Attention, les radars superpuissants arrivent

Ouest-France – 20/10/2018 – Yves-Marie Robin –

En phase de test, ici sur l’A15, la Tourelle, (au premier plan), est la dernière génération de radar multifonctions. | Olivier Boitet – Le Parisien
Des colonnes de quatre mètres de haut. Des caméras haute résolution. Une capacité à flasher simultanément 32 véhicules… Ces machines devraient être homologuées dès novembre.
Ringardes les premières cabines grises apparues sur le bord des routes voilà maintenant quinze ans. Voici la Tourelle. Un radar nouvel génération aux capacités surdimensionnées, aux mensurations imposant le respect.
Positionnée prochainement le long des routes, sur des poteaux à plus de quatre mètres de hauteur, la « bête » possède une caméra haute résolution à 36 millions de pixels (la plus haute résolution disponible sur le marché) et des flashs de nouvelle génération permettant de lire parfaitement les plaques.
Cette précision permet donc à la Tourelle de contrôler la vitesse de trente-deux véhicules en même temps. Ses capacités hors normes lui offrent aussi la possibilité de sanctionner les feux rouges brûlés, les dépassements interdits, le non-respect des distances de sécurité, le téléphone au volant, l’absence de ceinture…
Des prototypes déjà en action
Depuis l’hiver dernier, ce véritable couteau suisse – mais de fabrication française – est testé en différents endroits, notamment à Marseille, Bordeaux, Strasbourg, Lyon, Roubaix et dans les Vosges. L’Ouest y échappe pour le moment. Et il ne repère pour l’instant que les excès de vitesse et le franchissement des feux rouges.
Pour un déploiement plus vaste, dans l’ensemble de l’Hexagone, la Tourelle a besoin d’une homologation officielle par le Laboratoire national de métrologie et d’essais. Ce qui ne saurait tarder. Un feu vert est attendu courant novembre, d’après la direction interministérielle à la sécurité routière.
Le jackpot des radars : 3 600 à 6 000 tourelles d’ici 2020
Selon le site Internet radars-auto.com, un premier déploiement d’environ 445 cabines est programmé en France au cours des prochains mois. L’objectif est, ensuite, de passer de 3 600 à 6 000 tourelles d’ici à la fin 2020. Mais toutes ne flasheront pas. C’est l’autre subtilité de la machine.
Il est prévu une cabine véritablement équipée d’un radar, contre trois à cinq vides. Des leurres qui pourront, toutefois, accueillir des caméras également. Le système étant conçu pour que le radar soit déplaçable d’une machine à l’autre. Et pour que la détection du flash actif soit impossible, chaque Tourelle disposera d’un film miroir sur ses vitres. Aucun oeil d’automobiliste ne pourra donc voir à l’intérieur, d’autant plus à quatre mètres de haut. Impitoyable !

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Planète – Le chant inquiétant de la glace de l’Antarctique

Courrier International  18/10/2018
Des fréquences sonores émises par la barrière de Ross, une plateforme de glace en Antarctique, ont été enregistrées par des scientifiques américains qui ont publié le 16 octobre le résultat de leurs recherches.

La barrière de Ross, en Antarctique, le 18 avril 2009. Michael Van Woert, NOAA/FLICKR CC 2.0
Les fréquences [des sons enregistrés] sont trop basses pour être perçues naturellement par l’homme mais, quand on les accélère, on croirait entendre le son sinistre qui annonce l’arrivée d’un monstre dans un film d’horreur.” Ainsi le site Quartz décrit-il les curieuses plaintes d’un plateau de glace de l’Antarctique.

La barrière de Ross, d’une taille comparable à celle de l’Espagne, a livré de nouveaux secrets à des scientifiques de l’université d’État du Colorado. Équipés de sismographes, ils ont repéré par hasard puis étudié, pendant deux ans, “la fréquence sonore émise par la neige alors qu’elle vibre sous les effets du vent et de la fonte”, détaille Quartz. Ces sons pourraient même permettre d’établir des prévisions sur de possibles ruptures d’iceberg liées à la fonte des glaces. Devant les perspectives inquiétantes du réchauffement climatique, particulièrement pour la hausse du niveau des océans, “peut-être le son de la vibration de la neige est-il un sinistre augure tout à fait approprié”, conclut le site d’information.
Ce site d’information économique a été lancé en 2012 par le groupe de l’hebdomadaire The Atlantic. Destiné aux décideurs du monde des affaires, il a été conçu avant tout pour être consulté sur une tablette ou un smartphone. En 2014, il a
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#dessin / « Name and; Shame » : la majorité prise à son propre jeu

 Quand les dessins de Kak épousent l’actualité, pour le meilleur et pour le rire.
Boomerang – La majorité dans le tumulte du «name and shame»

L’Opinion -18 Octobre 2018 Cyril Lacarrière Caroline Vigoureux
L’offensive de François Ruffin sur le handicap a laissé sans voix les députés de la majorité. Les élus macronistes vivent mal de voir leurs noms jetés en pâture et ne sont pas outillés pour affronter la vague de dénonciations charriées par les réseaux sociaux.
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La mort d’une star

Le billet de Michel Schifres
En 780 signes, un regard décalé, piquant et ironique sur l’actualité
L’Opinion 15/10/2018
Cet adjectif a connu un franc succès. Au point d’être, ces dernières années, le qualificatif le plus commenté. Bannière du Président Hollande, encensé, puis moqué, enfin vilipendé, « normal » aura tenu la vedette pendant cinq longues années. Eh bien son inventeur vient de l’assassiner : l’ex a avoué qu’il « n’aurait pas dû dire « président normal ». Non que, sur le fond, il ait le moindre regret. « Humain », voilà ce qu’il aurait dû choisir, c’est-à-dire une présidence « à la hauteur » mais « pas hautaine ». Peut-être, bien qu’un chef « humain » parce qu’il voyageait en train et attirait la pluie, aurait sans doute suscité aussi la moquerie. Reste qu’il y a quelque chose d’humain et d’un peu pathétique, dans un homme toujours à la recherche d’une définition de lui-même.
Michel Schifres
mschifres@lopinion.fr
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« Sauver les riches, taxer les pauvres. Fraude à 55 milliards d’euros ! »

Insolentiae – 19/10/2018 – Charles Sannat –
« Sauver les riches, taxer les pauvres. Fraude à 55 milliards d’euros ! » L’édito de Charles SANNAT
Lorsque j’affirme qu’il faut qu’un État laisse se développer une zone économique dite « grise » afin de favoriser la créativité, et aussi de permettre aux petits et aux sans-dents de bricoler dans leur coin tant que cela ne pose pas de problème de sécurité publique, on me prend à parti pour me faire remarquer que dire cela, c’est être pour l’anarchie, pour un monde sans règles, etc.
Plus grave, certains ne paieraient pas leurs impôts et ce serait de la haute trahison fiscale. Eh bien je le dis : c’est faux. La trahison fiscale ce n’est pas le pauvre type qui fait de la peinture 10 heures par semaine au noir.
Cela énerve peut-être nos pandores de Bercy, mais cela ne pose pas un seul problème d’un point de vue macroéconomique. En termes macroéconomiques, il suffit de définir combien de quantité d’espèces on laisse en circulation, et on limite ainsi la zone grise que l’on maintient sous contrôle.
Non, le vrai problème c’est la fraude, la vraie, celle des très, très riches aidés par des avocats et qui profitent de la mondialisation pour fuir toutes les obligations.
Alors oui, j’ai du mal à exécuter en place publique le petit qui cherche à s’en sortir même en trichotant un peu et à voir les gros poissons soustraire des dizaines de milliards d’euros à nos États impécunieux et en manque d’argent. Et là, c’est une nouvelle histoire, encore une, après les « Panama papers » et tous les autres scandales d’évasion fiscale.Celui-ci est européen, et les banques françaises ne sont pas exemptes de tout reproche, semble-t-il.
« Un vaste système de fraude sur les dividendes a fait perdre 55 milliards d’euros aux États européens. Ce système a permis à plusieurs actionnaires de se faire rembourser indûment l’impôt sur les dividendes. » Baptisée « CumEx Files », l’enquête révèle qu’un trafic d’actions sophistiqué impliquant des banques françaises comme la BNP Paribas et la Société Générale a été réalisé.
C’est un nouveau scandale d’évasion fiscale. Plusieurs États de l’Union européenne, parmi lesquels la France, l’Allemagne et le Danemark, ont perdu quelque 55 milliards d’euros à cause d’un vaste montage financier impliquant des traders, des banques et des avocats, révèlent jeudi 18 octobre Le Monde (1) et dix-sept autres médias européens qui ont enquêté conjointement.
Contrairement aux affaires précédentes d’évasion fiscale, telles que celle des « Panama papers », ce scandale ne concerne pas l’utilisation de paradis fiscaux. Il consiste en fait à duper les États européens qui ont mis en place une taxe sur les dividendes des actionnaires. La France, par exemple, prélève une taxe de 15 à 30 % à chaque fois qu’une entreprise reverse une partie de ses bénéfices à ses actionnaires. Mais certains actionnaires étrangers peuvent bénéficier d’un remboursement de cet impôt au titre de conventions établies entre plusieurs pays.

En attendant, les GAFA ne sont toujours pas taxés…
C’est évidemment des milliards d’euros qui échappent à toutes les impositions nationales. Ce n’est pas grave, nous taxerons les petits, les sans-dents, ceux qui prennent leur voiture et désormais même bientôt les horribles détenteurs de vélo qui vont finir avec une carte grise.
Les GAFA ne sont pas taxés, les entreprises qui produisent à bas coût en délocalisant ne sont pas taxées, les multinationales font du dumping social et fiscal un art qui leur permet d’échapper à la taxation. Au bout du compte, c’est un système injuste qui évidemment rapine les petits et protège les gros.
Ne pas justifier un tel système ni le défendre ne fait pas de ses détracteurs d’horribles anarchistes favorables à un monde sans lois ! Au contraire, c’est l’inverse, c’est ceux qui justifient un tel système fiscal qui justifient l’injustifiable.
Charles SANNAT

(1)  CumEx Files : comment des actionnaires utilisent la Bourse pour arnaquer le fisc (Le monde – 18/10/2018)
« CumEx Files », un vaste dispositif d’évasion fiscale sur les dividendes en Europe (La Croix – 18/10/2018)
« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique.
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Jean-Claude Guillebaud : « Quand les mots ensorcellent »

Télé Obs – 15/10/2018 – Jean-Claude Guillebaud –
 Quand les mots ensorcellent (Illustration)
Quel est ce copiage sémantique grâce auxquels un certain type de langage finit par s’imposer sur toutes les antennes, à un moment donné ?
La politique comme le médiatique, pour l’essentiel, sont faits de mots. Ils sont les briques de la maison commune, les projectiles pour la grande bagarre, les notes pour la mélodie des phrases. En bref, les mots sont la précieuse matière première. Or, ce qui est proprement extravagant, ces temps-ci, c’est l’ingénuité – vraie ou fausse – avec laquelle on nous les sert, tous ces mots. Pas seulement l’ingénuité mais le mimétisme servile, la capillarité sournoise, le copiage sémantique grâce auxquels un certain type de langage finit par s’imposer sur toutes les antennes, à un moment donné. Pensée unique ? Pas si sûr ! Langage unique, langue de bois ? Oh oui, hélas !
Tout se passe comme si l’on avait cessé, depuis belle lurette, d’interroger le langage lui-même ; comme si l’on ne l’utilisait plus que de manière candide, basique, en oubliant cette évidence : les mots sont rarement neutres. Tout langage transporte avec lui – comme le filigrane d’un billet de banque – un corpus de préjugés, préférences, partis pris, jugements de valeur qu’il faudrait décoder à mesure. Les mots, en d’autres termes, sont chargés d’idéologie. Or, de cet effort minimal, le discours médiatique en général paraît s’être subrepticement dispensé. On use maintenant de la parole un peu « en vrac », sans effort de déchiffrement, sans exigence de sens ou de vérité.
Cette molle capitulation de l’esprit critique confère au discours dominant – celui des « nouvelles », des éditorialistes – son caractère extraordinairement uniforme, répétitif, fibreux. Et carrément inaudible… Chacun, en somme, se borne à ramasser paresseusement dans l’air du temps les quelques mots qui y traînaient pour les ressasser ad nauseam, jour après jour, comme s’ils ne contenaient rien d’autre que leur propre évidence. Ainsi, nombre de points de vue bien « chantés » ou commentaires attendus ne sont qu’un hâtif collage de clichés parfaitement accordés au tempo du moment mais gros d’énormes mensonges. Par omission.
Prenez, parmi tant d’autres, une phrase cliché convenue : Les contraintes de l’économie de marché et des marchés financiers exigent des efforts de compétitivité qui passent par de courageuses déréglementations et une flexibilité accrue du marché du travail. »
Voilà plusieurs décennies que ce mini-psaume, à d’infimes variantes près, nous est récité cent fois par jour à l’antenne. Fort bien. Mais encore ? Ces « contraintes », quelle en est la nature exacte ? Et leurs limites ? L’ »économie de marché », n’est-ce pas ce qu’on appelait hier encore le capitalisme ? Mais pourquoi a-t-on renoncé à ce dernier mot ? Avec quelles arrière-pensées ? Le capitalisme aurait-il disparu lui aussi ? N’y aurait-il plus d’exploiteurs ni d’exploités ? Quant à la « compétitivité », de laquelle parle-t-on, en vérité ? De celle des entreprises (cash-flow, profits, valeur boursière, etc.) ou de celle des sociétés elles-mêmes (cohésion sociale, plein-emploi, dynamisme, confiance, etc.) ? Laquelle faudrait-il préférer à l’autre ? Les économistes sérieux en débattent encore, savez-vous, mais on ne nous le dira pas.
Ici, à « l’Obs », nous n’avons pas oublié le grand André Gorz (il signait Michel Bosquet dans le journal) dont la pensée fut un véritable contrepoison face aux dérives du néolibéralisme. Il répétait souvent qu’une société, pour exister et durer, a besoin d’énormément d’activités « inutiles ». Des activités que le néolibéralisme est incapable de percevoir, et même de discerner. Disparu en septembre 2007, Gorz nous manque plus que jamais.
Pensons aussi à la fameuse « déréglementation » invoquée comme une liturgie conjuratoire : ne désigne-t-elle pas ce qu’on évoquait jadis en parlant du recul de l’Etat ? Et jusqu’où l’Etat doit-il reculer, mes maîtres ? Jusqu’à l’étiage belge ? Jusqu’à la jungle retrouvée ? Quant à cette fameuse flexibilité qui enchante tant d’ingénus, l’expression n’est évidemment qu’une pudeur oratoire appliquée à un démantèlement progressif de la législation du travail, cette difficile domestication en un siècle du capitalisme des origines. (La flexibilité idéale consistant en une abrogation du Code du Travail.) Pourquoi ne pas le dire si l’on est assuré de son point de vue ?
On pourrait citer mille autres de ces leurres linguistiques saupoudrés sur les ondes et les petits écrans. Avec impudence et imprudence. Pourquoi ? Parce qu’une langue de bois, sachons-le, c’est toujours un refoulement – explosif – de la vérité…

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Astronomie – Ecoutez le son du soleil grâce à ses vibrations – Vidéo

LE MONDE | 26.07.2018
En images
Un bourdonnement grave et lancinant. C’est le son publié, le 25 juillet, par des chercheurs de l’Agence spatiale européenne et l’Observatoire de la NASA à partir des vibrations en provenance… du soleil.
Depuis vingt ans, ils analysent le mouvement de l’atmosphère solaire. Pour la première fois, ils ont traduit les vibrations du soleil en sons audibles par l’homme. Ce bourdonnement est celui de la matière solaire, avec ses éruptions et ses bulles de plasma.
La démarche est avant tout artistique, mais l’analyse de ces vibrations permet de savoir ce qui se passe sur le soleil. Il n’a en effet jamais été possible de faire approcher un appareil au plus près du Soleil, la température pouvant atteindre un million de degrés Celsius.

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Dessin Chappatte – Quelle porte de sortie pour l’Arabie Saoudite ?

Retrouvez le coup de crayon aiguisé de notre dessinateur Patrick Chappatte sur l’actualité suisse et internationale.

Le Temps 19/10/2018 Chappatte
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Affaire Mélenchon / Vu de Suisse – La prime au bruit : quand les Insoumis français copient Trump

Le Temps 19/10/2018

Mélenchon et Alexis Corbière
Les réactions de la France insoumise aux perquisitions policières, mardi 16 octobre, poussent ce chroniqueur suisse à comparer le député Alexis Corbière au président américain. Selon lui, les deux hommes politiques partagent le même ton et la même stratégie du mensonge.
Cette chronique n’en finit plus de me surprendre. À peine le temps de boucler la première phrase que Donald Trump et Alexis Corbière surgissent côte à côte dans la deuxième. Pourtant, de loin, on voit mal ce que le président des États-Unis et le député de Seine-Saint-Denis ont en commun. Mais s’ils débarquent comme ça, main dans la main, en entame de texte, c’est forcément pour une bonne raison.
Eh bien oui. À y regarder de plus près, il y a effectivement quelque chose : une maîtrise commune et virtuose du martelage d’énormités face caméra. Élevé, par l’un comme par l’autre, au rang de stratégie discursive.
Attention. On ne parle pas ici du mensonge de …
[…]

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Alexis Favre
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Vers un début de fronde anti-Mélenchon à la France insoumise … Des militants s’apprêtent à lancer un réseau politique parallèle.

Challenges 19/10/2018 Par Rémi Clément AFP – Anne-Christine POUJOULAT
La France insoumise : lassés de Jean-Luc Mélenchon, des militants vont créer un réseau parallèle

EXCLUSIF – Des anciens militants et des cadres désabusés par l’attitude de Jean-Luc Mélenchon s’apprêtent à lancer un réseau pour animer le débat hors de la formation insoumise.
Le coup de sang de Jean-Luc Mélenchon, ce mardi 16 octobre, lors de la perquisition du siège de la France insoumise, n’a fait que confirmer ce qu’ils pensent depuis plusieurs mois. «Jean-Luc est devenu un obstacle à la victoire de nos idées. Il n’y arrivera pas. Le côté pathologique du personnage est devenu trop clivant pour les Français.» Des militants de la France insoumise s’apprêtent à lancer, autour de l’économiste Liêm Hoang-Ngoc, un réseau politique pour proposer une alternative au leader de la gauche. Anciens candidats aux législatives, rédacteurs de livrets thématiques lors de la présidentielle ou simples militants, ils déplorent la prise de contrôle du premier cercle mélenchoniste sur la formation politique. «Aujourd’hui toutes les décisions se prennent à trois: Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou et Manuel Bompard. Même Alexis Corbière qui s’agite sur les plateaux n’a plus tant d’influence que ça», persifle l’un.
Raidissement
Première étape, une tribune, dont le texte est en train d’être finalisé, devrait être publiée dans la presse d’ici deux semaines sous la forme d’un appel aux sympathisants de la France insoumise, selon nos informations. Les signataires souhaitent attendre la fin de la séquence ouverte par la perquisition des locaux de la LFI, pour éviter d’être assimilés au «complot anti-mélenchoniste» que dénoncent en boucle depuis quelques jours les cadres du parti. Un site internet verra également le jour que les «frondeurs» alimenteront régulièrement de leurs contributions. Le réseau, qui n’a pour l’instant pas de dénomination officielle, ambitionne également d’organiser des colloques de réflexion pour ressusciter «l’esprit de la dernière campagne présidentielle».
Les militants déçus, Liêm Hoang-Ngoc le premier, dénoncent un raidissement depuis le 23 avril 2017. «Le parti est apparu bien plus vertical qu’on ne le pensait. Il semble aujourd’hui presque entièrement tourné vers les ambitions narcissiques de Jean-Luc Mélenchon.» Ces derniers regrettent notamment la place trop importante prise par la critique du gouvernement, par rapport aux réflexions de fond. Et décrivent un parti sclérosé, à la limite de la panne intellectuelle. «Ruffin, Mélenchon… ils sont déjà tous dans le match de 2022. Pendant ce temps, le travail sur le projet collectif est laissé de côté, très peu d’idées nouvelles sont avancées. Au fond, leur seule stratégie pour les élections européennes est de jouer le référendum anti-Macron», regrette l’un d’entre eux. Autre critique, l’absence de débat avec les différents organes qui gravitent autour de la France insoumise: la revue l’Intérêt général, Ensemble, le parti de Clémentine Autain, le Parti de gauche ou la Coopérative écologique. «L’espace politique qui regroupe ces alliés a été flingué par la direction.»
L’entourage de Mélenchon relativise
L’initiative de ces frondeurs ne suscite guère plus qu’un haussement de sourcils dans l’entourage de Jean-Luc Mélenchon. «Quand je vois qu’ils prévoient de se réunir en secret par peur des représailles… Cela résume le sérieux de ces gens-là», tance la secrétaire nationale à l’écologie du Parti de gauche Martine Billard.
Jean-Luc Mélenchon filme en direct la perquisition de son domicile
LE MONDE | 16.10.2018
Le domicile parisien de Jean-Luc Mélenchon a été perquisitionné, mardi 16 octobre en début de matinée. Via sa page Facebook et avec son téléphone portable, le chef de file de La France insoumise, s’est alors filmé en direct, entouré de huit policiers procédant à des fouilles. Il a longuement dénoncé « une agression politique ». En tout, une quinzaine de lieux ont été perquisitionnés, dont les sièges du Parti de gauche et de La France insoumise. Ces perquisitions ont été menées par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions (OCLCIFF) dans le cadre de deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris, l’une sur des emplois fictifs présumés au Parlement européen, l’autre sur des comptes de campagne. Au-delà de toute lecture politique, il s’agit d’une procédure classique dans le cadre d’une enquête.
https://youtu.be/hnfvyaCd79g
D’un internaute dans le Monde ThRz 17/10/2018 – 12h37
JLM est sacré, comme les vaches en Inde.
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Vive la bagnole, hips, autonome !

Le Canard enchaîné – 18/10/2018 – Jean-Luc Porquet –

Par centaines, les badauds se pressent autour. « Qu’elle est belle ! » On dirait la voiture de Batman. La Renault EZ-Ultimo est la star du mondial de la bagnole. Elle est autonome. Elle n’a même pas de volant. Elle se conduit toute seule. Un badaud se marre : « Tu peux rentrer chez toi complètement bourré ! » Du coup, on comprend tout. Pourquoi avoir une voiture autonome et connectée de partout qui vous trimballe comme un colis ? Pour pouvoir rentrer chez soi bourré. Normal que la France veuille montrer l’exemple au monde entier !
Les voitures haut de gamme récentes (ici une Tesla) intègrent de plus en plus d\'options qui les rendent déjà semi-autonomes sur certaines fonctions. - Vadim Ghirda/AP/SIPA
Les voitures haut de gamme récentes (ici une Tesla) intègrent de plus en plus d’options qui les rendent déjà semi-autonomes sur certaines fonctions. – Vadim Ghirda/AP/SIPA
Dès 2020, a décidé le gouvernement, nos routes accueilleront les premières voitures autonomes (« Les Echos« , 14/5). Or, qui dit « voiture autonome  » dit voiture électrique. Et, la voiture électrique, les médias ne cessent de nous le seriner, nous allons tous y passer. La preuve, c’est que ces jours-ci, EDF s’offre de pleines pages de pub pour clamer son ambition d’en devenir le « fournisseur officiel« . D’ici cinq ans, notre géant national aura installé sur le territoire quelque 75 000 bornes de recharge, de quoi alimenter cinq fois plus de bagnoles électriques qu’il n’y en a aujourd’hui. 
Avec seulement 1,2 % du parc automobile, la voiture électrique ne séduit guère le populo.  Alors qu’elle est é-co-lo-gique ! Elle ne dégage pas un gramme de CO2 § Aucune particule fine § Certes, les grincheux vous dirons qu’avant même d’avoir parcouru son premier kilomètre une voiture électrique a déjà dégagé une montagne de CO2, vu que la fabrication de sa batterie  (qui pèse dans les 600 kilos) nécessite en moyenne 400 kilos de nickel, mais aussi 15 kilos de cobalt, 5 kilos de lithium et quantité d’autres métaux rares dont l’extraction, le raffinage, la transformation et l’acheminement sont affreusement voraces en eau et en énergie (1). 
Même Carlos Tavarez, le patron de PSA, a rechigné à prendre le tournant électrique que, dit-il, « les autorités [leur] ordonnent » de prendre : « Je ne voudrais pas que, dans trente ans, on découvre quelque chose qui n’est pas aussi beau que ça en a l’air, sur le recyclages des batteries, l’utilisation des matières rares de la planète, les émissions électromagnétiques de la batterie en situation de recharge » (« Le Parisien », 24/9/17).
Alors, pourquoi cet emballement ? A cause du nucléaire. Pour recharger 1 million de voitures, il faut, estime-t-on, faire tourner un ou deux réacteurs nucléaires. On comprend l’enthousiasme d’EDF.
Pour maintenir coûte que coûte son parc au niveau actuel, EDF cherche à « faire augmenter le plus rapidement possible la consommation française d’électricité, stagnante depuis plusieurs années, de telle sorte que la part du nucléaire redescende « naturellement » à50 % du total vers 2030, rendant inutile toute fermeture de centrale« , analysent l’ingénieur Benjamin Dessus et le physicien nucléaire Bernard Laponche dans une tribune intitulée « Non, le nucléaire ne sauvera pas le climat ! » (Alternatives économiques, 3/10). 
C’est la voiture électrique qui va sauver le nucléaire…
(1) Métaux rares, la nouvelle dépendance    L’âge de faire – mai 2018 –
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Europe – « CumEx Files » : enquête allemande, scandale européen

Cinquante-cinq milliards d’euros ont été subtilisés, en l’espace de quinze ans, à plusieurs Etats de l’Union européenne, dont l’Allemagne, le Danemark et la France, par des financiers opérant en bande organisée sur les marchés financiers. Dans le cadre d’une nouvelle enquête internationale, conduite avec le média d’investigation allemand Correctiv et 17 autres rédactions dont Die Zeit, Le Monde révèle les dessous d’une affaire de fraude et d’évasion fiscale inédite, tant par sa forme que par son ampleur.
L’enquête s’appuie sur une fuite de documents judiciaires en Allemagne et des investigations sur le terrain. Ici, contrairement aux « Panama papers », pas de paradis fiscaux. L’escroquerie a profité de la souplesse qu’offrent les marchés et a été rendue possible par des échanges rapides et discrets d’actions de grandes entreprises cotées en Bourse.
Le scandale est venu d’Allemagne, où a été révélé, en 2015, un montage fiscal mis en place par une bande de traders, de banques et d’avocats pour frauder le fisc allemand : le but n’était pas seulement de réduire la charge de l’impôt, mais de le transformer en source de profits
Le Monde 18/10/2018
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Du folklore, le bonheur au travail ?

Ouest-France – 18/10/2018 – Yasmine Tigoé
photo thibaud bardon est responsable de la chaire «?innovation manageriale?» à audencia. © f.sénard/audencia
Thibaud Bardon est responsable de la chaire «innovation manageriale» à l’école Audencia de Nantes.© F.Sénard/Audencia
-S’occuper du bonheur des salariés. Le concept est à la mode dans les entreprises. Mais il ne suffit pas d’une salle de détente ou de sport au boulot pour y être heureux. Attention au folklore et à l’injonction de bonheur, alerte Thibaud Bardon.
Thibaud Bourdon s’intéresse depuis plus de dix ans aux nouvelles pratiques de management. Il s’est penché sur le modèle des entreprises libérées et les initiatives de bonheur au travail. Depuis cinq-six ans en France, les discours et initiatives fleurissent dans les entreprises. Thibaud Bourdon y apporte un bémol.
Salles de détente, baby-foot ou table de ping-pong, nomination de responsable du bien-être… Le bonheur au travail est très tendance, avec l’idée que des salariés heureux travaillent mieux. Pourquoi ce discours a-t-il émergé ?
Dans les civilisations occidentales, les aspirations des salariés ont un peu changé. Elles étaient auparavant tournées davantage sur la carrière et la réussite matérielle. Aujourd’hui, les salariés ne cherchent pas seulement à faire carrière. Les méthodes de management se sont adaptées pour répondre à ces aspirations et conserver des salariés motivés. Au début, le phénomène touchait surtout le secteur des start-up. Maintenant, des entreprises de toute taille et de toute activité s’emparent de cette question du bonheur au travail.
Le postulat de base « Plus on est heureux, mieux on travaille » est-il vrai ?
L’idée qui préside à ces initiatives, c’est effectivement « un salarié plus heureux est plus performant. Il sera plus engagé, plus motivé… »Mais quand on regarde les études, elles sont contradictoires. Certaines montrent que bonheur au travail et productivité sont liés. D’autres montrent que c’est insignifiant et qu’il n’y aurait pas de corrélation entre les deux. Et que finalement, le stress peut être productif.
Le lien entre bonheur et performance est plus complexe qu’il n’y paraît. Méthodologiquement, les études sont contestables. Elles quantifient le bonheur des salariés selon des critères subjectifs, réducteurs, très normatifs et une certaine vision du bonheur.
Heureux et détendu au boulot ? Depuis quelques années, le concept du bonheur au travail est très tendance. Bonnes intentions ou du folklore pour éviter de se pencher sur les vrais sujets ? | Fotolia
Ça se traduit souvent dans les entreprises par des initiatives un peu anecdotiques, non ?
Trop souvent, c’est abordé au travers d’initiatives ostentatoires : salle détente, crèche, apéros… Ça détourne des vrais sujets tels que le management au quotidien, les conditions de travail, la juste rémunération, la distribution des rôles et des responsabilités… Ça, c’est essentiel. Le risque, c’est que le folklore empêche de se poser les bonnes questions.
À trop vouloir le soi-disant bonheur de ses salariés, n’y a-t-il pas une mainmise de l’entreprise sur la vie privée ?
Ces initiatives conduisent effectivement à réduire la frontière vie privée-vie professionnelle. Si on peut faire de la gym au travail, pourquoi ne pas discuter de sujets professionnels sur un tapis de course ? Le risque, c’est que ceux qui veulent compartimenter, qui ne participent pas à ces démarches, se sentent mal à l’aise, marginalisés.
Autre risque ? Les gens trop heureux au travail peuvent être cannibalisés par l’entreprise. Ils sont toujours au travail, toujours connectés… On a des phénomènes de burn-out.
Y-a-il quand même un intérêt à ces pratiques ?
C’est bon pour la marque employeur, pour l’image. En interne, c’est un outil de motivation collective. Mais je ne suis pas certain que ça contribue au bonheur des salariés. Il n’y a jamais eu autant de risques psycho-sociaux dans les entreprises….
Le bonheur au travail est un vrai sujet. Il faut que les dirigeants d’entreprises s’en emparent. Mais pas en focalisant sur ces initiatives, moyen commode de se détourner des vraies préoccupations. Et à l’idée de bonheur, je préfère celle de bien-être
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#dessin / Une affaire de fichier à Force ouvrière

Quand les dessins de Kak épousent l’actualité, pour le meilleur et pour le rire.
L’Opinion 15 octobre 2018

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En Vrac – « fachosphère », Viktor Orban, Brexit

La justice tente de bloquer l’un des principaux sites de la « fachosphère ». Le procureur de la République de Paris a assigné en référé les opérateurs de télécommunications afin qu’ils bloquent un site Internet d’extrême droite publiant des contenus haineux en ligne.
La droite européenne écarte toute sanction contre Viktor Orban. Réunis à Bruxelles, les chefs de file du PPE n’ont pas voulu exclure le premier ministre hongrois, accusé de dérives autoritaires.
A Bruxelles, les négociations sur le Brexit se heurtent à une nouvelle impasse. Initialement présenté comme un « moment de vérité », le nouveau sommet européen qui s’est tenu mercredi à Bruxelles, n’a pas permis de débloquer les négociations sur le Brexit. L’UE à vingt-sept, qui attendait Theresa May de pied ferme, a estimé que la première ministre britannique n’avait apporté aucun élément suffisant pour pouvoir convoquer un sommet spécial en novembre. Cette décision « est un coup dur pour Theresa May, qui espérait négocier directement avec ses homologues et contourner ainsi le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier », note The Independent. Malgré la bonne volonté affichée par la première ministre britannique, les discussions entre l’UE et Londres ont de nouveau buté mercredi sur la solution qui permettrait d’éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande et l’Irlande du Nord, afin de sauvegarder les Accords de paix de 1998. Soulignant l’urgence de la situation, le premier ministre irlandais Leo Varadkar a apporté avec lui, lors du dîner des dirigeants, un exemplaire du quotidien dublinois The Irish Times qui a choisi mercredi de publier en « une » le témoignage d’une femme ayant perdu son père dans un attentat de l’IRA à la frontière nord-irlandaise en 1972. « Si jamais le Brexit marque un retour des violences dans le pays, ce seront des jeunes qui les perpétreront. Ils n’en auront pas peur car, eux n’ont aucun souvenir des troubles », prévient-elle.
Le Monde 18/10/2018
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