’on désapprouve, le droit de se conduire autrement qu’en agent de politiques de fermeture : le droit d’agir en toute humanité.
LA SOLIDARITÉ, PLUS QUE JAMAIS UN DÉLIT ?
Bien sûr, la solidarité n’a jamais été inscrite dans aucun code comme un délit.
Cependant, des militants associatifs qui ne font que venir en aide à des personnes en situation de très grande précarité, victimes de décisions dangereuses, violentes, voire inhumaines, se retrouvent aujourd’hui face à la justice.
Avec l’instauration de l’état d’urgence, et dans le contexte baptisé « crise migratoire », on assiste à une recrudescence de poursuites visant à empêcher l’expression de la solidarité envers migrants, réfugiés, Roms, sans-papiers… Au-delà, c’est le soutien à l’ensemble des personnes étrangères qui tend à devenir suspect, l’expression de la contestation des politiques menées qui est assimilée à de la rébellion et au trouble à l’ordre public.
 , mais toutes sortes d’autres chefs d’accusation servent désormais à entraver toute action citoyenne qui s’oppose aux politiques mises en œuvre. L’ensemble de ces intimidations, poursuites, condamnations parfois, visent donc bien en fait ce qui constitue de nouvelles formes du « délit de solidarité ».
Dès 2009, les associations de défense des droits de l’Homme et de soutien aux étrangers avaient dénoncé le fait que le délit d’« aide à l’entrée, à la circulation et au séjour des étrangers en situation irrégulière », introduit à l’origine pour lutter contre ceux qui font commerce du trafic et de l’exploitation des étrangers, ait permis au fil du temps de sanctionner les « aidants » d’étrangers sans papiers, même agissant dans un but non lucratif. Si les peines prévues ne sont pas toujours appliquées, une telle réglementation a bien sûr un effet dissuasif sur celles et ceux qui refusent de se soumettre à des politiques hostiles aux étrangers.
La mobilisation associative, à l’époque, a abouti à plusieurs réformes successives, dont celle du 31 décembre 2012 qui a été présentée comme la « suppression » du délit de solidarité. Il n’en est rien ; la nouvelle rédaction des textes se contente de préciser et augmenter les cas d’exemption de poursuites. Outre l’aide apportée à des parents, est autorisée l’aide qui aura seulement visé à « assurer des conditions de vie dignes et décentes à l’étranger » ou à « préserver la dignité ou l’intégrité physique de celui-ci ». Malgré tout, des personnes ayant manifesté leur solidarité avec des étrangers sans titre de séjour continuent d’être inquiétées – convocations à la police ou à la gendarmerie, gardes à vue, perquisitions, écoutes téléphoniques – voire poursuivies et parfois punies d’amende et emprisonnement.
Dans le même temps, des poursuites ont commencé d’être menées sur la base de textes sans rapport avec l’immigration…
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Corruption : l’association Transparency France dresse un bilan positif du quinquennat Hollande

Vert, jaune ou rouge, retrouvez notre appréciation des mesures prises pendant le quinquennat pour lutter contre la corruption et renforcer la transparence de la vie publique. Lire notre rapport.

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BONNE NOTE L’association de lutte contre la corruption et pour la transparence de la vie publique Transparency France salue les avancées réalisées dans ces domaines lors du quinquennat de François Hollande.
19 déc 2016 La rédaction de LCI
Enfin un bon point pour François Hollande. L’association Transparency France publie lundi 19 décembre un bilan positif du quinquennat Hollande concernant notamment « la prévention des conflits d’intérêts, la lutte contre la délinquance économique et la protection des lanceurs d’alerte ».
cahuzac000_iw969-fbd5a7-01xAu lendemain du choc de « l’affaire Cahuzac »,  ex-ministre du budget condamné pour fraude fiscale, le gouvernement lance un vaste plan de moralisation et de transparence de la vie publique. A la manoeuvre, le Parquet national financier et la Haute autorité pour la transparence de la vie publique créés tout spécialement. La publication par les décideurs publics d’une déclaration d’intérêts et des patrimoines, en début et fin de mandat, est l’une des mesures phares de ce plan. Une avancée, avec la fin du cumul des mandats, saluée par Transparency France.
La France rattrape son retard en terme de lutte contre la grande corruption
« La lutte contre la fraude fiscale produit également ses premiers résultats », constate l’ONG. « Le montant des redressements fiscaux et des sanctions a atteint en 2015 plus de 21 milliards d’euros provenant des particuliers et des entreprises et 45.000 comptes détenus irrégulièrement à l’étranger régularisés ». Grâce à la loi Sapin II, la France devrait ainsi rattrapée son retard « en matière de lutte contre la grande corruption ».
Le rapport distribue un autre bon point concernant, cette fois, la protection des lanceurs d’alerte, dispositif également contenu dans la loi Sapin II.  « L’adoption d’un dispositif complet et solide de protection des lanceurs d’alerte, contribue à hisser la France au niveau des meilleurs standards internationaux en la matière », souligne Transparency France.

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Le président de Transparency
11 recommandations pour les candidats à la présidentielle
 Selon l’association toutefois, ces « avancées » ne suffiront pas « à répondre à l’ensemble des enjeux de la lutte contre la corruption ». Des « réformes ambitieuses » doivent notamment être menées pour mieux encadrer le lobbying et le financement de la vie politique, souligne-t-elle.
Transparency France interpelle les candidats à la présidentielle et leur demande de s’engager contre la corruption. Intégrité des responsables publics, renouvellement de la classe politique, encadrement du lobbying… en tout ce sont 11 recommandations qui sont formulées à l’adresse des prétendants à la présidence de la République.
 La rédaction de LCI

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INFO FRANCEINFO. L’organisation de lutte contre la corruption @TI_France note des avancées ces cinq dernières années https://t.co/On2iPi9VWr pic.twitter.com/fDRJMSfdne
— franceinfo (@franceinfo) December 19, 2016
Des recommandations aux candidats à la présidentielle
Deux autres mesures sont également saluées par Transparency France. La loi Sapin II votée à l’automne dernier qui protège les lanceurs d’alerte et instaure des mesures anti-corruption dans l’entreprise. Et la limitation du cumul des mandats, qui entrera en vigueur en 2017, et qui était l’une des promesses du candidat Hollande.
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Turquie – Asli Erdogan, fille du feu : «Même le silence n’est plus à toi» (Actes Sud).

Le Temps 15/01/2017
Incarcérée depuis le mois d’août dans le cadre des rafles d’intellectuels en cours en Turquie, l’écrivaine a été libérée provisoirement le 29 décembre. Les chroniques qui lui ont valu la prison, paraissent en français

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Sur les images, elle a le visage détrempé. Le 29 décembre dernier, il pleuvait des cordes à Istanbul. Mais Asli Erdogan rayonne sous les bourrasques.
L’écrivaine sort tout juste de la prison pour femmes Barkiköy après 136 jours de détention. Liberté provisoire sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire turc. Elle risque toujours la prison à perpétuité. Auteure de quatre romans, parus en France chez Actes Sud et traduit dans de nombreux pays, Asli Erdogan signe aussi depuis les années 1990 des chroniques dans divers journaux de la capitale. Avec une constante: ne pas dévier des sujets qui fâchent comme les atteintes aux droits humains et à ceux des minorités.
Lire également notre chronique: Turquie: silence, on emprisonne
Ces dernières années, elle écrit régulièrement pour le journal pro-kurde Ozgür Gündem («Journal libre» en turc) des chroniques, toujours très littéraires et personnelles où elle dénonce la violence sous toutes ses formes et prône la paix entre Turcs et Kurdes. Ce sont ces textes qui lui ont valu d’être arrêtée chez elle, dans la nuit du 16 au 17 août, pour «propagande en faveur d’une organisation terroriste», sous-entendu le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, «appartenance à une organisation terroriste» et «incitation au désordre». Ce sont ces textes qui paraissent aujourd’hui en français sous le titre «Même le silence n’est plus à toi» (Actes Sud).
Descente de police
Cette arrestation s’inscrit dans la grande vague de répression et de purge menée depuis le 15 juillet, date du putsch raté mené par une partie de l’armée contre le pouvoir: 170 médias interdits, 130 journalistes arrêtés, 29 maisons d’éditions fermées, sans parler des dizaines de milliers de licenciements ou limogeages dans l’armée, les médias publics, la police, l’enseignement et la justice.

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L’arrestation d’Asli Erdogan est survenue quelques heures après la fermeture d’Ozgür Gündem. Huit autres membres de la rédaction sont en état d’arrestation. Cinq ont fui à l’étranger avant la descente de police. Les quatre autres ont été incarcérés en même temps qu’Asli Erdogan. Comme la linguiste Necmiye Alpay, 71 ans. Elle a été libérée de façon provisoire le 29 décembre également. Leur procès a repris le 2 janvier. La prochaine audience aura lieu le 14 mars.
Long procès
Pour Timour Mouhidine, responsable de la collection «Lettres turques» chez Actes Sud, l’optimisme est très mesuré quand à l’issue d’un procès qui s’annonce long. Et ce malgré la forte mobilisation du public en Europe, en France notamment et en Suisse avec l’opération «Lire pour qu’elle soit libre» lancée par le collectif d’auteurs romands La Maison éclose et parrainée par Amnesty International: du 1er au 24 décembre, à 18h, dans les nombreuses librairies associées à l’action, toute personne volontaire était invitée à lire en public des textes d’Asli Erdogan. Une action qui va se poursuivre tous les jeudis soir, à 18h.
«Il faut remonter trente ans en arrière pour rencontrer une telle mobilisation en faveur d’un artiste turc. Je pense aux actions pour la libération du cinéaste Yilmaz Gunei, le réalisateur de Yol dans les années 1980», se souvient Timour Mouhidine.
Camion de militaire
untitled-bmpasli-erdoganLes années 1980 en Turquie… Ces années ne remontent pas à la surface par hasard. Asli Erdogan et sa génération d’écrivains, nés entre la fin des années soixante et le début des années 1970, sont les enfants d’une génération perdue, ces intellectuels, écrivains, professeurs, militants de gauche, décimés par le coup d’état du 12 septembre 1980.
Le père d’Asli Erdoğan, haut responsable d’un syndicat étudiant, a subi la torture, comme 600 000 autres personnes environ. Le souvenir du camion rempli de militaires déboulant pour arrêter son père, devant sa mère en pleurs, alors qu’elle-même n’avait que 4 ans, demeure tapi au fond de la mémoire d’Asli Erdogan, comme une braise. La torture brise les êtres mais aussi les couples et les familles. Le père a retourné la violence contre lui-même et contre les siens.
Tout cela, c’est l’écrivaine elle-même qui nous le susurrait dans un café bondé d’Istanbul en 2009. Elle était en train d’écrire «Le Bâtiment de pierre», qui allait paraître en 2013, texte envoûté, chant de douleur tenu par un personnage de femme qui se remémore un séjour en prison, écrit dans une langue capable de moduler tous les degrés du chagrin et de l’indicible. Asli Erdogan nous disait écrire dans un état proche de la transe. Et on l’aurait deviné tant elle conservait dans les yeux l’éclat froid de ces cauchemars. A l’époque, elle n’avait encore jamais séjourné en prison.
Déambulation dans Genève
Avant de se consacrer à l’écriture, Asli Erdogan a été physicienne. Elle a fait partie de l’équipe de jeunes chercheurs, triée sur le volet, dédiée au fameux Boson de Higgs, au CERN. Elle a vécu deux ans à Genève, perchée dans la Vieille Ville.
A 24 ans, elle avait idéalisé ce séjour, s’imaginant discuter jusqu’au bout de la nuit avec des doctorants passionnés comme elle. La désillusion sera cruelle. Une des rares femmes de l’équipe, elle devra faire face au machisme, à un esprit de compétition exacerbé, à la solitude. Pour tenir, après sa journée de travail, chez elle, elle écrit, toute la nuit. Cela donnera «Le Mandarin miraculeux», une déambulation dans les rues genevoises par une jeune femme borgne, hantée par le souvenir d’un amour vécu entre l’Arve et le Rhône (LT 3 juin 2006). Une écriture jeune encore mais inoubliable parce que portée par une détermination de feu, cette décision d’aller là où cela fait mal, de se poster là, et tant pis pour les balles perdues.
De retour à Istanbul, elle devient assistante à l’université. Et rencontre Sokuna, un immigré africain. Le couple brave le racisme ordinaire partout où il passe. Asli se met à enquêter sur les conditions de vie d’une population à l’époque largement ignorée par les médias. Elle écrit des chroniques sur le sujet dans plusieurs journaux. Puis l’amoureux est impliqué dans une affaire de drogue. Asli peut quitter le pays: elle a trouvé un poste à l’université de Rio pour terminer son doctorat mais Sokuna ne peut pas la suivre. Il disparaîtra sans laisser de traces.
Démesure tropicale
Rio donnera naissance au roman qui la fera connaître du public international, «La Ville dont la cape est rouge». C’est dans la mégapole brésilienne qu’elle décide d’abandonner la carrière académique pour se consacrer à l’écriture. Mais le roman viendra plus tard, une fois rentrée à Istanbul, une fois ces deux années de touffeur et de solitude de nouveau, décantées. «Il y a eu comme une rencontre entre la violence que j’ai absorbée enfant, celle vécue par mes parents et celle, omniprésente, de Rio», comprendra-t-elle plus tard. Et c’est vrai qu’il y a comme une osmose entre le lyrisme d’Asli Erdogan et la démesure tropicale. Et beaucoup d’elle-même dans ce récit d’une jeune turque qui se perd et se trouve parmi les affamés des favelas.
Depuis, elle a mené une vie d’écriture, appréciée à l’étranger mais peu en Turquie. Une vie d’exilée où qu’elle aille. «Il n’y a que dans les mots que je me sente chez moi.» «Le silence même n’est plus à toi» est un condensé de son style et de son engagement: retourner par les mots les mensonges officiels, dire la violence à l’œuvre. Et, en poète, vivre et revivre, jusqu’à la suffocation, les douleurs des victimes, pour leur tendre la main, par-delà l’effroi.
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PS – Najat Vallaud-Belkacem : conclusion …

Source

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Le lycée expérimental de Saint-Nazaire menacé par la région

Siné Mensuel – Janvier 2017 – Jean-Jacques Rue –
Bruno Retailleau, président de la Région Pays de la Loire, n’aime pas qu’on suive une autre route que lui. Alors, quand le lycée expérimental de Saint-Nazaire est menacé de fermeture, ce proche de Fillon déclare qu’il ne donnera pas un louis de subvention à ces va-nu-pieds.
Depuis que Bruno Retailleau est devenu en 2015 président des Pays de la Loire, les Ligériens ont une parfaite vision de ce que peut être la droite bête et méchante en action. L’ancienne doublure de Philippe de Villiers, dont il fut le député suppléant, mais aussi le metteur en scène de ses délires chouans dans son spectacle du Puy-du-Fou, a pris du galon. Président du groupe Les Républicains au Sénat, soutien désormais de François Fillon, on lui prédit un brillant avenir national si le châtelain de la Sarthe était élu. Retailleau incarne la droite décomplexée quand il compare, avec un remarquable sens de la mesure, la Zad de Notre-Dame-des-Landes à Mossoul. Pour la faire évacuer, il finance sur les deniers de la Région une campagne publicitaire de 60 000 euros.  Soutien affirmé de la manif pour tous, il coupe les vivres d’un festival de cinéma trop clairement gay friendly. Et, pour achever le ridicule, il s’attaque au festival Hellfest, mondialement connu mais considéré comme un repaire de satanistes par les cul-bénis locaux.
Les derniers dans son collimateur sont les lycéens et profs peu orthodoxes du lycée expérimental de Saint-Nazaire, une institution qui, depuis trente-cinq ans, accueille dans l’esprit de la pédagogie Freinet* des élèves venus de toute la France, soucieux d’apprendre différemment, loin des dogmes autoritaires. Au lycée expé, point de proviseur, de CPE, de projet pédagogique imposé par le haut : tout se décide collectivement, notamment des projets assez uniques, pour construire des têtes bien faites et ouvertes sur le monde.
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Situation ubuesque
Mais les normes « handicapés » risquent d’avoir raison de cette belle histoire. Le propriétaire des bâtiments, Silène, bailleur social de l’agglomération, refuse de payer la facture des travaux de mise aux normes (400 000 euros au bas mot), arguant qu’il n’a pas vocation à héberger un lycée public. Prise de conscience tardive pour une structure qui a encaissé près de 80 000 euros annuels de loyer pendant de nombreuses années. Face çà cette situation ubuesque, l’équipe du lycée a envisagé l’achat des bâtiments par sa tutelle naturelle, la Région, en charge de tous les lycées depuis les lois de décentralisation.
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La pédagogie Freinet
7lr4bs5utowmdmmg6o0jup-nq1gLa pédagogie Freinet est une pédagogie originale, mise au point par Célestin Freinet (1896/1966) et fondée sur l’expression libre des enfants ; texte libre, dessin libre, correspondance inter-scolaire, imprimerie et journal étudiant, etc., qui se perpétue de nos jours. Il chercha à mettre en place une pédagogie active dans laquelle le maître n’aurait pas besoin de faire de longs discours et axa ainsi sa pensée sur l’organisation du travail et la coopération.
Le Lycée Expérimental est un établissement scolaire public qui propose une pédagogie alternative basée sur la cogestion entre élèves et membres de l’équipe éducative. Il est doté aujourd’hui d’une équipe éducative de 19 membres pour environ 140 élèves.
Lire : « Ici, on apprend à parler et à écouter, pas la soumission » : bienvenue au lycée expérimental de Saint-Nazaire ( bastamag.net – juin 2015)
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Les Indégivrables – L’impossible programme !

Le Monde 13 janvier 2017

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