Hongrie – Mur peu dissuasif

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Des migrants ( réfugiés )  franchissent la barrière de barbelés qui sépare la Hongrie de la Serbie, déployée sur 175 km.
Plus de 3 000 personnes ont rejoint l’UE et l’espace Schengen via cette frontière, samedi.
Le Monde 31/08/2015
Au repos près de Subotica, à la frontière serbo-hongroise, des migrants qui tentent de pénétrer dans l’Union européenne. (Andrej Isakovic/AFP)

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Joseph Stiglitz : les sociétés inégalitaires et ce que nous pouvons faire pour les changer

Le Monde.fr – 31.08.2015 – Margherita Nasi 4741430_6_ede9_2015-08-31-16d6dda-22810-1r5mf8b_cd2347e1c5afd1d0f7f035d2db2ce906La grande fracture, Joseph E. Stiglitz (Les Liens qui Libèrent, 448 pages, 25 euros).
1% de la population de la planète détient aujourd’hui près de la moitié de la fortune mondiale. Si on mettait 80 multimilliardaires dans un autobus, il contiendrait une fortune équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de l’humanité. L’inégalité massive qui émerge aux États-Unis et dans beaucoup de pays avancés est devenue tellement frappante qu’elle fait l’objet de nombreuses images et métaphores. Elle est également le sujet de l’ouvrage de Joseph E. Stiglitz, La Grande Fracture. Un sujet qui peut paraître galvaudé, mais auquel économistes et politiques ne se seraient intéressés que trop récemment, après avoir suscité l’indifférence si ce n’est « une hostilité directe », regrette l’auteur, qui pointe l’incapacité des économistes à saisir les conséquences de l’ascension de l’inégalité et à élaborer des politiques qui auraient pu permettre de changer de cap.
Crise financière et inégalité sont inextricablement mêlées
inegalitesPour le prix Nobel de l’économie, il s’agit là d’une question vitale, « pour des raisons morales mais aussi économiques ». L’ouvrage, composé d’un recueil d’articles et d’essais écrits ces dernières années pour divers journaux et périodiques, est centré sur l’inégalité, mais se penche aussi sur la grande Récession, puisque pour M.Stiglitz crise financière et inégalité sont inextricablement mêlées : « l’inégalité a contribué à provoquer la crise ; la crise a exacerbé les inégalités préexistantes ; et leur aggravation a plombé l’économie et rendu encore plus difficile une reprise robuste ». Mais comme pour l’inégalité, il n’y avait pas de fatalité dans la profondeur ni la durée de la crise. C’est là le message central du livre : « le niveau actuel de l’inégalité en Amérique n’est pas inévitable. Il n’est pas le résultat des lois inexorables de l’économie. Il dépend des politiques que nous suivons, et de la politique ».
Après un prélude où il revient sur les années qui ont précédé la crise, l’ancien économiste en chef de la Banque mondiale analyse les problèmes primordiaux que pose l’inégalité, revient sur son intérêt pour le sujet, et détaille causes, dimensions et conséquences des inégalités. Il aborde ensuite les idées sur les politiques à venir, et évoque l’inégalité dans d’autres pays et les stratégies conçues pour la combattre, en passant par le miracle mauricien, le cas du Japon, de Singapour, de la Chine, mais aussi de l’Écosse et de l’Espagne.
Il se concentre enfin sur l’anémie persistante de l’emploi, et comment remettre l’Amérique au travail. L’auteur se veut critique, sans pourtant sombrer dans le fatalisme : création de réglementations financières efficaces, réforme du financement des campagnes électorales, réforme du système de fiscalité et investissements dans les infrastructures, l’éducation et la recherche… les pistes à explorer sont nombreuses, car « si la politique a été la cause de nos problèmes actuels, ce n’est que par la politique que nous trouverons des solutions : le marché ne le fera pas tout seul ».
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Le miel, l’argile… pour nous soigner : pas assez cher, pas intéressant !

Satire Hebdo – 205/08/2015 –
Si les remèdes d’origine naturelle sont souvent relégués au rang de « remèdes de grand-mère », certains présentent malgré tout des propriétés médicales étonnantes. Malheureusement, ces solutions peu coûteuses intéressent rarement les industries pharmaceutiques !
Des bienfaits souvent ignorés
A l’heure où la médecine s’alarme du développement croissant de la résistance aux médicaments, beaucoup s’interrogent sur les bienfaits des remèdes naturels. Des produits comme le miel ou l’argile présentent par exemple des propriétés étonnantes en matière de santé.
Introduite en France par le professeur Bernard Descottes, chirurgien viscéral décédé en 2009, l’utilisation de pansements au miel permet ainsi de soigner les plaies chez des patients qui cicatrisent difficilement.  Une pratique couronnée de succès, mais qui peine pourtant à se développer ! Si les recherches autour de ces produits sont rares, elles semblent néanmoins très prometteuses. Grâce aux travaux d’une équipe néerlandaise, une substance antibactérienne contenue dans le miel a pu être identifiée : il s’agit de la défensine, protéine impliquée dans le système immunitaire de l’homme.  Elle s’est avérée très efficace dans la lutte contre des infections bactériennes responsables d’intoxications alimentaires ou encore du staphylocoque doré, détruisant des souches déjà résistantes aux antibiotiques naturels.
Pas de brevets, pas de bénef !
Le miel permettrait donc non seulement d’envisager la production de nouveaux antibiotiques, mais aussi de soulager la peau et les muqueuses des patients traités par radiothérapie ou chimiothérapie. L’argile présente quant à elle des bienfaits non négligeables dans la lutte contre certaines maladies gastro-intestinales, mais les recherches sérieuses restent trop rares pour écarter la possibilité d’effets secondaires dans le cas de la consommation par voie orale. Alors, qu’attendent les entreprises pharmaceutiques pour s’intéresser à ces ressources ? La réponse est simple : non brevetables, ces produits engrangeraient peu de profits ! N’oublions pas qu’en France, la santé reste avant tout une industrie…

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Parution de Satire Hebdo avec des dessins de Sondron, Glon, Hub, Laurent Brailly, et des dessins de Cambon, Lasserpe, fournis par  Iconovox.com. 16 pages, beaucoup de textes non signés, 3 euros. Le numéro 2 sort en principe la semaine prochaine. Commentaires sur le contenu à partir du n°3.

Satire Hebdo

 

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Le calendrier des vacances scolaires 2015/2016

La nouvelle République 28/08/2015

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La rentrée scolaire 2015 est marquée par le changement de zone de certaines académies, comme celle de Poitiers. – (Photo Flickr, Petit Louis CC BY 2.0)
Retrouvez ci-dessous les dates des vacances scolaires de nos académies. En 2015, attention : la Vienne et les Deux-Sèvres changent de zone et intègrent le groupe A.
Derniers jours, dernières heures avant la rentrée des classes pour la plupart des enfants. Il est donc temps… de regarder les dates des prochaines vacances !
Le calendrier des vacances scolaires 2015/2016
Rentrée scolaire : mardi 1er septembre 2015
Toussaint : du 17 octobre au 1er novembre inclus, reprise des cours le lundi 2 novembre 2015
Noël : du 19 décembre au 3 janvier inclus, reprise des cours le lundi 4 janvier 2016
Hiver :
> académie de Poitiers (zone A) : du 13 février au 28 février inclus, reprise des cours le lundi 29 février 2016
> académie d’Orléans-Tours (zone B) : du 6 février au 21 février inclus, reprise des cours le lundi 22 février 2016
> Zone C : du 20 février au 6 mars inclus, reprise des cours le lundi 7 mars 2016
Printemps :
> académie de Poitiers (zone A) : du 9 avril au 24 avril inclus, reprise des cours le lundi 25 avril 2016
> académie d’Orléans-Tours (zone B) : du 2 avril au 17 avril inclus, reprise des cours le lundi 18 avril 2016
> Zone C : du 16 avril au 1er mai inclus, reprise des cours le lundi 2 mai 2016
Grandes vacances : fin des cours le mardi 5 juillet 2016
N’oubliez pas : l’académie de Poitiers change de zone !
Avec le redécoupage des régions, certaines académies changent de zone. C’est le cas de celle de Poitiers, qui concerne les quatre départements de Poitou-Charentes dont la Vienne et les Deux-Sèvres.
A partir de cette rentrée scolaire, les enfants appartiennent désormais à la zone A. Un rapprochement avec l’Aquitaine, qui existait déjà jusqu’en 1970 et qui reprend donc corps en 2015.
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Le nouveau découpage des zones scolaires (source : ministère de l’Education nationale)
>> Lire aussi :  Rentrée 2015 : des milliers d’agendas scolaires sont erronés
Caroline Tronche
Vienne
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Solidarité – La photo d’un réfugié syrien émeut les internautes et entraîne une pluie de dons

France Info 29/08/2015

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Tout est parti d’une photo postée sur Twitter. Un Syrien propose des stylos à bille aux passants, dans les rues de Beyrouth (Liban), avec sa fille sur l’épaule. L’image est Postée par Gissur Simonarson, fondateur du site Conflict News, l’image suscite de nombreuses réactions émues d’internautes. Beaucoup veulent aider cet homme, dont on ignore tout.
Syrian father selling pens in the streets of #Beirut with his sleeping daughter #Lebanon #Syria pic.twitter.com/KOz4mjW1rd— Gissur Simonarson CN (@GissiSim) 25 Août 2015
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Sur cette image, Abdul Haleem Al-Kader vend des stylos à bille avec sa fille sur l’épaule, dans les rues de Beyrouth (Liban). Une campagne en ligne a déjà rassemblé plus de 70 000 euros, vendredi 28 août.
Gissur crée alors le compte @Buy_Pens et le mot-dièse #BuyPens, tout en mobilisant les abonnés de son compte. « Conflict News a une bonne audience, j’ai pensé qu’on pourrait réussir à le localiser ainsi », a expliqué Gissur Simonarson, interrogé par le site Buzzfeed (en anglais). Peu après, un habitant de Beyrouth se manifeste, après avoir retrouvé le père de famille.
لله الحمد بعد عناء بالبحث من قبل احد الاخوات وصلنا للرجل بائع الاقلام انتظر رقمه على واتساب كي اتحدث معه pic.twitter.com/U0UbnzSgnM
— ابو يوشع الحمصي (@aboyosha3homs) 27 Août 2015
Gissur Simonarson lance alors une campagne de financement, sur le site Indiegogo, afin de recueillir des dons pour aider le père de famille « à prendre un nouveau départ dans la vie ». L’opération dépasse toutes les attentes. Alors que l’objectif était d’atteindre 5000 dollars, plus de 80 000 dollars (71 000 euros) ont déjà été rassemblés, vendredi 28 août.
« Je n’ai pas réussi à contenir mes larmes »
« Je n’ai pas réussi à contenir mes larmes. Je n’arrêtais pas de dire ‘merci Dieu, merci Dieu’ en embrassant mes enfants », raconte cet homme dont on connaît désormais l’identité : Abdul Haleem Al-Kader. Contacté par téléphone par le site Buzzfeed (en anglais), cet ancien ouvrier dans une usine syrienne de chocolat a raconté sa fuite du camp de réfugiés de Yarmouk, avec sa fille de 4 ans et son fils de 9 ans.
Photo d’archive, prise le 31 janvier 2014. Des centaines d’habitants du camp de réfugiés de Yarmouk font la queue pour recevoir de l’aide humanitaire. Uncredited / AP

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Il y a quatre ans, déjà, il avait tenté l’exil vers l’Egypte. A l’époque, sa femme avait préféré les quitter pour retourner en Syrie. Cette option est désormais exclue par Abdul Haleem Al-Kader : « Je n’ai plus rien à faire là-bas ».
A présent, le père de famille dit vouloir aider d’autres Syriens, avec tout l’argent rassemblé, avant de tenter sa chance ailleurs, à des milliers de kilomètres. « J’espère emmener mes enfants en Europe et y vivre », a déclaré Abdul Haleem Al-Kader. Et si ce n’est pas possible, le plan B serait d’ouvrir un magasin de chocolat au Liban ».

 

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Union européenne – Migrants ( Réfugiés ) : prise de conscience et mobilisation

Le Monde 31/08/2015
Après un discours plutôt généreux sur l’accueil des migrants, le premier ministre, Manuel Valls, se rend lundi à Calais, un des lieux emblématiques de cette crise, où sera abordée la question de la coopération avec le Royaume-Uni avant une réunion d’urgence de l’Union européenne (UE) le 14 septembre.

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Il ira notamment au centre d’accueil Jules-Ferry, puis, en fin de matinée, il visitera le site d’Eurotunnel à Coquelles, où de nouvelles barrières visant à bloquer les migrants tentant de pénétrer dans le tunnel sous la Manche ont été installées en août.
Il rendra aussi visite aux forces de l’ordre. Dimanche, M. Valls avait insisté sur le besoin d’« humanité » et de « responsabilité » à l’égard des migrants. Fuyant les « persécutions » ou les « dictatures », ils « doivent être accueillis (…), traités dignement, abrités, soignés », a-t-il souligné.
Le ton est d’ailleurs monté entre Paris et Budapest après les critiques émises par le ministre des affaires étrangères, Laurent Fabius, sur l’attitude de la Hongrie face à cette crise, alors que le mur anti-migrants est achevé depuis samedi entre la Hongrie et la Serbie.
La réunion du 14 septembre réunira les ministres de l’intérieur de l’UE « pour avancer concrètement » face à la crise migratoire, alors que l’Europe peine à trouver des solutions face à l’afflux de réfugiés, syriens notamment.
Deux jours après la découverte d’un camion charnier contenant 71 cadavres, probablement des Syriens, la police autrichienne a annoncé samedi qu’un nouveau drame avait été évité de justesse avec l’interception d’un autre poids lourd transportant des réfugiés, dont des enfants souffrant de « déshydratation sévère ». 

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Un site multimédia sur les traces de 14-18 – Archéologie : redécouverte

Dans les régions du nord et de l’est de la France, les archéologues sont confrontés à la « redécouverte » de vestiges liés à la première guerre mondiale.

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Cette spécialité de l’archéologie est apparue au début des années 1990 grâce aux recherches d’archéologie préventive menées sur le tracé de grands travaux (autoroutes, TGV). Ainsi, chaque année, les chercheurs découvrent par hasard puis exhument environ une dizaine de soldats parmi les 700 000 disparus des zones du front de 14-18.
aarchéologievisuel-casqueLe site Archéologie de la Grande Guerre, édité par le ministère de la culture et de la communication, invite à la découverte de ce patrimoine lié à ce terrible conflit. Près de deux décennies ont ainsi été nécessaires pour définir des méthodes et organiser les recherches archéologiques sur cette période très particulière.
Ce site multimédia s’ouvre par une animation offrant un survol du front d’Argonne, au-dessus des lignes de front et des vestiges des camps français et allemands. Cette restitution est fondée sur les résultats de recherches récentes, réalisées avec des techniques nouvelles comme le relevé topographique par scanner laser aéroporté (Lidar).
On découvre aussi le camp de repos du Borrieswalde qui nous fait entrevoir la vie quotidienne des soldats : la gare et ses trains toutes les heures, le mess des officiers, les cabanes, le cinéma… Un autre volet retrace ensuite le développement de L’archéologie de la Grande Guerre depuis les années 1990. Ce site a été labellisé par la Mission du centenaire 14-18 dans le cadre des commémorations du centenaire de la première guerre mondiale.

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Les Indégivrables : réfugiés

Le Monde 31/08/2015

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Terrain dangereux

Chants xénophobes, banderoles frappées de slogans haineux, discrimination envers les supporteurs du Caucase ou d’Asie centrale : à trois ans du Mondial de football en Russie, le racisme gangrène les stades.
Les autorités, pourtant, restent muettes (Radio Free Europe).
Le Monde 31 août 2015
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Sur France 3 à 23h 25 – Printemps arménien / Turquie : survivants du massacre

Cent ans après le déclenchement du génocide arménien, les survivants des massacres entrevoient de nouveau un avenir en Turquie.
Le réalisateur Gilles Cayatte a suivi une famille exilée à Marseille qui fait ses premiers pas sur la terre de ses aïeux et découvre que, là-bas, la parole se libère peu à peu.
Sur France 3 à 23h25.
Résumé
Cent ans se sont écoulés depuis le déclenchement du génocide des Arméniens, qui a fait plus d’un million de morts et des centaines de milliers d’exilés. La Turquie nie officiellement le massacre, à tel point que la présence arménienne y a presque été effacée. Varoujan Artin, Français d’origine arménienne, fait ses premiers pas sur la terre de ses aïeux et découvre que de nombreux survivants du massacre n’ont en réalité jamais quitté la Turquie. Des milliers d’entre eux ont vécu cachés ou enlevés. Aujourd’hui, leurs descendants découvrent leur histoire, tandis que des voix musulmanes se font entendre pour revendiquer une identité niée pendant un siècle.
Extrait

Extrait

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La crise agricole : « C’est la faute à Bruxelles ! »

Satire Hebdo – 205/08/2015 –
Les éleveurs sont actuellement en crise en France et vendent la viande à perte : travailler leur coûte de l’argent. De tous côtés, on se bouche les oreilles, on ferme les yeux et on crie « C’est la faute à Bruxelles« . Force est de constater que Bruxelles a bon dos.
IMAG0890Les éleveurs brûlent des pneus, font des barrages avec leurs tracteurs, massacrent les ragondins, lâchent des cochons apeurés dans des supermarchés, déversent des litres de lait et des tonnes de fumier devant les établissements publics, cassent tout, mais pourquoi diable ? Parce qu’ils ne sont pas contents, pardi. Et quand on n’est pas contents, on casse tout et le gouvernement plie : on l’a bien vu avec l’écotaxe et les taxis. Depuis des mois, les éleveurs se font entendre : la viande en France n’est pas assez chère. Qu’on vous explique : un kilo de viande coûte 4,50 € à un éleveur. Il le vend 3,50 €. Il vend donc à perte : il perd de l’argent au lieu d’en gagner. Dans les supermarchés, la viande est facilement à 14 € le kilo. Dans quelle poche sont passés les 10 € ? Eh bien, dans les poches des intermédiaires, à savoir l’abattoir et le supermarché, entre autres. Si l’éleveur refuse de vendre sa viande, il perd 4,50 € le kilo, s’il accepte, il ne perd qu’un euro, alors il va à la solution la moins coûteuse pour lui. Et le supermarché ? S’il n’a pas de viande française, il achètera de la viande étrangère, moins chère.
Face à ce problème, les éleveurs demandent à l’État d’agir. Ils ne veulent pas que les supermarchés distribuent de la viande allemande, beaucoup moins chère que la viande française. Et pour cause : l’Allemagne privilégie les élevages ultra-intensifs, avec des milliers d’animaux entassés dans des cages minuscules. Çà ne plaît pas trop aux petits agriculteurs, aux écologistes et aux français en général, notamment parce que c’est une catastrophe écologique et éthique. La France en prend pourtant le chemin : après la ferme des 1 000 vaches, la ferme des 1 000 veaux. Les employés qui y travaillent dénoncent des conditions épouvantables, les animaux vivant un véritable enfer, mais ça rapporte des pépettes : certains agriculteurs affiliés à la puissante FNSEA veulent que la France assouplisse les contraintes éthiques, et environnementales pour pouvoir maltraiter et exploiter les animaux plus qu’ils ne le sont déjà (oui, c’est possible). Avec, au final, de la viande low-cost : elle coûtera aussi peu cher que la viande allemande.

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D’après de nombreux experts, ce serait aller droit ans le mur : l’agriculture intensive rapporte beaucoup d’argent, mais elle coûte plus encore ; ça pollue et la pollution ça coûte cher. La Bretagne en sait quelque chose : à cause des élevages intensifs de porcs, la nappe phréatique est saturée, les fleuves sont pollués, les algues vertes envahissent les plages… la Confédération paysanne partage cette analyse. Pour eux, mieux vaut privilégier une agriculture bio, de qualité et respectueuse de l’environnement : le demande existe, les clients sont là. José Bové explique que consommer local et bio coûtait moins cher au final que de consommer étranger et industriel. Problème : les élevages industriels sont là. Certains agriculteurs ont investi das  des robots-trayeuses pour les vaches, dans des infrastructures gigantesques. Après les avoir poussés à suivre cette voie, difficile de leur dire que finalement, il faudra faire des petits élevages de qualité.
IMAG0893Les éleveurs en colère se retrouvent pris à leur propre piège : ils ont voulu aller vers l’industrialisation, et l’État et la FNSEA les y a aidés. Aujourd’hui, on se rend compte que l’agriculture intensive est catastrophique et qu’elle ruine totalement les agriculteurs. Alors, plutôt que de faire marche arrière, on déclare que c’est de la faute à Bruxelles. Ainsi, Bruxelles imposerait des normes écologiques drastiques qui ruinent l’agriculture française. Pourquoi diable les autres pays européens ne connaissent pas la crise ? Ne répondraient-ils pas aux exigences de Bruxelles ? Peu importe, Bruxelles est une usine à gaz à laquelle personne ne comprend rien, on peut donc l’accuser de tous les maux pour se dédouaner efficacement. On accuse également l’Europe de fossoyer la France à cause libre-échange (ce qui n’est pas totalement faux quand on pense aux accords opaques du Grand Marché Transatlantique – Tafta). Les éleveurs en colère ont donc bloqué des camions provenant d’Allemagne et contenant de la viande destinée aux supermarchés français. 
Selon eux, il faudrait taxer les produits étrangers pour forcer les gens à acheter français. Mais le ministre de l’Agriculture allemand, Christian Schmidt, a donné son opinion dans cette affaire : la France exporte plus de viande et de lait qu’elle n’en importe. Les éleveurs accepteraient-ils que l’on bloque la viande et le lait français aux frontières de l’Hexagone ? Ou bien qu’on les taxe pour inciter les consommateurs étrangers à ne pas consommer français ?  Là, les éleveurs sont très satisfait du libre-échange de Bruxelles, a sous-entendu le ministre : « Je ne sache pas que les exportateurs français empêchent les exportations, aussi ne doivent-ils pas empêcher les importations. » Bruxelles a donc bon dos. Elle distribue les aides à foison. L’État aussi : il déboursera 600 millions d’euros pour aider les éleveurs. Pour eux, c’est mettre un pansement sue une plaie béante : complètement inutile. L’élevage français est à un tournant : il faudra choisir si l’on veut aller vers une agriculture de qualité, respectueuse de l’environnement, ou vers une agriculture intensive et démesurée.

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« C’est pas nous, c’est nous ! »
Il faut dire qu’en France, le monde politique a une drôle de façon de se dédouaner quand on n’a pas envie de se mettre les citoyens à dos. Pour l’agriculture, c’est comme le reste, quand Bruxelles dit que pour produire du lait ou de la viande bio, par exemple, il faut, au minimum, telle surface par bête… en droit national (ben oui toutes nos lois françaises sont votées par nos députés et nos sénateurs), on fait du zèle et on passe du minimum exigé par Bruxelles à un  maximum (record européen, il en faut bien un) qui ressemble à du zèle imbécile. Mais en réalité, ce n’est pas bête du tout : de cette façon, on met tout sur le dos de Bruxelles ! Et les électeurs sont contents, enfin, pas trop… Certains vouent une haine incroyable à ces fichus technocrates de Bruxelles.
Mais revenons à nos moutons, ou à nos vaches… Donc, pour faire de l’élevage bio, en France, il faut beaucoup plus de surface par bête que dans les autres pays européens. Total : les agriculteurs qui veulent changer de système ne le peuvent pas : pas de surfaces agricoles suffisantes à vendre, et pas non plus à louer ! Tout est pris, ma bonne dame, le bio ça demande trop de place ! Du coup, alors que c’est plus écolo, que c’est meilleur pour la santé des animaux (accessoirement, bien sûr) et pour celle des hommes (accessoirement aussi), que c’est plus rentable aussi pour l’agriculteur (ça aussi c’est accessoire)… en France, ce n’est pas possible. Mais pourquoi les feraient du bio, les agriculteurs au fait ? Ah,0 zut, on a oublié de vous le dire. En fait le bio, non seulement c’est beaucoup mieux, non seulement tout compris ça ne coûte pas plus cher… Mais en plus, crème fouettée sur le gâteau, ça rapporte aux paysans! Elle est pas belle la vie ? 
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Gaspillage alimentaire et gabegie politique

Le Canard Enchaîné – 26/08/2015 – I. B. –
Un touchant consensus réunit la gauche et la droite : tout le monde est d’accord pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Résultat : tout le monde s’empoigne et chacun tire la couverture à soi. Sur fonds de « c’est moi qui l’ai proposé en premier », les amendements pleuvent de puis des mois… et tous finissent à la poubelle. Devant cette belle réussite, Ségolène Royal en est réduite à convoquer les propriétaires de supermarchés, le 27 août, pour leur demander de s’engager volontairement, comme si le cafouillage venait d’eux. « Un coup de pub » s’est agacé le patron de Système U, qui s’y connaît en réclame. 

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« Le Monde » (21/8) a retracé le feuilleton : un vrai gaspillage de propositions. En décembre 2014, c’est un député de droite, Jean-Pierre Decool qui dégaine. Il dépose une proposition de loi pour obliger les grandes surfaces a collecter et à refiler leurs invendus alimentaires à des associations. Reprise dans les jités, l’idée se taille un franc succès, et attise les appétits : chacun veut son nom sur la photo.
Le 30 janvier, le défenseur de Sarko et des affamés, Frédéric Lefebvre, profite d’une autre loi pour déposer des amendements du même tonneau. Mais le ministre Macron assure que la lutte contre le gâchis de bouffe mérite un texte à part entière. Çà tombe bien, la proposition du député Decool arrive en séance quelques jours plus tard. Las ! le député et ancien ministre PS Guillaume Garrot dépose alors une motion… pour reporter la proposition de loi. Motif : mieux vaut attendre un rapport décisif que lui a commandé Ségolène Royal sur la question… Basses « manœuvres politiciennes » s’émeut le député Decool. En mai, toujours pas de loi à l’horizon Chacun sort alors son chausse-pied : au Sénat, l’UMP Nathalie Goulet ajoute des amendements anti-gaspi à la loi Macron, tandis qu’à l’Assemblée, le socialiste Garrot plaque ses amendements sur la loi de transition énergétique. Le Conseil constitutionnel vient de mettre tout le monde d’accord : il a retoqué ce bricolage législatif
Aussi sec, le tirage de cheveux a repris dans la cour de récré. Le 17 août, des sénateurs UMP ont déposé – prem’s ! – une nouvelle proposition de loi et Lefebvre veut faire pareil à l’Assemblée Mais Garrot hurlant au « copié-collé », annonce déjà sa proposition pour la rentrée.
Les pauvres doivent en pleurer d’émotion : toutes ces fées désintéressées qui se penchent sur leurs sacs à provisions…

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Chaunu : la gauche et le réchauffement climatique

Ouest-France – 29/08/2015 – Chaunu

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Parkinson – Un burn out cellulaire pourrait être à l’origine de la maladie

D’après une étude canadienne, la maladie de Parkinson pourrait être induite par une surchauffe de certains neurones liés à la mobilité. A force d’être sollicités tout au long de la vie, ces derniers se détruiraient progressivement, conduisant à l’apparition des premiers symptômes.
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La maladie de Parkinson est une maladie neurodégénérative qui se traduit par la destruction progressive et irréversible d’une population spécifique de neurones. Si l’âge reste le principal facteur de risque, les causes exactes de la maladie sont incertaines. De récents travaux pourraient apporter un éclairage nouveau : la maladie serait provoquée par une surchauffe de certains neurones.
Ce sont principalement les neurones à dopamine de la substance noire qui sont touchés lors de la maladie de Parkinson. La dopamine est un messager chimique qui permet de transmettre l’information entre les neurones. Leur destruction progressive s’accompagne de dysfonctionnements de l’ensemble réseau neuronal qui leur est associé et se traduit par des troubles de la motricité, des pertes d’équilibre répétées, à tel point que la marche finit par devenir extrêmement difficile.
Au fil des ans, certains neurones finissent par surchauffer
D’après une étude menée par une équipe de chercheurs de l’université de Montréal (Canada) et publiée jeudi 27 août, ces neurones à dopamine se détruiraient à cause d’une surchauffe. Trop sollicités, ils finiraient par faire un burn out. « Comme un moteur qui tournerait trop vite pour propulser un véhicule, ces neurones doivent produire beaucoup d’énergie pour fonctionner. Ils s’épuisent et meurent prématurément« , explique dans un communiqué de l’Université de Montréal le neuropharmacologue Louis-Éric Trudeau, l’un des auteurs de l’étude.
Ce sont tout particulièrement les mitochondries, de minuscules usines à énergie qui se trouvent dans chacune de nos cellules, que les chercheurs ont observées. Ce sont elles qui fournissent le « carburant  » nécessaire à l’activité des neurones, comme le largage de dopamine. En observant les neurones de souris, l’équipe a mimé l’activité de certains neurones particulièrement complexes de la substance noire humaine. Ces derniers possèdent, entre autres, un nombre très élevé de connexions avec les autres neurones. Les chercheurs ont montré que le fonctionnement d’un réseau aussi dense implique donc de gros besoins énergétiques, ce qui force les mitochondries à tourner à plein régime pour produire suffisamment d’énergie.
Mais ils ont aussi découvert qu’à la longue, ces neurones s’épuisent : « cela expliquerait l’usure cellulaire accélérée« , explique Louis-Éric Trudeau. Le chercheur note ainsi que bon nombre de maladies neurodégénératives communes sont directement liées à l’allongement de la durée de vie. Or, « certains de nos neurones ne sont pas programmés pour durer 80, 90 et même 100 ans comme on le voit de plus en plus. Il faut s’attendre à ce qu’une partie du système subisse plus difficilement les outrages du temps« .
De nouvelles perspectives de traitements ?
Avec des modèles animaux plus adaptés, Louis-Éric Trudeau espère donc que de nouvelles recherches soient menées afin de développer un médicament ciblant ces neurones hyperactifs. Chez des sujets malades, leur action pourrait par exemple « aider les neurones en cause à diminuer leur consommation d’énergie, ou alors à produire leur énergie plus efficacement, ce qui diminuerait l’accumulation de dommages au fil des années« .
Pour l’heure, on ne sait pas guérir la maladie de Parkinson, d’autant plus qu’elle est diagnostiquée tard : les patients restent asymptomatiques jusqu’à ce que 50 à 70% des neurones à dopamine soient détruits et que le cerveau ne puisse plus compenser. Quelques traitements, constitués de plusieurs médicaments comme la L Dopa ou les agonistes dopaminergiques, permettent cependant de réduire les symptômes pendant 3 à 8 ans.
Parce que les patients parkinsoniens adoptent un mode de vie moins actif à cause de leurs troubles moteurs, il est important de conserver une activité physique et de stimuler sa motricité par des séances de kinésithérapie. Selon certaines études, le sport serait déterminant pour tempérer les difficultés motrices des malades et pourrait même stimuler temporairement la fabrication naturelle de dopamine dans le cerveau.
par Martin Saumet journaliste à la rédaction d’Allodocteurs.frBas du formulaire
France Info 29/08/2015
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Encyclopédie existentielle de la quotidienneté (01)

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Rattraper le train
atrain83294279trainTGV-bagagesCourir après un train est toujours humiliant, le manquer est fatal : nous ne le prendrons plus jamais. Quand par contre nous parvenons à le rattraper nous n’avons pas seulement de la veine. L’air innocent, nous entrons dans un compartiment et posons la valise sur le porte-bagages, cherchant à cacher aux autres l’affolement persistant de notre souffle ; nous savons cependant que la réussite de notre course, d’emblée, nous a donné pour le voyage une chance supplémentaire. Même par rapport à ceux qui, digne, ont gagné leur place à temps.
Peter Kràl : Notions de base proses
Note : Chacun de ses textes de promeneur urbain est un petit voyage, un intense récit-poème, un éclairage sur ces détails devenus invisibles et sur leurs rapports ignorés. Un éveil du regard.
Illustration : Kozett
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