L’une des institutions politiques qui bafoue le plus la démocratie et la parole citoyenne est l’Union européenne.

Libération – mardi 26 avril 2016 – Anne-Laure Delatte  –
L’Europe non plus ne doit plus se coucher
29K6S1h5Nuit debout, tu m’as interpellée dès ta première nuit dehors car j’avais lu le Bon Gouvernement de Pierre Rosanvallon à Noël. Tu incarnes tellement cette «attente de démocratie» qu’il décrit. Pour reprendre ses mots, tu proposes un forum de délibération publique, une parole libre, une expression politique que les institutions actuelles ne nous offrent plus. Bien sûr, nous ne nous sentons plus représentés par les partis, par les syndicats, par le monde politique en général. Comment le serions-nous ? Il n’y a pas de transparence, les contrôles sur les gouvernants sont insuffisants, nos intérêts ne sont pas défendus. Tiens, l’affaire des Panama Papers. Depuis 2010, la pression fiscale augmente pour réduire les déficits publics et, pendant ce temps, un groupe de happy few trouve encore le moyen d’échapper à l’impôt ? C’est à vomir. Qui propose un récit cohérent de ce qui se passe actuellement ? L’élite qui dirige et qui pense, celle qui occupe les médias, qui est masculine et blanche, ne nous raconte rien que nous ne savons déjà.
Bien sûr, c’est énervant, car tu n’es pas la première à te mobiliser et pourtant, tu es sous les feux de la rampe. La société civile s’organise depuis longtemps pour exercer le nécessaire contre-pouvoir (big up à Greenpeace pendant la COP 21) ; les associations citoyennes réinvestissent les lieux de production de bien public abandonnés par l’État. Toi, parce que ton antenne parisienne est à côté des rédactions, tu as une couverture médiatique sans proportion avec le nombre de tes participants. Il paraît que tu manques de diversité. Tu leur rappelles sans doute bien des choses à ces journalistes, vieux briscards qui ont fait 68 (ou pas…) ; ils se retrouvent davantage en toi que dans ces collectifs citoyens qui se mobilisent en banlieue depuis longtemps, avec courage, contre le racisme (comme la Marche des dignités cet automne). C’est injuste. Mais si tu peux être un étendard, le signe fédérateur et bruyant que désormais on s’occupe de la démocratie chez les citoyens, alors ce sera déjà beaucoup.
13-05-2014-les-francais-de-plus-en-plus-eurosceptiquesNuit debout, dis-moi si je me trompe, j’ai eu beau chercher, je n’ai pas trouvé d’atelier qui parle d’Europe. Pourtant, ces dernières années, s’il y a un endroit où on s’est bien moqué de la parole citoyenne, c’est dans la gouvernance européenne. Souviens-toi, le référendum grec le 5 juillet 2015, qui portait sur l’acceptation des mesures d’austérité émises par la troïka. Le peuple grec a exprimé un clair et tonitruant non sur la poursuite de la pression budgétaire au cours de ce référendum. Pourtant, quatre jours après, le gouvernement grec, acculé, bafouait la parole citoyenne sous la pression des autres membres et signait un accord pour une austérité sans précédent. Tu es d’accord, toi, pour ce qu’on leur a imposé aux Grecs, aux Espagnols et aux Portugais ? Ici, la loi travail, qui a mis le feu aux poudres citoyennes, répond précisément au plan de réformes structurelles du marché du travail, mantra de la Commission et du Conseil depuis 2010. A moins qu’on décide d’interrompre ici le projet d’intégration européenne, nos vies sont directement affectées par leurs décisions. Par exemple, le nouveau Pacte de stabilité nous impose une réduction des déficits à une vitesse effrénée qui nous jette dans le mur. On ne sortira pas de l’impasse d’une croissance zéro sans changer de politique économique en Europe, leur austérité et leurs réformes structurelles. Et on ne sortira pas de cette politique sans se faire entendre.
Sur un autre plan, plus d’un million de réfugiés ont fui vers l’Europe en 2015. Tu te sens représentée quand on négocie leur sort avec le président Erdogan, qui foule les droits civiques depuis le début de son mandat ? La prise de décision au niveau européen est tellement opaque, se fait tellement derrière les portes closes, qu’on n’a absolument aucune prise sur les gouvernants. Comment faire émerger une nouvelle forme de représentation, de nouvelles institutions pour s’approprier la démocratie européenne ? Cela mérite délibération.
18-06-BURKI-RP-UE
Le projet européen était d’assurer la paix entre l’Allemagne et la France, et aussi de stabiliser les nouvelles démocraties en Espagne, au Portugal et en Grèce. Mais aujourd’hui, quel est-il ? Est-il un projet défensif ? Un mode de protection contre l’émergence de nouvelles puissances ? Peut-on espérer un peu plus que ça ? Est-ce un projet novateur de coopération internationale ? Une proposition ambitieuse de vivre ensemble ? A nous d’écrire le récit.
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Jobs d’été : l’agriculture et l’animation recrutent : Comment postuler ?

La Nouvelle République 03/05/2016 05:46
Si vous cherchez un emploi estival, il est plus que temps de s’y mettre. Tour d’horizon non exhaustif des secteurs de la Vienne qui embauchent.

Jobs d'été - Melons

Dans l’agriculture, 2.000 postes sont à pourvoir pour la cueillette, le tri et le conditionnement des melons. – (Photo d’archives)
Les activités touristiques et agricoles, donc saisonnières, marquent l’économie du département, souligne Myriam Ribo, directrice de l’agence Pôle emploi de Poitiers gare. Mais dans une proportion moindre qu’en Aquitaine Limousin – Poitou- Charentes.
Selon la dernière enquête BMO (besoin en main-d’œuvre), 44,1 % des projets de recrutement sont saisonniers dans la Vienne. Contre 52,9 % pour la grande région. » La saisonnalité est plus marquée dans les bassins agricoles. Essentiellement dans le Loudunais et le Châtelleraudais. Cueillette, tri, conditionnement, moisson, semence, travaux dans les champs, maraîchage ou conduite d’engins agricoles… l’agriculture offre un tas d’activités variées.
Une centaine d’offres en cours sur le site de Pôle emploi
L’ensemble des postes à pourvoir sont répertoriés par l’Association départementale emploi et formation en agriculture (Adefa) de la Vienne. La majorité concerne la cueillette, le tri et le conditionnement du melon. « Sur les 2.200 postes, 2.000 sont pour le melon », indique Khadija Zeghoul, chargée de mission à l’Adefa. De plus, l’Adefa a également mis en place un dispositif d’hébergement, en partenariat avec six communes du département.
Moyennant 5 € ou 6 € par nuit, les saisonniers peuvent loger en camping ou en appartement à Moncontour, Loudun, Marthaizé, Savigny-sous-Faye, Saint-Jean-de-Sauves ou Guesnes.
Deux cents places sont disponibles (renseignements sur vienne.anefa.org, rubrique « Saisonniers » ou au 05.49.44.75.25 ou par mail : adefa-vienne@ anefa.org).
L’hôtellerie et la restauration aussi
Dans le bassin de Montmorillon comme celui de Poitiers, les besoins sont principalement liés à l’animation (1), l’hôtellerie ou la restauration. Ce sont aussi des secteurs qui recrutent dans le Châtelleraudais. « Poitiers est beaucoup moins saisonnier que le reste du département, commente Myriam Ribo. Seuls 39,2 % des recrutements le sont. »
Les parcs de loisirs de la région ont aussi un gros besoin de main-d’œuvre sur la période estivale. La Vallée des singes, à Romagne est encore à la recherche d’un caissier et d’un préparateur à temps plein pour son snacking. Au parc de La Belle, à Magné, il manque un agent d’entretien, à mi-temps. Center Parcs, à Morton, qui a déjà recruté une centaine de saisonniers, il manque encore des agents techniques de nettoyage, des employés polyvalents de restauration, des serveurs et des commis de cuisine.
Tous secteurs confondus, une centaine d’offres sont en cours sur le site de Pôle emploi. Il n’est donc pas encore trop tard pour décrocher un job d’été, mais les retardataires doivent faire vite.
 (1)Généralement, pour postuler dans l’animation, il faut être titulaire du Bafa, le Brevet d’aptitudes aux fonctions d’animateur.
repères
Comment postuler ?
Envoyer un CV et une lettre de motivations aux adresses suivantes :
>La Vallée des singes : info@ la-vallee-des-singes.fr.
>Parc de la Belle : info@ parcdelabelle.com.
>Center Parcs, Domaine du Bois aux Daims, service des ressources humaines, route des Trois-Moutiers, 86120 Morton (pour les postes d’agents de nettoyage) ou ECP France, service ressources humaines, Domaine du Bois-aux-Daims, route des Trois-Moutiers, 86120 Morton (pour les autres postes).
en savoir plus
Le travail est autorisé dès l’âge de 14 ans, sous certaines conditions…
Selon le guide d’été édité par le Centre régional d’informations jeunesse (Crij), le travail est autorisé à partir de 14 ans, mais il reste rare. De plus, les règles qui s’appliquent pour les salariés âgés de 14 à 17 ans sont plus drastiques que pour les majeurs.
> Formalités administratives : pour les jeunes âgés de 14 à 15 ans, un accord parental écrit ainsi qu’une demande écrite à l’inspection du travail sont obligatoires. Ensuite les parents doivent être cosignataires du contrat de travail. Entre 16 et 17 ans, seul un accord parental écrit est nécessaire > Emplois interdits ou réglementés : tous ceux qui ont trait à des débits de boisson, des étalages extérieurs de commerces ou des activités dangereuses et pénibles pour les 14-15 ans. Idem pour les 16-17 ans, sauf les étalages extérieurs des commerces qui sont réglementés > Temps de travail : 7 h par jour, 35 h par semaine et pas plus de la moitié des vacances pour les 14-15 ans. 8 h par jour et 35 h par semaine pour les 16-17 ans > Repos entre deux jours de travail : 14 h pour les 14-15 ans et 12 h pour les 16-17 ans > Repos hebdomadaires : deux jours consécutifs pour les deux catégories d’âges > Pause journalière : 30 minutes toutes les 4 h 30 pour les deux catégories d’âges > Travail de nuit : interdit entre 20 h (22 h pour les 16-17 ans) et 6 h, sauf exceptions.
Source : Trouver un job Poitou- Charentes édition 2016, édité par le Crij. Contact : Crij, 64, rue Gambetta, 05.49.60.68.68.
Julie Desbois  Vienne
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Commission nationale consultative des droits de l’homme : La tolérance a gagné du terrain en France en 2015

LE MONDE | 02.05.2016
Les Français n’ont jamais été aussi tolérants et prêts à penser leur pays comme multiculturel.
christine_lazerges     Surprenante, cette analyse est l’enseignement majeur du rapport 2015 sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, publié lundi 2 mai par la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH). « Après quatre années d’affilée de baisse, suivie d’une stabilisation, l’indice longitudinal de tolérance en France marque en 2015 une nette progression vers plus de tolérance, après avoir pris ce chemin plus discrètement en 2014 déjà », rappelle sa présidente, Christine Lazerges.

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La marche pour l’unité républicaine place de la République à Paris le 11 janvier 2015. BERTRAND GUAY / AFP
On croyait le communautarisme en train de ronger les assises de la société après une annus horribilis et un début 2016 difficile. Le score du Front national aux départementales et aux régionales, la montée des actes racistes, avec encore l’incendie d’une salle de prière musulmane, samedi 30 avril à Ajaccio, pouvaient laisser augurer une augmentation de l’intolérance. D’autant que les atermoiements du gouvernement sur la politique d’accueil des réfugiés syriens ou le débat autour de la déchéance de nationalité n’ont pas vraiment tiré la société vers plus de mansuétude. Et pourtant, l’indice fait mentir ces intuitions…
Cet « indice longitudinal de tolérance », un baromètre élaboré par le sociologue Vincent Tiberj à partir d’une batterie de soixante-neuf séries de questions, a « pour objectif de mesurer de manière synthétique et rigoureuse les évolutions de l’opinion publique à l’égard de la diversité avec une mesure comparable dans le temps depuis 1990 ». Il permet de situer l’opinion publique en matière de racisme, d’antisémitisme et de xénophobie. Le score de 64 points enregistré en 2015 fait d’elle la deuxième meilleure année au top 5 des plus tolérantes depuis 26 ans. Cette échelle de tolérance, qui vient de grimper de 10 points depuis 2012, a atteint 66 en 2007-2008, mais était tombée à 49 en 1990.
« Réexamen critique »
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Directrice de recherche émérite au Centre d’études européennes de Sciences Po, Nonna Mayer voit plusieurs raisons à cette remontée. « D’abord, en créant un choc émotionnel, les attentats ont permis un réexamen critique de notre approche du monde », rappelle-t-elle. Pourtant, ce choc aurait pu se traduire par un repli sur soi, car « ce sont moins les événements en tant que tels qui influent sur les opinions des individus que la manière dont ils sont cadrés par les élites politiques, qui donnent le ton et imposent un récit dominant », ajoute la politologue. En dépit de leur relativité, le sursaut du 11-Janvier comme l’élan qui avait suivi les attentats du 13 novembre ont donné une envie de « vivre ensemble »… même si, en parallèle, se multipliaient les actes islamophobes.
Pour le groupe des chercheurs mobilisés sur ce travail, cette cause conjoncturelle s’ancre sur un mouvement de fond à l’œuvre dans la société française. L’élévation du niveau de diplôme et le renouvellement générationnel sont deux facteurs de long terme qui rendent plus favorables à l’acceptation de la différence. « Si l’on observe la société française de près, on y repère une augmentation des mariages mixtes, l’installation d’une élite issue de la diversité. Autant de signes que la France se pense de plus en plus comme une société plurielle », rappelle Christine Lazerges.
abelgiquecoexistenceEn plus d’enregistrer une hausse importante, l’indice de tolérance 2015 bénéficie à l’ensemble des minorités. Ainsi, la communauté noire n’a jamais été aussi bien acceptée depuis 1999, les musulmans retrouvent quasiment leur niveau d’acceptation de 2009 et les juifs sont la communauté la mieux acceptée de France. La tolérance envers les Roms reste significativement en deçà du niveau de 2009, mais c’est la toute première fois que le seuil de tolérance monte.
Changement surtout au sein de l’électorat de droite
Une analyse plus politique montre que le changement s’est surtout opéré au sein de l’électorat de droite, qui a progressé de 9 points contre 3 points pour la gauche. Sur ce sujet, le vieux clivage entre droite et gauche reste de mise, puisque l’ouverture s’exprime traditionnellement bien plus à gauche qu’à droite. En fait, en 2015, les camps de la gauche comme de la droite ont tous deux retrouvé et dépassé leur record historique de tolérance de 2009, seuls les électeurs du centre se révélant moins tolérants qu’en 2009.
« La page de la ligne Buisson [le conseiller de Nicolas Sarkozy qui a inspiré la campagne très à droite de 2012] semble bel et bien tournée. D’ailleurs, notre indice n’est pas contredit par la perte de vitesse de Nicolas Sarkozy et la montée en parallèle d’un homme comme Alain Juppé », insiste Nonna Mayer. A l’extrême droite, les lignes ne bougent guère, puisque 89 % des sympathisants et électeurs de ce parti estiment toujours les réactions racistes justifiables.
En dépit de cette marche vers l’apaisement, 2015 a aussi connu une longue liste de faits racistes. Si les actes antisémites enregistrent un recul de 5,1 %, pour un total de 808 (contre 851 en 2014), les actes antimusulmans, eux, ont triplé (+ 223 %). 429 actes ont été comptabilisés en 2015, contre 133 en 2014. Réactions immédiates aux attentats, plus de la moitié (58 %) ont eu lieu en janvier et novembre.
Si grave soit-il, ce bilan ne remet pas en cause la montée de la tolérance. Nonna Mayer rappelle ainsi que « la logique des actes racistes n’est pas celle de l’opinion. Bien sûr, il faut des préjugés pour commettre un acte raciste, mais celui-ci est aussi très souvent mené par des personnes qui ont un passé de petite délinquance. Tandis que les opinions, elles, délimitent ce qui est permis et ce qui est interdit ».
Ainsi, même si le « vivre-ensemble » gagne du terrain, cette avancée reste à consolider, en même temps qu’il faut faire décroître les actes racistes. La CNCDH s’y emploie en plaidant dans son rapport pour une série de recommandations. Outre l’idée très consensuelle qu’il faut casser les stéréotypes le plus tôt possible et donc utiliser le terrain scolaire pour construire des citoyens tolérants, l’instance consultative s’aventure sur la pointe des pieds sur un terrain plus délicat
« Les paroles tendancieuses de certains responsables politiques »
« Les paroles tendancieuses de certains responsables politiques, qui mêlent les problématiques de terrorisme et d’asile, qui loin de toute réalité statistique associent délinquance et immigration, qui dans le plus pur amalgame confondent appartenance religieuse et fondamentalisme, n’ont cessé de s’intensifier ces dernières années », déplore Christine Lazerges, qui estime qu’« une telle attitude de la part de membres du gouvernement et de bien d’autres contribue à banaliser la parole raciste dans l’ensemble de la société française ». La CNCDH les invite ainsi à être particulièrement vigilants à l’égard du potentiel discriminatoire et/ou stigmatisant de certaines de leurs prises de position ou actions.
Conseillère en matière de politiques publiques, la CNCDH se félicite de l’adoption du Plan national de lutte contre le racisme et l’antisémitisme présenté par le premier ministre en avril 2015. Elle aimerait cependant y ajouter un dispositif permettant de lutter contre les contrôles au faciès. Un mal qui envenime les relations entre une large frange de la population et sa police, et ne concourt pas à un apaisement des relations sociales. Mais sur ce point, elle sait le peu de chance qu’elle a d’être entendue sur une proposition du candidat Hollande, oubliée au fil du quinquennat.
Maryline Baumard Journaliste
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Un site qui dénonce et liste les arnaques par téléphone et sur Internet

arnaque
  • Signaler une arnaque sur Internet (annonce, e-mail, paypal, etc.)

 

  • Signaler une arnaque par Téléphone (appel, SMS ou MMS)

 

http://www.arnaques-internet.info/

Arnaques sur Internet
– Liste d’arnaques sur le web –

Ce site a été développé pour aider les internautes à trouver les arnaques sur Internet : en listant ici les arnaques, ces dernières apparaissent dans les résultats des moteurs de recherche et renseignent ainsi les visiteurs à partir d’un e-mail, d’un nom, d’une adresse ip ou encore d’un numéro de téléphone. Afin d’éviter de se faire arnaquer..

Si vous avez été la victime d’une arnaque via un site Internet ou que vous en connaissez une qui n’est pas présente sur arnaques-internet.info, ayez le réflexe : signaler une arnaque en ligne.

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La liberté de la presse se délite dans le monde

Le Monde 03/05/2016
Lundi, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a exprimé son inquiétude sur la liberté de la presse : « Trop souvent, les journalistes sont menacés, harcelés, gênés ou même tués dans leur poursuite de l’information. Beaucoup languissent en détention, certains dans des conditions épouvantables, pour faire la lumière sur les problèmes de gouvernance, les malversations des entreprises ou des problèmes de société », a-t-il déclaré, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse qui a lieu le 3 mai. Vanguard

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Une affiche dans une manifestation pour la liberté de la presse à Berlin, le 1er août 2015. BRITTA PEDERSEN / AFP
Le 27 avril, l’organisation non gouvernementale Freedom House a publié son rapport annuel sur la liberté de la presse. Il révèle qu’en 2015 elle a atteint son plus bas niveau depuis douze ans. Les facteurs de cette détérioration : l’augmentation des tentatives d’intimidation et des attaques à l’encontre des journalistes. The New York Times
Les entraves à la presse concernent toutes les régions du monde. Ainsi, en Europe, le gouvernement conservateur polonais a fait fermer plusieurs programmes trop critiques et a adopté une loi pour accroître son contrôle sur les médias publics. Politico
Freedom House pointe également le Bangladesh, l’Egypte, le Burundi ou la Turquie (The Media Line). Au Soudan du Sud, sept journalistes ont été tués en 2015 et cinq journaux ont été forcés de fermer. En mars dernier, Joseph Afandy, critique sur la gestion de la guerre civile par le gouvernement a été kidnappé, torturé et laissé pour mort près d’un cimetière. The Guardian, Global Voices.
En Asie et en Amérique latine, ce sont particulièrement les journalistes environnementaux qui sont visés. En Inde, deux journalistes qui enquêtaient sur l’exploitation minière illégale ont été assassinés. En novembre 2015, à l’occasion de la 21e Conférence sur le climat à Paris, l’association Reporters sans frontières a publié un rapport désignant le Cambodge comme l’un des pays les plus dangereux pour les journalistes travaillant sur les questions environnementales. The Hindustan Times, Voice of America
Les Etats-Unis ne sont pas en reste : dans une année électorale décisive, Donald Trump, candidat républicain en tête dans la course à l’investiture pour l’élection présidentielle de novembre, a lancé plusieurs attaques contre des journalistes. The Huffington Post
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Loire-Atlantique – Police alerte : Éleveurs, gare aux voleurs de moutons !

Actualité Maville 03/04/2016
La gendarmerie lance cette mise en garde face à la hausse du nombre de vols de bétail, notamment d’ovins.
« En Loire-Atlantique, depuis début 2016, il y a eu trente-cinq affaires de vols de bétails », détaille Sébastien Desbrest, commandant de la compagnie de gendarmerie de Châteaubriant.
Et à mesure que le temps passe, la fréquence du phénomène s’accélère et ce dernier devient de plus en plus préoccupant : vingt-trois cas pour le seul mois d’avril et quinze lors des quinze derniers jours.
Rien que dans l’arrondissement de Châteaubriant, huit agneaux et deux brebis ont été volés à Blain ce week-end, dans la nuit du 27 au 28 avril. Quinze autres jeunes moutons de quatre mois la nuit suivante, encore à Blain, et dix agneaux et six brebis à Pierric, la nuit d’après.
La gendarmerie appelle les éleveurs, notamment d’ovins, à la vigilance et recommande de signaler au 17 tout véhicule suspect qui traînerait près des champs
Ouest-France  mouton primitif

 

 

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Brésil : un coup d’État qui ne dit pas son nom

L’âge de faire – Mai 2016 – Lisa Giachino –
« Ceci n’est pas un coup d’État », titrait le 31 avril un éditorial du journal Le Monde à propos de la procédure de destitution menée contre la présidente du Brésil, Dilma Roussef. Le journal rappelait que « la destitution du chef de l’État est prévue et encadrée par la constitution brésilienne« . Il estimait que « parler d’un coup d’État dans un pays sorti il y a à peine trente ans d’une dictature militaire relève d’un amalgame douteux« .
Latuff-impeachment-400x306« Es un glope » – « c’est un coup d’État« , disait deux jours plus tard, au Paraguay, une militante brésilienne du Programme Mercosur Social et Solidaire (PMSS), lors d’une assemblée générale de ce mouvement qui réunit 16 ONG de cinq pays d’Amérique du Sud. Après les députés, qui ont approuvé la procédure, les sénateurs se prononceront le 12 mai sur la mise en accusation de la présidente, qui se voit reprocher d’avoir maquillé les comptes publics en 2014, afin de dissimuler l’ampleur de la crise économique et de favoriser sa réélection. Le subterfuge n(a rien d’exceptionnel au Brésil, mais Dilma Roussef risque d’être écartée du pouvoir pendant six mois en attendant le jugement final.
« Un risque pour l’économie sociale « 
Zelium_n16_juin_2014.inddSes défenseurs soulignent qu’elle n’est poursuivie pour aucun fait de corruption, contrairement à la majorité des députés qui se sont prononcés en faveur de sa destitution. Les militants de la société civile ne sont pas dupes : ils savent que le Parti des travailleurs, auquel appartient Dila Roussef et son prédécesseur Lula, est corrompu, comme tous les partis du pays. Mais ils estiment que la procédure en cours n’est qu’une manœuvre pour mettre fin à treize ans de gouvernement par le Parti des travailleurs. « Avec l’arrivée de Lula au pouvoir, d’importantes politiques sociales ont été mises en place, comme la construction de logements destinés à des coopératives d’habitants. La procédure encours cherche à criminaliser ces politiques sociales« , estime Felipe Grisa, jeune salarié de l’ONG Assesoar, qui travaille sur l’agroforesterie.                                                                                                                                Nivea Patrocinio est employée de l’association Faces do Brasil, financée par le gouvernement pur organiser l’approvisionnement des hôpitaux en produits locaux, afin de rendre accessible une alimentation de qualité et de créer des débouchés pour le petits paysans. Elle craint que ce type de programme soit remis en cause à l’issue de la crise politique. « Ce qu’il se passe représente un grand risque pour l’économie sociale, dit-elle. Nous savons que le Parti des travailleurs est corrompu, mais tous le sont. Tout cela n’est qu’un prétexte pour détourner l’attention de l’opération Lavo Jato (station de lavage, Ndlr), qui touche tous les partis, y compris celui des Travailleurs.« 
Dessin ci-dessus de Lardon du journal satirique Zelium
Lire aussi : Le Brésil qui s’encanaille destitue Dilma Rousseff
Publié dans Démocratie, International

Europe – « Avec les migrants, où est passée notre humanité ? » par Nicolas Hulot

Le Monde | 02.05.2016 par Nicolas Hulot, producteur, écrivain et président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme.

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« Maudits soient nos yeux fermés  ! Ce qui nous fait défaut, ce ne sont pas les moyens, c’est la compassion »
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Cinq ans de conflits en Syrie, 5 millions de réfugiés dans les pays voisins, 7 millions de personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie, 1 million de personnes ayant traversé l’Europe, et cela s’ajoute à l’inexorable exode des damnés de la terre qui fuient l’Afrique, ses conflits et la désertification.
Derrière les chiffres qui effraient et qui effacent les hommes et leurs souffrances, peut-on mettre des visages et des histoires ? Peut-on surtout réaliser que cela pourrait être chacun d’entre nous si le hasard de la loterie génétique et géographique ne nous avait pas fait naître du bon côté de la barrière ?
Le pire n’est pas dans l’incapacité de l’Europe à faire face à cette tragédie ordinaire, mais dans l’absence de l’expression d’une simple volonté. Pas la moindre organisation humanitaire digne de ce nom face à des horreurs annoncées et si prévisibles. L’Europe démontre, si besoin était, sa faiblesse politique et le peu de cas que nous faisons de nos valeurs.
La France, jadis patrie des droits de l’homme, n’est-elle devenue que le pays de la Déclaration des droits de l’homme ? Face aux barbelés de Calais ou aux expulsions de Vintimille, on peut se le demander. Est-ce la perspective des prochaines échéances électorales qui nous tétanise au point d’en faire un contre-argument électoral ? Est-ce la peur légitime du terrorisme que nous reportons abusivement sur ce phénomène ? Sommes-nous prisonniers de nos amalgames ? La classe politique tout entière s’est peu exprimée sur le sort de ces familles. Il n’a été question que de « tri » entre les migrants économiques et les réfugiés. On a juste invoqué le ­contrôle aux frontières et agité le ­spectre de « l’appel d’air ».
Quotas sordides
Sommes-nous si peu nombreux à être troublés par l’accord conclu entre ­l’Europe et le président turc pour refouler les nouveaux arrivants en Grèce vers la Turquie qui héberge déjà plus de 2 millions de réfugiés ? Est-ce démagogique de noter que le Liban abrite l’équivalent d’un quart de sa population, un million et demi de réfugiés, et que ­l’Europe, avec un demi-milliard d’habitants, échoue et renâcle à en accueillir quelques dizaines de milliers ?
L’histoire témoigne de situations où l’Europe et la France ont su gérer l’accueil de déplacés très nombreux sans provoquer de chaos. Je pense notamment aux conséquences de la guerre au Vietnam (en 1979, au moment de la crise des boat people, nous avons accueilli 150 000 personnes) ou de l’indépendance algérienne.
Et nous mégotons sur des quotas sordides, la France peinant à proposer d’accueillir 30 000 réfugiés dans les deux années qui viennent. Cette arithmétique glaciale est juste un déni de réalité. Toutes les barrières du monde ne pourront endiguer cette vague de détresse. Il en est du désespoir comme de l’eau : rien ne l’arrête, elle finit toujours par trouver son chemin.
L’histoire n’est jamais amnésique et mettra en relief où nous auront mené cette lâcheté collective et nos petits reniements. Nul doute qu’elle nourrira à brève échéance la haine de demain à ­notre égard. Mettons-nous une seconde dans la peau de ces pauvres damnés qui ont fui la barbarie et la mort, ont rejoint l’Europe ou ses frontières au terme d’une odyssée inhumaine pour échouer ici ou là dans un nouvel enfer, parqués comme des pestiférés. Le Parlement danois a même décidé de confisquer aux arrivants leurs maigres biens en gage de leur hébergement, sous l’œil à peine choqué de la communauté européenne.
J’ai conscience qu’on ne répond pas aux crises avec de bons sentiments. Plus encore, j’ai conscience de l’extrême complexité, de la gravité de la situation et d’être incapable d’esquisser un scénario de résolution. Mais peut-on distinguer dans cet entrelacs ce qui procède du traitement au long terme, notamment la fin du conflit syrien, et de la misère en Afrique, de l’urgence humanitaire pure, et s’y concentrer prioritairement ?
damien caremeCe qu’a fait Damien Carême, le maire de Grande-Synthe, sur sa seule volonté et contre l’avis de l’Etat, avec l’aide de Médecins sans frontières pour transformer un cloaque en camp digne de ce nom, n’est-il pas un exemple reproductible  ? Ce qu’a décidé la commune de ­Cancale (Ille-et-Vilaine) en mettant à disposition un hôpital désaffecté pour des dizaines de familles ne peut-il pas être une initiative qui inspire un plan national  ? Au passage, soulignons que, dans ces deux cas, tout s’est fait avec le soutien de la population et sans le moindre incident. Précisons aussi qu’à Grande-Synthe, une permanence humanitaire est assurée entre autres par des bénévoles bretons qui, d’habitude, organisent le festival des Vieilles Charrues.
Héros invisibles
Juste pour dire qu’heureusement, dans l’ombre et sans soif de reconnaissance, il y a une belle citoyenneté qui agit, des héros invisibles. Oui, il y a de nombreux exemples où l’on résiste à la résignation, qui doivent inspirer une mobilisation et un plan d’action. Dans le même esprit, notons la magnifique initiative civile et européenne de l’ONG SOS Méditerranée – associée à Médecins du monde – qui, avec son bateau Aquarius, est la seule à assurer une veille permanente en haute mer pour secourir les naufragés. C’est en creux une honte pour l’Europe… Comment 28 Etats n’ont-ils pas été capables de réunir une flotte humanitaire pour sauver des vies que l’on sait à l’avance en péril ? On peut et on doit encore le faire.
Nous devons aussi, à court terme, ­réduire les délais de traitement des ­demandes d’asile (environ seize mois). Nous devons ouvrir des couloirs humanitaires pour substituer aux voies irrégulières massives de passage des voies régulières à la hauteur. Et un corridor pour réinstaller en Europe les réfugiés directement depuis les pays voisins de la Syrie.
Il faut aussi un appui beaucoup plus massif aux pays voisins de la Syrie pour les aider à faire face à l’afflux. Tout cela n’exonère pas la maîtrise des frontières et la lutte contre les passeurs. Mais surtout ne peut-on organiser une coordination Etat, régions, territoires, communes pour évaluer les capacités de chacun à se partager l’accueil ? Et, à plus grande échelle, un sommet international pour répartir les obligations de solidarité et d’assistance face à la crise des migrants me semble une nécessité première.
J’entends déjà la remarque sur nos sans-abri qui ne sont pas mieux lotis. Mais nous devons avoir un sursaut de conscience, pour eux aussi. Où sont les Aron et Sartre qui, en 1979, avaient traversé la cour de l’Elysée pour demander à Giscard d’accueillir les boat people ? Où sont les concerts des artistes pour les enfants syriens, les collectes dans les écoles comme dans les années 1980 pour l’Ethiopie ? Et que dit la jeunesse face à la plus grande crise humanitaire depuis la seconde guerre mondiale ?
Maudits soient nos yeux fermés  ! Ce qui nous fait défaut, ce ne sont pas les moyens, c’est la compassion. Je sais que les gens heureux – ni les autres d’ailleurs – n’aiment qu’on leur parle de choses tristes. La douleur des faibles se renforce de la faiblesse et de l’indifférence des nantis.

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Nicolas Hulot (Producteur, écrivain et président de la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme)
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Malgré la crise, la France va produire plus de cochons grâce aux subventions européennes

Le Canard Enchaîné – 27/04/2016 – Conflit de Canard –
famille-de-porcs-33348434Cocorico ! Cette année, la France va produire encore plus de cochons que l’année dernière. Comptez au bas mot 250 000 porcs supplémentaires. tout ça grâce, notamment, au PACE, le plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles. Bruxelles, le ministère de l’Agriculture et nos conseils régionaux ont décidé de mettre la main à la poche pour distribuer, d’ici à 2020, 1,2 milliard d’euros entre autres pour les porcheries. Cela pour des fermes toujours plus performantes et plus grandes, pour fabriquer toujours plus de lait, plus de cochons… Et tant pis si, à force de produire à tout berzingue, les éleveurs vendent à perte.
Prenez le prix du porc industriel : aujourd’hui, il arrive que l’agriculteur le cède à l’abattoir 1,25 euro le kilo, alors qu’il a dépensé pour l’engraisser 1,76 euro le kilo. En clair, notre éleveur peut perdre jusqu’à 61 euros par cochon. Çà, c’est de la logique productiviste ! Au lieu de favoriser la qualité, la transformation à la ferme et les circuits courts, tout ce qui permettrait à l’éleveur de mettre du beurre dans les épinards en regonflant sa marge, on aggrave à coups de subventions une crise de surproduction.
dessindagir_decretazote_1_0Un tour de cochon aussi pour le consommateur, qui récupère dans l’assiette du jambon insipide issu d’un animal privé de la lumière du jour et gavé de granulés énergétiques. Sans compter le désastre écologique des nitrates et des algues vertes, que les éleveurs sont censés éponger en construisant des méthaniseurs. Stéphane Le Foll, notre ministre de l’Agriculture n’a-t-il pas lancé le plan Énergie Méthanisation Autonomie Azote pour équiper un millier fermes d’ici à 2020, au rythme de 130 par an ? Bien sûr, cette course à la compétitivité coûte cher : malgré les aides, l’éleveur doit s’endetter auprès des banques Quand les plus fragiles mettent la clé sous la porte – 22 000 exploitations sont actuellement au bord de la faillite -, les plus gros en profitent pour racheter. Ce qui favorise les élevages XXL façon ferme des mille vaches.
Une modernisation de l’agriculture vivement encouragée par le principal syndicat, la FNSEA. Sa vice-présidente, Chrisiane Lambert, vient d’ailleurs d’investir 920 000 euros pour moderniser sa porcherie en Maine-et-Loire. Avec 230 truies, elle fera désormais 5 400 porcelets à l’année, soit 400 de plus qu’avant, engraissés sur place. Le tout arrosé par 160 000 euros de subventions : 124 000 grâce au PACE plus 40 000 euros généreusement donnée par Terrena, la première coopérative agricole qui lui a aussi accordé un prêt de 72 000 euros. Le géant de l’agrobusiness a raison de donner un coup de pouce à la numéro 2 de la FNSEA. C’est non seulement une adhérente mais aussi la vice-présidente de l’Association internationale pour une agriculture écologiquement intensive, une structure qu’il  a dûment créée et qu’il sponsorise.
Comme on dit, allons-y franco de porc !
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Tafta : ce que révèlent les documents confidentiels sur la négociation transatlantique

LE MONDE |  02.05.2016
C’est une première depuis le lancement en 2013 des négociations du « Tafta », le traité commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Le Monde a pu consulter une série de documents de négociation confidentiels très récents, et totalement inédits, obtenus par Greenpeace Netherlands, l’antenne néerlandaise de l’ONG environnementale.
Ils abordent quasiment tous les aspects de cette très vaste négociation, de l’abaissement des tarifs douaniers aux mesures sanitaires, en passant par la coopération réglementaire, censée rapprocher les normes des deux rives de l’Atlantique pour faciliter les échanges commerciaux.

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Une manifestation anti-TTIP à Hanovre (Allemagne), lors de la visite du président Obama, le 23 avril. KAI PFAFFENBACH / REUTERS
Ces documents permettent d’éclairer un texte qui suscite la méfiance tant par son contenu que par l’opacité des discussions à huis clos qui président à son élaboration. Représentant les deux tiers de l’ensemble des textes discutés, la fuite couvre 13 chapitres. Il s’agit, pour l’essentiel, de ce qui a servi de base au dernier cycle de négociation du TTIP (le nom officiel du futur traité), le treizième, entre l’administration Obama et la Commission européenne, qui s’est tenu du 25 au 29 avril, à New York.
Des documents inaccessibles même aux parlementaires
Ces documents seront rendus publics par Greenpeace dans leur intégralité lundi 2 mai à 11 heures. Leur intérêt principal est qu’y figurent non seulement la position de négociation des Européens mais aussi celle des Américains, qui jusqu’à présent, était restée totalement confidentielle. Les eurodéputés, qui ont bataillé pour être mieux informés de la teneur des discussions, n’ont pas accès à des documents aussi complets.
Le grand public encore moins… même si la Commission de Bruxelles, sous la pression des ONG et des mouvements citoyens anti-Tafta, a accepté, ces derniers mois, de jouer davantage la transparence, en publiant notamment le mandat de la négociation (son périmètre), certaines de ses positions et en « débriefant » les médias avant ou après chaque « round » de négociation.
Les Américains campés sur leurs positions
Cette série de documents confirme à quel point la discussion est déséquilibrée et peu avancée. Les Européens, plus impliqués et plus intéressés à la négociation, ont produit davantage de propositions. Ils veulent notamment obtenir un accès plus grand aux marchés publics américains, la reconnaissance de leurs indications géographiques et appellations d’origine (comme le parmesan ou le chablis) et une harmonisation la plus poussée possible des standards industriels (automobile, cosmétique…).
Les Américains restent de leur côté campés sur leurs positions, bien peu enthousiastes. Malgré l’insistance européenne, ils se refusaient toujours, après douze cycles de négociation, à ouvrir les discussions sur la coopération réglementaire dans les services financiers, ou à dissiper les interrogations des Européens sur la portée réelle de l’ouverture des marchés publics (que les Etats fédérés pourraient contourner). Ils font également des concessions européennes sur la question du transfert des données numériques (rendue très sensible par les scandales de surveillance de la NSA) une condition sine qua non des avancées significatives dans le secteur des télécommunications, et restent réticents à lever leurs restrictions d’exportation sur le gaz naturel.

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Une bannière pro-TTIP lors de la visite du président Obama à Hanovre (Allemagne), le 25 avril. WOLFGANG RATTAY / REUTERS
L’horizon d’un accord fin 2016 s’éloigne
Les documents consultés par Le Monde confirment que les négociateurs américains utilisent désormais la conclusion du traité transpacifique (TPP), en février, pour peser dans les échanges. L’administration Obama avait clairement signifié à la Commission, en 2015, que sa priorité était de conclure cet accord de libre-échange avec onze partenaires d’Amérique latine, d’Asie et d’Océanie, et qu’elle ne s’investirait pleinement dans le Tafta qu’une fois qu’il aurait été conclu. Pour forcer la main des Européens, elle exige aujourd’hui sur plusieurs dossiers que le Tafta ne soit pas « moins ambitieux que le TTP ».
Les Européens avaient encore espoir, fin 2015, qu’un accord politique pourrait être trouvé fin 2016. Un vœu pieux que l’on retrouve bien dans un briefing tactique de la Commission de Bruxelles, qui promet d’accélérer les discussions, avec pour ligne de mire des « progrès substantiels » d’ici l’été 2016. Mais le document rappelle que le respect des intérêts européens et américains et la « haute ambition » de l’accord prévalent « sur la rapidité ».
Peu d’avancées sur les tribunaux d’arbitrage
L’horizon d’un compromis politique avant la fin du mandat d’Obama se révèle d’autant plus incertain que les discussions sur l’un des volets les plus controversés du Tafta en restent à leurs balbutiements. La reprise en février des négociations (longtemps gelées) sur les tribunaux d’arbitrage (dits « ISDS ») chargés de trancher les litiges entre les entreprises et les Etats n’a donné lieu qu’à une présentation formelle aux Américains de la nouvelle doctrine européenne, le « système de cour d’investissement » (ICS), doté d’un meilleur encadrement pour prévenir les dérives portant atteintes à l’intérêt général.
Si les négociateurs se félicitent d’une « atmosphère ouverte et constructive », les échanges se sont cantonnés aux aspects mineurs de la proposition européenne, sans s’attaquer à la grande réforme institutionnelle, qui vise à instaurer une cour dotée de juges permanents et d’un mécanisme d’appel. Impossible donc de savoir si les Américains consentiront à ce compromis, sans lequel le Tafta pourrait bien ne jamais voir le jour, faute de soutien politique.
Vers une reconnaissance mutuelle des normes
Cette fuite rappelle aussi – notamment en ce qui concerne la partie réglementaire – que les réglementations des deux côtés de l’Atlantique sont très divergentes. Et montre que, pour surmonter cette difficulté, les parties envisagent de pratiquer la reconnaissance mutuelle des réglementations (l’UE reconnaît la norme américaine comme équivalente à la sienne, et donc acceptable), plutôt que l’harmonisation (l’UE et les Etats-Unis modifient leurs normes respectives pour les faire converger). Jorgo Riss, chef du bureau de Greenpeace UE à Bruxelles, s’en inquiète :
« Les promoteurs du Tafta nous disent que son principal intérêt est davantage d’ordre géopolitique qu’économique. Mais ces documents montrent que cet argument ne tient pas. L’UE et les Etats-Unis vont vers une reconnaissance mutuelle de leurs standards, ouvrant la voie à une course vers le bas des multinationales en matière d’environnement et de santé publique. Le Tafta cherche donc bien à consacrer une approche de “si c’est assez bon pour nous, c’est donc assez bon pour eux”. »
Une menace pour le principe de précaution
Les Américains n’entendent pas faire de compromis. C’est particulièrement frappant en ce qui concerne la coopération réglementaire, un des aspects les plus novateurs et les plus importants du Tafta. Les promoteurs de l’accord insistent en effet pour dire que la majorité des avantages de l’accord proviendrait de la réduction des différences réglementaires qui, comme les droits de douane, se révèlent souvent de vraies barrières au commerce.
Washington insiste sur la nécessité de procéder à des études d’impact en amont de toute réglementation (« regulatory impact assessment »), qui devraient obéir à des règles très strictes et qui ressemblent à autant d’obstacles à franchir avant de pouvoir réglementer. Ces études d’impact devraient prendre en compte « le besoin d’une régulation » et inclure notamment « l’examen des alternatives réglementaires ou non réglementaires raisonnablement envisageables (y compris l’option de ne pas réguler) ».
« Cette manière de réglementer avec des études d’impact systématiques aurait pour effet probable de retarder ou de prévenir des régulations auxquelles s’opposent les intérêts économiques, souligne M. Riss, de Greenpeace. A Bruxelles, la Commission procède déjà par études d’impact, mais c’est beaucoup moins systématique, et la capitale de l’Europe est bien moins contrôlée par les lobbys que Washington. »
En l’état, le Tafta serait surtout susceptible de porter un coup au principe de précaution, qui permet aujourd’hui à l’Europe de refuser certains produits et pratiques au nom de la santé ou de l’environnement. Il inverserait la charge de la preuve, en contraignant les autorités à justifier chacune de leurs décisions par des preuves tangibles de dangerosité – pas toujours consensuelles, comme l’illustre le débat sur les OGM. Malgré les assurances récentes de la commissaire au commerce, Cecilia Malmström, les Européens ne font référence à aucun moment à ce principe central dans les documents de négociation du Tafta fuités.
La Commission se défend d’un « accord au rabais »
Attention toutefois, ces textes sont une photographie, datant d’il y a à peu près un mois, de l’état des négociations entre Europe et Etats-Unis. Depuis, les discussions ont progressé, lors du 13e round. A en croire les négociateurs, qui se sont exprimés lors d’une conférence de presse commune, vendredi 29 avril, des avancées ont eu lieu dans le domaine des procédures douanières, qui devraient faciliter la vie des PME. Ils ont aussi fait des progrès sur la reconnaissance réglementaire dans le domaine des appareils médicaux, des cosmétiques et de la pharmacie.
Par ailleurs, il s’agit de positions de négociation : chacun campe sur ses positions, et il est évidemment impossible de préjuger du résultat final, de là où les parties choisiront d’« atterrir » dans les mois et les années qui viennent.
La Commission européenne, consciente des réticences fortes d’une partie des opinions publiques, toujours très mobilisées, a promis qu’elle ne négocierait pas un accord au « rabais ». Dans un état des lieux du Tafta, rendu public mercredi 27 avril, en plein milieu du 13e cycle de négociations à New York, elle insiste ainsi : « Le principe qui nous guide est que le résultat de la coopération réglementaire ne doit pas conduire à un abaissement des standards de protection, qui devraient rester les mêmes ou être améliorés. »
Quels documents va publier Greenpeace ?
L’ONG s’est procuré 15 documents liés à la négociation, totalisant 248 pages, qui seront intégralement publiés lundi 2 mai à 11 heures sur son site web.
1 document tactique européen : Etat des lieux de l’équipe de négociation européenne datant de mars 2016
13 documents de négociation en cours de consolidation (qui reflètent l’état des discussions à l’issue du douzième cycle de négociation) :
  • Traitement national et accès au marché pour les biens
  • Agriculture
  • Services
  • Télécommunications
  • Commande publique
  • Coopération réglementaire
  • Barrières techniques au commerce
  • Mesures sanitaires et phytosanitaires
  • Droits de douane et facilitation du commerce
  • Concurrence
  • PME
  • Entreprises publiques
  • Résolution des différends entre Etats
  • 1 document de négociation américain : Il reste a priori 5 documents de négociation consolidés qui n’ont pas fuité :
    Annexe expliquant la proposition américaine de chapitre anti-corruption liée à la commande publique
    • E-commerce
    • Services financiers
    • Cohérence réglementaire
    • Règles d’origine
    • Recours commerciaux
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Les décodeurs : « Les députés ne sont jamais à l’Assemblée » et sept autres clichés sur les parlementaires.

Le Monde.fr | 17.04.2015
 Les décodeurs du Monde.fr vérifient déclarations, assertions et rumeurs en tous genres ; ils mettent l’information en forme et la remettent dans son contexte; ils répondent à vos questions.

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Des dispositions essentielles de la très polémique loi sur le renseignement, votées par une trentaine de députés dans un hémicycle vide ? L’image a provoqué l’indignation des internautes en ce début de semaine. Pourtant, si elle peut paraître scandaleuse, la réalité de la vie parlementaire est souvent différente de ce genre de clichés.
1/ « Les députés ne sont jamais là, les votes ont lieu dans des hémicycles vides »
L’absentéisme des députés est un mal ancien, souvent lié au fait que ceux-ci cumulent avec d’autres mandats électifs. Toutefois, la réforme de 2008 n’a pas arrangé les choses pour ce qui est des présences en séance publique. Désormais, les textes examinés en séance sont ceux adoptés par la commission : le vrai travail de modification du texte se fait donc surtout en commission et la séance n’est bien souvent qu’une répétition de ce qu’il s’est déjà dit en commission.
Autre particularité, la « discussion générale » qui ouvre chaque débat de texte est particulièrement inintéressante pour les députés qui sèchent souvent cette première partie : pendant des heures, des orateurs défilent à la tribune pour expliquer en 5 à 10 minutes leur point de vue sur le texte. Les mêmes arguments sont souvent répétés en boucle par plusieurs personnes – arguments qui ont par ailleurs déjà été exposés dans les médias le plus souvent – et aucun débat à proprement parler n’est possible pendant cette période. C’était le cas lundi 13 avril après-midi, pour les premières heures du débat sur le texte sur le renseignement.
En ce qui concerne les votes d’articles les uns après les autres lors des débats en séance, il arrive souvent que quelques dizaines de députés soient effectivement là pour les voter, surtout s’ils ont lieu tard le soir. En revanche, les élus sont toujours pratiquement tous là pour les « votes solennels » de l’ensemble des textes qui ont lieu le mardi et qui sont les plus importants pour l’adoption finale, même si tout a déjà été adopté dans le détail. Cela peut parfois créer confusions et frustrations, et la loi Macron en a été un bon exemple. Lors de la séance de question au gouvernement du 17 février, le rapporteur général du texte, le socialiste Richard Ferrand a rappelé que, « après quatre-vingt-deux heures d’examen en commission et plus de cent heures de débat dans cet hémicycle, les articles du projet de loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques ont été adoptés », les uns après les autres. Pourtant, au moment de voter tout le texte, l’après-midi même, des voix risquaient de manquer et le gouvernement a donc décidé de faire usage du 49-3.
En outre, si un député est présent à moins des deux tiers de ces votes solennels, cela peut entraîner une retenue du tiers de l’indemnité de fonction pour une durée égale à celle de la session (voire de la moitié si le même député a pris part à moins de la moitié des scrutins).
2/ D’ailleurs, lorsqu’ils ne sont pas dans l’hémicycle, c’est qu’ils ne travaillent pas
En sus du travail en séance attendu de la part des députés, ces derniers siègent tous dans des commissions permanentes qui sont au nombre de huit : affaires culturelles et éducation, affaires économiques, affaires étrangères, affaires sociales, défense, développement durable, finances, lois auxquelles s’ajoutent la commission des affaires européennes. Ces commissions se réunissent chaque mercredi matin soit pour examiner des textes, soit pour mener des auditions. D’autres travaux occupent également les élus : des commissions d’enquête (il y en a deux en ce moment, une sur les missions et modalités du maintien de l’ordre républicain et du droit de manifestation et une sur la surveillance des filières et des individus djihadistes) mais aussi des missions d’information telles que le groupe de travail sur les institutions, présidé par Claude Bartolone et qui se réunit une fois par semaine, ou encore la commission sur le numérique, présidée par le socialiste Christian Paul. Individuellement, les députés se voient aussi régulièrement attribuer des missions de réflexion sur des sujets divers, comme en ce moment les socialistes Malek Boutih et Sébastien Pietrasanta, « parlementaires en mission » sur la radicalisation islamiste.
Enfin, des élus siègent également dans d’autres instances telles que la délégation parlementaire au renseignement, la commission supérieure du service public des postes et des communications électroniques ou encore divers offices parlementaires, groupes d’amitiés et autre comités.
Un député doit aussi se rendre dans sa circonscription pour y tenir une permanence et rencontrer ses administrés, ce qui implique donc des allers-retours entre Paris et la circonscription, et une partie du temps passé hors de l’Assemblée, souvent les lundis et vendredis.
3/ Les parlementaires touchent des millions
7 100 Un député gagne 7 100 euros par mois brut en additionnant ses diverses indemnités. Il dispose en outre de 5 570 euros, qui lui permettent de régler des frais divers (transport, réception,etc). Depuis quelques semaines, cette indemnité représentative de frais de mandat ne peut plus servir à acheter de l’immobilier (les précisions sur l’encadrement de l’RFM). Enfin, il dispose de 9 604 euros brut pour rémunérer ses collaborateurs.
Un sénateur est peu ou prou à la même enseigne : 7 100 euros brut d’indemnités diverses en guise de salaire, plus une indemnité pour frais (plus élevée que celle des députés) à 6 037 euros brut. Un sénateur n’a « que » 7 500 euros pour rémunérer ses collaborateurs, moins qu’un député.
Ces rémunérations sont à n’en pas douter plus que confortables. Elles ne sont cependant pas les plus élevées en Europe : un parlementaire grec touche 8 500 euros net par mois, un Allemand, 7 688 euros, selon une enquete de MyEurop.info.
4/ Ils ne paient rien, on leur paie tout !
Là encore, ce n’est pas tout à fait exact. Certes, il y a bien pire situation que celle de député ou de sénateur : un parlementaire bénéficie d’avantages importants : gratuité des transports en train en première classe, forfait de voyages aériens,  remboursement de forfaits mobiles et des abonnements Internet, notamment. Ils bénéficient aussi d’un bureau à Paris. Mais « tout » n’est pas gratuit. Un député doit se loger à Paris, recruter des collaborateurs, louer des bureaux pour sa permanence en circonscription, équiper ses collègues d’ordinateurs et de téléphones.
Surtout, la carrière d’un député n’est pas forcément très longue. L’élu, qui a souvent quitté ses fonctions « civiles », devra les retrouver au terme de son mandat, s’il y parvient. Ce qui, pour un médecin, un avocat ou un entrepreneur, peut poser de réelles questions financières.
5/ Et en plus ils ne paient pas d’impôts sur leurs salaires
Etrange rumeur, qui a la vie dure : les parlementaires sont pourtant bel et bien imposés sur leurs revenus. Evidemment, l’imposition porte sur leur seule indemnité « personnelle », et donc pas sur l’indemnité pour frais de mandats ou sur la rémunération des collaborateurs.
S’agissant de l’IRFM (Indemnité représentative de frais de mandat), la question peut se poser, puisqu’elle constitue bel et bien une forme de revenu. Autre bizarrerie : parmi les nombreuses indemnités qui composent le revenu d’un parlementaire, l’indemnité de fonction (1 420 euros environ) n’est pas imposable. Un député ne doit donc s’acquitter d’impôts que sur le reste de son traitement, soit 4 000 euros net environ.
Mais députés comme sénateurs paient bien des impôts sur le revenu, TVA ou taxe foncière. Et, rappelons-le, c’est aussi le cas des parlementaires européens.
6/ Ils ont des chauffeurs et des logements de fonction
L’Assemblée a son propre parc automobile avec chauffeurs, au nombre de 63 selon des informations de 2012, soit une moyenne de un chauffeur pour neuf à dix députés. Ces chauffeurs peuvent être affectés au service d’une personnalité comme le président de l’Assemblée nationale, les vice-présidents, les présidents de groupe politique ou de commission, ou bien travailler au sein d’un « pool », mais ils ne sont jamais affectés au service d’un « simple » député.
Quand les élus rentrent dans leur circonscription, c’est bien souvent en train et c’est ensuite leur voiture personnelle qu’ils récupèrent sur le parking de la gare. Si certains députés peuvent avoir un chauffeur à disposition en circonscription, ce n’est que grâce à leur éventuel autre mandat, comme les présidents d’agglomération, de conseil général départemental ou régional. Quant aux logements de fonction, ils ne sont offerts qu’à quelques personnalités de l’Assemblée : c’est le cas du président, qui dispose de l’hôtel particulier de Lassay et des trois questeurs, qui occupent chacun un appartement dans l’hôtel de la questure au sein du Palais-Bourbon.
Tous les députés disposent en revanche d’un bureau, dont certains seulement avec lit (en général attribués aux élus dont la circonscription est la plus éloignée de Paris). Les autres qui n’habitent pas Paris peuvent dormir dans une résidence de la rue Saint-Dominique, pour 30 euros (non remboursés) par nuit ou dans un l’hôtel du groupe Accor (qui gère aussi la résidence), avec un remboursement maximum de 140 euros par nuit.
7/ Ils récupèrent des primes dès qu’ils ont une responsabilité
Les parlementaires n’ont aucun intérêt financier à siéger dans une commission ou une mission en plus de la commission permanente à laquelle ils sont rattachés. Leur participation n’affecte en rien le montant de leur indemnité et ils ne touchent ni prime ni autre avantage. En revanche, les députés trop souvent absents aux réunions de leur commission permanente se voient infliger des pénalités financières, à savoir une retenue de 25 % sur le montant mensuel de leur indemnité de fonction. Cette retenue n’est pas applicable aux membres du bureau de l’Assemblée nationale – hormis les secrétaires –, aux présidents de groupes et aux élus d’une circonscription située hors du continent européen.
8/ Ils touchent beaucoup d’argent après leur mandat
Récemment, une proposition de loi adoptée par le Parlement a fait parler d’elle au motif qu’elle offrirait un « parachute doré » aux députés en « doublant l’indemnisation des élus à la fin de leur mandat », selon l’association Contribuables associés. Comme nous l’avions déjà expliqué, ces critiques étaient exagérées et se fondaient sur des raccourcis, au premier rang duquel le fait que le texte ne concernait que les élus locaux – et non les députés. Le régime de retraite des parlementaires est cependant très avantageux.
A l’issue de leur mandat, les députés quant à eux reçoivent bien une « allocation d’aide au retour à l’emploi » dégressive et différentielle (elle prend en compte tous les autres revenus de l’ex-élu) d’une durée maximale de trois ans mais, financée par leurs cotisations et ne concernant ni les fonctionnaires ni les retraités. Agacée des rumeurs infondées sur ce sujet, la député UMP Laure de la Raudière y avait d’ailleurs consacré un post de blog en 2011.
Samuel Laurent Responsable des Décodeurs – Vérifications, contexte, données.
Hélène Bekmezian Journaliste au Monde
Note : Il y a aussi le cas de ceux (ils sont nombreux) à cumuler plusieurs mandats ou fonctions
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Le projet de loi El Khomri est une impasse

L’âge de faire journal alternatif mensuel -Mai 2016 – Eric Berr, des Économistes Atterrés –
Le projet de loi El Khomri puise son inspiration dans la pensée économique libérale la plus pure, qui nie l’existence d’antagonismes sociaux et entérine ainsi le fait qu’il n’y aurait pas de lien de subordination entre employeur et employé.
Mais la vraie vie ne fonctionne pas comme un modèle économique libéral. Dans la varie vie, seuls les employeurs ont le pouvoir d’embaucher ou de licencier, ce qui suppose bel et bien l’existence d’un lien de subordination au sein de l’entreprise, raison pour laquelle le Code du travail a été créé, il y a un siècle, afin de protéger le plus faible. Nier la relation de subordination, donc l’existence d’un rapport de forces, revient dans les faits à renforcer le pouvoir de l’employeur dans les négociations.
sans-titreC’est ce parti pris, assumé par le gouvernement, qui est dangereux. En se positionnant délibérément du côté des (grandes) entreprises, il relègue le salarié au rang de simple variable d’ajustement.  Aveuglé par sa logique de l’offre et ses politiques de compétitivité, qui passent par la baisse du coût du travail et l’assouplissement des règles, donc du droit du travail, le gouvernement nie tout problème de demande. Pourtant, les entreprises le disent elle-mêmes, c’est bien en raison d’une insuffisance de la demande qu’elles n’embauchent pas. Dès lors, il convient de prendre de projet de loi pour ce qu’il est réellement : un pas supplémentaire dans la libéralisation de l’économie et des relations humaines, et en aucun cas un projet cherchant à réduire le niveau du chômage. Qui peut d’ailleurs croire que la réduction de la majoration des heures complémentaires – de 25 % à 10 % – pourrait créer de l’emploi ? De même, l’inversion de la hiérarchie des normes – visant à privilégier les négociations d’entreprises au détriment de la loi – va dans les faits créer des distorsions de concurrence puisque les conditions de travail pourront différer d’une entreprise à l’autre, là où la loi assure les mêmes règles du jeu à tous ?
Précarité et flexibilité
0_aaaa14L’autorisation de referendums d’entreprise, quand à elle, fragilisera la capacité de résistance des syndicats et facilitera l’adoption de mesures augmentant la flexibilité et la précarité pour les salariés. Le Medef affirme avec force que les entreprises ont besoin de visibilité, ce qui est souhaitable en effet. Mais cette visibilité provient du taux de remplissage des carnets de commande, donc de la demande. Ce projet de loi, en fragilisant les salariés sous couvert de flexibilité, pénalise la demande et joue en fait contre l’emploi.
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Un mois après, « Nuit debout » est toujours dans la place

LE MONDE | 30.04.2016 à 08h00 • Mis à jour le 30.04.2016 à 10h54 | Par Violaine Morin
Depuis le 31 mars, la place de la République est occupée chaque soir par le mouvement Nuit debout, réuni la première fois après une manifestation contre la loi travail.
En trente jours d’occupation, Nuit debout s’est organisée et s’est imposée dans les médias, même si elle refuse toujours d’avoir un leader, un porte-parole et une liste claire de revendications. Bilan des différents enjeux de Nuit debout, un mois après le début du mouvement.

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Des centaines de manifestants participent à des discussions lors d’une « AG » (assemblée générale) organisée au cours de la sixième Nuit debout, le 5 avril sur la place de la République à Paris. Ce mouvement, né après la manifestation contre la « loi travail » du 31 mars, attire de plus en plus de monde chaque soir autour d’animations et de débats. OLIVIER LABAN-MATTEI / MYOP POUR « LE MONDE »
Qui sont les participants à Nuit debout ?
Le mouvement d’occupation de la place de la République réunit des publics assez divers, selon les heures de la journée. En fin d’après-midi, les passants, curieux et habitants du quartier sont nombreux, mais dans la journée et tard le soir, un public plus militant, qui regroupe des sensibilités « à la gauche de la gauche » est majoritaire. Les étudiants forment une bonne partie du public de Nuit debout, mais tous les âges sont représentés, du lycéen au retraité.
Que veut Nuit debout ?
Les revendications de Nuit debout ne sont toujours pas claires, en vertu de cette phrase délivrée par l’économiste Frédéric Lordon, la veille de la première occupation, dans l’amphi occupé de l’université Paris I-Tolbiac : « Nous ne revendiquons rien. » Après un mois d’occupation, le mouvement tente cependant, pour éviter l’essoufflement, de se recentrer sur la loi El Khomri, son premier chef d’action. Cela devrait permettre au mouvement de s’allier aux syndicats, en lutte contre la loi travail. Les « commissions » de Nuit debout ont planché sur de nombreux sujets, qui restent cependant à l’état de réflexion, en l’absence de direction.
4911313_6_434e_le-secretaire-general-de-la-cgt-philippe_9bf56d55331e9b2941d717abb1f85f5bA titre individuel, des syndiqués se sont intéressés de près au mouvement ou y ont participé. Mais les organisations syndicales en lutte contre la loi travail n’ont pas toutes la même position « officielle » face au mouvement. Solidaires, par exemple, est très proche de Nuit debout et a pu apporter une aide logistique et administrative au mouvement. La CGT, d’abord un peu distante, a décidé lors du congrès de Marseille de tendre la main à Nuit debout. Son secrétaire général, Philippe Martinez, est venu rencontrer, le 28 avril, une délégation, puis prendre la parole devant l’assemblée. Force ouvrière, de son côté, veut rester concentrée sur la lutte contre la loi travail.
Qui sont les organisateurs ?
Il est très difficile de déterminer qui « mène » Nuit debout. La seule chose que l’on connaît de façon certaine, c’est l’identité des initiateurs. Il s’agit d’un petit groupe de militants constitué autour de Frédéric Lordon, économiste, et de François Ruffin, journaliste, réalisateur de Merci patron ! et fondateur de la revue indépendante Fakir. Ce petit groupe a eu l’idée d’occuper la place après la manifestation du 31 mars. Il continue à proposer des directions au mouvement, suscitant parfois la méfiance de certains participants. L’idée de la soirée de « convergence » le 28 avril est née après le débat « Et après ? », durant lequel François Ruffin a appelé à se rapprocher des syndicats. Mais on ne peut pas lui en attribuer la « décision ». A Nuit debout, tout est toujours soumis au vote des commissions.
Les commissions sont le deuxième élément qui permet de dessiner une « organisation », même si, officiellement, Nuit debout n’en a pas. Elles débattent de projets et les votent, car l’assemblée générale n’est plus votante, les participants ayant jugé que le public allant et venant sur la place ne pouvait pas être considéré comme une assemblée votante stable. La semaine dernière, des tensions sont apparues, certains participants à l’AG accusant les commissions de « devenir autonomes » à leur détriment.
Nuit debout peut-elle s’étendre au-delà de la place de la République ?
Des occupations de places ont été lancées dans plusieurs villes de France, comme à Marseille, Lyon, Toulouse ou Nice. Dans l’ensemble, ces rassemblements restent modestes, avec quelques centaines de participants, et ne se déroulent pas de façon continue comme sur la place de la République. Des mouvements Banlieues debout ont été tentés en région parisienne, avec un succès mitigé.

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Les CRS et gendarmes mobiles escortent des manifestants vers la place de la République, après qu’un petit groupe est parti soutenir un « camarade » en garde à vue dans le 2e arrondissement. JULIEN MIGNOT POUR « LE MONDE »
Des débordements en marge du mouvement sont survenus, notamment le soir de la manifestation du 9 avril et la semaine suivante. Une altercation avec Alain Finkielkraut, le 16 avril, a provoqué un tollé dans la presse, qui s’est dans l’ensemble offusquée de l’accueil réservé à l’académicien par certains militants.
De nouveaux débordements ont éclaté après la manifestation du 28 avril. Cette nuit-là, vingt-quatre personnes ont été placées en garde à vue pour des dégradations et des violences. Deux véhicules ont été incendiés. La préfecture de police a mis en garde les organisateurs de Nuit debout, les incitant à se doter d’un service d’ordre et à faciliter l’évacuation de la place à l’heure de fin d’autorisation de manifester (minuit ou 1 heure du matin, selon les jours). La suite du mouvement pourrait donc être suspendue à cette question.
Que pensent les politiques de Nuit debout ?
Nuit debout suscite globalement la bienveillance à gauche, du côté du gouvernement et de la mairie de Paris, malgré quelques rappels à l’ordre sur la gestion des débordements. A droite, l’installation du mouvement a suscité des interrogations sur sa compatibilité avec l’état d’urgence. Après une dizaine de nuits debout, le parti Les Républicains avait demandé l’évacuation de la place, tout comme le Front national.
Lire la synthèse :   Depuis un mois, gauche et droite se divisent sur Nuit debout
Violaine Morin Journaliste au Monde
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Les Indégivrables – La leçon …

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Planète – Les baleines s’échouent par dizaines sur les côtes européennes, leurs estomacs remplis de déchets plastique (vidéo)

Notre planète révision : 29 avril 2016
Le plastique c’est fantastique ! Certainement… Mais à quel prix pour le vivant et l’environnement ?
Aujourd’hui la pollution marine est telle que nos océans sont envahis d’une véritable soupe de microplastiques qui se concentrent au gré des courants marins. Bien qu’invisible, cette pollution marine entraîne la mort de centaines de milliers d’oiseaux, de tortues. Et les plus gros déchets tuent des dizaines de cétacés, leurs estomacs remplis de plastique !

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Cachalot échoué sur la plage de Scheveningen (Pays-BasJulian Ilcheff Borissoff / Wikimedia – CC BY-SA
Fin juillet 2013, un cachalot (Physeter macrocephalus) de 14 m de long pour près de 50 tonnes a été découvert, échoué sur une plage de l’île de Terschelling (Pays-Bas). Les secours n’ont pas réussi à le remettre vivant à l’eau, et pour cause : une autopsie a révélé que son estomac était rempli de plastique. Et ce ne sont pas des sacs plastiques qui constituent la majeure partie de cette effroyable découverte mais des morceaux constitutifs des serres agricoles utilisées aux Pays-Bas pour cultiver notamment des tomates.
Cet échouage rappelle fortement celui d’un petit cachalot, très affaibli (seulement 4,5 tonnes pour 10 mètres de long) sur les côtes d’Andalousie en mars 2012 où 17 kg de déchets plastiques (59 morceaux) provenant des serres d’Almeria et de Grenade avaient été découverts dans son estomac. Renaud de Stephanis, membre de la station biologique de Doñana expliquait alors que les intestins du cétacé contenaient « une dizaine de mètres de cordes en plastique, des bâches servant à couvrir l’extérieur [30 mètres carrés en tout] et du plastique utilisé à l’intérieur et même deux pots de fleurs« .
Ces deux cas rejoignent quatre autres similaires : des cachalots ont été retrouvés morts parce qu’ils avaient avalé trop de plastique, confondus avec des proies comme des méduses.
2016 : Des dizaines de cachalots s’échouent en mer du Nord
Malheureusement, ces tragédies ne restent pas anecdotiques : dans les premières semaines de l’année 2016, une trentaine de cachalots se sont échoués sur les littoraux de la mer du Nord (Angleterre, Pays-Bas, Allemagne…).
Par exemple, 5 cachalots se sont échoués sur les côtes du comté de Lincolnshire en Angleterre dont trois de 30 tonnes sur une plage de la station balnéaire de Skegness. Alors qu’ils étaient encore vivants, les autorités n’ont pas tenté de les remettre au large, une opération jugée impossible vu leur poids et leur taille et la faible profondeur de l’eau : près de 30 tonnes chacun pour plus de 10 m de long.
Dans tous les cas, après l’afflux des curieux dont certains qui se sont empressés de faire des selfies, les corps des cachalots ont du être évacués des plages, un coût de plus de 33 500 euro a indiqué le conseil du East Lindsey District.

Si les premières hypothèses pointaient du doigt les exercices militaires marins en cours dans la région et la contamination radioactive de la mer, c’est encore le plastique qui est à l’origine de leur mort.
Les résultats de l’autopsie de 13 d’entre eux, ceux retrouvés non loin de la ville allemande de Tönning, dans le Schleswig-Holstein, ont montré que leurs estomacs étaient pleins de déchets plastiques. Un filet de pêches de 13 mètres, un morceau de plastique de 70 centimètres (provenant d’une automobile) et d’autres ordures avaient été avalées par hasard par les animaux qui les ont confondu avec de la nourriture.
« Les données attestent des conséquences destructrices des actions de notre société centrée sur le plastique« , a déclaré le ministre de l’environnement du Schleswig-Holstein Robert Habeck. « Les animaux dévorent du plastique, des ordures en plastique d’une manière non intentionnelle ce qui mène à leurs souffrances et, pire, à une mort de faim, leurs ventres pleins« , rapporte Sputnik.

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Le cachalot : une espèce vulnérable
Le cachalot a été chassé pendant des siècles pour son spermaceti : une substance semi-liquide et cireuse utilisée dans la fabrication des bougies, du savon, des cosmétiques, d’huile moteur, de lubrifiants, d’huile pour lampe, de crayons, pour imperméabiliser le cuir, protéger de la rouille et dans de nombreux composés pharmaceutiques.
Depuis 1981, le cachalot, dont les populations ont été décimées, est protégé, inscrit sur l’annexe I de la CITES et considéré comme « vulnérable » sur la liste Rouge de l’UICN. Il n’empêche : il est maintenant victime des filets dérivants, de la pollution chimique et des plastiques.
Que pouvons-nous y faire ?
Ces échouages impressionnants sont symptomatiques d’une industrie agro-alimentaire productiviste, incapable de gérer ses déchets et qui produit (et gâche) trop de légumes, sans respect de la saisonnalité, de l’environnement et bien souvent des travailleurs agricoles.
Ces tragédies montrent aussi la face cachée des tomates hollandaises ou espagnoles, la plupart du temps insipides, bourrées de pesticides et qui nous sont proposées toute l’année.
C’est pourquoi, la meilleure solution est de privilégier des produits alimentaires locaux, de saison et si possible BIO ! Outre les bienfaits pour notre santé, nous contribuons ainsi à diminuer la pollution qui affecte notamment la vie marine.
C’est également une alerte pour que nous changions nos comportements au quotidien vis à vis des déchets plastique.
Notes Voir : Un gigantesque « continent » de déchets se forme dans le Pacifique Nord
Les Annexes I, II et III de la Convention sont des listes où figurent des espèces bénéficiant de différents degrés ou types de protection face à la surexploitation. Les espèces inscrites à l’Annexe I sont les plus menacées de toutes les espèces animales et végétales couvertes par la CITES. Le commerce de leurs spécimens n’est autorisé que dans des conditions exceptionnelles.
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