Les déchets, reflets d’une société

Biocontact – magazine mensuel en magasins bio – juillet/août 2017 –
La production de déchets dans le monde s’élève à 4 millions de tonnes par jour et ne cesse de croître. En France, le traitement des déchets génère 4 % des émissions de gaz à effet de serre.

Parmi les objectifs de la loi d’août 2015 sur la Transition énergétique pour une croissance verte figurent la prévention, la gestion et le recyclage des déchets au niveau national et régional. La loi vise la réduction de 50 % des déchets stockés à l’horizon 2025, notamment
par la promotion de l’économie circulaire : il s’agit de « dépasser le modèle économique linéaire consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter en appelant à une consommation sobre et responsable des ressources naturelles et des matières premières primaires ainsi que, par ordre de priorité, à la prévention de la production de déchets, notamment  par le réemploi des produits, et, suivant la hiérarchie des modes de traitement des déchets, à une réutilisation, à un recyclage ou, à défaut, à une valorisation des déchets ».
Ces dispositions traduisent les priorités de la directive-cadre de l’Union européenne : d’abord éviter de produire des déchets, puis réemployer, recycler et finalement mettre en décharge les déchets résiduels. Le Programme français de réduction et de valorisation des déchets 2014-2020 prévoit ainsi le recyclage des déchets du bâtiment par le déploiement de déchèteries professionnelles ; la généralisation du tri des papiers de bureau dans les administrations et les entreprises ; 25 000 composteurs partagés en pied d’immeubles et la mise en place progressive du tri à la source des déchets alimentaires des ménages et des entreprises ; la lutte contre les filières illégales de traitement des déchets, notamment dans le domaine du recyclage des véhicules ou des déchets électroniques ; des projets de récupération des métaux rares des cartes électroniques…
Réorienter les modes de production et de consommation est un domaine où les politiques volontaristes et les interdictions peuvent être efficaces pour sensibiliser le public et réorienter les industries. Le discours industriel de « l’économie circulaire » tend à suggérer que tout déchet d’une production serait réinjectable comme ressource d’une autre production : a priori on pourrait donc continuer notre mode de vie consumériste de façon « propre ». Par ailleurs, le traitement des déchets – financé notamment par les écotaxes payées par les consommateurs – constitue une manne financière concentrée dans quelques multinationales. Il est pourtant possible de mettre en place des gestions locales créatrices d’emplois : ressourceries, services de réparation, magasins de vrac…
Il faudrait repenser ce qu’est un « déchet », qui en est à l’origine, qui est chargé de s’en occuper, etc. Appels à la responsabilité des citoyen-nes ou vision techniciste éludent nombre d’enjeux liés aux inégalités sociales et écologiques, aux processus de décision, à la nature même des différents déchets. Comment promouvoir les couches lavables pour bébé sans réfléchir en même temps à une répartition équitable des tâches domestiques, assumées à plus de 70 % par les femmes (et particulièrement la lessive et le soin aux enfants) ?
A quand un débat public et parlementaire sur l’accumulation de substances hautement toxiques pour des millénaires comme les déchets nucléaires, sur l’envoi de déchets électroniques dans des pays pauvres, sur les implications géopolitiques de l’extraction de minéraux ? Car les déchets sont à la fois locaux et globalisés. Une mission scientifique vient de découvrir que l’île Henderson, déserte au milieu du Pacifique, classée patrimoine Unesco, est jonchée de 37,7 millions de déchets plastique portés par les courants marins !
L’exemple des sacs plastique
L’interdiction des sacs de caisse à usage unique en juillet 2016, puis pour les fruits et légumes le 1er janvier 2017, a favorisé de nouvelles pratiques. Mais cet exemple illustre aussi la complexité du problème. Les sacs plastique compostables constitués d’au moins 30 % de matières premières renouvelables issues de la biomasse (fécule de pomme de terre, amidon de maïs, etc.) restent autorisés. Dans les faits, au niveau du compostage domestique, ils se fragmentent en morceaux qui ne se décomposent pas, d’autant qu’une partie de leurs composants reste issue de l’énergie fossile. Quant aux sacs papier proposés à la place, leur fabrication comme leur recyclage consomment de l’énergie et de l’eau. De toute façon se posera toujours la question de l’utilisation de surfaces agricoles pour toutes les productions non alimentaires. Ici, la seule solution sobre est d’utiliser des sacs en tissu réutilisables le plus longtemps possible.

© ladysuzi/Fotolia
Yveline Nicolas est Coordinatrice d’Adéquations, association de sensibilisation, formation  et soutien de projets en matière de développement durable, solidarité internationale, droits humains. contact : www.adequations.org
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Budget de la Défense : fin 2012, il y avait 498 officiers généraux en activité et 5 500 autres payés à ne rien faire

Un article diffusé en mars 2013, sans doute encore d’actualité ?
Prorussia.tv – 8 mars 2013 –
Les généraux, une caste méconnue dont les avantages n’ont rien à envier aux meilleurs « golden parachutes » des PDG.
2009_06_04_General_de_brigadeUn général de brigade de l’armée française
On se doutait que les capacités opérationnelles de l’armée française, n’étaient pas à la hauteur du courage et des compétences des soldats français. Mais une lettre ouverte d’une dizaine de jeunes officiers éclaire sous un jour nouveau, et pour le moins déroutant, certains handicaps…
Imaginez… Il y aurait en France plus de 5 500 généraux, payés à ne rien faire… Autant que de légionnaires, tous régiments confondus. De quoi armer deux équipages d’un porte-avion comme le Charles de Gaulle…
Et ce ne sont là que des comparaisons d’effectifs… et non de solde. Car évidemment, un général planqué touche beaucoup plus qu’un caporal ou un marsouin engagé sous le feu, au Mali ou ailleurs.
  499818Une véritable armée mexicaine
Il y a en France, selon des chiffres arrêtés au 31 décembre 2012, 498 officiers généraux en activité dont 173 pour l’armée de terre, 74 pour l’armée de l’air et 52 pour la marine. Et 5 500 en section II, c’est-à-dire en pré-retraite, sans affectation…
Quand on sait qu’un général est un officier censé commander au moins une brigade, une division ou un corps d’armée, l’armée française devrait compter, avec 5 500 généraux, plus de… 2 millions 600 milles combattants, sans compter les personnels civils administratifs. Un tout petit plus que l’armée chinoise, autant que l’armée américaine et l’armée russe réunie… La France aurait ainsi la première armée du monde.
Tout çà pourrait prêter à sourire, si cela ne nuisait pas gravement aux capacités opérationnelles des régiments qui eux, doivent diminuer leur effectifs, militaires du rang et sous-officiers. Et il faut bien reconnaître que dans les conflits récents, aucun colonel ou général n’est tombé au champ d’honneur. Il n’y a plus, en France, de Colonel Le Drian pour mourir à la tête de ses hommes pour la défense de Verdun… Et pour ce qu’on a pu en voir, lors de l’affaire Mahé, l’honneur est d’autant plus vivace chez le soldat français, qu’il a un grade inférieur à celui de colonel !
Dénonçant également la baisse systématique du budget de la défense, variable d’ajustement au grès des humeurs syndicales du moment et des impératifs de Bruxelles, la lettre ouverte des jeunes officiers demande un « réarmement » de la France. Un réarmement qui doit prioritairement concerner l’équipement individuel des soldats. S’ils dénoncent le programme Félin, qui alourdit de dizaines de kilos les combattants mais remplit les poches des sociétés d’armement sans apporter de réels avantages sur le terrain, ils réclament, je cite « des gilets pare-balles, des chaussures, des robots, des drones, des munitions, des fusils d’assaut, des treillis de qualité ». Fin de citation. Ils veulent que ces choix stratégiques soient imposés par le Parlement aux groupes du complexe militaro-industriel car, je cite encore, «  La France a besoin de capacité opérationnelle. Pour retrouver une réelle capacité de projection, l’armée a besoin de transporteurs blindés, d’hélicoptères et d’un deuxième groupe aéronaval. Elle a besoin de blindés sur roues, de matériel chirurgical ».
On dit souvent que l’armée française est la meilleure infanterie au monde, maintenant on sait pourquoi, elle ne peut compter que sur la valeur de ses hommes, puisqu’elle n’a pas de matériel !
UMP--armee-mexicaineCerise sur le gâteau, pendant ce temps, les militaires du rang ne sont pas payés… Les dysfonctionnements du système informatisé Louvois, qui gère, enfin qui devrait gérer les paies, étaient pourtant connus avant même sa mise en service, mais rien n’a été fait pour corriger les 10 à 15 bugs majeurs qui plombent complètement un logiciel déjà obsolète. La situation est telle que des militaires en opération se font saisir leur maison, faute de pouvoir payer les mensualités de leurs crédits ! L’armée de Terre, mais aussi la Marine sont touchées.
Pourtant, il paraitrait que le problème pourrait être résolu si la DRH du ministère de la défense accordait à l’armée de terre la création de cinq postes d’informaticiens…
La France peut payer 5500 généraux à ne rien faire, mais rechigne à embaucher 5 informaticiens. Dans d’autres pays, il y a eu des coups d’état pour moins que cela…
100_5302Pourquoi la France a-t-elle promu autant d’officiers supérieurs, avec si peu de troupes ? Pourquoi ces officiers n’ont-ils pas terminé leur carrière au grade de lieutenant-colonel plutôt que d’être promus généraux juste avant leur départ ? Pourquoi n’ont-ils pas été rendus à la vie civile, alors que, de plus, nombre d’entre eux commencent une nouvelle carrière… dès leur arrivée en section II ?
Cela ressemble plus à du copinage fraternel qu’à une réelle nécessité opérationnelle.
Et c’est d’ailleurs une question qui peut se poser pour l’ensemble des « hauts »-fonctionnaires…
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Témoignage – « On ne les met pas au lit, on les jette » : enquête sur le quotidien d’une maison de retraite

Une dizaine d’aides-soignantes de la maison de retraite Les Opalines, à Foucherans, ne travaillent plus depuis 100 jours, dans le silence national absolu.
LE MONDE | 19.07.2017 | Par Florence Aubenas

A l’EHPAD Les Opalines à Foucherans (Jura), le 16 juin. Une partie du personnel est en grève depuis plus de 100 jours. ARNAUD FINISTRE POUR LE MONDE
C’était un matin comme les autres. Il était 7 heures en salle de relève, le début du service, les filles se tenaient prêtes dans leur uniforme blanc. Quelqu’un croit se souvenir que l’une pleurait déjà, mais pas très fort. Personne n’y faisait attention, l’habitude. La question rituelle est tombée : « Est-ce que vous êtes au complet ? »
La réponse, elles la connaissent toutes aux Opalines, un Ehpad – un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes – à Foucherans, dans le Jura. Chaque jour ou presque, les équipes d’aides-soignantes tournent en sous-effectif, pas de remplacement, ni des absentes ni des malades. Et toutes savent comment ça se passe dans ces cas-là derrière les portes fermées des chambres, ce qu’il leur faudra faire pour boucler le service à temps.
Une deuxième fille s’est mise à pleurer. C’était un matin comme les autres aux Opalines, mais peut-être le matin de trop. Depuis le 3 avril, une dizaine d’aides-soignantes mènent la grève la plus longue de France dans un silence national absolu.
Aux Opalines de Foucherans, 77 résidents, il faut savoir où on est. Certains ont vendu leur maison pour entrer ici. « Maman a élevé huit enfants seule, on voulait le mieux pour elle. On a attendu une place deux ans », raconte une fonctionnaire.
Dans cet établissement privé, les prix surplombent ceux de la région : 2 500 euros par mois contre 1 800 euros en moyenne, notamment dans le public. Le bâtiment a belle allure ; il a été inauguré il y a cinq ans, compte un jardin et de vastes chambres. Dans la salle à manger – on ne dit pas le réfectoire –, le personnel porte nœud papillon et chemise blanche, on sert du vin en carafe et l’apéritif le dimanche.
Salaires planchers
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Le personnel en grève dénonce des conditions de travail incompatibles avec le respect de la dignité des patients et une absence de dialogue avec la direction. ARNAUD FINISTRE POUR LE MONDE
« Quand papa est arrivé, il était ébloui. Il répétait : “C’est plus beau qu’un hôtel !”, dit un fils. Lui se souvient pourtant d’impressions fugitives, des sonnettes appelant dans le vide, un lit resté souillé, le pas-le-temps, le pas-toujours-très-net. Mais dans ces endroits-là, on ne pose pas vraiment de questions et on n’a pas vraiment de réponses. Chacun regarde ailleurs, espérant se convaincre qu’on ne pourrait pas mieux faire. »
A Foucherans, aucun mauvais traitement n’a d’ailleurs été signalé, ni rien d’exceptionnel. Le tragique est là, d’une certaine façon : c’est la vie quotidienne dans un Ehpad qu’une poignée de filles à bout de souffle vient soudain de mettre à nu.
Sur le parking de l’établissement, un vent brûlant secoue la tente des grévistes. On dit « les filles » bien qu’il y ait aussi un garçon, tant le métier est estampillé « boulot de femme », avec son lot d’ingratitudes et ses salaires au plancher : 1 250 euros net à Foucherans, pour des journées de dix heures et deux week-ends travaillés.
« Les filles », donc, s’efforcent de paraître vaillantes, mais on les sent à cran à plus de trois mois de grève, balançant de l’euphorie au désespoir. A ce stade d’épuisement, elles se sont mises à raconter ce qu’on ne partage pas d’habitude, ou alors seulement entre soi, et encore pas toujours.
L’une commence, tout doux : « Le matin, on les lève sans leur demander leur avis. On sait déjà qu’on n’aura pas le temps : quinze minutes pour la toilette, l’habillement, le petit déjeuner, les médicaments. Alors, il faut choisir. Est-ce qu’on lave les cheveux ? Ou les dents ? La douche hebdomadaire, c’est rare qu’on la tienne. »
Certains résidents sont nourris à la cuillère, des plats mixés. « Il m’arrive d’en avoir cinq ou six en même temps », dit une grande brune. Elle tend les bras, mimant le buste qui pivote à toute allure. « J’ai l’impression de faire du gavage. »
Cadences infernales

Piquet de grève devant la maison de retraite Les Opalines, à Foucherans (Jura), le 16 juin. ARNAUD FINISTRE POUR LE MONDE
Et d’un coup, le piquet de grève ressemble à un confessionnal dans la fumée des cigarettes. « Quand je rentre à la maison, je suis une pile électrique, explique une autre. Je me sens mal d’avoir dit à celui-là : “Dépêchez-vous !” Comment il peut faire, il a 90 ans ! On cautionne. Je culpabilise. »
Soudain, les images se mettent à défiler sous la tente des grévistes, les couches qu’on change alors que le résident est debout, en train d’avaler son goûter. Tenir la cadence, toujours. Une autre raconte l’angoisse qui monte à mesure que le soir tombe dans les chambres des Opalines.
« Vous serez là demain ? », demande un homme à l’aide-soignante. Il est dans les choses graves, il veut raconter. La « fille » répond : « Je reviens tout de suite. » Bien sûr, elle ne revient pas. « On ne fait que leur mentir. » Temps du coucher : 3 min 41. « On ne les met pas au lit, on les jette. » Il faut trouver la bonne distance, ne pas s’attacher, recommandent les formateurs. « C’est difficile. On vit dans leur intimité, on leur lave le sexe », dit l’une. Elle se souvient de l’enterrement d’un résident, où elle en avait appris davantage sur lui que pendant ses années à l’Ehpad.
Il serait rassurant de voir Foucherans comme une exception. Pas du tout. Il se situe dans la moyenne nationale, avec environ 55 professionnels pour 100 résidents. Pas suffisant. Tout le monde sait qu’il en faut au moins 80. C’est le cas en Allemagne ; la Suisse ou les pays nordiques en sont à 1 pour 1. La France, en revanche, n’a entériné aucune norme – question de budget –, et le secteur compte plus d’accidents et de maladies professionnels que le BTP. Sous la tente des grévistes, une dame dépose en solidarité un sac de courses, pris au supermarché en face. Depuis trois mois, « les filles » vivent de collectes et de colis alimentaires. Elles ont de 20 à 50 ans.
A Foucherans, des résidents appellent les aides-soignantes « les courants d’air ». Des surnoms circulent, « la libellule » ou « la danseuse étoile ». « Vous avez vu comme elles sont fatiguées ? C’est à cause de nous. J’ai honte », dit madame Z., 91 ans. Parfois, elle voudrait qu’on la conduise aux toilettes : « Je vois qu’elles n’en peuvent plus. Alors je fais dans ma couche. »
Mais surtout, ne rien dire aux enfants. Ne pas les inquiéter. Monsieur D., 83 ans, est le seul à pousser le déambulateur jusqu’au piquet de grève. « On sait que vous allez les voir », lui aurait glissé l’encadrement. Lui se récrie : « C’est mon droit. » Certains auraient été convoqués pour avoir témoigné. « A table, personne n’en parle, on n’a pas de voix là-dedans », dit monsieur D.
Questions de principes
Et à leur tour, les résidents évoquent les histoires terribles et minuscules, qui forment ici leur univers. « Ceux dont les proches rouspètent arrivent à se faire entendre. Mais quand on est tout seul, sans visite, sans famille, on n’existe pas », dit l’une.
Pour l’inauguration de l’Ehpad, en 2012, « les huiles du département avaient été invitées à boire le champagne. Nous, on était parqués au premier étage sans une cacahuète. Rien de grave, bien sûr, mais ça donne une idée de notre place ici », raconte un autre.
Un grand soir, pourtant, reste dans les mémoires : « la révolte des raviolis ». Deux repas de suite, des raviolis avaient été servis, « et en petite quantité », se souvient une dame. Toute la salle à manger avait posé la fourchette. « On était fières d’eux », dit une aide-soignante. Pour pallier le débrayage, des vacataires ont été réquisitionnés et quatorze résidents transférés provisoirement.
Au-delà des Opalines, « c’est le système entier qui génère des formes de maltraitance, une situation totalement niée par notre société, explique Pascal Champvert, de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA). Je ne vous dirai pas le nombre de politiques qui m’ont expliqué : “Je ne veux pas le voir, ça me fait trop peur.” »
« On ne se bat plus seulement pour les sous, mais pour la dignité. »
Anne-Sophie Pelletier, porte-parole du mouvement
En 2012, une proposition avait fait scandale : Jean-Marie Delarue, alors contrôleur des lieux de privation de liberté, revendiquait d’inspecter les Ehpad, comme les prisons ou les hôpitaux psychiatriques. « Un risque important existe d’atteintes aux droits fondamentaux, y compris involontaires », plaide Delarue aujourd’hui encore. Refus du gouvernement.
Dans le bureau de Véronique Steff, directrice de Foucherans, on entend gazouiller les oiseaux dans la volière et la télé dans le salon. La directrice est à cran. Elle reconnaît « un planning tendu » depuis des mois, « une fatigue des salariées ».
Deux postes d’aides-soignantes ont été créés pour tenter d’apaiser la grève, grâce à Pierre Pribile, directeur général de l’Agence régionale de santé, qui finance le volet médical des Ehpad, y compris privés.
De leur côté, « les filles » ont abandonné une revendication : 100 euros d’augmentation par mois. Les pourparlers buttent encore sur la prime du dimanche, fixée à 23 euros, même pas de quoi faire garder les enfants. Les grévistes demandent qu’elle soit doublée. « Ce n’est pas grand-chose », laisse tomber Philippe Gevrey, directeur général de la SGMR-Opalines, dans une interview au Progrès (il n’a pas répondu au Monde). Mais il y voit une affaire de principe.
Huitième groupe privé français, la SGMR a prévu des négociations globales pour ses 46 Ehpad à l’automne : pas question de lâcher quoi que ce soit avant. Un accord sur une « indemnité exceptionnelle » pourrait débloquer la situation. « Les grévistes y sont d’autant plus attachées qu’elles veulent la reconnaissance par la direction qu’elles en ont bavé », explique la préfecture. Les filles demandent 600 euros. La SGMR bloque : ce sera 375 euros ou rien du tout.
« Vocation »
« On ne se bat plus seulement pour les sous, mais pour la dignité », dit Anne-Sophie Pelletier, porte-parole du mouvement. Longtemps, aux Opalines, les filles ne se plaignaient même pas entre elles, par peur d’un conseil disciplinaire.
Quand elles ont osé le mot « grève », au printemps, « la coordinatrice a posé son stylo et elle a rigolé », se souvient l’une. Puis un cadre leur a lancé : « Vous n’aurez rien, ni aujourd’hui ni demain ni jamais. » Anne-Sophie Pelletier reprend : « On ne s’est pas senties écoutées. » Les autres la regardent comme si elle avait traversé la ligne de feu : « Anne-Sophie est cramée. Qu’est-ce qui lui arrivera après la grève ? Et à nous toutes ? »
Ici, on se souvient de Melissa, une employée modèle, virée en 2015, alors qu’elle comptait monter une section CGT. « J’ai pas pleuré devant eux, j’ai attendu d’être dans la voiture », dit cette dernière.
A Foucherans, seules des salariées en contrat à durée indéterminée (CDI) font grève, mais aucune parmi la dizaine en contrat à durée déterminée (CDD). Cynthia ne se le serait pas permis non plus, à l’époque où elle bossait là.
D’août 2012 à février 2015, elle a enchaîné 79 contrats précaires. Sans permis, sans diplôme, elle ne disait jamais non. Elle a même fini sa vacation le jour de son licenciement, pour une histoire de planning. « Il faut s’écraser. On est des pions », dit-elle. Les prud’hommes lui ont donné raison ; à Melissa aussi. D’autres Ehpad ont déjà fait grève, sans fédérer de revendications nationales. A Foucherans, la CGT et la CFDT ont apporté leur soutien.
Sous la tente, « les filles » parlent de vocation. « On aime notre travail. » Et puis, il y a les crédits de la maison, de la voiture. « Ailleurs, il faudrait repartir en CDD, ça fait peur. » La grève vient de passer les cent jours, leurs familles en ont pris un coup. Les filles ont envoyé un SOS à la préfecture. « Qu’est-ce qu’il faudrait faire, maintenant ? Qu’une de nous se suicide sur le parking ? »
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#dessin / Macron casse les codes militaires

L’Opinion 20 juillet 2017

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8,3 milliards

C’est la quantité en tonnes de plastique qui a été produite entre 1950 et 2015, parmi lesquelles 6,3 milliards de tonnes sont devenus des détritus très peu biodégradables, selon une étude publiée mercredi dans la revue américaine Science Advances.
Sur ces 6,3 milliards de tonnes, seulement 9 % ont été recyclés, 12 % incinérés et 79 % se sont accumulés dans les décharges ou dans la nature, en particulier dans les océans, où plus de huit millions de tonnes de plastiques sont déversées tous les ans.
Si le rythme actuel persiste, il y aura quelque 12 milliards de tonnes de déchets plastiques dans les dépôts d’ordures ou dans la nature d’ici à 2050, soit l’équivalent de 35 000 fois la masse de l’Empire State Building de New York, prédisent les auteurs de l’étude.
Le Monde 20 juillet 2017

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Défense – Démission inédite du chef d’état-major des armées

Le Monde 20 juillet 2017
Personnalité intègre et rugueuse, apprécié de ses hommes, le chef d’état-major Pierre de Villiers, s’était exprimé à huis clos, à l’Assemblée nationale, assurant qu’il n’allait pas se « laisser baiser ».

En désaccord avec Emmanuel Macron sur les ressources allouées à la défense, le chef d’état-major des armées françaises, Pierre de Villiers, a quitté son poste mercredi, une démission inédite synonyme de première crise du quinquennat. « Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français », a écrit le général de Villiers, 60 ans.
« Ce n’est pas le rôle du chef d’état-major » de défendre le budget des armées « mais celui de la ministre », a répliqué dans la soirée le président de la République, interrogé par la chaîne de télévision France 2. 

C’est le général François Lecointre, jusqu’à présent chef du cabinet militaire du premier ministre, qui succédera à Pierre de Villiers. M. Macron l’a qualifié de « héros militaire comme il y en a peu », de « grand général de l’armée de terre » qui « sera un grand chef d’état-major des armées ».
Cet homme athlétique de 55 ans issu de l’infanterie de marine associe une longue expérience du terrain (Irak, Somalie, Rwanda, ex-Yougoslavie…) à un parcours dans différents états-majors et ministères. « C’est un officier exceptionnel et expérimenté », a salué la ministre des armées, Florence Parly, qui a dans la foulée rendu « hommage à l’action du général de Villiers ».
Si M. Macron a lui aussi tenu à saluer Pierre de Villiers, un « militaire de grande qualité et qui a servi avec responsabilité et dignité l’Etat », sa démission, fait sans précédent sous la Ve République, intervient après plusieurs rappels à l’ordre présidentiels. A l’origine de ce courroux : les critiques du général sur les 850 millions d’euros d’économies réclamés cette année aux armées, dans un contexte de restrictions budgétaires générales, alors même que Pierre de Villiers plaide de longue date pour une hausse de son budget afin d’atteindre un objectif de 2 % du PIB. Personnalité intègre et rugueuse, apprécié de ses hommes, le général s’était exprimé à huis clos, à l’Assemblée nationale, assurant qu’il n’allait pas se « laisser baiser ».
En poste depuis 2014, il se plaignait régulièrement de l’insuffisance des moyens à l’heure où le pays est engagé sur plusieurs fronts, du Sahel au Moyen-Orient en passant par la France, avec l’opération Sentinelle. Dans ce contexte inédit, Emmanuel Macron se rend jeudi matin sur la base aérienne d’Istres, l’un des maillons de la dissuasion nucléaire, pour une adresse aux militaires très attendue. Le chef de l’Etat et des armées sera notamment accompagné du général François Lecointre. Après une présentation des Rafale, Mirage, AWACS et autres avions de ravitaillement qui participent à la composante aérienne de la force de dissuasion, une visite d’infrastructures sensibles et un déjeuner avec les équipages « d’alerte », M. Macron s’adressera au personnel de la base.
Note – Pierre de Villiers, est le frère de Philippe de Villiers  qui cré, en 1978,  le parc d’attractions du Puy du Fou
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Oui, je signe l’Appel National contre la République des Vaccins !

    À Monsieur le Président de la République, Emmanuel Macron,
Vous avez décidé le 4 juillet 2017 que onze vaccins seraient obligatoirement injectés à tous les nouveau-nés en France.
Ce n’est pas ce que vous aviez promis pendant votre campagne électorale. Vous augmentez la défiance des citoyens avec ce coup de force.
Car vous passez en force sans concertation, sans respect pour la volonté des parents. Et surtout sans débat scientifique et médical sur les dangers d’un tel choc sur des nourrissons. Vous contraignez au lieu de débattre.
Vous créez la panique avec des fausses nouvelles sur des épidémies qui n’existent pas. Vous niez des études scientifiques sérieuses. Vous refusez le débat.
Vous instaurez une Police de la Santé au lieu de favoriser la démocratie sanitaire.
Des millions de citoyens doutent de vos intentions. Vos autorités de santé ont accumulé les erreurs ces dernières années : grippe H1N1, hépatite B, Vioxx, Médiator, etc. Combien de scandales sanitaires faudra-t-il ajouter à cette liste ?

Vous mettez les parents devant des choix horribles : soit injecter des vaccins bourrés d’additifs toxiques à leur bébé, soit subir des peines lourdes devant vos tribunaux.
Au lieu d’entendre notre douleur, votre ministre de la Santé nous traite de complotistes et de primitifs. Notre colère s’enflamme face à tant de mépris.
Enfin, aucun pays au monde n’a jamais testé pareille mesure ! Personne ne peut prévoir les conséquences de santé publique. Nous refusons que les laboratoires pharmaceutiques pratiquent cette expérimentation à grande échelle sur la population française.
Pourquoi ne voulez-vous pas considérer les Français comme des adultes en supprimant les obligations vaccinales comme c’est le cas au Royaume-Uni, Irlande, Allemagne, Autriche, Pays-Bas, Suède, Danemark, Norvège, Finlande, Islande, Lituanie, Lettonie, Estonie, Suisse, Luxembourg, Espagne, Portugal et Chypre ! On vit pourtant en bonne santé dans tous ces pays… Nous tous, parents, patients, citoyens et professionnels de santé, nous tournons vers vous, pour vous demander de revenir sur cette mesure brutale d’obligation vaccinale, et de cesser toute répression. Ainsi que de commander des études honnêtes sur le rapport risque/bénéfice des vaccins.
Veuillez agréer Monsieur le Président de la République, l’expression de mes salutations respectueuses.

Je signe la pétition

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Glyphosate : pourquoi l’Europe ne bouge pas ?

Ouest-France – 19/07/2017 – Interview par Christophe Violette –
En première ligne sur ce dossier du désherbant contesté, l’eurodéputé Eric Andrieu tape du poing sur la table. Et réclame de vrais moyens pour la recherche publique.
Qu’est-ce qui vous choque dans ce dossier ?
Éric Andrieu, eurodéputé socialiste, vice-président de la commission de l’agriculture au Parlement européen : « En 2015, le Circ (Centre international de recherche sur le cancer), qui dépend de l’OMS, révèle que le glyphosate est potentiellement cancérigène. Très vite, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) le classe comme suspect d’être cancérigène. Mais les deux agences de l’Union (dont l’Echa) le classent ensuite comme non-cancérigène ! Et, en mai dernier, la Commission propose de renouveler pour 10 ans l’autorisation de l’utilisation du glyphosate… C’est une véritable provocation. L’Union européenne ne peut pas rester sans s’interroger. Le sujet est loin d’être mineur, il s’agit du monde vivant et de la santé humaine. La justice californienne vient de saisir 200 pages de documents déclassés qui révèleraient que Monsanto était informé, depuis 1999, du caractère cancérigène du glyphosate. La Californie a donc décidé, le 7 juillet, de classer officiellement cette molécule comme cancérigène. Il est temps que l’Europe bouge, elle aussi. »
Concrètement ?
Après une lettre ouverte à Mr. Juncker, le président le commission européenne, avec une trentaine de députés de mon groupe social-démocrate, nous avons déposé une saisine écrite, puis une question orale, qui a été débattue. Elle sera suivie, le 11 octobre, d’une audition par le Parlement de toutes les parties prenantes : six heures d’audition, avec six experts internationaux, dont Monsanto que j’ai invité. Et si ces informations n’étaient pas assez précises, nous saisirons alors une commission d’enquête.
Vous suspectez du lobbying ?
Bien sûr. Depuis l’achat de Monsanto par Bayer, nous faisons face à trois groupes mondiaux monstrueux qui trustent 75 % du marché. Demain, de la semence à la génétique, ils auront la mainmise sur tout le monde du vivant. Cela nous oblige à exiger davantage de moyens en faveur de la recherche publique.
Et si vous parveniez à faire interdire le glyphosate ?
Je m’interroge… Le glyphosate est tombé dans le domaine public en 2005. Monsanto ne touche plus de royalties sur cette molécule. Je me demande si la stratégie de l’industrie agrochimique n’est pas de faire interdire le glyphosate , pour pouvoir introduire immédiatement une nouvelle molécule sur le marché, protégée, celle-là… Auquel cas, les pouvoirs publics auraient de nouveau 20 ans de retard. raison de plus pour renforcer la recherche publique pour ne pas rester aussi passif.

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Birmanie : l’héritage d’Aung San, assassiné il y a 70 ans

Le Monde 19/07/2017

De facto à la tête de la Birmanie depuis le 1er avril 2016, la ministre des affaires étrangères et conseillère d’Etat Aung San Suu Kyi commémore l’assassinat de son père. Photo prise à Naypyidaw, capitale du pays, le 6 juillet 2017. SOE ZEYA TUN / REUTERS
Minute de silence dans les rues de Rangoun, à 10 h 37. La plus grande ville de Birmanie (ou Myanmar) commémore aujourd’hui les 70 ans de l’assassinat du général Aung San et d’autres leaders du mouvement d’indépendance du pays du Sud-Est asiatique, alors sous domination britannique.
Le quotidien australien The Daily Telegraph raconte la vie de celui qui paya le prix ultime pour son combat politique. Sa fille Aung San Suu Kyi, qui dirige aujourd’hui de facto le pays, participera aux célébrations dans l’ancienne capitale.
Qui a tué Aung San ? Pas sûr que les colons britanniques aient pris part au meurtre, même si certaines entreprises craignaient des nationalisations, estime Kin Oung, auteur d’un livre sur cet assassinat. Mais celles-ci auraient financé son rival politique, U Saw, qui a ourdi le complot meurtrier. Il a pu se procurer des armes de l’armée britannique. Condamné grâce à un faisceau de preuves accablantes, le commanditaire fut pendu le 8 mai 1948. The Irrawady
Le crime s’est déroulé le 19 juillet 1947 lors d’une réunion du gouvernement, au secrétariat. Le vieux bâtiment colonial de briques rouges, en cours de rénovation, ouvrira quelques-unes de ses portes pour l’occasion. C’est là que se rendront les Birmans désireux de lui rendre hommage. Fait exceptionnel, les visiteurs auront accès à la pièce dans laquelle le premier ministre Aung San, six de ses ministres et deux autres personnes ont été tués. Convertie depuis en salle de prière bouddhiste, celle-ci a été spécialement réaménagée comme à l’époque. Coconuts Yangon
Le musée dédié au général, également fermé, sera exceptionnellement ouvert en ce Jour des martyrs et gratuit même pour les étrangers. Certains effets personnels du héros mort à 32 ans seront exposés. Autre lieu de « pélerinage » : le mausolée des martyrs. Des dizaines de milliers de personnes l’avaient visité le 19 juillet 2016. The Myanmar Times
C’est aussi l’an dernier, pour la première fois depuis des décennies, que le chef des armées assistait à la cérémonie organisée au mausolée. Le général Min Aung Hlaing était même apparu à la résidence d’Aung San Suu Kiy, souriant et sans l’uniforme. Emprisonnée par la junte militaire au pouvoir après le coup d’Etat de 1988, l’ex-dissidente et son gouvernement démocratiquement élu tentent de nouer de nouvelles relations avec ses anciens tyrans. Pragmatique comme son père, elle cherche à établir la paix, assure The Irrawaddy.
Mais l’érection ces derniers mois de monuments en l’honneur du héros de l’indépendance met ironiquement en lumière la persistance des divisions politiques sous la gouvernance de sa fille, qui déçoit ses anciens partisans. Si Aung San semblait apprécié des minorités à l’époque et capable d’unifier le pays, son héritière échoue à mettre fin à la guerre civile et notamment aux persécutions contre les Rohingya. Asia Times, The Straits Times
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#dessin / CSG, la nouvelle star fiscale

L’Opinion 19/07/2017

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Canular – La fausse addition à « 82 000 euros » du dîner entre Emmanuel Macron et Donald Trump

Le site lagauchematuer.fr s’indigne du montant du repas organisé entre les deux présidents à la tour Eiffel. La somme qu’il évoque a été inventée par le site satirique belge nordpresse.be.

LE MONDE | 17.07.2017 à 18h03 | Par Les Décodeurs
Le site d’opinion proche de l’extrême droite lagauchematuer.fr (dont le Décodex recense plus d’une dizaine de cas de fausses informations) a écrit, lundi 17 juillet, que le dîner entre Emmanuel Macron et Donald Trump à la tour Eiffel, le 13 juillet, « aurait coûté la bagatelle de 82 345 euros ».
L’information aurait été « communiquée par les équipes de Macron », souligne le site, concluant que les convives « n’auraient pas sucé que de la glace ».
En réalité, le site a relayé au premier degré un canular.
CE QUE DIT LA RUMEUR
Tout est parti d’un article du site satirique belge nordpresse.be, qui a affirmé, le 15 juillet, publier « l’incroyable addition » du dîner entre les deux chefs d’Etat. Le tout sur la base d’une image grossièrement détourée, sur laquelle on peut notamment lire : « Midas Armand de Brignac brut : 130 000,00 euros » ou « 14 casquettes à 75,00 euros ».
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POURQUOI C’EST FAUX
Décodex : nos outils contre les fausses informations : Utilisez les outils développés par Les Décodeurs pour vous aider à éviter les fausses informations

 

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Justice – Ce que des juristes reprochent au projet de loi de sortie de l’état d’urgence

Le texte gouvernemental crée une rupture dans l’Etat de droit, s’inquiètent de nombreux professionnels de la justice. Sa discussion commence mardi au Sénat.
Le Monde | 18.07.2017 | Par Jean-Baptiste Jacquin

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Chine : liberté pour les prisonniers de conscience

Ouest-France 16/07/2017
Editorial – La mort de Liu Xiaobo et la cruauté qui l’a accompagnée révèlent la nature tyrannique du régime chinois.

Ce drame et cette cruauté révèlent la nature tyrannique du régime chinois. | EPA/MaxPPP
« Aucune force ne peut stopper l’aspiration humaine à la liberté. La Chine finira par devenir un État de droit plaçant les droits de l’Homme au premier plan. Je voudrais être le dernier nom sur la longue liste des victimes emprisonnées pour leurs écrits », écrivait Liu Xiaobo condamné à 11 ans de prison pour ses écrits et Prix Nobel de la Paix. Malade, il est mort cette semaine après le refus répété des autorités chinoises de le laisser partir se faire soigner à l’étranger.
Ce drame et cette cruauté révèlent la nature tyrannique du régime chinois. Celui-ci muselle toute opposition. Il piétine sans vergogne les droits de l’Homme. Il brise les opposants capables de rassembler. Il nargue aussi les pays démocratiques, de plus en plus dépendants de ses marchandises et de ses investissements.
Fraternité
Les dissidents chinois sont indignés et consternés. Pour Chen Guangchen : « Il ne faut pas voir cette mort comme une mort naturelle, normale. Il a été tué par le Parti communiste chinois, délibérément tué par eux. » Le Comité du Prix Nobel a aussitôt réagi : « Le gouvernement chinois porte une lourde responsabilité dans sa mort prématurée. »

Liu Xiaobo avait reçu le Prix Nobel de la Paix en 2010 pour son combat en faveur de la démocratie, des droits de l’Homme, de la liberté d’expression. Artisan de la charte 08, il demandait à la Chine de mettre en pratique les droits que sa propre constitution reconnaissait aux Chinois. Il a contribué « à la fraternité entre les gens à travers sa résistance non-violente aux actions oppressives du régime communiste chinois. » Il eut l’interdiction de se rendre à Oslo pour recevoir ce Prix Nobel. Comme, avant lui, Carl von Ossietsky : emprisonné dans un camp de concentration nazi, il mourut en 1938 !
Fermeté
Mais ce drame dévoile aussi l’inquiétante mollesse des pays démocratiques. Car voici une semaine, les pays du G20 se retrouvaient à Hambourg : « C’était une formidable occasion de parler de Liu Xiaobo et de faire pression sur les Chinois. Mais beaucoup de dirigeants ont choisi la voie de l’apaisement, regrette Chen Guangchen.[…] Ce n’est pas efficace, il faut parler ouvertement et fermement. »
Le Comité Nobel s’est offusqué du « silence et des hésitations » face à la dramatique situation de Liu Xiaobo : « C’est un fait, triste et inquiétant que les représentants du monde libre, qui portent la démocratie et les droits de l’Homme en haute estime, sont moins volontaires pour défendre ces droits au bénéfice des autres. »
Les démocraties qui troqueraient leurs idéaux et leurs valeurs contre le plat de lentilles des marchés et des finances chinoises feraient une grave erreur. Car, Liu Xiaobo « représentait des idées qui résonnent dans des millions de personnes à travers le monde et en Chine même. Ses idées ne peuvent rester emprisonnées et ne mourront jamais », rappelle le Comité.
La communauté internationale et en particulier les démocraties dont la France, doivent maintenant honorer la mémoire de Liu Xiaobo, non en souhaits mais en acte : en exigeant la libération des prisonniers de conscience en Chine, à commencer par la femme de Liu Xiaobo, la poétesse Liu Xia, en résidence surveillée depuis si longtemps !
Liu Xiaobo

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Éthiopie : l’agroforesterie plus forte que la famine

L’âge de faire  – juillet/août 2017 – N.B. avec Le Monde – 
L’Éthiopie connaît depuis deux ans l’une des pires sécheresse de son histoire. Le gouvernement estime à dix millions le nombre de personnes touchées par l’insécurité alimentaire. L’agriculture nationale a été dévastée par ce phénomène climatique, poussant la population à l’exode rural.
Dans le nord du pays, pourtant, les habitants ont décidé de na pas abandonner leur village de Abreha We Atsbeha. Ils ont préféré accepter la proposition de l’État : servir de laboratoire pour expérimenter de nouvelles méthodes agricoles. Après deux années, le travail intensif fourni par les habitants paye. « Nous faisons nos récoltes trois fois par an… » se réjouit ainsi l’un deux.

Pour y parvenir, il a d’abord fallu creuser des centaines de puits, aménager des terrasses pour cultiver à flanc de montagne, construire des digues pour retenir l’eau. Les paysans ont également dû changer leurs pratiques agricoles, en appliquant les principes de l’agroforesterie : ils ont instauré le compostage, ont mis en place la rotation des cultures et les ont diversifiées. Ils ont également planté de nombreux arbres, notamment des acacias Faidherbia albida. Ces immenses arbres ont le double avantage de procurer de l’ombre aux orangers, manguiers et avocatiers, ainsi que d’enrichir la terre en azote. Par ailleurs, les gousses sont récoltées pour nourrir le bétail… et ce n’est pas fini : les abeilles se régalent de leur nectar et fabriquent ainsi un excellent miel qui s’exporte jusqu’en Europe.

Les habitants de Abreha We Atsbeha, qui continuent à travailler en collaboration avec des chercheurs pour procéder à de nouvelles expérimentations, semblent s’être mis à l’abri de la famine. Le chef du village, Abo Hawi,a désormais la mission de dupliquer ce modèle aux communes avoisinantes. Il est aussi amené à expliquer la réussite du modèle agroforestier à travers le monde, ainsi que les bénéfices que chacun peut en tirer : « Quand une personne possède des terres, peut travailler et manger à sa faim, elle aune autre option que de traverser la Méditerranée…« 

Lire : Le village éthiopien qui ne craint plus ni la sécheresse ni l’exode (Le Monde 28/07/2016)
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Emmanuel Macron cherche à redonner du sens à la Légion d’Honneur

L’Opinion 17/07/2017
Resserrée, paritaire et exemplaire, la promotion du 14-Juillet de la Légion d’Honneur tranche avec celles des précédents quinquennats

Bernard Cazeneuve, élevé directement au grade de commandeur, comme l’autorise le code de la Légion d’honneur pour des « carrières hors du commun ».© Sipa
Donc, entre un sommet de l’OTAN et un conseil européen, le président de la République s’est aussi préoccupé d’imposer sa marque sur la promotion du 14-Juillet de la Légion d’Honneur.

Désormais grand maître de la Légion d’Honneur, Emmanuel Macron a veillé, ici comme ailleurs, à se distinguer de son prédécesseur.
Ainsi, le nouveau Président distribue-t-il les médailles avec parcimonie. La première promotion du quinquennat de François Hollande comptait 528 noms ; la dernière, celle de Pâques, 562. Ce 14 juillet, ils ne sont que 101 à voir leurs « mérites éminents » récompensés. Une promotion « exceptionnellement resserrée », souligne la Grande chancellerie de la Légion d’honneur dans un communiqué. Le choix d’une liste courte a pour but de « renforcer la valeur symbolique de la plus haute distinction française », précise l’Élysée.
Paritaire. François Hollande avait par ailleurs chagriné quelques-uns de ses soutiens en gratifiant davantage d’hommes que de femmes le 14 juillet 2012. Cinq ans plus tard, la première « promotion Macron » est on ne peut plus paritaire : elle récompense 51 femmes et 50 hommes.

Enfin, Emmanuel Macron a manifestement cherché à redonner du lustre à l’institution. Si ses deux prédécesseurs ont généreusement épinglé le monde de la culture et du show-business, on ne compte plus de « people » parmi les 101 noms dévoilés vendredi. Seules les comédiennes Gisèle Casadesus, 103 ans, élevées à la dignité de grand-croix, et Mylène Demongeot, nommée chevalier, sont connues du grand public.
Sur cette liste anti-bling bling ne déparent pas le président du Secours Populaire Julien Lauprêtre, l’économiste Maria Nowak et… Bernard Cazeneuve, qui accède directement au grade de commandeur, comme l’autorise le code de la Légion d’honneur pour des « carrières hors du commun ». De quoi adoucir, peut-être, la plume de l’ancien Premier ministre qui, redevenu avocat, et peu amène à l’égard de son ancien collègue de gouvernement, a entrepris d’écrire un livre.
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