Biologie – « Les plantes sont supérieurement intelligentes »

Ouest-France – 17/05/2018 – recueilli par Philippe Richard –
Le chercheur Stefano Mancuso, professeur à l’université de Florence, et deux « amies ».Le chercheur Stefano Mancuso, professeur à l’université de Florence, et deux « amies ». | Massimo Sestini.
Pour le « neurobiologiste végétal » Stefano Mancuso, professeur à l’université de Florence, le végétal n’a rien à envier au monde animal. Au contraire.
Vous affirmez que les plantes sont plus intelligentes que les animaux, c’est de la provocation ?
En partie. La définition la plus juste de l’intelligence est la capacité à résoudre des problèmes. Les animaux ne résolvent pas les problèmes, ils les évitent ou contournent le danger grâce à leur mobilité. Les plantes n’ont pas le choix. Je pense que l’intelligence caractérise tout le monde biologique. Qui dirait aujourd’hui que certains animaux ne sont pas intelligents ?
Le concept d’intelligence végétale reste contre-intuitif. Pourquoi cette capacité nous aurait-elle échappé ?
Paru le 4 Avril 2018 / 240 p. / Édition brochée  18.00 €
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Journée des plantes de Chantilly 19,20, et 21 mai 2018

L’Europe des jardiniers a rendez-vous à Chantilly du 18 au 20 mai
Depuis plus de 30 ans, l’événement de référence dans le monde du jardin, né à Courson et transmis à Chantilly en 2015, réunissant 200 exposants dans le majestueux parc du Domaine de Chantilly. L’excellence des pépiniéristes européens choisis par les différents Comités de Sélection, le Jury international des Mérites pour récompenser les plus belles plantes.
Pépiniéristes, collectionneurs, paysagistes, professionnels du monde végétal, associations horticoles… Des plantes de collection aux grands classiques, toute la diversité horticole réunie. Objets et mobilier pour l’art de vivre au jardin, outils et accessoires de jardinage, artisanat d’art et savoir-faire traditionnels. Conférences, signatures,  animations, ateliers, conseils.
Presque 30 ans après leur création, les Journées des Plantes, nées de la rencontre d’une poignées de passionnés sont devenues le rendez-vous majeur de l’horticulture européenne en France. Au fil du temps, les Journées des Plantes ont su imposer leur identité unique et acquérir une dimension internationale, sans jamais déroger…

La variété des stands présentés lors de la Journée des Plantes n’a d’égale que leur très grande qualité. Le Domaine de Chantilly accueille toutes les branches de l’horticulture d’ornement – pépiniéristes, obtenteurs, multiplicateurs, distributeurs -, ainsi que les représentants de toutes formes d’industrie, d’artisanat…
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Politique : c’est toujours mieux avant

Ouest-France 17/05/2018 Jean-Michel Djian*
Les Français entretiennent avec leurs anciens présidents une relation complexe. Le succès en librairie de François Hollande en témoigne. Il en ressort une évidence : c’est toujours mieux avant que pendant.

April 14, 2018,  Tulle. / AFP PHOTO / GEORGES GOBET

Le succès en librairie des Leçons du pouvoir de François Hollande, comme le fut celui de Nicolas Sarkozy en 2012 pour son ouvrage Tout pour la France, en dit long sur l’intérêt des Français à l’endroit de leurs anciens présidents, aussi impopulaires fussent-ils. On peut ainsi remonter le temps jusqu’aux origines de la Ve République pour constater qu’aucun chef de l’État n’a échappé à ce phénomène de rédemption.
Est-ce à dire que sommeille dans chaque électeur un citoyen sans cesse frustré de ne jamais saisir l’exercice immédiat du pouvoir ? Qu’est-ce qui peut pousser un lecteur averti de la chose politique à revenir sur le passé, si ce n’est de tenter de comprendre ce qui a failli ?
À la lecture des nombreux ouvrages qui, depuis tant d’années, reviennent sur ce que l’ancienne journaliste et secrétaire d’État Françoise Giroud qualifiait elle-même dans ses mémoires de «comédie du pouvoir», il est une certitude : les Français entretiennent en temps réel avec ceux qui les gouvernent un rapport de tension extrême. Il en est la source principale du désarroi politique qui caractérise, à chaque époque, le présent.
Il suffit de relire les commentaires quotidiens de la presse des années 1960 sur la manière dont de Gaulle exerçait son mandat pendant la guerre d’Algérie ou les événements de 68 pour se convaincre du fossé existant avec l’admiration post-mortem des Français à l’endroit du Général. Il en est de même avec Pompidou, vilipendé en permanence de son vivant pour n’avoir été qu’un héritier gaulliste de circonstance, moqué pour avoir été banquier chez Rothschid et qui, avec le temps, s’est retrouvé paré de qualités qu’aucun Français ne lui avait accordées lors de son règne.
Attendre pour juger
Que dire de Jacques Chirac qui, au lendemain de son élection en 1995, a vu sa popularité s’effondrer pour avoir laissé Alain Juppé mener à bien une réforme annoncée pendant la campagne, celle des retraites ? C’est pourtant ce même président qui, sitôt l’Élysée quitté, et deux tomes de mémoires écrits, retrouve, dix ans plus tard, une sympathie politique qu’il n’avait jamais connue auparavant.
Il aura manqué à François Mitterrand, pourtant féru d’écriture mais malade, de s’être prêté à l’exercice du bilan. Toutefois, le succès récent et inattendu de la publication de ses Lettres d’amour avec Anne Pingeot en dit long sur ce qu’il faut de distance et finalement d’ouverture d’esprit pour mesurer la capacité des Français à juger les hommes et leur passé.
C’est tout le mérite des biographes et des historiens, des mémorialistes comme des proches, de mettre des mots sur les choses et permettre ainsi une nouvelle interprétation d’un homme et d’une époque. Mais, en général, il en ressort une évidence : c’est toujours mieux avant que pendant.
Pourquoi en serait-il autrement depuis qu’Emmanuel Macron est au pouvoir ? Pourquoi attendre de nos concitoyens qu’ils approuvent massivement son action puisqu’à l’évidence l’exercice immédiat du pouvoir est un puits sans fond de contestation, pire, d’anxiété politique.
On sait maintenant et définitivement qu’il faut attendre pour juger, patienter pour analyser, lire pour comprendre notre roman national, quitte à conforter les opinions. Mais que les addictifs à l’information continue et aux réseaux sociaux se le disent : c’est la mise en perspective historique et contradictoire qui permet de comprendre l’événement, pas son immédiateté.
Jean-Michel Djian (*) Écrivain et journaliste.
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Nicolas Hulot à droite dans ses bottes vertes

Le Canard enchaîné – 16/05/2018 – Jean-Luc Porquet –
Maintenant que l’affaire est entendue pour tout le monde – il nous aura quand même fallu une année pour réaliser que Macron n’est ni de gauche ni de gauche – posons-nous cette distrayante question : c’est quoi l’écologie de droite ? Quel est le bilan de Nicolas Hulot, celui qui est censé apporter à la Macronie un supplément d’âme  et de salade verte ? 
Certes, il y a l’abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il était attendu par tous ceux qui se sont longuement mobilisés contre ce projet au nom de la la biodiversité, de l’impératif climatique et du rejet de la religion de la croissance. Mais, Hulot dans tout ça ? Il n’est sorti du bois que pour aller dire aux zadistes qu' »écologie ne rime pas avec anarchie« . Sans doute n’a-t-il jamais entendu parler de l’anarchiste Kropotkine (1), écolo avant l’heure…
D’autres avancées vertes ? Certes, l’autorisation du glyphosate a été ramenée par l’Europe (sous la pression entre autres de la France) à cinq ans au lieu de dix ans prévus? Certes, le plan Climat prévoit d’interdire les bagnoles à essence… à partir de 2040. Certes, l’arrêt de l’exploitation des hydrocarbures est prévu (pour 2040 également). Certes, il y a un plan anti-gaspi en préparation, la promesse d’une rénovation énergétique des vieux logements, un énième plan annoncé pour la baisse des pesticides, la prochaine inscription de la lutte climatique dans la Constitution… Mais, concrètement ? Comme le note l’économiste Maxime Combes (2), la logique qui sous-tend l’écologie à la sauce hulot-macroniste est simple.
En paroles, on se positionne à la pointe du combat et on fixe des objectifs très ambitieux. Mais on s’empresse de les repousser à la saint-glinglin, pour se contenter de mesures immédiates qui ne perturbent pas le jeu économique… voyez le nucléaire. La loi sur la transition énergétique votée en 2015 exigeait de Hulot qu’il engage la fermeture de quelques réacteurs pour descendre à 50 % de nucléaire dans la production d’électricité d’ici à 2025. Il a annoncé qu’il y renonçait. Remarquons au passage que pour un défenseur auto-proclamé de l' »État de droit », ce mépris de la loi vaut son pesant de cacahouètes bio… Encore plus croquignolet : dans le grand débat public en cours sur la PEE, la programmation pluriannuelle de l’énergie, Hulot a réussi le tour de force de ne présenter aucun plan d sortie du nucléaire. Ce qui revient à laisser à EDF le soin de dicter son calendrier…
Et dans l’immédiat ? Quelles décisions, par exemple, sur la mégapolluante Montagne d’or en Guyane, le contournement autoroutier de Strasbourg, le délirant projet de centre commercial Europacity à Garges-les-Gonesse, le percement pharaonique du Mont Blanc pour la ligne SNCF Lyon-Turin ? des eux verts, bien entendu.
Ouest-France 17/05/2018 –
 
(1) Pierre (Piotr) Alekseïevitch Kropotkine, né le 9 décembre 1842 à Moscou et mort le 8 février 1921 à Dmitrov, est un géographe, explorateur, zoologiste, anthropologue, géologue, l’un des plus grands penseurs de son temps et l’une des principales figures du mouvement anarchiste.
(2) « L’imposture Macron : Un business model au service des puissants », par Attac et la Fondation Copernic.
Lire : Gouvernement Macron : un an après, quel bilan en matière de transition écologique ? (Communiqué de France nature environnement – 14/05/2018)
 
Paru en avril 2018 aux Éditions Les liens qui libèrent — 10 €
Un an après son élection, Attac et la Fondation Copernic décryptent dans cet opus les impasses d’une politique qui se prétend résolument moderne alors qu’elle n’a de cesse de prendre des mesures issues de l’ « ancien monde ».
À l’illusion du « en même temps » se sont adossés un rapport au pouvoir parfaitement éculé (car conçu comme autoritaire et vertical), et surtout la mise en place d’une politique de fuite en avant néolibérale, où remise en cause des droits sociaux et cadeaux aux plus riches participent à renforcer le pouvoir de ceux qui l’ont déjà.
Cette nouvelle gestion froide et cynique de la chose publique se met en place au sommet de l’État avec l’arrivée d’un contingent de jeunes bureaucrates : les Macron’s Boys and Girls. Ils sont à la base d’une nouvelle machine technocratique alimentée par des réformes où progrès social et écologie sont les grands absents.
Un business model, qui se prétend dénué de toute idéologie, est mis en place dans la start-up nation France. La Macronie s’est dotée d’une novlangue faussement innovante et porte aux nues un illusoire salut néolibéral où seuls les premiers de cordée, les puissants et la nouvelle « noblesse d’État libéral » trouveront grâce. Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron parie sur l’anesthésie de la société. Mais le réveil risque d’être douloureux. Face à une telle visée, voici un ouvrage qui propose à tous ceux qui ne se résignent pas, un projet porteur d’une autre vision de la société…
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Livre : Transhumanisme – La destruction du réel

« Nous avons une origine, l’humain existe tout comme la vérité parce qu’il y a quelque chose qui s’appelle le réel et non rien. On peut perdre le sens du réel. Il est toutefois rare de vouloir le détruire. Or, c’est ce qui est en train de se produire. » Bertrand Vergely

Humanisation des robots, nouvelles parentalités, humain augmenté, intelligence artificielle, triomphe du virtuel… Aujourd’hui, l’humanité semble se réinventer et dépasser les contraintes biologiques limitantes de sa condition. Partout, les performances technologiques accélérées de ces dernières années sont présentées comme des avancées majeures pour l’espèce humaine, qui serait enfin libre. Mais sont-elles réellement un progrès ?
Avec audace, Bertrand Vergely renvoie dos-à-dos artistes et intellectuels qui ont fait le lit des évolutions scientifiques et techniques actuelles. Ainsi, la disparition de la filiation et donc de l’origine en germe dans les écrits de Bourdieu, Reich ou Foucault ; l’effacement de l’humain dans les théories de Freud, Hobbes ou dans le personnage de Frankenstein ; la destruction du vrai avec les sophistes, dénoncés par Platon, et Machiavel…
Le constat est sans appel : la fin de l’homme a vraiment commencé. Mais l’avenir est imprévisible, tout peut encore changer. (La Librairie.com)
Bertrand Vergely poursuit sa réflexion stimulante sur le transhumanisme et montre la dangerosité totalitaire que le désir d’immortalité fait peser sur la société humaine toute entière.
Dans cet essai vif et stimulant, Bertrand Vergely poursuit sa réflexion amorcée dans La Tentation de l’homme-Dieu sur le désir d’immortalité, désir proprement totalitaire de faire advenir une société parfaite.
Pour le philosophe, trois grandes névroses dues à l’idée de l’homme-Dieu caractérisent notre époque : la névrose à l’égard de la vie qui se traduit par les nouvelles parentalités, la névrose à l’égard de l’homme qui se traduit par l’apparition du robot affectif et la névrose à l’égard du réel qui se traduit par le triomphe du virtuel. Tous ces changements ont en commun la disparition du réel, ce que les philosophes appellent l’être. Cette disparition n’est pas un hasard. Derrière elle se profile le retour à la pensée magique. Un nouvel irrationalisme ainsi qu’un nouvel obscurantisme sont en train d’apparaître à travers la négation de nos limites biologiques pour qu’enfin l’homme puisse tout maîtriser. Cela répond à un fantasme profond inscrit dans l’inconscient du monde occidental à travers sa fascination pour le sujet indifférencié.
L’homme-Dieu est fort tant qu’il n’est pas démasqué. Comme tous les pervers, il n’aime guère que sa perversion soit nommée. Elle perd alors tout son pouvoir. En ce sens, ce livre s’emploie à démasquer la perversion de l’homme-Dieu et à montrer que cette idée domine notre société post-moderne.
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Ecologie – Vivement les vacances, Monsieur Hulot !

L’Opinion 16/05/2018 Rémi Godeau
L’édito  – Ministre d’Etat, il est plutôt ministre des états d’âme. En charge de la Transition écologique et solidaire, il se révèle en transit, alogique et solitaire. Il confesse ses hauts et ses bas comme autrefois il enchaînait les séquences émotion et frisson. Prise de guerre du macronisme, il se vit en icône otage d’un pouvoir trop vertical et pas assez vert. Populaire, il devait faire de l’effet, mais il fait dans l’affect. A quoi joue donc Nicolas Hulot ?
Poids lourd de l’exécutif, il se montre peu, se déplace tout autant et parle encore moins, aphone ou presque sur la SNCF, sur les états généraux de l’alimentation ou sur Air France. Et quand il s’exprime, c’est pour évoquer à demi-mot sa démission… ou au contraire pour l’écarter. En octobre, il se donnait un an pour juger «de son utilité». Il planifie désormais son bilan – et le dépôt ? – pour l’été. Le chef du gouvernement assure le mardi que le remaniement n’est pas à l’ordre du jour. Ministre d’Etat, il est plutôt ministre des états d’âme. En charge de la Transition écologique et solidaire, il se révèle en transit, alogique et solitaire. Il confesse ses hauts et ses bas comme autrefois il enchaînait les séquences émotion et frisson. Prise de guerre du macronisme, il se vit en icône otage d’un pouvoir trop vertical et pas assez vert. Populaire, il devait faire de l’effet, mais il fait dans l’affect. A quoi joue donc Nicolas Hulot ?
Poids lourd de l’exécutif, il se montre peu, se déplace tout autant et parle encore moins, aphone ou presque sur la SNCF, sur les états généraux de l’alimentation ou sur Air France. Et quand il s’exprime, c’est pour évoquer à demi-mot sa démission… ou au contraire pour l’écarter. En octobre, il se donnait un an pour juger «de son utilité». Il planifie désormais son bilan – et le dépôt ? – pour l’été. Le chef du gouvernement assure le mardi que le remaniement n’est pas à l’ordre du jour.

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Appétit d’ogre – Comment le chinois Tencent évince ses rivaux technologiques

L’Opinion 16 Mai 2018 Liza Lin et Julie Steinberg
Le géant des médias sociaux et du jeu vidéo a acheté des participations dans 277 entreprises technologiques depuis 2013, et son rythme d’acquisitions s’accélère.

En accumulant des participations dans des centaines d’entreprises, le géant chinois de l’internet Tencent Holdings Ltd. est devenu l’un des investisseurs technologiques les plus importants et les plus actifs au monde, une stratégie calculée qui évince ses rivaux et renforce ses profits.
L’opérateur de médias sociaux et de jeux vidéo a acheté des participations dans 277 startups depuis 2013 et son rythme d’acquisition s’est accéléré l’an dernier, selon les données de Dow Jones VentureSource. En 2017, Tencent a investi dans plus de 80 sociétés privées et publiques, participant à bien plus d’opérations que son principal concurrent Alibaba Group Holding Ltd., qui a pris part à une quarantaine d’opérations, selon les données de Bernstein Research.
Tencent est devenu l’année dernière l’un des géants technologiques les plus valorisés du monde, sa capitalisation boursière atteignant près de 500 milliards de dollars après que ses actions ont quasi doublé. L’entreprise cotée à Hong Kong vaut presque autant que Facebook et Alibaba. Tencent est surtout connu pour son application de messagerie populaire chinoise WeChat.
Tencent a investi dans un large éventail d’entreprises, de start-up aux entreprises qui ont déjà levé plusieurs tours de financement en passant par certaines sociétés technologiques cotées. Tencent n’a pas révélé combien il a dépensé pour de tels investissements, mais la valeur de ses participations connues a dépassé 33 milliards de dollars à la fin de l’année dernière.
La frénésie d’acquisitions de Tencent suscite cependant des critiques de la part de certains acteurs du marché qui estiment qu’elle contribue à gonfler les valorisations de sociétés qui ne gagnent pas d’argent. Les actions de certaines sociétés dans lesquelles Tencent a investi, qui ont connu des débuts de cotation publique en fanfare, se sont effondrées au cours des derniers mois, les investisseurs se montrant sceptiques quant aux perspectives bénéficiaires de ces sociétés.
Un Softbank à la chinoise. En 2017, près d’un quart du bénéfice net de 11,1 milliards de dollars de Tencent provenait de plus-values de ses actions dans des sociétés cotées en Bourse, comme l’assureur chinois ZhongAn Online P&C Insurance Co. Ltd et le moteur de recherche Sogou Inc. Il y a un an, les participations de Tencent dans des sociétés cotées représentaient 7% de ses bénéfices. Les gains récents de ses investissements ont permis d’amortir le ralentissement de la croissance de ses revenus dans ses activités principales. L’entreprise devait publier ses résultats du premier trimestre 2018 mercredi.
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Pollution de l’air : l’(in)action de la France renvoyée devant la cours de justice Européenne

Communiqué de presse – Jeudi 17 mai 2018 – France Nature Environnement –

Le 30 janvier dernier, le ministre de la Transition Écologique et Solidaire était rappelé à l’ordre par l’Union Européenne. Celle-ci lui donnait 10 jours pour lui présenter des mesures afin d’améliorer la qualité de l’air. La Commission européenne a rendu son verdict ce jeudi 17 mai : le plan d’action présenté par la France n’est pas assez ambitieux et la France devra rendre des comptes concernant le dioxyde d’azote (NO2), le polluant mis sur le devant de la scène par le Dieselgate. France Nature Environnement s’inquiète du manque d’application des mesures et demande au gouvernement de passer à la vitesse supérieure.
Trop polluer coute déjà cher à la France… et l’addition pourrait être salée
Troisième cause de mortalité en France, la pollution de l’air coûte chaque année 100 milliards d’euros au pays. Son coût sanitaire n’est pas prêt de diminuer puisque depuis près de 10 ans, la France dépasse régulièrement les seuils de pollution à ne pas dépasser pour les particules fines et le dioxyde d’azote…
Bien que le plan d’action présenté par la France soit peu convaincant aussi bien concernant la réduction de la pollution aux particules fines ou au dioxyde d’azote, le pays sera convoqué devant la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) uniquement sur ses dépassements des seuils de pollution européens de dioxyde d’azote. La CJUE a le pouvoir de forcer les pays mis en cause à prendre des mesures supplémentaires rapidement pour réduire la pollution de l’air et imposer de lourdes amendes aux pays en infraction.
La pollution de l’air est 14 fois plus meurtrière que les accidents de la route et est responsable d’au moins 48 000 décès de prématurés chaque année en France, soit 9% de la mortalité totale.
dessin de M’Sieur l’Comte pour DailyNord,
Un plan sans mesures nouvelles ambitieuses
Malgré l’ampleur de l’enjeu sanitaire, le plan d’action remis par les autorités françaises en janvier est insuffisant et incomplet et reste dans la continuité des actions des gouvernements précédents. Il met en avant le Plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques (PRÉPA) publié en mai 2017. Bien que ce plan prévoie des mesures pour tous les secteurs contributeurs à la pollution de l’air – agriculture, industries, transports routier et maritime… – des doutes demeurent sur son efficacité, liée à son contenu et surtout à la réalité de sa mise en œuvre. Parmi les problèmes relevés :
Ce plan repose sur des mesures annoncées en 2017, qui ne sont toujours pas mises en œuvre,, telles que la généralisation des « zones à basses émissions ». Les villes qui imposent des restrictions de circulation aux véhicules polluants en ville sont des exceptions plutôt que la règle en France. Notre pays a pris beaucoup de retard dans ce domaine. Si la convergence de la fiscalité entre l’essence et le gazole est une mesure positive et en cours de mise en œuvre, la France continue de favoriser outrageusement le transport routier de marchandises. Elle n’a pas remis en cause les exonérations fiscales accordées sur le gazole professionnel, qui s’élèvent à 1,2 milliard d’€ de cadeau fiscal en 2017, d’après le rapport du Conseil d’Orientation des Infrastructures, dont 900 millions d’€ pour les seuls poids lourds. A cela s’ajoutent les fraudes sur les systèmes de dépollution à l’AdBluedes poids-lourds, qui ne sont toujours pas contrôlées et sanctionnées.
Michel Dubromel, président de France Nature Environnement souligne que « en l’état, le plan de la France manque d’indicateurs de réussite, de moyens d’accompagnement de mise en œuvre, de contrôle, ou encore de sanction afin de protéger la santé des citoyens ‘sans délais’, comme le demande la commission Européenne. Nous demandons au gouvernement d’enclencher la vitesse supérieure, particulièrement dans le domaine des transports et de la mobilité et de créer une rupture en faveur de solutions moins polluantes, telles que le ferroviaire, les transports en commun ou encore les mobilités actives. »
Voir aussi notre dossier : « Pollution de l’air : les mesures à prendre »
France Nature Environnement est la fédération française des associations de protection de la nature et de l´environnement. C´est la porte-parole d´un mouvement de 3500 associations, regroupées au sein de 74 organisations adhérentes, présentes sur tout le territoire français, en métropole et outre-mer. France Nature Environnement, partout où la nature a besoin de nous. www.fne.asso.fr
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« Déplacés internes », – Catastrophes et conflits ont fait plus de 30 millions de déplacés dans le monde en 2017

Les événements climatiques extrêmes sont la principale cause des migrations forcées à l’intérieur d’un pays.

Nairobi, on March 2, 2018. / AFP PHOTO / Brian OTIENO

LE MONDE | 16.05.2018 | Par Pierre Le Hir
Les images, souvent tragiques, des migrants affluant vers l’Europe font parfois oublier une autre réalité : celle des « déplacés internes », c’est-à-dire des personnes contraintes de fuir leur village ou leur ville tout en restant à l’intérieur des frontières de leur pays. Leurs cohortes ne cessent pourtant de s’allonger. Elles sont 30,6 millions dans le monde à avoir vécu cette épreuve en 2017, selon le dernier rapport, publié mercredi 16 mai, de l’Internal Displacement Monitoring Center (IDMC).
Cet organisme, créé en 1998, s’efforce d’effectuer le suivi le plus exhaustif possible de ces mouvements, avec des données portant cette année sur 143 pays et territoires. Il veut ainsi alerter sur le sort d’individus qui, à la différence des réfugiés cherchant asile dans un autre pays, ne bénéficient pour l’instant d’aucun statut juridique assurant – au moins en théorie – leur protection.
Sont comptabilisés à la fois les déplacements internes liés à des conflits (guerres, violences pour motifs politiques, ethniques ou religieux, criminalité…) et ceux provoqués par des catastrophes naturelles ou climatiques, les deux causes combinant parfois leurs effets.
« Sur l’ensemble de l’année écoulée, le nombre de nouveaux déplacés en raison de conflits a atteint 11,8 millions, soit presque deux fois plus qu’en 2016, indique Alexandra Bilak, directrice de l’IDMC. C’est le chiffre le plus élevé depuis dix ans et il est dû pour plus de moitié à la situation dans trois pays, Syrie, Irak et République démocratique du Congo, qui vivent des crises humanitaires majeures. » Et encore certains Etats, comme le Yémen, n’apparaissent-ils pas dans le recensement, faute d’informations précises.
« Impacts cumulatifs »
Ces déracinés s’ajoutent à ceux des années antérieures, même s’il existe aussi des flux de retours, au demeurant souvent précaires et suivis de nouveaux départs. Au total, Alexandra Bilak évalue à « au moins 40 millions » le nombre actuel de déplacés pour cause de conflits ou de violences.
Dans le même temps, un nombre encore plus important de personnes – 18,8 millions, notamment en Chine et aux Philippines – ont été forcées de quitter leurs terres par des catastrophes de toute nature. Il s’agit, en très grande majorité, d’événements climatiques extrêmes, principalement inondations (8,6 millions), tempêtes et ouragans (7,5 millions), alors que le tribut payé aux séismes et aux éruptions volcaniques est resté l’an passé relativement modéré (un peu moins de 800 000).
Pour la première fois, l’IDMC a quantifié les déplacements consécutifs à des sécheresses, soit 1,3 million dans les seuls quatre pays pour lesquels il dispose de données fiables : Ethiopie, Somalie, Burundi et Madagascar. Des chiffres très partiels donc, mais qui montrent que le dérèglement climatique est devenu un facteur de déstabilisation de plus en plus prégnant.
« D’autant plus, souligne la directrice, que les désastres s’enchaînent, avec des impacts cumulatifs sur des populations déjà éprouvées. » C’est ainsi qu’après avoir subi l’an passé une sécheresse dévastatrice, la corne de l’Afrique fait désormais face à des pluies diluviennes.
Lire aussi :   La Banque mondiale s’inquiète du sort des déplacés climatiques
Derrières ces statistiques générales se cachent autant de drames humains, sur lesquels la communauté internationale a peu de prise directe, dans la mesure où la gestion des migrations intérieures relève de la « souveraineté » de chaque Etat. A défaut de convention accordant un statut particulier aux déplacés internes, les Nations unies ont toutefois édicté, en 1998, des « principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l’intérieur de leur propre pays », destinés à leur garantir des droits et une protection, tant durant leur exil que lors de leur réinstallation dans leur foyer d’origine.
« Vingt ans après l’adoption de ces principes, les progrès restent très insuffisants, commente Alexandra Bilak. Au-delà de l’amélioration de la réponse qui peut être apportée à ces crises par des programmes d’aide humanitaire, les gouvernements eux-mêmes doivent se saisir de cette question. La communauté internationale doit aider, par un dialogue constructif, à trouver des solutions adaptées à chaque pays. »
Il en va, ajoute l’IDMC, des objectifs communs qui sont au cœur de l’Organisation des Nations unies : maintien de la paix et de la sécurité, respect des droits de l’homme, développement durable…
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Comment fonctionne Yuka, l’appli qui vous mâche le travail en déchiffrant les étiquettes et en notant les aliments ?

France Info – 06/04/2018 –Thomas Baïetto –
Lancée en 2017, cette application pour smartphone attribue une note sur 100 et une appréciation, d’excellent à mauvais, à vos produits alimentaires, en fonction de leur qualité nutritionnelle et de la présence d’additifs.
L\'application Yuka permet de scanner les étiquettes des produits en faisant ses courses.L’application Yuka permet de scanner les étiquettes des produits en faisant ses courses. (YUKA.IO)
C’est le défi quotidien du consommateur soucieux de son alimentation. Comment déchiffrer ce qui se cache derrière les sigles et les obscurs tableaux nutritionnels des étiquettes ? En France, l’État a bien décidé la mise en place d’un affichage couleur simple, le Nutri-score. Mais vous le croisez peu dans les rayons : son utilisation a été rendue facultative, sous la pression des lobbies de l’industrie alimentaire, comme le racontait « l’Oeil du 20 heures » en février.
Il est aujourd’hui possible de dépasser ce blocage. Depuis 2017, l’application pour smartphone Yuka permet de déchiffrer rapidement les étiquettes. Voici comment elle fonctionne.
D’où vient l’idée ?
« L’idée est venue d’un de mes associés, Benoît, père de trois enfants, raconte à franceInfo Julie Chapon, cofondatrice de Yuka. Il avait acheté un livre qui classait les bons et les mauvais produits, mais il s’est dit : ‘Je ne vais pas aller faire mes courses avec un livre sous le bras’. Nous avons donc voulu faire une version digitale de ce livre. » Le principe de l’application était né. Aujourd’hui, Yuka revendique 2 millions d’utilisateurs actifs, qui scannent au moins un produit toutes les deux semaines.
Comment ça marche ?
Le principe est le suivant : au moment de choisir un produit au supermarché, vous scannez son code-barres avec votre téléphone. S’il est déjà répertorié dans sa base de données, l’application lui donne une note sur 100, accompagnée d’un code couleur : vert pour excellent et bon (de 50 à 100), orange pour médiocre (25 à 50 sur 100), rouge pour mauvais (en dessous de 25). Voici quelques exemples, avec un paquet de bonbons, des céréales et un sandwich industriel :
Captures d\'écran de trois produits notés par l\'application Yuka.Captures d’écran de trois produits notés par l’application Yuka. (YUKA.IO)
Cette indication s’accompagne d’une présentation détaillée des défauts – additifs nocifs, trop calorique, trop sucré, trop salé… – et qualités par produit. Comme le Nutri-score, il se base sur un échantillon de 100 grammes, un étalon qui permet de comparer les aliments entre eux. Les Dragibus contiennent par exemple neuf additifs, dont un nocif (E131) et sont, sans surprise, trop sucrés (56 grammes). Un peu trop caloriques et un peu trop sucrées, les céréales spécial K feuilles de chocolat noir contiennent quelques additifs « douteux ». Heureusement, l’appli vous propose parfois une alternative, plus ou moins convaincante : plutôt que des Dragibus, mangez donc des bonbons Stevi Drop à la réglisse ! 
Captures d\'écran de trois produits notés par l\'application Yuka.Captures d’écran de trois produits notés par l’application Yuka. (YUKA.IO)
La note finale est pondérée de la manière suivante : 60% pour la qualité nutritionnelle, 30% pour les additifs et 10% sur le caractère biologique ou non du produit. L’application vous propose enfin un récapitulatif de votre alimentation des trente derniers jours, sous la forme d’un graphique de couleurs. Sur l’application iOS, vous avez également la possibilité de mettre de côté vos produits favoris.
Capture d\'écran de l\'application Yuka.Capture d’écran de l’application Yuka. (YUKA.IO)
Enfin, si le produit scanné ne figure pas dans le répertoire de Yuka, vous avez la possibilité de le rentrer, en précisant scrupuleusement sa composition et en envoyant une photo du tableau nutritionnel. 
D’où viennent les données
Yuka ne fait en réalité que présenter de manière plus synthétique et esthétique le travail d’Open Food Facts (OFF), une base de données ouverte et collaborative lancée en 2012. En 2018, elle répertorie plus de 250 000 produits grâce aux utilisateurs. Ces informations sont recoupées et vérifiées par la communauté. 
C’est à partir de cette base de données que Yuka construit ensuite sa note. « Là où leur analyse se base uniquement sur la qualité nutritionnelle du produit, nous regardons également la présence d’additifs et le caractère biologique », explique Julie Chapon. Les deux systèmes s’auto-alimentent : si vous entrez un produit dans l’application Yuka, il sera intégré à la base de données OFF. « Nos utilisateurs envoient entre 1 500 et 2 000 contributions par jour sur Open Food Facts », assure la cofondatrice de Yuka. 
Des marques rémunèrent-elles l’application ?
Yuka est une application gratuite, qui « ne travaille avec aucune marque » alimentaire, précise sa cofondatrice. Pour rémunérer ses trois salariés et ses deux stagiaires, elle compte pour le moment sur les dons de ses utilisateurs et sur la vente d’un programme de nutrition sur 10 semaines (60 euros, 2 000 exemplaires vendus). « Mais le cœur de notre modèle économique est de développer des fonctionnalités payantes dans l’application », explique Julie Chapon. Une fonction pour noter ses produits cosmétiques et d’hygiène, ainsi qu’une détection personnalisée des allergènes et autres éléments qui peuvent être indésirables (gluten, lait de vache) sont en préparation. 
Est-ce fiable ?
La base de données d’Open Food Facts, sur laquelle repose Yuka, est reconnue par les experts du secteur. « Leur travail est vraiment solide et très sérieux, affirme à franceinfo Serge Hercberg, professeur de nutrition et concepteur du Nutri-score. Nous avons validé leur système d’attribution du Nutri-score, vérifié que c’était bien fait. Ce sont des gens désintéressés, qui font avancer les choses. Nous avons même fait des publications scientifiques à partir de leurs données. » 
S’il n’a pas collaboré avec Yuka, Serge Hercberg voit d’un bon œil le développement de ce type d’applications. « Elles me paraissent utiles pour le consommateur, qui a ainsi accès à l’information, et pour faire pression sur les industriels, indique le médecin. J’espère que cela les incitera à mettre directement le Nutri-score sur leurs produits et que cela leur montrera qu’il est inutile, comme le font certains groupes, de proposer des alternatives pour torpiller cet indicateur. » La bataille des étiquettes n’est pas terminée.
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Mobilisation internationale pour la poétesse chinoise Liu Xia, veuve du dissident Liu Xiaobo

A l’initiative du Pen Club américain, une société d’écrivains, et d’Amnesty International, 28 intellectuels ont diffusé sur internet, mercredi, des vidéos dans lesquelles ils lisent des poèmes de Liu Xia.
Le Monde.fr avec AFP | 17.05.2018

Des artistes et des écrivains, en France et aux Etats-Unis, se mobilisent pour obtenir des autorités chinoises la libération de la poétesse Liu Xia, veuve du dissident Liu Xiaobo. A l’initiative du Pen Club américain, une société d’écrivains, et d’Amnesty International, 28 intellectuels ont diffusé sur internet, mercredi 16 mai, des vidéos dans lesquelles ils lisent des poèmes de Liu Xia.
Parmi les signataires figure le Prix Nobel de littérature 2003, l’Australo-Sud-Africain John Maxwell Coetzee, et l’écrivain chinois contestataire Ma Jian, installé à Londres.
Amnesty a lancé un hashtag sur le réseau social Twitter pour appuyer cette demande de libération : #FreeLiuXia.
Mme Liu, 57 ans, est sous très étroite surveillance du régime communiste depuis que son époux a obtenu le prix Nobel de la paix 2010, avant de mourir en détention d’un cancer, en 2017.

Liu Xiaobo avait été condamné en 2009 à onze ans de prison pour « subversion » pour avoir cosigné un appel en faveur de la démocratie en Chine.

In this July 15, 2017, (Shenyang Municipal Information Office via AP, File)

Mme Liu, 57 ans, est sous très étroite surveillance du régime depuis que son époux a obtenu le prix Nobel de la paix 2010, avant de mourir en détention d’un cancer, en 2017. AP
Prête à « se laisser mourir »
« Monsieur Xi Jinping, rendez sa liberté à Liu Xia ! » : dans une lettre ouverte, publiée par Le Monde lundi, une quarantaine de femmes ont également demandé au président chinois Xi Jinping de rendre sa liberté à Liu Xia.
« Nous vous demandons, au nom de notre commune humanité, de lui permettre de jouir enfin de toutes les libertés qui sont formellement garanties par la Constitution chinoise », a écrit ce collectif de femmes, parmi lesquelles la philosophe Elisabeth Badinter et l’ancienne ministre de la culture Aurélie Filippetti.
Selon l’un de ses proches, l’écrivain dissident Liao Yiwu, qui vit en Allemagne, la poétesse lui a confié il y a deux semaines par téléphone qu’elle était prête à « se laisser mourir », les autorités chinoises lui interdisant de quitter le pays.
Lire aussi :   Liu Xia, veuve de Liu Xiaobo : « Il est plus facile de mourir que de vivre »
Inquiets pour l’état psychologique de Mme Liu, cinq diplomates, dont un Allemand, un Britannique, un Canadien, un Français et un représentant de l’Union européenne, ont été refoulés vendredi de la résidence de Liu Xia alors qu’ils tentaient de lui rendre visite.
Pékin a appelé, lundi, les diplomates étrangers à « respecter la souveraineté » de la justice chinoise.
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Avaaz – URGENT: massacres en Palestine

À Gaza, les troupes israéliennes viennent de massacrer 60 manifestants sans armes, et blessé par balle 1300 autres personnes. Israël est aujourd’hui dirigé par l’un des régimes les plus violemment racistes du globe — il est temps que le monde déclare que les vies des Palestiniens comptent aussi, et se rassemble pour exiger des sanctions contre Israël:
signez ici
Les militaires israéliens viennent de tuer 60 manifestants désarmés, et en ont blessé 1300 autres par balle. 1300. Et ils le font le sourire aux lèvres — vous pouvez visionner une vidéo ici.
C’est un massacre — un de plus,  en 50 ans de répression militaire raciste et violente à l’encontre du peuple palestinien.
D’autres États se sont vus sanctionnés pour bien moins. Les sanctions contre l’Afrique du Sud ont contribué à libérer sa population noire: il est temps pour le monde de se rassembler derrière des sanctions contre Israël pour libérer les Palestiniens.

Signez la pétition: les vies palestiniennes comptent aussi!

Israël s’est écarté du chemin de la raison et de la paix pour se rapprocher de l’extrême droite. Un député a demandé à ce qu’Ahed Tamimi soit battue – il s’agit de la jeune Palestinienne qui avait giflé un officier après que son petit cousin ait reçu une balle dans le visage – et le ministre de la Défense en personne a menacé de punir la famille entière!
L’armée israélienne prétend que les manifestations sont une invasion organisée par le Hamas et que quelques manifestants étaient armés. Ces affirmations sont contestées par les Palestiniens et la société civile internationale, sachant qu’Israël a souvent menti pour justifier ses actions. Et même si c’était vrai, pourquoi avoir tiré sur 1300 personnes situées à des centaines de mètres de la bande de séparation? Et pourquoi à balles réelles?!
Les forces israéliennes contrôlent l’espace aérien et sont retranchées derrière des fortifications, avec souvent des kilomètres de désert derrière elles: quelle menace représente réellement la foule?! La peur et la victimisation hystériques du régime israélien ne connaissent pas de limites, et justifient les actes les plus cruels.
Gaza est en réalité la plus grande prison à ciel ouvert du monde, privée de produits de première nécessité depuis des années par Israël. Les personnes qui manifestent risquent leur vie par désespoir. Mais lorsque ces prisonniers osent s’approcher des murs de leur prison, leurs geôliers les abattent comme des animaux, bien en sécurité dans des miradors situés à des centaines de mètres.
Les soutiens inconditionnels d’Israël sauteront sur l’occasion pour accuser Avaaz, et les nombreux membres juifs de notre équipe, de haine des Juifs. Mais notre équipe et les membres d’Avaaz aiment l’humanité toute entière, sans distinction. L’Holocauste est une réalité, le peuple juif a souffert de terribles persécutions et est toujours victime d’antisémitisme dans le monde entier.
Beaucoup de ceux qui ont participé à la fondation d’Israël voulaient en faire le phare d’une voie meilleure. Mais leur vision a été trahie, et l’État d’Israël est désormais dirigé par un régime répressif et violemment raciste — il mérite une condamnation internationale. Pas juste en paroles, mais en actes:
C’est un massacre — un de plus,  en 50 ans de répression militaire raciste et violente à l’encontre du peuple palestinien.
D’autres États se sont vus sanctionnés pour bien moins. Les sanctions contre l’Afrique du Sud ont contribué à libérer sa population noire: il est temps pour le monde de se rassembler derrière des sanctions contre Israël pour libérer les Palestiniens.
Pendant des décennies, tous les options ont été explorées pour encourager le régime israélien à mieux traiter les Palestiniens, mais leur condition n’a fait que s’aggraver. Des sanctions ciblées, s’appliquant par exemple aux « diamants du sang » israéliens, un boycott sur les ventes d’armes (Israël vend des armes à certains des régimes les plus violents du monde) ou encore des sanctions technologiques ou culturelles (comme interdire à Israël de participer à des manifestations sportives ou à l’Eurovision) devraient pouvoir infléchir la voie choisie par le régime.
Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou sont deux des dirigeants les plus malhonnêtes et dangereux du monde actuel. Comme tous les extrémistes, ils rêvent d’un monde où les personnes raisonnables perdraient le nord et se déchireraient en deux camps en guerre, dont l’un serait sous leurs ordres. Montrons-leur que cela ne prendra pas — les personnes ordinaires ne se laisseront pas toucher par leur rhétorique de haine et leur propagande. Nous verrons toujours le racisme et la violence pour ce qu’ils sont, et réagirons en conséquence. Ils ne peuvent pas nous voler notre humanité, et nous ne les laisserons pas priver les Palestiniens de leur liberté et de leur dignité.
Avec espoir et détermination,
Ricken, Christoph, Emma, Fadi, Pascal, Rewan, Elana, Diego et toute l’équipe d’Avaaz
https://www.avaaz.org/fr/contact, ou appelez-nous au +1-888-922-8229 (États-Unis).
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#dessin – Cadenas

Quand les dessins de Kak épousent l’actualité, pour le meilleur et pour le rire.
Anne Hidalgo piégée par le contrat Velib’

L’Opinion 17/05/2018 Emmanuelle Ducros
L’Opinion s’est procuré le contrat signé avec le prestataire du nouveau Velib’. Il est très mal ficelé. La maire de Paris se retrouve pieds et poings liés alors que le déploiement du service de vélos en libre-service déraille toujours

Les faits

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Les cinq méthodes de l’industrie pharmaceutique pour nous bourrer de médicaments inutiles

Reporterre – 10 février 2016 / Sarah Lefèvre (Reporterre) –
L’industrie pharmaceutique va bien, très bien même. Grâce aux Français, leurs plus fidèles clients au monde, mais d’abord grâce à un intense et efficace travail de l’ombre auprès des autorités politiques et sanitaires et des médecins. Si la santé des laboratoires est renforcée par ces pratiques, ce n’est pas le cas de celle des patients.
Au concours des consommateurs du comprimé, les Français figurent toujours sur la première marche du podium. En moyenne : quatre comprimés avalés par jour pour l’ensemble de la population et une facture de 34 milliards d’euros en 2014. Soit 2,7 % de plus que l’année précédente, dont 20 milliards pris en charge par la Caisse nationale d’assurance maladie. Parallèlement, l’industrie pharmaceutique s’affirme comme la plus rentable au monde et elle ne cesse de progresser : 639 milliards d’euros de chiffres d’affaires global pour le secteur en 2013, en croissance de 4,5 % par rapport à 2012. Il y a 10 ans, un rapport de la Chambre des Communes anglaises sur l’industrie pharmaceutique concluait : « Elle est maintenant hors de tout contrôle. Ses tentacules s’infiltrent à tous les niveaux » (texte en bas de cet article). Le constat est-il toujours d’actualité ? Comment s’y prend-elle, dans quelles strates se fond-elle pour maintenir notre dépendance et commercialiser toujours plus de nouvelles molécules ?
Tout commence par le cabinet du médecin traitant : le principe concurrentiel de la médecine libérale et payée à l’acte implique la notion de satisfaction. Claude Malhuret, sénateur UMP, a proposé plusieurs amendements en faveur de l’indépendance du corps médical face au lobby pharmaceutique lors du vote de la loi santé. « Les médecins sont prêts à tout pour garder leurs patients. Alors ils répondent à leurs demandes. Les somnifères, les benzodiazépines [anxiolytiques]… C’est un scandale, ça tue les vieux ! C’est normal, quand on est vieux, de ne dormir que cinq heures par nuit. Tous ceux qui en prennent à long terme – pas plus de six semaines normalement – sont finalement dépendants et subissent un déficit cognitif d’autant plus fort qu’ils sont âgés. » Dans ce système régi par la rentabilité et la réponse aux besoins immédiats du patient, pas le temps de s’intéresser en profondeur aux origines des troubles du sommeil ou d’une dépression, comme l’explique Jean-Sébastien Borde, président du Formindep, collectif de médecins qui œuvre pour une formation indépendante. « Nous sommes parmi les champions du monde de la consommation des anxiolytiques. Or l’accompagnement de ces pathologies prend du temps si l’on veut comprendre ce qu’il se passe, tandis que la prise d’un médicament va soulager automatiquement. C’est la conjonction d’un manque de praticiens et d’un nombre de consultations très élevé pour chacun qui conduit à ces prescriptions très importantes. »
 1. Manipuler le baromètre thérapeutique
Cette surconsommation de médicaments est encouragée par les labos. Première technique : modifier le seuil à partir duquel le médecin doit prescrire. Prenons l’exemple de l’hypertension, à l’origine de troubles cardiovasculaires, qui représente la moitié du marché médicamenteux de la cardiologie, selon Philippe Even, ex-président de l’institut Necker [1] et fervent militant anticorruption. « L’industrie, puis les agences de santé et les médecins ont redéfini l’hypertension à 14, contre 16 auparavant. Alors que la tension moyenne de la population se situe aux alentours de 13. Ça a l’air de rien comme ça, je n’arrive pas à réveiller les gens à ce sujet, mais qu’est-ce que cela signifie ? » Le professeur émet un bref silence avant de hausser le ton. « Cela veut dire quadrupler le marché des antihypertenseurs, parce qu’il y a quatre fois plus de gens qui ont une tension entre 14 et 16 ! »
2. À nouvelles maladies, nouveaux marchés
Autre tendance, la transformation de facteurs de risque en maladies. Exemple phare : le cholestérol, « notre ennemi à tous ». Parmi les traitements « blockbusters », le Crestor, du laboratoire Astrazeneca. Il est la troisième référence pharmaceutique la plus commercialisée au monde. Cette pilule anticholestérol fait partie de la famille des statines, prescrites à outrance et souvent à vie. « Cinq millions de gens sont traités avec des statines en France, explique Claude Malhuret. Contre un million seulement qui en auraient besoin. » Seules les personnes qui ont déjà eu un accident cardiovasculaire devraient en consommer, selon lui. Quid des quatre millions de personnes qui en prennent inutilement ? Les effets secondaires recensés sont lourds : insuffisance rénale, troubles musculaires, cognitifs, hépatiques, impuissance, myopathie, cataractes. Le sénateur enchérit : « Le jour où toutes ces personnes âgées qui consomment des statines et autres somnifères vont mourir d’un accident médicamenteux, personne ne va s’en occuper ou bien même s’en soucier. Elles seront mortes de vieillesse, comme tout le monde ! » 20.000 accidents dus à de mauvaises prescriptions sont recensés chaque année en France. Un chiffre sous-estimé selon Michèle Rivasi, députée européenne EELV, « du fait des carences de notre système de pharmacovigilance ».
3. Chers visiteurs médicaux
Une vigilance qui doit s’opposer à l’omniprésence du marketing. Les médecins sont quotidiennement sollicités par les visiteurs médicaux qui assurent la promotion des nouvelles molécules. « Les lobbies sont omniprésents dans les couloirs des hôpitaux, affirme Jean-Sébastien Borde, du Formindep. Or, le médicament prescrit par le spécialiste aura tendance ensuite à être prescrit par le généraliste à la sortie de l’hôpital. » Et cette promotion fonctionne à merveille, selon une étude de 2013 publiée dans Prescrire, la seule revue médicale indépendante en France. Les médecins qui reçoivent le plus de consultants ont les ordonnances les plus généreuses. Ces mêmes praticiens reçoivent plus de patients, pour des temps de consultation plus courts et lisent davantage de presse gratuite financée par les firmes elles-mêmes. Les visiteurs tentent d’instaurer « une relation amicale » avec les médecins et offrent petits-déjeuners ou déjeuners, proposent d’organiser le pot de départ des internes… 244.572.645 € : voici le montant total des cadeaux des firmes pharmaceutiques aux médecins entre janvier 2012 et juin 2014, recensés par le collectif Regards citoyens.
4. Séduire les leaders d’opinion
Les Key Opinion Leaders, alias KOL, ou leaders d’opinion, clés de voûte de la promotion des médicaments, interviennent en première ligne, avant et après l’autorisation de mise sur le marché (AMM) des médicaments. Ils sont rémunérés pour réaliser les essais cliniques, les valider puis prêcher la bonne parole durant les congrès de spécialistes, dont les déplacements, frais de bouche et hôtels sont pris en charge par les labos, pour eux comme pour leurs confrères présents sur place. En tant que chef du service de gériatrie à l’hôpital Pompidou, à Paris, Olivier Saint-Jean a le profil parfait. « Je suis un KOL négatif », affirme-t-il pourtant. Le professeur refuse de prescrire les seuls traitements « inutiles voire dangereux » qui existent aujourd’hui contre la maladie d’Alzheimer. « C’est complexe pour nous de dire : “Je n’ai rien à vous prescrire.” Mais à partir du moment où je me suis rendu compte que le traitement était dangereux pour les patients, j’ai basculé et j’ai dit à mes étudiants à l’université que cela ne marche pas. » En 2006, l’Inserm lui demande d’étudier de plus près les analyses de ces médicaments. Résultat : il démontre leur inutilité, et révèle qu’ils peuvent s’avérer toxiques pour des patients justement atteints de troubles de la mémoire. « Je me suis fait insulter par mes confrères, raconte-t-il. Certains, en lien avec les labos, disaient qu’il était criminel de dire que ces médicaments étaient inefficaces. » KOL négatif, donc non rentable, brebis égarée d’un star système qu’il décrit par ailleurs pour y avoir participé quand la recherche était encore teintée d’espoir.
« Il y a trente ans, ces personnes âgées restaient dans les hospices et les fonds de salle des hôpitaux psychiatriques. Puis, les labos ont proposé des médicaments en parallèle de professionnels qui se bougeaient pour avoir une vraie reconnaissance de ces malades. J’ai eu des liens d’intérêts avec les labos à ce moment-là. On avait vraiment envie de faire mieux. Cela m’arrivait d’aller faire des formations à des médecins traitants et puis, c’est vrai que je repartais avec un chèque. Parfois réinjecté dans le service, parfois dans ma poche. » À l’heure où le montant des crédits alloués à la recherche ne cesse de baisser, de plus en plus de chefs de service, les « patrons », comme on les appelle, acceptent la manne des études diligentées par les labos.
Mais alors quelle différence y a t-il entre lien et conflit d’intérêts ? Claude Malhuret s’est battu au Sénat en 2015 lors du vote de la loi santé de Marisol Touraine pour imposer des amendements en faveur de plus de transparence entre les firmes et le corps médical. « Un laboratoire vous demande par exemple d’effectuer des recherches pour approfondir la compétence sur une pathologie. Vous réalisez cette étude, vous amenez donc des résultats et êtes rémunéré pour les services que vous avez rendus au laboratoire mais vous n’êtes pas en situation de conflit. Au contraire, il y a conflit d’intérêts lorsque, en échange d’une rémunération, vous apposez votre signature en bas d’une étude que vous n’avez pas pris le temps de suivre, de réaliser vous-même. » Ceux-ci sont une minorité insiste Philippe Even dans son dernier ouvrage Corruptions et crédulité en médecine : il identifie par exemple « les six cardiologues parisiens les plus liés à l’industrie ». Ce sont eux qui agissent ensuite auprès des autorités publiques, puis qui deviennent membres et présidents des agences de santé et livrent leurs recommandations au ministère pour les autorisations de mise sur le marché (AMM).
5. Contrôler les études et les consciences
Une fois l’AMM obtenue, une grosse machine en trois étapes se met en branle. La première est celle de la diffusion orale : « Il faut que des universitaires aillent de congrès en séminaires répandre la vérité sur la dernière merveille du monde qui vient d’arriver », raconte Philippe Even. Aux États-Unis, des médecins que l’on appelle les « Tour Doctors » passent des contrats d’orateurs avec les firmes.
C’est à ce moment-là que la presse s’en empare, c’est la deuxième phase. Les firmes s’arrangent alors pour faire signer les articles par les spécialistes des pays au plus fort potentiel de marché : États-Unis, Europe, Japon, Chine, Brésil. « Le plus souvent, ils lisent l’article écrit par des sous-traitants de l’industrie et le signent », poursuit l’auteur de Corruption et crédulité en médecine. Nos consultants ou leaders d’opinion ont ensuite la charge de répercuter la promotion dans leurs pays respectifs, dans les journaux locaux, sur les plateaux télé. « Et alors de nombreux journaux, même réputés, tombent dans le panneau : “Un expert mondialement reconnu”, lit-on dans Le Monde ou dans Le Figaro, par exemple… Reconnu à l’intérieur du périph, oui ! » rit Philippe Even, avant de poursuivre. « Or, ces journaux, comme les journaux spécialisés ne vivent plus que grâce à la pub et donc à l’industrie. » D’ailleurs, quel secteur se porte encore mieux que l’industrie pharmaceutique ? Justement celui de ces journaux médicaux. « Alors que les firmes pharmaceutiques réalisent en moyenne 20 % de bénéfices par an, les organes de publication en réalisent 30 % ! » affirme le président de l’institut Necker.
Dernière phase : le médicament doit être recommandé par les prescripteurs et les sociétés dites savantes, comme les fédérations de santé, qui sont des centaines en France. La fédération de cardiologie par exemple, celle de l’hypertension, la société d’athérosclérose, etc., financées par les laboratoires : « Elles émettent des recommandations officieuses. Pour les rendre officielles, la Haute Autorité de santé reprend les articles d’experts qui les ont rédigés pour les firmes. À travers ces trois étapes, les congrès, les journaux, les sociétés et agences de santé, on peut dire que les sociétés tiennent directement la plume des prescripteurs. »
Sur les 2.000 médicaments commercialisés (10.000 au total avec les copies), seuls « 200 sont utiles », selon Philippe Even. Michel Thomas, professeur en médecine interne [2] à Bobigny, va plus loin. Il a publié une étude en 2013 recensant 100 médicaments vraiment indispensables. « On considérait qu’il y avait beaucoup trop de consommation de médicaments en France et qu’il fallait se pencher sur l’essentiel. » Après validation auprès d’une centaine de médecins internistes français, la liste se réduit aujourd’hui à 85 références, hors traitements de maladies rares et anticancéreux, pour une prise en charge de « 95 % des pathologies de départ ». Michel Thomas attend avec impatience de voir si, comme prévu dans la loi de santé, une liste des médicaments « préférentiels » inspirés de la sienne verra le jour. « Le Leem, le syndicat des firmes pharmaceutiques en France, a fait une offensive lors de la discussion de cette loi pour tenter de l’interdire, mais cette proposition a retenu l’aval de l’Assemblée et du Sénat », se félicite-t-il. Reste à savoir quand et comment sera promulguée cette loi de santé, car, comme il le dit, « les décrets d’application peuvent tout changer ».
« L’INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE EST MAINTENANT HORS DE TOUT CONTRÔLE »
Voici un extrait d’un rapport de 2006 de la Chambre des Communes anglaise sur l’industrie pharmaceutique, dont les conclusions ont été reprises par l’ONU en 2008. Selon les médecins contactés, ce rapport est toujours valable.
La Chambre des Communes anglaise.
« L’industrie pharmaceutique trahit ses responsabilités à l’égard du public et des institutions. Les grandes firmes se sont de plus en plus focalisées sur le marketing, plus que sur la recherche, et elles exercent une influence omniprésente et persistante, non seulement sur la médecine et la recherche, mais sur les patients, les médias, les administrations, les agences de régulation et les politiques. (…) Elle s’est imbriquée dans tout le système, à tous les niveaux. C’est elle qui définit les programmes et la pratique médicale. Elle définit aussi les objectifs de recherche de médicaments sur d’autres priorités que celles de la santé publique, uniquement en fonction des marchés qu’elle peut s’ouvrir. Elle détermine non seulement ce qui est à rechercher, mais comment le rechercher et surtout comment les résultats en seront interprétés et publiés. Elle est maintenant hors de tout contrôle. Ses tentacules s’infiltrent à tous les niveaux. Il faut lui imposer de grands changements. »
POUR ALLER PLUS LOIN
Sur l’internet :
- Qualité de vie en France, étude Insee, édition 2015.
- « Les dépenses de santé en 2014 », Études et résultats n° 935, Drees, septembre 2015.
- « Comprendre la promotion pharmaceutique et y répondre », rapport de l’OMS traduit en français par la Haute Autorité de santé en 2013.
- Conflits d’intérêts, un risque sanitaire, étude collective du Formindep, collectif indépendant pour la formation des médecins, 2015.
En librairie :
- Le Racket des laboratoires pharmaceutiques et comment s’en sortir, Michèle Rivasi, Serge Rader, Marie-Odile Bertella-Geffroy, Les Petits Matins, 2015.
- Corruptions et crédulité en médecine, Philippe Even, Cherche midi, 2015.
- Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles et dangereux, Philippe Even et Bernard Debray, Le Cherche Midi, 2012.
- Big Pharma, une industrie toute puissante qui joue avec notre santé, Mikkel Borch-Jacobsen, éditions Les Arènes, 2013.
- Médicaments. Effets secondaires : la mort, John Virapen, Le Cherche Midi, 2014.
Le témoignage d’un ancien haut dirigeant d’une grande firme pharmaceutique.
[1Centre international de recherches en médecine moléculaire affilié à l’université Paris-Descarte et à l’hôpital Necker, à Paris
[2La médecine interne est une spécialité médicale. Elle s’intéresse au diagnostic et à la prise en charge globale des maladies de l’adulte avec une prédilection pour les maladies systémiques et les maladies auto-immunes en général.

 

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Italie – Ligue du Nord et Mouvement 5 étoiles : faits pour vivre ensemble

Charlie Hebdo – 16/05/2018 – Gérard Biard – 
Vont-ils enfin finir par conclure ? Lundi, après deux mois et demi de rencontres,  de tractations, de psychodrames divers, de serments quasi amoureux et de scènes de ménage endiablées, la Ligue du Nord et le Mouvement 5 étoiles (M5S), les deux grands vainqueurs des élections législatives italiennes du 4 mars, peinaient encore à faire leur lit, pardon, gouvernement commun, autour d’un résident du Conseil consensuel.
Vu de l’extérieur, ce suspense de série Z interroge. D’abord, l’Italie a-t-elle vraiment besoin d’un gouvernement ?  Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, elle en a usé 62. Beaucoup n’ont duré que quelques mois. L’un d’eux n’a même tenu que dix-sept jours. En 2010-2011, les Belges se sont très bien débrouillés sans exécutif pendant 18 mois. Les Italiens, dont la réputation de débrouillardise n’est plus à faire, pourraient parvenir sans peine à égaler, voire à surpasser ce record.
Surtout, quel citoyen à peu près sensé souhaiterait être gouverné par une coalition Ligue/M5S ? Non pas qu’elle soit vouée à l’échec. Les deux deux formations sont en effet faites pour s’entendre. Braillardes, démagogiques jusqu’à l’outrance, fondées par deux guignols nombrilistes -Umberto Bossi et Beppe Grillo -, elles sont d’accord sur l’essentiel et devraient pouvoir se partager sans trop de bisbilles les deux parts de l’Italie qu’elles dominent respectivement : le Nord pour la Ligue, le Sud pour le M5s. Pas grand chose, au fond, ne fait vraiment débat entre les deux partis « anti-système ». Et tout porte à croire qu’ils s’apprêtent à s’en accommoder sans trop de grimaces, du système, comme le démontre la manière dont s’est résolu le « problème Berlusconi ».
Qu’est-ce qui différencie vraiment Beppe Grillo et Umberto Bossi ?
Pendant des semaines, la question du Cavalière polluait les marchandages. Il refusait de se mettre en retrait, et le M5S en faisait un casus bellli. Mais la Ligue rechignait à trancher, car se fâcher avec lui,c’était aussi se fâcher avec son parti, Forza Italia, avec lequel il fait équipe dans un nombre non négligeable de municipalités, provinces, régions.  Soudain, contre toute attente, Berlusconi a annoncé la semaine dernière qu’il ne s’opposerait pas à un gouvernement M5S/Ligue. Ce sont Gianni Letta, son bras droit, et Fedele Confalonieri, l’actuel président de Mediaset, qui l’auraient convaincu. pour que ces deux là, dont la seule préoccupation notoire est la pérennité et la prospérité des activités financières, médiatiques et immobilières berlusconiennes, soient montés au front, c’est, disent les mauvaises langues, qu’ils ont obtenu l’assurance que le futur gouvernement n’ira pas chercher des poux dans les implants de « Sua Emittenza ». En clair, que le M5S oubliera sa promesse de porter une loi qui, enfin, mettra un terme aux innombrables conflits d’intérêts de Berlusconi. 
Il n’y a donc pas de raison pour que, sur cette belle lancée, les deux partis ne s’accordent pas aussi sur les rares sujets qui les divisent encore : un revenu de citoyenneté voulu par le M5S que refuse la Ligue, qui y voit un « assistanat » insupportable, et une « flat tax »* pour la Ligue, dont ne veut pas entendre parler – pour l’instant le M5S.Pour le reste, on n’est pas loin du grand amour. Sur l’Europe, qui suce le sang des peuples et piétine la souveraineté des États. sur les migrants, qu’il faut en substance rejeter à la mer. Sur l’ordre, qu’il faut maintenir avec fermeté. sur la famille, qu’il faut soutenir. Sur les médias, qui mentent. On a beau être au bord de la Méditerranée, le « programme commun » Ligue/M5S a de faux airs autrichiens ou hongrois… Matteo Salvini, le leader de la Ligue, s’affichait encore la semaine dernière à la finale de la coupe d’Italie – donc devant toutes les caméras du pays – avec un très seyant blouson noir de la marque préférée des militants de CasaPound, ce mouvement fasciste romain qui inspire tant nos groupes identitaires. Aucun commentaire du M5S, qui se revendique toujours comme le principal rempart à l’extrême droite… Le « e, même temps » à l’italienne, sans doute.
Silvio Berlusconi et Matteo Salvini
* flat taxC’est la mesure phare du programme de la coalition de centre droit : l’introduction d’un impôt sur le revenu à taux unique dans un pays où la pression fiscale est l’une des plus importantes d’Europe.« Payez moins mais payez tous. » Cela pourrait être le slogan de la coalition de centre droit qui, traditionnellement, fait de la réduction des impôts le cœur de ses campagnes électorales. Un thème auquel l’électorat est particulièrement sensible dans un pays où la pression aussi bien que l’évasion fiscale battent des records européens. Souvent évoquée dans le débat public, elle fait désormais partie du programme de la coalition emmenée par Silvio Berlusconi…
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