L’hommage de Macron à Jean d’Ormesson, « une clarté qui nous manquera »

Au cœur de l’hiver et dans un froid glacial, le président a rappelé combien cet écrivain charmeur et lumineux fut un « antidote à la grisaille des jours ».
Le Monde | 08.12.2017 | Par Macha Séry
Au matin du vendredi 8 décembre, la pluie a soudain cessé, les nuages se sont dissipés et le ciel a viré au bleu radieux comme s’il ne pouvait en être autrement le jour des funérailles nationales de l’écrivain Jean d’Ormesson, mort en début de semaine, à l’âge de 92 ans.

Dans la cour d’honneur des Invalides, à midi — là même où le romancier de La Gloire de l’Empire avait assisté aux obsèques de Romain Gary, en 1980, et avait salué avec émotion, en 2003, la mémoire de son cher ami Maurice Rheims (« Toutes les fées s’étaient donné rendez-vous autour de son berceau pour le combler de leurs bienfaits ») —, le président de la République, Emmanuel Macron, a rendu un hommage inspiré au plus populaire des académiciens.
Au cœur de l’hiver et dans un froid glacial, il a rappelé combien cet écrivain charmeur et lumineux fut un « antidote à la grisaille des jours » et « ce long été auquel, pendant des décennies nous nous sommes chauffés avec gourmandise et gratitude ».

 December 8, 2017. REUTERS/Francois Mori/Pool

« Une clarté qui nous manquera et nous manque déjà »
Près de cent cinquante personnes étaient conviées à cette cérémonie d’hommage, qui a été inaugurée par une Marseillaise jouée par l’orchestre de la garde républicaine et s’est achevée par un concerto de Mozart interprété par le pianiste Karol Beffa.
Aux côtés de la famille se tenaient une trentaine de députés, quarante-cinq académiciens de l’Institut de France, dont la secrétaire perpétuelle du Quai Conti, Hélène Carrère d’Encausse, plusieurs membres du gouvernement, deux anciens présidents de la République (Nicolas Sarkozy et François Hollande), un ex-premier ministre (François Fillon), ainsi que le chancelier de l’Institut de France, Gabriel de Broglie. Derrière eux, une centaine de personnes venues faire leurs adieux à l’écrivain, la cérémonie étant ouverte au public comme le fut, au mois de juillet, celle donnée en l’honneur de Simone Veil.

« Jean d’Ormesson était de ceux qui nous rappelaient que la légèreté n’est pas le contraire de la profondeur mais de la lourdeur », un « égoïste passionné par les autres » et « une clarté qui nous manquera et nous manque déjà », a déclaré à la tribune Emmanuel Macron. Car si l’homme eut des ombres et des fêlures, qu’il dissimula par pudeur et élégance — disant écrire « parce que quelque chose ne va pas » —, « plus qu’aucun autre, il aima la clarté », a renchéri le président. Celle des eaux de la Méditerranée où il se baignait, du ciel d’Italie qu’il adorait, des pentes enneigées où il aimait skier et de l’éclat de son style.
Sa fille a découvert samedi ses dernières pages

Le 41e et dernier livre de l’écrivain doit paraître en février chez Gallimard. Son titre sonne comme un défi : Et moi, je vis toujours. La fille de Jean d’Ormesson, l’éditrice Héloïse d’Ormesson, a présenté jeudi soir sur France 5 les dernières phrases écrites par l’écrivain, trouvées samedi sur son bureau :
« Une beauté pour toujours. Tout passe. Tout finit. Tout disparaît. Et moi qui m’imaginais devoir vivre pour toujours, qu’est-ce que je deviens ? Il n’est pas impossible Mais que je sois passé sur et dans ce monde où vous avez vécu est une vérité et une beauté pour toujours et la mort elle-même ne peut rien contre moi. »

Homme brillant, espiègle, volontiers séducteur derrière son regard bleu malicieux, l’ancien directeur général du Figaro restera comme l’un des plus grands écrivains populaires français. Tous ses livres figuraient sur les listes des meilleures ventes. Privilège rare, Gallimard l’avait fait entrer de son vivant dans sa prestigieuse collection « La Bibliothèque de la Pléiade ».
Lire aussi :   Jean d’Ormesson, 6 épisodes pour décrire une certaine France
L’homme, qui avouait avoir écrit son premier roman « pour plaire à une fille » et estimait n’avoir « absolument pas la vocation à être romancier », fut élu sous la Coupole en 1973, à 48 ans, devenant alors le benjamin de l’Académie française. Avec le temps, il en était devenu le doyen.

 

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France Télévisions au régime sec

Charlie Hebdo – 04/12/2017 – Claude Ardid – 
« Je ne ferai jamais confiance à une présidente qui veut tuer l’investigation… » peste Luis (1), vieux routier du journalisme. Sa cible ? Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions : « Non seulement elle ne connaît rien à la façon dont travaillent les reporters, mais en prime, elle est très mal conseillée. »

Elise Lucet

Mercredi 29 novembre. Au 2ème étage de la société nationale, les petits groupes d' »Envoyé spécial » et de « Complément d’enquête » s’agrègent, tout en évoquant l’assemblée générale de mardi prochain. Une réunion capitale. Tous s’apprêtent à voter une motion de défiance contre la présidente. Une première pour la maison : « C’est logique, commente un ancien rédacteur en chef. Delphine Ernotte a commis une double erreur : annoncer la suppression de 27 équivalents temps plein au sein de « Complément d’enquête », d' »Envoyé spécial » et de « 13h15 le samedi »; ensuite, rétropédaler dès lendemain face à la SDJ (société des journalistes). Il n’était plus question de 27 disparitions de postes, mais de trois. Un moindre mal, mais le mal était fait. »
Les magazines ont donc sauvé leurs cases. Mais personne n’y croit. « C’est en juin 2018 que les coups vont pleuvoir, jure une figure historique de France 2. Le souffle de la révolte retombé, Ernotte aura beau jeu d’expliquer qu’il faut réaliser 50 millions d’euros d’économies. Et en plein cœur de l’été, plus personne ne pourra se défendre. »
De l’autre côté de la frontière audiovisuelle, les sociétés de production indépendantes font aussi grise mine.  « Autrefois, explique un patron de boîte de production, France 2, par exemple, finançait un reportage de 52 minutes à hauteur de 88 000 euros, soit environ 1 700 euros la minute. Avec l’apport financier du CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée), environ 30 000 euros, on passait juste, mais on y arrivait. Aujourd’hui, la donne a changé : non seulement les chaînes sont plus exigeantes avec nous en nous contraignant parfois à retourner certaines séquences sans rééquilibrage financier, mais en prime, le CNC est de plus en plus sélectif dans l’attribution des mannes financières… En règle générale, seuls les documentaires de création en bénéficient aujourd’hui. »
Désormais, produire un documentaire réussi, sans perdre de l’argent, c’est un peu le Graal. D’autant que tous les grands groupes industriels qui possèdent désormais la quasi-totalité des sociétés de production parisiennes sont très gourmands : « Quand j’ai commencé ma carrière, il y a vingt-cinq ans, dit un directeur de prod, ma société était très fière de bosser pour « Envoyé spécial ». on gagnait un peu d’argent, mais on s’en foutait. Aujourd’hui, ma boîte ayant été rachetée par un magnat de la finance, les actionnaires réclament des marges bénéficiaires allant de 20 à 30 % ! Vous imaginez les dégâts dans les rédactions… »

Ils sont colossaux. Chute brutale du nombre de jours de tournage et de montage pour les reporter : plus de CDI, mais des armées de stagiaires issus d’écoles de journalisme ou des contrats d’alternance ; des réalisateurs maison bourrés de talent à qui les directions demandent de travailler sur plusieurs docs à la fois pour amortir le coût des salaires…
Sans oublier la comparaison avec les chaînes de la TNT : W9, T, TMC…, pour ne citer qu’elles. Un seul chiffre pour résumer la situation. Quand France 2 et France 3 financent un 52 minutes à hauteur de 88 000 euros, les petits poucets de la TNT n’en donnent même pas la moitié : à peine 40 000 euros. Sans le CNC, bien sûr. Mission impossible ! C’est pour ça qu’on bouffe du reportage sur les flics ou les gendarmes à longueur de nuit sur ces chaînes : « De l’info low cost fabriquée par un jeune journaliste sous-payé, se lamente un ancien de France2. Aujourd’hui, hélas, le niveau de comparaison, de sont ces foutus pseudo-reportages. Dans les hautes sphères de l’audiovisuel public et des sociétés de prod, beaucoup se disent : « Si la TNT le fait, pourquoi pas nous ? »
(1) Le prénom a été modifié
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Johnny Hallyday – Afin de mieux le comprendre … sa faille intime.

Léon Smet, le père vagabond de Johnny Hallyday
Le JDD 10/12/2017
Son abandon à l’âge de 6 mois par un géniteur fantasque est la faille intime de Johnny Hallyday

Le père de Johnny Hallyday, Léon Smet, en 1983. (Sipa)
En ce jour de mai 1965, le sergent Smet reçoit une visite inopinée. Un homme l’attend au poste de garde de la caserne d’Offenburg, en Allemagne. C’est Léon Smet, ce père vagabond qui avait abandonné son fiston à l’âge de 6 mois, le laissant seul à même le sol après avoir vendu tout le mobilier, y compris le berceau. Depuis, Jean-Philippe et Léon ne s’étaient pas revus. Le paternel n’avait jamais cherché à renouer avec son fils, sinon pour obtenir par voie de justice une pension alimentaire de 400 francs.
Arrivé au poste de garde, le bidasse Johnny Hallyday se retrouve donc face à un homme en pardessus et borsalino qui le prend dans ses bras, l’enlace tendrement et lui offre une peluche devant… une nuée de photographes. Pour immortaliser l’événement, Léon a en effet convié la presse. Contre 5.000 francs. Quelques jours plus tard, France Dimanche écrit en gros titres : « Johnny rouvre les bras à son père ». Le rocker ne mâchera pas ses mots suite à cette parodie de retrouvailles. « ll ne s’intéresse à moi que depuis ma réussite. Je n’aurai jamais de sympathie pour cet homme-là. Mais c’est quand même mon père… C’est un faible, un instable, mais je ne le juge pas. Je dis simplement qu’il n’a pas de droit sur moi puisqu’il n’a pas assumé ses devoirs quand j’avais besoin de lui » (Télé Magazine, 19 novembre 1965).
Se trouver des figures paternelles de substitution
C’est sa faille intime. L’une des clés, sinon la clé, pour appréhender la complexité du personnage. La force et la fragilité dans un seul homme, sa phobie de l’abandon, son penchant pour les excès et sa peur de la déchéance, la crainte de reproduire les mêmes erreurs que son géniteur et de se comporter en père indigne… Sans oublier le besoin de se trouver des pères de substitution fantasmés (Georges Brassens) ou réels (Charles Aznavour, son parrain en chanson, et Lee Ketcham, son « oncle d’Amérique »).
« Pendant des années, j’ai toujours désiré une vie de famille et je ne suis jamais arrivé à la construire »
Avec un mélange de mauvaise foi, de cynisme et sans doute de lucidité, Léon Smet, orphelin de père depuis son premier anniversaire, se donnera le beau rôle en arguant que s’il avait été un père aimant et présent, Jean-Philippe Smet ne serait sans doute jamais devenu Johnny. Celui-ci rétorquera : « Je pense aussi au désastre intérieur de ma vie. Pendant des années, j’ai toujours désiré une vie de famille et je ne suis jamais arrivé à la construire. »
Il tente de le sortir de sa vie de bohème misérable
A plusieurs reprises, le chanteur tend pourtant la main à ce père absent, noceur impénitent, alcoolique et artiste (maudit) dans l’âme. Il tente de le sortir de sa vie de bohème misérable en le faisant venir à Paris. « Je me suis retrouvé face à un clodo. » Il lui achète des costards Cerruti, Léon retourne illico chez le couturier pour les revendre au quart de leur prix. Il l’installe dans un appartement, Léon l’incendie et se retrouve à l’Armée du salut. Johnny jette finalement l’éponge, sans renoncer à payer les ardoises laissées par Léon.
Il ne le reverra plus, sinon au cimetière, le 20 novembre 1989. « Ce jour-là, j’étais le seul à assister à ses funérailles, pas un ami, pas une femme : c’est sans doute ça, la solitude absolue« , a raconté Johnny. En réalité, des journalistes présents ont rapporté que les amis de Léon étaient venus jusqu’à l’entrée du cimetière où ils furent empêchés d’entrer, sans doute pour laisser la star se recueillir en toute intimité. Auprès d’un géniteur dont il aura en vain cherché l’amour et la reconnaissance. Comme en témoigne cette confidence : « Un jour, mon parolier Michel Mallory m’avait dit qu’il avait demandé à mon père s’il était heureux et fier du succès de son fils. Il avait répondu : ‘J’en ai rien à foutre.’ J’en ai été beaucoup peiné. »
Sur le même sujet : Johnny Hallyday : 60 ans de télévision en 20 vidéos
Par Eric Mandel Suivre @leJDD
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Qui lit encore ses e-mails ?

Un temps pour soi

Pris sous un feu continu d’e-mails, l’homo digitalus n’a plus la capacité de les expurger. Et si le nombre d’e-mails non lus était le nouvel indicateur de sa position hiérarchique? A moins qu’il indique seulement un burn-out imminent…

Le Temps 09/12/2017
Le 16 novembre, le conseiller national Guillaume Barazzone dévoilait sur les réseaux sociaux une capture d’écran de son smartphone indiquant, du côté de l’icône «Mail», un score de 10 000 e-mails non lus. «Bravo au 10 000e expéditeur qui gagne un voyage!» commentait caustiquement l’homme politique. «J’en suis à 13 000 e-mails non lus, il faut se rattraper», lui répondait un follower. Dernièrement, le président Emmanuel Macron était également photographié, iPhone en main et écran visible, avec le petit bandeau rouge signalant 17 680 e-mails non lus…
En 2016, 215 milliards d’e-mails (hors spam) ont été échangés quotidiennement dans le monde, selon Arobase. Un chiffre qui enfle à la vitesse d’une tumeur maligne puisque les prévisions annoncent 258 milliards d’e-mails en circulation chaque jour pour 2020. En comparaison, «seuls» 144 milliards d’e-mails transitaient tous les jours en 2012.
« Seuls les gens en haut de l’échelle peuvent s’abstenir de lire leurs e-mails. Mais les cadres intermédiaires semblent condamnés à souffrir »
Ce tsunami de courriers électroniques est devenu le prurit de la modernité. Un tonneau des Danaïdes inversé: on a beau vider sa boîte e-mail régulièrement, elle se remplit continuellement, alors que ni le cerveau humain, ni le cadran de l’horloge n’ont la capacité de traiter un tel flux. En signe de résistance passive, certains laissent donc végéter leurs e-mails, comme une vaisselle sale qui s’empilerait dans l’évier.
Tout effacer
En 2014, l’écrivain et journaliste du New York Times Nick Bilton préconisait déjà de se mettre volontairement en «faillite de l’e-mail» (e-mail bankruptcy): un geste majestueux consistant à sélectionner tous ses messages, avant d’appuyer avec délectation sur «supprimer». Ce qu’il avait lui-même fait pour fêter le passage du Nouvel An, sans lire un seul de ses 46 315 e-mails non lus. Argument de Nick Bilton pour cautionner cette politique de la terre brûlée: «Pour la première fois dans l’histoire, la communication longue distance est essentiellement gratuite», incitant le monde entier à en user et abuser, jargonner, ergoter, se déverser, jusqu’à menacer d’envoyer les destinataires à l’asile.
Hélas, tout le monde ne peut pas s’offrir le luxe de zapper ses e-mails, surtout ceux qui s’accumulent dans sa boîte aux lettres professionnelle… En entreprise, cette attitude kamikaze représenterait d’ailleurs un aller simple pour la porte, à l’ère du «digital management» (tous les ordres transitent par l’ordinateur), comme le souligne Jean Grimaldi d’Esdra, ex-DRH du groupe Michelin devenu conseiller en organisation, et auteur de L’Empire du mail (Ed. Librinova) – et 65 000 e-mails non lus. «Seuls les gens en haut de l’échelle peuvent s’abstenir de lire leurs e-mails. Mais les cadres intermédiaires semblent condamnés à souffrir, constate-t-il. Il y a eu un glissement de l’e-mail en plusieurs étapes, avec d’abord une grande joie des managers de pouvoir écrire à n’importe qui, et obtenir des réponses rapides. Puis l’entreprise a compris que l’e-mail était un moyen d’exiger plus de choses…
Il est à présent devenu un système d’alerte, de relance, de contrôle et l’on est entré dans la phase de désamour: en séminaire, des banquiers catastrophés me confient recevoir entre 90 et 130 e-mails par jour, de leurs patrons, clients et être incapables de gérer un tel embouteillage…»
Perte de QI
D’après une enquête, les cadres européens estiment passer 5 heures par jour à gérer leur messagerie. Aux Etats-Unis, cette durée grimpe même à 6,3 heures par jour. Tandis qu’en France, 43% des salariés seraient interrompus toutes les dix minutes par leur messagerie. Or, selon une étude menée par le London’s Institute of Psychiatry, «le fait de passer ainsi perpétuellement d’une tâche à une autre induit une perte de dix points du quotient intellectuel, soit l’équivalent d’une nuit blanche», rapporte Jean Grimaldi d’Esdra dans son essai.
Face au déluge, les stratégies d’évitement se multiplient. «On lit désormais seulement les e-mails des supérieurs, des gens que l’on connaît ou dont l’objet interpelle, mais on ne lit plus les e-mails des fonctions support: com, informatique, compta… Certains en boycottent plus, affirmant que s’il y a un problème, on les appellera. J’ai même vu un patron coller des affichettes dans tous les ascenseurs, pour être sûr d’être lu, observe Jean Grimaldi d’Esdra. Mais nous sommes à présent dans un cercle pernicieux: les cadres haïssent leurs e-mails, mais ont trop peur de manquer une information essentielle pour ne pas les ouvrir. Ne plus en recevoir est d’ailleurs le signe qu’on est sorti de la bouche des décisions, voire au placard…»
«Quand je suis déjà au bord de la rupture en termes d’intensité de travail, hurler devant mon ordinateur, même si c’est mal vu dans l’open space, peut sauver une vie …»
Ce n’est pas le cas de Georges, manager compressé par une organisation pyramidale qui l’accable d’e-mails quotidiens: «J’ignore un maximum d’e-mails, mais ceux de mes moult chefs sont inévitables. Ils tombent à n’importe quelle heure de la journée, pour rajouter des tâches. Le message est toujours bref et, de fait, sans discussion. Tel un ordre descendu de l’Olympe. Alors quand je suis déjà au bord de la rupture en termes d’intensité de travail, hurler devant mon ordinateur, même si c’est mal vu dans l’open space, peut sauver une vie…»
E-mail d’enfer
Pour Benjamin Fabre, consultant en management et auteur de Comment triompher au bureau (Robert Laffont), «seul le top management se permet de lire 10% d’e-mails. Pire, l’e-mail est un indicateur du rapport de force, entre ceux qui bombardent de messages et ceux qui doivent impérativement y répondre. Et plus l’organisation est complexe, internationale, plus il y a d’e-mails, pièces jointes, toute une littérature, avec des gens fiers d’écrire des tartines maladroites. Certains patrons éclairés aux Etats-Unis imposent que le texte tienne uniquement dans l’objet de l’e-mail. Mais cela peut aussi avoir un effet pervers en donnant que l’impression que le ton est encore plus procédurier.»
Une nouvelle ruse de certaines entreprises, sans doute pour éviter les e-mails non lus, consiste également à installer des systèmes de messagerie instantanée, type Slack, «qui permet une conversation en continu, comme si on était dans une réunion permanente», note Benjamin Fabre. Une certaine idée de l’enfer? Sous ce feu permanent, en tout cas, l’implosion guette. Pour preuve, l’e-mail malheureux récemment envoyé par la grande DRH d’un groupe de presse français à tous les salariés. Tenue en partie pour responsable d’une épidémie de burn-out et harcèlement au sein de l’entreprise, cette patronne voulait envoyer un message ironique à une collègue. Par erreur, elle a adressé son courrier à tout le groupe… et les salariés ont pu découvrir qu’elle les comparait, dans ses messages privés, à des rats. Un e-mail qui, pour une fois, a vraiment été lu par toute la boîte.
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#dessin / Terrain miné – Laïcité : Emmanuel Macron avance à pas de velours

L’Opinion 08/12/2017
Le Président a annulé le discours qu’il envisageait de tenir samedi sur la laïcité. Le temps de prendre du recul sur ce sujet complexe et passionné alors que les signes de tension se multiplient
 
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La méditation permettrait au cerveau de mieux vieillir

Ouest-France – 09/12/2017 –
Les seniors adeptes de la méditation bénéficieraient d’une atténuation des effets du vieillissement sur leur cerveau, rapporte une étude menée par des chercheurs français. | FOTOLIA 
Les seniors adeptes de la méditation bénéficieraient d’une atténuation des effets du vieillissement sur leur cerveau. En luttant contre le manque de sommeil et le stress, cette discipline mentale aiderait à lutter contre les problèmes de métabolisme du glucose et la diminution du volume cérébral, deux phénomènes à la source de troubles cognitifs comme la maladie d’Alzheimer.
La pratique de la méditation par les seniors contribuerait à limiter les effets néfastes du vieillissement. Les transformations de l’organisme qui interviennent chez les personnes âgées peuvent en effet être accélérées par le stress, le manque de sommeil et le mal-être. Auant de symptômes contre lesquels la méditation est efficace, endiguant ainsi les risques de déclin cognitif et d’Alzheimer.
C’est le résultat d’une étude menée par des chercheurs français de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) basés à Caen et Lyon et présenté ce jeudi.
Six sujets avec 15 000 à 30 000 heures de méditation
Pour leur étude également publiée le 31 août dans Scientific Reports, les scientifiques se sont intéressés à 67 personnes âgées d’à peu près 65 ans non-adeptes de la méditation, six sujets ayant à leur actif 15 000 à 30 000 heures de méditation et 186 participants-témoins de 20 à 87 ans.
Les chercheurs se sont notamment appuyés sur le centre d’imagerie biomédicale Cycéron de Caen pour réaliser des examens du cerveau et dresser un bilan neurologique de l’ensemble des sujets.
Des régions du cerveau en meilleure santé
Les personnes adeptes de la méditation ont présenté un volume de matière grise supérieur et un métabolisme du glucose plus élevé que les autres, quels que soient leur niveau d’éducation et leur mode de vie. Comme l’explique Gaëlle Chételat, coauteure de l’étude, les régions du cerveau qui déclinent le plus avec l’âge sont justement celles en meilleure santé chez ceux qui pratiquent la méditation.
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Marnes-la-Coquette, capitale de la France

Charlie Hebdo – 09/12/2017 – Iegor Gran – 
Il y a eu l’enterrement de Victor Hugo, il y aura celui de Johnny. Champs-Élysées réquisitionnés pour une procession géante de bikers, tour Eiffel illuminée d’un « Merci Johnny » quelque peu simplet, génuflexion appuyée de tout ce que le pays compte comme responsables politiques et culturels, hommage présidentiel, bacchanale gargantuesque des médias : à en juger ce Léviathan du deuil, ce n’est pas Jean-Philippe Smet qui est mort, mais le sauveur même de la France. Voltaire, Pasteur, Thérèse de Lisieux, Clemenceau, Marie Curie, Jean Moulin et Édith Piaf en un seul homme. Il ne faudra pas attendre longtemps avant que l’on baptise à tire-larigot nos stations de bus, squares, écoles, stades et piscines municipales du nom de l’idole. À quand un hôpital Johnny-Hallyday ? un aéroport ? C’est à se demander s’il n’est pas temps de revenir à la grande tradition des cathédrales et de bâtir une Saint-Johnny que l’on inscrira illico à l’inventaire des monuments historiques. 
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Glyphosate, pourquoi faire simple… quand on peut allègrement se compliquer la vie

Satire Hebdo – N°10 – 25 novembre 2017 –
Le glyphosate, ça tue les herbes qui ne se vendent pas, et c’est ingéré par les animaux – donc nous. Et ce n’est pas très bon. Pourquoi ne pas l’interdire? Eh bien, c’est comme l’amiante : les sous d’abord, il y a des priorités.
Voilà un vrai péril mortel mais tout le monde s’en tamponne le coquillard : le glyphosate, c’est quoi déjà ? C’est un herbicide utilisé et distribué massivement depuis les années 70 par Monsanto. C’est la substance active du célèbre Roundup, dont papy aspergeait joyeusement son potager. Miam-miam. Le glyphosate détruit les plantes de l’intérieur et on le répand sur les champs pour supprimer « les mauvaises herbes ». Comment fait-il le distinguo entre les « bonnes » et les « mauvaises » herbes ? Eh bien, Monsanto a créé des plantes OGM qui résistent à son propre herbicide : astucieux.
Mais non ce n’est pas toxique, c’est très bon !
Les professionnels de la santé s’époumonent depuis un bon moment à expliquer que le glyphosate est dangereux : on en retrouve dans notre nourriture, dans notre urine, mais aussi dans la terre et les cours d’eau. Le Centre international de recherche sur le cancer a alerté en 2015, actant que c’était un cancérogène « certain » chez l’animal. Mais pas de panique, ce n’est cancérogène que chez les animaux, les non humains, nous rassure la FNSEA. Ce n’est pas plus toxique que « du café ou du sel » (ce n’est pas une blague!).
La FNSEA estime que deux tiers des agriculteurs l’utilisent aujourd’hui et ne sauraient faire sans. « On serait incapables, sans désherbant, de produire des céréales », a affirmé à France Info Nicolas Delatre, céréalier dans les Yvelines. Car oui, avant 1970, il n’y avait pas de céréales. Et maintenant, des mammouths, il n’y en a plus : il faut bien qu’on mange ! Comme le glyphosate a mauvaise presse, Monsanto prépare de nouvelles molécules pour le remplacer : chouette, des nouveaux cancers !
Bonne nouvelle : Nicolas Hulot déteste le glyphosate, et il veut l’interdire. Mais bon, pas tout de suite. Enfin il ne sait pas trop. Au début, il n’en voulait plus du tout, et puis la FNSEA l’a appelé à l’ordre, alors bon. Dans le même genre, il voulait sortir du nucléaire, mais finalement, c’est pas sûr-sûr. Il voulait aussi interdire la chasse à courre, mais Emmanuel Macron a téléphoné à la Fédération des chasseurs pour les rassurer : Qu’ils ne s’inquiètent pas, ils pourront continuer à faire déchiqueter des renards ou des cerfs vivants par leurs chiens affamés. Donc du glyphosate, vous allez en bouffer.
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Jean d’Ormesson aux Invalides : l’adieu au «prince des lettres»

08 décembre 2017

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#dessin / Macron veut secouer France Télévisions

L’Opinion 05/11/2017

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Réflexion, adressée à la presse, de notre ami poète-écrivain Jean-Paul de Belgique

08 décembre 2017 – Extrait de mon «journal du thé» de cette année :
« C’est en sirotant un Long Jing que j’ai appris la mort de l’idole des jeunes. À voir le ramdam provoqué par son décès et surtout à lire les propos de ses adorateurs, je me dis que la laïcité et la vraie démocratie resteront encore longtemps des rêves inaccessibles. L’homme a bien trop besoin de mythes. L’épouvantable hécatombe qui se déroule en méditerranée du fait des migrations n’interpelle personne à ce point. Qui pleure à gros sanglots la noyade des enfants ?
Un post parmi d’autres et pas le plus con : «C’est pire que la mort de de Gaule». Voilà dans quelle cour joue le citoyen lambda. En son temps il aurait pleuré Staline ou Mao… ou Hitler s’il n’avait pas perdu la guerre.
C’est l’homme. Avec son bagage génétique.
Je me fais la réflexion que, aussi, il préfère de toute évidence les grosses émotions faciles à celles un peu plus ciselées que lui proposait par exemple un d’Ormesson dont la disparition, la veille, n’a que très modérément et raisonnablement ému les intellectuels et absolument pas titillé les glandes lacrymales de qui que ce soit, fors sans doute de ses proches.
Raison de plus pour ne pas finir mon thé en le buvant «comme un boeuf». Ce n’est pas un grand cru mais c’est tout de même une exigence gustative et olfactive.
Après tout ce sont aussi des humains qui se battent pour mettre à la disposition des autres de tels plaisirs subtils.
Allons… Tout n’est pas perdu !»
« Le journal du thé » 3
© jp leclercq 2017
www. liraloeil.be
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Commentaire. Trump et Jérusalem : un pyromane à la Maison Blanche

Ouest-France 06/12/2017 par Laurent Marchand.
Edito – Le président américain Donald Trump déclare mercredi que Jérusalem est bien la capitale d’Israël. Une première mondiale depuis la création de l’État Hébreu en 1948.
Jusqu’ici, tous les diplomates qui ont travaillé depuis des décennies sur le conflit israélo-palestinien étaient d’accord au moins sur un point. Ne pas toucher au nerf le plus sensible de la négociation, Jérusalem. La ville sainte pour les trois grandes religions monothéistes. La ville convoitée comme capitale par les deux nations, israélienne et palestinienne, en conflit depuis soixante-dix ans.
La résolution de l’ONU sur le partage de la Palestine, en 1947, faisait de la ville un corps séparé, sous contrôle international. Même les accords d’Oslo, de 1993, stipulaient que son statut ne pouvait être défini que par la négociation. Contrairement aux prétentions israéliennes, depuis 1980, de proclamer Jérusalem capitale éternelle et indivisible.
Donald Trump a brisé ce consensus. En annonçant le transfert de l’ambassade américaine de Tel Aviv, où se trouvent toutes les ambassades des pays entretenant des relations avec Israël, à Jérusalem, Trump entre pied tendu dans la région la plus explosive du globe.
Bien sûr, nul n’ignore que les précautions diplomatiques ont quelque chose d’artificiel. Les ambassadeurs étrangers ont tous leur bureau à Tel Aviv, mais passent leur temps à Jérusalem où se trouvent la Knesset et le gouvernement israélien. Mais les formes comptent, surtout sur ce mouchoir de terre proche-oriental. Surtout quand tout un peuple, depuis soixante-dix ans, attend encore de pouvoir dignement compter sur un État. Les Israéliens, qui estiment très largement naturel que Jérusalem soit leur capitale, ne peuvent feindre de l’ignorer.
En choisissant son camp, l’ultra-droite israélienne et sa méthode du fait accompli, Donald Trump ne fait pas œuvre de pragmatisme. Il insulte le droit international, le peuple palestinien, les sensibilités arabes, musulmanes, chrétiennes et l’intelligence de millions de juifs qui savent le péril qu’une telle politique leur fait courir. Le chœur des condamnations, du Pape à Pékin en passant par les chancelleries européennes, était d’une rare unanimité.
Grandes manœuvres
Bien sûr, il y a un cas de figure, assez théorique, qui pourrait donner raison à Trump et à sa volonté de changer de méthode, comme il dit. Ce serait l’amorce d’un processus de redéfinition des équilibres régionaux qui permettrait la naissance, enfin, de l’État palestinien. Il a parlé hier explicitement du soutien américain pour une solution à deux États. Et donc, Jérusalem pourrait aussi devenir la capitale de la Palestine.
À dire vrai, il y a bien effectivement un parfum de grandes manœuvres dans l’air saturé du Moyen-Orient. D’un côté, l’Iran a patiemment tissé sa toile depuis le fiasco irakien et pèse, dorénavant, sur de nombreuses pièces du puzzle. En Syrie, en Irak, au Liban et au Yémen, où un drame se consume dans le silence. De l’autre, pour contrer cette emprise, un rapprochement assez inédit est en cours entre l’Arabie Saoudite et Israël, sous la bénédiction de Trump.
Mais ces manœuvres sentent davantage la poudre que la paix. La brutalité américaine offre sur un plateau un terrain d’entente entre Turcs, Russes, Égyptiens et Iraniens, ce qui inquiète certains stratèges à Washington. Car si aucun plan de paix sérieux ne succède au coup de poker de Trump, ce que l’on peut aisément imaginer, la perte de fiabilité de l’Amérique n’en sera que plus patente. C’est peut-être ce qu’il cherche. Son mantra, c’est « l’Amérique d’abord », pas « l’Amérique leader ». Au risque de mettre le feu aux poudres.
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L’époque – L’été de l’amour « C’était celle-là qu’il fallait que je garde ! »

La journaliste et réalisatrice Stefania Rousselle a passé l’été sur les routes de France pour entendre parler d’amour. En juillet, elle a rencontré Marcel.
 – Témoignage Le Monde | 26.27.11.2017  | Par Stefania Rousselle

Marcel Etcheverry, 63 ans, berger au pic d’Ansabère (Pyrénées-Atlantiques) en juillet 2017. Stefania Rousselle
Mcabane ? Elle s’appelle la Villa des privés d’amour. Je l’ai gravé au-dessus de ma porte. Avant, dans les familles d’éleveurs, il y avait plusieurs enfants, six au moins. Il devait toujours y avoir un berger pour s’occuper des bêtes. Et les parents envoyaient toujours dans la montagne celui qu’ils aimaient le moins. Ça a été mon cas. A 14 ans. Mes parents avaient de sacrées préférences. Maman surtout. Mais les mamans, elles font ce qu’elles peuvent. Je ne leur en veux pas. Ma mère est morte il y a cinq ou six ans

Marcel Etcheverry, berger au pic d’Ansabère (Pyrénées-Atlantiques), a surnommé sa cabane la Villa des privés d’amour. Stefania Rousselle
Comment on survit à ça ? Eh bien, on passe une mauvaise adolescence. Elle était interminable. Très longue. Je souffrais. J’étais timide. Je passais des semaines dans la montagne sans voir un chat. Je descendais toutes les semaines au village chercher le pain, et hop, je remontais avec mon âne. Les petits bals du samedi soir, les sorties, tu passes à côté de tout ça. Puis on s’adapte. J’ai été heureux. Je ne regrette rien. Le temps efface les choses. Quand ça va mal, tu te dis que ça ira mieux demain et, finalement, ça va mieux. Ça va toujours mieux.
L’être humain est pas terrible. Il est mauvais. J’aime pas les gens, en fait. Ils sont tordus. Moi, je les évite. Tous. C’est pour ça que j’aime travailler avec les animaux. Ça n’a pas les idées tordues comme les humains. Je suis terrifié du monde dans lequel on vit. J’ai honte d’être humain, parfois. J’aurais préféré être un chien. Je ne sais pas trop parler de ça. Je suis habitué à ne rien dire. Alors quand il faut dire les choses, c’est difficile. Je garde ça pour moi. Je me raconte des histoires tout seul. Ça sert à rien de les étaler. On ne t’écoute pas.

Le pic d’Ansabère (Pyrénées-Atlantiques) où vit le berger Marcel Etcheverry. Stefania Rousselle
Je suis avec Katia, aujourd’hui. Elle est parisienne. Elle est bien. En fait, c’est une fille que j’ai connue quand elle avait 17 ans. Moi, j’étais plus âgé, j’avais 25 ans. Je l’avais prise comme employée. Elle m’aimait bien, mais ce n’était pas réciproque. J’aurais pu faire des choses avec elle, et puis non. J’en avais une autre. C’était compliqué. Elle est partie et on a passé trente ans sans se voir.
« Si je l’aime ? Je ne sais pas. C’est un mot bizarre. Je ne sais pas trop. Je me sens aimé. »
On s’est retrouvés il y a une douzaine d’années et je me suis dit : “Merde, c’était celle-là qu’il fallait que je garde !” Je me suis marié avec elle il y a dix ans. Katia est à Paris, en ce moment. C’est une infirmière de nuit. Elle avait très mal au dos et vient de se faire opérer. Elle est en rééducation.
C’est une femme qui me va bien. Elle me complique pas la vie. Elle vit ma vie. Il y a des tas de femmes, il faut vivre leur vie. C’est ma vie que je vis, pas celle des autres. Elles s’adaptent ou elles ne s’adaptent pas. Celle-ci, elle s’est adaptée.
Si je l’aime ? Je ne sais pas. C’est un mot bizarre. Je ne sais pas trop. Je me sens aimé. Et elle s’occupe de moi, un peu trop même. Mais j’y tiens et je me sens bien avec elle. C’est peut-être ça, l’amour ? J’ai une fille, qui m’a renié. Quand elle était jeune, je me suis régalé. Et puis, d’un seul coup, ça s’est arrêté. Une bêtise idiote. Elle a 22 ans aujourd’hui. On ne se voit plus depuis dix ans. C’est vraiment dommage.
Si j’avais été moins con à 25 ans, Katia et moi on aurait eu des petits. Je vais bientôt atteindre l’âge de la retraite. Si j’avais fait un gosse avec elle, il y aurait eu quelqu’un pour prendre la suite. Il y a mille brebis. Ils ne sont pas fous, les gosses. Ils veulent gagner beaucoup de pognon et pas trop travailler. Devoir vendre, ça m’embête. Je n’ai pas envie de partir. J’ai consacré ma vie entière aux brebis. Toute ma vie. C’est beau, hein, quand même. »
Retrouvez la série sur Instagram : @stefaniaroussellel’époque
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En Vrac – International

Le Monde 07/12/2017
Effacer « Trump » du fronton des hôtels. Les propriétaires d’un hôtel de Panama ont engagé une négociation pour faire retirer le nom de Trump de leur bâtiment de 70 étages et tentent de couper les liens avec la société gérée par la famille du président américain. Les propriétaires avaient investi 32 millions de dollars pour être associés à la marque Trump, rapporte AP. Une procédure du même genre a été engagée pour l’hôtel Trump de Soho à New York et pour celui de Toronto, au Canada, preuve des difficultés de la marque Trump, selon l’agence de presse.
Le Vinci à 450 millions de dollars ira au Louvre d’Abou Dhabi. Salvator Mundi, œuvre du maître florentin vendue en novembre aux enchères pour un montant record, va être exposé dans le tout nouveau musée des Emirats arabes unis.
Lafarge en Syrie : trois responsables en garde à vue. L’ancien PDG Bruno Lafont, l’ex-directeur général Eric Olsen, directeur des ressources humaines à l’époque des faits, et l’ex-directeur général adjoint opérationnel Christian Herrault sont interrogés sur les activités en Syrie du cimentier, soupçonné d’avoir indirectement financé le groupe Etat islamique (EI).
JO : réactions contrastées après l’exclusion de la Russie. Les autorités russes n’ont pas surréagi à la décision prise mardi par le Comité international olympique (CIO) de suspendre la Russie des JO d’hiver prévus en Corée du Sud en février 2018. La sanction prononcée pour cause de dopage institutionnalisé lors des jeux de 2014 est pourtant inédite dans l’histoire de l’olympisme. Mercredi, le porte-parole du Kremlin a reconnu que « la situation est sérieuse » mais il a surtout appelé à « ne pas céder aux émotions ». Le président russe, Vladimir Poutine, n’y a lui pas fait allusion lors d’une intervention mercredi. Et, si la sanction les a indignés, les responsables sportifs et politiques russes sont restés prudents sur la perspective d’un boycott. Les sportifs décideront le 12 décembre de leur participation ou non sous drapeau neutre, possibilité laissée par le CIO aux sportifs « propres ». The Moscow Times détaille les conséquences de cette décision pour les athlètes. Des responsables sportifs et politiques impliqués dans les jeux de Sotchi en 2014 ont déjà été suspendus ou interdits à vie de participer à toute activité liée à l’olympisme.
A la suite de la décision du CIO, le lanceur d’alerte russe Grigori Rodchenkov, qui avait dévoilé le système de dopage, s’est dit « fier » de cette sanction qui constitue un « message puissant ». Dans une interview au site spécialisé Inside the games, l’ancien directeur du laboratoire antidopage de Moscou dit aussi craindre pour sa vie, alors qu’il vit sous protection aux Etats-Unis. « Il regardera par-dessus son épaule le reste de sa vie », a indiqué son avocat. Il a déjà été menacé publiquement par des personnalités russes. Mais si beaucoup se sont félicités de voir, pour la première fois, un pays entier suspendu pour dopage, d’autres voix estiment que le CIO n’est pas allé assez loin. C’est le cas dans le Washington Post, qui juge que « le CIO ne mérite pas de félicitations » alors qu’il n’a pas voulu regarder de près les failles du laboratoire antidopage russe et qu’il a accordé les JO de 2014 à la ville de Sotchi. De même le journal allemand Süddeutsche Zeitung estime qu’une « trahison de cette ampleur aurait mérité une sanction plus sévère » pour la Russie, alors que les athlètes convaincus individuellement de dopage « sont eux suspendus à vie ».
Trump reconnaît Jérusalem comme capitale d’Israël.Dans une rupture spectaculaire avec ses prédécesseurs, Donald Trump a reconnu mercredi Jérusalem comme capitale d’Israël, suscitant la colère des Palestiniens et une vague de réprobation au Proche-Orient et bien au-delà. Avec cette décision historique qui marquera son mandat, le président des Etats-Unis tient l’une de ses promesses emblématiques de campagne. Mais il s’isole sur la scène internationale et prend le risque de saboter les timides espoirs de reprise des négociations, au point mort depuis trois ans. Il a ordonné de préparer le transfert de l’ambassade des Etats-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem. Le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson a d’ailleurs précisé que le département d’Etat allait lancer « immédiatement » les préparatifs de ce déménagement, tout en renforçant la sécurité pour protéger les Américains au Proche-Orient. Ce processus devrait toutefois prendre entre trois et quatre ans. Pour l’heure, le président américain devrait signer un texte, valable six mois, maintenant provisoirement à Tel-Aviv l’ambassade américaine, faute de bâtiment disponible pour l’accueillir à Jérusalem.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a vivement réagi, jugeant que les Etats-Unis sapaient « délibérément tous les efforts de paix ». « Par ces décisions déplorables, les Etats-Unis (…) proclament qu’ils abandonnent le rôle de sponsor du processus de paix qu’ils ont joué au cours des dernières décennies », a dit M. Abbas à la télévision palestinienne. Selon lui, l’annonce de M. Trump « ne changera rien à la situation de la ville de Jérusalem, la capitale éternelle de l’Etat de Palestine ». Le premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou, à la tête du gouvernement considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, a lui salué un jour « historique » réaffirmant par ailleurs l’engagement israélien à maintenir le « statu quo » sur les lieux saints à Jérusalem. « Israël veillera à toujours faire respecter la liberté de culte des juifs, des chrétiens et des musulmans » a-t-il assuré. Le président français, Emmanuel Macron, a de son côté qualifié cette décision de « regrettable ». Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira en urgence vendredi matin, a affirmé mercredi à l’Agence France-Presse la présidence japonaise du Conseil. Cette réunion a été demandée par huit pays sur les quinze qui forment le Conseil de sécurité. Il s’agit de quatre européens (Suède, France, Italie et Royaume-Uni), de deux sud-américains (Bolivie et Uruguay) et de deux africains (Egypte et Sénégal).
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Au revoir à Jean d’Ormesson

Le billet de Michel Schifres
En 780 signes, un regard décalé, piquant et ironique sur l’actualité 
L’Opinion 05/12/2017
Mais comment faisait-il ? Qui que vous soyez, une conversation avec Jean d’Ormesson vous donnait l’impression d’être le centre du monde. Merveilleux conteur, admirable causeur, il savait aussi écouter. Son attention à l’autre, son don d’empathie, sa curiosité, sa politesse mêlés à sa volonté de ne rien ignorer des soubresauts du monde et des émois des âmes, donnaient au moindre échange de la profondeur et de l’élégance. Que ce soit chez lui à Neuilly ou ailleurs, comme au cours d’une croisière sur sa chère Méditerranée, chaque fois, je découvrais, émerveillé, son secret : son art de la vie. Jamais ni sa malice, ni son ironie, ni sa fine connaissance des hommes n’ont obéré ce trésor. Impossible de l’oublier : il est de ceux pour qui un adieu ne peut être qu’un au revoir.
Michel Schifres mschifres@lopinion.fr
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