JO 2024 : make our France great again

Le Canard Enchaîné – 20/09/2017 – Jean-Luc Porquet –
Hourrah, on a les Jeux olympiques ! « Ensemble, célébrons la victoire » ! Ça faisait un siècle que la France ne les avait pas eu ! En 2024, Paris sera une fête ! Merci Macron, merci Hollande, merci Hidalgo (qui était contre il y a encore 3 ans), merci Sarkozy, qui tous se sont vantés d’y avoir été pour quelque chose, merci, merci ! On-a-ga-gné !
D’abord, croix de bois, croix de fer, il n’y aura aucun dérapage financier. Les dix villes qui, depuis Los Angeles 1984 se sont endettées à mort en accueillant les Jeux et ont vu leur budget exploser – comme Rio, coût total : 33 milliards, soit trois fois plus que prévu, ou Athènes (et la Grèce ne s’en est toujours pas remise) – ne savaient tout simplement pas y faire.
Mais, nous autres, Français, on sait. On a un budget pré-vi-sion-nel : 6,6 milliards. Certes, c’est énorme. Mais l’État ne mettra que 1 milliard, promis. Les sponsors, la billetterie, le CIO et le « secteur privé » (sic) paieront le reste, juré. Tony Estanguet, le champion de canoë qui préside le comité d’organisation, a su trouver l’argument qui tue : « Je ne vois pas comment on pourrait dépasser » (« Libération », 14/9). si lui ne voit pas, alors ! Car, comme on nous le serine pour nous rassurer, 95 % des équipements existent. Stades, vélodromes, piscines… Restent juste quatre énormes chantiers. Un « village des médias » au Bourget. Une piscine olympique à Aubervillers. Une salle sportive de 8 000 places, qui sera construite à l’emplacement d’un jardin public de 2,5 hectares (ça sert à rien les jardins publics) dans le XIIème. Et un « village olympique » (sic), en réalité une vraie ville où seront logés les 17 000 athlètes (coût prévu : 1,5 milliard d’euros)… On n’en fera qu’une bouchée !
N’écoutons donc pas les grincheux qui, comme Alexandre Delaigue (1), affirment que les jeux coûtent en moyenne trois fois plus cher que prévu et rapportent trois fois moins qu’estimé… Ni les râleurs du collectif « Non aux JO 2024 à Paris« , qui assurent que les dépenses de sécurité ont été absurdement sous-évaluées et jurent qu’elles s’élèveront, au minimum, à six fois plus que les 182 millions prévus. Ni ceux qui trouvent indécent tout cet argent jeté en l’air, alors que les caisses sont vides et que Macron va jusqu’à piquer 5 euros dans la poche des locataires désargentés…
Allons, du cran, relevons le défi ! Et réjouissons-nous : on va réussir un pari fou. Les Jeux, c’est 13 millions de spectateurs qui viendront du monde entier. A pied, en cheval, en voiture et, surtout, en avion. Lequel est le pire émetteur de CO2 par tête de pipe. Que ce déplacement massif de touristes tourne au scandale climatique, voilà qui est impensable, puisque la maire de paris prétend en bannir les voitures et que la France est la championne de la lutte contre le réchauffement climatique. du coup, elle va faire en sorte que ces JO soient climato-compatibles. Quoi ? C’est impossible ? Mais impossible n’est pas français, voyons ! On-est-les-cham-pions, on-est-les-cham-pions !
(1) L’organisation des JO est toujours un gouffre financier (l’Obs 11/7)
Publié dans International, Sport | Tagué

Monsanto, l’indépendance et l’intégrité

Philippe Lamberts – 19/09/2017 –
Quand il s’agit de Monsanto, on pense avoir déjà tout vu en matière de mépris, de cynisme et de manipulation. Et pourtant, la multinationale a réussi à nous surprendre par deux fois ces derniers jours en atteignant de nouveaux sommets – ou plutôt, de nouvelles profondeurs.
Bref rappel de la situation : Monsanto est actuellement en campagne pour obtenir la prolongation en Europe de l’autorisation du glyphosate, l’herbicide utilisé dans le RoundUp. Dans ce cadre, le géant de l’agro-business ne recule devant rien pour discréditer le CIRC, l’agence de l’Organisation mondiale de la Santé spécialisée sur le cancer : c’est en effet celui-ci qui avait classé le glyphosate comme « probablement cancérogène pour l’homme » en mars 2015. Plus de détails par ici.

La commission Agriculture du Parlement européen a invité Monsanto à venir débattre avec les eurodéputés à Bruxelles. On s’attendait bien sûr à une réponse négative, d’autant que Monsanto est en plein procès outre-Atlantique. Mais le ton de la lettre annonçant le refus vaut son pesant d’arrogance. Selon le vice-Président, Philipp W. Miller, « il n’appartient pas au Parlement européen de remettre en question la crédibilité des résultats scientifiques des agences européennes ou d’autres pays ». Il s’alarme également de la « politisation de la procédure sur le renouvellement du glyphosate – une procédure qui devrait être strictement scientifique mais a été, à de nombreux égards, détournée par le populisme ». Plus loin, Monsanto continue de calomnier l’Organisation mondiale de la santé en accusant les scientifiques du CIRC d’avoir volontairement ignoré certaines études publiées dans des revues scientifiques. M. Miller va jusqu’à affirmer que ce débat au Parlement européen risque de mettre en danger l’intégrité et l’indépendance des procédures scientifiques européennes. Pour Monsanto, définitivement et depuis de nombreuses années, la meilleure défense, c’est l’attaque.
Et en parlant d’intégrité et d’indépendance des procédures scientifiques, l’ONG Global 2000 a révélé ce vendredi que des passages décisifs du rapport de ré-évaluation de l’EFSA (l’Autorité européenne de sécurité des aliments) sur le glyphosate sont en réalité du texte copié-collé. Le Monde a révélé que le texte original provenait d’un état de la littérature datant de 2013 et rédigé par deux experts, Kier et Kirkland, ayant des liens très étroits avec les industriels du glyphosate. Dans cet article, des dizaines d’études indépendantes sur le glyphosate sont évaluées quant à leur qualité et déclarées fiables ou non fiables. Et comme par hasard, presque toutes les études montrant des effets négatifs du glyphosate sont jugées de faible qualité et donc non fiables…  Le BfR (Bundesinstitut für Risikobewertung), l’agence allemande à qui l’EFSA a délégué la rédaction du rapport d’expertise préliminaire, a donc repris telles quelles des dizaines de pages, et repris à son compte de nombreux commentaires des industriels.
Intention ou négligence ? Quoi qu’il en soit, ces graves révélations minent encore davantage la confiance des consommateurs européens dans les procédures d’évaluation. La Commission européenne a proposé le renouvellement pour 10 ans de l’autorisation du glyphosate en UE. Le vote doit intervenir d’ici le 31 décembre 2017. Les États-Membres doivent protéger leurs citoyens et bannir enfin cette substance nocive du territoire européen.
Publié dans Agroalimentaire, Europe | Tagué ,

Suisse – Droit comme un buffle de Travers

Depuis vingt ans, Georges Stähli élève ces bovins dans le Val-de-Travers. Un animal importé d’Italie bien plus authentique et solide que les vaches
Le Temps aout 2017 Frédéric Koller

C’est à la sortie de Noiraigue en direction de Travers. Ou l’inverse. Cela dépend d’où l’on vient. Dans les champs qui longent la route, il y a ces points noirs dans un décor vert. Cela ressemble à des vaches, mais cela n’en a pas tout à fait l’allure. C’est plus rond, plus lourd, plus noir. Tout noir. Les cornes pointent vers l’arrière, drôle de défense. Quelques poils épars jaillissent de la peau lisse et épaisse qui miroite au soleil.

A ce stade du récit, un aveu: j’ai un faible pour les buffles (puisqu’il s’agit de buffles), animal fétiche de l’Asie des villages et des terres de moussons. Là-bas, on les voit labourant les rizières ou affalés dans la boue, parfois chevauchés par les enfants, souvent promenés en laisse par les vieillards, ou alors brossés par les femmes dans les rivières. C’est un animal de trait, de production et de compagnie.
Là, ils se tiennent bien droit, comme des ruminants d’ici, dans leur champ d’herbe grasse, disposant d’une mare pour se baigner. Georges Stähli et son frère Daniel élèvent près de 400 buffles dans le Val-de-Travers. «Aujourd’hui, cela tourne, on a atteint une vitesse de croisière, explique Georges. Même s’il y a toujours des améliorations à apporter à l’exploitation.»

«Trouver un truc»
Au départ, Georges et son frère élevaient des vaches, des veaux, des cochons, faisaient de la pomme de terre, du maïs, de la betterave. Au milieu des années 1990, la libéralisation déploie ses effets: les marchés sont plus concurrentiels, plus imprévisibles aussi. A cela s’ajoutent diverses crises, comme celle de la vache folle, qui provoquent une chute des prix de la viande.
Les deux frères se remettent alors en question. Il leur faut un marché de niche, innover, «trouver un truc qui ne se faisait pas». Mais quoi? Des cerfs? C’est un animal sauvage. Que disent les statistiques d’importation? 64% du lait de chèvre vient de l’étranger. Une piste? Leur terrain n’est pas adapté. Et la mozzarella? Tout vient d’Italie, ou presque. Le fromager du coin fait de la mozzarella de vache. La mozzarella de bufflonne, cela se vendrait mieux, confirme-t-il. Il y a là un potentiel de forte croissance.
Ne lui parlez plus de vaches
Nous sommes en 1997-1998. Après avoir élaboré leur business plan, les deux frères partent en Italie chercher un premier lot de 21 bufflonnes. «C’était chez une vieille dame qui nous assurait que ses bêtes n’étaient pas vaccinées mais que tout était en ordre pour le vétérinaire, raconte Georges. Vérification faite en Suisse grâce à des échantillons, douze avaient la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR). On en a donc retenu neuf qui, après une période de quarantaine, ont rejoint Travers.»
Ne parlez plus de vaches à Georges. Un animal qui a tellement été poussé à la production, sélectionné pour sa viande, son lait, que c’en est presque devenu un monstre. «Il y a des vaches en Belgique qui ne peuvent plus vêler à cause des doubles cuisses de leurs veaux. Les agriculteurs doivent apprendre à faire des césariennes…» Alors que le buffle, bien que domestiqué, reste plus naturel. «Un buffle est plus calme, plus curieux, plus fort. Sa force, même la Bible en parle», dit l’éleveur.
Avec un petit, il sait encore se défendre. Alors qu’une vache n’a plus de force, plus de caractère. Elle tombe tout le temps malade. «Quand j’avais des vaches, le vétérinaire passait deux fois par semaine. Avec mes buffles, si je le vois une fois par mois, cela suffit.» Plus résistant, l’animal demande moins de soins, se nourrit d’herbage, d’un peu de maïs. Mais pas de céréales. Car attention, son lait subtil, bien plus riche que celui de la vache, supporterait mal d’être surprotéiné.
«Garanti sans dioxine»
La viande de buffle, c’est un peu comme le bison: elle est plus rouge, moins persillée, pas idéale pour les grillades. Cela fait par contre d’excellents tartares, de bons steaks, et c’est pauvre en cholestérol. «Une équipe cycliste s’approvisionne en viande chez nous.» La production de mozzarella (jusqu’à 1500 boules par jour), la ricotta ou les tommes, transformées dans la fromagerie désormais familiale, se distribuent bien. «C’est local, c’est artisanal, c’est frais», dit Georges, qui ajoute: «Et c’est garanti sans dioxine.»
Alors heureux, Georges, du haut de ses 50 ans, avec ses buffles, bufflonnes et bufflons, ses 15 collaborateurs, son épouse berlinoise, ses deux jeunes enfants? De sa réussite, sans doute. Mais il est pessimiste sur l’avenir de l’agriculture en Europe, livrée au libéralisme et sous influence des lobbys agrochimiques. «Ici, nous ne sommes plus désirés», croit-il. S’il n’avait pas ses buffles, il irait en Russie! Mais ils sont bien là, ses buffles neuchâtelois, pépites noires dans leur écrin couleur absinthe.

En chiffres
25 à 30: en années, la longévité d’un buffle.
2,75: en francs, le prix du litre de lait de bufflonne en moyenne annuelle.
16 à 18: en litres, la production quotidienne de lait d’une bufflonne: c’est trois à quatre fois moins qu’une vache, mais deux fois plus riche en matière grasse.
Publié dans animaux, Insolite, Nature | Tagué , , ,

Disparition – Décès de l’actrice Gisèle Casadesus  » la lumineuse « , doyenne des comédiennes françaises : l’art en héritage.

La Nouvelle République 25/09/2017 06:33

C’était une « demoiselle » de cent trois ans à l’oeil clair et au sourire charmant: l’actrice Gisèle Casadesus, décédée dimanche à Paris, avait gardé la fraîcheur des rôles d' »ingénue et soubrette légère » pour lesquels elle a été engagée à la Comédie-Française à vingt ans, en 1934.
« La grande actrice Gisèle Casadesus, sociétaire honoraire de la Comédie-Française, entourée de l’amour de ses proches, s’est éteinte paisiblement ce 24 septembre en son domicile parisien », a déclaré à l’AFP son fils, le chef d’orchestre Jean-Claude Casadesus.
« A l’époque on appelait les sociétaires Mademoiselle, c’est une vieille coutume, ça date de la nuit des temps où les comédiennes ne pensaient même pas qu’elles pouvaient avoir un enfant », racontait-elle récemment à l’AFP, alors qu’elle fêtait ses cent ans, assise bien droite dans son fauteuil de velours.
Mais dès l’enfance, Gisèle Casadesus, née le 14 juin 1914 « à 4 heures du matin » précisait-elle, savait déjà qu’elle « ferait du théâtre et aurait des enfants ». « Ca faisait beaucoup rire les grandes personnes, qui pensaient que c’était incompatible! »
« J’ai eu la chance de prouver le contraire », lançait-elle. Car la jeune première du Français a trouvé le moyen, dans une carrière très pleine tant sur les planches qu’au cinéma, d’avoir quatre enfants, respectivement devenus chef d’orchestre (Jean-Claude Casadesus), comédienne (Martine Pascal), peintre (Béatrice Casadesus) et compositeur (Dominique Probst).

Dans la famille Casadesus, on est musicien, comédien, chanteur ou artiste. Son choix de faire du théâtre ne soulève donc pas d’objections: « Chez nous , c’était +le conservatoire d’abord+ », rappelait-elle. Encore au conservatoire, elle partage l’affiche dans une pièce avec Pierre Fresnay. « Un grand trac pour une jeune comédienne de 19 ans! » s’exclamait-elle.
« Il y avait une scène d’amour, où Pierre Fresnay me prenait dans ses bras, il me renversait en arrière, il mettait son pouce sur ma bouche et il embrassait son pouce! Ca m’arrangeait très bien, d’autant qu’il y avait (sa compagne) Yvonne Printemps dans la salle ! ».

Dans son appartement montmartrois – elle vivait depuis toujours dans le même immeuble – Gisèle Casadesus était entourée de bustes de Molière et de photos de la ravissante jeune première des débuts à la Comédie-Française.
Le secret de la longévité
Lorsqu’elle entre au « Français » en 1934, c’est Madeleine Renaud qui joue les « ingénues ». « Elle m’a fait don des rôles de jeunes filles aimablement », disait-elle délicatement. « J’avais une telle admiration pour Madeleine Renaud! ».

La Comédie-Française est un petit monde, où les rivalités ne manquent pas, mais Gisèle Casadesus sait survoler les mesquineries avec élégance: « J’ai eu la chance de passer au travers, de ne pas le voir et de ne pas en souffrir », disait-elle.
Est-ce le secret de la longévité? Gisèle Casadesus ne retenait que les bons souvenirs. Comme ce rôle dans la première pièce de François Mauriac, « Asmodée », qui lance sa carrière. Ou les anecdotes sur les souffleuses, « personnages d’une grande autorité ».

« Quand j’ai débuté au Français, il n’y avait pas vraiment de metteur en scène, c’était une souffleuse qui indiquait où devaient se placer les comédiens », racontait-elle. « Elles vous disaient facilement: ++Untel faisait comme ceci++, et nous on disait ++et bien moi, je ferai comme cela++! »
Elle avait croisé beaucoup de vedettes, de Pierre Fresnay à Raimu et Gabin au cinéma, et récemment Gérard Depardieu, dans « La tête en friche » de Jean Becker (2010). « On a envie de le prendre dans les bras, c’est un gros nounours. Il a été tout à fait sympathique et charmant, on s’est très bien entendu », avait-elle dit.
Elle allait toujours beaucoup au théâtre, était invitée aux premières à la Comédie-Française, sa « maison ». « Il y a une très bonne troupe. Ils savent tout faire les jeunes, maintenant! »
Gisèle Casadesus ne jouait plus au théâtre depuis quelques années, mais acceptait très volontiers des rôles au cinéma. « Ah oui, je tourne! Ca m’amuse, et puis on s’occupe bien de vous », souriait-elle.
Deux ouvrages de souvenirs avaient été publiés pour son centenaire, « Cent ans, c’est passé si vite » (Le passeur éditeur) et « Gisèle Casadesus, Le jeu de l’amour et du théâtre » (Philippe Rey).
Par Marie-Pierre FEREY© 2017 AFP

Publié dans Culture | Tagué ,

Le billet de Michel Schifres – Un sacré orchidoclaste

Chaque jour, en 780 signes, un regard décalé, piquant et ironique sur l’actualité 
L’opinion 24/09/2017
Un sacré orchidoclaste
Selon sa charmante habitude, Mélenchon s’en est pris aux médias ce week-end. Il a juré qu’ils l’injuriaient en permanence. C’est excessif tant le leader des Insoumis truste les couvertures des magazines et est l’invité des chaînes de télévision. Mais puisqu’il se plaint d’être insulté, donnons-lui satisfaction en puisant dans la richesse de la langue française. On ne le traitera pas d’« anus de poulpe », offense qui eut son heure de gloire autrefois. On se demandera pourtant si ce faquin est un alveopyge, un alburostre ou un nadocéphale. Chacun conviendra qu’il est de toutes les façons un sacré orchidoclaste. Voilà, dans un journal, autant d’affronts qui devraient nourrir sa démonstration. Même s’il n’est pas traité de « coprolithe », terme, il est vrai, un peu vulgaire.
Michel Schifres
mschifres@lopinion.fr
Publié dans chronique, Humour, Politique | Tagué , ,

« Les nazis » et « la rue » : des historiens condamnent les propos de Mélenchon

La France insoumiseEn déclarant samedi que la rue avait « abattu les nazis » , le leader de La France insoumise a déclenché une vive polémique.
Le Monde | 25.09.2017 | Par Abel Mestre
Est-ce un dérapage ou une simple approximation historique ? Jean-Luc Mélenchon a, en tout cas, déclenché la polémique en affirmant, lors du discours de clôture de sa « marche contre le coup d’Etat social », samedi 23 septembre, que « c’est la rue qui a abattu les rois, c’est la rue qui a abattu les nazis, c’est la rue qui a protégé la République contre les généraux félons en 1962 ».
Devant plusieurs dizaines de milliers de personnes réunies place de la République à Paris, M. Mélenchon a continué son anaphore en évoquant des réformes sociales conquises après des mouvements sociaux ou encore des reculs gouvernementaux obtenus « par la rue », comme ce fut le cas pour la réforme Juppé en 1995 ou encore le CPE en 2006. Le député La France insoumise des Bouches-du-Rhône entendait répondre à Emmanuel Macron qui avait déclaré sur CNN que « la démocratie, ce n’est pas dans la rue ».
Très vite, les réactions indignées se sont multipliées. Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, a évoqué « une faute grave ». Lancien premier ministre Manuel Valls, aujourd’hui député de l’Essonne apparenté La République en marche, a écrit sur Twitter qu’il ne fallait pas « de complaisance à l’égard de Mélenchon, de sa violence, de ses références historiques hasardeuses ».
« Vérité partielle »
Jean-Luc Mélenchon a dû s’expliquer dimanche sur son blog en se défendant d’avoir comparé « le gouvernement actuel aux nazis ». Une réponse insuffisante pour faire retomber les critiques qui se sont concentrées autour de la phrase affirmant que la rue aurait « abattu les nazis ». Les lieutenants de M. Mélenchon ont alors répliqué en convoquant la libération de Paris qui « a démarré par une insurrection populaire » et la mémoire du général de Gaulle, notamment son fameux discours du 25 août 1944 où il lança : « Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !… libéré par lui-même, libéré par son peuple, avec le concours des armées de la France. »
« Ce n’est pas un dérapage ou une maladresse. L’histoire s’est écrite par de grandes mobilisations populaires. C’est une banalité de le dire, cela fait partie de la mystique nationale », assure Alexis Corbière, député La France insoumise de Seine-Saint-Denis. Ce professeur d’histoire justifie les propos de M. Mélenchon : « Il ne dit pas que c’est uniquement la rue qui a abattu les nazis. L’image classique de la libération de Paris, c’est la barricade. C’est une image connue dans le monde entier ! Il n’y a pas plus français que ça ! » Pour lui, l’explication est simple : cette polémique est « un gigantesque contre-feu à la mobilisation » de samedi.
Les historiens, eux, sont beaucoup plus sévères à l’égard de Jean-Luc Mélenchon. « C’est une sottise ce qu’il a dit, c’est absurde !, s’étrangle Jean-Noël Jeanneney. Je ne comprends pas pourquoi il a dit cela. » « Ce que dit Mélenchon est une vérité partielle. Ce qui a libéré la France des nazis, c’est la Résistance clandestine, le Débarquement, l’avancée de l’Armée rouge.
Le rôle des manifestations de rue est quand même marginal », abonde Jean Garrigues, professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Orléans et à Sciences Po et auteur de plusieurs tribunes positives à l’égard d’Emmanuel Macron. Il ajoute que se réclamer de la rue comme le fait Jean-Luc Mélenchon peut être « pour le moins ambigu ». « La rue acclamait Pétain quelques mois avant la Libération de Paris et le 6 février 1934, elle menaçait la République. »
De mauvais arguments pour M. Corbière. « Il y a une amnésie historique qui conteste notre histoire, qui en nie une facette. Le peuple de France a, par ses mobilisations, écrit son histoire », assure celui qui dit se réclamer de « la lutte des classes » et du matérialisme historique marxiste.
Publié dans Débats Idées Points de vue, Politique | Tagué , , ,

neuf-quinze – Le Media (c’est le nom du nouveau site Insoumis)

neuf-quinze@arretsurimages.eu 25/09/207
Medias : et si ça bougeait (enfin) ?

09h15 – Jeu-concours du week-end : cette Une de Libé (ci-dessus à gauche) est-elle désobligeante pour Mélenchon ? Un long tweetclash dominical a opposé, sur mon réseau social préféré, notre chroniqueur André Gunthert (1), au directeur du journal dans lequel je chronique aussi chaque semaine, Johan Hufnagel. En substance, (je résume pour ceux qui ont préféré jouir de l’été indien), Gunthert reproche à Libé de démolir le projet de media autonome, dont des proches de Mélenchon devraient annoncer la création cette semaine.
Personne ne me demandant mon avis, je le donne tout de même : oui, en réussissant le prodige d’associer références louisquatorziennes (le titre) et mussoliniennes (la contre-plongée), cette couverture exprime, pour le moins, une certaine…défiance par rapport au projet de media Insoumis. Oui, il est bien possible que cette défiance soit motivée par l’appréhension, consciente ou inconsciente, de voir apparaitre un concurrent. Elle ne reflète d’ailleurs pas l’intérieur du journal, nettement plus mesuré sur le sujet.
Sous la controverse, la question de l’autonomie des medias. Autonomie par rapport au politique, autonomie par rapport au capital : un media dirigé par des proches de Mélenchon (même s’ils protestent de leur totale indépendance) est-il moins crédible qu’un media appartenant à un des milliardaires qui se partagent le paysage français ? Les Insoumis ne sont pas les premiers à répondre par la négative. Depuis son élection, Macron (qui adresse étrangement aux medias le même reproche de superficialité que Mélenchon) a montré la voie, en diffusant en direct de jolies videos auto-produites où on le voit caresser les têtes blondes et répondre démocratiquement au standard de l’Elysée (videos bien moins superficielles qu’un reportage de TF1 sur Edouard Philippe (2), cela va sans dire).
Dans l’idéal, le journalisme est une mission autonome. Une information n’est crédible que si son auteur est autonome par rapport à sa source, aux adversaires de sa source, ou aux actionnaires de son media. C’est peu dire que ce modèle idéal souffre aujourd’hui, cerné sur Facebook par les piranhas des fake news, ou réduit à l’état d’actif résiduel dans le portefeuille de ses actionnaires. Dans le languissant face à face entre une presse traditionnelle superficielle et macronisée, et des réseaux sociaux qui carburent à l’hystérisation de tout et n’importe quoi, tout ce qui peut casser le jeu est a priori bienvenu, et mérite d’être observé avec sympathie, et espoir. C’est vrai pour le futur site Insoumis. C’est aussi vrai pour le projet Ebdo (3), annoncé pour la rentrée par les fondateurs de la revue XXI, Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, qui ont montré leur savoir faire dans la résistance aux diktats des formats, et l’exploration des chemins de traverse (4).
Le Media (c’est le nom du nouveau site Insoumis) saura-t-il manifester davantage d’indépendance par rapport à la direction des Insoumis, et au patron lui-même, que L’Huma par rapport au PC ? Par exemple -pure hypothèse-, si le patron, emporté par l’ivresse de l’instant, profère une ânerie historique (ce qui peut arriver à tout le monde) glorifiant « la rue qui a abattu les nazis », diront-ils sans détours qu’il s’agit d’une ânerie historique ? On ne demande qu’à y croire.
(1) https://www.arretsurimages.net/chroniqueur.php?id=45
(2) https://www.arretsurimages.net/chroniques/2017-09-24/Sept-a-huit-sur-le-ring-avec-Rocky-Philou-id10184
(3) https://ebdo-lejournal.com/
(4) https://www.arretsurimages.net/emissions/2013-01-11/Les-journalistes-doivent-avoir-du-temps-pour-perdre-leur-temps-id5515
Daniel Schneidermann
Publié dans Débats Idées Points de vue, Médias | Tagué ,

Bernie Sanders est le vrai chef de file des Démocrates pour 2020

Les Crises – 24/09/2017 – par Matthew Iglesias –
Photo par Duane Prokop/Getty Images pour MoveOn.org
La majorité de la classe politique ignore l’évidence, Bernie Sanders, est, à certains égards, l’homme politique le plus populaire d’Amérique et de loin l’orateur le plus recherché et le collecteur de fonds le plus prolifique de l’histoire des États-Unis. Ne vous y trompez pas : Sanders est le vrai favori démocrate pour 2020.
En ce moment, il fait exactement ce qu’un candidat qui échoue de peu doit faire pour se présenter la seconde fois. Il a créé une organisation politique nationale, il a resserré ses liens avec ses collègues du Capitole, il a maintenu une forte présence dans les médias nationaux et il parcourt le pays pour évoquer les problèmes qui se posent.
Il a subtilement infléchi ses orientations politiques au centre, ce qui le fait accepter dans des couches plus larges du parti. Dans le même temps, il n’a rien lâché sur les quelques questions qui lui tiennent à cœur comme Medicare, l’assurance-maladie universelle, et la gratuité de l’enseignement à l’université, ce qui lui donne exactement le programme clair et largement accessible qui fait défaut à beaucoup de Démocrates mainstream.
Bien sûr, s’il se présentait et qu’il gagnait, il aurait 78 ans et il serait, d’assez loin, le président le plus âgé de l’histoire des États-Unis. D’ailleurs, il ne se présentera peut-être pas. Cependant, ses récentes décisions laissent entendre qu’il a envie de se présenter et qu’il serait le candidat à se battre pour l’obtenir.
Personne ne pensait que Bernie Sanders avait des chances de gagner.
Quand on s’est rendu compte de l’impact de la campagne 2016 de Sanders, elle était déjà inéluctablement essoufflée. Presque personne, y compris Sanders lui-même, ne pensait pendant l’été ou l’automne 2015 qu’il avait la moindre chance de battre Hillary Clinton. Comme l’ont rapporté Patrick Healy et Yamiche Alcindor en avril dernier, il « doutait, au début, de pouvoir battre Mme Clinton, et, pour lui, son rôle était de faire entendre son message politique sur une Amérique manipulée, plutôt que de tout faire pour gagner l’investiture ». Et il s’est seulement alors appliqué à tenter de l’emporter quand ses sondages ont progressé, de façon inattendue, au début de 2016.
En conséquence, les dirigeants syndicaux proches de la critique de Sanders sur la ligne Clinton n’ont pas songé sérieusement à le soutenir effectivement. Au lieu de cela, ils se sont servis de sa présence dans la course comme levier pour obtenir de Hillary Clinton des concessions sur des questions comme le partenariat trans-pacifique et l’impôt Cadillac sur les plans d’assurance-maladie très généreux.
Les élus ont eu, presque unanimement, peur de le soutenir. Même si leurs opinions politiques étaient plus proches de celles de Sanders que de celles de Clinton et des groupes de réflexion de centre gauche — y compris ceux qui sont résolument à gauche des Démocrates mainstream — les élus se sont abstenus de travailler avec Sanders sur l’élaboration de sa politique, de crainte d’avoir à affronter le courroux de Clinton.
La prochaine fois, Sanders aura un grand atout : on ne le sous-estimera pas. En bref, les fondements ont été posés pour une primaire plus normale dans laquelle les membres du Parti démocrate, proches idéologiquement de Sanders, le soutiendront pour la plupart, plutôt que de soutenir son adversaire ou de rester neutres, comme ils l’ont fait en 2016.
Sanders forme son équipe.
Tandis que Sanders continue à mettre sur pied son équipe à Washington, son organisation de politique nationale, Our Revolution, travaille assidûment à faire élire des sympathisants de Sanders à des postes fédéraux et locaux. Il y a d’ailleurs, et c’est un élément important, une grande diversité ethnique dans la liste des élus de Our Revolution, un groupe qui inclut des membres du Congrès, des législateurs fédéraux, des présidents de partis d’État, et même des membres de conseils municipaux.
Enfin et ce n’est pas le moins important, tout en continuant à constituer son organisation politique nationale et à demeurer ,pour ses concitoyens, le porte-drapeau d’une génération montante de jeunes gens de gauche, Sanders se met à tenir compte des craintes qu’inspire aux responsables du parti l’extrémisme idéologique. Il maintient son adhésion militante à l’idée que « les Démocrates doivent garantir à tous, comme un droit, des soins de santé par le biais d’un programme de régime d’assurance-maladie à payeur unique » , et c’est là une idée à laquelle, depuis des années, la plupart des Démocrates, comme, par moments, Barack Obama, Hillary Clinton, Nancy Pelosi etc, ont dit adhérer en théorie mais qu’ils ont presque toujours hésité à mettre en pratique.
Bernie Sanders a un message clair
Si l’adoucissement de Sanders sur de nombreux sujets fonctionne pour lui, c’est en partie parce que sa campagne de 2016 a très bien renforcée sa stature de véritable héros de la gauche, désirant conquérir audacieusement le cœur du parti et dire des choses que personne d’autre ne dirait. Sa tendance à continuer à s’éloigner rhétoriquement du Parti démocrate contribue également à sceller cet accord.
Bernie Sanders est très vieux
Certainement, s’il concourt en 2020, il sera la personne la plus âgée à obtenir la nomination de l’un des deux grands partis. En même temps, il est loin d’être clair qu’il y ait vraiment un âge limite en politique présidentielle. Donald Trump et John McCain, qui avaient respectivement 70 et 72 ans, lorsqu’ils ont obtenu leur nomination en tant que candidat à la présidentielle, n’ont pas semblé souffrir de leur âge avancé d’une façon qui aurait indiqué qu’ils auraient dépassé une limite infranchissable.
Les politiciens âgés pâtissent parfois, comme Hillary Clinton en 2016, de donner le sentiment que leur politique est maintenant dépassée. Mais le Parti démocrate dans son ensemble a basculé considérablement son empreinte idéologique dans la direction de Sanders ces 25 dernières années, donc dans son cas, l’âge le fait passer comme quelqu’un de visionnaire. Et pour le moment, du moins, Sanders donne certainement l’impression d’être solide, alerte. Il est actif sur la scène politique nationale, mettant en avant ses candidats de Our Revolution, s’impliquant dans les manifestations, et faisant le tour des plateaux de télévision le dimanche.
Personne à l’intérieur ou à l’extérieur de son camp ne le nie, il est plus âgé que l’idéal recherché. Mais de là à dire qu’il est trop vieux pour se présenter à la candidature, cela n’est simplement pas corroboré par les faits. Et tandis que les partisans zélés de Clinton invoquent l’âge avancé de Sanders comme prétexte à un refus de le soutenir la prochaine fois, on n’entend presque jamais cela de la part de ceux qui l’ont soutenu la dernière fois — ce qui indique, de nouveau, que peu importe les problèmes que Sanders aurait à affronter en 2020, la prochaine campagne serait plus forte que l’originale.
Si ce n’est pas lui, alors qui ?
Les sympathisants de Sanders, qui ne sont pas nécessairement des partisans acharnés, ont généralement le sentiment que l’arrangement le plus raisonnable serait que Sanders se retire en faveur d’Elizabeth Warren. Les positions de ce tandem sont considérées à Washington comme essentiellement interchangeables, et beaucoup autour de Sanders affirment qu’il l’aurait soutenue, si elle avait choisi de concourir dès 2016. Et l’option Warren est la plus attrayante à bien des égards. Warren est plus jeune (même si pas vraiment jeune, en soi), elle comblerait le désir profond des femmes libérales qui travaillent en politique de voir une femme à la Maison-Blanche, la rigueur de sa réflexion est fort appréciée par les têtes pensantes politiques, et c’est le plus important, elle représenterait un point de vue idéologique populiste, sans choisir parmi les crapules de la primaire de 2016.
Publié dans Non classé

Pays de Loire – Nantes – Les Géopolitiques de Nantes auscultent le monde : c’est Jean-Christophe Rufin qui ouvrira cette année l’événement

Ouest-France Par Recueilli par Elsa Gambin. |   25/09/2017
Cinquième édition, les 29 et 30 septembre. Jean-Christophe Rufin ouvrira les deux jours de réflexion autour de l’actualité internationale.  Au coeur de son propos, la relation France – Afrique.

Entretien
Jean-Christophe Rufin, médecin, diplomate, écrivain.
Pourquoi avoir choisi le thème « France – Afrique : de l’ombre à la lumière » pour la leçon inaugurale des Géopolitiques ?
Au moment de l’invitation, il me semblait intéressant, et c’est toujours le cas, de faire une mise en perspective de cette …
Lire :  Les Géopolitiques de Nantes auscultent le monde
Pendant deux jours, une quinzaine de tables rondes en présence de 50 conférenciers qui proposent de décrypter les défis stratégiques auxquels nous sommes confrontés : Israël/ Palestine/ la géopolitiique des droits des femmes/ l’avenir de l’Europe/ le monde selon Trump/ les conflits oubliés/  la diplomatie selon E. Macron.
entrée libre dans la limite des places disponibles : plus d’infos sur : lelieuunique.com :  Suite au succès des quatre éditions précédentes, Les Géopolitiques de Nantesreviennent au lieu unique les 29 et 30 septembre prochains pour deux journées de débats et de rencontres autour de sujets couvrant un large spectre des problématiques internationales. Organisé par l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et le lieu unique – avec le soutien de Nantes Métropole – ce rendez–vous propose au public de décrypter les défis stratégiques auxquels le monde est confronté.
Succédant à Régis Debray (2013), Hubert Védrine (2014), Erik Orsenna (2015) et Hélène Carrère d’Encausse (2016), c’est Jean-Christophe Rufin qui ouvrira cette année l’événement. Écrivain, médecin et diplomate, membre de l’Académie française, Jean-Christophe Rufin prononcera une leçon inaugurale sur le thème “ France / Afrique : de l’ombre à la lumière ”. Se succéderont, lors de ces deux journées de débats, hommes et femmes politiques, politologues, chercheurs, professeurs et sociologues, etc..
6 000 c’est le nombre de personnes qui ont assisté aux Géopolitiques de l’année dernière

Le Lieu Unique
Publié dans Débats Idées Points de vue, Politique | Tagué , , ,

Animaux – La girafe albinos existe !

Ouest France 15/09/2017
Avez-vous déjà vu une girafe blanche ?

Dans la réserve Ishaqbini Hirola Conservancy, dans l’est du Kenya, des écologistes ont filmé deux individus de cette espèce extrêmement rare.

Il s’agit de girafes réticulées, pour laquelle on ne recense que 8 500 animaux dans le monde. « Elles étaient très proches et extrêmement calmes. Elles n’avaient pas l’air gêné par notre présence », racontent les membres du Programme de conservation de l’Hirola, une ONG installée au Kenya qui gère la réserve.

Publié dans animaux, Insolite | Tagué ,

Lidl et Free, les nouvelles cibles de Cash Investigation et Elise Lucet

Challenges – 24/09/2017 – (Avec AFP) –
Diffusé mardi à 20H55, ce premier numéro de la sixième saison de Cash Investigation, intitulé « Travail, ton univers impitoyable », pointe en pleine réforme du Code du travail des méthodes de management aux conséquences parfois très lourdes, sans se départir de son style décapant.
Elise Lucet, présentatrice de "Cash Investigation"Elise Lucet, présentatrice de « Cash Investigation »DR
Souffrance au travail et licenciements: le magazine Cash Investigation présenté par Elise Lucet fait son retour mardi sur France 2, avec une enquête sur le « monde merveilleux du travail » qui révèle l’envers du décor au sein de deux entreprises emblématiques, Lidl France et Free.
Diffusé à 20H55, ce premier numéro de la sixième saison de Cash Investigation, intitulé « Travail, ton univers impitoyable », pointe en pleine réforme du Code du travail des méthodes de management aux conséquences parfois très lourdes, sans se départir de son style décapant.
L’enquête de deux heures produite par Premières Lignes, commencée il y a plus d’un an, débute par une plongée chez Lidl France et ses 30.000 salariés, et révèle les techniques redoutables mises en oeuvre pour maximiser leur productivité.
Comme la polyvalence imposée aux caissières, qui permet d’éradiquer les temps morts; ou la commande vocale qui règne en maître dans les entrepôts, une machine dictant aux préparateurs de commandes les tâches à effectuer.
Jusqu’à 8 tonnes manipulées quotidiennement
Des témoignages révèlent les revers de ces procédés, comme le poids ahurissant (jusqu’à 8 tonnes) des marchandises manipulées quotidiennement par les préparateurs, et des employés dont les corps peinent à suivre la cadence et qui ont l’impression de devenir des robots.
L’émission s’interroge aussi sur la disproportion entre les nombreux salariés de l’enseigne licenciés pour inaptitude (2.196 en cinq ans), et l’infime minorité de ceux qui obtiennent un reclassement (22).
Second cas d’école de cette enquête réalisée par Sophie Le Gall: Free. Cash Investigation s’est intéressé au centre d’appel Mobipel (filiale de l’opérateur) à Colombes, près de Paris.
Les licenciements s’y sont multipliés depuis un débrayage de quelques heures organisé en 2014: l’émission en a dénombré 248, sur un site qui comptait environ 650 emplois. Dans une interview particulièrement tendue, le numéro deux du groupe, Maxime Lombardini, dément « les yeux dans les yeux » à Elise Lucet tout lien de cause à effet.
L’émission s’est également penchée sur le recours au licenciement pour faute grave (et donc sans versement d’indemnités ni préavis) à l’intérieur du groupe, pour des motifs « régulièrement jugés abusifs par les tribunaux de prud’hommes ».
« Déshumanisation des salariés »
Elle rapporte ainsi le cas « pour le moins étonnant » d’une responsable RH elle-même licenciée pour faute grave… parce qu’elle avait procédé à des licenciements classiques (pour « cause réelle et sérieuse »), et qui ont donné donc lieu à des paiements d’indemnités.
Selon Elise Lucet, qui « ne s’attendait pas à découvrir autant de choses qui ne sont jamais évoquées par les entreprises en question », cette enquête montre qu' »il y a une déshumanisation des salariés qui existe vraiment sur le terrain dans l’organisation du travail, mais qui existe aussi dans la manière dont on nous répond ».
La journaliste, face aux critiques qui lui sont régulièrement adressées, assure que « Cash Investigation n’a rien contre les entreprises et n’a rien contre le fait qu’elles cherchent des gains de productivité ». « La question c’est: à quel prix, jusqu’où? ».
« On n’est pas dans la volonté de diffamer, on veut informer », assure-t-elle. « Notre job, c’est journalistes et uniquement journalistes, on n’est ni militants, ni dirigeants politiques ni syndicats », martèle la présentatrice qui revendique pour seul mot d’ordre « l’établissement de la vérité » afin que « les consommateurs sachent ce qu’il y a derrière les pubs ».
La journaliste d’investigation, poursuivie en ce moment par l’Azerbaïdjan pour diffamation, insiste aussi sur le travail « millimétré » réalisé dès la création de l’émission en 2012 pour étayer les situations relevées, et se prémunir ainsi contre les contre-attaques judiciaires des organismes ou personnes mises en cause.
« L’une des règles de survie de Cash, c’était d’être impeccable au niveau juridique », alors qu' »il y a en face de nous des entreprises qui ont des armadas d’avocats », explique-t-elle.
Publié dans Travail

Vienne – Agriculture : Adieu les 1.200 taurillons ?

La Nouvelle République 24/09/2017
Les opposants ont fêté leur victoire juridique contre le projet de ferme-usine à Coussay-les-Bois. Mais Pierre Liot, l’investisseur, n’a pas dit son dernier mot.

Les opposants, dont deux députés (l’ancienne et le nouveau), à la ferme-usine fêtent leur victoire.
Le projet de la ferme-usine des 1.200 taurillons à Coussay-les-Bois a du plomb dans l’aile depuis que la justice l’a retoqué en juin dernier en prononçant d’une part l’annulation des deux permis de construire délivrés à la société Technique solaire (26 mai 2015) et à la SCEA Les Nauds (22 juillet 2015), et, d’autre part, l’annulation de l’autorisation d’exploiter (2 août 2016).
Pour fêter leur victoire, les opposants ont organisé vendredi, dans leur salle fétiche de Coussay-les-Bois, une soirée festive avec buffet, musique, film et échanges.

Les opposants s’étaient mobilisés sur place, à Coussay-les-Bois, à plusieurs reprises. – (Archives photo)
Massonneau et Turquois font front commun
 « Le projet semble enterré mais il faut rester vigilants et mobilisés car M. Liot, le porteur de projet, a fait appel, précisent Béatrice Forestier et Dominique Brunet, coprésidents d’Aspect * avec Jacques Taburet. Il peut certes redéposer un nouveau dossier mais comment respecterait-il demain des règles qu’il n’a pas respectées hier ? (NDLR : le tribunal administratif avait motivé son jugement en pointant les risques liés à l’environnement, une série de lacunes et de manquements dans les procédures). Et d’ici là, beaucoup de choses pourraient changer. Comme des modifications d’urbanisme qui risquent d’être faites dans le cadre de la carte intercommunale. Et je viens d’apprendre que la préfecture a classé zone de chasse (Acca) toute la parcelle. Et s’il redépose un projet, l’administration ne fera certainement pas la même erreur. »
Parmi la centaine de personnes présentes à cette soirée, on notait la présence de Véronique Massonneau, l’ex-députée écolo, et son successeur, Nicolas Turquois. « C’est agréable de voir qu’il y a ici ce soir des personnes fidèles et de valeur », lance une personne à l’adresse de l’ex-députée qui répond : « J’étais militante avant d’être députée. Je suis fidèle et je reviens ici naturellement. J’espère que ça ira au bout et qu’il n’y aura pas de rebondissement [désagréable]. »
L’agriculteur du Loudunais, Nicolas Turquois, par monts et par vaux depuis qu’il est député, est solidaire lui aussi. « Ce n’est pas la taille du projet qui me gêne mais la façon dont il est porté, à savoir par un industriel et pour des questions financières. Moi, je suis favorable à une agriculture à taille humaine et familiale. Là, c’est un projet regrettable. On est dans le domaine du n’importe quoi. »
«  On reste mobilisés  »
On saura dans un an, avec le réexamen du dossier devant la cour administrative d’appel de Bordeaux, si le projet de la ferme-usine des 1.200 taurillons est définitivement enterré. D’ici là, les opposants insistent sur la nécessité de rester « mobilisés » et de garder un œil (une « veille ») sur le terrain du projet incriminé et les travaux bien qu’à l’arrêt.
 (*) Association de sauvegarde et de la protection de l’environnement de Coussay-les-Bois et de sa région thermale.
il a dit : Pas des plus prolixes, Pierre Liot, contacté, confie qu’il n’a pas l’intention d’abandonner son projet de ferme d’élevage de taurillons.
Voici son message pour les opposants : « Contre des gens bornés et butés, on ne peut rien faire. Ça ne sert à rien ! Moi, j’ai entrepris toute ma vie et eux, ces fonctionnaires et autres, qu’ont-ils fait dans leur vie ? ! Je ne vais pas abandonner, ça se fera ici ou ailleurs ! Quand je fais quelque chose, je vais jusqu’au bout. Ça se fera d’une manière ou d’une autre. Il y aura un élevage de bovins autour de Châtellerault. Qu’ils ne se fassent pas de bile, ça continuera ici ou ailleurs ! »
Denys Frétier
Aspect (*), collectif d’opposants et mairie de Coussay
Vienne – Châtellerault, Coussay-les-Bois –
Publié dans Justice | Tagué , ,

La face cachée du sushi

Le Canard Enchaîné – 20/09/2017 – Conflit de Canard –
Manger japonais, c’est bon pour la santé et ça ne fait pas grossir. C’est parce qu’ils en sont persuadés que les français sont devenus aujourd’hui les plus gros mangeurs de sushis d’Europe. On le sait, pour exploiter le filon, plein de restaus chinois se sont reconvertis à la cuisine nippone. Même le juteux secteur de la livraison à domicile a misé sur le sushi et l’a ajouté à son menu. Au motif que l’amateur de tranches de poisson cru est réputé avoir de l’oseille. Un supermarché digne de ce nom se doit désormais, lui aussi, d’avoir son rayon sushis.
C’est ainsi qu’est né le sushi industriel. Un produit encore plus éloigné de sa version tradi que l’ersatz servi dans la plupart des restaurants chinois. « Le Canard » est allé mettre son bec dans les recettes de Sushi Gourmet, qui aligne près de 400 stands, chez Leclerc, Auchan et Casino, chacun rapportant en moyenne 700 000 euros de chiffre d’affaires annuel.
Normalement, un sushi fait dans les règles de l’art, c’est une tranche de poisson ultra-frais posé sur une bouchée de riz vinaigré, avec une pincée de sel et un soupçon de sucre. Mais, dans les rayons d’un supermarché, le riz est badigeonné d’un sirop de glucose-fructose, une joyeuseté au pouvoir sucrant démultiplié, qui retarde la sensation de satiété. Vient s’y ajouter de la mélasse, une mixture issue du raffinage de la canne à sucre et qui, pour l’anecdote, est aussi utilisée dans la gamelle des bovins et des cochons car elle stimule l’appétit. Non seulement les sushis sont plus caloriques, mais on en mange davantage.
Sans compter une farandole d’additifs. Prenez le glutamate monosodique, utilisé comme exhausteur de goût sous l’intitulé « E621 ». Cette poudre blanche cristalline a le pouvoir d’augmenter l’appétit de 40 % chez les rats, avec un autre effet quand elle est ingérée à haute dose : celui de nécroser leur cortex. Et que dire de l’E129 ? On le répétera jamais assez, ce dérivé pétrochimique couramment utilisé dans les colorants capillaires est interdit dans les aliments aux États-Unis et dans plusieurs pays européens car il favorise les crise d’asthme, d’eczéma, les allergies… mais pas seulement. Sur certaines boîtes de Sushi Gourmet, figure cette mise en garde : « peut causer des effets indésirables sur l’activité et l’attention des enfants ». Pas de sushi à se faire !
Publié dans Agroalimentaire | Tagué

Sciences – Les champions des rêves sous la loupe des chercheurs

Reportage dans le service des pathologies du sommeil de l’hôpital de La Pitié-Salpêtrière, où des scientifiques étudient le rôle des rêves.

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 19.09.2017 Par Sandrine Cabut
« Tu te fous pas de ma gueule comme ça… Tu es restée m’attendre où ? Faut ­m’expliquer ça, hein ?… », s’énerve un homme, sur une vidéo. Dans un autre enregistrement, un monsieur pointe l’index puis dit : « Regarde. »
Ces scènes banales pourraient être filmées dans la rue. Sauf que… les deux protagonistes dorment, sur un lit d’hôpital. Dans le service des pathologies du sommeil, à La Pitié-Salpêtrière (AP-HP, Paris), la somniloquie – fait de parler en dormant – est un thème de recherche à part entière.
« C’est un comportement très répandu, qui existe ponctuellement chez sept personnes sur dix, même si les propos sont inintelligibles dans la moitié des cas, souligne la professeure Isabelle Arnulf, qui dirige ce service. Malgré cette fréquence élevée, la somniloquie avait été peu étudiée, beaucoup moins que son équivalent chez les oiseaux, le chant nocturne. » La neurologue a lancé un programme de recherche à partir d’enregistrements vidéo, ce qui n’avait jamais été fait. Elle en a désormais presque 900, une collection unique.
Attaques de sommeil
Le langage nocturne a-t-il des particularités ? Peut-il aider à comprendre le rôle du sommeil dans la mémorisation ? Quels sont les gestes associés ? Voilà les questions auxquelles s’est attelée la neuropsychologue et chercheuse Ginevra Uguccioni, initialement dans le cadre de sa thèse de doctorat en neurosciences, soutenue en 2015.
Comme souvent pour ses recherches sur le sommeil et les rêves, l’équipe de La Pitié-Salpêtrière, l’une des plus en pointe en France dans ce ­domaine, a fait appel à une population particulière : des patients qui extériorisent leurs rêves. Ils sont atteints soit de troubles du sommeil ­profond (tel le somnambulisme ou les terreurs nocturnes), soit de troubles du comportement en sommeil paradoxal (TCSP), rencontrés dans la maladie de Parkinson, certaines démences ou encore la narcolepsie.
Cette dernière se caractérise par de nombreux…
L’accès à la totalité de l’article est protégé
Cette dernière se caractérise par de nombreux symptômes : « attaques de sommeil » irrépressibles dans la journée ; hallucinations ; rêves et cauchemars plus fréquents que dans la population générale, et dont ces patients se souviennent ­davantage. Les narcoleptiques sont aussi souvent des rêveurs lucides, c’est-à-dire qu’ils ont conscience de leurs rêves, et peuvent plus ou moins les contrôler.
Parfois très handicapante pour les principaux intéressés, cette maladie neurologique rare – elle affecte 0,02 % de la population – permet donc un accès privilégié aux rêves, précieux pour les chercheurs. Le service d’Isabelle Arnulf suit quelque 700 narcoleptiques, dont 26 chez qui la maladie est survenue à la suite de la vaccination contre la grippe A H1N1, en 2009-2010.
Consolidation nocturne des connaissances verbales
En analysant finement les verbatim de centaines de somniloques, en collaboration avec des linguistes et des orthophonistes notamment, Ginevra Uguccioni a montré que le langage endormi n’est pas fondamentalement différent du langage éveillé, du point de vue de la sémantique et de la prosodie.
« Ce qui ressort cependant, c’est l’emploi plus fréquent de mots négatifs et grossiers, et de phrases très affirmatives. Dans ces rêves parlés, les gens sont préoccupés », résume Isabelle Arnulf. Des comportements dont les somniloques n’ont parfois aucun souvenir. « Au début, on leur montrait leurs vidéos, mais on ne le fait plus car ils peuvent être choqués par leurs propos et leur agressivité », assure Ginevra Uguccioni.
A partir de ces patients, la neuropsychologue a aussi précisé le rôle du sommeil dans la mémorisation. Depuis une dizaine d’années, il a été ­démontré que des connaissances nouvellement acquises sont réactivées pendant la nuit, ce qui contribue à leur stockage à long terme. Chez les somniloques, cette réactivation passe-t-elle par une répétition pendant le sommeil de mots ou d’un texte étudié la veille ?
Pour vérifier l’hypothèse, Ginevra Uguccioni a demandé à une vingtaine d’entre eux d’apprendre par cœur un écrit juste avant le coucher. Afin de frapper les esprits, les chercheurs avaient sélectionné deux faits ­divers particulièrement glauques : une histoire de mère tuant son enfant, et une de cannibalisme.
Les enregistrements des verbatim nocturnes des somniloques n’ont pas mis en évidence de lien avec les deux récits appris la veille. Mais chez ces patients (y compris ceux avec une ­ démence) comme chez les sujets contrôles sans trouble du sommeil, la mémorisation du texte s’est améliorée d’environ 20 % au réveil. Des résultats qui confirment la consolidation nocturne des connaissances verbales, même en cas de troubles du sommeil.
Régulation de l’humeur
Dans la salle dite de lecture, une dizaine de membres de l’équipe ont les yeux rivés sur de grands écrans. Ils analysent les nuits de patients hospitalisés pour un bilan de troubles du sommeil : tracés de l’électroencéphalogramme, de l’électrocardiogramme, de capteurs musculaires, respiratoires… mais aussi vidéos de ces personnes filmées en caméra infrarouge, une vue d’ensemble, une centrée sur le visage des dormeurs.
C’est sur cette dernière que se concentre le docteur Jean-Baptiste Maranci pour observer leurs ­expressions faciales. Ce jeune psychiatre mène une étude inédite pour explorer les effets du sommeil sur la régulation de l’humeur et des émotions. « Généralement, on est de meilleure humeur au réveil, mais dans la dépression, le ­réveil est souvent le pire moment de la journée. Et si quelque chose se passait mal dans le sommeil paradoxal ? », s’interroge-t-il.
Des travaux précédents ont établi que les dépressifs ont davantage de mouvements oculaires en sommeil paradoxal que les individus sans troubles de l’humeur. Pour aller plus loin, le ­ docteur Maranci traque sur les enregistrements toutes les mimiques exprimant une émotion pendant un rêve, positive (sourire) ou surtout négative : grimace de douleur, expression de peur ou de profonde tristesse. Et il vérifie si cette extériorisation de l’humeur est concomitante à une intensification des mouvements oculaires. Un travail de fourmi (trois jours d’analyse par ­patient) qui pourrait à terme avoir des retombées dans le domaine de la dépression mais aussi des troubles de stress post-traumatique.
Autre membre de l’équipe, la chercheuse Delphine Oudiette conduit de son côté une étude originale pour déterminer si le sommeil, en particulier paradoxal, favorise la créativité. L’équipe a, là aussi, recours aux « champions du rêve », les narcoleptiques. Pour concevoir une méthodologie adaptée, elle s’est tournée vers un spécialiste de la créativité, Todd Lubart, professeur de psychologie à l’université Paris-Descartes.
Les participants remplissent un questionnaire d’accomplissement créatif. Ils sont aussi soumis à des tests ­objectifs de créativité, avec des épreuves sur ordinateur et papier-crayon, ces dernières visant à « mesurer leur capacité à produire quelque chose d’original mais adapté au contexte », précise la scientifique. « Nous passons sans arrêt de l’étude du sommeil à celle des rêves, mais nous avons toujours le rêve en tête » s’enthousiasme Isabelle ­Arnulf. Les chercheurs aussi ont le droit de rêver.
Dites-moi ce dont vous rêvez… Dans le cadre du Monde Festival, « Le Monde » organise une rencontre sur les rêves et leur origine, le 24 septembre à l’Opéra Bastille, avec Perrine Ruby, Isabelle Arnulf et Lancelot Hamelin. Réservation : www.lemonde.fr/festival
Publié dans Science | Tagué , ,

Deux-Sèvres – Les cambrioleurs revendaient leur butin sur  » leboncoin « 

La Nouvelle République 23/09/2017
Laser, visseuse, niveau à bulles, tronçonneuses, débroussailleuses, taille-haie… Ces deux-là aimaient le bricolage, le jardinage et… les cambriolages.
Deux jeunes de 26 et 36 ans étaient convoqués devant le tribunal correctionnel de Niort, ce jeudi, pour répondre de six vols commis principalement dans des entreprises entre décembre 2016 et février 2017, à Melle, Saint-Léger-de-la-Martinière, Celles-sur-Belle, Prailles et Secondigné-sur-Belle.
Cible préférée des voleurs : du matériel de bricolage et de jardinage « pour bricoler » dira l’un. Ou de façon plus crédible, comme dira l’autre : pour « se faire de l’argent ». C’est d’ailleurs sur le site de petites annonces « leboncoin » que les deux malfaiteurs seront pris la main dans le sac.

«  Pas très intelligent  »
Sans grande réflexion, ils tentaient de revendre, dans le même secteur géographique, les objets fraîchement dérobés. Le gérant d’une entreprise cambriolée jetait un coup d’œil sur le site, au cas où, sans vraiment croire que les auteurs des vols seraient assez naïfs pour publier des annonces. A tort. Il a reconnu son matériel volé, contacté les gendarmes qui n’ont eu qu’à prendre rendez-vous avec les « vendeurs » et cueillir, en réalité, les voleurs.
Au domicile de chacun, ils retrouveront quantité de matériel volé. « Je me suis laissé entraîner », explique le plus jeune à la barre. Son comparse ne risque pas de répondre. Il n’a pas daigné venir à l’audience. L’un et l’autre avaient précédemment travaillé dans l’une des entreprises « visitées » dans laquelle ils ont pu s’introduire sans effraction.
Particulièrement remonté, leur ancien patron s’est exprimé : « Jusqu’à l’interpellation, cette histoire a jeté un discrédit sur tout le personnel. Comme rien n’avait pas été fracturé, cela a engendré des doutes sur les salariés. On se demandait qui était la brebis galeuse… ».
« Mon client n’est pas très fier de lui. Il faut reconnaître que ce n’était pas très intelligent de mettre leurs vols sur leboncoin », a lancé l’avocat du plus jeune. « Vous savez, quand l’article est paru, les gens ont rapidement su que c’était lui. Il a honte. La mise au pilori populaire est déjà une sanction. »
Le tribunal a condamné son client à douze mois de prison avec sursis. Quant à son comparse de 32 ans, absent, il écope de trois mois supplémentaires avec sursis. Les deux devront indemniser solidairement les victimes pour près de 4.000 €
H.E.
Deux-Sèvres – Tribunal correctionnel
Publié dans Justice | Tagué , , ,