#dessin / Législatives : l’équation Édouard Philippe

L’Opinion 29 mai 2017

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Aux États-Unis, la résistance à Trump s’organise

Siné Mensuel N° 64 – mai 2017 – Karl Van Meter –
Aux États-Unis aussi, l’élection du milliardaire populiste et raciste a déclenché des réactions citoyennes. Des villes, des États et même des membres de l’administration refusent de se plier aux oukases du président américain.
Cannabis. Quatre gouverneurs d’États où la marijuana est devenue légale (Alaska, Washington, Oregon et Colorado) ont adressé une lettre à Trump et à son administration, le 17 avril, pour lui demander que les autorités fédérales ne s’ingèrent pas dans leurs affaires sans discussions préalables. Aaron Smith, le boss de la National Cannabis Industry  Association, constate : « Les marchés réglementés créent des emplois, génèrent des recettes fiscales grâce à la vente de marijuana. L’administration Trump devrait travailler avec ces États et constater que ces marchés réglementaires fonctionnent en toute sécurité, au lieu de les réprimer. »
Environnement. Trump nie le changement climatique. Le 22 avril, des dizaines de milliers de scientifiques et de citoyens sont descendus dans la rue pour réaffirmer la réalité de ce changement.
Fiscalité. Trump refuse de montrer ses feuilles d’impôt, contrairement à ce qu’il avait promis de faire lors de la campagne, comme tous les présidents depuis Nixon. Les tax payers américains ont organisé d’énormes « Tax Marches » à travers le pays, réclamant au président de présenter ses feuilles d’impôt ainsi que la liste de ses visiteurs à la Maison-Blanche qu’il refuse également de rendre publique.
Résilience et résistances. Pour ce qui est de l’inégalité économique et de la fragilité financière qui a détruit des villes entières, Yes! Magazine a fourni trois exemples étonnants de résilience et de reconstruction communautaires sur des bases plus égalitaires, plus sables et plus écologiques : Sunset Park, Brooklyn (New-York), dévasté par l’ouragan Sandy en 2012 et, depuis, dynamisé par l’association Uprose; Buffalo (New York) qui a perdu plus de la moitié de sa population depuis 1950, et redynamisé depuis 2005 par le groupe communautaire People United Sustainable Housing (PUSH); Richmond (Californie), dominé par Chevron et sa raffinerie de 1 500 hectares, repris en main par un vaste collectif d’associations. Depuis l’arrivée de Trump, ces trois villes servent d’exemple avec leur community-based solutions.
Les sanctuaires. En plus des très officielles « villes sanctuaires », telles que San Francisco, Los Angeles, la Nouvelle-Orléans, Cook Country (Chicago) et tant d’autres*, où les mois fédérales sur l’immigration ne sont pas nécessairement respectées, , on trouve désormais des « comtés sanctuaires » (Sanctuary counties) et même des États sanctuaires (sanctuary states) comme la Califormie, le Colorado ou le Nouveau-Mexique… Ainsi, depuis un an, des travailleurs immigrés sans papiers peuvent obtenir un permis de conduire légal en Californie. Bien entendu, Trump et ses acolytes n’apprécient pas du tout et préparent une avalanche de décrets et de lois pour sanctionner ces mal-pensants. Mais San Francisco n’a pas attendu que Trump s’installe à la Maison-Blanche pour voter sa résolution du 15 novembre 2016 réaffirmant « l’engagement de San Francisco envers les valeurs de l’inclusivité, de respect et de la dignité.
Au sein même de l’administration, la résistance s’organise au sein de « communautés solidaires », comme le National Park Service qui s’est fait censurer pour avoir twitté les vrais chiffres de l’investiture Trump, ou l’équipe administrative du département d’État qui a démissionné en bloc fin janvier, ou encore des membres de l’Intelligence Communauty qui bloquent la transmission de renseignements à une administration considérée comme ‘incompétente, malhonnête, pleine  de fuites et pénétrée par le Kremlin.
* Voir http://cis.org/Sanctuary-Citles-Map
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Bonheur au travail : possible ou pas ?

Essentiel Santé magazine – juin 2017  Amélie Pelletier –
Être heureux au travail, s’y épanouir. Hier encore, des mots bien contradictoires, mais aujourd’hui, une véritable aspiration des salariés. Comment les entreprises relèvent-elles le défi ?
Dans un pays comme la France qui associe souvent le travail à la contrainte, difficile de concevoir que l’on peut être heureux au travail. Stress, surmenage, dépression… La souffrance au travail est toujours d’actualité à l’heure où la reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle est en plein débat. Pourtant, depuis quelques années, le bonheur au travail est un objectif assumé, notamment par les jeunes générations qui poussent les entreprises, petites et grandes, publiques ou privées, à repenser leur organisation. »Plus qu’un effet de mode, c’est une véritable tendance de fond », assure Fabienne Broucaret, fondatrice de My Happy Job, un magazine sur Internet consacré au bien-être au travail. 
Et Gaël Chatelain, consultant en management, conférencier et auteur, spécialiste du bien-être en entreprise, d’ajouter « Depuis la vague de suicides intervenue il y a quelques années dans une grande société et la médiatisation croissante des risques psychosociaux, les entreprises se montrent plus attentives au bien-être au travail. Il est établi aujourd’hui qu’un collaborateur bien dans sa tête est plus efficace ». 10 à 25 % de l’efficacité d’un salarié est imputable à son bien-être psychologique : l’entreprise a donc tout intérêt à s’en préoccuper. Car les enjeux sont nombreux. en termes de productivité, déjà. Les salariés heureux s’engagent davantage, sont plus créatifs et font preuve de moins d’absentéisme. »
Attention, toutefois, à ne pas se contenter de mesures cosmétiques. « Apporter des chouquettes ou mettre un babyfoot à disposition ne suffisent pas. Il faut une approche globale qui tienne compte du rythme de vie, du management, du cadre de travail… » met en garde Fabienne Boucaret.
Équilibre entre vie pro et vie perso : la clé du bonheur ?
Pour 93 % des français, le bonheur au travail passe avant tout entrez une vie professionnelle et une vie personnelle. Mais seuls 37 % considèrent que leur employeur se préoccupe de cette question. Pourtant, les choses évoluent. L’accord national interprofessionnel du 19 juin 2013 sur la qualité de vie au travail insiste notamment,; dans son article 11, sur l’importance de « favoriser une meilleure conciliation entre vie personnelle et vie professionnelle par une articulation adaptée des temps ». Plus récemment, la loi Travail, votée  en 2016, a introduit le droit à la déconnexion pour les entreprises de plus de 50 salariés. « Certaines sociétés ont anticipé. Je pense notamment à ce constructeur automobile qui coupe ses serveurs e-mails entre 18h15 et 7 heure du matin; ou encore aux salariés de ce fabricant de pneumatiques qui reçoivent une alerte quand ils se connectent plus de cinq fois par mois en dehors des heures de travail » ajoute Gaël Chatelain. De même, certaines structures interdisent de programmer des réunions avant 9h30 et après 18h.
Autre solution pour faciliter la vie des salariés : mettre à leur disposition un ensemble de services pratiques sur leur lieu de travail : crèche d’entreprise, soutien scolaire, conciergerie (pressing, cordonnerie, retouche, billeterie…). plus besoin de courir entre midi et deux ou après le travail pour réaliser toutes ces tâches du quotidien. 
L’entreprise, un lieu de prévention
Au-delà de ses obligations en matière santé et de sécurité, avec la généralisation de la complémentaire santé pour tous les salariés du secteur privé depuis le 1er janvier 2016, l’entreprise devient un véritable acteur de santé. L’une des pistes de prévention privilégiées est l’activité physique. Si l’idéal est d’avoir un espace dédié, il existe des solutions moins onéreuses : s’inscrire en équipe à des courses de solidarité, faire venir un professeur de yoga, organiser des séances d’échauffement musculaire pour lutter contre les troubles musculo-squelettiques… Et parce que la santé passe aussi par l’assiette, certaines entreprises remplacent par exemple les distributeurs de barres chocolatées par des corbeilles de fruits frais, proposent des menus plus équilibrés à la cantine ou un accompagnement diététique. D’autres encouragent les fumeurs à s’arrêter en prenant en charge les produits de substitution ou en organisant des séances de sensibilisation.
Un management plus à l’écoute
Et le rôle manager dans tout cela ? Là aussi, les choses évoluent. Avec les nouvelles forme d’organisation du travail et la mise en place de politiques RSE (responsabilité sociale et environnementale des entreprises), le management basé sur la confiance et la bienveillance tend à se développer. le télétravail et les horaires flexibles gagnent du terrain. Moins de perte de temps dans les transports, mais surtout un gage de confiance auquel les collaborateurs sont sensibles.
Car les salariés heureux sont ceux qui se sentent reconnus, responsabilisés et écoutés par leur direction. « Pour valoriser leurs collaborateurs, certains managers organisent des sessions ou chacun partage ses compétences avec des collègues, même (et surtout) si elles sortent du cadre de son travail. L’objectif et de récréer du lien entre mes salariés pour remettre de l’humain au cœur de l’entreprise« , analyse Fabienne Boucaret.
S’il ne suffit pas à rendre les gens heureux, l’agencement des espaces de travail contribue également à un bien-être. Un cadre agréable entretient la motivation et le plaisir à venir travailler chaque matin. Sièges ergonomiques, bureaux dont la auteur est réglable pour éviter le mal de dos, espaces de détente… Chaque entreprise agit, selon ses moyens bien sûr. L’idée est de créer une ambiance épanouissante qui incite à l’engagement.
Autant de solutions à la portée des entreprises qui souhaitent travailler avec des collaborateurs épanouis… pour le bonheur de tous !
La Plazza, un espace modulable propice aux échanges informels, à la détente, à la restauration et au travail à deux ou trois. La salle à manger se transforme en salle de réunion hors midi. Le but est aussi de favoriser les flux, de profiter d’un café pour dialoguer de manière conviviale, etc. Un peu comme dans une colocation.
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Emmanuel 1er et Vladimir le Grand à Versailles : un parfum « gaullo-mitterrandien »

L’Obs 29/05/2017

En choisissant le 300e anniversaire de la visite de Pierre le Grand à Paris pour entamer son dialogue avec son homologue russe, le nouveau président français renoue avec la diplomatie « gaullo-mitterrandienne ».
Ils raffolent, tous les deux, des symboles. Tous les deux veulent inscrire leur action dans l’histoire de leur pays. Pour leur première rencontre, Emmanuel Macron et Vladimir Poutine ne pouvaient donc rêver mieux que le château de Versailles. Mieux : que la célébration du 300e anniversaire de la visite du tsar Pierre Le Grand à Paris. Une rencontre typiquement « gaullo-mitterrandienne », pour reprendre l’adjectif inventé par Hubert Védrine, et remis à la mode par le nouveau président français.
La France intermédiaire entre Moscou et Washington
Gaulliste parce qu’en recevant le président russe juste après avoir passé de longues heures avec Donald Trump à l’Otan et au G7, Emmanuel Macron place de fait la France une sorte d’intermédiaire entre les deux grandes puissances. C’est lui qui présentera le premier au chef du Kremlin les conclusions des travaux de l’Alliance Atlantique et des sept puissances occidentales. Un rôle que De Gaulle a sans cesse cherché à jouer entre Washington et Moscou. Comme il ne ratait pas une occasion de montrer à la Maison Blanche qu’alliée fidèle de l’Amérique la France demeurait indépendante et libre de ses mouvements diplomatiques.

Le faste mitterrandien
Mitterrandien aussi pour deux raisons. Le faste d’abord dont le président socialiste adorait jouer pour impressionner ses interlocuteurs étrangers (on se souvient du sommet de Versailles juste après son élection). L’Europe ensuite. Par sa longue ambassade dans divers pays européens, Pierre Le Grand a cherché à ouvrir son pays arriéré aux nations les plus développées du monde d’alors, c’est-à-dire l’Europe. En le recevant sous ses auspices là, Emmanuel Macron invite implicitement Vladimir Poutine à renouer avec ses premières années au Kremlin quand il répétait qu’il souhaitait se rapprocher de l’UE et même de l’Otan.
Les fourberies du Kremlin
Gaullo-mitterrandienne, cette rencontre, enfin parce que, s’ils étaient attachés à la vieille alliance franco-russe, les deux illustres prédécesseurs d’Emmanuel Macron n’étaient ni l’un ni l’autre dupes des fourberies du Kremlin. Le nouvel hôte de l’Elysée, non plus.

Vincent Jauvert Journaliste
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Les Républicains – Décapitée et divisée, la droite traverse une crise profonde

Les tensions internes suscitées par la perspective de rester dans l’opposition et la recomposition provoquée par l’élection de Macron risquent de mener Les Républicains à l’implosion.
LE MONDE | 29.05.2017| Par Alexandre Lemarié
En apparence, la situation de la droite n’est pas si alarmante : pour l’heure, seules trois personnalités issues de ses rangs – Edouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin – ont rejoint le gouvernement nommé par le président de la République, Emmanuel Macron, et le parti devrait sauver au moins une centaine de députés lors des législatives.
Loin de l’hécatombe promise au Parti socialiste, l’autre formation de gouvernement fortement déstabilisée par le résultat de l’élection présidentielle. Loin, aussi, de l’objectif – auquel personne ne croît vraiment en interne – d’imposer une cohabitation au nouveau chef de l’Etat, en obtenant la majorité absolue aux élections législatives des 11 et 18 juin.
Mais dans les faits, le mal est plus profond qu’il n’y paraît car l’ancienne UMP doit affronter une triple crise, à l’instar de ce qu’elle a vécu après la défaite de 2012.
Une crise de leadership
D’abord une crise de leadership car depuis les retraits de Nicolas Sarkozy et d’Alain Juppé à la suite de leur échec cuisant à la primaire de la droite, puis de François Fillon après sa déroute à la présidentielle, le parti Les Républicains (LR) ne dispose plus d’un chef reconnu par tous, capable de fédérer durablement les différentes sensibilités.
Ce n’est ni le cas de François Baroin, chargé de mener la campagne de LR pour les législatives – qui sera en déplacement dans les Pays de la Loire, lundi 29 mai, puis en Normandie mercredi – ni de Laurent Wauquiez, qui se positionne pour prendre la tête de l’appareil, dont l’autorité reste contestée en interne.
Orphelins, les sympathisants du mouvement se tournent… vers le passé. Ne sachant plus à quel saint se vouer, ils désignent Nicolas Sarkozy, Alain Juppé et François Fillon comme leurs responsables préférés, dans le baromètre Ipsos-Le Point, publié le 23 mai.
Une crise idéologique
A cette crise de leadership s’en ajoute une autre, d’ordre idéologique et stratégique, entre les partisans d’une droite modérée et les tenants d’une droite dure. Les premiers, représentés par Alain Juppé, Jean-Pierre Raffarin ou Nathalie Kosciusko-Morizet, défendent une conception libérale de l’économie et la construction européenne, en étant tournés vers le centre. A l’opposé de la ligne identitaire, sécuritaire et eurosceptique prônée par les sarkozystes Laurent Wauquiez, Brice Hortefeux ou Eric Ciotti, qui vise à séduire les électeurs tentés par le Front national.
En l’absence d’un leader, cette divergence doctrinale, ancienne, éclate au grand jour. Au point de menacer l’unité du parti, en opposant les élus disposés à travailler avec le nouvel exécutif au sein d’un bloc central et ceux qui campent sur une opposition résolue au pouvoir, dans l’optique d’incarner l’alternance… en 2022.
Les appels du pied d’Emmanuel Macron aux « modérés » et le contexte délétère d’après-défaite à la présidentielle creusent un peu plus le fossé entre ces deux courants.
« La droite se retrouve doublement affaiblie par l’offensive de Macron car elle est à la fois décapitée, sans leader, et profondément divisée, faute d’avoir mené un travail de reconstruction idéologique ces dernières années, analyse Brice Teinturier, directeur délégué d’Ipsos. Depuis 2012, le parti avait réussi à masquer ses difficultés, en surfant sur le rejet de François Hollande et en étant tendu vers l’espoir de l’emporter à la présidentielle. Mais la défaite de François Fillon a fait voler en éclats le couvercle de fonte, et tout ce qui était supportable dans la perspective d’une victoire explose aujourd’hui. »
Une crise organisationnelle
De cette double crise en découle une troisième, d’ordre organisationnelle : comment faire vivre dans une seule et même famille politique les différentes chapelles de la droite ? Les tensions internes suscitées par la perspective de demeurer cinq ans dans l’opposition et la recomposition provoquée par le nouveau président de la République ont toutes les chances de mener à terme à l’implosion de l’ex-UMP, parti unique de la droite et du centre créé par Jacques Chirac en 2002 pour résister à l’émergence du FN.
La scission devrait avoir lieu à l’Assemblée, après le second tour des législatives. En privé, les « modérés » jugent inéluctable la création d’un nouveau groupe à l’Assemblée – voire d’un autre parti – en marge de LR, afin d’avoir les coudées franches pour travailler en bonne intelligence avec le nouveau chef de l’Etat, en votant certaines de ses réformes au Parlement ou la confiance au gouvernement de M. Philippe, sans subir la loi des partisans d’une opposition systématique.
Parmi eux figurent vingt candidats LR-UDI aux législatives, épargnés par M. Macron car ils n’auront pas de candidats de La République en marche (LRM) face à eux. On y retrouve notamment Thierry Solère, Franck Riester ou Yves Jégo, qui ont signé un appel de 173 élus de la droite et du centre à saisir la « main tendue » du président de la République. Mardi, l’ex-premier ministre Jean-Pierre Raffarin a même plaidé pour la création d’un groupe de droite à l’Assemblée nommé « les constructifs » – en marge de celui de LR – qui regrouperait les députés soutenant le pouvoir « sur les bons projets ».
L’hémorragie risque de se poursuivre
Des mesures de rétorsion ont déjà été prises contre les élus Macron-compatibles, désignés comme des « traîtres » par la direction de LR. Candidate dans la 2e circonscription de Paris, « NKM » a vu surgir la candidature de deux rivaux internes – Jean-Pierre Lecoq et Henri Guaino –, tandis que M. Solère a été contraint de démissionner de la présidence du groupe LR au conseil régional d’Ile-de-France.
L’unité de la droite paraît d’autant plus menacée qu’en face M. Wauquiez affiche sa volonté de purger le parti des « modérés ». « Comme disait le général de Gaulle, nos rangs se sont éclaircis, mais la situation aussi” », s’est-il réjoui dans une lettre aux adhérents publiée le 22 mai.
L’hémorragie risque de se poursuivre au sein d’un mouvement, qui peine à résister aux sirènes macronistes : outre les élus, l’électorat de droite se montre majoritairement bienveillant vis-à-vis de ce président au positionnement libéral en économie – ses premiers pas sont notamment salués par 71 % des sympathisants de LR, selon une enquête IFOP.
Plus grave : selon une enquête Harris Interactive, un quart des électeurs de François Fillon dit vouloir voter pour un candidat LRM au scrutin législatif. Une fuite de l’électorat de droite vers la majorité présidentielle, qui pourrait aggraver un peu plus la situation, déjà précaire, de l’ex-UMP.
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La peur de l’avion – voici cinq conseils bien plus utiles à suivre que de se priver d’embarquer

Ouest-France 22/05/2017 Par Bruno Alvarez
Brigitte Macron craint l’avion, que peut-elle faire ?

Brigitte Macron souffre d’une embarrassante phobie pour une Première dame. Elle est aérodromophobique. Comprenez qu’elle a une peur panique de voyager en avion. Elle ne peut donc pas accompagner son président de mari, Emmanuel Macron, lors de ses déplacements les plus éloignés. Si comme l’épouse du président de la République, vous avez peur en avion, suivez ces cinq conseils.
L’avion est de loin le moyen de transport le plus sûr, avec moins de 1 000 morts sur 2,5 milliards de passagers chaque année. Et pourtant, il suscite une angoisse chez près d’un Français sur dix. C’est notamment le cas de Brigitte Macron. La Première dame à peur en avion. Une peur panique qui l’empêche de prendre ce moyen de transport.
« Voyager à côté delle dans les airs, cest lassurance darriver avec la main broyée, samuse un conseiller du candidat qui a vécu lexpérience », écrit François-Xavier Bourmaud, dans son ouvrage Les coulisses dune victoire. Si pour vous aussi, monter à bord d’un avion s’apparente à un véritable supplice, voici cinq conseils bien plus utiles à suivre que de se priver d’embarquer ou de prendre un médicament pour s’assommer le temps d’un vol.
  1. Identifier sa crainte
L’aérodromophobie, ou la peur de l’avion, est insidieuse. Concrètement, rares sont les personnes ayant subi un atterrissage forcé, un amerrissage ou un détournement. En effet, ce sont des situations plus anodines qui sont à l’origine du stress. Seulement le cerveau associe l’avion à l’angoisse et il est très difficile de s’en détacher.
« La peur de lavion est avant tout une peur de linconnu », souligne Marie-Claude Dentan, auteure de Surmonter la peur en avion (Odile Jacob) et de Comment ne plus avoir peur en avion. Forte de son expérience au sein du centre antistress d’Air France, elle a pu aider plus de 7 000 passagers à surmonter leur peur de l’avion. Et pour les fameux trous d’air ? : « C’est comme une vague sur la mer, ce nest pas très confortable, mais ce nest aucunement dangereux, poursuit la psychologue, citée par Metronews. Quand on est dans leau, on ne senfonce pas, on flotte. Pour lavion, cest exactement la même chose. »

Si le cerveau associe l’avion à l’angoisse, il faut tenter de casser l’image. Et puis, l’avion est bien plus sûr qu’un télésiège… (Photo : Eric Feferberg/AFP)
Et pour preuve que cette phobie n’est pas si rare, il existe un Centre de traitement de la peur de l’avion. Ce centre dispense des stages dans les villes de Paris, Pontoise, Montpellier, Marseille et Grenoble, ainsi qu’en Belgique (Charleroi) et en Suisse (Lausanne). Chaque session dure 9 heures et est facturée 430 €. Ils sont dispensés par un psychologue, un spécialiste en aéronautique et un pilote de ligne.
Le stage peut être pris en charge par votre mutuelle sous certaines conditions. Les comités d’entreprise peuvent également le rembourser au titre d’une activité de loisir. Il rentre dans le cadre du Droit Individuel à la Formation (DIF) et certains employeurs sont mêmes prêts à le prendre en charge pour des motifs professionnels.
Le but premier de ce type de stage est de casser la dynamique de l’angoisse. Il s’agit dans un premier temps de bien identifier la crainte. Il en existe trois grandes familles : la peur de l’accident, le besoin de contrôle et l’anxiété. Il n’est pas impossible d’en cumuler plusieurs. Le premier exercice consiste à déterminer ses peurs, qui sont le plus souvent des idées reçues, complètement irrationnelles. Le simple fait de coucher ses craintes sur le papier permet parfois de sortir de l’émotion (cerveau limbique) pour laisser la place à la réflexion (cortex).
  1. Embarquez dans un simulateur de vol
Embarquer dans un simulateur de vol rassure. (Photo : Philippe Chérel/Ouest-France)
Vous êtes accompagné par un véritable pilote de ligne, dans un cockpit qui est la parfaite reproduction de celle d’un avion de ligne. Le pilote va vous prouver que le moindre petit problème est très vite pris en charge et que les solutions de « secours » sont nombreuses et maîtrisées. L’idée est de vous rassurer. Vous aurez même le droit de prendre seul les commandes. La dimension ludique du simulateur de vol permet d’associer une image positive à l’avion, pour effacer celle que l’on a avant le stage.
  1. Travailler et maîtriser sa respiration
Pour apaiser l’angoisse, il faut apprendre à maîtriser sa respiration. (Photo : Fotolia)
Le but est d’entrer en cohérence cardiaque, c’est-à-dire de gérer les battements de son cœur pour mieux contrôler son cerveau. En situation de stress, le cerveau envoie un message au cœur, ce qui a pour conséquence d’accélérer fortement son rythme.
Ce qu’il faut savoir, c’est que l’inverse est possible : en réduisant votre rythme cardiaque, vous envoyez un message d’apaisement au cerveau et par conséquent vous réduisez le sentiment d’anxiété. Pour optimiser les chances de réussite, pensez à vous mettre dans une position de détente, les jambes allongées et la ceinture abdominale bien relâchée.
  1. Bien dormir la veille du départ et se relaxer avant de décoller
Bien dormir la veille d’un départ est essentiel. (Dessin : Chaunu/Archives Ouest-France)
« La fatigue est un facteur de stress supplémentaire », constate Marie-Claude Dentan. Inutile de surcharger le programme de la journée qui précède votre départ. Cela passe aussi par une alimentation allégée, en évitant tous les excitants comme le café, le thé, les sodas ou bien encore lalcool, et encore moins avec des tranquillisants. »
Se relaxer une heure avant le décollage est également primordial. « Il faut essayer de se relaxer, et cela avant même dembarquer dans lavion, conseille la psychologue. Il faut apprendre à respirer lentement. Vous pouvez aussi écouter de la musique ou vous détendre avec un jeu sur le téléphone. Le décollage ne dure que trois minutes, cest juste un mauvais moment à passer, il faut juste éviter dy penser. »
  1. Prévenez le personnel de bord
N’ayez pas honte de prévenir le personnel de bord de vos angoisses éventuelles. Ces professionnels vous rassureront. (Photo : Siegfried Modola/Reuters)
Au moment d’embarquer, allez voir le personnel navigant pour lui signifier votre appréhension de l’avion. Le personnel de bord est formé pour ce genre de situation, et il n’y a aucune honte à cela. Pour faciliter vos échanges, réservez un siège côté couloir. Enfin sachez que l’on n’y pense pas forcément, mais pilote d’avion de ligne est l’une des professions les plus contrôlées. Tous les ans, ils subissent deux contrôles, l’un en simulateur et un autre en conditions réelles. Les compagnies aériennes soumettent également aux pilotes une visite médicale approfondie chaque année.
Voilà, vous êtes désormais prêts à décoller…

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Ils veulent planter une forêt entière le 5 juin prochain ! #RéveilleTaNature

Mr Mondialisation – 25/05/2017 –
Et si on plantait une forêt entière, en l’espace d’une semaine ? C’est le projet fou que nous propose Reforest’Action, une entreprise sociale et solidaire qui finance la plantation d’arbres en France et dans le monde entier. Une ambition de taille, puisque durant la Journée Mondiale de l’Environnement, le 5 juin prochain, celle-ci propose d’organiser la plus grande opération de Crowdplanting jamais organisée, #RéveilleTaNature.
 Réveille ta nature
 « Planter un arbre, c’est avoir une empreinte positive sur le monde« , voilà la philosophie simple et concrète de cette entreprise à caractère social. But de l’opération #RéveilleTaNature : Offrir à la terre entière un arbre à planter. Et pour que chacun puisse participer, Reforest’Action permet à tous de planter virtuellement un arbre sur leur site, grâce au code de plantation « REVEILLETANATURE ». Pour chaque arbre planté sur le site (et donc un don de 1.50 €), un arbre sera réellement planté sur le terrain par les équipes de Reforest’Action, au sein de l’un des projets de plantation de l’entreprise (France, Haïti, Pérou, Sénégal…).
 Une opération qui est née de l’envie de l’équipe de reforest’Action de faire de la Journée de l’Environnement, un jour dédié à l’action concrète en faveur de la forêt. « En incitant le plus de personnes possibles à planter un arbre, nous dit Anne-Lise Avril, chargée de communication, nous voulons sensibiliser le grand public à l’importance (et à la simplicité) de planter des arbres en France et dans le monde, et réintroduire la nature dans leur quotidien, puisqu’ils pourront faire ce geste quel que soit le lieu où ils se trouvent. Au bureau, dans le métro, en vacances, à la maison… il suffit de cliquer pour planter !«
 Reforest’Action est une entreprise sociale et solidaire, fondée en 2010, avec la vocation de protéger l’environnement et de lutter contre la déforestation. Anne-Lise nous explique l’objectif de l’entreprise: « Permettre à chacun, particulier comme entreprise, d’avoir un impact positif sur l’environnement en plantant des arbres et en dépassant ainsi la neutralité carbone. Nous avons imaginé un modèle unique de reboisement participatif (ou « crowdplanting ») : en plantant des arbres sur notre site, chacun peut faire grandir sa forêt sur notre plateforme digitale, et nous nous engageons à les planter sur le terrain et à donner des nouvelles des arbres plantés au travers de nos actualités. » Et pour voir l’impact de son action, rien de plus facile sur le site puisque l’équipe a mis en place un système pour permettre de voir les bénéfices déjà créés par les arbres plantés.
 Une action urgente
Plus de 130 000 à 150 000 km2 de forêt disparaissent chaque année dans le monde, soit environ 15 millions d’hectares. Expansion agricole, extraction de combustibles fossiles et exploitations illégales du bois, autant de raisons qui expliquent cette perte terrible. Dans les pays dans lesquels interviennent les replantations de Reforest’Action, le bilan est sans appel. Pour Haïti, le territoire forestier est passé de 60% du territoire en 1920 à seulement 2% aujourd’hui. Au Sénégal et au Pérou, l’état du couvert forestier se dégrade toujours plus sous la pression de la production agricole et du bois de chauffage mais aussi à cause de la construction de connexions routières.
 Une carte Google Earth Engine permet de mieux prendre la mesure de l’ampleur de cette déforestation, qui met en danger l’humanité entière pour la protection d’intérêts financiers, économiques et des lobbys de multinationales. Reforest’Action permet à tous les citoyens de s’unir pour contrebalancer les effets dangereux de l’irresponsabilité collective et décisionnelle qui conduit à une telle déforestation. Une initiative qui permet à chacun d’agir concrètement et de rappeler que la Nature ne doit jamais être perdue de vue, comme en témoignent les visuels de la campagne de communication de l’opération #RéveilleTaNature. Le 5 juin prochain, Reforest’Action sera-t-il en mesure de planter la plus grande forêt jamais plantée en semaine ?

Propos recueillis par l’équipe de Mr Mondialisation / Reforest’Action
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Président de la République – #Diplo Poignée de main avec Trump : « pas innocent », selon Macron

L’Obs le 28/05/17
« Donald Trump, le président turc ou le président russe sont dans une logique de rapport de forces, ce qui ne me dérange pas. Je ne crois pas à la diplomatie de l’invective publique mais dans mes dialogues bilatéraux, je ne laisse rien passer, c’est comme cela qu’on se fait respecter », assure le Chef de l’Etat.

Emmanuel Macron affirme que sa poignée de main échangée jeudi à Bruxelles, avec Donald Trump, « ce n’est pas innocent », dans un entretien au « Journal du Dimanche ».
« Ma poignée de main avec lui, ce n’est pas innocent, ce n’est pas l’alpha et l’oméga d’une politique mais un moment de vérité », confie au JDD le nouveau président de la République.
Lire sur Résistance Inventerre Trump anéanti par la poignée de main de Macron : la presse compte les points
« Il faut montrer qu’on ne fera pas de petites concessions, même symboliques, mais ne rien surmédiatiser non plus », précise Emmanuel Macron.

Le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Donald Trump ont échangé une insolite poignée de main jeudi à Bruxelles, longue et appuyée, interprétée par certains comme un moment de diplomatie virile.
Donald Trump est connu pour secouer le bras de ses visiteurs avec une puissante poignée de main. Sous l’oeil d’une caméra, avant un déjeuner de travail à l’ambassade américaine à Bruxelles, Emmanuel Macron a résisté pendant cinq secondes au président américain, mâchoire serrée, le regard planté dans celui de son homologue.
« Donald Trump, le président turc ou le président russe sont dans une logique de rapport de forces, ce qui ne me dérange pas. Je ne crois pas à la diplomatie de l’invective publique mais dans mes dialogues bilatéraux, je ne laisse rien passer, c’est comme cela qu’on se fait respecter », assure le Chef de l’Etat.
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Trump « anéanti » par la poignée de main de Macron : la presse compte les points

L’Obs 27/05/207
Trump aurait-il perdu à son propre jeu ? Célèbre pour ses poignées de main aussi vigoureuses que dominantes, il a, en tout cas, trouvé en la personne de Macron un adversaire à sa taille.

President Donald Trump shakes hands with French President Emmanuel Macron

A mi-chemin entre le bras de fer et la (trop) enthousiaste poignée de main, le président français Emmanuel Macron et son homologue américain Donald Trump se sont salués officiellement pour la première fois jeudi 25 mai à Bruxelles. Et le geste n’est pas passé inaperçu au Etats-Unis, où la presse ne tarit pas de commentaires.

Longue et appuyée, pour dire le moins, cette première poignée de main presque gênante a été interprétée par certains comme un moment de diplomatie « virile » – comprendre « forte », « masculine », selon une interprétation phallocrate du terme donc – dont Macron serait sorti vainqueur.
Il faut dire que l’ex-vedette de télé-réalité, et désormais président des Etats-Unis, est connue pour secouer le bras de ceux qu’il rencontre avec une puissante poignée de main. Et il semblerait que le dirigeant français trentenaire ait cette fois refusé la coutume. Sous l’œil d’une caméra, avant un déjeuner de travail à l’ambassade américaine à Bruxelles, Macron a résisté pendant cinq secondes au président américain. Mâchoire serrée, le regard planté dans celui de son homologue (tout en « virilité » donc).
Une « prise mortelle bon enfant »
Dans un article sur le déplacement de Donald Trump à Bruxelles, le correspondant du « New York Times » estime que la poignée de main partagée entre le président français et son homologue américain a créé un « haussement de sourcil » dans l’assemblée, signe de l’effet de surprise général.
Plus loin, le journal fait également état de la violence de l’échange, utilisant l’expression « white-knuckled handshake » (une poignée de main si puissante qu’elle blanchirait les jointures des doigts)Reprise en titre par le « Telegraph », qui parle d’une « puissante et gênante poignée de main ».
Le journaliste du « New York Times » détaille ensuite la rencontre entre Macron et Trump en ces termes :« L’Américain de 70 ans et le Français de 39 ans ont chacun attrapé la main de l’autre dans ce qui a commencé comme une poignée de main virile et qui a fini comme une prise mortelle bon enfant. Les mâchoires serrées, leurs visages alternaient entre sourires et grimaces, les deux hommes se sont serré la main jusqu’à ce que les jointures de Donald Trump deviennent blanches. »
A lire le journaliste, l’échange s’est fini dans la résistance : « A un moment, [Donald Trump] a essayé de se dégager, mais [Emmanuel] Macron s’est agrippé encore plus fortement et a continué à faire monter la pression. La seconde fois, Trump a finalement pu se retirer et Macron l’a laissé s’en aller. »
Comme une prise de ju-jitsu 
« Si les relations humaines étaient définies par la manière dont deux personnes se serrent la main, alors celles du président américain et de son homologue français promettent d’être féroces », lance le « Washington Post », qui dresse sensiblement la même analyse que le « New York Times ». Gif à l’appui.
CBS news parle d’ailleurs de « confrontation », pendant qu’un journaliste américain du « Guardian » sur Twitter va jusqu’à comparer la poignée de main avec une prise de ju-jitsu, art martial sans arme élaboré au Japon à l’époque féodale. Pas moins.
Martin Hodgson ✔ @MartinxHodgson
Incredible White House pool report on Trump/Macron handshake jujitsu
Macron a « anéanti » Trump 
Visiblement, la gêne de l’instant a été partagée par tous les journalistes qui ont assisté à la rencontre ou visionné la séquence.
Le site Mashable remet même à l’échange, bien parti pour devenir historique, la palme de la « bataille de poignée de main la plus gênante de tous les temps« . Selon le site, ravi, Macron aurait « anéanti » le président américain à coup de boutons de manchette bien sentis :  « Les infâmes poignées de main du président Trump deviennent franchement vicieuses, mais de braves leaders du monde commencent à se défendre. » 
« Le président français a fait preuve d’une immense force et d’une grande résistance pendant l’échange, l’expression d’une implacable domination était visible sur son visage. De l’autre côté, Trump est apparu affaibli », interprète Mashable, qui n’est pas seul à désigner Emmanuel Macron grand gagnant de cet échange tout en muscles et en cravates :
John Fraher  ✔ @johnfraher
Here’s that handshake again… France 1: Les Etats Unis 0
Poignée de main : l’acte 2 
Après cette première poignée de main aussi musclée que médiatisée, les deux hommes ont quitté les lieux pour leur déjeuner. Ils auraient pu en rester là, mais quelques heures plus tard, au siège de l’Otan, Emmanuel Macron a encore été amené à serrer la main de Donald Trump.
Sous le regard amusé des autres dirigeants, dont la chancelière allemande Angela Merkel et le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, le président américain, tout sourire, a alors ostensiblement tiré vers lui le bras du Français. De son côté Macron a contenu l’assaut en tapotant sur l’avant-bras de Trump. Un vrai combat de coqs.
Léo Mouren @leomouren La poignée de main, virile, entre Trump et Macron
5:59 PM – 25 May 2017
Ce n’est pas la première fois que Donald Trump attire l’attention du monde avec sa poigne de fer, déjà remarquée après des rencontres avec les dirigeants japonais et canadiens. Mais cette fois plus que les autres, la presse américaine n’a pas boudé l’analyse.

Barbara Krief
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Ces citoyens qui surveillent les malversations des élus

Siné Mensuel N° 64 – mai 2017 – Blandine Flipo –
Sans eux, les élus feraient leurs petites affaires tranquillement sans être inquiétés. Eux, ce sont les citoyens qui débusquent les permis de construire illégaux, les faits de corruption, qui se mettent au droit pour traîner nos élus devant les tribunaux. Sacré boulot !

Alain Baraquie habite un chouette petit village en Ardèche. Au Cheylard, il est peinard. Il affectionne tout particulièrement les chemins de randonnée qui sillonnent le coin. En novembre dernier, raconte-t-il, « je suis passé devant une pancarte. Je me suis arrêté, j’ai lu « enquête publique en vue d’aliénation de chemins ruraux« . En furetant, Alain Baraquie découvre que les propriétaires de l’usine Perrier veulent s’approprier cinq chemins, notoirement utilisés par la population. Et que la mairie est d’accord… « A la mairie, j’ai croisé des gens farouchement opposés  à la vente par la commune de ces chemins à Perrier, mais qui pensaient le combat perdu. » Alain a l’expérience de la com’. En moins de 48 heures, il pond des flyers, lance une pétition, alerte les journalistes. « J’ai travaillé trois mois à mi-temps sur cette histoire. On a fait des manifs, des interviews… » Résultat des courses : le maire a renoncé à les privatiser. Tant pis pour Perrier !
Soupçon de corruption
Le combat d’Alain Baraquie a connu un épilogue heureux. Mais ce n’est pas toujours le cas. La plupart du temps, difficile pour un simple citoyen de faire entendre raison aux élus. Même quand la loi est de son côté… Exemple dans les Landes. José Manarillo est retraité de la fonction publique, et militant actif de la Sepanso, association de protection de l’environnement. Il habite à Capbreton où, depuis plusieurs années, son association se bat contre l’extension de Leclerc sur une dune située en zone naturelle inconstructible. Cette extension accordée par les élus au géant Leclerc a été interdite par les tribunaux. Deux fois. Et malgré ces condamnations, les élus ont une fois de plus recnduit leur autorisation à Leclerc au printemps ! José Manarillo : « A qui profite cette autorisation ? Forcément, il y a soupçon de corruption. » Dans une article acéré sur le blog de l’association, il a osé écrire ce soupçon. « Les élus n’ont rien dit. preuve que je ne suis pas tout à fait passé à côté. » A-t-il peur de se faire emmerder chez lui, après ça ? « Oh, moi je suis retraité, je n’ai rien à perdre« .
D’autres se lancent car ils ont déjà tout perdu. On vous avait parlé de Martine Donette et de Claude Diot qui ont dénoncé les 418 milliards d’infractions commises par les grandes surfaces. Ces deux commerçants ont tout perdu dans les années 90 en raison de l’installation d’une grande surface commerciale. Ils ont alors créé leur association, En toute franchise, qui traque les autorisations illégales accordées aux grandes surfaces.
Martine Donette : « J’ai commencé en 1999, je travaillais encore. Tout n’était pas encore sur Internet alors il fallait aller dans les mairies pour avoir les PLU. Et pour trouver un article de loi, il fallait venir à Paris chercher dans les archives du Journal Officiel… » Claude diot se marre : « Heureusement qu’on était deux ! » depuis, leur combat est devenu un plein-temps. Leurs adhérents les aident à financer les procédures.Mais celles-ci deviennent de plus en plus complexes, de plus en plus chères… Empêcher les élus de faire de la merde ? Possible. Mais il faut être sacrément généreux pour s’y atteler, en temps, en argent. Chapeau, les gars ! 
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Le journaliste Mathias Depardon, détenu en Turquie, a interrompu sa grève de la faim

Après son arrestation le 8 mai, le photojournaliste avait entamé une grève de la faim. Il l’a interrompue vendredi, selon le secrétaire général de Reporters sans frontières.
Le Monde.fr avec AFP  28.05.2017

Mathias Depardon

Le photojournaliste français Mathias Depardon, détenu depuis le 8 mai en Turquie, a mis fin à sa grève de la faim, a annoncé samedi 27 mai Christophe Deloire, le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF).
Installé en Turquie depuis cinq ans, Mathias Depardon, journaliste indépendant de 36 ans, a été arrêté le 8 mai à Hasankeyf, dans la province de Batman (sud-est), où il effectuait un reportage pour le magazine National Geographic. Il a rapidement été transféré dans un centre d’accueil géré par la direction des affaires migratoires à Gaziantep, où il est retenu depuis malgré une décision d’expulsion émise le 11 mai. Le journaliste français était en grève de la faim depuis le 21 mai pour protester contre sa détention, selon RSF.
Lire aussi :   Pour RSF, la détention du journaliste Mathias Depardon en Turquie « s’apparente à une prise d’otage »
« Des signaux positifs »
« Mathias Depardon est bien traité, il sait que son dossier est porté au plus haut niveau : le journaliste a mis fin à sa grève de la faim », a écrit samedi M. Deloire sur son compte Twitter. Mathias Depardon a interrompu sa grève de la faim vendredi soir après avoir appris qu’il aurait une visite consulaire, a ajouté Christophe Deloire.
« Cela ne veut rien dire sur l’issue finale, mais ce sont des signaux positifs. C’est satisfaisant de voir que la mobilisation, l’engagement de l’ambassade, le fait que ce soit traité en France, ça semble commencer à porter ses fruits », a déclaré M. Deloire à l’Agence France-Presse (AFP). « La mobilisation doit être maintenue jusqu’à la libération de #mathiasdepardon », avait-il auparavant précisé sur Twitter.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait promis jeudi à son homologue français Emmanuel Macron, en marge du sommet de l’Otan à Bruxelles, d’examiner « rapidement la situation » du photojournaliste, selon la présidence française.
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FN – Une attachée de presse accuse le Front national de « travail dissimulé » au Parlement européen

Une ex-attachée de presse du groupe Europe des nations et des libertés, dirigé par Marine Le Pen, assure avoir travaillé sans contrat pendant six mois. La fin de sa collaboration n’aurait pas été payée.
LE MONDE |  27.05.2017 | Par Olivier Faye
Elle affirme avoir attendu la fin de l’élection présidentielle pour prendre la parole. « Je voulais un réglement à l’amiable, si j’avais cherché le conflit et la revanche, je l’aurais fait pendant la campagne », dit-elle. Marie-Sophie Boumard, ancienne attachée de presse du groupe Europe des nations et des libertés (ENL – extrême droite) au Parlement européen, présidé par Marine Le Pen, veut faire valoir son cas de manière publique.
La jeune femme, âgée de 28 ans, assure au Monde avoir travaillé pour le groupe ENL, dans lequel siègent vingt députés européens du Front national (FN), de septembre 2015 à février 2016, sans jamais avoir signé un contrat de travail. Les deux derniers mois de sa collaboration, interrompue sans justification, n’auraient en outre pas été payés. Et ses salaires étaient versés par une société de droit belge avec laquelle elle affirme n’avoir jamais eu aucun rapport. Un ensemble de faits qui constitue, selon son avocat, Me Jean Oudard de Préville, qui va saisir la justice, une « situation de travail dissimulé ».
Lire aussi :   Affaires du FN : les documents qui accusent Marine Le Pen
C’est par l’intermédiaire de l’eurodéputé FN Bernard Monot, rencontré dans un meeting, que la jeune femme entre en relation avec le groupe ENL, en 2015. A la suite d’un essai de trois semaines durant l’été, elle passe un entretien avec Marine Le Pen, en septembre, et se voit confier la tâche de gérer les relations avec la presse internationale.
« Je n’ai pas eu de fiche de poste. Ce travail aurait dû être uniquement pour le groupe mais, en réalité, c’était un peu entre le FN et le groupe », explique-t-elle. Mme Boumard occupe un bureau à Bruxelles, mais se retrouve parfois dans les locaux du parti d’extrême droite, à Nanterre (Hauts-de-Seine), pour gérer l’afflux de journalistes.
Aucun contrat de travail ne lui est soumis. « Je n’ai jamais rien signé, si ce n’est un document pour dire que j’ai bien reçu un téléphone de travail », dit-elle. Ses salaires tombent, eux, chaque mois. Ils ont été versés par la société belge EE + Coaching, comme le montrent les relevés bancaires, que nous avons pu consulter. Ses notes de frais, elles, ont été remboursées directement par le groupe ENL.
Le 29 décembre 2015, un e-mail non signé lui est envoyé par le groupe ENL. « Je vous informe de la décision du groupe de ne pas prolonger votre mission de consultante externe comme attachée de presse », est-il écrit, sans plus d’explications. Surprise, la jeune femme écrit au secrétaire général du groupe ENL, Ludovic de Danne, pour connaître les raisons de ce licenciement.
Lire aussi :   FN : le Parlement européen s’inquiète pour sa facture
« Je n’ai pas à commenter la décision que j’ai prise et sur laquelle je ne reviendrai pas. La délégation française est tout à fait libre de vous reprendre sous un contrat d’assistante parlementaire », lui répond l’intéressé, le 13 janvier 2016. M. de Danne est un proche de Marine Le Pen et est chargé des relations internationales au Front national. Nicolas Lesage, directeur de cabinet de la présidente du FN, figure en copie de cet échange.
« Documents antidatés »
Marie-Sophie Boumard continue néanmoins de travailler pour le groupe jusqu’au 22 février 2016 – différents échanges par e-mail avec des médias, dont Le Monde, en attestent. Selon elle, aucun salaire ne lui a été versé pour cette période. « Je veux être rétablie dans mes droits. Qu’on reconnaisse le travail que j’ai effectué, et recouvrer ce qui m’est dû », dit-elle. Contacté, M. de Danne assure que Mme Boumard « était sous un contrat de prestation de services ». « Nous n’avons aucun contentieux avec elle, c’est elle qui enrage et en a après nous parce qu’elle n’a pas été retenue après sa piètre période d’essai », avance-t-il comme explication.
L’intéressée assure qu’il a toujours été question qu’elle devienne collaboratrice, et non pas consultante extérieure. Son avocat rapporte par ailleurs que Mme Boumard a refusé « de signer des documents antidatés censés régulariser sa situation » vis-à-vis de la société EE + Coaching. Des documents s’apparentant à des notes d’honoraires que lui demandait de signer Charles Van Houtte, ancien assistant parlementaire de Marine Le Pen, aujourd’hui administrateur au Parlement européen pour le FN.
« Je n’ai pas été reçue, ni écoutée, et pourtant j’ai gardé une réserve digne sur cette affaire. Je suis triste que la présidente soit si mal entourée et conseillée », regrette Marie-Sophie Boumard. L’attachée de presse a envoyé un courriel à Marine Le Pen, le 10 octobre 2016, pour lui demander d’intervenir sur son cas. Elle n’a pas eu de réponse de sa part.
Le FN déjà dans le viseur de la justice
Le Front national fait l’objet d’une enquête de la part de la justice française pour l’emploi présumé fictif d’une quarantaine d’assistants parlementaires au Parlement européen, qui ont été employé par 17 députés européens frontistes entre 2012 et 2017. Les enquêteurs soupçonnent que ces assistants travaillaient pour le compte du FN en France plutôt que pour l’institution européenne.
Ouverte en 2015, cette enquête est menée en parallèle d’investigations de la part de l’OLAF, l’organisme antifraude de l’Union européenne, qui a conclu dans un rapport, en juillet 2016, à une fraude de la part du FN. Des mesures de recouvrement des salaires sont déjà lancées par le Parlement européen auprès de six députés, dont Marine Le Pen. L’expert-comptable Nicolas Crochet, quant à lui, chargé de verser les salaires des assistants locaux du parti d’extrême droite, est lui aussi dans l’œil de la justice. Des virements d’un montant total de 320 000 euros, effectués depuis son compte professionnel vers son compte personnel, censés « rembourser des frais » avancés « pour certains assistants », focalisent l’attention des enquêteurs.

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31,1 millions

C’est le nombre de personnes qui ont été déplacées dans leur propre pays en 2016 du fait de guerres, de violences ou de catastrophes naturelles, surtout en Chine et en République démocratique du Congo (RDC), a rapporté lundi l’International Displacement Monitoring Centre du Norwegian Refugee Council (NRC), une organisation non gouvernementale spécialisée.

Cela représente environ un déplacement forcé toutes les secondes…

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Etats-Unis – Donald Trump face à une nouvelle controverse potentiellement dévastatrice

Le président aurait suggéré, en février, au patron du FBI d’interrompre une enquête sur son ex-conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn.
LE MONDE | 17.05.2017 | Par Gilles Paris (Washington, correspondant)
Le limogeage brutal, le 9 mai, du directeur du FBI, James Comey, puis les justifications à géométrie variable et, enfin, les messages vindicatifs du président Donald Trump publiés sur son compte Twitter constituaient la pire semaine vécue par la nouvelle administration depuis son arrivée à la Maison Blanche, le 20 janvier.
Mais, après deux journées seulement, il semblait fort possible, mardi 16 mai, que celle en cours la surpasse, du fait des révélations à répétition de la presse.
Vingt-quatre heures seulement après la publication, lundi, d’une première enquête du Washington Post affirmant que le président des Etats-Unis a divulgué des informations classifiées à une délégation russe, le 10 mai, le New York Times est passé à son tour à l’offensive, en fin d’après-midi. Ses révélations ont pris une nouvelle fois de court la Maison Blanche. Et pour cause : elles sont les plus embarrassantes pour Donald Trump depuis sa prise de fonctions.
Selon le quotidien, régulièrement éreinté par M. Trump, ce dernier aurait en effet suggéré à M. Comey, le 14 février, d’interrompre une enquête visant son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, dont il venait d’obtenir la démission. Cet échange aurait fait l’objet d’une note rédigée par le directeur de la police fédérale aussitôt après son entrevue, dans le bureau Ovale de la Maison Blanche.
« J’espère que vous pourrez juger bon de laisser passer ça, de laisser Flynn. C’est un bon gars. C’est quelqu’un de bien. J’espère que vous pourrez laisser tomber », aurait déclaré M. Trump, selon la note de M. Comey. Ce dernier aurait éludé. « Je suis d’accord, c’est un gars bien », se serait contenté d’assurer le directeur du FBI.
Le bref échange entre les deux hommes se serait tenu au terme d’une rencontre à laquelle participaient également le vice-président, Mike Pence, et l’attorney general des Etats-Unis, Jeff Sessions.
Selon le New York Times, M. Trump avait demandé à toutes les personnes présentes de quitter son bureau, pour pouvoir s’entretenir en tête-à-tête avec M. Comey. La Maison Blanche a nié en bloc ces affirmations, en assurant que le contenu de la note ne correspondait pas à une « description juste ou honnête de la conversation entre le président et M. Comey ».
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L’ancien général Michael Flynn avait été contraint à la démission pour avoir menti à M. Pence sur le contenu d’une conversation téléphonique avec l’ambassadeur de Russie à Washington, Sergueï Kislyak, en décembre 2016. Le conseiller à la sécurité nationale avait affirmé ultérieurement ne pas avoir évoqué les sanctions décrétées par Barack Obama contre Moscou en représailles aux piratages informatiques imputés à la Russie pendant la campagne présidentielle américaine. Le contenu de l’échange, objet d’une écoute de routine, avait prouvé le contraire.
  1. Trump avait pourtant multiplié les propos louangeurs sur son ex-conseiller dans les jours qui avaient suivi son départ, concentrant son courroux sur les « fuites », publiées alors par le Washington Post, qui avaient entraîné sa disgrâce. Le président avait jugé qu’elles constituaient une menace pour les intérêts de l’Etat fédéral.
La multiplication de révélations embarrassantes pour M. Flynn, notamment de liens financiers avec la Turquie et la Russie, qui n’avaient pas été déclarés auprès de l’administration comme c’est la règle, a conduit depuis la Maison Blanche à prendre progressivement ses distances avec l’ancien général.
Les révélations du New York Times sont potentiellement plus dévastatrices que les dernières controverses essuyées par l’administration Trump.
Le trouble qui a entouré le départ précipité de M. Comey a en effet été alimenté par des ratés de communication. La Maison Blanche l’avait imputé, dans un premier temps, au ministère de la justice avant que le président n’en revendique soudainement la paternité. Mais M. Trump était tout à fait fondé à mettre un terme au mandat de dix ans du directeur de la police fédérale.
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De même, M. Trump était habilité à partager des informations classifiées concernant des projets d’attentats de l’organisation Etat islamique (EI) avec le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Cette divulgation peut cependant jeter la suspicion parmi les alliés des Etats-Unis. Selon la presse américaine, les éléments communiqués auraient en effet été fournis à Washington par Israël.
L’échange avec M. Comey dépasse en importance ces cafouillages, puisqu’il peut être potentiellement assimilé à une tentative d’obstruction visant la justice.
Citadelle assiégée
Prouver cette dernière ne serait cependant pas une partie facile. Le démenti de la Maison Blanche témoigne d’une volonté de nier catégoriquement les accusations du New York Times. Si la réalité de l’échange pouvait être prouvée, il faudrait encore démontrer l’intention de M. Trump de s’opposer à la procédure en cours, ce qui ferait probablement l’objet d’une longue guérilla judiciaire.
Mais l’onde de choc créée par les révélations de mardi risque d’attiser la curiosité du Congrès, où M. Trump dispose d’une majorité de nature à contrecarrer pour l’instant toute tentative de destitution. Sont en jeu les motifs du limogeage de M. Comey, la note mentionnée mardi et l’évocation énigmatique par M. Trump, publiée vendredi sur son compte Twitter, de l’existence d’enregistrements de ses conversations avec l’ex-directeur de la police fédérale.
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Dans sa contre-attaque, la Maison Blanche peut de son côté présenter la divulgation de la note comme une vengeance après le limogeage et rappeler que M. Comey n’a pas rendu aussitôt public le contenu de son échange avec le président. Elle a déjà rappelé qu’au cours d’une audition au Sénat, après le limogeage de son supérieur, le 11 mai, le numéro deux du FBI, Andrew McCabe, a assuré que la police fédérale n’avait fait l’objet d’aucune pression à propos de l’enquête visant la Russie et une éventuelle collusion avec des membres de l’équipe de campagne de M. Trump.
Le rythme des révélations témoigne en tout état de cause de la combativité d’une partie de la presse américaine face à un président avec lequel elle entretient les pires rapports. Elles sont rendues possibles par la multiplication des « fuites » qui alimentent les accusations des républicains les plus radicaux contre un « Etat profond » hostile à Donald Trump.
Les révélations de mardi sont intervenues alors que la Maison Blanche donnait déjà toutes les apparences d’une citadelle assiégée où les rumeurs de réorganisation ciblant des postes clés de l’entourage de M. Trump allaient bon train.
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Ricœur et Macron, le philosophe et l’étudiant

Charlie Hebdo – 24/05/2017 – Philippe Lançon –
Il y a quelques jours, Le Monde publiait une lettre qu’Emmanuel Macron a écrite le 15 juillet 1999 au philosophe Paul Ricoeur, dont il est alors assistant éditorial. Le futur président a 21 ans. Ayant échoué deux fois à l’École normale supérieure, ce que des normaliens ont le plus grand plaisir à rappeler, il a fait une maîtrise sur Machiavel et finit un DEA sur Hegel. Il aide Ricoeur a établir l’appareil critique de son futur livre, La Mémoire, l’histoire, l’oubli, publié au Seuil un an plus tard. 
La lettre de Macron est celle d’un étudiant précoce, cultivé, sensible, enthousiaste, admiratif, qui frémit comme un oiseau dans la découverte de son savoir. Il lit La mélancolie au miroir, de Jean Starobinsky, où figure une étude du Cygne de Baudelaire qu’il évoque. Il veut montrer  à Ricoeur qu’il a compris, en le lisant, de la différence entre mémoire et imagination. La mémoire, écrit-il « appartient au temps vécu« …
Ricœur et Macron, le philosophe et l’étudiant
Paul Ricoeur et le Mexique
Quel est le rôle du souvenir dans la vie d’un homme devenu politique ? Il est possible que dans l’action, l’oiseau meure, et avec lui toutes les images qu’il portait. Quoi qu’il en soit, on est loin, avec cette lettre, de Chirac, Sarkozy, Hollande (le familier, le trivial, le normal). Le Monde paraît l’avoir déniché dans les archives du fonds Ricoeur. Une main opportune la lui a-t-elle communiquée ? Peu importe. Il est toujours agréable de rappeler qu’un homme d’action peut être (ou avoir été) un intellectuel, un homme qui vibre pour et par des idées. Ce fut le cas de Jaurès, de Blum, de De Gaulle, De Pompidou, de Mitterrand, de quelques autres. De ce point de vue, le jeune homme à la table rase s’inscrit aussi dans une tradition du texte – même s’il n’est pas certain que ce monde lui permette vraiment de l’entretenir.
Un président, quoi qu’on en pense, est aussi et peut-être d’abord un miroir. Quand j’ai appris que Macron avait été l’assistant de Ricoeur, je me suis souvenu d’être allé chez le philosophe, aux Murs Blancs, pour l’interroger sur les intellectuels protestants. J’y ai passé quelques heures et tout enregistré. Les cassettes ont disparu. Je ne me rappelle que sa voix, la manière dont il était assis et la pluie qui tombait dehors tandis qu’il parlait. Plus tard, j’ai cherché d’autres livres de lui dans ma bibliothèque. J’ai trouvé Temps et récit, trois tomes que je n’ai jamais pu lire mais que j’ai gardé. Quand Macron fut élu, j’ai finalement ouvert les tome III et je suis tombé sur un passage où Ricoeur parle de la mort dans l’écriture de l’histoire ». Bingo ! « Le remplacement des générations, écrit-il est l’euphémisme par lequel nous signifions que les vivants prennent la place des morts, faisant de nous, les vivants, des survivants. […] L’idée de génération rappelle avec insistance que l’histoire est l’histoire des mortels. »
Macron a dû le lire, me suis-je dit, maintenant il l’applique. En politique, il a fait de la plupart des vivants des survivants. Il arrive que la philosophie ait des messagers concrets. Mais il est aussi possible que je n’aie rien compris. D’autant que Ricoeur ajoute : « Outrepassée, la mort l’est pourtant d’emblée : pour l’histoire, il n’y a en effet que des rôles jamais laissés en déshérence, mais chaque fois attribués à de nouveaux acteurs; en histoire, la mort, en tant que fin de chaque vie prise une à une, n’est traitée que par allusion, au bénéfice des entités dont la durée enjambe les cadavres : peuple, nation, État, classe, civilisation. » J’ai refermé Temps et récit, tome III, et regardé un épisode de Breaking Bad. Les morts du narcotrafic se multipliaient à la frontière mexicaine. Les vivants avaient l’air de survivants. Les cadavres s’entassaient au bénéfice d’aucune entité, sinon celle de la mort elle-même. C’est peut-être ça le problème du Mexique.
Il y a cependant un texte de Ricoeur, très bref, de 2004, auquel je reste attaché : Le Mal. Je l’avais lu à sa publication. Je l’ai relu à l’hôpital, après l’attentat. Il ne quitte pas mon bureau. c’est un texte transparent et profond. Je souligne tantôt une phrase, tantôt une autre, et j’y pense comme si je ne devais plus jamais cesser de les vivre. Aujourd’hui, par exemple, je note celle-ci : « Faire le mal, c’est faire souffrir autrui. La violence ne cesse de re0faire l’unité entre mal moral et souffrance. Dès lors, toute action éthique ou politique, qui diminue la quantité de violence exercée par les hommes les uns contre les autres, diminue le taux de souffrance dans le monde; à vrai dire, nous ne le savons pas, tant la violence imprègne la souffrance. »
On ne fait sans doute pas de la politique avec ça. Ou plus exactement, on n’en fait pas qu’avec ça. Mais savoir que ce jeune homme-ci a lu et aimé un jour ce vieil homme là, qu’il a peut-être lu et médité ces phrases, voilà qui me rend, au moins le temps d’une chronique, optimiste...
Qui est Paul Ricoeur, le philosophe dont se réclame Emmanuel Macron ?
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