Le numérique : une menace pour le lien social ?

Essentiel santé magazine – 25/05/2016 –
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Depuis l’avènement d’Internet, les relations sociales seraient en déclin. Et les outils numériques nuiraient au vivre-ensemble. Mais qu’en est-il vraiment ?
FAUX : Internet abolit les distances
Alors que 5 millions de Français sont seuls*, la famille et les amis restent pour beaucoup d’entre nous des valeurs « refuges ». Et en cas d’éloignement, les échanges numériques (mails, messageries instantanées et autres réseaux sociaux) aident souvent à maintenir les liens avec un proche parti vivre dans une autre région ou à l’autre bout de la planète. Plutôt que d’isoler, Internet peut donc rapprocher. Toutefois, les réseaux sociaux en ligne ne compensent pas toujours le sentiment de solitude puisque 80 % des personnes seules ne les fréquenteraient pas.*
* « Les solitudes en France », Observatoire de la Fondation de France, 2014.
VRAI : un outil pour harceler, diffamer
Des personnalités ont récemment quitté les réseaux sociaux, s’estimant insultées, harcelées. Sous couvert d’anonymat, la parole de certains « fans » serait libérée. Et les actions en diffamation de plus en plus courantes. Quant au cyberharcèlement, il toucherait 6 % des élèves, qui se disent agressés de façon répétée sur Internet*. Si ces violences ont toujours existé, elles sont plus difficiles à gérer du fait du phénomène de masse.
* Selon le ministère de l’Éducation nationale, voir le site : www.nonauharcelement.education.gouv.fr
VRAI : une amitié pas toujours « réelle »
100, 500, 1 000… Le nombre d’« amis » affichés sur les réseaux sociaux peut atteindre plusieurs milliers, voire millions. Rien à voir ici avec l’amitié au sens d’Aristote, pour qui « ce n’est pas un ami que l’ami de tout le monde ». D’autant que les liens entre deux personnes d’un même réseau se limitent parfois à la lecture ou à l’écriture d’un commentaire de temps à autre. Et ne se poursuivent pas toujours en face-à-face. Mais l’intérêt d’Internet, c’est aussi de pouvoir retrouver ses amis d’enfance.
FAUX : Internet apporte un soutien moral
L’émergence du numérique a suscité bien des peurs, parmi lesquelles le risque d’isolement. À l’inverse, il peut aider à se sentir moins seul. Ces dernières années, l’information santé (certes plus ou moins sérieuse) ainsi que les réseaux de malades se sont beaucoup développés sur le Web. Qu’ils soient dédiés à une maladie chronique ou à une pathologie rare, ces derniers permettent à ceux qui en sont atteints de s’échanger des conseils (via des forums) et surtout de se soutenir moralement. Des communautés de patients qui, en se fédérant, peuvent également mieux faire valoir leurs droits.
FAUX : il sait aussi se faire solidaire
À l’image des pétitions en ligne ou des réseaux sociaux lors des révolutions arabes, Internet est également utilisé pour mobiliser ses concitoyens. Et certaines initiatives solidaires peuvent avoir un écho bien plus large grâce à lui, comme l’appel au don à travers le financement participatif par exemple. Les porteurs de projet ont compris l’intérêt de ce média de masse pour donner plus de visibilité à leurs actions. Même s’il est toujours plus facile de rassembler les foules lorsqu’on est déjà quelqu’un de très « suivi ». Quant aux réseaux d’entraide entre voisins, ils retrouvent une nouvelle jeunesse avec les applications et sites de partage.
61170206le-chat-internet-1-gifLe point de vue d’Antonio A. Casilli, sociologue et chercheur à Télécom Paris Tech*
Internet-menace-lien-social_medaillon_-Antonio-Av2-300x239« La peur de la désocialisation n’est pas née avec Internet. Dès l’apparition de la micro-informatique s’est posée la question de ses effets. Comme tout nouvel outil, il génère des fantasmes. Or, il n’y a pas plus de danger avec celui-ci. Les comportements de repli sur soi sont en réalité très minoritaires. Et les réseaux sociaux sont d’abord utilisés pour “connecter” des personnes qui se connaissent déjà. Certes, la notion d’amitié a évolué. Auparavant plus privée, plus intime, on l’affiche aujourd’hui publiquement. En fait, Internet permet de maîtriser sa vie sociale, en mettant de la proximité ou de la distance. Ce qui donne plus d’autonomie et de pouvoir. Le numérique ne menace pas le lien social, il le reconfigure et le rend “pluriel”. Pour autant, ce n’est pas la solution miracle à tous les maux de notre société. »
* Auteur des Liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ?, Seuil, 2010.
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Blocage : « ne pas parler la langue de l’ennemi »

logoFakir / Presse alternative –  mai 2016 – Gérard Mordillat –
« Blocage », « minorité », « démocratie » : la novlangue socialiste tourne à plein. L’écrivain Gérard Mordillat nous propose un décryptage :
Les communicants qui ont vendu sans relâche aux médias « le coût du travail » à la place du « salaire », le « plan de sauvetage de l’emploi » pour « plan de licenciement », « charges sociales » pour « cotisations », « partenaires sociaux » pour « responsables syndicaux » et tant d’autres leurres qui circulent désormais comme des vérités révélées, viennent de sortir leurs nouveaux produits.
La grève, c’est désormais « le blocage », elle est le fait non pas de salariés en lutte mais d’une « minorité » et cette minorité est « radicalisée ». La manœuvre est grossière – et sans doute efficace à cause de sa grossièreté même – car elle induit l’équation que tous les médias s’empressent de démontrer : gréviste = terroriste (un mélange d’anarchiste au drapeau noir, de rouge un couteau entre les dents, de djihadiste du conflit social).
Il n’est pas nécessaire d’avoir lu De la guerre de Clausewitz pour savoir qu’il ne faut pas parler la langue de l’ennemi. Jamais. Dans la bouche des représentants du gouvernement actuel, de ses porte-parole dans les médias, des organisations patronales, ce langage est une arme de guerre qui appelle une riposte sur le même terrain.
Désormais, chacun doit s’appliquer à désigner les représentants des organismes patronaux comme « les ennemis sociaux », les socialistes comme « le parti du pire », le gouvernement comme « la droite médefiste » et surtout rappeler encore et toujours « le coût du capital ». C’est-à-dire que nous devons refuser d’utiliser ce qu’Olivier Besancenot appelle « la fausse monnaie politique ».
Inventer la langue de la révolte est un acte révolutionnaire.

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Russie : innovations en chaîne dans la répression des opposants

Charlie Hebdo – 18/05/2016 – Igor Gran –

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Dans la Russie de Poutine, les condamnations à des peines de prison ferme se multiplient pour les manifestants. Pour un « piquet » en solo, on peut prendre jusqu’à cinq ans.
Vous êtes indignés et vous voulez manifester en Russie ? Étaler vos opinions sur la place publique ? Sachez déjà que toute réunion publique de plus de deux personnes (mais oui, deux) doit être déclarée au moins dix jours à l’avance. Ce qui laisse le temps aux autorités de trouver une excuse administrative et l’interdire. Le principe de précaution est ici manié avec panache et cynisme : le lieu choisi pour manifester est forcément trop près d’une station de métro, d’une école, d’une administration ou d’une chaussée fréquentée, d’où des risques d’accident que les pouvoirs publics responsables ne sauraient tolérer. Circulez ! 
Reste la manif en solitaire, dite « piquet », où l’on se place à un carrefour avec un slogan imprimé sur une feuille de papier volante (gardez-vous des pancartes en bois : elles sont considérées comme des armes potentielles, donc interdites). Là, ça peut marcher et être ennuyeux pour le régime, à condition de respecter quelques consignes de prudence. D’abord, laissez une distance suffisante entre deux piquets, autrement vous serez pris en flagrant délit de manifestation non déclarée. Veillez aussi à ne rien annoncer à l’avance sur Facebook et à garder secret jusqu’au dernier moment l’endroit où vous vous installez. Les nationalistes et les petits bras du FSB (Service fédéral de sécurité) ont fait de la chasse aux piquets une véritable attraction désopilante. Les insultes et les coups pleuvent, et gardez-vous de répondre, vous seriez aussitôt accusé de tapage dans un lieu public avec procès-verbal, arrestation et amende (pour commencer). Souvent, ça dégénère. L’opposant Vladimir Ionov, âgé de 75 ans, qui se tenait immobile avec sa feuille « On a Poutine, donc plus besoin de cerveau », a été aspergé de peinture (brûlure des yeux) sous les quolibets des sympathisants prorégime.
Une pluie d’amendes
Parfois, la provocation se fait plus astucieuse. Un type venu de nulle part se colle au piquet et fait semblant de soutenir activement, transformant aussitôt ce qui était une manifestation individuelle en une manifestation collective non autorisée. Au moment de l’interpellation, comme par enchantement, le provocateur disparaît. Grandiose ! C’est avec cette même méthode douce que que ce même Vladimir Ionov a été arrêté le 10 janvier 2015, alors qu’il tenait un carton « Je suis Charlie » (photo ci-dessous).

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Mais ni les amendes, ni les coups ne découragent les militants. Alors, pour les contrer, le Code pénal russe a vu arriver l’article 212.1, spécialement conçu pour transformer les citoyens indignés en criminels ordinaires. Il fallait y penser : au bout de trois infractions à la réglementation des manifestations, le fautif est automatiquement jugé au pénal pour  « violations répétées de la loi ». Vladimir Ionov (encore lui !), Marc Galperine, et Ildar Dadine ont été les premiers cobayes sur lesquels l’État russe a testé son innovation. qui marche admirablement ! En plus d’une pluie d’amendes, Marc Galperine a passé trente jours en préventive. Vladimir Ionov a quitté la Russie in extremis malgré une interdiction de sortie du territoire. Mais le gagnant incontestable a été Ildar Dadine, condamné en décembre 2015 à deux ans et demi ferme pour quatre manifestations « illégales ». Parmi ses crimes : un piquet « Je suis Charlie », un « Avec Poutine, la Russie court à sa perte », un « Libérez Savtchenko ». Comme le constate amèrement le journaliste Arkadi Babtchenko : « Ildar Dadine est le premier Russe officiellement condamné pour sa participation à un meeting pacifique. Depuis cette date, la Russie a donc officiellement un prisonnier politique. »
vladimir_poutine_ria_novostiRassurons-nous, les pseudo-détournements de fonds ou les fausses plaintes pour fraude fiscale permettant de maquiller un procès en une affaire de droit commun sont toujours également monnaie courante, le cas plus célèbre étant la condamnation d’Oleg Navalny, dans l’affaire dites d’Yves Rocher. Mais avec l’article 212.1, qui peut vous coûter jusqu’à cinq ans ferme, le régime montre qu’il en a assez de faire dans la dentelle pour sauver les apparences.

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Etats-Unis : privés de pause-toilettes, des employés portent des couches

Le Parisien – 13/05/2016 – AFP –
Illustration. D'après l'étude publiée par l'ONG Oxfam, «la grande majorité» des 250.000 ouvriers du secteur avicole américain «dit ne pas bénéficier de pauses-toilettes adéquates».
D’après l’étude publiée par l’ONG Oxfam, «la grande majorité» des 250.000 ouvriers du secteur avicole américain «dit ne pas bénéficier de pauses-toilettes adéquates». Capture d’écran YouTube
Les employés du secteur volailler aux Etats-Unis travaillent dans un tel climat de peur qu’ils n’osent pas demander de pause pour aller aux toilettes et portent des couches au travail, affirme l’ONG britannique Oxfam dans une étude.
D’après ce rapport publié mardi, «la grande majorité» des 250.000 ouvriers du secteur avicole américain «dit ne pas bénéficier de pauses-toilettes adéquates», en «claire violation des lois américaines de sécurité au travail». Ils «luttent pour s’adapter à ce déni d’un besoin humain de base. Ils urinent et défèquent debout face à la ligne d’assemblage, portent des couches au travail, réduisent leurs prises de liquides et fluides à des niveaux dangereux» et risquent «de graves problèmes de santé», martèle l’étude.
L’américain Tyson Foods, l’un des plus gros groupes volaillers au monde, a répondu dans un communiqué «ne pas tolérer le refus des demandes d’aller aux toilettes» dans ses usines. «Nous sommes inquiets de ces accusations anonymes et bien que nous n’ayons pour l’instant pas de preuves qu’elles soient vraies, nous vérifions que nos réglementations sur les toilettes sont appliquées», ajoute le groupe.
Des demandes de pauses-pipi ignorées
Oxfam cite une enquête menée auprès de 266 ouvriers en Alabama (sud) par l’association anti-discriminations Soutern Poverty Law Center, selon laquelle «presque 80% des ouvriers disent ne pas avoir le droit d’aller aux toilettes quand ils en ont besoin», ainsi qu’une autre dans le Minnesota (nord) où «86% des ouvriers disent avoir moins de deux pauses-pipi par semaine». Les rares employés du secteur qui disent pouvoir se soulager quand ils veulent travaillent dans des usines syndiquées. Or, les deux tiers ne le sont pas, selon Oxfam.
Les ouvriers, régulièrement, voient leurs demandes de pauses-pipi ignorées par leurs supérieurs qui leur répondent avec des moqueries ou menaces de sanctions voire de renvoi. Ils doivent alors patienter pendant plus d’une heure ou «se précipiter» pendant des pauses de dix minutes. Un délai difficile à tenir lorsqu’il faut traverser de vastes plateaux d’usines où les sols peuvent être glissants, couverts de sang ou résidus d’animaux, et sachant qu’il leur faut enlever puis remettre des vêtements de protection. Les chefs de ligne refusent aux ouvriers ces pauses «parce qu’ils sont sous pression pour maintenir la vitesse de production», fait valoir Oxfam. «Le secteur volailler affiche aujourd’hui des bénéfices records» tandis que «les ouvriers gagnent de faibles salaires, souffrent de taux élevés de blessures et maladies, évoluent dans des conditions difficiles» et «un climat de peur», dénonce l’étude.

Toute la filière avicole concernée

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Si c’est un problème qui touche toute la filière avicole aux Etats-Unis, les quatre poids lourds sont particulièrement montrés du doigt: Tyson Foods, Pilgrim’s, Perdue et Sanderson Farms, qui contrôlent 60% du secteur et emploient conjointement plus de 100.000 personnes. Oxfam note que récemment, face à la pression des consommateurs, les gros acteurs du secteur ont accepté de diminuer progressivement leur utilisation d’antibiotiques et les appelle à faire de même sur ce problème.

 Pour l’ONG, les entreprises pourraient trouver une première solution en mettant en place suffisamment d’ouvriers «flottants» pour remplacer temporairement les employés qui s’absentent quelques instants, sans avoir besoin d’arrêter toute la chaîne. Dans sa réponse à Oxfam, Tyson Foods assure avoir déjà en place «assez d’ouvriers flottants» et avoir déjà «rencontré des représentants d’Oxfam» et d’une autre association.

Bienvenue au Tafta…
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Analyse – Bloquer les quotidiens est scandaleux : Affaiblir la presse, c’est ce que veut la CGT ?

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L’obs Le PLUS  26-05-2016 par François Jost. Analyste des médias// // // // //
LE PLUS. « L’Humanité » est le seul quotidien national à avoir pu sortir en kiosques ce jeudi. Et pour cause, c’est le seul journal à avoir accepté de publier la tribune de Philippe Martinez, chef de file de la CGT. Une décision qui a suscité l’ire de ses concurrents. Bloquer la circulation des idées, en voilà une belle idée de la démocratie, s’indigne François Jost.

Secretary-general of the General Confederation of Labour (CGT) French worker's union Philippe Martinez holds is pictured during a demonstration after the French government bypassed parliament and forced through a controversial labour reform bill, in Paris, France - 17/05/2016//JOLYLEWIS_LewisJOLY_17-05-16_17/Credit:LEWIS JOLY/SIPA/1605172201

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, lors d’une manifestation contre la loi Travail en mai 2016 à Paris. (L.JOLY/SIPA
Jusqu’à présent, le blocage qu’exerçait la CGT ne visait que des lieux physiques (raffinerie, centrales électriques). Cette nuit, le syndicat a franchi un nouveau pas en s’en prenant directement à la liberté de circulation des idées : les quotidiens qui ont refusé de publier le communiqué de Philippe Martinez se sont tout simplement vus interdits de paraître.
 Les rêves obsolètes de « dictature du prolétariat »
 Le fait est inédit dans une démocratie comme la France et il est difficile de contester que, comme a réagi le Syndicat de la presse quotidienne, « nos journaux sont pris en otages ».
 Laurent Joffrin ajoutait ce matin sur France inter (dans « L’Instant M » sur France Inter) que cette action faisait furieusement penser à la chanson des Beatles « Back in USSR ». Que, de surcroît, seule « l’Humanité » ait cédé à ce chantage renforce fâcheusement l’impression d’un retour en arrière, où seules les informations véhiculées par la « Pravda » (qui signifie en russe « vérité ») auraient droit de cité. Car l’effet de cette non-parution est bien de censurer toute nouvelle du monde autre que celles qui concernent le microcosme des luttes contre la loi travail.
 Cet acte fleure bon ces rêves obsolètes de « dictature du prolétariat » d’un Parti communiste stalinien. On a l’impression que la CGT est restée quelques décennies en arrière.
 La colère ne doit pas menacer la liberté d’expression
 Comme d’habitude, dans les cas où une violence physique ou intellectuelle s’exerce, son auteur la justifie par la violence de celui qu’il combat.
 D’aucuns ont justifié la tentative d’homicide volontaire contre des policiers et l’incendie de leur voiture par la violence de la loi Travail. Aujourd’hui, Didier Lourdez, secrétaire général du Syndicat du livre CGT a utilisé le même argument (toujours dans « l’Instant M »). La censure exercée sur les journaux, terme que le responsable syndical rejette évidemment, serait une réponse juste à « un gouvernement qui impose des reculs soucieux successifs » (texte du communiqué).
 En cette période de bac, on doit se demander si la violence peut être légitime (c’est un sujet qui tombe souvent). Quant à moi, j’en doute. Je peux admettre que la colère engendre des gestes excessifs, mais pas la remise en cause froidement décidée de la liberté d’expression.
 Une action qui affaiblit les journaux papiers
 Il est assez gênant de ce point de vue d’entendre un responsable syndical se victimiser à la façon du Front national ces dernières années. À en croire Didier Lourdez, ce chantage exercé sur les quotidiens serait motivé par le fait que la CGT ne peut pas s’exprimer dans les médias ! Comment peut-il tenter de le faire croire à des auditeurs-spectateurs qui l’entendent à tout bout de champ à la radio ou à la télévision ?
 Si l’on met en regard de cette action scandaleuse le fait que de nombreuses permanences du PS ont été attaquées, certaines à balles réelles, on est en droit de s’inquiéter. Depuis quelques années maintenant, il est très difficile d’exprimer une opinion ou une pensée sur internet sans être lynché si elle déplaît à quelques-uns. Je ne dis pas que les réseaux sociaux sont responsables de la violence contre la liberté d’expression qui se banalise aujourd’hui, mais ils y participent.
 Il est urgent de redonner à la parole et au débat toute leur place plutôt que d’empêcher ses adversaires de s’exprimer.
 Reste à se demander à qui profite la non-publication des journaux ce matin. À l’évidence, d’abord à internet, où le lecteur ira chercher la version de son quotidien. À un moment où la presse est en danger, tout ce qui montre l’inutilité de la version papier ne peut que lui nuire. On le sait, elle est en crise dans le monde entier.
Affaiblir les journaux dans ce contexte, c’est rendre encore un peu plus précaires les emplois de ceux qui y travaillent. Est-ce vraiment ce que veut la CGT ?
Édité par Louise Pothier  Auteur parrainé par Hélène Decommer
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Réactions presse – Inadmissible

Le Monde 27/05/2016
Comme ceux des autres quotidiens nationaux, à l’exception de L’Humanité, la plupart des lecteurs du Monde ont été privés de son édition datée du vendredi 27  mai. Cette non-parution est la conséquence directe de notre refus de publier dans nos pages un communiqué du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.
Notre refus allait de soi : Le Monde a pour principe de ne jamais publier de communication à caractère syndical ou politique. Notre quotidien a pour mission de rendre compte de la diversité des débats qui traversent le pays. Mais il ne peut accepter de se voir imposer la publication de tracts.
Le chantage à la non-parution auquel se sont livrés des membres de la CGT, pour nous contraindre à violer l’un de nos principes, était inacceptable. Le pouvoir que s’est arrogé ce syndicat d’imprimer ou pas les quotidiens selon leur contenu est inadmissible. Nous condamnons cette entrave à la liberté de la presse, qui fragilise encore davantage notre mission d’information.
Louis Dreyfus et Jérôme Fenoglio

Poussin pas content tape pied

Les patrons des journaux dénoncent le  » chantage  » de la CGT
Le syndicat a empêché la parution des quotidiens qui avaient refusé de publier un de ses communiqués
Le Monde 27/ 05/ 2016
Honteux « . Le qualificatif employé est le même, du libéral Nicolas Beytout, directeur de L’Opinion, au social-démocrate Laurent Joffrin, son homologue de Libération.
Jeudi 26  mai, les patrons des quotidiens nationaux ont vivement protesté contre la décision de la CGT de ne pas les imprimer, à l’exception de L’Humanité, au motif qu’ils ont refusé de publier une tribune du secrétaire général du syndicat, Philippe Martinez.
Les quotidiens nationaux n’avaient déjà pas été imprimés lors des journées d’action des 31  mars et 28  avril.
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Alexis Delcambre
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Un guide d’éveil à la citoyenneté

Le Monde | 24.05.2016 à 11h32 | Par Michel Noblecourt
Prétendre rééditer un Abédécaire de la citoyenneté à un moment où la société a rarement été aussi fracturée et où jamais la défiance à l’égard des politiques n’a été aussi forte relevait de la gageure.
C’est pourtant le pari qu’ont tenté les quatre auteurs de ce livre aux sensibilités politiques différentes – Jean-Marc Broux (Les Républicains), Jean-Pierre Duclos (centriste), Franck Lemerle ( » sans appartenance politique « ) et Michèle Sabban (socialiste) – mais animés de la même conviction que  » l’intérêt général fonde l’unité nationale « .
Dans sa préface, Luc Carvounas, sénateur (PS) du Val-de-Marne, et proche de Manuel Valls, ne nie pas la  » crise de légitimité «  que subissent les institutions mais souhaite faire redécouvrir  » lesvertus de la politique dans ce qu’elle a de noble et d’utile « .
Sur le plan didactique, l’abécédaire est à la hauteur de son ambition, même si le parti pris de neutralité occulte bien des débats sur les 132 mots choisis. De  » mairie  » à  » patronat « , en passant par  » liberté « ,  » impôts « ,  » Internet « ,  » République « ,  » religions « ,  » fraternité « , les mots sont passés au crible, dans la plupart des cas sur un mode purement descriptif. Mais les auteurs recourent à d’autres registres.
Plusieurs facettes
….
C’est un guide utile à l’éveil de la citoyenneté. Qui apporte du grain à moudre pour nourrir le débat public.
Lire

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neuf-quinze – Point de vue : Presse, réactions

neuf-quinze@arretsurimages.eu 27/05/2016
Les deux natures de la vieille presse
09h15 – Bien joué. J’en suis là, ce matin. J’en suis là, à me retrouver au côté des dirigeants de la presse nationale hurlant à la liberté assassinée, des reporters du 20 Heures de France 2 hier soir interpellant sans succès Martinez, aux côtés de Pujadas un peu plus tard demandant des comptes à Mélenchon, aux côtés du curé Thomas Legrand homélisant ce matin (1), pour juger scandaleux et absurde le chantage à la publication d’une tribune de Martinez auquel la CGT du Livre a soumis les dirigeants de cette « presse nationale » (tout le récit est ici) (2), et qui s’est soldé par la non-parution de tous ces titres, à l’exception de L’Huma.
Se battre pour la presse nationale, ou ce qu’il en reste ? Se battre pour les journaux de Dassault, Arnault, Niel, Drahi ? Pauvre de moi. Je vous entends déjà, dans les forums ! Tous les mêmes, ces journalistes ! Tous corporatistes. Tous vendus. Tous complices pour casser les jambes du mouvement social.
Ecoutez tout de même deux secondes. Se battre pour ce que représente aujourd’hui, en France, la vieille presse nationale, suppose de tenter de la penser dans sa dualité. C’est à dire à la fois un instrument d’influence personnelle et idéologique aux mains de ses propriétaires, c’est entendu, mais aussi, envers et contre toutes les concentrations, tous les rachats, toutes les cures d’amaigrissement, un nécessaire contre-pouvoir démocratique, auquel lesdits propriétaires sont bien obligés, avec des variantes selon les titres, selon les jours, selon l’humeur, selon l’intelligence, de laisser une marge d’autonomie, sous peine de casser leur jouet.
Les journalistes sont malgré tout plus libres, dans Le Monde de Niel ou le Libé de Drahi, que dans Le Figaro de Dassault ou Le Parisien d’Arnault. Ou, pour le formuler autrement, disons que la régulation des deux premiers titres est assurée par un certain conformisme idéologique implicite, quand les deux autres y ajoutent la censure bête et brutale (la ligne de démarcation pouvant être tracée, par exemple, à l’occasion d’événements remarquables, comme l’accueil réservé au Merci patron, de Ruffin (3)).
Que cette presse patronale épouse globalement le point de vue du patronat, avec tous les bémols imaginables, son traitement du mouvement social actuel, à grands coups de « radicalisation » et de « prise d’otages » (4), le rappelle de manière très pédagogique. Que cette presse distille chaque matin, jusque dans ses rubriques les plus anodines, le poison de la pensée dominante, on le dissèque ici autant qu’on le peut, avec nos petits moyens.
Mais c’est à nous, l’autre presse, la presse émergente, et plus largement les citoyens, de savoir inventer le contre-poison à ce poison. De savoir l’inventer avec des moyens mille fois inférieurs, mais de la mobilisation, du décentrage, de l’astuce de judokas. C’est à nous de tout faire pour y parvenir un jour (ce qui n’empêche pas, d’ailleurs, d’exiger que les armes soient égales, notamment en matière fiscale, et de dénoncer ce scandale qu’est le financement des journaux des milliardaires par l’argent des contribuables).
D’ailleurs, c’est en cours. Croit-on que la vieille presse nationale exerce la moindre influence sur le mouvement anti Loi Travail, ou sur son image ? Ah, pour essayer, elle essaie. Mais en dépit de ses dénonciations et de ses cris, même leurs sondages le disent, ce mouvement, qui s’est construit non seulement sans elle, mais contre elle, reste populaire. Que les ouvriers du Livre se battent, c’est leur droit et leur devoir. Qu’ils se battent pour leurs camarades, c’est admirable. Qu’usant de leur droit de grève, ils ne fassent pas tourner les imprimeries, c’est leur moyen de lutte. Mais de grâce, qu’on ne transforme pas la vieille presse en victime d’une censure extérieure.

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1) http://www.arretsurimages.net/chroniques/2016-05-26/Le-cure-Legrand-et-l-imam-Seux-un-sacrilege-involontaire-id8798
(2) http://www.arretsurimages.net/articles/2016-05-26/La-CGT-bloque-les-journaux-qui-refusent-de-publier-sa-tribune-id8800
(3) http://www.arretsurimages.net/articles/2016-02-17/Merci-patron-le-film-qui-ridiculise-Bernard-Arnault-gros-annonceur-francais-id8487
(4) http://www.acrimed.org/L-editocratie-unanime-haro-sur-les-greves
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Daniel Schneidermann
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High-Tech – L’oreillette qui traduit instantanément

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5868183-57416256sLes oreillettes Pilot de Waverly Labs permettent la traduction d’une discussion en 4 langues en temps réel.
En français, en italien, en espagnol et en anglais, les oreillettes « The Pilot » sont capables d’assurer la traduction instantanée d’une conversation.
Comme le remarquaient nos confrères du Figaro, la démonstration de ce dispositif intra-auriculaire innovant est bluffante. Les 2 interlocuteurs chaussent chacun leur oreillette et peuvent se parler librement. Fini la barrière de la langue : une simple connexion Bluetooth et l’application pour smartphone dédiée effectuent le travail de traduction quasiment en temps réel.
Les ingénieurs américains de Waverly Labs travaillent depuis 2014 sur ce projet, dont le concept va bien plus loin que celui des applications de traduction les plus populaires, comme Google Translate. Le produit final de la start-up est désormais au point.
Il sera disponible en précommande dès le 25 mai. Une campagne de crowdfunding sur Indiegogo propose l’achat des oreillettes de traduction « The Pilot » au prix de 129 dollars. Le prix de vente en magasin serait compris entre 250 et 300 dollars, selon les informations présentes sur le site de financement participatif.
Si le succès du produit est concluant, Waverly Labs promet de s’attaquer à la traduction des conversations entre plus de 2 personnes, et à compléter la liste des langues disponibles avec notamment l’hindi et l’arabe.
Photo : © iStock.

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Le chômage tue mille fois plus que le terrorisme

Là-bas si j’y suis – mercredi 25 mai 2016
Le chômage tue mille fois plus que le terrorisme. En France, le terrorisme a fait 147 victimes en deux ans, le chômage tue plus de 14 000 personnes chaque année. C’est ce que vient de confirmer le CESE (Conseil Économique Social et Environnemental) le 10 mai. Une information sortie sans grand tapage, comme une fatalité naturelle.
C’est pourtant ce qui nous terrorise depuis plus de trente ans, c’est pourtant ce qui nous humilie et nous mine jusqu’au suicide, c’est pourtant le résultat de choix politiques et idéologiques, c’est pourtant l’œuvre de terroristes bien propres sur eux et qui n’ont pas assez de sanglots pour déplorer cette situation.
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Saisine(s) liée(s) : L’impact du chômage sur les personnes et leur entourage : mieux prévenir et accompagner
Avis présenté par Mme Jacqueline Farache, au nom de la section des affaires sociales et de la santé, présidée par Mme Aminata Koné.
sondage-les-francais-ne-croient-pas-linversion-du-chomageBien que le chômage soit désormais un phénomène massif, (3,6 millions de personnes en 2015 – Pôle emploi), le traumatisme qu’il entraine, ses conséquences sociales et l’impact sur l’entourage restent encore trop méconnus. Pour le Conseil économique, social et environnemental, les politiques publiques, notamment sanitaires, doivent mieux accompagner les personnes pendant le temps qui les sépare d’un retour à emploi. Au-delà, c’est toute la société qui doit s’impliquer pour changer de regard sur les personnes en situation de chômage.
Le chômage est la première préoccupation des Français. La crise économique de 2008 a aggravé une situation qui touche désormais 10,6 % de la population active. Il est aujourd’hui plus difficile de retrouver un emploi et la durée moyenne du chômage atteint 1 an et quatre mois (fin 2015). Plus préoccupant, certaines catégories comme les personnes peu qualifiées, les jeunes, les femmes, les séniors, les personnes en situation de handicap rencontrent des difficultés particulières d’insertion professionnelle, 5,4 millions de personnes alternent chômage et emploi précaire.
Au choc du chômage s’ajoute la précarité financière car si l’indemnisation joue un rôle d’amortisseur de la baisse des revenus, 40 % des chômeur.euse.s ne la perçoivent pas et la moitié d’entre eux.elles touchent moins de 500 euros par mois (2014). Des droits sont ouverts aux chômeur.euse.s comme la validation de trimestres retraite, sous certaines conditions, ou le maintien de la couverture santé antérieure (lorsque leurs ressources diminuent, ils peuvent bénéficier de la protection universelle maladie/PUMA et d’une complémentaire santé, CMU-c ou l’aide à la complémentaire santé – ACS – en fonction des revenus). Pour autant, le non recours à leurs droits à prestations sociales est un phénomène très marqué chez les personnes au chômage.
Le chômage est désormais une question de santé publique ; 10 à 14 000 décès par an lui sont imputables du fait de l’augmentation de certaines pathologies, maladie cardio-vasculaire, cancer… (Enquête SUIVIMAX, Inserm). Il multiplie le risque de connaitre un épisode dépressif, 24 % des hommes et 26 % des femmes sont ainsi concernés (Dares 2015). Une progression de 10 % du taux de chômage se traduit par une augmentation de 1,5 % du taux de suicide (Bull épidémiologique 2015).
Le chômage a un impact social majeur. Il augmente le risque de séparation et d’isolement social, il impacte l’avenir scolaire des enfants (Insee, 2004), il retarde la venue d’un premier enfant (INED, 2011).
Chomage-record-battu_YsopeNon seulement ces conséquences sont ignorées mais « une certaine fatigue de la compassion » s’exprime. Ainsi, 60 % des personnes interrogées estiment que les chômeur.euse.s pourraient trouver un emploi s’ils.elles le voulaient vraiment et 46 % que les pouvoirs publics n’en font pas assez pour les personnes les plus démunies contre 73 % en 1994 (enquêtes CREDOC). Pourtant, notre pays voit arriver chaque année 150 000 actif.ive.s de plus sur le marché du travail sans que notre pays puisse créer un nombre suffisant d’emplois.
Pour le Conseil économique, social et environnemental, le regard sur les personnes en situation de chômage doit évoluer et devenir plus bienveillant et objectif. Prévenir les conséquences sociales les plus dévastatrices pour les personnes au chômage et leur entourage suppose de lutter contre une stigmatisation qui nuit à l’exercice légitime de leurs droits, à l’image qu’ils.elles ont d’eux.elles-mêmes et in fine à leur réinsertion même sur le marché du travail.
L’avis est adopté à l’unanimité avec 199 voix pour sur 199 votants.
Quelles sont les fonctions du Conseil économique, social et environnemental ? Composé des représentants des différentes catégories professionnelles, sa mission première est de conseiller les pouvoirs publics en matière économique, sociale et environnementale. Il est obligatoirement saisi pour avis des plans ou des projets de loi de programmation à caractère économique, social et environnemental. Depuis la révision constitutionnelle de juillet 2008, il peut également être saisi par voie de pétition.
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Dès septembre, l’accord de libre-échange entre L’UE et le canada va donner aux européens un avant-goût du Tafta

Le Canard Enchaîné – 25/05/2016 – Conflit de canard – 
Si le Tafta, le fameux traité qui vise à faciliter le commerce entre les États-Unis et l’Europe est encore en pleine négociation, le Ceta, conclu depuis 2014, sera ratifié en septembre par le Conseil européen. Cet accord de libre-échange entre le Canada et l’Europe va nous donner un bel avant-goût de ce à quoi ressemble le commerce sans obstacle avec l’Amérique du Nord !
Exemple, les AOP et autres indications géographiques protégées. Là-bas, le concept n’existe pas. La seule chose qui est protégée, c’est la marque. La France aura juste réussi à sauver 42 de ses 122 appellations du jambon de Bayonne au camembert de Normandie. Avec un os, cependant : les autorités canadiennes ont prévenu qu’elles ne veilleraient pas au respect de ces appellations sur leur territoire. Si un gros malin veut produire du jambon de Bayonne made in Canada, elles le laisseront faire !
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Autre détail : 75 000 tonnes de viande porcine et 50 000 tonnes de viande de bœuf canadiennes vont être exemptées de droits de douane. Cette barbaque viendra évidemment des fermes-usines (3 500 vaches !), qui ont poussé là-bas comme des champignons. La Confédération paysanne a calculé qu’en France les filières bovines et porcines allaient perdre respectivement 6 000 et 10 000 emplois.
Mieux : comme le principe de précaution n’est pas reconnu au Canada, l’UE ne pourra plus refouler un produit au nom d’une menace pour la santé ou pour l’environnement sans apporter la preuve de sa dangerosité. Mais il y a plus rigolo : le Ceta donne le droit aux multinationales d’attaquer devant un tribunal la Commission ou un État membre si un règlement leur déplaît parce qu’il risque d’écorner leur bénéfices. Cette joyeuseté juridique, qui autorise les entreprises à réclamer des dommages et intérêts aux États, a coûté 1,7 milliards de dollars au contribuable canadien depuis l’accord de libre-échange signé il y a vingt-deux ans avec les États-Unis et le Mexique.
Cerise sur le gâteau canadien : grâce au Ceta, les entreprises américaines vont profiter avant l’heure des avantages du Tafta. En effet, 81 % des firmes US présentes en en Europe (soit plus de 41 000 sociétés) possèdent une filiale au Canada. Par leur intermédiaire, elles pourront traîner en justice les pouvoirs européens et se faire de l’oseille.
Au fait, que se passera-t-il si les partenaires d’un des 28 pays européens décident de voter contre le Ceta ? Rien : une clause discrète prévoit que le traité peut être appliqué de manière provisoire pendant trois ans ! Le commerce, c’est sacré…

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En Alsace, on vérifie le compte en banque des allocataires du RSA

France-Inter – 23 mai 2016 – Maxime Debs –
INFO FRANCE INTER – L’allocation de solidarité active est à la charge des départements…et certains sont plus sourcilleux que d’autres sur la dépense. En Alsace, pour vérification, des bénéficiaires du RSA ont reçu l’obligation de fournir des relevés de compte bancaire. Un procédé qui a du mal à passer.

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C’est par la Poste que ces bénéficiaires alsaciens du RSA ont reçu l’ordre de fournir des justificatifs bancaires, qui, à première vue, relèvent davantage de la vie privée.
Paul habite à Mulhouse, et il touche le RSA depuis presque deux ans. En ouvrant sa boîte aux lettres, il y a quelques jours, il est tombé des nues : à l’intérieur, un courrier, autoritaire, surligné au Stabilo, et signé du président du département du Haut-Rhin. Dans cette lettre, Eric Straumann (Les Républicains) lui intime de fournir ses six derniers relevés bancaires.
« Qu’est-ce qu’ils vont en faire de ces données, est ce qu’ils vont nous demander pourquoi on s’est permis d’aller diner au restaurant, où on va, qu’est-ce qu’on consomme, combien on dépense ? Ça ne les regarde pas. » (Paul, allocataire alsacien du RSA)

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Une pratique parfois autorisée par la loi
De fait, difficile de dire s’il est vraiment légal d’exiger de tels documents. Même le défenseur des droits, saisi de la question, a du mal à répondre. Et sur le cas précis de Paul, l’organisme dit avoir ouvert une enquête.
La loi, pourtant, autorise parfois certaines de ces pratiques, si bien que de plus en plus de personnes s’en offusquent ces derniers mois.
« On est sur du renforcement du contrôle. Et c’est là que le défenseur des droits va devoir être vigilant, pour s’assurer qu’il n’y a pas eu de dérive. On a été beaucoup saisi, ces derniers temps, par des personnes qui considéraient qu’on les avait, à tort, accusés de fraude » (Vanessa Leconte, du défenseur des droits)
Certains allocataires dénoncent aujourd’hui pour certains une « chasse aux sorcières », quand les pouvoirs publics évoquent un simple contrôle des dépenses de l’argent public.
Lire : Comment en finir avec l’image du bénéficiaire du RSA fainéant et fraudeur – (Bastamag.net)
Il est toujours plus facile de faire culpabiliser les petits, surtout avec des médias qui appartiennent tous à la dictature économique libérale, donc qui font de la propagande ultra-libérale, plutôt que de parler des 20milliards de fraude aux cotisations patronales ou alors encore pire des 60 à 80 milliards d’évasion fiscale. On va mettre 200 personnes pour pister les chômeurs « fraudeurs » mais absolument personne pour le reste qui devrait rapporter beaucoup plus à l’état mais qui importune les plus riches qui n’en ont jamais assez.Tant qu’il n’y en aura que pour les super nantis, cela ne pourra donc être autrement. (Serge Huteau)
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Echange de prisonniers entre Moscou et Kiev

Le Monde | 26.05.2016  | Par Isabelle Mandraud (Moscou, correspondante
La journaliste Khadija Ismaïlova libérée
La journaliste Khadija Ismaïlova, condamnée en Azerbaïdjan lors d’un procès politique, est sortie de prison, mercredi 25 mai, après que sa peine de sept ans et demi de -prison ferme a été commuée en trois ans et demi avec sursis. Mme- Ismaïlova, 40 ans, journaliste d’investigation pour Radio Free Europe-Radio Liberty, média financé par les Etats-Unis, a passé plus de dix-sept mois en prison depuis décembre 2014. Connue pour le sérieux de ses enquêtes sur la corruption du -régime Aliev, elle avait été -condamnée pour activité économique illégale et évasion fiscale.

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Vladimir Poutine a gracié la pilote Nadejda Savtchenko en échange de deux soldats russes capturés en Ukraine
Comment gracier une prisonnière qui ne l’a pas demandé ? Vladimir Poutine a dû faire appel à la veuve et à la sœur des deux journalistes russes tués en juin  2014 dans le Donbass, à l’est de l’Ukraine, pour libérer la pilote ukrainienne Nadejda Savtchenko, accusée d’avoir guidé le tir de mortier qui a fauché les deux correspondants, et condamnée pour cette raison à vingt-deux ans de prison par un tribunal russe.
Son renvoi a eu lieu mercredi 25  mai, en échange de deux soldats russes capturés en Ukraine en  2015 et eux-mêmes condamnés à quatorze ans d’emprisonnement à Kiev. Deux avions affrétés tout spécialement se sont croisés dans les airs et chacun, de part et d’autre, est monté à bord simultanément, comme au bon vieux temps de la guerre froide.
Dans une brève allocution filmée, devant les deux femmes muettes qui ont, officiellement, fait la demande de grâce, le président russe a dit  » exprimer l’espoir que des décisions de ce genre, – motivées avant tout par des considérations humanitaires, contribueront à apaiser la confrontation dans la zone de conflit « .
La nouvelle de la libération de  » Nadia  » Savtchenko, devenue une figure emblématique en Ukraine où elle a été élue députée alors qu’elle se trouvait en détention en Russie, a été accueillie avec soulagement par les chancelleries occidentales, en particulier par la France et l’Allemagne, parrains des accords de Minsk censés résoudre le conflit meurtrier qui oppose depuis deux ans des séparatistes prorusses à l’armée ukrainienne dans l’est du pays.
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En Belgique, l’autre loi Travail déclenche grèves et manifestations

Des nouvelles du front – 17/05/2016 –Le projet de loi Peeters est régulièrement comparé au projet de loi El Khomri, même si des différences existent entre les deux.
Le projet de loi Peeters est régulièrement comparé au projet de loi El Khomri, même si des différences existent entre les deux. (Crédits : REUTERS/Gonzalo Fuentes et REUTERS/Francois Lenoir. Montage : La Tribune.)
En Belgique, la loi « travail » s’appelle Loi Peeters. Le projet de loi du Ministre de L’Emploi Kris Peeters permettrait entre autres d’augmenter le temps de travail hebdomadaire à 45 heures, instaurer un contrat zéro heures ou créer un contrat intérimaire à durée indéterminée.
Détaillons un peu : au cœur de la loi Peeters il y a l’annualisation généralisée du temps de travail et l’imposition de 100 heures supplémentaires non-récupérables et sans négociations préalables.  Ces mesures feraient bondir la semaine travaillée de 38 heures aujourd’hui, à 45 heures demain. Autour de cette matrice on trouve une succession de régressions sociales. Distinguons en deux : une version belge du « zero-hour contract » britannique avec l’instauration de contrats à temps partiel sans indications d’horaires de travail, pour des salarié.e.s « à la demande » ;  un contrat intérimaire à durée indéterminé, pour une précarité à vie………….
à côté de la mobilisation syndicale, un mouvement social prend corps autour de l’action des « Unions de bloqueurs et bloqueuses ». À la croisée du « community organizing » et de l’action syndicale interprofessionnelle, ces Unions rassemblent « jeunes, précaires, travailleur.se.s dans ou hors emploi, étudiant.e.s, allocataires, syndicalistes ». Leur but étant de faire émerger « une coordination d’assemblées locales démocratique où se réunissent celles et ceux qui veulent bloquer cette loi et son monde par tous les moyens nécessaires ».
À Bruxelles, Charleroi, Ixelles, Liège, Mons, Namur… des Unions ont vu le jour et appellent à s’organiser horizontalement et à toutes les échelles : lieux d’études, de travail et de vie ; proposant une « motion contre la loi des 45h » comme base d’appel. Répondant à l’appel de Nuit Debout, elles organisent ce 15 mai, journée #GlobalDebout, une manifestation contre la Loi Peeters au départ de la Gare de Bruxelles. Et comme le fait l’appel de syndicalistes « On bloque tout ! », les Unions mettent en avant le nécessaire blocage de l’économie… Alors bloquons partout leurs lois « travail » !
https://blogs.mediapart.fr/theo-roumier/blog/150516/bloquons-les-45-heures-loi-peeters-en-belgique-l-autre-loi-travail
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Green Magic Homes : un habitat alternatif original

One360 – 03/2016 –
Le fabricant américain Green Magic Homes propose un habitat alternatif original avec un système de construction modulaire préfabriqué en plastique.Green-Magic-HomesLa société Green Magic Homes propose plusieurs modules écologiques préfabriqués en polymère renforcé de fibres à recouvrir avec des sacs de terre. Le montage est facile, le plus petit modèle de 38m² composé d’une chambre unique peut s’achever en seulement trois jours.
L’avantage avec le concept de structure en plastique est qu’il est possible couvrir entièrement le module améliorant l’isolation, idéal pour les climats enneigés, les déserts, etc.. Le look des modules Green Magic Homes est vraiment atypique. A environ 400€ le mètre carré, le plus petit module coûtera quand même dans les 15.000€. La société fabrique aussi des dômes démontables.
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