Qui est le parti le plus poursuivi de France ?

Le Canard Enchaîné – 22/02/2017 – C. N. –
Ah, ils s’accrochent, ils s’agrippent les électeurs frontistes ! On dirait  des Fillon ! Ils sont comme des berniques collés à  leur cheftaine et leur parti, qui dénonçait hier la « Ripoublique » mais qui, aujourd’hui, est devenu le plus « ripoublicain » de tous. Ça ne se voit donc pas ? Ça ne s’entend pas ? Bon, reprenons donc, depuis le début.
Le FN, c’est d’abord le parti le plus poursuivi de France Il ne s’agit pas simplement, comme pour Fillon, d’une enquête ou d’une future mise en examen. Le FN va bientôt passer en procès, pour complicité d’escroquerie, recel d’abus de biens sociaux, abus de confiance et tout le tintouin.
Le FN, c’est ensuite un trésorier, Wallerand de Saint Just, et un vice-président, Jean-François Jalkh, qui sont également attendus dans le box. Ils sont accusés d’avoir engraissé le parti lors des élections de 2012 au détriment de L’État.
93092288Vous en voulez encore ? Jeanne, le microparti de Marine, a, lui aussi, rendez-vous au tribunal pour la même arnaque. Idem pour ses deux anciens trésoriers, Olivier Duguet et Axel Loustau. Au total, set proches de la patronne sont traînés en justice. Vous en voulez encore ? Le Front, ce parti « anti-système », est le profiteur le plus doué du système des assistants parlementaires. Pas moins d’une vingtaine sont soupçonnés d’avoir trimé au Parlement aeuropéen autant que Pénélope à l’Assemblée nationale. Marine, son papa Jean-Marie et le fidèle Bruno Gollnisch ont déjà été condamnés à Bruxelles, à allonger plus d’un million d’euros pour ce forfait. A Paris, une information judiciaire est ouverte pour notamment « escroquerie en bande organisée ». Excusez du peu : dans le lot, le propre garde du corps de la Marine, Thierry Léger, a occupé un drôle d’emploi à 41 554 euros (pour trois mois !) auprès de sa patronne.
Vous en voulez encore ? Côté famille,Marine a recruté, en 2012, 2013, comme attaché parlementaire son compagnon, Louis Alliot. Salaire : 5 000 euros brut par mois pour un… mi-temps. Alliot était installé dans le Sud, alors que Marine était élue dans le Nord ! La sœur, Yann Maréchal, a été placée, elle, auprès de Gollnisch : 7 000 euros brut par mois pendant cinq ans(2009 – 2014). Comme dit la frangine, elle est « la candidate du peuple contre la droite du fric et la gauche du chic » !
le-pen-suisse-699x493Mais peut-être que vous en voulez encore ? Papa est poursuivi pour avoir planqué 2,2 millions d’euros et de lingots d’or en Suisse *. Et fifille reste tout contre le fric. Le parquet national financier, celui qui traque Fillon, enquête sur son parc immobilier : de grosses parts dans le manoir à Montretout, dans la chic baraque de Rueil-Malmaison et dans les deux villas de La Trinité-sur-Mer et de Millas (Pyrénées-Orientales). Marine est soupçonnée d’avoir sous-évalué ses biens de plus de 500 000 euros. Pourquoi ? pour payer moins d’impôts sur la fortune, pardi. Et donc s’enrichir.
Ça devrait quand même finir par se voir.
Le Front national ? « Tête haute et mains propres. » Les autres partis ? « Les copains et les coquins. » C’est ce que Jean-Marie Le Pen a martelé, pendant des décennies. Mais voilà son parti désormais cerné par les juges, et donc contraint de prouver le bien-fondé de ses deux slogans historiques.

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Un des slogans phares du FN…. décliné en affiches, tracts mais aussi, par exemple, savonnettes.
Interrogée par la presse si, en cas de victoire à l’élection présidentielle française de 2017, elle formerait un trio de leaders mondiaux avec le président américain fraîchement élu Donald Trump et le chef d’Etat russe Vladimir Poutine, Marine Le Pen a sobrement répondu, selon l’agence Reuters : «Cela serait une bonne chose pour la paix mondiale».
* Panama Papers : le Front national « tête haute, mains propres », vraiment ? (La Voix du Nord-  5/4/2016)
Les tartufferies du Front national (Le Monde – 30/4/2015)
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Transport maritime : la mer c’est dégueulasse, les bateaux pissent dedans

Siné Mensuel – février 2017 – Maxime Carsel –
Oui, l’automobile pollue et il faut lutter contre le tout voiture. Mais pourquoi les politiques ne s’attaquent-ils pas aussi au plus gros pollueur, le transport maritime ?
La vague de pollution en provenance des mines de charbon allemandes qui nous a plombé notre mois de décembre est encore dans tous les esprits et dans les poumons. Si vous croyez y avoir échappé en vous réfugient près de la mer, c’est raté. Le trafic maritime, loin des regards et grand oublié des débats environnementaux, génère une pollution astronomique. Car 90 % des choses produites par les humains transitent via 60 000 navires à travers les mers du globe. pourtant, ce moyen de transport se tient hors de conventions internationales sur l’environnement. 
Commençons par les chiffres. Ils donnent le tournis. Le poids transporté dans les mers et les océans chaque année était de 2,5 milliards de tonnes en 1970. En 2010, il a grimpé à 8,4 milliards de tonnes, soit près de 15 millions d’Airbus A380. Même s’il y a un lien avec l’explosion démographique, cette augmentation dépasse largement les estimations. L’un des plus grands navires, le MSC Diana, sous pavillon libérien, mesure  400 mètres de long, l’équivalent de 4 terrains de foot. A lui seul il est capable de porter 800 millions de bananes, le tout déchargé en 24 heures.
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Toutes ces machines flottantes ne fonctionneraient pas sans le fioul lourd. La fameux, l’impitoyable que l’on voit se répandre dans la mer ou sur le sable lors de marées noires. Depuis soixante ans, ce fioul a contribué à l’essor des cargos géants et à la croissance exponentielle du commerce international. Les plus gros en brûlent entre 130 et 300 tonnes par jour. Résidu issu d’une double distillation à forte température, il contient un taux de soufre 3 000 supérieur à l’essence des automobiles. Ce SO2 affecte les système respiratoire, le fonctionnement des poumons et provoque des irritations oculaires. Les bateaux de croisière utilisent le même fioul. A quai, ils laissent les moteurs allumés pour maintenir les services d’usage pour les touristes, si bien qu’ils polluent en une nuit l’équivalent d’un million de voitures. Selon l’ONG Transport and Environment, 60 000 morts en Europe sont imputables à cette pollution maritime pour un coût de 58 milliards d’euros. Des mesures simples permettraient de la réduire de 80 à 90 %, comme se brancher à quai, mais cela demande des investissements trop lourds à supporter par les ports. Autre solution : installer des filtres à particules comme sur les pots d’échappement. Vous avez bien lu, les bateaux ne possèdent aucun système de filtration ! 
L’organisation international maritime a mis en place le programme Marpol pour contrôler dans certaines zones la teneur en soufre des bateaux. Ainsi dans la mer du Nord, les contrôlent existent, mais il faudra attendre 2025 pour la Méditerranée.
La COP21 part en fumée
Mais ce n’est pas tout : ce fioul n’est pas taxé, grâce aux pavillons de complaisance des bateaux, domiciliés la plupart du temps dans les paradis fiscaux. Et comme si on n’en avait pas assez, le commerce maritime passe à travers les conventions internationales comme la COP21. « Les quatre lignes qui concernaient le transport maritime ont sauté peu avant l’accord final L’Organisation maritime internationale n’accepte pas que d’autres décident pour elle et à promis de gérer elle-même ces problèmes de pollution« , nous confie Antidia Citore, responsable lobbying et campagne à l’ONG européenne de protection des océans, Surfrider.
Et ce n’est pas près de s’arrêter. En vingt ans, l’Ifremer estime que le trafic maritime est monté en flèche de 300 % dans l’océan Indien. Dans l’Atlantique Nord, le Pacifique et la Méditerranée, c’est entre 100 et 200 % d’augmentation.

Outre les collisions fréquentes, le bruit des hélices est aussi une source de problèmes récurrents pour la faune aquatique. Cette pollution sonore qui se situe dans les basses fréquences est la même que celle des baleines. Les chercheurs ont réussi à déceler chez elles un stress chronique. Or, avec l’explosion de l’activité humaine, le bruit de fond global ne cesse d’augmenter d’année en année. Pour la petite histoire, ce stress chez les mammifères marins a pu être décelé le 11 septembre 20o1 lors que les bateaux du monde entier se sont quasiment tous arrêtés. Les scientifiques ont noté une baisse de 6 décibels du bruit de fond global et un comportement différent des baleines.
En attendant, la fonte des glaces de l’Arctique ouvre de nouvelles routes.Les tour-opérateurs de croisières et le trafic maritime se frottent les mains. En août dernier, la première croisière du genre a démarré à Anchorage pour rejoindre New York. Des touristes admirant la destruction d’un écosystème sur un monstre flottant qui a concouru à cette même destruction. C’est le serpent qui se mord la queue, mais avec un plaisir cynique.
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Les EPR chinois prennent eux aussi du retard

Reporterre – 25/02/2017 –

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Les deux réacteurs nucléaires EPR en cours de construction à Taishan (sud de la Chine) vont démarrer plus tard que prévu, a annoncé le groupe nucléaire chinois CGN, qui gère ce projet en partenariat avec EDF.
Le premier réacteur devrait désormais démarrer « au second semestre 2017 » au lieu du premier semestre, tandis que la mise en service du second interviendra durant « la première moitié de 2018 » au lieu du second semestre 2017, a indiqué CGN dans un communiqué publié lundi 20 février.
Avec les déboires des autres chantiers d’EPR en Finlande et à Flamanville (Manche), ces EPR, d’une capacité de 1.750 mégawatts chacun, doivent être les premiers à entrer en service dans le monde. Cette décision intervient après « une évaluation complète du plan de construction technique et des risques », explique le groupe chinois.
Les deux réacteurs nucléaires EPR en cours de construction à Taishan (sud de la Chine) vont démarrer plus tard que prévu, a annoncé le groupe nucléaire chinois CGN, qui gère ce projet en partenariat avec EDF.
epr_danger-2-a97f8Le premier réacteur devrait désormais démarrer « au second semestre 2017 » au lieu du premier semestre, tandis que la mise en service du second interviendra durant « la première moitié de 2018 » au lieu du second semestre 2017, a indiqué CGN dans un communiqué publié lundi 20 février. Avec les déboires des autres chantiers d’EPR en Finlande et à Flamanville (Manche), ces EPR, d’une capacité de 1.750 mégawatts chacun, doivent être les premiers à entrer en service dans le monde. Cette décision intervient après « une évaluation complète du plan de construction technique et des risques », explique le groupe chinois.
Lire : EDF asphyxié par le nucléaireGreenpeace France – 21/11/2016
2016-02-03_epr-pas-dans-la-poche_540Et du côté de Flamanville…
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Présidentielle : le verrou antidémocratique des grands partis »

Désireux de faire entendre leur voix dans le débat de la présidentielle, six aspirants à l’Elysée dénoncent « le verrou antidémocratique des grands partis »
Des « petits » candidats en quête d’attention
LE MONDE | 23.02.2017  | Par Jérémie Lamothe et Adrien Pécout
Ils veulent la parole. Lassés de rester dans l’ombre, six « petits » candidats à la présidentielle ont donné rendez-vous aux médias, dans la matinée du jeudi 23 février, à Paris. Tous dénoncent « le verrou antidémocratique des grands partis » qui menace, selon eux, de les bloquer. Malgré leurs ressources limitées, ils ne désespèrent pas de parvenir au but : déposer 500 parrainages d’élus entre le 25 février et le 17 mars pour pouvoir se présenter à l’élection.

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La campagne présidentielle ? Une gageure pour Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste, NPA), Pierre Larrouturou (Nouvelle Donne), Alexandre Jardin (Bleu Blanc Zèbre), Charlotte Marchandise-Franquet, issue d’un vote en ligne sur Laprimaire.org, Oscar Temaru, indépendantiste tahitien, ou encore Christian Troadec, régionaliste breton.
Pour certains, la course contre la montre a commencé il y a presque un an. M. Troadec s’est lancé en avril 2016, sous la bannière du mouvement Régions et peuples solidaires. Depuis, il se retrouve « en voiture » à parcourir le pays, avec l’aide d’une quinzaine de bénévoles : « J’essaie de rester plusieurs jours sur un même territoire pour organiser le maximum de réunions publiques et rencontrer des élus, explique-t-il au Monde. On se lève tôt le matin et on se couche tard le soir, il y a une vraie fatigue physique qui s’installe. »
Lire aussi :   Christian Troadec, candidat régionaliste à l’assaut de l’Elysée
« Certains maires ont peur de nous parrainer »
Le chef de file des « Bonnets rouges » a également envoyé un courrier aux quelque 42 000 élus habilités à le soutenir : maires, surtout, mais aussi parlementaires, députés européens, conseillers généraux et régionaux. « Certains maires ont peur de nous parrainer », regrette le candidat Troadec, lui-même édile de Carhaix-Plouguer (Finistère). A ce jour, l’élu revendique 251 promesses de parrainage, à peine plus de la moitié du total requis.
Cette année, une difficulté s’ajoute. Pour la première fois dans une présidentielle, le Conseil constitutionnel publiera les parrainages en intégralité et en continu. Auparavant, il divulguait seulement le nom de 500 élus tirés au sort après la liste définitive des candidats.
« Un scandale démocratique », déplore Rama Yade (La France qui ose), également candidate à la magistrature suprême. Selon l’ancienne secrétaire d’Etat sarkozyste, qui refuse d’être considérée comme « une candidate de Ligue 2 », cette nouvelle loi a été adoptée en 2016 « exprès pour éviter les candidatures alternatives » et dissuader d’éventuels soutiens.

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Autre changement, au lieu de les faire transiter par les candidats, le nouveau règlement demande aux élus de faire parvenir eux-mêmes leur formulaire de parrainage au Conseil constitutionnel. La procédure pourrait entraîner une déperdition plus importante qu’à l’accoutumée, selon Jean Lassalle (ex-MoDem), lui aussi candidat : « Des maires vont se tromper inévitablement », redoute le député des Pyrénées-Atlantiques. L’ancien proche de François Bayrou affirme glisser « progressivement vers les 500 » promesses de parrainage, mais souhaite en obtenir encore 250 pour disposer d’une marge suffisante.
« Plus grande fermeture des médias »
Jean Lassalle, Rama Yade ou encore l’écologiste Antoine Waechter, tous interrogés par Le Monde, ont un point commun avec les six candidats qui ont invité les médias jeudi. Ils regrettent leur manque de visibilité médiatique. « Vous, les journalistes, vous avez choisi vos candidats », estime Mme Yade, qui a pourtant annoncé sa candidature sur TF1 au journal télévisé de 20 heures, en avril 2016 : « Je ne suis pas dans les sondages. Est-ce qu’il y a des candidats qui sont légitimes et d’autres qui ne le sont pas, alors qu’ils ont traversé 80 000 kilomètres dans le pays, travaillé depuis deux ans, écrit un programme ?… »
Antoine Waechter, lui, a déjà atteint une fois le seuil des 500 candidatures. En 1988, il se présentait à la présidentielle sous l’étiquette des Verts. Vingt-neuf ans après, désormais représentant du Mouvement écologiste indépendant, il ressent une « plus grande fermeture des médias ». « Il y a eu, constate M. Waechter, une grande focalisation sur les primaires, ces “radiocrochets” qui ont conduit à une saturation dans l’opinion. Il y a désormais peu de places pour les autres candidats. » En lice pour le parti Nouvelle Donne, Pierre Larrouturou confirme de son côté : « On a zéro seconde sur TF1, France 2, Canal+, RTL… Je me demande si l’élection est vraiment sincère. »
Une chose est sûre : faire campagne a un coût. « Les factures de campagne sont prises en charge par le mouvement, explique Antoine Waechter. En contrepartie, les militants et moi-même faisons des dons qui permettent d’être pris en compte dans le cadre des déductions fiscales. »
Pour l’heure, l’écologiste assure avoir seulement dépensé environ 3 000 euros en réunions publiques : « Je me déplace en train avec ma femme, et des militants m’attendent sur le quai de la gare. » De son côté, Rama Yade table déjà sur une somme plus substantielle, un budget prévisionnel de « 500 000 euros pour toute la campagne ». Le tout, sans emprunt bancaire : « Il m’a fallu quatre ans pour rembourser les 30 000 euros que j’avais empruntés au moment des législatives de 2012 [elle avait été éliminée au premier tour dans les Hauts-de-Seine]… »
Désireux de faire entendre leurs voix dans le débat, certains « petits » candidats voient même plus loin que la présidentielle. Christian Troadec, qui a déjà investi près de « 20 000 euros » en vue du scrutin d’avril et mai, espère aussi que le mouvement Régions et peuples solidaires présentera une centaine de prétendants aux législatives du mois de juin. « On entame un travail sur plusieurs années, il y aura ensuite les municipalités, les intercommunalités. Avoir des élus permettra ensuite de faciliter notre recherche de parrainages. » Manière de se projeter jusqu’à la présidentielle… de 2022.
Jérémie Lamothe Journaliste au Monde
Adrien Pécout Journaliste au Monde
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haiku de Kozett – La Loire

 

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rapport Amnesty International – Prison Saidanaya : le président Bachar el-Assad conteste notre enquête / Pétition

amnesty-logoAmnesty International 13/02/2017
Le président syrien réfute les conclusions de notre rapport. Il doit en conséquence autoriser des observateurs internationaux à se rendre à la prison de Saidnaya sans délai.
bascharcaricature_bashar_el_assad_1597975Dans une interview accordée à Yahoo News le 10 février dernier, le président syrien Bachar el-Assad a réfuté les conclusions de notre rapport.
Dans l’interview, il admet qu’il ne s’est pas rendu à la prison militaire de Saidnaya et ne fournit pas la moindre information sur ce qui s’y passe réellement. Il reconnaît que des exécutions se déroulent en Syrie, sans livrer aucun détail sur le nombre d’exécutions qui ont eu lieu à Saidnaya ou ailleurs dans le pays.
Lire aussi : Syrie : l’horrible prison de Saidnaya
S’il n’a rien à cacher, le président Bachar el-Assad doit sans délai autoriser des observateurs internationaux à se rendre à Saidnaya et dans tous les autres lieux de détention en Syrie. Il doit aussi révéler la vérité sur le nombre d’exécutions.
La Russie, qui a également réfuté publiquement les conclusions de ce rapport, doit user de son influence auprès des autorités syriennes en ce sens.
Agissez avec nous pour faire pression sur la Russie et les Etats-Unis, deux puissances qui doivent agir aujourd’hui pour que cessent ces pratiques de détention meurtrières.

Signer la pétition

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neuf-quinze – Ve République, terreau fertile de la « magie du verbe »

neuf-quinze@arretsurimages.eu 23/02/2017
De De Gaulle à Bayrou, mythologie française de la « magie du verbe »
09h15 – A la décharge de Ruth Elkrief, il apparait qu’elle n’était pas la seule, à serrer précieusement contre son coeur un tuyau crevé sur les intentions de François Bayrou (1), qui a annoncé hier « offrir une proposition d’alliance » à Macron, alors que toute la mediasphère attendait qu’il proclame sa propre candidature. Il fallait voir les grands sourires de la petite classe de BFMTV, pour réaliser qu’ils avaient conscience d’assister à un de ces moments de grâce comme seule la politique française en a le secret , et que l’on pourrait résumer (pardon pour les littéraires) par l’équation suivante : belle formule dont la simplicité masque l’ambiguïté + surprise totale = embrouille réussie.
Il y a une mythologie française, de cette « magie du verbe » qui renverse la table, ou fait semblant de la renverser, ce qui revient au même. Pour ne prendre que la Ve République, terreau fertile de la « magie du verbe », l’initiateur de la formule fut Charles de Gaulle. « Je vous ai compris ! » lance-t-il en 1958, à peine revenu au pouvoir, aux pieds noirs d’Alger, les plongeant ainsi dans un engourdissement hypnotique pour les quatre années qui suivent, ce qui lui permettra de procéder graduellement vers l’indépendance algérienne. « L’Algérie de papa est morte » constate-t-il l’année suivante, sans que se réveillent les hypnotisés. Deux ans encore plus tard, son « quarteron de généraux en retraite » fait sombrer les putschistes militaires dans un ridicule dont ils ne se relèveront pas.
Après onze ans de récital, le magicien, fatigué, exige des Français en 1969 une réponse par Oui ou par Non à un incompréhensible référendum sur le Sénat et la participation. En deux simples mots, « oui mais », Giscard s’était posé durablement, deux ans auparavant, comme l’alternative de droite, insolente mais respectueuse. Giscard à son tour battu en 1981, son successeur Mitterrand s’embourbe dans une inextricable réforme Savary de l’école privée. Des centaines de milliers de parents et grands oncles d’Eugénie Bastié battent le pavé de Versailles. C’est en sortant de son chapeau un tout aussi incompréhensible « référendum sur le référendum » que Mitterrand enterre à la fois la réforme, et les manifs contre la réforme.
Parfois, évidemment, ça rate. Ne citons que pour le plaisir le « J’ai décidé de dissoudre l’Assemblée Nationale » de Chirac en 1997, qui le condamne, élections perdues, à cinq ans de cohabitation avec Jospin -cohabitation dont il sortira pourtant vainqueur. Du « pschit » au « abracadabrantesque » par lesquels il tente sans succès de dégonfler les affaires qui le concernent, Chirac apparait d’ailleurs comme un magicien particulièrement amateur. De Sarkozy et Hollande, pas grand-chose à retenir, sinon un pathétique « avec Carla c’est du sérieux », et un « moi président », déjà oubliés. Et Bayrou, donc ? Ne comptez pas sur moi pour m’elkriefiser. Le spectacle continue.

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(1) http://www.arretsurimages.net/chroniques/2017-02-23/De-De-Gaulle-a-Bayrou-mythologie-francaise-de-la-magie-du-verbe-id9583
Daniel Schneidermann
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En Azerbaïdjan, Ilham Aliev renforce l’emprise de son clan

Le Monde 23/02/2017
Le népotisme n’a pas de frontières.
Le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, en sait quelque chose, lui qui vient de nommer sa femme, Mehriban Alieva, au poste de première vice-présidente de la République, ce qui la place de facto en tête pour lui succéder en cas de décès ou d’incapacité. Radio Free Europe

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Le président de l’Azerbaïdjan, Ilham Aliev, pose en compagnie de sa femme, Mehriban Alieva, après qu’elle a été décorée de l’Ordre national de la légion d’honneur par Nicolas Sarkozy, à Bakou, le 7 octobre 2011. PHILIPPE WOJAZER / AFP
Avant même de devenir officiellement numéro deux du régime, avec le blanc-seing de son époux, la « première dame », âgée de 52 ans, jouait déjà un rôle sociopolitique dans le petit Etat du Caucase du Sud riche en hydrocarbures.
De fait, elle est députée du Parti du nouvel Azerbaïdjan (YAP), la formation au pouvoir, mais aussi dirigeante de la Fondation Heydar Aliev – du nom de feu son beau-père, ancien apparatchik du KGB qui a régné d’une main de fer sur le pays de 1993 à 2003 – et ambassadrice de bonne volonté auprès de l’Unesco. IB Times
Dans une mise en scène soigneusement calculée, retransmise par la chaîne d’Etat AzTV, Mehriban Alieva a exprimé sa gratitude envers son mari, ajoutant qu’elle était consciente de la responsabilité qui, désormais, lui échoyait, et qu’elle s’efforcerait d’être à la hauteur de la confiance placée en elle. AzerNews
En procédant à cette nomination, Ilham Aliev fait coup double : il assure l’avenir de son clan et renforce un peu plus la mainmise de celui-ci sur l’Azerbaïdjan, Etat postsoviétique à majorité musulmane (70 % de chiites), observe The Financial Times.
Comme beaucoup d’autres autocrates d’Asie centrale, M. Aliev se pose avant tout en garant de la stabilité et de la sécurité nationales. Sur le plan diplomatique, il a tissé des liens étroits avec ses partenaires occidentaux pour faire barrage à l’influence russe dans la Caspienne, précise le quotidien britannique.
Pour l’analyste indépendante Kate Mallinson, « malgré tous ses accommodements avec l’Occident, l’Azerbaïdjan demeure l’une des dynasties les plus solides au monde et la famille dirigeante n’est guère encline au changement ». Les défenseurs des droits de l’homme ne cessent d’ailleurs de dénoncer l’inertie du régime et plus encore la répression féroce des opposants politiques
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Syrie : nouveaux pourparlers à Genève sous influence russe

Les négociations de paix reprennent jeudi sous l’égide de l’ONU. Moscou est à la manœuvre en coulisses.
LE MONDE | 23.02.2017
Pour la première fois depuis neuf mois, l’opposition et le régime syrien se retrouveront à nouveau à Genève (Suisse) sous l’égide des Nations unies (ONU) à partir de jeudi 23 février pour reprendre des négociations censées mettre fin à un conflit qui a fait déjà plus de 300 000 morts.
Fin janvier, des discussions menées à Astana, la capitale du Kazakhstan, sous l’égide de la Russie, de la Turquie et de l’Iran avaient permis de consolider le fragile cessez-le-feu négocié par Moscou et entré en vigueur le 30 décembre 2016.
Le relais passe maintenant de nouveau à l’ONU. Nul se fait pourtant trop d’illusions, à commencer par le médiateur des Nations unies Staffan De Mistura. « Je ne peux pas vous dire si cela marchera mais nous devons profiter de la tendance, car aucun cessez-le-feu ne peut durer sans solution politique », rappelait le diplomate italo-suédois, le 18 février à Munich (Allemagne), s’inquiétant notamment de « l’absence d’une stratégie américaine claire ».
La veille, le nouveau secrétaire d’Etat américain, Rex Tillerson, avait certes participé à une réunion sur la Syrie en marge d’un sommet du G20, affirmant l’engagement de la nouvelle administration américaine dans ce processus mais sans pour autant rassurer vraiment ses interlocuteurs.
Au printemps 2016, les délégations négociaient dans deux pièces séparées avant que l’opposition ne quitte les discussions en protestation contre l’intensification des bombardements à Alep et le blocage des aides humanitaire. A Astana, elles étaient face-à-face et elles devraient l’être de nouveau à Genève. Beaucoup de choses ont changé en quelques mois.

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« Les Russes craignent l’enlisement »
La reconquête, par le régime et ses alliés, des quartiers orientaux d’Alep a marqué un revers majeur pour l’opposition. Le régime paraît plus fort que jamais et elle n’a plus beaucoup de marges de manœuvre.
Le basculement de la Turquie, longtemps son principal soutien, désormais engagé aux côtés de Moscou pour trouver une issue politique au conflit, nourrit désormais ses espoirs. L’opposition mise sur le pragmatisme d’une Russie devenue le grand maître du jeu sur le terrain.
« Les Russes cherchent une sortie de crise, car ils craignent l’enlisement. Ils ne sont pas à l’aise avec des alliés comme l’Iran, l’autre grand soutien du régime, qui n’est pas intéressé à une fin du conflit », relève Basma Kodmani, l’une des figures de l’opposition. Elle souligne que « les Russes sont désormais à la manœuvre comme l’étaient auparavant les Américains ». « Ils s’ingèrent dans tout, y compris dans la composition de la délégation de l’opposition », soupire un diplomate occidental, qui relève que Moscou veut l’élargir à des groupes qui lui sont proches.
A Genève aujourd’hui comme à Astana en janvier, l’idée-force du Kremlin est d’agir de concert avec les autres pays eux aussi directement engagés sur le terrain, y compris dans le camp opposé, comme la Turquie, et surtout d’impliquer dans le processus de la façon la plus large possible les groupes combattants. La délégation de l’opposition syrienne, constituée début février à l’issue de consultations à Riyad, est composée de vingt membres, dix émissaires des groupes armés et dix représentants de formations politiques. En revanche, contrairement aux pourparlers de 2014 et 2016, ses deux dirigeants ont un profil de politiques et non de militaires.
Le chef de la délégation est Nasser Hariri, un cardiologue de 40 ans, membre de la Coalition nationale syrienne (CNS), le principal groupe d’opposition anti-Assad, et originaire de Deraa, le berceau de la révolution, dans le sud de la Syrie. « On le dit proche de la Turquie, mais il a surtout été choisi car il n’a pas de réseau particulier, confie un familier des arcanes de l’opposition. Tout le monde pense pouvoir le contrôler. » Il remplace Assad Al-Zoabi, un ex-pilote de l’armée de l’air syrienne, qui a fait défection en 2012.
Lire aussi :   Syrie : le porte-parole de l’ONU n’attend pas de « percée immédiate » à l’issue des pourparlers de Genève
« Tout l’élan est retombé »
Le poste clé de négociateur en chef a été attribué à Mohamed Sabra, un avocat, qui a participé en tant qu’expert juridique aux négociations de 2014 et 2016. Libéral de gauche, il diffère nettement de Mohamed Allouche, le conseiller politique de l’Armée de l’Islam, un groupe armé salafiste, qui occupait sa fonction en 2016. C’est à lui que reviendra la tâche de faire face à Bachar Al-Jaafari, l’ambassadeur syrien à l’ONU, désigné une nouvelle fois à la tête de la délégation du régime.
L’ordre du jour de la réunion de Genève, dans la logique du processus lancé par la résolution du Conseil de sécurité 2254 de décembre 2015 parrainée à la fois par Washington et Moscou, est d’aborder la question de la transition politique en même temps que celle de l’élaboration d’une nouvelle Constitution afin de préparer le terrain à de futures élections.
Mais, une fois de plus, les discussions risquent d’achopper sur le sort de Bachar Al-Assad. « Les Russes exigent toujours son maintien au pouvoir, ce qui est inacceptable pour l’opposition », relève un diplomate rappelant que, pour Paris comme pour nombre de capitales occidentales et arabes, le dictateur ne peut incarner l’avenir de son pays et qu’il devra partir au moins à la fin du processus. L’idée du négociateur de l’ONU est donc, autant que faire se peut, de mettre cette question pour le moment de côté.
Mais l’échec de la deuxième réunion de suivi d’Astana, le 15 février, et la relance des combats « ont ramené les choses à la case départ », souligne Sinan Hatahet, un analyste proche de l’opposition. Les affrontements sont particulièrement vifs dans la Ghouta orientale, à l’est de Damas, une zone rebelle dont le régime tente de s’emparer, ainsi que dans la région de Deraa, où les insurgés ont lancé une offensive majeure.
La CNS est aussi choquée par la poursuite des raids de l’aviation russe contre les zones aux mains des insurgés et par l’incapacité de Moscou à obtenir des progrès sur la question des prisonniers détenus par le régime. « Tout l’élan est retombé, poursuit Sinan Hatahet. La seule carte qui reste à l’opposition, c’est sa capacité à dire non. »
Par Benjamin Barthe (Beyrouth, correspondant) et Marc Semo
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Les champs de Colza du Xian de Luoping en Chine

Globe-Trotting – 12/10/2015 – Crédit photos : Lanzi + –
Dans la province du Yunnan en Chine et plus précisément dans le Xian de Luoping (un Xian est un district administratif), se situe un site époustoufflant de beauté lorsque fleurit le printemps. A près de 200km de Kunming, Luoping est situé au carrefour de Yunnan, Guizhou, et du Guangxi.
Les vastes champs de colza de la région fleurissent en février. Ils offrent alors un spectacle incroyable, un jaune éclatant envahit la vallée entière.
Ce phénomène est nommé la « Mer d’or » car la floraison s’installe dans la vallée comme une coulée d’or qui recouvre le sol. La couleur jaune contraste avec les nombreuses collines noires alignées à l’horizon.
Le meilleur moment pour visiter Luoping et assister à cette fête visuelle est Février à Mars puisqu’en Juin le spectacle est terminé. 
L’endroit le plus réputé pour admirer les terres recouvertes de fleur est situé entre « les collines du Coq doré » et « la cascade des neuf dragons ».
Sur place, vous vous perdez dans les chemins reliant les villages aux terres agricoles. Le fleuve de Duoyi et la gorge de Lubuge sont des sites à visiter dans les environs.
 Voici un aperçu vidéo :

Localisation de Luoping en Chine :
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Vers une nécessaire révolution… démocratique

Association pour une  constituante –  5 février 2017 – par  Pascal Geiger
Électeurs en colère ou au mieux désabusés, classe politique centrée sur ses propres intérêts, notre système politique se meurt. Force est de constater que la République Française n’est plus une république laïque. Ce n’est pas tant la poussée des communautarismes qui sapent, depuis quelques décennies déjà, les fondements de la laïcité, mais bien l’obstination des gouvernements successifs à poser l’économie comme idéal politique.
Le modèle français de démocratie et ses arrangements dévissent, entrainant inexorablement un décrochage citoyen à l’égard du politique. Ce désenchantement du peuple se développe non seulement au gré des consultations électorales (5) – se manifestant par une volatilité récurrente, des votes protestataires, une abstention galopante – mais qui aussi s’exprime durablement au quotidien : émergence de mouvements populaires défiant le pouvoir politique (cf. les Indignés, Nuit Debout, manifestations spontanées des représentants de l’ordre à l’insu de leurs représentants syndicaux et ce à l’encontre des statuts qui les régissent, …).
866164-prodlibe-manif-loi-travail-nuitdeboutLa démocratie se présente, aujourd’hui, comme la promotion de l’économie de marché au nom de la liberté de l’individu et de l’efficacité économique. Une vision déifiée de la destinée de l’Homme, portée par une minorité de personnes qui prétendent déterminer les fondements de leur cité idéale, celle qui impose aux citoyens les règles de vie auxquelles ils devront se soumettre.
Notre régime politique s’est mû, depuis quelques années déjà, en théocratie (gouvernement où le titulaire de la souveraineté est considéré comme divin). Or, la démocratie n’est pas la traduction d’une cité idéale, mais celle d’une cité en harmonie avec ses membres. Elle se construit à partir de l’engagement des citoyens à élaborer les règles qui organisent la cité au regard de la vie qu’ils entendent mener.
Notre système politique agonise. Une révolution démocratique s’impose.
Une démarche politique d’auto-détermination collective qui se pose comme le dernier rempart contre le repli identitaire et l’appel des extrêmes auxquels les décisions économico-politiques poussent les peuples. Il nous faut d’urgence repenser les valeurs et les pratiques de notre système politique, réinventer d’autres mécanismes délégataires.
La mise en place d’un processus constituant reste la seule voie pacifique capable de redonner au peuple son premier bien collectif : celui d’agir en commun. Un processus constituant qui se structure autour de deux étapes principales.
La première étape consiste à libérer les initiatives citoyennes en invitant les citoyens à se réunir et à débattre de sujets qui structurent leur quotidien ou qui engagent leur avenir. Plus largement à débattre de l’intérêt général. Ces discussions, vecteurs même de la démocratie, ont pour but d’élaborer des propositions citoyennes qui seront inscrites dans des cahiers d’exigences et présentées à leurs élus. A ce titre, l’association « Pour une Constituante (1)» peut accompagner les personnes désireuses de s’engager dans une telle démarche.
La démocratie se reconstruit par la base. C’est la condition première pour recréer les liens avec le peuple dont elle émane. L’échelon communal est pertinent pour entamer cette reconstruction. C’est la seconde étape. Elle invite les citoyens à former librement les comités locaux, et se rapprocher des municipalités (cf. les communes citoyennes (2)). Ces « assemblées communales », au même titre que leurs ancêtres révolutionnaires sont ouvertes à tous citoyens et peuvent se charger non seulement des questions locales, mais aussi des questions nationales.
Un Comité Local ainsi créé peut faire l’objet d’une reconnaissance en tant que tel par une délibération qui définit son espace en tant que comité consultatif (3). Citoyens et élus siègent alors en toute égalité les uns et les autres dans les comités locaux. Ce processus a pour but ultime de favoriser l’élection d’une Assemblée Constituante, dont la mission est la rédaction d’un projet de constitution tenant compte des cahiers d’exigences. Ce projet est soumis ensuite par référendum à l’avis du peuple.
Seul mécanisme qui permet de rompre avec les arrangements politiques actuels, l’Assemblée Constituante a pour unique objet de mettre le peuple au centre et au fondement de la vie politique, de lui permettre de définir les modalités d’exercice de sa pleine souveraineté. Mais, prôner la convocation d’une AC n’est malheureusement pas performatif. Les responsables politiques sont attachés à leurs prérogatives comme les berniques sur leur rocher. Ils se méfient d’une trop grande implication des citoyens dans la chose publique.
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C’est pourquoi deux autres démarches complémentaires restent indispensables.
La première est de dénoncer systématiquement les largesses (la corruption ou les abus) prises par certains élus ou dirigeants politiques dans l’exercice de leurs mandats. Il s’agit, par-là, de souligner leur manque d’éthique et par conséquent l’irrespect du vote citoyen par lequel ils ont été élus. Anticor ou Transparency sont, à ce titre, des bonnes organisations relais (4). Enfin, passer d’une démocratie de la délégation à une démocratie de l’action nécessite non seulement un engagement de tous les citoyens mais également une mise en synergie de tous les acteurs, de quelque nature juridique qu’ils soient, qui militent pour une république soucieuse de mettre les citoyens au cœur de la démocratie.
Cette seconde démarche complémentaire, plus ambitieuse, impose un changement de paradigme : celui d’accepter que les visions théoriques des uns ne s’opposent pas aux convictions pragmatiques des autres. Toutes ces approches portent en elles les graines de la révolution démocratique.
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 L’indice de démocratie est créé en 2006 par The Economist Group. Il prétend évaluer le niveau de démocratie de 167 pays dont 166 sont des États souverains et 165 sont membres des Nations Unies. Cette étude a été publiée pour la première fois en 2006 puis actualisée en 2008, 2010, 2011 2012, 2014 et 2015.
Le calcul est basé sur 60 critères regroupés en cinq catégories : le processus électoral et le pluralisme, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique et la culture politique. La notation se fait selon une échelle allant de 0 à 10 et à partir de cette note les pays sont classifiés selon quatre régimes : démocratique, démocratique imparfait, hybride ou autoritaire. Cet indice caractérise 4 différents types de régime : Les démocraties sont les pays qui ont un indice entre 8 et 10 ; Les démocraties imparfaites sont les pays qui ont un indice entre 6 et 8 ; Les régimes hybrides sont les pays qui ont un indice entre 4 et 6 ; Les régimes autoritaires sont les pays qui ont un indice inférieur à 4.
(5) Cf. Le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen (TCE) rejeté à 55% par les électeurs français et repris, à peine modifié, par le traité de Lisbonne en 2007 et adopté par 96% par les parlementaires français.
Sondage exclusif IFOP pour Atlantico de novembre 2015 : 67% des Français estiment qu’il faudrait que la direction du pays soit confiée à des experts non élus qui réaliseraient les réformes nécessaires mais impopulaires, et 40% seraient favorables à l’arrivée d’un pouvoir politique autoritaire.
(1) http://www.pouruneconstituante.fr/
(2) http://www.communes-citoyennes.fr/
(3) tel que prévu par le Code Général des Collectivités Territoriales dans son article L 2143-2
(4) https://transparency-france.org/, http://www.anticor.org/
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Hors la loi, le Japon massacre les baleines

Nexus magazine – janvier/février 2017 –
Le combat continue inlassablement pour Sea Shepherd, l’organisation internationale de protection de la vie marine, et son emblématique fondateur, le capitaine Paul Watson, réfugié en France depuis juillet 2015, objet d’une notice rouge d’Interpol à la demande du Japon et de Costa-Rica.
Deux navires de l’organisation ont mis le cap sur l’océan austral pour empêcher la flotte baleinière japonaise partie du Japon le 18 novembre, de tuer son quota auto-attribué de 333 petits rorquals. Dirigé par le capitaine WyandaLublink, le vaisseau amiral de Sea Shepherd, le Steve Irwin, a quitté le 3 décembre Melbourne (Australie) et a été suivi le lendemain de Hobart (Tasmanie), par l’Ocean Warrior, le nouveau navire de patrouille rapide. Dirigé par le capitaine Adam Meyerson, l’Ocean Warrior peut distancer n’importe quel baleinier. Avec son puissant canon à eau, il est considéré par Sea Shepherd comme un outil décisif en cette onzième campagne de défense des baleines baptisée Opération Némésis. Les deux navires de Sea Shepherd transportent au total cinquante membres d’équipage de différents pays (Australie, Allemagne, France, Royaume-Uni, Autriche, Espagne et États-Unis). Au cours des dix campagnes précédentes, plus de 6 000 baleines ont été sauvées des harpons explosifs utilisés par les baleiniers japonais.
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Le prétendu programme de « recherche scientifique » du Japon, utilisé pour justifier le massacre des baleines, a été rejeté par la Cour internationale de justice en 2014 ainsi que par le comité scientifique de la Commission baleinière internationale. En 2015, l’Australie a condamné les baleiniers japonais à une amende de 1 million de dollars australiens pour chasse dans les eaux territoriales australiennes. L’amende est à ce jour impayée.
« Officiellement, Sea Shepherd ne devrait pas avoir à poursuivre à nouveau les baleiniers cet été, a expliqué le sénateur australien Peter Wish-Wilson le 3 décembre lors d »une conférence de presse dans le port de Hobart. L’Australie a gagné face au Japon devant la Cour internationale de justice, mais malheureusement le gouvernement place les relations commerciales au-dessus des baleines et a abandonné toute pression diplomatique. La flotte baleinière est peut-être capable d’échapper aux tribunaux internationaux, mais pas à Sea Shepherd« .
* C’est en 2020 qu’auront lieu les Jeux Olympiques de Tokyo au Japon
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Les J.O. approchent, la région de Fukushima doit redevenir « normale » pour ne pas effrayer les sportifs et les supporters du monde entier. Le gouvernement japonais demande aux habitants de rentrer chez eux et donc supprime les indemnités versées aux évacués. Pourtant « la terre a un niveau de contamination qui ferait d’elle un déchet radioactif dans n’importe quel pays non contaminé« , souligne Pierre Fetet, lanceur d’alerte, en commentant une carte récente de la contamination des terres de la région.
Si, pour les sols ce n’est pas brillant, pour l’air et l’eau, ce n’est guère mieux. 89 % des émissions du césium radioactif des trois réacteurs dont le cœur a fondu en mars 2011 l’ont été sous forme de microparticules de verre que l’on a retrouvées jusqu’à Tokyo. Quant à l’eau, Tepco ne dispose pas de systèmes ou de plans pour traiter les eaux nécessaires au refroidissement des cœurs contaminés. Elles sont donc libérées dans l’Océan Pacifique et migrent au gré des courants. Bien que cet accident soit majeur entre tous, les médias le boudent, comme le souligne le Project Censored de la Sonoma State University (Californie États-Unis) qui recense chaque année les grands sujets « oubliés »…

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Les nouvelles frontières électorales

Ouest-France – 22/02/2017 – Édito de Laurent Marchand –
Les géographes nous en parlent depuis des années. Le monde s’urbanise. D’ici à 2050, les villes abriteront 65 % des 9,5 milliards d’êtres humains estimés. Ce processus de concentration impacte l’habitat, l’énergie, l’eau, les transports, la mobilité, l’éducation et le travail. L’administration, même, contrainte de rebattre les cartes des territoires.
Les experts de ces différents domaines analysent, statistiques à l’appui, ce phénomène. Les urbanistes traitent, aujourd’hui, une matière aux contours gigantesques. En ces points du globe, se concentrent les hommes, les tensions et l’essentiel du PIB du monde. Les grands groupes industriels, surtout ceux spécialisés dans les infrastructures civiles, ont été les premiers à en mesurer l’enjeu. Tout comme les experts de l’environnement.
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Ce processus de polarisation urbaine existe à différentes échelles. En Chine, on a ainsi assisté à la marche forcée des paysans vers les villes. En démocratie, on a sans doute été moins attentifs à ce processus. Il a pourtant une dimension électorale, comme l’année 2016 vient de nous le montrer.
La carte électorale du référendum britannique de juin 2016 est, à cet égard, éloquente. Que nous dit-elle ? Que Londres, où 40 % du PIB britannique est concentré, a largement voté pour rester dans l’Union européenne. Les villes grandes et moyennes ont fait de même. Alors que le reste de l’Angleterre, c’est-à-dire l’espace rural et périurbain, a voté pour la sortie. Un député conservateur nous disait au lendemain du référendum que cette carte ressemblait, de manière troublante, à celle des révoltes populaires du XVIIe siècle.
L’exemple des États-Unis
En novembre, rebelote. Aux États-Unis, cette fois. La carte électorale de la présidentielle américaine reproduit, pied à pied, ce même schéma. Le vote Trump est décalqué sur cette frontière sans nom qui sépare les grands centres urbains des périphéries.
À l’échelle des États-Unis, c’est la concentration classique du vote démocrate dans les villes des côtes Est et Ouest. Mais on le voit aussi à l’échelle de chaque État. En Virginie, par exemple, le cœur des deux principales villes a voté Clinton, tout le reste a voté Trump. Idem en Caroline du Nord, et dans bien d’autres États.
Ces exemples, auxquels on peut ajouter le vote autrichien d’extrême droite ou celui du PiS polonais, ne relèvent pas du hasard. Ils nous disent que la colère, la radicalité de droite, est liée à un clivage structurel. On l’attribue, de manière générale, à la « mondialisation ». Mais le mot ne dit pas tout.
Certes, la délocalisation des industries est un facteur d’appauvrissement des territoires, et donc de colère légitime. Mais incriminer la Chine, Bruxelles ou la finance ne rend pas compte de ces nouvelles frontières invisibles, au sein des États. De la nouveauté du processus de polarisation des ressources qui met les métropoles en concurrence avec les États. Avec comme victimes collatérales les politiques publiques et les espaces non urbains.
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La France n’échappe pas au phénomène. En termes de PIB, l’écart entre l’Île-de-France et les autres régions se creuse, crise ou pas crise. Or, un Français sur deux réside dans une commune de moins de 10 000 habitants. C’est là que se jouent désormais les élections. Là où il est plus difficile d’accéder au pouvoir, mais pas aux réseaux sociaux. Trump l’a parfaitement compris, du haut de sa tour en plaqué or.
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Qualité de l’eau du robinet : la carte interactive de l’UFC Que Choisir

UFC Que Choisir – 21/01/2017 –
L’eau du robinet est-elle de bonne qualité ?
principal-19145« L’eau est bonne à la consommation, mais la qualité est inégale ». C’est le message que L’UFC Que Choisir délivre en conclusion d’une enquête menée sur la qualité de l’eau du robinet, menée entre février 2014 et août 2016, à partir des résultats du ministère de la santé et « en passant au peigne fin les réseaux de distribution des communes soumis à cinquante critères réglementaires ». Les pesticides constituent aujourd’hui la cause principale de non-conformité, liée à l’utilisation de désherbants utilisés en agriculture. Si l’eau potable échappe aux nitrates et en grande partie aux pesticides, ce n’est pas parce que l’agriculture aurait amendé ses pratiques, mais parce que l’eau subit de coûteux traitements de dépollution.
Dans les communes où l’eau est de bonne qualité les habitants peuvent la boire en toute confiance. Elle est 60 fois moins coûteuse en moyenne que l’eau minérale en bouteille. Certaines eaux minérales ne sont pas recommandées pour un usage quotidien, sans parler de l’effet sur l’environnement du transport et de emballages.
L’association demande donc au gouvernement et aux agences de l’eau la mise en œuvre du principe « pollueur – payeur » dans le calcul des redevances de l’eau, au moyen d’une augmentation de la taxation des pesticides et des engrais azotés. Et un soutien financier aux agricultures biologiques et intégrées.
Vérifiez la qualité de l’eau potable distribuée dans votre commune et dans ses alentours sur la carte interactive synthétisant le niveau de conformité pour 50 contaminants et paramètres physico-chimiques définis par la réglementation. Dans celle-ci, rentrez le code postal ou le nom de votre commune et cliquez ensuite sur le pictogramme coloré pour obtenir le détail par contaminant.  
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Vienne – Recyclage : La seconde vie des palettes en bois

La Nouvelle République 20/02/201
Deux menuisiers se lancent dans une activité qui conjugue recyclage, transformation et petits prix en proposant des meubles en bois de palette
Les copains de cour de récré sont devenus des copains de 20 ans. Nés dans le même village poitevin, les deux « potes » ont tracé leur route dans le même sillon ; passions communes, métier identique et, depuis quelques mois, envie analogue de créer leur propre activité.

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Benjamin Aumon et Hugo Prévot, tout juste trentenaires, ont décidé de lâcher ensemble les missions d’intérim successives par lassitude. « Il y avait un vrai ras-le-bol. Et l’idée était de trouver une activité qui nous permette de travailler ensemble », raconte Benjamin Aumon.
Chaque meuble est unique

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Tous les deux menuisiers de métier – l’un spécialisé dans l’ébénisterie, l’autre dans le métal – ont joint leurs compétences pour porter un projet longuement mûri – autour des palettes en bois récupérées – qui est passé par la case Aceascop (*). «Une première réunion d’information et un rendez-vous individuel nous ont permis de présenter notre projet qui a plu. Après deux jours de formation à certains logiciels en septembre, nous nous sommes lancés… »
palette-cpAvec une aide de la région Nouvelle Aquitaine – via une bourse – de 1.500 euros chacun. Pas de quoi monter une petite entreprise mais de donner un bon coup de pouce au concept « Paletteôlogis » avec la réalisation de flyers promotionnels. Pour le matériel, les deux (désormais) associés utilisent leurs propres machines, chacun dans leur grange respective. « Nous espérons pouvoir trouver rapidement un lieu commun et plus vaste. » Il faut effectivement de la place pour stocker des palettes qui peuvent atteindre jusqu’à 6 mètres de long, «  chinées  » auprès de trois ou quatre entreprises attitrées.
« Nous récupérons également les meubles, les portes, les fenêtres, les vieux parquets… Tout ce qui peut être utilisé en menuiserie. Nous transformons tout. L’idée est de recycler un maximum pour éviter de tout jeter à la déchetterie. » Les palettes, en bois de sapin et d’épicéa, sont parfois traitées mais « ça ne se voit ni ne se sent pas » affirment les deux menuisiers.
Ensuite, tout dépend de la commande. Ils peuvent créer le dessin, si le client a une idée (ou pas), jusqu’à la conception finale d’un meuble ou un objet. « Nous avons une façon de les travailler qui en fait quelque chose de très solide car nous travaillons ce bois-là comme les autres bois et avec notre savoir-faire. » Et compte tenu du taux horaire (18 €) et de l’originalité des meubles pour intérieur ou extérieur, les premiers clients font déjà fonctionner le bouche à oreille.
Reste tout de même aux deux compères à réaliser un book avec les photos de toutes leurs réalisations même si leur page Facebook leur offre déjà une petite vitrine.
(*) Coopérative d’activités et d’emploi Poitou-Charentes.
Outre la création et la fabrication, Hugo Prévot (06.72.98.51.79.) et Benjamin Aumon (07.60.94.38.36.) font également du désencombrement chez les particuliers. Ils facturent l’acte en fonction de ce qu’ils peuvent récupérer ou recycler.
Marie-Laure Aveline.
Vienne  Poitiers –
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