Rail : l’incroyable fiasco du fret

Siné Mensuel N°76 juin 2018 – Maxime Carsel –
Près de Rouen, le plus grand centre de triage d’Europe  n’est plus qu’un champ de ruines où s’amoncellent des centaines de carcasses de trains à l’abandon. Pourtant, des hommes et de femmes continuent d’être employés sur ce site où plus rien ne fonctionne. En attendant qu’ils craquent ?
Youtubeurs et autres vidéastes 2.0 s’en donnent à cœur joie pour nous montrer une autre facette du monde actuel. Quand on regarde la vidéo de Mamytwink qui visite les lieux abandonnés, déambulant dans un cimetière de trains (vidéo ci-dessous), on se rend compte du gâchis monumental en cours. A Sotteville-lès-Rouen, ce qui était le plus grand centre de triage de trains d’Europe abrite aujourd’hui 400 carcasses rouillées. Tout est dans son jus, câbles sectionnés, transformateurs subtilisés, huiles suintantes et couches d’amiante éventrées , il ne reste plus grand-chose du fier et rutilant atelier de Quatre-Mares de Sotteville.
Gilles Chuette, représentant CGT  du site, parle sans acrimonie de l’abandon pur et simple d’un fret  pourtant prometteur : « Cette fameuse dette dont on nous rebat les oreilles [58,8 milliards d’euros, NDLR] est apparue sous le gouvernement Pompidou… » Près de vingt-cinq ans plus tard, en 1997, pour éponger (déjà) la dette, l’État extrait le réseau de l’entité SNCF et crée Réseau Ferré de France (RFF). En cadeau, RFF hérite de la douloureuse dette. De son côté, la SNCF, libérée du réseau, s’occupera exclusivement du transport de voyageurs. Dès lors, pour emprunter les rails, chaque entreprise privée de transport devait payer un droit de péage sur les lignes RFF.
« Un prix exorbitant, nous confie Gilles, donc un choix politique. » Rapidement, les entreprises ont préféré les camions, plus flexibles, allant directement sur les lieux de dépôts et surtout moins chers. Et voilà comment le site de Sotteville, qui employait 1 000 personnes, a réduit ses effectifs de plus de moitié n trente ans. Mais que font ces employés sur un site fantôme ? « Rien. Ces hommes et ces femmes sont inscrits à l’Espace initiative mobilité (EIM), un sas vers le chômage, en quelque sorte. On les placardise, on attend qu’ils craquent. Pourquoi maintenir le site ouvert ? Je n’en sais rien. C’est un mystère. « Si socialement c’est un massacre, écologiquement c’est une gabegie déconcertante : la capacité de fret des trains croupissant à Sotteville représente l’équivalent de 30 000 camions par jour. Or le transport par camions a éjecté dans l’atmosphère 6 milliards de tonnes de CO2 en 2014, soit 95 % du transport routier. A volume de carburant égal, un camion parcourt 58 kilomètres et un train 111 kilomètres, soit deux fois plus. A noter qu’aucun mort n’est à déplorer avec le fret ferroviaire ces quarante dernières années.
Résumons : le transport de marchandises par rail est plus propre, plus sûr et moins cher si l’État veut bien y jouer un rôle prépondérant. Petit détail croustillant : Geodis, le plus gros transporteur routier d’Europe, appartient à la SNCF. Bon, rassurez-vous, le gouvernement à récemment promis d’investir dans le réseau en lançant un plan de relance pour le fret. « Ne vous trompez pas, prévient Gilles Chuette, il s’agit de filialisation, donc de l’arrivée de concurrences. Ensuite, dans la multitude d’entreprises privées, l’objectif sera de laisser pourrir la branche publique et de la laisser mourir lentement. Comme la Sernam; vous vous souvenez de cette société de transport de bagages et de colis ? Elle est morte en silence. Ils vont faire pareil. »
Quand on se rappelle que l’un des slogans de RFF était : « Nous avons de grands projets pour vous« …

Plusieurs centaines de locomotives rouillent tranquillement sur la gare de triage de Sotteville-lès-Rouen. On y trouve de tout : locomotives électriques et thermiques, locotracteurs et même motrices de TGV. (vidéo du 15 juillet 2017)
Le ferroutage est un mode de transport des marchandises combinant rail et route. Les semi-remorques sont placés sur des plateaux de wagons. On parle de transport « combiné accompagné » car c’est un camion complet qui est chargé sur un train, c’est-à-dire, le tracteur, la remorque et le chauffeur, contrairement au transport de conteneurs que l’on appelle « transport combiné non accompagné ». Le ferroutage et le transport fluvial représentent une alternative pour désencombrer les autoroutes.
En France, le ferroutage représente moins de 1% du transport de marchandises », donc marginal. Pourquoi est-il si peu utilisé ? « Parce que cela ne fonctionne que sur les longues distances. Et puis il faudrait d’autres infrastructures et cela coûte cher. Enfin, il faut rénover le réseau pour l’adapter au ferroutage. Aujourd’hui, il est principalement utilisé pour le passage d’obstacles naturels comme les bras de mer ou les montagnes, mais il existe des projets de ferroutage sur de plus longues distances pour réduire la pollution et désengorger les autoroutes.
En Europe, le ferroutage est largement répandu entre l’Allemagne et l’Italie pour la traversée de la Suisse par les poids lourds. En France, le ferroutage n’est pas très développé, il fait l’objet de promesses politiques, mais qui n’aboutissent pas, en cause, l’inadaptation des infrastructures actuelles ou l’absence de qualité de service de la société nationale. Il n’existe que deux autoroutes ferroviaires sur le territoire : l’AFA, l’autoroute ferroviaire alpine (entre la France et l’Italie) et le Lorry-rail (de Perpignan au Luxembourg).
Ce mode de transport est moins polluant que le transport routier classique et garantit un plus haut niveau de sécurité pour les matières dangereuses. Le ferroutage est donc un moyen plus respectueux de l’environnement pour transporter les marchandises, il s’inscrit dans une démarche de mobilité durable, car il participe à la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

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Pour rappel – Ne laissons pas mourir le cinéaste ukrainien Oleg Sentsov

Ouest-France 19/08/2018 par Jeanne Emmanuelle Hutin

EditorialCondamné à 20 ans de camp dans le grand nord sibérien, le prisonnier politique, Oleg Sentsov, est en train de mourir dans une indifférence quasi-générale.
Cinéaste Ukrainien, originaire de Crimée, Oleg Sentsov a été enlevé par les services secrets russes en 2014. Son procès a été cousu de fausses accusations : « aucune preuve mais des témoignages extorqués sous la torture ! », révélait l’un de ses accusateurs.
L’odieuse manœuvre aurait pu réussir. Le silence, recouvrir l’injustice. La désinformation, l’emporter. Mais c’était sans compter sur la force d’âme d’Oleg Sentsov : « Je ne vois pas l’intérêt d’avoir des principes si l’on n’est pas prêt à souffrir, voire à mourir pour eux » déclarait-il (1). Voici près de 100 jours qu’il s’est engagé dans une grève de faim. Au risque de sa vie, il tente de franchir le mur de l’indifférence non pour lui-même, mais pour la libération de 70 autres prisonniers politiques Ukrainiens.

Le Mondial en Russie aurait pu permettre à la France de protester
Il « a décidé… de faire un sacrifice radical, expliquait Mgr Gudziak dans Ouest-France (2). Afin que soient entendues les voix des prisonniers politiques, celles des dissidents injustement condamnés, des victimes et orphelins de cette guerre hybride non déclarée qui depuis plus de quatre ans sévit en Ukraine. »
Alors que la vie d’Oleg Sentsov s’éteint, des citoyens se mobilisent. Mais les protestations politiques manquent d’une vigueur décisive. Le Mondial aurait pu permettre à la France de protester avec force. Il en reste l’image d’une entente affichée entre le Président de la République et Vladimir Poutine.
Emmanuel Macron s’était engagé devant les dissidents russes à plaider sa cause auprès de Vladimir Poutine. Il est intervenu en privé, or « en politique, ce qui se dit en privé et dont on ne souhaite pas que ce soit public, n’existe pas », analyse Marie Mandras, spécialiste de la Russie (3).
22 citoyens russes emprisonnés en Ukraine

On ne peut abandonner Oleg Sentsov. D’autant plus que des Russes eux-mêmes, prenant de grands risques, se mobilisent pour qu’il soit sauvé. La journaliste et visiteuse de prison, Zoïa Svetova lui a rendu visite récemment : « J’ai vu Oleg Senstsov. Dieu soit loué, il est vivant. Il sourit… Il se fatigue vite. Il nous remercie tous pour notre soutien… Le plus important est d’initier au plus vite un processus d’échange entre prisonniers russes et ukrainiens. Ceci sauvera la vie d’Oleg », rapporte l’association Les Nouveaux Dissidents.
D’après Euromaïdan, 22 citoyens russes emprisonnés en Ukraine demandent à Poutine de les échanger contre des prisonniers politiques ukrainiens.
Ressaisissons-nous comme le demandent des personnalités du monde de la Culture : « Ne pas agir ce serait laisser Oleg Sentsov mourir. Ce serait renoncer à nos valeurs et à nos principes. » (4) « Il y va aussi de la crédibilité de l’Europe démocratique » écrit Pascal Brückner (5).
(1) Ouest-France 10-8-18 (2) 15-8-18 (3) Libération 11 et 12-8-18 (4) Le Monde 14-8-18 (5) Le Figaro 31-7-1
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L’autoroute enchantée

Le Canard enchaîné – 08/08/2018 – H. M. –

Ce n’est sans doute qu’une heureuse coïncidence : le gouvernement vient de donner, le 2 août, son accord pour un nouveau plan de travaux autoroutiers de 700 millions, quelques jours seulement après que Vinci, le bétonneur numéro 1 mondial des concessions (autoroutes, aéroports, parkings, etc.), a annoncé une jolie hausse de ses résultats.
Le plan de travaux, concocté il y a deux ans sous François Hollande, semblait oublié Il vient miraculeusement de ressurgir. Les travaux – dont 23 échangeurs et 25 projets « environnementaux » – seront, comme d’habitude, en bonne partie réalisés par les entreprises privées de travaux publics, propriétaires des concessionnaires d’autoroutes.
Lesquels seront, en contrepartie, autorisés à augmenter leurs tarifs de 0,1 % à 0,4 %, selon les réseaux. Malgré les critiques de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), qui estimes ces hausses trop importantes.
Vinci n’a même pas eu besoin d’en attendre les bénéfices pour connaître le bonheur. Ses résultats pour le premier semestre de 2018 font apparaître une hausse de son chiffre d’affaires des concessions de 5,6 % et un bénéfice total net de 1,3 milliard, en hausse de 26 % par rapport à celui du premier trimestre 2017. 
Et la fête n’est pas finie. Alors qu’un audit du ministère des Transports vient de révéler l’extrême délabrement du réseau routier français, l’Association des sociétés françaises d’autoroutes (Afsa) propose le lancement d’un troisième grand plan de travaux prenant cette fois en charge les autoroutes et les routes nationales qui sont gérées par l’État. Et ce en contrepartie d’un nouvel allongement de leur durée de concession.
Elles deviendront ainsi, de plan de travaux en plan de travaux, des concessions perpétuelles…
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Europe – Autriche : Danse avec le tsar, l’extrême droite autrichienne convia Vladimir Poutine à la noce

Le président russe a assisté samedi aux noces de Karin Kneissl, la ministre autrichienne des affaires étrangères, alors que Vienne préside actuellement le conseil de l’Union européenne.
LE MONDE 19.08.2018 | Par Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant)
Les collines boisées du sud-est de l’Autriche auront servi de décor à la séquence politique la plus surréaliste de l’année. Dans un folklore digne de La Mélodie du bonheur, Vladimir Poutine est venu assister au mariage de la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl, 53 ans, qui épousait, samedi 18 août, un entrepreneur, Wolfgang Meilinger.
Lire aussi :   En Autriche, Vladimir Poutine invité au mariage d’une ministre proche de l’extrême droite
Parmi la centaine d’invités conviés à la noce par cette ancienne journaliste nommée par le sulfureux parti autrichien de la liberté (FPÖ, extrême droite), tous en costumes traditionnels, figuraient le chancelier Sebastian Kurz (ÖVP, conservateur), le vice-chancelier Heinz-Christian Strache (FPÖ) et le secrétaire général de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) Mohammed Barkindo.

Le jour de son mariage, la ministre autrichienne des affaires étrangères, Karin Kneissl, danse avec Vladimir Poutine, le 18 août à Gamlitz. ROLAND SCHLAGER / AFP
« Poutine est l’adversaire le plus agressif de l’UE »
Tout sourire, le président russe était visiblement en forme. Devant une foule en liesse brandissant des iPhones pour immortaliser la scène, il a valsé quelques minutes avec la reine du jour, avant de laisser des chanteurs cosaques, qui avaient fait le déplacement avec lui, se produire pour l’assistance. Puis il s’est fendu d’un discours très amical en allemand, une langue qu’il maîtrise bien. Il a enfin inscrit à son tour un petit mot doux sur le capot de la Coccinelle blanche des tourtereaux, avant de s’éclipser, pour aller retrouver Angela Merkel en Allemagne.
Ces séquences, qui tournent depuis en boucle dans les médias russes, sont inhabituelles : d’ordinaire, M. Poutine ne s’exhibe pas dans un cadre privé, quand il sait que les images filmées de l’événement ont des chances d’êtres rendues publiques. Mais pour lui, l’opération séduction au cœur de l’Europe ne semblait receler que des avantages évidents.
L’Autriche, elle, pourrait bien se réveiller lundi avec la gueule de bois. Car à la sidération succède une colère froide. Dans un rare élan unanime, l’ensemble de la presse du pays a déploré ce show coûteux. Les 8,7 millions d’Autrichiens tiennent plus que tout à leur sacro-sainte neutralité et Sebastian Kurz préside actuellement le Conseil de l’Union européenne (UE). Il représente donc officiellement les vingt-huit pays membres de l’UE et sa présence à la marge, samedi dernier, pourrait brouiller son image.
Sur Internet, les clichés montrant M. Poutine danser avec Mme Kneissl sont détournés. On les voit enlacés, les yeux dans les yeux, virevoltant devant la carcasse du vol MH17, abattu au-dessus de l’Ukraine en 2014, par un missile antiaérien de fabrication russe.
Critiques dans la majorité gouvernementale
Et alors que, par solidarité avec la Grande-Bretagne suite à l’affaire Skripal, les Etats-Unis ont adopté de nouvelles sanctions à l’encontre de la Russie, les critiques fusent au sein même de la majorité gouvernementale. « La mise en scène et le détournement d’un événement aussi intime à des fins politiques poursuivent une logique et un but qui m’échappent totalement », a réagi Othmar Karas, le chef de file des conservateurs autrichiens à Strasbourg, dans un entretien au quotidien Tiroler Tageszeitung.
Pour l’eurodéputé écologiste autrichien Michel Reimon, la coalition entre l’extrême droite et les conservateurs qui dirige l’Autriche depuis décembre 2017 sera désormais perçue comme « le bras armé du régime russe au sein de l’UE ». Il a réclamé la démission de Mme Kneissl, accusée de mettre la réputation de tout un pays à terre.
Quoi qu’il en soit, cette dernière, qui s’était proposée comme intermédiaire entre les Occidentaux et Moscou sur le dossier syrien, semble s’être faite des ennemis. Pour les Ukrainiens, en particulier, ses agapes laissent un arrière-goût amer. « A partir d’aujourd’hui, l’Autriche ne pourra plus jouer les médiateurs », a estimé Hanna Hopko, la présidente de la Commission des affaires étrangères au parlement de Kiev. Un cinéaste ukrainien, Oleg Sentsov, détenu en Russie pour des raisons politiques, est par ailleurs en danger de mort après trois mois de grève de la faim.
Les mots de Mme Hopko sonnent comme une menace sans précédent, pour un pays habitué à accueillir les plus grandes négociations diplomatiques depuis la fin de la seconde guerre mondiale, comme celles sur le nucléaire iranien jusqu’en 2015, et dont la capitale est le siège d’organisations internationales, comme l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) ou l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).
Même l’ancien chancelier allemand, Gerhard Schröder, n’a pas osé convier M. Poutine à son mariage en octobre prochain, selon le magazine allemand Stern. Il y aurait renoncé : cela aurait fait trop de « tapages ».
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En images: Un tapis de fleurs mexicain sur la Grand-Place de Bruxelles

Le Vif.be – 16/08/2018 –
Le tapis de fleurs a été finalisé jeudi vers 11h15 sur la Grand-Place de Bruxelles. L’œuvre de 1.800 m2 sera visible jusqu’à dimanche. Des spectacles seront organisés tous les soirs.
Le tapis de fleurs d’inspiration mexicaine a été réalisé pour fêter les 20 ans de la reconnaissance de l’illustre place bruxelloise par l’Unesco. Ce tapis géant a été conçu par la graphiste Ana Rosa Aguilar Aguado, originaire de la ville mexicaine d’Uriangato, située dans la province de Guanajuato. Les motifs et les symboles du tapis trouvent leur origine dans la tradition de la broderie de cette province. Au centre du tapis, au cœur d’un soleil, trône un oiseau typique de la culture Otomi.
Huit autres tapis floraux seront réalisés demain vendredi, devant la Bourse, par des délégations de différents pays.
Voici quelques images postées ce jeudi :
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Europe : avons-nous la mémoire si courte ?

Ouest-France 18/08/2018 Philippe BOISSONNAT.

/ AFP / LEON NEAL / TO GO WITH AFP STORY BY Yacine LE FORESTIER

L’Union Européenne élira son nouveau Parlement en mai 2019. (ILLUSTRATION) | LEON NEAL / AFP
Editorial  – On ignore à quoi ressemblera l’Europe après l’élection de son nouveau Parlement en mai 2019. D’ici là, les commémorations du 11 novembre 1918 nous donneront l’occasion de nous souvenir d’où elle vient. Ce ne sera pas du luxe.
En France, le 11-Novembre marque la fin de la Grande guerre et le retour de la paix. Vu d’Europe centrale, c’est une tout autre histoire. Avec l’effondrement des empires centraux (Autriche-Hongrie, Allemagne, Russie…), révolutions, guerres civiles, expulsions de masse et crimes génocidaires se multiplient, faisant encore des millions de victimes (1).
Des difficultés économiques, un nationalisme virulent…
Dans un contexte d’extrêmes difficultés économiques, de violences et d’esprit de revanche, un nationalisme virulent se développe au sein des nouveaux États. Ces territoires comptent de fortes minorités. Dans l’entre-deux-guerres, elles serviront partout de boucs émissaires à l’insécurité ambiante et seront, pas à pas, conduites à emprunter la voie tragique qui mène à Auschwitz et à la « Solution finale ».
Publié fin 2017, un livre restitue à hauteur d’homme ce long chemin d’atrocités : Retour à Lemberg (2). Il y a un siècle, Lemberg était une grande cité du nord-est de l’Autriche-Hongrie. Entre septembre 1914 et juillet 1944, elle devient tour à tour polonaise, allemande, soviétique, et enfin ukrainienne sous le nom qui est toujours le sien aujourd’hui, Lviv.
Avocat spécialisé dans la défense des droits de l’homme, Philippe Sands raconte l’histoire chaotique de cette ville où est né en 1904 son grand-père maternel, Léon Buchholz. Le petit-fils se souvenait du vieil homme silencieux, mort à Paris en 1997. Mais il ignorait tout de son passé, sinon que le génocide avait décimé sa famille. Où ? Quand ? Comment ? « C’est le passé. C’est compliqué. Pas important… » éludait Léon.
« Ce qui a été fait peut être défait »
En 2010, Philippe Sands décide d’en savoir plus. Son enquête va lui prendre six ans. Long périple où se combinent histoire familiale et histoire contemporaine, questions politiques et de droit, la mémoire et le présent. Les rues de Lviv où le petit-fils cherche les traces de son grand-père « sont un microcosme du turbulent XXe siècle européen, le centre des conflits sanguinaires qui ont déchiré les cultures ».
Mais c’est aussi à partir de Lviv, où sont formés d’éminents juristes, que les notions de crime contre l’humanité ou de génocide sont élaborées. Elles ont permis, à partir de 1945 et du procès de Nuremberg, de faire évoluer le droit international pour une meilleure prise en compte des droits des minorités et des individus.
Difficiles de ne pas être inquiets après le Brexit et l’élection de Trump
Dans un récent entretien (3), Philippe Sands prolonge sa réflexion et fait le lien avec 2018, quand le nationalisme et la xénophobie redonnent de la voix en Europe. « Difficile de ne pas être inquiet au moment où les États-Unis et le Royaume-Uni, les deux pays qui ont le plus contribué à établir un ordre international fondé sur le droit, ont perdu leur boussole. Ce qui a été fait peut être défait. Rien n’est jamais acquis. »
Cette leçon de Lemberg mérite d’être rappelée alors que tant de responsables s’autorisent désormais à exalter ce qui divise et éloigne les Européens les uns des autres. Comme si après tant d’années consacrées à combattre la violence par le droit pour construire la paix, cette dernière était un fait acquis. Avons-nous la mémoire si courte ?
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Insolite – Irlande zoo de Castlebar : pour l’amour d’une oie

Ouest-France 17/08/2018
Ce petit garçon n’aurait pas dû tenter d’embrasser une oie

Les oies n’ont pas la réputation d’être dociles. Ce jeune garçon, qui visitait le zoo de Castlebar, en Irlande, l’a appris à ses dépens. Alors qu’il s’était approché de l’enclos pour embrasser une oie sur le bec, cette dernière lui a répondu en lui pinçant le nez. Un baiser douloureux qui l’a fait tomber à la renverse.

Vidéo

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Italie – Entre deux Tweet xénophobes, Salvini accueille des migrants

Malte a annoncé que l’Italie allait héberger vingt  réfugiés de l’«  Aquarius », contrairement aux déclarations du ministre de l’intérieur.
LE MONDE | 17.08.2018 à 11h32 | Par Jean-Baptiste Chastand et Margherita Nasi (Rome, correspondance)

Matteo Salvini REUTERS/Stefano Rellandini -/File Photo

Pendant que l’Italie compte ses morts à la suite de l’effondrement du pont Morandi à Gênes, le ministre de l’intérieur, Matteo Salvini, trouve tout de même l’occasion de se réjouir. « Une bonne nouvelle dans une journée aussi triste. L’Aquarius ira à Malte et les immigrés à bord seront distribués entre Espagne, France, Luxembourg, Portugal et Allemagne, mais pas en Italie, comme promis. Nous avons suffisamment donné. Des mots aux faits ! », poste le leader de la Ligue (extrême droite) sur Facebook, le jour du drame, mardi 14 août.
Mais, malgré l’obsession de M. Salvini pour les hashtags #portsfermés #cœursouverts, il semble bien que l’Italie va finalement participer à l’effort et héberger vingt migrants recueillis par l’Aquarius. « A la suite de l’annonce de cinq pays membres qui ont joint leurs efforts pour se répartir les immigrants à bord de l’Aquarius, le gouvernement italien a contacté le gouvernement maltais pour participer à l’initiative », a ainsi déclaré, mercredi, La Valette, dans un communiqué.
Affrété par les ONG SOS Méditerranée et Médecins sans frontières (MSF), le navire humanitaire vient finalement d’être autorisé à accoster dans le port de La Valette, à Malte, après avoir erré plusieurs jours en Méditerranée avec 141 migrants épuisés à son bord.
Un sacré retournement
Si la nouvelle n’a pas été confirmée officiellement par le ministère de l’intérieur italien, plusieurs journaux ont assuré en avoir obtenu confirmation par des sources internes. Un sacré retournement pour un ministre qui ne passe pas un jour sans se répandre en saillies xénophobes sur les réseaux sociaux. Le 12 août, il proposait de remettre un « prix » à la conductrice d’un train milanais. Cinq jours plus tôt, celle-ci avait livré une invraisemblable annonce à ses passagers : « Gitans : descendez au prochain arrêt, parce que vous cassez les couilles ! »
Le 14 août, sur Twitter : « Les autorités tunisiennes ont arrêté 9 EXTRÉMISTES ISLAMIQUES qui tentaient d’embarquer dans un bateau pour rejoindre l’Italie. » Démenti immédiat des autorités tunisiennes : « D’après l’enquête, il n’y a aucune intention de terrorisme contre l’Italie dans cette tentative d’immigration clandestine », assure le porte-parole de la garde nationale tunisienne, Houssem Eddine Jebabli.
Mais, en bon troll, M. Salvini préfère ignorer ses contradicteurs que de s’expliquer sur ses contradictions. Plutôt que de s’exprimer sur les vingt migrants de l’Aquarius, il s’en est pris, mercredi, à un autre bateau, sur Facebook. « J’ai le devoir de vous annoncer qu’un navire avec 170 migrants, en difficulté dans les eaux maltaises, est non seulement ignoré, mais est accompagné dans les eaux italiennes, par les autorités maltaises, poste Salvini. Si ça, c’est l’Europe, ce n’est pas mon Europe. L’Italie a déjà accueilli, et dépensé, suffisamment. Que ce soit clair pour tous. Surtout pour Bruxelles. » Le ministre de l’intérieur maltais a répliqué jeudi soir en affirmant que ce bateau avait refusé son aide et « ne présentait pas de signe de détresse » quand il est passé dans sa zone de sauvetage.
C’est finalement un navire de gardes-côtes italien, le Diciotti, qui les a sauvés, sans attendre le feu vert de Rome. Dans cette confusion volontairement entretenue par Salvini, ses services ont choisi jeudi soir de faire planer la menace d’une nouvelle volte-face sur le dossier de l’Aquarius : « Les partenaires européens comptent laisser l’Italie seule en lui imposant un bateau avec 170 personnes. Si c’est vraiment leurs intentions, Rome remettra en question la possibilité de participer à la redistribution des personnes qui étaient à bord de l’Aquarius, comme l’a annoncé Malte au cours des dernières heures », assure le ministère dans un communiqué, reconnaissant implicitement les négociations avec Malte. Tandis que sur les réseaux sociaux, les adeptes de Salvini s’en prenaient vertement au capitaine du Diciotti.
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Mobilisation – Sauver la planète, ensemble

Dans ce « Petit manuel de résistance contemporaine », le militant écologiste Cyril Dion, auteur et co-réalisateur de « Demain », appelle à refuser un système qui conduit notre monde à sa perte et à construire celui dans lequel nous voulons vivre.

Le Monde | 17.08.2018| Par Margherita Nasi
Livre. On vous répète à l’envi que prendre une douche plutôt qu’un bain permettra d’économiser les ressources hydriques de la planète ? En réalité, 92 % de l’eau utilisée sur la planète l’est par l’agriculture et l’industrie. Vous triez, vous compostez ? Mauvaise nouvelle, les déchets des ménages représentent seulement 3 % de la production totale de déchets aux Etats-Unis et 8,3 % en Europe. Aussi incroyable que cela puisse paraître à tous ceux qui sont habités par un sentiment d’urgence écologique absolue, ce sujet n’attire pas les foules.
D’après de nombreux scientifiques, il ne resterait plus que quelques années pour réagir. Mais comment ?
Les mobilisations contre le changement climatique sont ridiculement faibles et, bien souvent, les néo-écolos « ne savent pas très bien par quoi commencer, s’épuisent dans des petites actions à faible impact, s’épanouissent dans des projets qui ne font pas encore système avec les organisations sociales, politiques, économiques qui les entourent » affirme Cyril Dion. Son ouvrage, Petit manuel de résistance contemporaine, explore les meilleures stratégies pour résister face à un danger « d’une ampleur comparable à celui d’une guerre mondiale ».
Les mobilisations contre le changement climatique sont ridiculement faibles et, bien souvent, les néo-écolos « ne savent pas très bien par quoi commencer, s’épuisent dans des petites actions à faible impact, s’épanouissent dans des projets qui ne font pas encore système avec les organisations sociales, politiques, économiques qui les entourent » affirme Cyril Dion. Son ouvrage, Petit manuel de résistance contemporaine, explore les meilleures stratégies pour résister face à un danger « d’une ampleur comparable à celui d’une guerre mondiale ».
Le livre s’ouvre sur un chapitre désagréable, mais indispensable, pour établir la réflexion sur des bases solides. De quelle situation écologique parlons-nous exactement ? Accélération du réchauffement planétaire, disparition de 80 % des insectes en Europe et de 50 % des populations de vertébrés ces quarante dernières années… d’après de nombreux scientifiques, il ne resterait plus que quelques années pour réagir. Mais comment ?
Transformer notre façon de voir

Manifester, signer des pétitions, agir localement, occuper des lieux, boycotter… Toutes ces propositions faites dans d’innombrables ouvrages, articles, émissions et réseaux sociaux « n’ont aucune utilité, ou presque, si elles sont mises en œuvre de façon…
L’accès à la totalité de l’article est protégé
Petit manuel de résistance contemporaine, de Cyril Dion (Actes Sud, 160 pages, 15 euros).
Lire aussi :   « Demain », un phénomène de société

 

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Plus toxiques encore que les néonicotinoïdes : les nouveaux pesticides SDHI sont inquiétants pour la biodiversité et la santé humaine !

POLLINIS Association Loi 1901 – 10, rue Saint Marc 75002 Paris www.pollinis.org
            Madame, Monsieur,
Le bras de fer est entamé avec les plus grandes firmes agrochimiques, et nous avons besoin du soutien et de l’engagement d’un maximum de citoyens pour remporter la victoire.
De nombreux rapports et études évoquent une nouvelle classe de pesticides utilisés comme fongicides, les SDHI, dans la mortalité massive des abeilles :
– les constats de terrain se multiplient, en Ariège, dans la Sarthe, en Rhône-Alpes, en Wallonie, qui associent mortalités inquiétantes d’abeilles et utilisation de fongicides SDHI dans les alentours (1) ;
– En Italie, des recherches scientifiques récentes montrent que certains fongicides peuvent décupler l’impact mortel des insecticides sur les pollinisateurs lorsqu’ils sont utilisés ensemble sur une culture (2) – ce qui est fréquemment le cas…
Peut-être plus grave encore : des scientifiques français ont suggéré récemment qu’ils pouvaient avoir des effets très inquiétants sur la santé humaine…
       SCANDALEUX !
Les autorités européennes viennent de prolonger d’un an l’autorisation de mise sur le marché d’un pesticide SDHI cancérigène probable et tueur d’abeilles, le Boscalid®, massivement utilisé en agriculture et qui est suspecté de provoquer des dégâts très inquiétants sur la biodiversité et la santé humaine.
POLLINIS bat le rappel et organise la mobilisation partout en Europe : exigez un moratoire immédiat sur ces pesticides ultra toxiques !Depuis plusieurs années, la recherche médicale a découvert qu’un large spectre de maladies humaines peuvent résulter d’un déficit en SDH (pour enzyme succinate déshydrogénase) ), qui permet la respiration cellulaire chez les champignons, mais également chez tous les organismes vivants, abeilles, insectes, oiseaux, mammifères et humains compris. Cela se traduit par :
– des affections sévères du cerveau (encéphalopathies), surtout chez les jeunes enfants ;
– la formation de tumeurs du système nerveux, au niveau de la tête, du cou, du thorax, de l’abdomen ou du bas-ventre ;
– des modifications épigénétiques entraînant un dérèglement de l’expression génétique en mesure de déclencher la mort des cellules ou, au contraire, leur prolifération incontrôlée, et potentiellement transmissibles de génération en génération ;-
certains cancers du rein ou du système digestif ;
– des affections graves telles que la maladie de Parkinson, l’ataxie de Friedreich, le syndrome de Barth, ou la maladie de Huntington, ainsi que certains troubles de la fertilité (3).
Les pesticides SDHI sont justement concus pour empêcher le fonctionnement de cette enzyme SDH si importante : il est URGENT d’évaluer sans attendre les risques, pour la santé humaine et l’environnement, de leur utilisation à grande échelle en agriculture !
C’est une catastrophe sanitaire et environnementale majeure qui se profile, et pourtant :
La Commission européenne, comme si de rien n’était, vient de prolonger d’un an l’autorisation de mise sur le marché du fongicide SHDI le plus répandu, le Boscalid®… alors même que l’EPA, l’autorité sanitaire américaine, a classé ce produit comme « cancérigène probable » (4), et que 16 États membres de l’UE (sur 28) ont refusé d’approuver des substances similaires (5), à cause de leur toxicité !
A l’heure actuelle, ce pesticide est parmi les plus utilisés en France : chaque année, plus de 580 tonnes de Boscalid® sont déversées dans les champs (6), sur les cultures de céréales, de colza, de maïs, de tournesol, de fruits et légumes de consommation courante (abricots, choux, carottes, cerises, fraises, melons, pêches, poireaux, pois, pommes, prunes, salades, tomates, pommes de terre…) et dans les vignobles.
Un an de sursis, c’est potentiellement des millions d’abeilles décimées, et de nombreux malades chez les consommateurs empoisonnés par ces aliments. C’est inacceptable !

POLLINIS bat le rappel, et organise la mobilisation à l’échelle européenne, pour exiger des autorités un moratoire immédiat sur ces substances ultra-toxiques.
Comme pour les néonicotinoïdes tueurs-d’abeilles, l’utilisation de ces substances funestes doit être interrompue le temps pour les scientifiques d’évaluer leur dangerosité réelle.
S’il vous plaît, signez dès maintenant la pétition à la Commission européenne, et aidez-nous à réunir un maximum de signatures en Europe en transférant cet email à tout votre carnet d’adresses.
Grâce aux dons des membres de POLLINIS engagés dans la bataille, notre association a déjà commencé à organiser la riposte : nous finançons une première étude scientifique indispensable sur les effets des SDHI sur la santé et l’environnement, et fédérons les scientifiques du monde entier pour créer une TaskForce spéciale afin de disposer d’études indépendantes sur l’impact effectif de ces substances avant le prochain examen des autorités sanitaires le 31 juillet 2019 ; nous avons préparé le terrain pour lancer une grande offensive de contre-lobbying citoyen auprès des institutions françaises et européennes dès la rentrée ;
Mais nous avons besoin de la mobilisation massive et sans faille du plus grand nombre de citoyens pour :
1/ montrer aux autorités que le scandale est désormais bien connu du grand public, et qu’elles ne peuvent plus se cacher derrière leur petit doigt en prétendant que l’agrochimie leur a fourni des études suffisantes, malgré l’absence flagrante d’études indépendantes ;
2/ appuyer nos demandes auprès des responsables politiques, et accélérer la prise de décision pour obtenir en urgence un moratoire indispensable sur les pesticides SDHI.
La course contre la montre est lancée : chaque minute qui passe, c’est un kilogramme de SDHI supplémentaire qui est déversé dans nos champs…
… avec les conséquences potentiellement désastreuses sur les abeilles, la biodiversité, et la santé humaine, les générations futures !

S’il vous plaît, ne perdez pas une minute : ajoutez dès maintenant votre signature à la pétition #stopSDHI, et transférez ce message le plus largement possible autour de vous !
D’avance, merci pour votre mobilisation.
Bien cordialement, Nicolas Laarman Délégué Général
Lire aussi : 3) Une révolution urgente semble nécessaire dans l’usage des antifongiques, Libération 14/05/2018
Références :
1) Bilan 2016 du réseau de surveillance des troubles des abeilles, DRAAF Auvergne-Rhône-Alpes
Mortalité d’abeilles en 2012 Secteur de St Paterne Racan, site du SAT37
Un apiculteur de Haute-Garonne perd deux millions d’abeilles et soulève un élan de solidarité, Noémie Bonnin pour France Bleu Occitanie – 14/05/2018
L’exposition des abeilles mellifères aux pesticides est-elle correctement estimée dans l’évaluation du risque? Louis HAUTIER 22 juin 2017 Wallonie recherche CRA-W
2) Synergistic mortality between a neonicotinoid insecticide and an ergosterol-biosynthesis-inhibiting fungicide in three bee species, Sgolastra F, Medrzycki P, Bortolotti L, Renzi MT, Tosi S, Bogo G, Teper D, Porrini C, Molowny-Horas R, Bosch J, Pest Manag Sci. 2017 Jun;73(6):1236-1243. doi: 10.1002/ps.4449. Epub 2016 Nov 29
4) BOSCALID – n° CAS : 188425-85-6, INERIS
5) GENERAL INFORMATION for penthiopyrad, Pesticide Properties DataBase University of Hertfordshire
6) 580 869 Kg de Boscalid en 2014, pour 3,24 millions d’ha (source : Agreste)
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Que manger pour éviter les courbatures après le sport

Ouest-France – 17/08/2018 –
Envie de vous remettre au sport ? Gare aux courbatures ! Certains aliments permettent cependant de les prévenir et d’éviter d’avoir les muscles endoloris après une activité physique…. Une nutritionniste nous livre ses astuces et des conseils alimentaires.
« Les courbatures sont des micro-traumatismes qui touchent les fibres musculaires », explique Corinne Chicheportiche-Ayache, nutritionniste à Paris. Cela arrive surtout lorsqu’un muscle n’a pas l’habitude de travailler et qu’il est mis en activité assez brutalement. Conséquence : les muscles sont durs et fatigués. Mais ces micro-traumatismes peuvent être anticipés.
1. L’eau gazeuse, pour récupérer plus vite
(Photo d’illustration : Pixabay / CC0)
Pour commencer, il est recommandé de boire de l’eau, de préférence un demi-litre à un litre dans les 2 h qui suivent l’activité sportive. « Pour récupérer plus efficacement, il est même conseillé de boire des eaux gazeuses, riches en bicarbonate (Badoit, Vichy) », affirme Corinne Chicheportiche-Ayache. Le bicarbonate réduit l’acidité dans le corps. Après le sport, il permet de récupérer rapidement en régulant le pH dans le sang.
2. La noix du Brésil, pour relaxer les muscles
(Photo d’illustration : Wikimédia / CC BY-SA 3.0)
La noix du Brésil est la championne du monde car elle contient de nombreux nutriments indispensables pour les muscles après le sport. Elle fournit entre autres « du magnésium et du zinc », indispensables pour renforcer ses défenses immunitaires et donner de l’énergie aux muscles. Le magnésium contribue également à la transmission nerveuse et à la relaxation musculaire après le sport
3. Les fruits de mer, pour réchauffer les muscles
(Photo d’illustration : Fotolia)
L’iode est un nutriment qui est essentiel au bon fonctionnement du corps humain. C’est l’un des composantes principales des hormones thyroïdiennes, qui contribuent à la production d’énergie et de chaleur sur les muscles. Pour faire le plein d’iode, optez pour les crustacés comme les crevettes et le crabe. Vous pouvez aussi manger des coquillages ou des huîtres.
4. Viande blanche et poisson pour fortifier les muscles
(Photo d’illustration : Fotolia)
Les protéines sont contenues dans les aliments comme le poisson, la viande blanche ou le blanc d’œuf », explique la nutritionniste Corinne Chicheportiche-Ayache. Ces derniers vont fortifier les muscles en les préservant des risques de courbatures. Les protéines contenues dans le poisson et la viande dite « maigre » comme la dinde ou le poulet favorisent aussi la reconstruction des cellules musculaires.
5. L’abricot sec, pour recharger les batteries
(Photo d’illustration : Fotolia)
Il est souvent considéré comme un « super aliment ». En effet, l’abricot sec est riche en nutriments utiles : la vitamine B et C, des sucres lents et des minéraux (magnésium, phosphore, potassium). Il est vraiment l’allié du sportif pour recharger son corps en énergie.

 

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Archéologie – Royaume-Uni : La canicule dévoile des vestiges préhistoriques cachés

Le Monde 16/08/2018 En images

La sécheresse observée au Royaume-Uni cet été a fait apparaître d’étranges marques dans les champs. Des marques qui révèlent en réalité l’emplacement de bâtiments remontant parfois à la préhistoire : ferme romaine, sites funéraires ou encore habitations de l’âge de fer.
Pour les découvrir, des archéologues ont survolé la campagne britannique, qu’ils ont photographiée : l’aridité inhabituelle des sols a fait apparaître des motifs géométriques distinctifs, dénommés indices phytologiques, témoins d’une lointaine activité humaine.
« Cette vague de chaleur a fourni les conditions parfaites pour que nos archéologues puissent voir à travers les sols », s’est réjoui Duncan Wilson, directeur général d’Historic England, un organisme public chargé de la préservation du patrimoine, qui mène ce travail de recherche. « Ces découvertes sont passionnantes », a-t-il ajouté.
Ces marques apparaissent car les vestiges modifient la fertilité des sols : là où des murs ont été construits puis enfouis avec le temps, les pierres brident la croissance des plantes en surface, qui résistent moins bien en période de sécheresse. A l’inverse, les fossés qui avaient été creusés avant d’être remblayés au fil des siècles offrent un sol plus fertile, permettant aux cultures de résister plus longtemps.

 
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C’était mieux avant – Chez Air France, un nouveau type de syndicat : le rétrograde

L’édito de l’Opinion 17/08/2018 Nicolas Beytout
On connaissait jusqu’à présent deux catégories de syndicats, les réformistes et les protestataires. Avec, dans chacune de ces familles, des caractères plus ou moins entiers, réformistes accommodants ou protestataires jusqu’au-boutistes. Grâce aux syndicats d’Air France, nous pouvons désormais créer une nouvelle typologie : les rétros, comme rétrogrades. Rétros parce qu’ils croient encore vivre au temps de l’Aéropostale, lorsque les pionniers de l’aviation partaient, cocardiers, ouvrir des routes et planter le pavillon français sur des destinations nouvelles. Rétros parce qu’ils s’opposent à l’arrivée d’un Canadien à la tête de la compagnie, pensant toujours que pour être française, une entreprise doit avoir un patron français (et pourquoi pas une majorité de salariés français !). Rétros parce que, résolument tournés vers ce passé aéronautique dont ils admirent les splendeurs, ils refusent d’admettre que l’avenir qu’ils se mitonnent est nettement moins glorieux.
Certes, les syndicats catégoriels brillent rarement par leur sens de l’intérêt général : c’est même leur fonction première de se focaliser sur leurs seuls intérêts particuliers. Mais dans une entreprise comme Air France, leur défense obsessionnelle d’un statut a fini par dépasser le cadre de leur secteur pour impacter tout un pays.
Quel paradoxe de voir que ceux qui font dans leur vie plus de kilomètres qu’aucun autre sont les plus crispés sur un modèle étriqué ; mais peut-être leur vision des autres pays se limite-t-elle aux sempiternels trajets aéroport-hôtel ? Quelle étrangeté de voir ces professionnels baignés dans un univers par définition mondialisé se crisper sur une vision nationaliste du métier ; mais peut-être cela cache-t-il la crainte d’être bientôt vraiment dirigés, la peur de la fin de la récré ?
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Etats-Unis – Le défilé militaire voulu par Trump repoussé

Le budget estimé pour organiser un tel événement dépassait les 90 millions de dollars, soit plus de trois fois le montant initialement envisagé.

 REUTERS/Kevin Lamarque

LE MONDE | 17.08.2018
Le défilé militaire souhaité par le président américain Donald Trump, qui devait avoir lieu le 10 novembre 2018, a finalement été repoussé, possiblement en 2019, a fait savoir, jeudi 16 août, le Pentagone.
« Le ministère de la défense et la Maison Blanche souhaitaient organiser un défilé en l’honneur des anciens soldats américains et pour commémorer le centenaire de la première guerre mondiale », a déclaré, dans un communiqué, le colonel Rob Manning.
Un peu plus tôt jeudi, un responsable américain a confié à l’AFP que le budget estimé pour organiser un tel événement dépassait les 90 millions de dollars, soit plus de trois fois le montant initialement envisagé. La Maison Blanche évoquait alors des sommes allant de dix à trente millions de dollars.
Inspiré par la France
Le responsable américain a évoqué un montant pouvant aller jusqu’à 92 millions de dollars, même si aucun chiffre final n’a été arrêté.
Le défilé avait été envisagé durant le week-end du Veterans Day, cérémonie militaire en l’honneur des anciens combattants. Un grand spectacle dans les airs, non sans rappeler le défilé militaire du 14-Juillet en France, aurait été notamment programmé.
Le président américain s’était déclaré particulièrement impressionné par le défilé français du 14-Juillet, « formidable » selon ses mots. Il y avait assisté lorsqu’il avait été reçu en grande pompe par le président Emmanuel Macron à Paris l’année dernière.
La Maison Blanche avait annoncé, début février, que Donald Trump souhaitait un défilé pour mettre en avant la puissance militaire américaine.
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Google vous suit partout, même sans votre accord

Ouest-France – 16/08/2018 – Thomas Moysan –
Désactivez la géolocalisation ne suffit pas à semer Google.
Désactivez la géolocalisation ne suffit pas à semer Google. | OUEST-FRANCE
L’agence américaine Associated Press a révélé que le moteur de recherche enregistrait votre position à des fins commerciales, le service de géolocalisation du téléphone activé ou non.
En langage Google, c’est une « amélioration de l’expérience utilisateur ». En français, les décisions de la multinationale relèvent plutôt de l’intrusion dans la vie privée. L’agence de presse américaine Associated Press (AP) a mis en lumière une pratique plus que discutable du moteur de recherche : la géolocalisation de ses utilisateurs, consentie… ou non.
Dans une enquête publiée lundi, Associated Press montre comment de nombreuses applications Google enregistrent la position de leurs utilisateurs, même lorsque l’option de géolocalisation est désactivée. Les applications concernées sont présentes aussi bien sur les téléphones équipés par le géant du numérique que par son concurrent, Apple.Google Maps, par exemple, l’application mobilité de Google. Lorsque vous l’utilisez, une fenêtre vous demande expressément si vous souhaitez autoriser le groupe à accéder à vos coordonnées. Sans quoi, l’outil ne peut pas fonctionner. Une fois l’option activée, toutes vos localisations sont enregistrées dans un « historique des positions », accessible à tout moment. Seulement, lorsque l’option est désactivée et que vous refusez d’être géolocalisé, Google continue de mémoriser vos déplacements.

Children play around a sign of Alphabet Inc’s Google outside its office in Beijing, China August 7, 2018. Picture taken August 7, 2018. REUTERS/

Google garde l’« historique des positions »
Pour confirmer ses allégations, Associated Press a travaillé avec plusieurs chercheurs de l’Université de Princeton (New Jersey, États-Unis). Et le résultat est là. L’un des informaticiens sollicités par AP, Gunes Acar, s’est prêté au jeu. Il a désactivé l’option de géolocalisation pendant plusieurs jours. Ce qui n’a pas empêché Google de garder en mémoire plusieurs de ses trajets à New York et aux alentours.
Comment cela est-il possible ? Grâce à un second paramètre, activé par défaut sur chaque compte Google : « Activité sur le Web et sur les applications ». Cette option stocke de nombreuses informations relatives aux applications Google et aux sites consultés via le moteur de recherche, parmi lesquelles votre position lorsque vous y avez recours.

Pour éviter d’être suivi par la multinationale américaine, il faut se rendre sur la page Web de votre compte Google, rejoindre la section « Information personnelles », puis « Gérer votre activité », et désactiver « Activités sur le Web et les applications ». Sans oublier, bien sûr, de désactiver l’option géolocalisation
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