Vraiment trop riches…

Charlie Hebdo – 10/07/2019 – Jacques Littauer –
Les faits sont contre les libéraux. On le sait maintenant, y compris au FMI et à l’OCDE. Non, la « flexibilité » du marché du travail ne crée par d’emplois; non, la finance « dérégulée » ne stimule pas la croissance, mais détruit les sociétés, crise après crise; oui, seuls les États peuvent agir face à l’effondrement matériel de notre civilisation. 
Et pourtant. Qui, parmi nous, n’a pas une petite voix dans la tête qui lui dit qu’il y a trop de fonctionnaires, que les chômeurs touchent un peu trop d’argent et ne cherchent pas vraiment du travail, ou que les entreprises sont écrasées de charges et de contraintes administratives ? Mais il y a pire : les libéraux ont réussi à nous convaincre d’une chose parfaitement absurde. Nous serions pauvres. Oui, oui, nous la France, le 6ème pays le plus riche du monde, alors que nous ne sommes que le 20ème pays le plus peuplé de la planète, derrière des nations comme l’Éthiopie, l’Égypte, le Vietnam, la République démocratique du Congo, la Turquie et l’Iran.
Il suffit pourtant de se promener dans nos rues, de voir nos immeubles, toutes ces belles voitures, les habits que nous portons, nos intérieurs toujours plus encombrés, ces vacances en avion qui ne sont plus, depuis longtemps, le privilège de quelques uns… La France dégueule de richesses, c’est évident.
Oui mais voilà, il y a le « trou » de la Sécu, le déficit des retraites, la dette publique… Toutes ces petites choses en vérité si faciles à résoudre, mais que la « gauche », notamment, a bien laissées pourrir. Alors, dans les têtes, sans même que nous nous en rendions compte, il y a écrit en gros : « La France val; la France doit se réformer, même si ça fait mal. Tous les autres pays ne l’ont-ils pas fait ?
Et pourtant, Savez-vous, chers lecteurs, combien de biffetons dorment à la banque ? Des tonnes. Il y en a pour 400 milliards d’euros exactement (1). ils ne sont peut-être pas sous vos matelas à vous, mais c’est tout comme, puisqu’il s’agit d’argent qui dort sur les comptes courants.  C’est donc en plus du PEL, de l’assurance-vie, etc ? Oui, c’est en plus . Et cela fait quand même une moyenne de 14 000 euros par famille. Je sais, cette moyenne est débile : la grande majorité de nos concitoyens n’a pas cette somme sur son compte. Mais -hé! hé! – il y en a aussi forcément un certain nombre qui ont beaucoup plus… sinon la moyenne ne serait pas de 14 000 euros, c’est mathématique.
Et la même chose est vraie pour les grandes entreprises (pas les petites, hein). Rien qu’en 2018, les cadors du CAC 40 ont refilé 46 milliards d’euros à leurs actionnaires (2). Or les dividendes, c’est comme cela que cela s’appelle, c’est l’argent qui reste à l’entreprise une fois qu’elle a tout payé : ses achats, ses investissements, ses salaires, ses taxes… Bref, là aussi c’est de l’argent qui dort.
Plus fort encore, si c’est possible : notre État gagne de l’argent quand il emprunte. Il y en a en effet trop, mais alors vraiment beaucoup trop, de fonds de pension du monde entier qui veulent nous prêter leur thune. L’État français profite donc de la concurrence entre eux pour leur rembourser moins d’argent que ce qu’ils ont prêté. On appelle ça des « taux d’intérêt négatifs », et, de mémoire d’économiste, on n’avait jamais vu ça (3). 
Familles, entreprises, État : nous disposons de centaines de milliards d’euros, tout de suit, en France. Nous pouvons donc, les doigts dans le nez, financer la transition écologique, massacrer la pauvreté et le chômage, nous payer des musées, de belles écoles, et même des médecins dans les hôpitaux. tout, en fait.
De rien.
(1) « Les Français n’ont jamais laissé autant d’argent dormir sur leur compte en banque » de Solenn Poulennec (Les Échos, 23 décemebre 2018).
(2) « Dividendes : vers un record en 2019 avec plus de 50 milliards d’euros distribués par le CAC40 », d’Olivier Dauzat (Le Revenu, 15 mars 2019)
(3) « Les emprunts d’État à dix ans en territoire négatif », d’Anne de Guigné (Le Figaro, 18 juin 2019).
Lire aussi : Bernard Arnault devient la deuxième fortune mondiale devant Bill Gates : La fortune du PDG du groupe LVMH a dépassé les 100 milliards de dollars en juin (Le Parisien 17 juillet 2019)
Publié dans Economie

Une agriculture bio très raisonnée

Charlie Hebdo – 17/07/2019 – Gérard Biard –
Avec le réchauffement climatique, il n’y a plus de saisons. Et les expert du comité national de l’agriculture biologique ne sont pas du genre à nier ce réchauffement. Moyennant quoi, ils ont décidé d’autoriser l’utilisation des serres chauffées pour produire intensivement de bons fruits et légumes labellisés bio, décrétant du même coup ce qu’on savait déjà , à savoir que pour les autorités compétentes l’agriculture bio n’a pas à se préoccuper d’écologie, de pollution, de saisons – qui d’ailleurs ont disparu -, voire d’agriculture.
Mais attention, pas question pour autant de cautionner les gougnafiers qui réclament des gourmandises d’été à tout moment de l’année : intraitable, le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, a précisé « qu’il n’y aura pas de commercialisation entre le 21 décembre et le 30 avril « .
Si, pour les prévoyants, les fraises de Noël sont sauvées, on ne pourra commencer à vendre de tomates « bio » qu’au moment où, normalement, on commence à les planter. Pour les endives en juillet, le ministre réfléchit à une dérogation… Bref, l’avenir de la « filière » est assuré. Et dans quelques années, quand la température de la Bretagne aura atteint celle de la Côte d’Azur aujourd’hui, on pourra y installer  des serres réfrigérées pour continuer à y produire des artichauts bio.
Publié dans Agroalimentaire, réchauffement climatique

Le temps ? Prenons-le !

Ouest-France 22/06/2019 François-Xavier LEFRANC

La Basilique Saint Donatien de Nantes | FRANCK DUBRAY /

Nous savons que l’avancée du temps est irrémédiable et nous pourrions être tentés de nous lancer dans une quête illusoire qui pourrait vite devenir obsessionnelle : lui échapper.
Est-il possible d’échapper au temps ? La question a été posée aux candidats de l’épreuve de philosophie du baccalauréat. Elle nous place d’emblée devant notre condition de mortels. Échapper au temps ! Est-ce possible ? Les jeunes philosophes ont été invités à construire une réponse raisonnée. Rien n’arrêtera la marche du temps, mais l’illusion de le contenir peut être entretenue de bien des manières.
Passée l’épreuve du bac, ce très beau sujet de philosophie tombe à pic. Finalement, il nous interpelle tous, jeunes ou moins jeunes, car il pose une question d’une brûlante actualité. N’avons-nous pas chaque jour le sentiment d’être bousculés par le temps qui s’accélère ? La conscience douloureuse de notre incapacité définitive à lui échapper, de ne plus avoir une minute pour souffler. Tout va trop vite. Combien sommes-nous à le regretter souvent ? Est-ce une fatalité ?
La technologie n’a rien arrangé. L’intelligence humaine a conçu cette autre intelligence, que l’on dit artificielle mais qui a pris dans nos vies une place bien réelle. Et gigantesque ! Elle réussit les calculs les plus fous à la vitesse de la lumière. Elle éclaire instantanément des problèmes que l’on mettait autrefois beaucoup de temps à résoudre. Elle est un génie de l’immédiateté, elle nous dit tout, tout de suite, sans attendre. Outil génial conçu par l’homme, elle semble avoir vaincu le temps. La moindre information est connue de la Terre entière en un éclair.
Réfléchir, s’ouvrir aux autres
Les performances des outils de communication sont ahurissantes. Mais le temps passé à manipuler ces outils explose. Notre rapport au temps semble n’avoir jamais été aussi perturbé. Comme si, alors que nous acceptons bien volontiers les facilités offertes par la technologie, nous finissions en même temps par prendre conscience que le bonheur ne viendra pas de ce côté-là. S’impose comme une évidence qu’il nous manque… de prendre le temps.
Certains ont fait ce choix de manière radicale. À Guédelon, au cœur de la Bourgogne, une équipe audacieuse a lancé il y a vingt-deux ans un pari incroyable, construire un château fort comme au temps du Moyen Âge, avec exactement les mêmes techniques et le même calendrier, celui du temps long, très long. Le temps des artisans d’art, au rythme de la perfection et de l’extrême précision de chaque geste. Sans aller jusqu’à construire un château fort, on peut aujourd’hui engager des projets d’une grande modernité en considérant que le temps de la réflexion et de l’échange est une étape décisive.
En ce début d’été, ou lors des prochaines vacances, la visite d’un beau jardin (ils sont nombreux dans l’Ouest !) peut être l’occasion d’une utile méditation sur le fil du temps. La nature dicte son rythme au jardinier. Façonné par l’homme jusqu’à l’excellence, le jardin avance au rythme des saisons. Il n’ira pas plus vite !
Finalement, le vrai bienfait de la technologie n’est-il pas là ? Elle nous fait gagner un temps précieux car on le sait limité. Tirons-en le meilleur. Goûtons ce temps, non pas pour justifier l’inaction, ou le manque de courage devant une décision à prendre, mais simplement pour mener à son terme une saine réflexion, pour nous ouvrir aux autres. Alors oui, prenons-le !
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Les 10 plus belles routes de Bretagne, en images

Le Vif.be – 19/07/2019 – Aurélie Wehrlin
La Bretagne est une région riche de ses côtes, aux paysages très variés et aux eaux translucides, mais son arrière-pays offre également une multitude de spectacles naturels et patrimoniaux, parfois encore méconnus. Il existe des centaines de manières de découvrir ce territoire foisonnant, et le sillonner à travers ses routes les plus fameuses est une option qui tiendra à coup sûr ses promesses.
Les plus belles routes de Bretagne © Getty Images
A pied : Le chemin des Douaniers : C’est sans doute le plus connu et aussi le plus apprécié des chemins de Bretagne. Il longe toute la côte bretonne et offre des panoramas à couper le souffle.
Golfe du Morbihan © Getty Images
A vélo ou à pied: D’île en île, dans le golfe du Morbihan. : Le golfe du Morbihan offre une myriade d’îles à découvrir. Il faut compter plus ou moins une journée pour visiter des îles comme celle d’Arz ou l’île aux Moines.
Les plus belles routes de Bretagne © Getty Images
A pied ou à vélo: A travers la forêt de Brocéliande, et ses légendes : Partez sur les traces des légendes et de ses héros et héroïnes à pied ou à vélo, en traversant la très belle forêt de Brocéliande, théâtre de fameux récits fantastiques. Ambiance de mystère garantie.
Les plus belles routes de Bretagne © Getty Images
A pied ou en vélo : Le canal de Brest à Nantes : Cette route longe le canal et traverse donc littéralement la Bretagne du nord ouest au sud est, et offre un bel aperçu de l’arrière-pays.
Les plus belles routes de Bretagne © Getty Images
Le canal de Brest à Nantes : Cette route longe le canal et traverse donc littéralement la Bretagne du nord ouest au sud est, et offre un bel aperçu de l’arrière-pays.
Les plus belles routes de Bretagne © Getty Images
En kayak: S’échapper autour des îles Glénan : Pour goûter comme il se doit au calme de ce paradis sur terre qu’est l’archipel des Glénan, le kayak sera votre meilleur allié. Pagayer le long des sept îles baignées dans une mer intérieure de couleur azur et de plages au sable aussi fin que blanc immaculées reste un must.
Les plus belles routes de Bretagne © Getty Images
A vélo : la route de la Manche : Dans sa partie bretonne, cette route cyclable offre une succession de paysages aussi spectaculaires que variés: Dinard, Cap Fréhel (ici en photo), la baie de Saint-Brieuc, la Côte de Granit Rose, Morlaix…
D’autres routes à découvrir à vélo sur www.tourismebretagne.com/selon-mes-envies/voyage-a-velo/les-grands-itineraires-a-velo-de-bretagne/
La Pointe du Raz, dans le Finistère (29) © Getty Images
A pied : la Pointe du Raz : Sur la très occidentale Pointe du Raz, la mer et la terre se rejoignent sur un des sites naturels les plus spectaculaires d’Europe. On se laisse porter par le vent, les courants, les fleurs sauvages et fragiles et le cri des mouettes.
Les plus belles routes de Bretagne © Getty Images
A pied : la Pointe du Raz
Les plus belles routes de Bretagne © Getty Images
La Pointe du Raz, dans le Finistère (29)
Bretagne Chemin de Saint Jacques © DR
A pied: Sur les chemins de Saint-Jacques : La Bretagne possède un patrimoine religieux remarquable que l’on peut admirer en suivant le chemin de Saint-Jacques.Ici, l’Abbaye de Beauport, à Paimpol, sur le chemin de Saint Jacques
Bretagne Chemin de Saint Jacques © Donatienne Guillaudeau
A pied: Sur les chemins de Saint-Jacques : La Bretagne possède un patrimoine religieux remarquable que l’on peut admirer en suivant le chemin de Saint-Jacques. En photo, le symbole des chemins de Saint-Jacques de Compostelle a partir du Mont-Saint-Michel
A pied: Autour du lac de Guerlédan, dans le Morbihan © Office du tourisme du lac de Guerlédan
A pied: Autour du lac de Guerlédan, dans le Morbihan : Les alentours du lac sont réputés pour leur beauté et leur calme.
A pied: Autour du lac de Guerlédan, dans le Morbihan © Office du tourisme du lac de Guerlédan
A pied: Autour du lac de Guerlédan, dans le Morbihan :Les alentours du lac sont réputés pour leur beauté et leur calme. Vue sur l’abbaye du Bon Repos
A pied: Autour du lac de Guerlédan, dans le Morbihan © Office du tourisme du lac de Guerlédan
A pied: Autour du lac de Guerlédan, dans le Morbihan : Les alentours du lac sont réputés pour leur beauté et leur calme.
Bretagne Mots d’Arrée © Getty Images
A pied: Les sommets des monts d’Arrée à l’aube : Cette promenade est une fête pour les yeux. La splendeur du paysage baigné dans la lumière naissante du jour. Magique et mystérieux.Ici en photo, le fameux Roch Trévezel, au lever du jour.

 

 

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Quand les hommes construisent des murs… d’arbres !

Siné Mensuel N°88 / juillet/Août – Maxime Carsel –
Nous connaissons la propension des hommes à élever des murs entre eux. Nous les connaissons moins comme bâtisseurs de murs naturels, ou plus précisément comme planteurs d’arbres et d’espèces de plantes variées pour contrer les catastrophes écologiques. Les great green wall (« grands murs verts ») empêchent la dégradation des sols. Le premier exemple remonte à 1930.
États-Unis : Le projet Shelterbelt a été mis en œuvre pour contrer le Dust Bowl dans les années 1930. Ce vent de poussière destructeur dont l’origine provient de la sécheresse couplée au surlabourage. La terre des plaines du Sud situées à cheval sur le Texas, l’Oklahoma et le Colorado fut ravagée pendant la décennie surnommée Dirty Thirties. Privés de nourriture et plongés dans la misère, des millions d’Américains avaient été contraints de fuir vers l’ouest. John Steinbeck tira son roman Les raisins de la colère de cet épisode tragique? Sommé de réagir, Roosevelt créa l’une des premières agences environnementales du pays, qui a lancé la plantation de 220 millions d’arbres sur une ligne allant du Canada au Texas, soit une superficie de 29 900 km2 pour une largeur de 160 km. Quatre-vingts ans plus tard, cette réalisation constitue l’acte le plus abouti du gouvernement américain pour répondre à une crise écologique.
Chine : Durand le Grand Bond en avant initié par Mao Tsé-Toung, les Chinois ont rasé des pans entiers de forêts et anéanti la biodiversité provoquant la Grande famine et une augmentation de la température de 2 °C en cinquante ans. Le désert de Gobi tout proche a pu dès lors avancer à sa guise, détruisant les prairies à coup de tempêtes de sable et provoquant des inondations à répétition. 400 millions de Chinois sont aujourd’hui encore concernés. En 1978, l’État prit ses responsabilités et décida de planter une barrière de 4 480 km au sud de la Mongolie. Un édifice colossal censé se terminer en 2074. Le défi est si grand qu’en 2018, 60 000 soldats ont été appelés pour s’occuper de 84 000 km2 (la superficie de l’Irlande).
Aujourd’hui, malgré quelques ratés, 66 milliards d’arbres ont été plantés. D’après les ,images de la NASA, 5 % de la superficie du Pyas est devenue plus verte depuis deux décennies. Pour autant, l’empire du Milieu demeure le plus gros pollueur du monde et, ses émissions de CO2, continueront d’augmenter jusqu’en 2030, au moins.
Afrique : Depuis le début du XXème siècle, l’Afrique a subi de plein fouet la progression du Sahara. Le désert a progressé de 250 km vers le sus en un siècle, provoquant un sursaut des pays africains. L’objectif est dément : planter un mur de 8 000 km partant du Sénégal et s’achevant à Djibouti. Ses 15 km de large suffiront à stopper les assauts du désert. problème de taille : il devra traverser 1 pays dont la plupart sont en guerre permanente. 
L’idée d’une muraille était apparue en 2002 lors du sommet spécial tenu à N’Djamena (Tchad), contre la désertification. Il faut restaurer 10 millions de terres dégradées chaque année. Le projet devrait démarrer d’ici deux ans et s’achever en 2030. Mais, comme le dit un proverbe africain, « la persévérance est un talisman pour la vie ».
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L’effondrement ! Est-ce le seul scénario réaliste ?

Insolentiae – 10/07/2019 – Charles Sannat –
Je vous laisse écouter cela sur la plage, tranquillement, pendant que vos enfants font des pâtés…. Son approche est intellectuellement pertinente.
Ce n’est pas en faisant plus de production de masse et de consommation de masse que nous éviterons l’effondrement. Ce n’est pas en faisant moins vite plus de production de masse et de consommation de masse que nous éviterons l’effondrement… nous en éloignerons tout au plus un peu le moment.
Nous gagnerons juste du temps.
Ce temps gagné collectivement, mettez-le à profit personnellement pour préparer les conditions de votre résilience.
N’oubliez pas cette idée, les conséquences des politiques à mener pour éviter l’effondrement sont sensiblement identiques aux conséquences de l’effondrement.
Notre système est bloqué, et c’est la complexité de nos sociétés qui rend impossible leur adaptation.
Il y a des choses inéluctables, mais ce n’est pas la fin du monde, juste celle d’un système. Le problème c’est que nous vivons tous dans et part ce système, son effondrement impactera considérablement nos vies et notre psychisme.
N’oubliez pas non plus que si les banques centrales peuvent imprimer autant de billets qu’elles le veulent ou créer des monnaies numériques, elles ne peuvent pas imprimer de pétrole, de matières premières ou de ressources, elles ne peuvent pas récolter du blé et faire du pain, pas plus qu’elles ne peuvent créer une nouvelle planète ou dépolluer la notre…
« Ceci est un article ‘presslib’, c’est-à-dire libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Insolentiae.com est le site sur lequel Charles Sannat s’exprime quotidiennement et livre un décryptage impertinent et sans concession de l’actualité économique. »
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Après l’affaire François de Rugy, l’État doit changer de régime

Ouest-France – 17/07/2019 – Stéphane Vernay –
François de Rugy à l'Assemblée nationale, le 16 octobre 2017.François de Rugy à l’Assemblée nationale, le 16 octobre 2017. | JOEL SAGET / AFP
Les réactions suscitées par les révélations autour des dîners fastueux du ministre de la Transition écologique et solidaire, quand il était président de l’Assemblée nationale, montre que les « ors de la République » ne passent plus dans l’opinion. C’est aux responsables politiques de faire en sorte d’abolir ces privilèges que ne peuvent plus accepter les Français !
Sa position n’était pas tenable. Il n’a pas tenu. François de Rugy, ministre de la Transition écologique et solidaire, ne voulait pourtant pas démissionner. Il l’a dit et redit tout le week-end. Sûr de son bon droit, fort des mesures d’économies – réelles – qu’il avait prises à l’époque où il présidait l’Assemblée nationale, il affirmait encore hier matin, dans nos colonnes, qu’il ne partirait pas. Il ne le pouvait pas dans pareil contexte, sauf à accepter de tirer un trait sur sa carrière et renoncer à toute ambition politique.
Isolé dès le départ, François de Rugy n’a été défendu – du bout des lèvres – que par un nombre très limité de députés de sa propre famille. Dans les rangs de l’opposition, on a pu se frotter les mains à l’avènement d’un nouveau scandale d’été mettant le gouvernement en difficulté, un an après le déclenchement de l’affaire Benalla. Certains y ont trouvé une revanche à l’égard d’un transfuge, Vert devenu candidat à la primaire du Parti socialiste pour la présidentielle de 2017, passé ensuite chez En Marche. Tous, tous bords confondus, lui en ont voulu pour l’image désastreuse donnée des élus, en quelques photos ravageuses, inconcevables et indéfendables après les Gilets jaunes.
Légales ou pas, les agapes ne passent pas. Et c’est aujourd’hui toute la question des « ors de la République » qui sont sur le tapis. Le faste républicain, confisqué (plus qu’hérité) à l’ancien régime, est désormais perçu comme une persistance des privilèges, et non plus la marque d’un État fort. Les moyens mis à disposition des hautes personnalités sont devenus synonymes d’injustifiable gabegie et non de grandeur de la France. Le flou qui entoure leur utilisation – peuvent-ils en jouir à discrétion ou dans le seul cadre de leurs fonctions, en transparence totale ? – n’est plus permis.
De nouvelles règles
Pour ne pas l’avoir compris, François de Rugy a formidablement raté sa défense. De nouveaux soupçons portés sur l’utilisation de ses indemnités de représentation de frais de mandat (IRFM), à l’époque où il était député, ont précipité sa chute. À ce stade, plus de maintien possible. Le gouvernement va devoir retrouver un numéro 2 dans l’urgence, alors même que la démission fracassante de Nicolas Hulot, fin août 2018, est encore dans toutes les têtes. À moins que cette nouvelle « péripétie » ne l’oblige à procéder à un remaniement plus large, qui marquerait l’avènement de l’Acte II du quinquennat et permettrait de « libérer » les ministres qui voudraient briguer des villes aux prochaines municipales.
Quelle que soit l’option retenue, mieux vaudrait la choisir vite. L’urgence climatique n’attend pas et l’exécutif ne peut pas se payer le luxe d’une attente prolongée qui ne ferait que renforcer la crise. Restera, au-delà de cette urgence politique, la question du train de vie de l’État et de ses grands élus. Plus que de morale, d’éthique et de vertu, c’est de nouvelles règles dont notre démocratie a besoin.
Le « changement de méthode » ne peut pas reposer que sur la droiture, le sens de l’exemplarité et la bonne volonté de nos responsables. Pour lever tous soupçons et rétablir la confiance, ils vont devoir changer de régime. Dire précisément ce qui est acceptable en matière de dépenses, ce qui ne l’est plus, et organiser leur contrôle en dehors des seules déclarations des intéressés ou du jugement de leurs pairs.
François de Rugy, en tant que président de l’Assemblée nationale, avait cette exigence. Cruelle ironie.

Publié dans * Train de vie de l'Etat, Démocratie

De l’art de la conversation

Ouest-France 09/07/2019 Par Jean-Michel Djian, Journaliste et écrivain

Photo d’illustration. | FOTOLIA
Certes, on communique mais se parle-t-on ? À quels moments dans une journée trouvons-nous le temps de troquer des mots pour, sans intérêt particulier, mieux apprendre et se comprendre ?
Dans les années 1990, l’historien anglais Théodore Zeldin avait attiré l’attention sur les vertus de la conversation, histoire de rappeler que son usage permettait de « cultiver la tolérance, l’élégance et la connaissance de soi-même ». Déjà l’idée de dialoguer sereinement n’allait plus de soi. Et Zeldin d’avancer que la précipitation, les réunions, la télévision, la compétition tout simplement était en train d’en « tuer » les bienfaits.
Trente ans plus tard, la question mérite une nouvelle fois d’être posée au vu de la place sans cesse grandissante des messages abrégés traités graphiquement pour nous soulager d’avoir à parler. Comme si la facilité avec laquelle on peut désormais échanger sans déranger, par SMS, mails ou à travers les réseaux sociaux, permettaient l’économie de la conversation.
Car mis à part les bistrots où elle est reine, les voix se taisent partout ailleurs dans l’espace public. Il est désormais exceptionnel de voir dans le métro, le bus ou une file d’attente des gens engager une conversation pour le seul plaisir gratuit d’avoir à échanger des idées. Il en est de même dans la vie privée où le temps consacré aux écrans prive les familles, en particulier les plus défavorisées, d’engager, au sens traditionnel du terme, la conversation.
« Rencontrer quelqu’un qui écoute »
Est-ce la promiscuité urbaine, l’idéologie sécuritaire, cette « religion » du silence qui interdit le bruissement prolongé des voix ? Toujours est-il que l’acte gratuit de converser se raréfie et dessèche un corps social de plus en plus accroc à sa solitude ou à son smartphone. La connexion a vaincu la conversation en moins de temps qu’il en a fallu à l’école pour oublier qu’au XVIIe et XVIIIe siècle, grâce aux salons littéraires, « le cours des idées a été tout à fait dirigé par la conversation ».(1)
De fait, construire à plusieurs un propos suppose avoir du temps, un état d’esprit généreux, un intérêt commun à se dépasser en partageant des opinions et les idées des autres. Mais comme le faisait remarquer notre regretté Michel Serres, « la vraie civilisation, la vraie culture, c’est rencontrer quelqu’un qui écoute ». Et la conversation le permet. Il existe en effet, au-delà de cette abondance de mots qui ravit l’éloquent, ce plaisir subtil de laisser les mains parler, d’opérer des tours de passe-passe avec les yeux pour convaincre ; à faire en sorte que la moue, le froncement des sourcils ou le rictus de satisfaction viennent la pimenter. Inutile d’en rajouter pour expliquer qu’un smiley, si bien choisi soit-il sur un écran, ne remplacera jamais l’incarnation d’un acquiescement ou d’un désaccord en chair et en os.
Les mots n’existent pas seulement pour donner des ordres ou offenser, ils sont mis gracieusement à notre disposition pour nous apprendre à vivre. Parions que le retour en force de l’oral dans les cursus scolaires comme l’intérêt des nouvelles générations pour les concours d’éloquence vont indirectement remettre au goût du jour la conversation, « un art véritable » disait Voltaire (2).
(1) De la conversation, éditions Fayard -1999
(2) De L’Allemagne de Germaine de Staël-1810
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# dessin – Principe de précaution

Quand les dessins de Kak épousent l’actualité, pour le meilleur et pour le rire
Réforme des retraites: Macron déblaye le terrain

L’Opinion 15/07/2019 Mireille Weinberg
En renonçant à durcir en 2020 les conditions de départ, le Président remet en avant l’idée d’une réforme ayant un objectif d’équité plutôt que d’équilibre financier. Et évite, au moins pour le moment, un front syndical uni
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Fraudes dans le bio : des sanctions trop limitées

Ouest-France – 09/07/2019 – Antonin Garnier –
La Commission européenne pointe la faiblesse générale des sanctions « laxistes », « rares et limitées, voire inexistantes ».La Commission européenne pointe la faiblesse générale des sanctions « laxistes », « rares et limitées, voire inexistantes ». | REUTERS
Bruxelles a mené pour la première fois une vaste opération européenne de contrôle dans le bio. Peu de réelles fraudes détectées mais des irrégularités. De nouveaux règlements sont attendus.
Le marché des produits biologiques continue d’exploser. Le secteur a poursuivi sa croissance en 2017, en particulier dans l’Union européenne, constate l’Institut allemand de recherche en agriculture biologique (FIBL) qui publie chaque année un rapport faisant référence sur l’agriculture bio dans le monde. Le bio est en hausse de 11 % dans l’UE, à 37,3 milliards d’euros, (+ 18 % en France). Et qui dit ventes en hausse dit risques de fraudes accrus.
Pour la première fois, la Commission européenne s’est penchée sur les fraudes dans les filières bio. Une enquête menée entre décembre et avril dans le cadre de son opération Opson, en collaboration avec l’agence européenne de police criminelle Europol.
Négligences
Résultats présentés fin juin 2019 : sur les 90 000 tonnes de produits analysées dans seize États membres, la plupart des infractions révélaient surtout d’une négligence dans l’application des règles de production ou d’étiquetage.
Même si quelques cas de réelles fraudes ont pu être identifiés : documents falsifiés, rapports d’analyse manipulés ou incomplets, utilisation délibérée de substances non autorisées, manque de traçabilité des produits ou fausse certification du statut des opérateurs.
Des anomalies jugées mineures
Dans tous les cas, sauf un – des résidus de pesticides trouvés dans des fruits secs provenant d’un pays tiers – aucun risque pour la santé n’a été détecté. Certaines enquêtes sont toujours en cours et de nouveaux résultats sont attendus dans les mois à venir.
Au niveau français, cette opération menée par la répression des fraudes auprès de 741 opérateurs, à tous les stades de la filière, a donné lieu à quatorze procédures administratives et dix procédures pénales.
La même répression des fraudes constatait, dans un rapport de février, un taux d’anomalies pour non-respect de la réglementation sur l’agriculture biologique de 19 %. La plupart, jugées mineures, ne remettaient pas en cause le caractère biologique des produits. Un niveau stable par rapport aux enquêtes des années précédentes.
Tour de vis
Le problème, estime Bruxelles, c’est la faiblesse générale des sanctions « laxistes », « rares et limitées, voire inexistantes ». Le nouveau règlement européen sur les produits biologiques, qui entrera en vigueur en 2021, ainsi que celui sur les contrôles officiels des denrées alimentaires, devraient donner un tour de vis supplémentaire, notamment en rendant ces sanctions plus dissuasives. Elles seront liées au chiffre d’affaires de l’opérateur.
De plus, un système de conformité aux règles de l’UE pour les produits importés de pays tiers va être mis en place. Actuellement ce sont des organismes de contrôle indépendants qui procèdent à la certification des producteurs dans ces pays. Des organismes qui ont tendance à rabaisser au plus bas leurs critères, afin d’attirer un maximum de clients. Plus d’une soixantaine de standards bio cohabitent donc aujourd’hui.
Une fraude à 5 millions d’euros
Avec le passage à la conformité, les producteurs des pays tiers seront progressivement soumis aux mêmes exigences que leurs concurrents européens. Les détails concrets de l’ensemble de ces règles sont en train d’être affinés par les experts des États membres.
Mais le succès du secteur continuera d’attiser les convoitises. Dernier exemple en date : Eurojust, l’Unité de coopération judiciaire de l’Union européenne, a révélé le 1er juillet, une fraude impliquant des groupes criminels italiens et serbes. Ils ont commercialisé 411 tonnes de jus, de confitures et de fruits en conserve, fabriqués à partir de pommes pourries ou contaminées par des substances chimiques toxiques d’une valeur estimée à près de 5 millions d’euros. Des produits vendus comme étant biologiques et d’origine européenne.
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1,4 milliards de chinois tenus à l’œil

Le Canard enchaîné 10/07/2019 –
La Chine est désormais le paradis de la reconnaissance faciale. Elle permet de payer ses courses en montrant sa bobine à un écran au supermarché à Shanghai, elle remplace les tickets de métro à Jinan, elle fait le tri des élèves à l’entrée des écoles à Shenzhen, elle autorise le passage de la douane à Hongkong et flique les citoyens qui traversent quand le feu est vert en affichant leur visage sur des écrans géants à Ningbo…

Elle équipe les flics de lunettes pour mieux confondre les contrevenants à Zhengzhou. Les caméras permettent ainsi de retrouver, à un poste autoroutier ou dans la foule d’un concert à Canton, les auteurs de crimes ayant changé de province et d’identité. La reconnaissance faciale permet aussi de surveiller les citoyens qui prennent trop de papier-toilette, qui reçoivent des étrangers chez aux, qui font trop souvent le plein d’essence… Et de tenir sous une surveillance millimétrée la province du Xinjiang et sa communauté musulmane ouighoure.
Ne disposant que de 200 millions de caméras pour mater sa population, le gouvernement chinois souhaite en implanter 400 millions de plus… afin de mettre en place le contrôle social à points, qui permettra de priver de voyage et de boulot les individus n’ayant pas un score de conformité suffisant.
Mieux que l’œil du Grand Timonier pour que la Chine poursuive sa Longue Marche : l’œil électronique, réputé ne jamais se tromper ni se fatiguer !
Publié dans Droit de l'humain, Police

 Un impérieux besoin de culture

Ouest-France 08/07/2019 Jean-François Bouthors (*)

Festival Fete Du Bruit de Saint Nolff 2019, près de Vannes, dans le Morbihan.

Le public du festival Fête du Bruit à Saint-Nolff ce week-end . | MARC OLLIVIER/OUEST-FRANCE
L’été est la saison des festivals, des rencontres. Orange, Avignon, Arles, Montpellier, Aix… Nous connaissons ces grands noms du Sud, mais on pourrait aussi parler de Lorient, Metz, Chaumont-sur-Loire, Chalon, Carhaix et tant d’autres…
À l’heure des « grandes vacances », la France se donne rendez-vous avec la culture. Mais, comme le montre Angoulême avec son festival de la bande dessinée, fin janvier, ce n’est pas simplement l’été. Et si la musique se taille une part de choix, elle n’a pas le monopole : Grignan, par exemple, se passionne pour les correspondances littéraires.
Besoin de se divertir, de se distraire ? Certes. Il ne faut pas mépriser cette nécessité de s’aérer l’esprit, aussi importante que celle de reposer le corps. Se donner le temps de penser, de sentir autrement. S’offrir une respiration intérieure différente.
Il se joue toutefois quelque chose de plus grave que la « détente » ordinaire. Il en va de nouvelles représentations, de nouvelles manières d’établir des rapports avec tout ce qui fait notre vie, à un moment où nous sentons que tout est si fragile, où nous nous demandons tous ce que nous réserve le futur. Incertitudes politiques, tensions internationales, migrations, climat… depuis l’été dernier, nous avons été sérieusement « secoués ». Les repères idéologiques et religieux qui dominaient jusqu’à la fin du siècle précédent sont presque épuisés, en tout cas dans leurs anciennes formulations. On ne voit pas, pour l’instant, ce qui pourrait les remplacer de manière souhaitable, si l’on veut se garder des propositions « radicales » qui sont avancées et dont on mesure déjà les désastres qu’elles portent dans leur flanc.
Intention poétique
Les artistes, créateurs ou interprètes – la notion d’interprétation est essentielle, car elle ouvre à la nuance, à la variation, à la discussion – se risquent à offrir non pas des systèmes de pensée, non pas des « religions », mais des perceptions, des interrogations, des émotions dont l’intention est poétique. On a oublié le sens premier du mot poésie : il n’y est pas seulement question de quelques vers que les enfants apprennent ou composent à la « petite école », mais littéralement de « transformer de la matière en avenir ». Voilà ce que font les artistes : ils se disposent et nous disposent à accueillir l’avenir en sortant de nos perceptions et modes de pensées habituelles.
Nous en avons besoin plus que jamais, au moment où nous faisons le constat qu’il n’est déjà pas possible de poursuivre sur la trajectoire économique qui a commencé avec la révolution industrielle. Nous devons inventer dans l’urgence de nouveaux modes de production et de consommation, de nouveaux modes de vie auxquels la plupart d’entre nous ne sont pas préparés.
Les artistes n’ont pas de recettes magiques à nous apporter ni de théories à imposer. En revanche, leurs oeuvres peuvent nous aider à inventer des sens nouveaux, pour une vie différente, à réinvestir nos relations, nos amours, nos amitiés de telle sorte que, contrairement à ce que nous raconte la publicité commerciale, nous ne placions pas l’essentiel de nos vies dans la consommation, dans l’avoir, dans le paraître. Ils peuvent nous rouvrir à des formes de présence au monde, de contemplation, d’adresse à ce qui semble nous dépasser, de sorte que nous reconstruisions avec les humains, mais aussi tous les êtres vivants et la nature dans son ensemble, une relation de réciprocité qui est la condition d’une vie commune possible.
Alors, bel été culturel à tous !
(*) Écrivain et éditeur
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Libre-échange : petite leçon de contorsionnisme

Le Canard enchaîné – 10/07/2019 – Jean-Luc Porquet –
Où vont-ils chercher tout ça ? Ces arguments désopilants, ces contorsions inédites, ces raisonnements alambiqués ? Depuis que l’annonce de la signature de deux traités de libre-échange, l’un avec le Canada (le Ceta qui doit être ratifié par les députés le 17 juillet), l’autre avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay), a déclenché un tollé fort gênant pour la Macronie, on en entend de bien bonnes. Pour répliquer aux critiques, notamment celles des agriculteurs et des écolos, pour une fois d’accord, toutes les ficelles sont de sortie.
¤ Minimiser à coups de calculette : pourquoi s’énerver à cause de l’importation  de 100 000 tonnes de volailles et de 99 000 tonnes de bœuf, puisque « cela revient à 200 grammes par Européen et par an, soit deux steaks » ? (Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État aux Affaires étrangères).
¤Promettre que jamais, au grand jamais, des produits alimentaires bourrés de substances interdites n’entreront en Europe : « Ce sera aux exportateurs de confirmer que les produits ne contiennent pas ces produits chimiques. Et nous ferons, comme toujours, des contrôles » (Cecilia Malmström, commissaire européenne chargée du Commerce). Rassurant, vu la qualité des contrôles, entre la Pologne et la France par exemple…
¤ Titiller la fibre patriotique: cet accord, « après l’Allemagne, c’est la France qui en profite le plus » toujours Cecilia Malmström) Au RN, ça peut plaire.
¤ Ridiculiser les opposants : « On ne va pas s’attaquer au défi climatique en refusant de faire du commerce » (encore elle) ! Sous-entendu et en revenant à l’âge des cavernes.
¤ Expliquer que faire traverser les océans à de la viande, c’est très écolo : « Cela peut paraître contre-intuitif, et, même si des progrès restent à faire, le transport maritime est peu émetteur de gaz à effet de serre » (Geneviève Pons, responsable de la branche bruxelloise de l’Institut Jacques-Delors). Les porte-conteneurs géants ne font guère que brûler quelques milliers de tonnes de fuel à chaque voyage…
¤ Promettre la lune : « Cet accord va empêcher M. Bolsonaro de déforester l’Amazonie » (Pascal Lamy, ex-patron de l’OMC). Ému par la signature de l’accord intensifiant sa production de bidoche, le soldat de l’agrobusiness Bolsonaro deviendra un modèle de vertu écolo ! La foi, ça ne se discute pas.
¤ Décliner le « en même temps » : « cette ouverture sans naïveté » sera « exigeante sur le plan climatique » (Macron). La preuve : le député Mathieu Orphelin relève qu' »aucun mécanisme ne permet de suspendre l’accord avec le Mercosur si les pays signataires sortent de l’accord de Paris, ou, plus sournoisement, s’en éloignent. »
¤ Agiter les grands arguments idéologiques : « La décroissance n’est pas la politique du gouvernement » (un proche du Premier ministre, dans « Le Monde », 5/7).
En résumé : c’est soit le libre-échange à ,marche forcée, soit la décroissance. Autant dire le chaos, non ?
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À Bercy, 170 hauts fonctionnaires sont mieux rémunérés qu’Emmanuel Macron

Le Figaro – 16/07/2019 – Wladimir Gacin-Berson –

Serbie, 15 Juillet 2019. REUTERS/Djordje Kojadinovic

D’après les données du ministère de l’Économie, 170 agents de Bercy perçoivent plus de 15.140 euros bruts par mois. Seize d’entre eux reçoivent plus de 21.000 euros nets.
C’est un chiffre étonnant, symbole de ces hauts fonctionnaires qui disposent d’avantages jugés injustifiés par certains intervenants dans le cadre du grand débat national. D’après des données communiquées par le ministère de l’Économie, «environ» 170 agents perçoivent un salaire supérieur… à celui du président de la République.
Tout part d’une question du député (non-inscrit) José Evrard, publiée le 14 mai dernier. Dans cette dernière, il s’interrogeait sur «le montant de certaines rémunérations au sein du ministère de l’Économie et des finances». Selon lui, «600 personnes» employées à Bercy seraient mieux payées qu’Emmanuel Macron lui-même, soit «plus de 15.140 euros bruts». Parmi celles-ci, 150 personnes toucheraient plus de 21.000 euros nets mensuels. Or, pour l’élu du palais Bourbon, ce montant «ne correspond en rien à la grille de la fonction publique». Le parlementaire demande donc au ministère s’il compte mettre fin à cette situation.
Un revenu médian à 2438 euros nets
Dans leur réponse partagée la semaine dernière, les services de Bercy indiquent qu’environ «170 agents» employés dans leurs rangs à plein temps perçoivent une rémunération supérieure à celle du locataire de l’Élysée. Il s’agit principalement «d’agents en poste à l’étranger ainsi que de directeurs d’administration centrale et d’administrateurs généraux des finances publics», gérant parfois «plusieurs milliers d’agents».
Pour autant, le ministère apporte trois précisions à cette information. D’abord, la rémunération médiane de ses 138.000 agents reste bien moins importante: 2438 euros nets seulement, six fois moins que les personnes les mieux payées, donc. De plus, des agents ayant reçu «des sommes élevées une seule fois dans l’année», à titre de «régularisations», cela a faussé les données, ce qui explique les 600 personnes mentionnées par José Evrard. En outre, 16 agents seulement perçoivent plus de 21.000 euros nets, dix fois moins que les chiffres annoncés par le député dans sa question initiale. La quasi-totalité de ces personnes travaille à l’étranger, dans «des zones géographiques à forts risques».
Le ministère rappelle également que les rémunérations brutes des agents ont «baissé de 19,4%» entre 2013 et 2017, en accord avec des recommandations de la Cour des comptes qui appelait à mieux encadrer les rémunérations des hauts fonctionnaires. À l’époque, l’institution avait constaté «la persistance de pratiques indemnitaires irrégulières, notamment des dispositifs de rémunération sans base juridique». Elle conseillait donc de «mettre fin à [cette] surrémunération relative», alors que les fonctionnaires du fisc étaient bien mieux traités que leurs homologues d’autres directions.
Une situation connue
Cette forte disparité dans les salaires de la fonction publique n’est pas nouvelle. En février, une étude notait toutefois que la majorité des fonctionnaires touchait un salaire bien moindre que le président de la République. En 2016, les 1% des agents de la fonction publique les mieux rémunérés gagnaient au moins 6410 euros nets par mois. Ces postes les mieux payés étaient principalement dans la fonction publique hospitalière, puis, en seconde place, dans la fonction publique d’État.
Ensuite, les agents travaillant à l’étranger sont mieux payés que leurs homologues en France, principalement pour deux raisons. Ces postes requièrent généralement des personnes hauts gradées, avec plus d’ancienneté ; et les fonctionnaires travaillant à l’étranger (ambassade, consulat, établissement à l’étranger) perçoivent des indemnités liées à leur départ, comme une indemnité d’expatriation, une indemnité de foyer ou une indemnité pour conditions spéciales, lorsqu’ils sont confrontés «à un environnement particulièrement difficile (guerres, climats, hygiène de vie)», explique le Quai d’Orsay. Pour ces agents, «le fait d’être en poste à l’étranger fait plus que doubler en moyenne le salaire», notait l’Insee.

Durant le grand débat national, la question de la rémunération des hauts fonctionnaires était revenue sur le devant de la scène. Payée 14.700 euros bruts par mois, la présidente de la Commission nationale du débat public, Chantal Jouanno, a par exemple fini par démissionner, sous la pression d’une partie de l’opinion publique. Cet épisode avait relancé le débat sur les hauts salaires dans les autorités indépendantes, un sujet parfois méconnu. En février, un sondage Odoxa-Dentsu Consulting soulignait qu’une majorité de Français avait une bonne opinion des fonctionnaires dans leur ensemble, mais 67% était favorable à un changement du mode de rémunération, pour mettre en place la rémunération au mérite.
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Cancer 2019 – Réflexion sur les énergies de cette constellation

   Constellation du Cancer
      Du Cancer, quatrième signe solaire, les astrologues le disent lié à sa famille, à sa propre maison. Notre demeure, c’est aussi le corps dans lequel nous résidons, constitué de l’esprit, des sens et du corps physique. Le symbole de ce signe montre deux tourbillons qui tournent en sens contraire, l’un pour se condenser- en un corps ou une demeure, l’autre pour diffuser la lumière. Cette relation doit être maintenue en équilibre stable afin de fonctionner harmonieusement.
     L’humanité subit actuellement un processus de changement (r)évolutionnaire dans sa façon d’expérimenter la vie. Elle est en train de découvrir que l’humain est un être spirituel qui vit une expérience terrestre, mais qu’il s’est coupé de ses origines, détourné de la vie de sa planète et de la grandeur de l’univers. En réalité, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine et affligés d’une gigantesque amnésie.
     Notre corps est l’outil essentiel, le capteur et émetteur des sensations, langage de notre être intérieur. Bien plus, il est le canal et le réceptacle de l’énergie cosmique et tellurique que nous recevons. Les énergies du Cancer, un signe d’eau – principal constituant du corps humain, nous offrent ce mois-ci une nouvelle opportunité par laquelle nos corps physique, émotionnel, mental et spirituel peuvent fusionner afin de créer un être pleinement conscient. En dégageant le corps de ses tensions et de ses entraves, nous permettons à l’énergie cosmique et de la terre de pénétrer plus abondamment en nous.
     Parce que de nombreuses écoles de spiritualité ou de religion ont négligé et même rejeté le corps comme quelque chose de mauvais, il est bon de redire que l’être intérieur a besoin du corps pour se manifester, que c’est grâce à lui que nous pouvons vivre sur notre planète, aller toujours plus loin dans notre expérience et en retirer des enseignements précieux. La spiritualité n’est pas un système religieux, mais une expérience naturelle qui permet à l’être de s’épanouir dans sa véritable grandeur.
     Beaucoup a été écrit, expliqué et prophétisé à propos de notre futur. Le travail le plus difficile est de faire le tri dans tout cela en rapport avec notre propre expérience. C’est pourquoi ce qui est « vrai » pour telle personne n’est pas nécessairement « vrai » pour telle autre. Si nous remontons ainsi le fil de la formation de nos opinions, nous pourrons arriver jusqu’à leurs racines et découvrir que la plupart ne sont pas le fruit de notre expérience, mais le résultat de conditionnements et schémas mentaux adoptés par imprégnation. Où chercher la vérité ? Sinon à écouter le langage du cœur, au plus profond de notre conviction intime !
     Nous vivons à la fois dans un univers invisible et dans un univers visible. La plupart des humains croient seulement à l’existence de la partie apparente. Cependant, une grande part du changement se situe dans le monde invisible avant qu’il se ne manifeste dans l’univers visible et il est difficile de l’appréhender au premier abord. L’émergence soudaine de la partie cachée implique inévitablement de profonds bouleversements.
     C’est notre véritable destinée que de passer d’une société basée sur la peur et la compétition à une société basée sur l’amour, la paix et l’harmonie. Le chaos actuel n’est qu’une manifestation de l’accélération du changement. Du résultat de la crise planétaire que nous traversons dépend non seulement l’avenir de notre civilisation mais surtout l’avenir du continuum de Vie, fruit de milliards d’années d’évolution et unique dans l’univers entier.
     Beaucoup ont le sentiment aujourd’hui que quelque chose de nouveau est sur le point de se produire. Pour les populations, c’est la possibilité de vivre un profond changement car l’humanité souhaite majoritairement la paix contrairement à ce qui nous est présenté dans les médias officiels diffusant la plupart du temps des nouvelles basées sur la peur. L’heure n’est plus à la division entre les peuples.
Puissions-nous trouver en nous la force, la lumière, la puissance d’être, et plus encore de devenir ! Paix à toutes les vies sur terre et paix dans nos maisons, nos familles et nos pays.
 Sri Aurobindo disait clairement : « C’est la conscience elle-même qui, par sa propre mutation imposera et opérera toute mutation nécessaire au corps. » Einstein lui-même, n’affirmait t-il pas : « La plus belle chose que nous puissions éprouver, c’est le côté mystérieux de la Vie
Pleine lune du Cancer – mardi 16 juillet 2019 – 23h38

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